Étiquette : Opposition

  • Au Togo, un réquisitoire sévère contre le discours du 27 avril

    Au Togo, un réquisitoire sévère contre le discours du 27 avril

    Une coalition d’acteurs politiques et citoyens dénonce un discours présidentiel jugé déconnecté et appelle à une rupture urgente face à la crise politique et sociale au Togo.


    Dans une déclaration conjointe rendue publique le 28 avril 2026 à Lomé, plusieurs organisations politiques et citoyennes ont vivement critiqué le discours prononcé par le président Faure Gnassingbé à l’occasion de la fête de l’indépendance. Le document, signé notamment par Thomas Kokou Nsoukpoe, Sambiri Targone, Tchagnaou Ouro-Akpo et Nathaniel Olympio, dresse un constat sans concession de la gouvernance actuelle et appelle à une rupture politique immédiate.

    Discours jugé déconnecté

    Les auteurs de la déclaration dénoncent un discours « surréaliste », éloigné des réalités quotidiennes des Togolais. Selon eux, l’intervention présidentielle du 27 avril 2026 s’apparente davantage à un exposé académique qu’à une véritable adresse à la nation. Ils regrettent surtout l’absence d’un bilan clair après plus de deux décennies de pouvoir.

    Pour ces organisations, ce discours traduit l’essoufflement d’un régime incapable de répondre aux attentes de la population. Elles estiment que les propos du chef de l’État, bien que soignés sur la forme, ne parviennent pas à masquer les difficultés croissantes auxquelles font face les citoyens.

    21 ans de pouvoir sans résultats

    Le communiqué insiste sur ce qu’il qualifie de « vide comptable » après 21 ans de gouvernance. Les signataires reprochent au président d’avoir évité toute reddition de comptes, préférant des discours généraux à une évaluation concrète des politiques publiques.

    Ils évoquent une économie fragilisée, marquée par une dette croissante et une corruption persistante. Cette situation aurait, selon eux, contribué à accentuer les inégalités et à maintenir une grande partie de la population dans la précarité.

    Crise sociale

    Les auteurs dressent un tableau préoccupant des conditions de vie au Togo. Ils pointent notamment les difficultés d’accès aux soins, devenus inabordables pour de nombreux citoyens, ainsi que les pénuries d’électricité et d’eau potable, y compris dans les grandes villes.

    Le système éducatif est également critiqué pour son manque d’infrastructures et de moyens. À cela s’ajoute le désarroi d’une jeunesse qui, selon le document, voit son avenir compromis et envisage de plus en plus l’exil.

    Le communiqué évoque également des atteintes aux libertés, affirmant que certains citoyens seraient emprisonnés ou contraints à l’exil en raison de leurs opinions politiques.

    5è République toujours contestée

    Un autre point central de la déclaration concerne le passage à la 5e République. Les signataires y voient une « fuite en avant institutionnelle » destinée à prolonger le pouvoir en place.

    Ils estiment que cette réforme, imposée sans véritable consensus, ne répond en rien aux défis politiques et sociaux du pays. Au contraire, elle renforcerait, selon eux, une concentration du pouvoir et éloignerait davantage les citoyens des processus décisionnels.

    Rejet du dialogue proposé

    Les organisations rejettent également l’idée d’un dialogue évoqué dans le discours présidentiel. Elles considèrent cette initiative comme une manœuvre visant à consolider le pouvoir plutôt qu’à engager de véritables réformes.

    Face à cette situation, elles appellent à une « transition inclusive » comme seule issue pacifique à la crise politique actuelle. L’objectif serait d’éviter des tensions majeures et de poser les bases d’un nouveau départ pour le pays.

    Appel à la mobilisation

    En conclusion, les signataires lancent un appel direct au peuple togolais. Ils exhortent les citoyens à sortir de leur silence et à s’engager pour un changement profond.

    La déclaration, portée par la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), le parti Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et le mouvement « Touche Pas A Ma Constitution », se veut un signal fort.

    À travers les signatures de Thomas Kokou Nsoukpoe, Sambiri Targone, Tchagnaou Ouro-Akpo et Nathaniel Olympio, ce texte s’inscrit dans une volonté affichée de mobilisation collective pour un avenir politique différent au Togo.

  • Un mort, une disparition et un exil…

    Un mort, une disparition et un exil…

    Entre engagement citoyen, tensions à la Croix-Rouge togolaise, porté disparu et décès inexpliqués de certains de ses camarades et membres du groupe des cinq, le porte-parole Lawson Laté Mawulé doit-il craindre son retour au pays, s’interroge son entourage.

    Depuis plusieurs années, le nom de Lawson Laté Mawulé est associé aux milieux de l’activisme politique togolais, notamment aux mouvements proches de l’opposition. Aujourd’hui installé hors du Togo, son entourage affirme qu’il redoute un retour dans son pays natal, craignant de subir le même sort que son ancien camarade Daniel Kossi Afantchao, décédé en mars 2020 dans des circonstances qui continuent d’alimenter des interrogations.

    L’histoire remonte à 2019, alors que Lawson Laté Mawulé et plusieurs jeunes volontaires de la Croix-Rouge togolaise (CRT) entretenaient des relations particulièrement tendues avec Gavlo Gaméli, qui assurait alors la présidence par intérim de l’institution.

    Aux côtés de Julien Kodjo, Dodji Adjina, Paul Kpodar et Daniel Kossi Afantchao, Lawson Laté Mawulé faisait partie d’un groupe de jeunes qui dénonçaient, selon leurs propres témoignages, des dysfonctionnements au sein de l’organisation. Ils évoquaient notamment des pratiques qu’ils assimilaient au népotisme, à la corruption et à une mauvaise gouvernance interne.

    Selon plusieurs récits relayés ultérieurement dans la presse, notamment une publication du journal Actu Bilan du 2 novembre 2022, une rencontre particulièrement tendue se serait tenue le 10 septembre 2019 entre ces volontaires et Gavlo Gaméli. Lawson Laté Mawulé, désigné comme porte-parole de la délégation, aurait exposé une série de griefs portant sur le fonctionnement de la Croix-Rouge togolaise.

    Les participants à cette réunion ont, par la suite, affirmé avoir reçu des menaces. Ces déclarations n’ont toutefois jamais fait l’objet, à ce jour, d’une décision judiciaire publique établissant les responsabilités des uns et des autres.

