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  • Agboyibo, le grand vide

    Agboyibo, le grand vide

    Six ans après la disparition de Me Yaovi Agboyibo, le CAR estime que le Togo peine toujours à combler le vide laissé par cette figure historique du dialogue politique et de la lutte démocratique.

    Une demi-douzaine d’années ans après la disparition de Maître Yaovi Agboyibo, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) continue de célébrer la mémoire d’un homme considéré comme l’une des figures majeures de la lutte démocratique au Togo. À l’occasion du « Jeudi politique » du 28 mai 2026, Honoré Komlan Adougo, délégué national de la jeunesse du parti, a livré une réflexion sur les impacts de cette disparition sur la vie sociopolitique togolaise.

    Pour le CAR, Me Agboyibo reste avant tout un défenseur infatigable de l’État de droit et des libertés fondamentales. Avocat et ancien bâtonnier, il s’est illustré par son engagement en faveur de la liberté de presse, de religion et d’association, mais aussi par ses combats pour les droits des paysans et la justice sociale. Son parcours politique demeure étroitement lié aux grandes avancées démocratiques du pays.

    Le parti souligne également le rôle historique joué par l’ancien Premier ministre dans la structuration de l’opposition togolaise moderne. À travers le CAR, Agboyibo incarnait une opposition organisée, capable de proposer des alternatives crédibles. Surtout, il était reconnu comme « un homme du dialogue politique », présent dans presque toutes les grandes concertations ayant marqué l’histoire récente du Togo, de la Conférence nationale souveraine de 1991 à l’Accord politique global de 2006, en passant par les différents cadres de concertation entre pouvoir et opposition.

    Le CAR rappelle aussi un fait marquant : en 1994, le parti avait réussi à battre le RPT dans les urnes lors des élections législatives, obtenant 36 sièges contre 35 pour le parti au pouvoir. Une performance historique qui reste gravée dans la mémoire politique togolaise.

    Mais au-delà du parcours politique, c’est surtout le vide laissé par l’homme qui inquiète. Selon Honoré Komlan Adougo, la disparition de Me Agboyibo a entraîné « la disparition d’une certaine éthique politique », faite de modération, de sens de l’État et de recherche permanente du compromis.

    Le CAR estime également que son absence a favorisé les tensions politiques actuelles, notamment les réformes constitutionnelles contestées, les restrictions des libertés de manifestation et les arrestations arbitraires dénoncées par l’opposition.

    Six ans après, le débat reste entier : qui peut aujourd’hui porter l’héritage politique et moral de Me Agboyibo ? Pour le CAR, préserver sa mémoire revient aussi à relancer la réflexion sur la démocratie, le dialogue et l’avenir politique du Togo.

  • L’ANC refuse un « simulacre de dialogue »

    L’ANC refuse un « simulacre de dialogue »

    Dans une déclaration virulente publiée à Lomé, l’ANC rejette toute perspective de dialogue politique sur la Constitution de la Ve République, dénonçant une manœuvre destinée à pérenniser le pouvoir du régime RPT/UNIR.

    L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) durcit sa position face aux rumeurs persistantes d’un nouveau dialogue politique autour de la Constitution de la Ve République. Dans une déclaration rendue publique ce 28 mai à Lomé, le parti dirigé par Jean-Pierre Fabre rejette catégoriquement « tout simulacre de dialogue » et toute révision constitutionnelle « au service du statu quo ».

    Alors que des informations circulent depuis plusieurs semaines sur une possible concertation politique visant à réécrire certains aspects de la Constitution adoptée le 6 mai 2024, l’ANC dénonce ce qu’elle considère comme une nouvelle manœuvre du pouvoir RPT/UNIR pour consolider son emprise sur l’État. Le parti estime que cette Constitution a été imposée « sans consultation préalable ni consensus national ».

    Dans son communiqué, l’ANC accuse également certains soutiens du régime de mener « une entreprise d’enfumage » destinée à tromper la population et la classe politique. Le parti rappelle avoir déjà dénoncé, à plusieurs reprises, les « insuffisances démocratiques » du texte constitutionnel ainsi que les risques de confiscation du pouvoir.

