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  • « Qu’est-ce qu’un écrivain », le nouveau livre de Togoata Apédo-Amah

    « Qu’est-ce qu’un écrivain », le nouveau livre de Togoata Apédo-Amah

    Dans son nouvel ouvrage, l’universitaire Ayayi Togoata Apédo-Amah tente d’expliquer ce qu’est un écrivain. Ecrire reste un art et il n’est pas donné à n’importe qui d’être auteur reconnu, peut-on résumer.

    QU’EST-CE QU’UN ÉCRIVAIN          ?

    “Qu’est-ce qu’un écrivain ? La question apparemment simple, ne va pas de soi, loin de là. L’écrivain est la pièce essentielle de la chaîne du livre. Son travail de création et de réflexion achevé passe par l’éditeur, les évaluateurs de manuscrits, l’imprimeur, le libraire, le distributeur, le lecteur, le critique littéraire. Si la chaîne qui fait exister l’écrivain est longue, l’exercice qui consiste à définir l’écrivain est complexe entre la production de son œuvre dans les règles de l’art, sa réception par le lecteur et le critique, l’interprétation basée sur l’imaginaire collectif et individuel, le statut du matériau qui est la langue avec ses normes et ses écarts, la figure d’autorité qu’il représente entre la réalité et le mythe “.

    Dans cet ouvrage, le chercheur a mené des réflexions sur l’écrivain et son art, sur une période de 1985 à 2023, ayant à l’esprit que l’art et les formes sociales évoluent, il se soucie d’établir le lien entre l’artiste et l’art et leur environnement dont ils sont les produits. Ce livre est aussi un parcours historique de la littérature africaine et du champ littéraire togolais. Il y est abordé les questions de la critique, des options idéologiques et esthétiques, la politique de la langue, l’avènement des maisons d’éditions qui ont bouleversé le paysage éditorial, le mythe de l’écrivain et de l’occident comme synonyme de qualité littéraire, etc.

    “Le phénomène littéraire est une pratique dynamique dont l’évolution dans le temps exige constamment le renouvellement de la lecture critique” conclut-il dans son introduction.

    Source : page facebook Littérature togolaise

  • Pipeline Bénin-Niger: Porto-Novo détaille une médiation menée par le partenaire chinois Wapco

    Pipeline Bénin-Niger: Porto-Novo détaille une médiation menée par le partenaire chinois Wapco

    Le ministre béninois de l’Énergie a fait un point ce 29 mai à Cotonou sur un comité inter-État organisé à Niamey avec la société pétrolière chinoise Wapco pour tenter de régler le différend entre les deux voisins concernant l’exploitation par les deux pays d’un pipeline. Détails.

    La société pétrolière chinoise West African Oil Pipeline Company SA (Wapco) a réuni les autorités du Bénin et du Niger pour régler le gros différend qui divise les deux pays autour du pipeline.

    Les Chinois, à l’initiative de ce comité inter-État, ont réuni à Niamey pendant deux jours les ministres du Niger et du Bénin en charge du pétrole et quelques collaborateurs pour trouver une porte de sortie.

    À son retour à Cotonou le 29 mai 2024, le ministre béninois de l’Énergie et des mines a tenu un point de presse au salon de l’aéroport. Selon lui, les Chinois de Wapco auraient mis sur la table le problème de passage par la frontière terrestre des équipements, du personnel et du matériel.

    Aucun souci du côté béninois : sa frontière est ouverte. La solution doit venir du Niger qui a maintenu la sienne fermée.

    Autre sujet : l’accord nécessaire et urgent entre les douanes des deux pays pour les opérations normales de chargement et d’enlèvement du brut nigérien à Sèmè Podji.

    « Le Bénin va continuer de jouer son rôle dans les relations bilatérales »

    Les deux ministres doivent rendre compte à leur chef d’État respectif. Le dernier mot leur revient.

    Le ministre Samou Seidou Adambi a rappelé devant la presse la dynamique dans laquelle se trouve son pays : « Le Bénin va continuer de jouer son rôle dans les relations bilatérales, mais aussi dans les obligations qui sont les nôtres par rapport au projet de pipeline Niger-Bénin. » Un message pour rassurer aussi le partenaire chinois qu’il dit avoir vu « déboussolé et découragé, ne sachant pas quelle est la porte de sortie ».