    Les jeunes concernés soutenaient également que leur engagement politique, notamment leur proximité avec des activités de l’opposition dans leurs quartiers respectifs, aurait contribué à les exposer davantage.

    Quelques jours après cette rencontre, une succession d’événements troublants aurait marqué ce groupe de volontaires.

    Le cas de Dodji Adjina demeure particulièrement préoccupant. Selon les témoignages rapportés à l’époque, le jeune homme aurait quitté son domicile le 15 septembre 2019 avant de ne plus donner signe de vie. Sa disparition aurait profondément marqué ses proches et ses camarades.

    Deux semaines plus tard, le 30 septembre 2019, Lawson Laté Mawulé affirme avoir lui-même échappé à une tentative d’interpellation par des individus en civil alors qu’il regagnait son domicile. Cet épisode l’aurait finalement conduit à quitter le pays pour des raisons de sécurité.

    Mais c’est surtout le décès de Daniel Kossi Afantchao qui va attirer l’attention de l’opinion publique.

    Le 18 mars 2020, ce volontaire de la Croix-Rouge togolaise décède dans des circonstances qui n’ont jamais cessé de susciter des interrogations. La faible mobilisation de certains de ses anciens camarades lors des obsèques aurait poussé sa famille à chercher à comprendre les raisons d’un tel éloignement.

    Au fil des témoignages recueillis par plusieurs médias, l’existence des tensions antérieures entre ces jeunes volontaires et les responsables de la Croix-Rouge togolaise a commencé à émerger dans le débat public.

    Plus de six ans après ces événements, Lawson Laté Mawulé demeure à l’étranger. Sur les réseaux sociaux et dans certaines de ses prises de parole, il explique vivre avec la conviction qu’un retour au Togo pourrait mettre sa vie en danger.

    Cette crainte repose essentiellement sur sa lecture des événements qui ont touché ses anciens camarades, notamment la mort de Daniel Kossi Afantchao et la disparition signalée de Dodji Adjina.

    L’affaire subit un nouveau rebondissement quand l’un des membres du groupe des cinq, Paul Kpodar, exilé depuis 2019 au Bénin, revient au pays, croyant que cette histoire était terminée, en novembre 2025. Cependant, la peur n’avait pas disparu ; elle était seulement silencieuse.

    Le 2 février 2026, tard dans la nuit, une voiture non immatriculée avec des individus cagoulés l’a intercepté au moment où il rentrait chez lui.

    Les témoins ont affirmé qu’ils l’ont battu pendant des heures et l’ont laissé agonisant, dans la douleur. Il a rendu l’âme sur le chemin de l’hôpital.

    Comme un avertissement à tous ceux qui pensent que l’exil peut effacer les ennemis.

    Toutefois, en l’absence des conclusions d’une enquête judiciaire publique établissant un lien formel entre ces différents faits, plusieurs zones d’ombre persistent.

    Cette affaire illustre surtout la nécessité de faire toute la lumière sur des événements qui continuent d’alimenter les inquiétudes de certains acteurs de la société civile et des milieux politiques togolais.

    Au-delà des divergences politiques, les observateurs estiment qu’une clarification officielle des circonstances entourant la disparition de Dodji Adjina, le décès de Daniel Kossi Afantchao et les allégations de menaces formulées par leurs anciens camarades contribuerait à apaiser les tensions et à rétablir la confiance.

    Car, en matière de droits humains et de protection des citoyens, seule une enquête indépendante, transparente et crédible est en mesure de transformer des soupçons persistants en vérités établies.

  • Au Gabon, l’arrestation de Bilie-By-Nze ravive les tensions politiques

    Au Gabon, l’arrestation de Bilie-By-Nze ravive les tensions politiques

    L’interpellation de Alain-Claude Bilie-By-Nze, figure majeure de l’opposition gabonaise, le 15 avril 2026 à Libreville, suscite de vives réactions au sein de la classe politique et de la société civile.

    Ancien Premier ministre sous Ali Bongo Ondimba, l’homme politique a été conduit dans les locaux de la Direction générale des recherches (DGR), où il a passé la nuit en garde à vue. Une arrestation dont les circonstances et le timing interrogent, dans un contexte politique déjà tendu.

    Interpellation rapide et ciblée

    Selon les informations confirmées par sa défense, Alain-Claude Bilie-By-Nze a été arrêté aux environs de 18 heures, près de son domicile, alors qu’il venait de monter seul dans son véhicule. Des agents des forces de défense, identifiés comme appartenant à la DGR, seraient sortis de deux voitures pour procéder à son interpellation. L’opération, rapide et visiblement coordonnée, a conduit l’ancien chef du gouvernement vers les locaux des renseignements militaires, communément appelés le « B2 ».

    Durant sa détention, l’opposant a pu recevoir la visite de son épouse dans la soirée. En revanche, son avocate, Gisèle Eyue Bekale, également connue pour défendre la famille Bongo, n’avait pas encore pu le rencontrer au moment des faits. Cette situation alimente les inquiétudes quant au respect des droits de la défense.

    Affaire ancienne remise sur la table

    Les raisons de cette arrestation remontent à une affaire vieille de plus de quinze ans. Selon les déclarations faites à son épouse, Alain-Claude Bilie-By-Nze serait soupçonné d’escroquerie dans le cadre de l’organisation de la 9e édition de la Fête des cultures à Libreville, en 2008.

    À l’époque, il occupait le poste de ministre délégué auprès du ministre des Transports et de l’Aviation civile, sous la présidence de Omar Bongo Ondimba. Proche de Paul Mba Abessole au sein du Rassemblement national des bûcherons (RNB), il dirigeait également le comité d’organisation de cet événement culturel.

    Certains prestataires avaient alors dénoncé des impayés, évalués à près de 5 millions de francs CFA. Une plainte a récemment été déposée par une ancienne militante du RNB, relançant cette affaire. Pourtant, selon la défense de l’ancien Premier ministre, les délais de prescription — trois ans pour les délits et dix ans pour les crimes — seraient largement dépassés, rendant juridiquement contestable toute poursuite.