    L’ANC pointe notamment du doigt une récente tribune de Christian Eninam Trimua, perçue comme le signe d’une volonté de nouvelles modifications constitutionnelles « opportunistes » au profit du chef de l’État, Faure Gnassingbé. Le parti met en garde contre toute réforme qui viserait à « transformer, de fait, la République en un royaume ».

    Réaffirmant son attachement à l’alternance politique, à la séparation des pouvoirs et à des élections transparentes, l’ANC appelle le peuple togolais à rester « vigilant et mobilisé ». Le parti invite également les forces démocratiques et la société civile à maintenir un front uni face aux « dérives autoritaires » du régime en place.

    Enfin, l’ANC sollicite l’attention de la communauté internationale sur l’évolution de la situation politique au Togo.

  • 5è République, même pouvoir

    5è République, même pouvoir

    Un an après l’entrée officielle du Togo dans la 5è République, le paysage politique national semble avoir changé de forme sans véritablement changer de fond. Derrière les nouvelles institutions et les discours sur la modernisation de l’État, beaucoup d’observateurs estiment que le pouvoir de Faure Gnassingbé sort davantage consolidé de cette réforme constitutionnelle controversée.

    Le 3 mai 2025 restera une date symbolique dans l’histoire politique togolaise. Ce jour-là, dans une atmosphère solennelle soigneusement orchestrée à Lomé, les autorités célébraient officiellement le basculement du pays vers un régime parlementaire. Diplomates, responsables administratifs, chefs traditionnels et membres du gouvernement étaient réunis pour assister à la cérémonie retransmise sur les médias publics. Au centre de toutes les attentions, Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005 après la mort de son père, le général Gnassingbé Eyadéma.

    Présentée par les autorités comme une avancée démocratique majeure, la réforme constitutionnelle adoptée en 2024 a profondément modifié l’architecture institutionnelle du pays. Le président de la République n’est désormais plus élu au suffrage universel direct, mais désigné par le Parlement réuni en congrès. Dans le même temps, un nouveau poste stratégique a été créé : celui de président du Conseil des ministres, fonction attribuée au chef du parti majoritaire et détenteur de l’essentiel du pouvoir exécutif.

    Pour les partisans du régime, cette évolution rapproche le Togo des grandes démocraties parlementaires et permet une meilleure stabilité institutionnelle. Le gouvernement défend une réforme pensée pour éviter les crises politiques répétitives et renforcer l’efficacité de l’action publique. Les autorités mettent également en avant la continuité des projets économiques et des grands chantiers d’infrastructures engagés ces dernières années.

    Mais dans les rangs de l’opposition et de la société civile, le discours est tout autre. Beaucoup dénoncent une réforme taillée sur mesure pour permettre à Faure Gnassingbé de conserver durablement les rênes du pouvoir, sans être soumis aux contraintes de la limitation des mandats présidentiels. Selon plusieurs critiques, la 5è République togolaise apparaît davantage comme une reconfiguration politique que comme une véritable alternance institutionnelle.

    L’opposition, déjà fragilisée depuis plusieurs années, peine à mobiliser autour de cette question. Divisée entre plusieurs formations et confrontée à des difficultés d’organisation, elle n’a pas réussi à empêcher l’adoption de la nouvelle Constitution. Les manifestations organisées dans certaines villes du pays ont mobilisé sans atteindre l’ampleur des grandes contestations populaires observées entre 2017 et 2018.

    Dans les rues de Lomé, Sokodé ou Kara, les préoccupations quotidiennes semblent d’ailleurs dépasser le débat institutionnel. Pour une grande partie de la population, la priorité reste le coût de la vie, l’accès à l’emploi et l’amélioration des conditions sociales. La hausse régulière des prix des produits de première nécessité, les difficultés d’insertion des jeunes diplômés et les tensions économiques liées au contexte international alimentent un sentiment de lassitude.

    Si certains citoyens reconnaissent les efforts réalisés dans les infrastructures routières, l’électrification ou la digitalisation des services administratifs, beaucoup disent attendre davantage de retombées concrètes sur leur quotidien. « Les institutions changent, mais nos problèmes restent les mêmes », confie un commerçant rencontré dans un marché de la capitale.