    Et puis il y a eu cet épisode qu’il rapporte : « J’étais également porteur d’un message du président Talon à son homologue et frère le général Abdourahamane Tiani qui n’a pas pu me recevoir pour prendre ce message-là. »

    Source : rfi

  • CAN : le retour au rythme biennal, un camouflet pour Infantino ?

    CAN : le retour au rythme biennal, un camouflet pour Infantino ?

    Après avoir envisagé de faire passer la Coupe d’Afrique des nations à une périodicité de quatre ans, la CAF a finalement rétabli le rendez-vous biennal. Un revirement qui relance les interrogations sur les rapports de force entre les dirigeants du football africain et le président de la FIFA, Gianni Infantino.

    La Confédération africaine de football (CAF) a officiellement fait marche arrière. Réuni le jeudi 29 octobre 2026, son Comité exécutif a décidé à l’unanimité de rétablir l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) tous les deux ans. Une décision qui met un terme, du moins pour le moment, à un projet de réforme qui avait provoqué de vives réactions sur le continent et alimenté les soupçons d’une influence excessive de la FIFA sur les choix du football africain.

    La décision initiale avait été annoncée en décembre 2025 par le président de la CAF, Patrice Motsepe. Selon cette nouvelle programmation, la CAN devait abandonner son traditionnel rythme biennal pour se tenir tous les quatre ans à partir de 2028. Cette orientation, défendue depuis plusieurs années par Gianni Infantino, président de la FIFA, était présentée comme un moyen de réorganiser le calendrier international et de permettre la création d’une Ligue des nations africaine.

    Mais cette réforme était loin de faire l’unanimité. Plusieurs acteurs du football africain y voyaient une remise en cause de l’identité de la compétition phare du continent, mais également une menace pour les revenus commerciaux, la visibilité des sélections nationales et les perspectives de développement du football africain.

    Une réforme abandonnée sous la pression des fédérations ?

    Le revirement de la CAF intervient dans un contexte particulier. Lors de la conférence stratégique organisée au Cap-Vert du 7 au 9 octobre, Patrice Motsepe avait déjà laissé entrevoir un changement de position. Il avait alors reconnu que le retour à une CAN tous les deux ans était à l’étude. Le président de la CAF avait également tenu à préciser que son organisation ne recevait pas d’instructions de la FIFA ou de l’UEFA. Une déclaration qui semblait répondre aux critiques suscitées par la réforme initiale.

    Dans son communiqué du 29 octobre, la CAF justifie essentiellement son revirement par des considérations économiques. L’instance estime notamment que la nouvelle Ligue des nations africaine, censée compenser la perte de revenus liée à la réduction de la fréquence de la CAN, aurait besoin de plusieurs années avant de générer des ressources financières suffisamment importantes. En attendant, le football africain ne pouvait se permettre de compromettre ses capacités de financement et de développement.

    Toutefois, derrière cet argument économique, une autre lecture mérite d’être examinée : celle des rapports de force au sommet du football mondial. Le retour au rythme biennal n’est-il pas aussi le résultat de pressions exercées par certains dirigeants africains sur Gianni Infantino ? La question se pose d’autant plus que le patron de la FIFA traverse une période délicate, marquée par plusieurs controverses autour de sa gouvernance et de ses projets de réforme.

    En août 2026, la BBC révélait que le projet controversé de création de la structure FIFA Forward Enterprise, destiné à ouvrir davantage les investissements des compétitions mondiales à des investisseurs privés, avait été abandonné face aux oppositions rencontrées. Dans le même contexte, le Comité exécutif de la CAF avait réaffirmé à l’unanimité son soutien à Infantino. Plusieurs responsables de fédérations africaines avaient également exprimé publiquement leur appui au dirigeant italo-suisse, dont certains n’ont pas caché leur souhait de le voir reconduit à la tête de l’instance mondiale en 2027.