    Climat politique sous tension

    Au-delà des faits judiciaires, cette arrestation s’inscrit dans un contexte politique particulièrement sensible au Gabon. Depuis le coup d’État du Coup d’État du 30 août 2023 au Gabon, Alain-Claude Bilie-By-Nze s’est imposé comme l’un des principaux opposants au régime dirigé par Brice Clotaire Oligui Nguema.

    Arrivé en deuxième position à l’élection présidentielle d’avril 2025 avec environ 3 % des suffrages, loin derrière le président de transition, il n’a cessé depuis de critiquer la gouvernance en place. Très actif sur les réseaux sociaux, il s’est notamment opposé aux nouvelles ordonnances et au Code de la nationalité, accusant le pouvoir de vouloir restreindre les libertés publiques et affaiblir l’opposition.

    Ses proches affirment d’ailleurs qu’il se sentait de plus en plus menacé ces dernières semaines. Cette perception renforce l’idée, au sein de son camp, que son arrestation pourrait être motivée par des considérations politiques plutôt que strictement judiciaires.

    Opposition vent debout

    La plateforme Ensemble pour le Gabon (EPG), qu’il dirige, a rapidement réagi en dénonçant une « atteinte grave à l’État de droit ». Dans un communiqué, elle accuse les autorités de chercher à « faire taire une voix critique majeure » à travers cette interpellation.

    Cette affaire relance ainsi le débat sur l’indépendance de la justice au Gabon et sur les conditions d’exercice de l’opposition dans un pays en transition politique. Pour de nombreux observateurs, la concomitance entre les prises de position critiques de Bilie-By-Nze et sa récente arrestation ne relève pas du hasard.

    Alors que le pays tente de redéfinir ses institutions après la chute du régime Bongo, cet épisode pourrait accentuer les tensions et fragiliser davantage le climat politique. L’évolution de cette affaire sera scrutée de près, tant au niveau national qu’international, comme un test de la crédibilité des engagements des autorités en matière d’État de droit et de respect des libertés fondamentales.

  • Opposition togolaise : l’unité retrouvée, cap sur le 9 mai

    Opposition togolaise : l’unité retrouvée, cap sur le 9 mai

    L’opposition togolaise amorce un nouveau tournant stratégique. Face aux tensions politiques liées au récent changement de Constitution, plusieurs formations et organisations de la société civile ont décidé de resserrer les rangs en vue d’une action commune.

    Les détracteurs du régime togolais veulent travailler ensemble. Cette volonté de convergence s’est matérialisée par la transformation du Cadre de réflexion et d’action pour le changement au Togo (CRAC) en Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC).

    L’annonce a été faite ce lundi 13 avril 2026 à Lomé, lors d’une conférence de presse marquée par la signature d’une charte révisée par l’ensemble des membres. Initié à la suite de concertations engagées depuis juin 2024, le regroupement avait été officialisé une première fois le 3 mars 2025, avant de connaître aujourd’hui un élargissement significatif.

    Pour ses initiateurs, cette évolution répond à une nécessité politique majeure : celle de renforcer la cohésion des forces dites de résistance. « L’esprit de convergence est en marche. Nous avons compris qu’il est nécessaire que les forces qui partagent les mêmes valeurs de liberté et de souveraineté travaillent ensemble, sur des bases bien définies », a expliqué le professeur David Dosseh, premier porte-parole du Front citoyen Togo Debout (FCTD), membre du Cadre.

    Le CNCC accueille désormais de nouveaux adhérents, notamment le Pacte socialiste pour le renouveau (PSR) et l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI). Ces formations rejoignent ainsi les membres fondateurs que sont l’Alliance nationale pour le changement (ANC), les Forces démocratiques pour la République (FDR), le FCTD et Novation Internationale.

    Au-delà de cet élargissement, les responsables du Cadre insistent sur son caractère inclusif. L’organisation se veut ouverte à toute entité politique ou citoyenne, au Togo comme dans la diaspora, partageant ses principes et son opposition à la Constitution de la Ve République, qualifiée d’illégale par ses membres.

    La charte révisée met en avant des valeurs jugées essentielles pour la réussite de cette dynamique : la vérité, la solidarité et le respect mutuel entre acteurs. Dans ce contexte, les membres lancent également un appel à l’apaisement interne. « Il est temps de mettre un terme aux attaques entre alliés qui ont fait tant de mal à la lutte », soulignent-ils, dénonçant par ailleurs des comportements assimilés à des logiques de manipulation au profit du pouvoir en place.

    Pour marquer cette nouvelle étape et mobiliser l’opinion, le CNCC annonce l’organisation d’un meeting populaire le samedi 9 mai 2026 à Lomé. Le lieu précis reste à définir, mais l’événement se veut déjà un test grandeur nature de la capacité de l’opposition à parler d’une seule voix et à fédérer largement autour de ses revendications.

  • Opposition en colère à Lomé

    Opposition en colère à Lomé

    La DMP, la DMK, le Front « Touche pas à ma Constitution » et la LDP ont animé une conférence de presse ce matin à Lomé, au siège de la CDPA, en marge du sommet des présidents des Assemblées nationales des pays francophones d’Afrique, qui s’ouvre cet après-midi dans la capitale togolaise. Cet événement coïncide avec la rentrée parlementaire des députés togolais, marquant l’ouverture de la première session ordinaire de l’année 2026.

    À travers cette sortie médiatique, l’opposition togolaise entend faire entendre sa voix. Elle dénonce vivement la tenue de cette session de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Lomé, estimant qu’elle constitue une caution au régime en place, qu’elle juge installé depuis plus de soixante ans.

    CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE – DECLARATION LIMINAIRE – LOME 7 AVRIL 2026

    DÉCLARATION LIMINAIRE


    « La jeunesse africaine représente l’avenir de la Francophonie, l’ignorer met en péril l’avenir de l’organisation. »
    La Francophonie est porteuse d’une espérance, parce que son objet est principalement de promouvoir la langue française, la diversité culturelle et linguistique, la paix, la démocratie et les droits de l’homme.
    Au regard de l’importance de la démocratie et des droits de l’homme, l’organisation a adopté la Déclaration de Bamako le 3 novembre 2020 à Bamako, au Mali. Un texte fondateur qui définit les principes relatifs aux pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone. Ce texte majeur est venu renforcer la Déclaration de Saint-Boniface sur la prévention des conflits et la sécurité humaine,
    adoptée le 14 mai 2006 à Saint-Boniface, au Canada.