    Sur le plan sécuritaire, le pouvoir continue également de mettre en avant la nécessité de préserver la stabilité du pays dans une sous-région marquée par les coups d’État et la menace terroriste au Sahel. Le nord du Togo reste sous vigilance renforcée face aux incursions de groupes armés. Pour les autorités, la stabilité politique constitue un impératif stratégique dans ce contexte régional tendu.

    Cette argumentation trouve un certain écho auprès d’une partie de la population, attachée à la paix sociale dans un environnement ouest-africain instable. Cependant, des voix critiques estiment que l’argument sécuritaire est parfois utilisé pour réduire l’espace de contestation politique et justifier un contrôle accru de la vie publique.

    Au niveau international, les réactions à la réforme togolaise sont restées relativement mesurées. Si certaines organisations de défense des droits humains ont exprimé leurs inquiétudes sur l’avenir démocratique du pays, les partenaires étrangers privilégient souvent la stabilité et la coopération sécuritaire dans leurs relations avec Lomé.

    Un an après la naissance officielle de la 5è République, le Togo donne ainsi l’image d’un pays politiquement verrouillé mais relativement stable. Faure Gnassingbé, discret mais omniprésent, continue de dominer le jeu politique national après plus de deux décennies au sommet de l’État.

    Reste désormais une interrogation essentielle : cette nouvelle République permettra-t-elle réellement de répondre aux aspirations sociales et démocratiques des Togolais, ou ne sera-t-elle qu’un nouvel habillage institutionnel d’un pouvoir déjà solidement enraciné ? Pour de nombreux citoyens, le véritable changement ne se mesurera pas dans les textes constitutionnels, mais dans l’amélioration concrète des conditions de vie.

  • Vie chère : le carburant en trop

    Vie chère : le carburant en trop

    La hausse des prix du carburant au Togo suscite une vive réaction de plusieurs organisations sociopolitiques. Dans une déclaration conjointe rendue publique le 25 mai 2026 à Lomé à la veille donc de l’annonce de la triste nouvelle), des mouvements citoyens et politiques dénoncent un projet qu’ils jugent « injustifié » et dangereux pour le pouvoir d’achat des populations.

    Les signataires accusent le gouvernement de préparer l’opinion publique à travers une campagne de sensibilisation, alors même que les ménages font déjà face à une forte cherté de la vie. Selon eux, une augmentation des prix à la pompe entraînerait automatiquement une flambée des coûts des produits de consommation courante, aggravant davantage la précarité des familles togolaises.

    Dans leur déclaration, les organisations rejettent également l’argument liant cette éventuelle hausse à la guerre en Iran. Elles estiment que la décision aurait été envisagée bien avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient. Pour elles, le gouvernement dispose d’autres solutions pour renflouer les caisses de l’État, notamment la lutte contre la corruption, la réduction des fuites de capitaux et une meilleure gestion des entreprises publiques.

    Face à cette situation, les signataires réclament le gel immédiat de tout projet d’augmentation des prix des produits pétroliers. Ils appellent aussi les syndicats de transporteurs, les associations de consommateurs ainsi que l’ensemble de la population à rester vigilants et à s’opposer à toute mesure susceptible d’aggraver les difficultés économiques des citoyens.

    Cette déclaration est portée notamment par la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), le mouvement « Touche Pas à Ma Constitution » et d’autres organisations engagées dans la défense du pouvoir d’achat des Togolais.

  • En RDC, le front anti-troisième mandat

    En RDC, le front anti-troisième mandat

    Réunis au sein d’une nouvelle coalition baptisée C64, plusieurs leaders de l’opposition congolaise affichent leur refus catégorique de toute révision constitutionnelle ou report des élections en RDC.

    En République démocratique du Congo, l’opposition tente de parler d’une seule voix face aux spéculations autour d’un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi. Mardi 19 mai, plusieurs figures politiques ont officialisé à Kinshasa la création de la Coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), une plateforme destinée à défendre le respect strict de la Constitution congolaise.