    Dès lors, le calendrier de la CAN pourrait-il être devenu un sujet de négociation, même indirecte, entre les deux instances ? Il serait hasardeux d’affirmer que le retour à la périodicité biennale constitue une contrepartie au soutien africain à Infantino. Aucun élément public ne permet, à ce stade, d’établir un tel arrangement. Mais la proximité des deux événements, les prises de position des dirigeants africains et l’importance du poids électoral des 54 associations membres de la CAF dans les scrutins de la FIFA alimentent inévitablement les interrogations.

    Infantino peut-il encore dicter le tempo ?

    Le soutien africain représente un enjeu non négligeable pour Gianni Infantino, dont la réélection en 2027 se prépare dans un environnement où sa gouvernance fait l’objet de critiques. Les 54 associations membres de la CAF constituent un bloc électoral important au sein des 211 fédérations affiliées à la FIFA. Leur position peut donc peser dans les équilibres politiques de l’organisation mondiale.

    En rétablissant la CAN tous les deux ans, la CAF donne ainsi le sentiment de vouloir reprendre la maîtrise de son calendrier et de défendre les intérêts économiques et sportifs du continent. Reste à savoir si cette décision traduit uniquement une correction stratégique ou si elle révèle également les limites de l’influence d’Infantino sur les choix de l’instance africaine.

    Une chose est certaine : après avoir suscité une vive controverse, le projet de CAN quadriennale n’aura pas résisté à la contestation. Et cette volte-face intervient à un moment où les alliances et les soutiens deviennent particulièrement importants dans la perspective de la prochaine élection à la présidence de la FIFA.

    La CAF confirme la CAN 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Les éditions suivantes sont annoncées pour 2028, 2031 et 2033, en tenant compte notamment de la Coupe du monde 2030.

  • CEDEAO-Togo : la Cour relance le dossier constitutionnel

    CEDEAO-Togo : la Cour relance le dossier constitutionnel

    Par une correspondance adressée aux autorités togolaises, la Cour de justice de la CEDEAO demande des précisions sur l’exécution de son arrêt du 29 janvier 2026 relatif à la réforme constitutionnelle de mars 2024. Une nouvelle interpellation qui remet ce dossier sensible au centre de l’actualité politique.

    Le dossier de la réforme constitutionnelle togolaise de 2024 connaît un nouvel épisode. La Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) revient sur l’application de son arrêt rendu le 29 janvier 2026 dans l’affaire opposant la Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) et douze autres requérants à l’État togolais.

    Dans une lettre datée du 23 octobre 2026, adressée au ministre togolais de la Justice, le greffier en chef par intérim de la juridiction communautaire, Dr Ousmane Diallo, sollicite des informations sur les dispositions prises par le gouvernement pour donner suite à cette décision. Cette démarche s’appuie sur l’article 24, paragraphe 2, de l’Acte additionnel relatif à la Cour.

    À travers cette correspondance, la juridiction régionale entend ainsi obtenir des éclaircissements sur les suites réservées à son arrêt, plusieurs mois après son prononcé.

    Un arrêt qui met en cause la réforme de 2024

    Pour rappel, la décision du 29 janvier 2026, référencée ECW/CCJ/APP/15/24, porte sur la réforme constitutionnelle adoptée le 25 mars 2024 au Togo. Cette révision avait profondément modifié l’architecture institutionnelle du pays avec l’instauration d’un régime parlementaire.

    Saisie par la LTDH et douze autres organisations et acteurs, la Cour avait notamment examiné les griefs relatifs à la violation de l’article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, ainsi qu’au droit de participer aux affaires publiques.

    Dans son dispositif, la juridiction a constaté une violation de l’article 23 de cette Charte par l’État togolais. Elle a également demandé aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour que toute réforme constitutionnelle ou institutionnelle future soit conforme aux engagements internationaux du pays et aux principes démocratiques.

    Toutefois, la Cour n’a pas accueilli l’ensemble des recours. Elle a notamment déclaré irrecevables les requêtes de l’Association des victimes de tortures au Togo (ASVITTO) et de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), pour défaut de capacité juridique. Certains autres griefs ont également été rejetés pour défaut de qualité pour agir.