    Sur les principes de ces textes fondateurs, se tient à Lomé, au Togo, du 7 au 9 avril 2026, la 17ᵉ Conférence des Présidents d’Assemblée et de Section de la Région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). La conférence se concentrera sur la démocratie, l’État de droit, la coopération interparlementaire, et la situation politique en Afrique, notamment en Afrique de l’Ouest.

    En confiant l’organisation de cette 17e conférence à l’Etat Togolais, la Francophonie fait honneur aux autorités togolaises et leur apporte son prestige. Cela signifie-t-il que la Francophonie considère que les autorités togolaises sont porteuses des valeurs de démocratie et d’État de droit, retenues comme thèmes de la conférence ?

    C’est une question que nous nous posons en tant que Togolais, au regard de la pratique de la démocratie par les autorités togolaises et du rôle de l’OIF dans notre processus de démocratisation.

    Le contexte

    Faure Gnassingbé dirige le Togo depuis 21 ans, en ayant succédé à son père, Gnassingbé Eyadéma, qui a été chef d’Etat pendant 38 ans. Actuellement, tout en président l’Exécutif, Faure Gnassingbé n’a plus aucun mandat électif. C’est la conséquence de l’adoption d’une nouvelle Constitution le 19 avril 2024, sans
    consultation du peuple, par des députés dont le terme législatif a échu plusieurs mois plus tôt.

    Le choix du président de la République au suffrage universel direct a été remplacé par un régime dit parlementaire, dont les caractéristiques ne respectent pas les normes internationales des régimes parlementaires. La nouvelle Constitution ouvre à Faure Gnassingbé une présidence sans limitation de temps et sans obligation d’être élu. Un cas aberrant et unique dans le monde sur lequel l’Organisation Internationale de la Francophonie ne s’est pas prononcée, ni sur la méthode ni sur le contenu.

    La jeunesse Togolaise qui a vigoureusement contesté ce remplacement de la Constitution a subi une violente répression durant le mois de juin 2025, causant 7 morts, de très nombreux blessés et de multiples arrestations. Les organisations de la société civile et les partis politiques ont organisé des conférences de presse et des rencontres de sensibilisation, pour protester contre la nouvelle Constitution. Ils ont
    parfois été dispersés à coups de gaz lacrymogène au siège des partis et même agressés physiquement par des nervis, notamment le 29 septembre 2024, en présence du parlementaire de la CEDEAO, le député sénégalais Guy Marius Sagna qui avait été blessé, comme la député togolaise Brigitte Adjamagbo Johnson, de nombreux journalistes et citoyens.

    Entre les menaces et intimidations des forces pro-démocratie, les interdictions formelles et déguisées de leurs activités, ainsi que les répressions systématiques, l’espace civique est réduit à sa plus simple expression. Une pratique contraire aux valeurs promues par l’OIF.

    Après la libération de 75 détenus politiques le 31 décembre 2025, suite à la grève de la faim de plusieurs d’entre eux, et les dénonciations des organisations de la société civile avec le concours des organisations internationales des droits de l’homme, on compte encore environ 70 personnes toujours détenues pour leurs opinions politiques. Certains sont détenus depuis 2018, sans procès. Suite à des traitements inhumains et dégradants, on a enregistré une dizaine de morts en détention ces dernières années. Et, de nombreux cas de tortures ont été reconnus par la Cour de justice de la CEDEAO qui a demandé les relaxes, en vain.

    Est-ce ce type de démocratie que célèbre à Lomé la 17e conférence des Présidents d’Assemblée et de Section de la Région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie ?

    Repères déterminants

    L’Assemblée nationale togolaise qui accueille la 17ᵉ Conférence des Présidents d’Assemblée et de Section de la Région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, est composée à 95,5% de députés du parti au pouvoir. Peut-elle en l’état être représentative du peuple dans une démocratie au XXIème siècle ?
    D’ailleurs, aucun député de l’opposition n’est retenu pour représenter le Togo dans les Assemblées des parlementaires à l’international, y compris l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF).

    Le Togo a une Assemblée nationale monocolore issue d’une élection très contestée. Ce résultat calamiteux est aussi le travail des experts de l’OIF qui ont certifié le fichier électoral utilisé en 2024, en déclarant qu’il est « suffisamment fiable ». Tout comme en 2015, les experts de l’OIF avaient déclaré que le fichier était « non fiable, mais consensuel ». Et pourtant, lors de cette évaluation de 2015, les experts de l’OIF avaient fait des recommandations qui n’ont pas fait l’objet de suivi, notamment en soulignant que plus de 75% des électeurs sont inscrits sur témoignage.

    A ce jour, 85% des Togolais n’ont pas de carte nationale d’identité. Dans ces conditions, aucun fichier ne peut être « suffisamment fiable » pour la sincérité d’un scrutin. Au Togo, les élections sont devenues un instrument de confiscation du pouvoir, au lieu de réguler la vie démocratique. Et l’OIF les a régulièrement
    acceptées, en félicitant l’Etat.

    Nos exigences :

    Après plus de 20 ans d’exercice du pouvoir par Faure Gnassingbé, le constat est accablant avec une société fracturée, une économie structurellement défaillante et les libertés fondamentales confisquées. En conséquence, nous, les signataires de cette déclaration, rappelons à l’Organisation Internationale de la Francophonie, les exigences que nous formulons aux autorités togolaises :