    Réunis dans la salle du collège Boboto, dans la commune de la Gombe, les opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund ont lancé un message clair : « ni glissement ni changement ». À travers cette formule, les membres de la coalition rejettent à la fois toute idée de report des élections et toute modification de la Constitution susceptible de permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat au-delà des limites prévues par la loi fondamentale.

    Dans leur déclaration commune, les signataires ont insisté sur la nécessité de préserver l’ordre constitutionnel et de garantir l’alternance démocratique. Ils affirment vouloir mobiliser les Congolais contre toute tentative qu’ils considèrent comme une menace pour la démocratie et les institutions du pays.

    La nouvelle coalition rassemble plusieurs figures connues de l’opposition congolaise. En exil, Moïse Katumbi et l’ancien Premier ministre Matata Ponyo Mapon figurent également parmi les soutiens annoncés du mouvement. En revanche, aucun rapprochement avec l’ancien président Joseph Kabila n’a été évoqué lors du lancement officiel.

    Cette initiative intervient dans un climat politique marqué par de fortes tensions et des débats récurrents autour de l’avenir institutionnel du pays. Pour les leaders du C64, l’objectif est désormais de fédérer les forces politiques et citoyennes autour de la défense de la Constitution et du calendrier électoral.

    À travers cette démonstration d’unité, l’opposition congolaise espère peser davantage dans le débat politique à l’approche des prochaines échéances électorales.

  • Akassimé relance la contestation

    Akassimé relance la contestation

    Sous un soleil écrasant à Akassimé, l’opposition togolaise a retrouvé une foule, une voix et surtout l’espoir de relancer la bataille contre la 5e République.

    L’opposition togolaise a réussi son premier grand test de remobilisation. Réunis au sein du Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC), partis politiques et organisations de la société civile ont mobilisé une foule importante ce samedi 9 mai 2026 à Akassimé, à Lomé. Une démonstration de force qui redonne du souffle à une opposition que beaucoup disaient affaiblie depuis l’instauration de la 5e République.

    Dans une ambiance marquée par des chants, des slogans et des appels au changement, les responsables du CNCC ont salué une mobilisation au-delà de leurs attentes. Pour eux, ce meeting populaire marque le retour d’une contestation citoyenne autour des questions de démocratie, de gouvernance et de libertés publiques au Togo.

    Premier porte-parole du Front citoyen Togo debout (FCTD), David Dosseh n’a pas mâché ses mots. Selon lui, la 5e République représente une volonté de « monarchisation du pouvoir » destinée à perpétuer une même dynastie à la tête du pays. Il a dénoncé un système caractérisé, selon ses propos, par la corruption, la dégradation des services sociaux et l’absence de perspectives pour les populations.

    Mais au-delà des discours contre le régime, c’est surtout l’ampleur de la mobilisation qui semble avoir surpris les organisateurs eux-mêmes. « Nous n’espérions pas autant de monde », a reconnu le professeur Dosseh, allant jusqu’à présenter des excuses aux nombreuses femmes présentes pour le manque d’abris contre le soleil, les organisateurs ayant anticipé une affluence plus faible.

    Pour plusieurs observateurs, cette sortie du CNCC vient casser l’idée selon laquelle l’opposition togolaise serait totalement désorganisée ou incapable de mobiliser les citoyens. À Akassimé, les leaders ont voulu montrer que la contestation reste vivante et que le débat autour de la gouvernance du pays demeure profondément ancré dans une partie de l’opinion.

    Parmi les figures présentes figurait également Zeus Ajavon, dont la participation a été saluée par les militants. Les interventions ont porté sur plusieurs sujets d’actualité : détournements de deniers publics, nomination de militaires à des postes de préfets, difficultés sociales de la jeunesse, ainsi que les polémiques autour de la nouvelle Constitution.

    Cependant, le moment le plus marquant de ce rassemblement aura sans doute été le ton d’autocritique adopté par les différents responsables de l’opposition. Les leaders ont insisté sur la nécessité de mettre fin aux querelles internes qui ont longtemps fragilisé leur camp. Komi Wolou a ainsi appelé les opposants à éviter les attaques entre eux, estimant que ces divisions profitent davantage au pouvoir en place.

    Même tonalité chez Dodji Apevon, qui a exhorté les Togolais à rester unis et à accompagner leur engagement politique par la prière, convaincu que le combat pour l’alternance est aussi spirituel.