    L’exécution, nouvel enjeu du bras de fer

    La nouvelle correspondance de la Cour intervient dans un environnement politique marqué par des interprétations divergentes de la portée de l’arrêt. Les acteurs de l’opposition y voient un argument supplémentaire dans leur contestation de la réforme constitutionnelle et réclament des changements institutionnels. Les autorités togolaises, quant à elles, n’ont pas publiquement annoncé, à ce stade, les mesures qu’elles entendent prendre en réponse à cette nouvelle interpellation.

    Cette démarche intervient également au moment où l’Université de Lomé accueille, les 29 et 30 octobre, un colloque international consacré aux juridictions régionales de protection des droits de l’homme, aux changements constitutionnels et à la souveraineté des États. Une rencontre qui offre un cadre de réflexion sur les rapports entre les juridictions communautaires et les ordres constitutionnels nationaux.

    Reste désormais à connaître la réponse du gouvernement togolais à la demande de la Cour. Au-delà des débats politiques suscités par la décision du 29 janvier, la question de son application constitue un enjeu majeur pour les relations entre le Togo et les institutions communautaires.

    La correspondance du 23 octobre remet ainsi les autorités togolaises face à leurs engagements judiciaires régionaux et relance les interrogations sur les suites concrètes de cet arrêt.

  • Togo : Le politologue Madi Djabakate annonce un essai sur les fondements constitutionnels de la crise politique

    Togo : Le politologue Madi Djabakate annonce un essai sur les fondements constitutionnels de la crise politique

    Le politologue et essayiste Elhajj Mohamed Madi Djabakate prépare un ouvrage consacré aux transformations constitutionnelles du Togo depuis 1963 et à leurs implications sur la légitimité du pouvoir.

    Un nouvel essai consacré à l’histoire constitutionnelle et politique du Togo sera prochainement publié. Intitulé « De la Constitution de Contrebande au Problème Constitutionnel (Artifices constitutionnels, pouvoir dynastique et crise démocratique au Togo depuis 1963) », l’ouvrage d’Elhajj Mohamed Madi Djabakate entend interroger les fondements juridiques et institutionnels des crises politiques qui ont marqué le pays.

    Dans une annonce diffusée sur les réseaux sociaux, l’auteur présente son travail comme une réflexion sur les règles qui organisent l’exercice du pouvoir, au-delà des débats habituels sur les dirigeants, les élections et les rapports entre les acteurs politiques.

    La Constitution au cœur de la réflexion

    L’essai propose de déplacer le regard vers les mécanismes constitutionnels qui structurent la vie politique togolaise depuis l’adoption de la première Constitution de la République, en 1961, et les événements politiques de 1963. Son titre annonce une analyse critique des modifications institutionnelles successives, de la continuité du pouvoir et des interrogations relatives à la légitimité démocratique.

    Pour Mohamed Madi Djabakate, la compréhension des crises politiques nécessite également un examen des règles qui encadrent l’accès au pouvoir, son exercice et sa transmission. L’auteur soulève ainsi une question centrale : la stabilité institutionnelle peut-elle être durable lorsque les fondements constitutionnels du système font l’objet de contestations ?

    Cette orientation s’inscrit dans un débat plus large sur la fonction de la Constitution dans l’organisation de l’État. Au Togo, la réforme constitutionnelle de 2024, qui a instauré une nouvelle architecture institutionnelle, a notamment suscité des discussions sur la nature du régime, la répartition des compétences et les modalités d’exercice du pouvoir.

    Un débat qui dépasse les acteurs politiques

    L’annonce de cet ouvrage intervient dans un contexte où les interprétations de la Constitution et de ses conséquences continuent d’alimenter les échanges entre juristes, universitaires, responsables politiques et acteurs de la société civile.

    Dans une précédente tribune publiée en mai 2026, Elhajj Madi Djabakate avait déjà plaidé pour que le débat constitutionnel soit davantage orienté vers les droits des citoyens, le fonctionnement des institutions et les conditions d’une compétition politique équitable.

    Le nouvel essai semble prolonger cette démarche en proposant une lecture historique et institutionnelle de la trajectoire politique du pays. Toutefois, son annonce ne permet pas encore d’apprécier l’ensemble de sa démonstration, les sources mobilisées ni les conclusions détaillées de l’auteur.