    • la libération immédiate et sans condition de l’ensemble des détenus politiques,
      environ 70, ainsi que la reconnaissance officielle et la réparation des injustices et
      violations de droits dont ils ont été victimes ;
    • la garantie du retour libre, volontaire et sécurisé de l’ensemble des exilés
      politiques, afin de permettre à chaque citoyen togolais de participer pleinement
      et sans entrave à la vie publique et politique de son pays.
    • l’ouverture d’un processus politique de transition démocratique, inclusif et
      transparent, visant à refonder les institutions de la République, à rétablir
      pleinement la souveraineté populaire et à permettre l’émergence d’un ordre
      politique véritablement représentatif de la volonté du peuple togolais.
      Appel à l’Organisation Internationale de la Francophonie
      Nous, organisations signataires de cette déclaration, appelons l’OIF :
    • à reconnaitre sa responsabilité dans le désordre institutionnel instauré au
      Togo, par sa validation des élections frauduleuses et son silence face aux
      violations des droits et des valeurs démocratiques ;
    • à mettre en cohérence sa rhétorique sur les valeurs démocratiques, les libertés
      et les droits avec ce que vit concrètement la population ;
    • à mettre la jeunesse africaine au centre de ses missions et objectifs,
      particulièrement la jeunesse togolaise qui est traquée à l’intérieur et dans la
      diaspora, et qui souffre d’une privation de jouissance de ses libertés et d’une
      démocratie de façade ;
    • à sortir de l’enferment des relations avec les Etats, afin de s’ouvrir aux peuples
      de l’espace francophone ;
    • à construire la Francophonie des peuples.
      Hier, les jeunes de l’Afrique francophone, notamment ceux du Togo, rêvaient de la
      France, du Canada et de la Belgique pour leurs études. Aujourd’hui, leurs regards
      sont de plus en plus tournés vers la Chine (environ 80.000 étudiants, contre 2.000 il
      y a vingt ans), la Russie, la Turquie, l’Australie, et le Moyen-Orient (Émirats arabes unis, Arabie Saoudite).


    L’organisation doit faire sa mue et devenir la Francophonie des peuples, pour ne pas être perçue comme un instrument de l’ère de la françafrique qui soutient les dictateurs en Afrique.

    La jeunesse africaine, et togolaise en particulier, représente l’avenir de la Francophonie, il est indispensable que ses attentes soient prises en considération.

    Togolaises et Togolais, restons vigilants et mobilisés.
    Pour la DMK – ORIGINALE Thomas Kokou NSOUKPOE Superviseur Général Pour la DMP Sambiri TARGONE Coordonnateur
    Pour le LDP Tchagnaou OURO-AKPO Président
    Pour le front
    « Touche Pas A Ma Constitution »
    Nathaniel OLYMPIO Premier Porte-Parole

  • Tournée bloquée : Kafui Adjamagbo-Johnson dénonce une entrave grave

    Tournée bloquée : Kafui Adjamagbo-Johnson dénonce une entrave grave

    La mission parlementaire de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) dans le nord du Togo s’est transformée en véritable bras de fer avec les autorités administratives et sécuritaires. Dans une déclaration liminaire rendue publique, la députée et son équipe dénoncent une « expulsion injuste et anticonstitutionnelle », ainsi qu’une entrave manifeste à l’exercice du contrôle de l’action gouvernementale.

    Dès l’entame, la délégation rend hommage aux militants et responsables locaux de Dapaong et de Kara, saluant leur mobilisation malgré les risques. Elle exprime également sa gratitude envers les acteurs politiques, la société civile et la diaspora pour leur soutien face à une situation jugée préoccupante.

    Une mission stoppée net à Dapaong

    Arrivée à Dapaong dans le cadre d’une tournée de reddition de comptes, la délégation affirme avoir respecté toutes les procédures administratives, notamment en informant les ministères concernés. Pourtant, dès le lendemain, les autorités locales invoquent l’absence d’autorisation liée à l’état d’urgence sécuritaire pour interdire toute activité.

    Face au refus de la députée de se soumettre à cette exigence, jugée contraire à son mandat, la décision tombe : expulsion immédiate de la région des Savanes, sous escorte des forces de sécurité. La scène, décrite comme impressionnante par la délégation, inclut un déploiement massif de gendarmes, policiers et militaires, appuyés par un dispositif aérien.

    Kara sous tension, mission suspendue

    Après cet épisode, la poursuite de la mission à Kara devient incertaine. Malgré plusieurs tentatives de contact avec les autorités locales, aucune garantie sécuritaire n’est obtenue. À cela s’ajoutent des appels anonymes dissuadant la délégation de se rendre dans la région.

    Dans ce contexte, la députée décide finalement de suspendre l’étape de Kara, invoquant la nécessité de préserver des vies humaines. Une décision lourde, mais assumée comme un choix de responsabilité face à un climat jugé hostile.

    Des interrogations sur la gestion publique

    Au-delà de l’incident, la déclaration met en lumière de nombreuses zones d’ombre concernant des projets d’infrastructures dans les régions des Savanes et de la Kara. Barrages, routes, marchés, ponts : autant de chantiers financés à coups de milliards, mais dont l’état réel et l’impact sur les populations restent flous.

    La délégation évoque notamment :

    • des retards importants dans les travaux routiers à Dapaong,
    • un accès insuffisant à l’eau potable malgré des infrastructures existantes,
    • des marchés fonctionnant dans des conditions précaires,
    • des projets inachevés ou relancés opportunément.

    Ces constats soulèvent, selon elle, une question centrale : celle de la transparence et de la redevabilité dans la gestion des fonds publics.

    Une charge politique frontale

    Dans un ton résolument critique, la déclaration accuse le pouvoir en place de verrouiller les régions septentrionales et d’empêcher toute action de l’opposition susceptible d’éveiller les consciences. Elle dénonce un « régime autocratique » davantage préoccupé par son maintien que par le respect des principes démocratiques.

    Pour la DMP, empêcher un élu de mener une mission de contrôle revient à remettre en cause les fondements mêmes du rôle parlementaire. Une situation jugée d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte où le pays affiche des ambitions de gouvernance parlementaire.

    « Les Togolais méritent mieux »

    En conclusion, la délégation appelle à des réponses claires du gouvernement sur la gestion des projets publics et les restrictions imposées à l’opposition. Elle insiste sur les attentes des populations : des infrastructures fonctionnelles, un accès équitable aux services de base et une gouvernance responsable.

    « Ce n’est pas une faveur. C’est une exigence », martèle la déclaration, appelant les autorités à rendre compte.

    Au-delà de l’incident, cet épisode révèle un climat politique tendu et relance le débat sur l’équilibre des pouvoirs et les libertés démocratiques au Togo.

  • Brigitte Adjamagbo-Johnson en tournée citoyenne

    Brigitte Adjamagbo-Johnson en tournée citoyenne

    La députée Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, également secrétaire générale de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), entame une tournée parlementaire dans le nord du pays. Cette initiative s’inscrit dans une démarche de proximité avec les populations et de redevabilité de l’action politique.