    Avec cette première démonstration de force à Akassimé, le CNCC semble avoir réussi à redonner confiance à une partie de l’opposition togolaise et à relancer le débat politique autour de la gouvernance du pays.


  • Opposition togolaise : le meeting du 9 mai autorisé

    Opposition togolaise : le meeting du 9 mai autorisé

    Dans une décision qui marque un tournant politique, le gouvernement togolais donne son feu vert au meeting de l’opposition prévu le 9 mai à Akassimé et charge les autorités locales d’en assurer la bonne tenue.

    Après plusieurs semaines de tensions autour des libertés publiques et des activités politiques au Togo, les partis de l’opposition viennent d’obtenir une autorisation officielle pour organiser leur manifestation à Lomé. Dans une note adressée au préfet du Golfe, le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, Awaté Hodabalo, donne son feu vert à la tenue d’un meeting politique prévu le samedi 9 mai 2026 à Akassimé, dans la commune du Golfe 4.

    Le document officiel, daté du 7 mai 2026 et signé par le ministre, précise que plusieurs formations politiques de l’opposition sont à l’initiative de cette rencontre d’échanges avec leurs militants sur la situation sociopolitique du pays. Il s’agit notamment de l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI), de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), des Forces Démocratiques pour la République (FDR) et du Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR).

    Dans cette correspondance administrative adressée au préfet du Golfe, le ministre ne se contente pas de notifier l’existence du meeting. Il demande explicitement aux autorités préfectorales de « prendre toutes les dispositions » nécessaires pour le bon déroulement de la manifestation. Une formulation qui est interprétée par plusieurs observateurs comme une reconnaissance officielle et sans ambiguïté de cette mobilisation politique.

    Cette décision apparaît comme un signal important dans un contexte où plusieurs activités politiques ou citoyennes ont récemment fait l’objet de restrictions, de reports ou de controverses. L’autorisation accordée à cette manifestation pourrait ainsi contribuer à décrisper l’atmosphère politique, alors que les débats autour des libertés de réunion et d’expression restent très sensibles au Togo.

    Selon la note ministérielle, le meeting se tiendra à partir de 14 heures sur le terrain d’Akassimé. Trois responsables politiques ont été désignés comme organisateurs principaux de la rencontre. Il s’agit de Kohan Kidékijimè Binafame des FDR, de Francis Pedro de l’ANC et d’Eklou Agbegninou du PSR. Le document mentionne également leurs contacts téléphoniques afin de faciliter la coordination avec les autorités administratives et sécuritaires.

    La démarche du ministère peut aussi être perçue comme une volonté d’encadrer légalement l’activité politique, tout en évitant d’éventuels débordements. En demandant au préfet de veiller à la bonne tenue du rassemblement, le gouvernement semble vouloir privilégier une approche de gestion concertée de cette mobilisation.

    Du côté de l’opposition, cette autorisation est susceptible de renforcer la détermination des militants et sympathisants qui voient dans cette décision une ouverture politique attendue. Le meeting du 9 mai s’annonce ainsi comme un rendez-vous politique majeur, à quelques jours seulement de sa tenue, dans une capitale où chaque mobilisation de l’opposition est particulièrement scrutée.

  • Libération refusée, colère ravivée

    Libération refusée, colère ravivée

    Des organisations politiques et de la société civile accusent les autorités togolaises de mépris des décisions de justice et exigent la libération immédiate des détenus politiques, dans un contexte de tensions croissantes autour des droits fondamentaux.

    Le dernier communiqué conjoint de plusieurs organisations politiques et de la société civile met une nouvelle fois en lumière la persistance des tensions entre les autorités togolaises et une partie de l’opposition sur la question des détenus politiques. À travers un texte particulièrement virulent, les signataires dénoncent ce qu’ils qualifient de déni de justice systémique et appellent à la libération immédiate et sans conditions de toutes les personnes incarcérées pour des motifs politiques.