    La date de publication, les modalités de présentation et les conditions d’accès à l’ouvrage restent à préciser. Sa parution devrait offrir un nouveau support de discussion sur les rapports entre Constitution, légitimité politique et stabilité institutionnelle au Togo.

  • Thèse  de doctorat/Bois-énergie au Togo : Anani Kokou Kpomegbe alerte sur l’urgence écologique

    Thèse de doctorat/Bois-énergie au Togo : Anani Kokou Kpomegbe alerte sur l’urgence écologique

    Dans une thèse de doctorat en géographie, Anani Kokou Kpomegbe met en évidence les conséquences environnementales et socio-économiques de l’exploitation du bois-énergie dans l’Est Maritime du Togo.

    L’exploitation du bois-énergie nourrit des ménages, génère des revenus et participe à l’économie locale. Mais derrière ces retombées se dessine une réalité préoccupante : la dégradation progressive du couvert végétal et ses conséquences sur la biodiversité et la santé humaine. C’est le constat majeur de la recherche menée par Anani Kokou Kpomegbe, présentée le 16 octobre 2026 dans le cadre de sa soutenance de thèse de doctorat unique en géographie, spécialité biogéographie, à l’Université de Lomé.

    Cadre du parti politique Union des forces de changement (UFC) et ancien député, le chercheur s’est intéressé aux « Impacts écologiques et socio-économiques de l’exploitation du bois énergie dans l’Est Maritime du Togo ». Sous la direction d’Ama-Edi Kouya, maître de conférences à l’Université de Lomé, cette étude examine les pratiques de production et de consommation de cette ressource, ainsi que leurs répercussions sur les écosystèmes et les conditions de vie des populations.

    Une pression croissante sur les formations végétales

    Pour parvenir à ses conclusions, Anani Kokou Kpomegbe a combiné recherches documentaires, enquêtes de terrain, inventaires floristiques et forestiers, entretiens socio-économiques et analyse de l’évolution de l’occupation des sols. Les investigations ont notamment permis de recenser 38 localités à forte production de bois-énergie réparties dans quatre préfectures : les Lacs, Vo, Yoto et Bas-Mono.

    L’étude distingue quatre modes de production : la concession individuelle, la concession collective, l’exploitation par héritage individuel et la production individuelle frauduleuse. Les prélèvements reposent aussi bien sur l’abattage d’arbres vivants que sur le ramassage de bois mort, selon les pratiques et les circuits d’approvisionnement.

    Les données relatives à l’évolution du paysage sont particulièrement révélatrices. Entre 1988 et 2023, les superficies forestières sont passées de 80 224,88 à 49 888,56 hectares, soit une diminution d’environ 38 %. Les savanes ont également reculé, passant de 135 387,13 à 84 224,59 hectares. Dans le même temps, les champs et les jachères ont progressé de 29 183,96 à 91 946,09 hectares.

    Cette transformation traduit une régression des formations végétales au profit d’espaces davantage marqués par les activités humaines. Si l’exploitation du bois-énergie constitue un facteur de pression, les chiffres présentés décrivent une dynamique globale d’occupation des sols et ne permettent pas, à eux seuls, d’attribuer l’ensemble des changements à cette seule activité.

    Sur le plan de la biodiversité, les inventaires ont identifié 116 espèces végétales appartenant à 98 genres et 39 familles. Les Fabaceae arrivent en tête avec 25 espèces, devant les Rubiaceae et les Moraceae, qui en comptent chacune six. Cette richesse floristique subit les effets des prélèvements et de la transformation des habitats naturels.

    Des revenus indispensables, mais un coût sanitaire et environnemental

    L’intérêt de cette recherche réside également dans la mise en lumière du rôle économique du bois-énergie. Pour de nombreux ménages, cette activité constitue une source de revenus qui contribue directement à la satisfaction des besoins essentiels. Selon les résultats présentés, 98 % des personnes enquêtées citent l’habillement parmi les dépenses couvertes, 79 % la construction des maisons et 68 % la scolarisation des enfants. La santé, l’alimentation et les dépenses liées au mariage figurent également parmi les postes financés.