    Prévue du 20 au 24 mars 2026, cette tournée conduira la parlementaire successivement à Dapaong les 20 et 21 mars, puis à Kara les 23 et 24 mars. À travers cette descente sur le terrain, l’élue entend renforcer le lien entre les citoyens et leurs représentants à l’Assemblée nationale.

    Une mission de redevabilité

    Au cœur de cette tournée figure un objectif clair, celui de rendre compte aux populations des actions menées au Parlement. Dans un contexte où la transparence et la confiance entre gouvernants et gouvernés sont souvent questionnées, cette initiative se veut un exercice de responsabilité démocratique.

    « On siège pour vous », rappelle le message central de la campagne. La députée entend ainsi expliquer les décisions prises, les débats engagés et les positions défendues au sein de l’hémicycle. Une manière de rapprocher les citoyens des institutions et de leur permettre de mieux comprendre les enjeux politiques nationaux.

    Un espace de dialogue direct

    Au-delà du bilan parlementaire, cette tournée se veut aussi un cadre d’échanges ouverts. Les populations de Dapaong et de Kara auront l’occasion d’exprimer leurs préoccupations, poser des questions et partager leurs attentes.

    Ces rencontres directes traduisent une volonté de construire une gouvernance participative, où les citoyens ne sont pas de simples spectateurs, mais des acteurs à part entière du processus démocratique. La démarche vise également à recueillir des contributions utiles pour orienter les futures actions politiques.

    Contrôle de l’action gouvernementale

    Autre axe important de cette tournée : les visites de terrain pour évaluer l’action du gouvernement. La députée prévoit d’effectuer des contrôles afin de mesurer l’impact réel des politiques publiques dans ces localités.

    Cette approche s’inscrit dans le rôle de veille et de contrôle dévolu aux parlementaires. Elle permet de confronter les décisions prises à Lomé aux réalités vécues par les populations.

    Appel à la mobilisation

    La CDPA lance un appel à une mobilisation massive des populations concernées. « Votre voix compte, votre présence est essentielle », souligne le message adressé aux habitants.

    À travers cette tournée, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson réaffirme son engagement en faveur d’une politique de proximité, fondée sur l’écoute, le dialogue et la transparence. Un rendez-vous citoyen qui pourrait renforcer la participation démocratique dans ces régions du Togo.

  • Les Démocrates : la fin annoncée d’un cycle Yayi

    Les Démocrates : la fin annoncée d’un cycle Yayi

    Une page politique est en train de se tourner au Bénin. Après plusieurs années à la tête du parti Les Démocrates, l’ancien président de la République, Thomas Boni Yayi, s’apprête à céder les rênes de la formation qu’il a contribué à structurer et à imposer comme principale force d’opposition sur l’échiquier national. La fin annoncée de son leadership marque un tournant stratégique pour le parti.

    Un leadership fondateur

    Thomas Boni Yayi n’est pas un acteur politique comme les autres. Ancien chef d’État du Bénin de 2006 à 2016, il est revenu au cœur du jeu politique après une période de tensions et d’exil, pour rassembler les forces de l’opposition au sein du parti Les Démocrates. Sous son impulsion, la formation a réussi à s’implanter solidement dans plusieurs régions du pays et à reconquérir une présence significative à l’Assemblée nationale.

    Son aura, son expérience du pouvoir et son réseau ont longtemps constitué le socle de la crédibilité du parti. Pour de nombreux militants, Yayi incarnait à la fois la mémoire politique et la capacité de résistance face au régime en place.

    Une transition devenue inévitable

    Mais le temps politique impose ses réalités. À l’approche de nouvelles échéances électorales, la question du renouvellement générationnel s’est imposée avec insistance. Plusieurs cadres du parti plaident désormais pour une direction plus collégiale et une nouvelle figure capable de porter le combat dans un contexte institutionnel et social en mutation.

    La fin annoncée de Thomas Yayi à la tête des Démocrates ne sonne pas comme une rupture brutale, mais plutôt comme une transition préparée. En se retirant progressivement de la direction exécutive, il pourrait choisir de jouer un rôle de guide moral, de stratège en arrière-plan, laissant l’avant-scène à une nouvelle génération de responsables politiques.

    Un test pour la cohésion du parti

    Cette évolution représente un test majeur pour Les Démocrates. Le parti saura-t-il préserver son unité sans la figure tutélaire qui a longtemps servi de ciment ? Les ambitions internes, jusqu’ici contenues par le leadership de Yayi, pourraient s’exprimer plus ouvertement.

    La désignation d’un nouveau président ou coordonnateur sera déterminante. Elle devra rassurer la base militante, maintenir la dynamique électorale et éviter toute fracture susceptible d’affaiblir l’opposition.

    Vers un nouveau chapitre

    Au-delà de la personne de Thomas Yayi, c’est l’avenir même du parti Les Démocrates qui se joue. Cette transition peut constituer une opportunité : celle de moderniser le discours, d’élargir les alliances et de préparer l’alternance sur des bases renouvelées.

    En quittant la tête du parti, Yayi pourrait ainsi transformer ce qui aurait pu être perçu comme un retrait en un acte stratégique : celui d’un leader qui choisit le moment de passer le flambeau pour garantir la pérennité de son héritage politique.

  • Dr Jean Emmanuel Gnagnon : « Le Togo doit se restaurer par sa jeunesse et sa vision »

    Dr Jean Emmanuel Gnagnon : « Le Togo doit se restaurer par sa jeunesse et sa vision »

    Dans l’émission Grand Rendez-vous animée par Eugène Atigan, Dr Jean Emmanuel Gnagnon, président du Mouvement togolais pour la restauration (MTR), a détaillé sa vision pour l’avenir du Togo et de l’Afrique. Rencontre avec un acteur politique qui s’affirme comme une voix émergente dans le paysage politique togolais.

    Un message central : la jeunesse comme force de changement

    Lors de l’entretien, Dr Gnagnon a fait de la jeunesse africaine le cœur du changement politique et social. Selon lui, face aux transformations profondes que traverse le continent, les jeunes doivent cesser d’être spectateurs et devenir des acteurs majeurs de la construction nationale : « La jeunesse africaine n’a pas de choix : nous devons nous mobiliser, rassembler les talents et penser une Afrique nouvelle, émergente et unie ».