    Contestation

    Au cœur de la polémique figure l’Arrêt N°040/2026 rendu le 18 février 2026 par la Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Lomé. Selon le communiqué, cette décision ordonnait la libération de 13 détenus politiques. Pourtant, les signataires affirment que cette décision n’a pas été exécutée, ce qu’ils interprètent comme une preuve d’ingérence du pouvoir politique dans le fonctionnement de la justice.

    Les personnes concernées incluraient plusieurs figures connues, dont ADAM Latif, BANAVEI Balan alias « Général du 19 août », ou encore YAYA Soulemani alias « Mengoua ». Pour les auteurs du texte, cette situation illustre une justice instrumentalisée et incapable de garantir l’indépendance de ses décisions.

    Critique

    Le communiqué ne se limite pas à ce cas précis. Il élargit son propos à plusieurs décisions nationales et internationales restées, selon lui, sans application. Il cite notamment des arrêts de la Cour de justice de la CEDEAO et des décisions du Groupe de Travail de l’ONU sur la détention arbitraire, concernant des affaires anciennes impliquant des militants politiques ou des cas présumés de torture.

    Cette accumulation de références vise à construire un argument central : celui d’un système où les décisions judiciaires, même lorsqu’elles émanent d’instances régionales ou internationales, ne seraient pas respectées par les autorités nationales.

    Tension

    Au-delà des cas individuels, les signataires dénoncent ce qu’ils considèrent comme une réduction progressive de l’espace civique au Togo. Ils évoquent environ 70 personnes toujours détenues pour leurs opinions politiques et citent des cas récents, dont ceux de l’humoriste Tayo et d’Affectio, présenté comme ayant été réincarcéré après une libération antérieure.

    Selon eux, ces pratiques traduisent une stratégie de gouvernance basée sur la restriction des libertés et la dissuasion des voix critiques.

    Mobilisation

    Le communiqué se termine par un appel à la mobilisation de différentes couches socioprofessionnelles pour dénoncer les détentions arbitraires et les abus de pouvoir. Les signataires exigent non seulement la libération des détenus, mais aussi la reconnaissance des préjudices subis et leur réparation.

    Derrière ces revendications, se dessine un enjeu politique majeur : celui de la confiance dans les institutions judiciaires et de leur indépendance réelle. Pour les organisations signataires, la situation actuelle constitue un test décisif pour l’État de droit.

    Dans un contexte déjà marqué par des tensions politiques récurrentes, ce communiqué risque de raviver le débat sur les libertés publiques et la gouvernance au Togo, tout en accentuant la pression sur les autorités nationales et leurs partenaires régionaux.

  • CAR : 35 ans de combat et d’alerte

    CAR : 35 ans de combat et d’alerte

    Trente-cinq ans après sa création, le CAR dresse un bilan sans concession de la démocratie togolaise et appelle à un sursaut politique pour sortir le pays de l’impasse.

    À l’occasion de son 35e anniversaire célébré le 30 avril 2026, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a livré une déclaration à la fois commémorative et critique, revenant sur plus de trois décennies de lutte politique au Togo. Fondé le 30 avril 1991 à l’initiative de feu Maître Yaovi Agboyibo et de ses compagnons, le parti s’était donné pour mission d’instaurer la démocratie par des moyens non violents, afin de garantir progrès et prospérité au peuple togolais.

    Dans un ton empreint de solennité, le CAR a d’abord rendu hommage à ses militants disparus, saluant la mémoire de ceux qui ont « combattu sur le champ d’honneur ». Le parti rappelle ensuite la longueur et la difficulté de son engagement en faveur de l’alternance démocratique, reconnaissant avec amertume que cet objectif n’a toujours pas été atteint. « Nous aurions aimé être comptés parmi les pays ayant connu plusieurs alternances », regrette la déclaration.

    Malgré ce constat, le CAR met en avant plusieurs acquis démocratiques obtenus grâce à son combat, notamment l’introduction du bulletin unique, la carte d’électeur biométrique ou encore la loi sur la décentralisation. Le parti souligne également le rôle joué par son président fondateur dans la recherche du dialogue politique, notamment à travers les accords des « 22 engagements » et l’Accord politique global (APG), destinés à favoriser le vivre-ensemble.