    La filière contribue, par ailleurs, aux recettes des communes à travers les taxes locales. Ces retombées expliquent pourquoi l’exploitation du bois-énergie demeure une activité importante pour les populations concernées, malgré ses conséquences écologiques.

    Cependant, les bénéfices économiques ne doivent pas occulter les risques sanitaires. Les enquêtes auprès des producteurs font état de problèmes tels que la fatigue, les courbatures, les blessures et les brûlures. L’utilisation domestique du bois et du charbon expose également les populations aux fumées, dont les effets dépendent notamment des conditions de combustion et de ventilation.

    Face à ces constats, Anani Kokou Kpomegbe préconise une gestion plus durable de la ressource. Le reboisement, la protection des formations végétales, la promotion des foyers améliorés et le développement des énergies alternatives figurent parmi les pistes à privilégier.

    L’enjeu est de concilier les besoins énergétiques des ménages avec la préservation des écosystèmes. Car, dans l’Est Maritime, le bois-énergie demeure à la fois une ressource économique vitale et une source de pression sur l’environnement. La durabilité de cette filière dépendra de la capacité des acteurs publics et des communautés à organiser son exploitation sans compromettre le patrimoine végétal dont dépend une partie de leurs moyens de subsistance.

  • Santé mentale : le REMAPSEN-Togo et le PNAPP appellent à briser le silence

    Santé mentale : le REMAPSEN-Togo et le PNAPP appellent à briser le silence

    À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, les deux organisations ont organisé un webinaire consacré à l’écoute, au partage d’expériences et à la lutte contre la stigmatisation.

    Parler de sa souffrance psychologique sans craindre le jugement, écouter les personnes en difficulté et favoriser leur orientation vers des professionnels de santé : tels sont les principaux messages portés lors d’un webinaire organisé le vendredi 23 octobre 2026 par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN-Togo), en collaboration avec le Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP).

    Placée sous le thème « Une expérience vécue : parlons-en pour impacter le changement autour de nous », cette rencontre en ligne s’inscrivait dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la santé mentale, commémorée chaque année le 10 octobre. Elle a permis d’aborder les difficultés psychologiques, l’importance de l’entourage et la nécessité de dépasser les préjugés entourant les troubles mentaux.

    Écouter sans juger, accompagner sans stigmatiser

    Au cours des échanges, le spécialiste en santé mentale et soutien psychosocial, Dr Matièyédou Bomboma, a attiré l’attention sur certains signes susceptibles de révéler une souffrance psychologique, notamment les troubles du sommeil, la perte d’appétit et la détresse émotionnelle. Ces manifestations méritent une attention particulière, même si elles ne suffisent pas, à elles seules, à établir un diagnostic.

    Le spécialiste a également mis en avant plusieurs facteurs favorables au bien-être mental, parmi lesquels la pratique régulière d’une activité physique, une bonne hygiène de vie et la qualité des relations familiales et professionnelles. Il a, en outre, souligné l’importance d’éviter les drogues et les abus d’alcool, susceptibles d’aggraver certaines difficultés psychologiques.

    Au-delà de la prévention, l’accompagnement des personnes en souffrance a occupé une place importante dans les discussions. Dr Bomboma a insisté sur la nécessité de faire preuve de bienveillance, de respecter la confidentialité des confidences et d’orienter les personnes concernées vers des professionnels compétents, notamment les psychologues et les psychiatres.

    « Nous devons écouter sans juger, soutenir sans imposer », a-t-il résumé, selon l’Agence togolaise de presse (ATOP). Un principe qui invite à rompre avec les réactions de rejet, les moqueries et les attitudes culpabilisantes auxquelles peuvent être confrontées les personnes souffrant de troubles psychiques.

    L’expérience vécue, un levier de changement

    Personne ressource ayant pris part au webinaire, Dédé Ajavon a, pour sa part, mis l’accent sur l’écoute active et la bienveillance dans l’accompagnement des personnes concernées. Elle a également appelé à combattre la stigmatisation et à privilégier une prise en charge adaptée auprès des professionnels de santé.