    Il a insisté sur la nécessité d’une action collective portée par une jeunesse consciente de ses responsabilités, capable de répondre aux défis économiques, politiques et sociaux actuels.

    Restaurer la gouvernance et la cohésion sociale

    Dr Gnagnon a également évoqué la mission du MTR, qui selon lui vise à restaurer l’État togolais dans sa vocation de servir le peuple. Cela passe, d’après lui, par la refondation de la confiance entre les institutions et les citoyens, et par une implication plus forte de toutes les couches sociales dans la vie politique.

    Il a par ailleurs souligné l’importance de la cohésion nationale, affirmant que le Togo doit dépasser les divisions historiques pour bâtir une société inclusive et solidaire, capable de relever les défis contemporains.

    L’inclusion des femmes et des jeunes en politique

    Outre la jeunesse, Dr Gnagnon a plaidé dans plusieurs forums pour une plus grande inclusion des femmes et des jeunes dans les processus politiques. Il estime que ces acteurs ont un rôle essentiel à jouer dans l’amélioration de la gouvernance démocratique et dans la lutte contre la désinformation qui mine parfois l’engagement citoyen.

    Une AFC politique tournée vers l’Afrique unie

    Au-delà du contexte national togolais, Dr Gnagnon a montré une vision panafricaine. Il considère que les défis africains, qu’ils soient économiques, sociaux ou institutionnels, nécessitent une réponse collective des nations du continent. Cela implique, selon lui, une mobilisation au-delà des frontières pour une Afrique plus unie, forte et capable de défendre ses intérêts dans un monde globalisé.

    Au terme de cette interview, Dr Jean Emmanuel Gnagnon a réaffirmé son engagement pour un Togo renouvelé par sa jeunesse, une gouvernance rénovée et une cohésion nationale renforcée. Pour lui, ce sont ces piliers qui permettront au pays et au continent de répondre aux défis du XXIᵉ siècle.

  • Au Togo, un collectif d’opposants appelle “à la mobilisation” contre le pouvoir

    Au Togo, un collectif d’opposants appelle “à la mobilisation” contre le pouvoir

    Au cours d’une conférence animée début janvier, un collectif d’opposants rappelle aux Togolais que “L’histoire retient ceux qui, malgré la peur, ont choisi de rester debout pour défendre leurs droits et ceux des générations futures”.

    CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE – DECLARATION LIMINAIRE – LOME 5 JANVIER

    2026

    CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE

    5 JANVIER 2026

    DÉCLARATION LIMINAIRE

    Le pompier pyromane

    L’art de mettre le feu volontairement, puis de détourner subtilement l’attention de l’opinion en se présentant comme celui qui éteint l’incendie, est une pratique bien connue des grands manipulateurs.

    C’est à ce scénario cynique que les Togolais assistent depuis le 31 décembre dernier.

    Sous la pression des Togolais, épaulés par les organisations internationales des droits humains et des Rapporteurs spéciaux des Nations Unies, également soutenus par des partenaires, Faure Gnassingbé s’est enfin résolu à libérer certains détenus politiques. C’est un grand soulagement pour les familles.

    Nous remercions chaleureusement tous ceux qui ont contribué à cette vague de libération par leurs efforts, d’une manière ou d’une autre, parfois discrets mais de grande efficacité.

    De nombreuses figures incarnant la souffrance, la violence et l’injustice subies par les Togolais ont été libérées ces derniers jours, après la maladie et la grève de la faim pour certains. Sans pouvoir donner une liste exhaustive, Grâce Koumayi, Amavi Katanga, Chimène Apevon, Abevi Adboul Razak, Ouattara Fadel, Foly Satchivi, Affectio, Dora Djougbedzi, Koffi Ostache Missodé en font partie.

    Nous saluons la libération des détenus politiques. Nous leur rendons un hommage appuyé et nous nous inclinons humblement devant la mémoire de tous ceux qui ont perdu la vie en prison. Ils sont tous des héros !

    Cependant, en gardant la lucidité, cet acte, présenté par le régime comme un geste d’apaisement, ressemble fortement à une attitude d’un pompier pyromane. Et cela est très cynique.

    En effet, tous les Togolais savent que ceux qui ont bénéficié de cette libération n’auraient jamais dû être privés de liberté, ils n’auraient jamais dû souffrir le martyre qu’on leur a infligé, parce qu’ils sont innocents. Ces personnes ont été abusivement arrêtées, injustement jetées en prison, horriblement maltraitées, parfois carrément torturées et même violées, du simple fait de leurs opinions politiques.

    C’est révoltant !

    Beaucoup de nos compatriotes sont encore privés de liberté ou gardés dans la souffrance des prisons aux conditions inhumaines, à l’exemple de Marguerite Gnakadé, Jean-Paul Oumolou, Kpatcha Gnassingbé, Alles ATTI. Près de 70 détenus politiques attendent impatiemment d’être libérés. Ils doivent être libérés !

    Dans ce contexte, une réelle volonté d’apaisement devrait se manifester par la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus politiques, sans aucune exception.

    Toutefois, cela ne saurait suffire, parce qu’il y a beaucoup d’autres préoccupations urgentes à satisfaire.

    En effet, par sa gouvernance, le régime de Faure Gnassingbé a jeté de nombreux Togolais sur la redoutable route de l’exil politique. Il est donc impératif que chaque Togolais retrouve la terre de ses aïeux, sans être inquiété par des menaces, des intimidations, des arrestations ou des enlèvements.

    La libération de tous les détenus politiques et le retour au pays de tous les exilés politiques, sont intimement liés et constituent des actes majeurs, d’une priorité absolue, à poser immédiatement par Faure Gnassingbé.

    Ce serait alors un premier signal fort de bonne volonté adressé aux Togolais.

    Sur le coût de la vie

    En ce début d’année, les Togolais continuent d’avoir faim, et aucune perspective ne se présente pour entretenir l’espoir d’une amélioration.