    Cependant, le tableau dressé de la situation actuelle du pays se veut particulièrement sombre. Le CAR dénonce une dégradation continue du climat sociopolitique et critique la gestion du pouvoir en place. Selon le parti, la célébration de l’indépendance, censée symboliser l’unité nationale, serait aujourd’hui détournée à des fins partisanes, excluant les formations politiques jugées critiques.

    Le mouvement pointe également du doigt des pratiques de gouvernance qu’il qualifie de préoccupantes, évoquant des soupçons de corruption et de mauvaise gestion des finances publiques. Il s’interroge notamment sur des mécanismes opaques de collecte et d’utilisation des taxes, appelant à plus de transparence. Le CAR demande ainsi un audit de la gestion financière des 117 communes entre 2019 et 2025 et exhorte le ministère de l’Économie et des Finances à apporter des éclaircissements.

    Dans le même élan, le parti propose des mesures concrètes pour soulager les populations, telles que l’exonération des taxes de péage pour les motos, largement utilisées par les couches populaires. Il invite également le gouvernement à lutter contre l’évasion fiscale plutôt que de recourir systématiquement à l’endettement.

    S’adressant directement aux citoyens, le CAR dresse un bilan sévère de ces 35 années, évoquant « espoirs déçus », « rêves non réalisés » et « avenir hypothéqué ». Le parti appelle néanmoins à un sursaut collectif, symbolisé par le choix entre deux voies : celle de la division, décrite comme facile mais destructrice, et celle de l’effort, de la solidarité et du patriotisme, jugée plus exigeante mais porteuse d’avenir.

    Enfin, le CAR réaffirme sa conviction que la cogestion du pouvoir constitue une condition essentielle pour garantir des élections crédibles et sortir le pays de l’impasse politique. En ce jour anniversaire, il formule le vœu que la nouvelle génération togolaise ne soit plus sacrifiée et que le Togo puisse enfin réaliser son potentiel.

  • Togo : “60 ans de dictature, 60 ans de misère”, l’opposition dénonce et appelle à un sursaut national

    Togo : “60 ans de dictature, 60 ans de misère”, l’opposition dénonce et appelle à un sursaut national

    Une conférence-débat à forte portée politique s’est tenue dans l’après-midi de ce mercredi 29 avril au siège de la CDPA à Lomé, réunissant plusieurs forces de l’opposition togolaise, notamment la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), la Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP), la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) et le Front « Touche Pas à Ma Constitution ». Le thème retenu, « 60 ans de dictature, 60 ans de misère : le peuple togolais dit ça suffit ! », a donné le ton d’un échange particulièrement critique à l’égard du pouvoir en place.

    Dans leurs interventions, les responsables politiques et militants présents ont dressé un tableau sombre de la situation socio-politique du Togo, qu’ils estiment marqué par des décennies de gouvernance autoritaire, de restrictions des libertés publiques et de difficultés économiques persistantes. Selon eux, le pays serait entré dans un cycle de gouvernance verrouillée depuis plus de six décennies, empêchant toute alternance démocratique véritable.

    Les organisateurs de la rencontre ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « confiscation de la souveraineté populaire » et ont appelé à une prise de conscience nationale face à la situation actuelle. Ils estiment que les réformes politiques récentes n’ont pas répondu aux aspirations profondes des populations, notamment en matière de justice sociale, de respect des droits humains et de participation citoyenne.

    Au cours de la conférence, plusieurs intervenants ont également évoqué les cas de répression présumée contre des militants et acteurs de la société civile. Ils ont insisté sur la nécessité de garantir les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et de manifestation, qu’ils jugent de plus en plus fragilisées.

    Les différentes organisations présentes ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur coordination commune afin de « parler d’une seule voix » face aux défis politiques actuels. Elles ont appelé la jeunesse togolaise à s’impliquer davantage dans la vie publique et à refuser la résignation.

    Enfin, les conférenciers ont lancé un appel à la communauté internationale pour une attention accrue à la situation politique du Togo, estimant que la stabilité durable ne peut être obtenue sans dialogue inclusif et sans réformes profondes du système politique.

    La rencontre s’est achevée sur un message de mobilisation générale, les participants affirmant que « le peuple togolais a droit à un avenir de dignité, de liberté et de prospérité ».

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