    Les Togolais attendent donc légitimement bien plus que la distribution ponctuelle de 25.000 francs CFA par le gouvernement, à quelques-uns des plus fragiles, avec le programme Novissi. Les Togolais veulent des mesures fortes qui viennent soulager dans la durée, la vie quotidienne des familles. La baisse du coût des produits de première nécessité, notamment, permettrait à la population de démarrer l’année avec moins de stress. Le Togo a les moyens de prendre une telle décision au profit de tous.

    Contrairement à cela, c’est le risque d’augmentation du tarif de l’électricité, de l’eau et d’autres taxes qui pendent au nez des Togolais. Aucun Togolais ne l’acceptera, surtout dans les conditions actuelles.

    Alors que les Togolais attendaient l’annonce de solutions à leurs difficultés de vie, le discours de fin d’année de Faure Gnassingbé se fonde sur des déclarations tapageuses sans lendemain, des rhétoriques mielleuses sans effet et des promesses réitérées depuis 20 ans sans concrétisation. Il a notamment déclaré :

    « Nous allons changer de méthode, faire vivre autrement notre démocratie, ouvrir un nouveau chapitre, sans casser ce que nous avons construit. Pour cela, j’ai fixé au gouvernement trois priorités simples : Protéger, Rassembler, Transformer. »

    Non, Monsieur Faure Gnassingbé, les Togolais ne sont pas protégés. Et ils ne se sentent pas protégés, surtout lorsque plusieurs des leurs sont emprisonnés pour leurs opinions et que certains perdent la vie à cause de la torture qu’ils subissent en détention. Comment se sentir protégé, quand on est tenaillé par la faim et que des jeunes sont tués dans les manifestations pacifiques ?

    Non, Monsieur Faure Gnassingbé, vous ne rassemblez pas les Togolais. Vous ne rassemblez pas parce que vous dressez les uns contre les autres. Vous justifiez et vous encouragez la création de milices que vous et vos ministres qualifiez de « groupes d’autodéfense ». Comment pouvez-vous rassembler autour d’un idéal commun, lorsque vous remplacez la Constitution en méprisant l’avis de la grande majorité des citoyens ?

    Non, Monsieur Faure Gnassingbé, vous ne transformez pas le Togo. Depuis 20 ans le Togo est

    pratiquement figé. Vous n’avez vendu que le discours usé de la paix, en oubliant les réalisations

    d’hôpitaux, d’universités, de complexes sportifs et d’infrastructures routières. A l’heure où nous parlons, une grande partie de la ville de Kara manque cruellement d’eau potable depuis plusieurs mois, comme dans beaucoup d’autres régions d’ailleurs. L’énergie, vitale pour les ménages et les entreprises, est de mauvaise qualité, quand elle est disponible. Est-ce cela la transformation dont vous parlez ?

    Enfin, en privant les Togolais du droit de choisir le Président de la République par un suffrage universel direct, vous avez délibérément cassé ce que nous avons construit, exactement le contraire de ce que vous affirmez. Rendez-nous notre Constitution !

    Vous déclarez également dans votre discours de fin d’année : « On ne protège pas un pays seulement avec les armes. On le protège en donnant à chacun une vie digne, en donnant une place à sa jeunesse, en évitant que la pauvreté, l’exclusion ou la colère ne deviennent des terreaux de la violence. »

    Cette phrase est belle à entendre, pour ceux qui vous écoutent pour la première fois, parce que pour les Togolais qui vous pratiquent depuis deux décennies, la réalité est différente.

    Où est donc la vie digne, quand torture et viol restent impunis ? La jeunesse à laquelle vous vous adressez ne vous croit pas. Elle ne vous croit plus, parce que vous la pourchassez, avec des mandats d’arrêts internationaux, vous la confinez dans la pauvreté, avec le manque d’emploi, la corruption galopante et l’impunité qui l’encourage, vous l’excluez des grands enjeux de la Nation et vous la mettez en colère en la privant de liberté et en exerçant répression et violence sur elle.

    Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, les Togolais sont impatients de connaitre la fin de votre régime, la fin de la dictature. Vous le savez, c’est pourquoi vous instaurez un climat de terreur.

    Mais, un peuple porté par la soif de liberté ne peut pas être pétrifié durablement par la terreur.

    C’est pourquoi, nous, signataires de cette déclaration liminaire, appelons les Togolais :

    • à ne pas courber l’échine et à persévérer dans la lutte pour leur dignité et pour leur liberté ;

    • à surmonter la peur légitime, afin de revendiquer leurs droits fondamentaux ;

    • à s’armer de courage pour affronter les défis que leur oppose le régime.

    Nous demandons également aux combattants de la liberté :

    • d’être vigilants, de sortir des sentiers battus et surtout de se préparer à de nouvelles formes de lutte, en tenant compte des contraintes que le pouvoir de Faure Gnassingbé nous impose ;

    • de renforcer la collaboration entre les différents acteurs sur le terrain et dans la diaspora ;

    • de continuer à combattre le coup d’Etat constitutionnel de la Vème République et à œuvrer pour les valeurs démocratiques.

    Appel à la mobilisation

    Le Togo que nous voulons construire est une Nation où chaque citoyen peut exprimer librement ses opinions sans craindre l’arbitraire. Une Nation où la justice constitue un droit et non un privilège, dans un environnement où les opportunités sont ouvertes à tous. Une Patrie où la dignité humaine forme le socle inébranlable de la République et du vivre-ensemble harmonieux. Le citoyen doit retrouver sa place centrale dans les politiques publiques.

    À nos concitoyens togolais : L’histoire retient ceux qui, malgré la peur, ont choisi de rester debout pour défendre leurs droits et ceux des générations futures.

    « Un peuple qui reste silencieux devant l’injustice est complice de sa propre servitude. Aujourd’hui, refusons d’être complices. »

    Pour la

    DMK – ORIGINALE

    Dynamique Monseigneur Kpodzro

    Thomas Kokou NSOUKPOE

    Superviseur Général

    Pour la

    DMP, Dynamique pour la Majorité du Peuple

    Sambiri TARGONE

    Coordonnateur

    Pour le

    LDP, Lumière pour le Développement dans la Paix

    Tchagnaou OURO-AKPO

    Président

    Pour le front

    « Touche Pas A Ma Constitution »

    Nathaniel OLYMPIO

    Premier Porte-Parole

Radio Renouveau228

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