    Le choix du thème rejoint l’orientation de la campagne 2026 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), intitulée « À l’écoute de l’expérience vécue : des voix authentiques pour un réel changement ». L’organisation internationale rappelle que les personnes ayant traversé des problèmes de santé mentale détiennent une connaissance précieuse de leurs besoins et des obstacles rencontrés. Leur parole ne devrait donc pas se limiter au témoignage : elle doit aussi contribuer à améliorer les politiques et les services de santé mentale.

    Dans cette perspective, l’initiative du REMAPSEN-Togo et du PNAPP souligne le rôle que peuvent jouer les médias dans la sensibilisation du public, la diffusion d’informations fiables et la promotion de comportements plus solidaires.

    Au Togo, le Plan stratégique de santé mentale 2024-2027 identifie le PNAPP comme un acteur de coordination des interventions en santé mentale et dans le domaine des addictions aux produits psychoactifs. La collaboration avec les médias constitue ainsi un relais potentiel pour rapprocher les messages de prévention des populations.

    Le défi reste désormais de traduire les paroles en actes : reconnaître les signes de détresse, éviter les jugements hâtifs, soutenir les personnes concernées et faciliter leur accès aux soins. Car parler de santé mentale ne consiste pas seulement à lever un tabou. C’est aussi contribuer à bâtir un environnement où chacun peut demander de l’aide sans honte ni exclusion.

  • Gilbert Houngbo face à l’épreuve du second mandat : ses atouts et ses zones de fragilité

    Gilbert Houngbo face à l’épreuve du second mandat : ses atouts et ses zones de fragilité

    Soutenu par l’Union africaine, le Togolais défend son bilan à la tête de l’OIT dans un contexte de crise financière et de concurrence internationale.

    Le 16 novembre 2026, Gilbert Houngbo jouera une nouvelle étape de sa carrière internationale. Élu en 2022 à la tête de l’Organisation internationale du travail (OIT), dont il est le premier dirigeant africain, l’ancien Premier ministre togolais brigue un second mandat. Mais derrière le symbole de cette candidature se dessinent des enjeux de gouvernance, de justice sociale et de financement qui pourraient peser dans le débat.

    Un parcours international et des acquis à faire valoir

    Le premier atout de Gilbert Houngbo réside dans son expérience. Avant de prendre les commandes de l’OIT, il a occupé les fonctions de Premier ministre du Togo, de haut responsable du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de président du Fonds international de développement agricole (FIDA). Ce parcours lui a permis d’acquérir une connaissance des mécanismes multilatéraux, de la coopération internationale et des questions de développement.

    Son élection en 2022 avait également marqué une étape symbolique : pour la première fois depuis la création de l’OIT en 1919, un Africain accédait à sa direction générale. Le soutien de l’Union africaine à sa candidature pour un nouveau mandat prolonge cette dynamique. Il représente un argument diplomatique important pour ceux qui défendent une meilleure représentation du continent dans les institutions internationales.

    Sur le plan du travail, le bilan du dirigeant togolais comporte des éléments concrets. Sous son mandat, l’OIT a notamment adopté de nouveaux instruments internationaux portant sur les dangers biologiques et le travail sur les plateformes numériques. L’organisation a aussi engagé des travaux sur l’évolution des normes internationales et la protection des travailleurs face aux mutations du marché de l’emploi. Des analyses publiées en octobre 2026 soulignent également les avancées enregistrées sur le terrain de la protection du droit de grève.

    Ces éléments donnent à Gilbert Houngbo des arguments pour défendre la continuité. Pour ses partisans, un second mandat permettrait de consolider les réformes engagées et de poursuivre les efforts en faveur du travail décent, de la protection sociale et du dialogue entre les gouvernements, les employeurs et les syndicats.

    La crise financière, principale zone de fragilité

    Toutefois, le bilan du directeur général sortant ne peut être dissocié des difficultés financières auxquelles l’OIT est confrontée. Les retards de paiement des contributions des États membres, particulièrement ceux des États-Unis, ont fortement fragilisé la trésorerie de l’organisation. En juillet 2026, les arriérés de contributions atteignaient 368 millions de francs suisses, dont 257 millions dus par Washington, selon Reuters.

    Cette situation a contraint l’institution à envisager des économies importantes. En août, la direction a proposé la suppression d’environ 120 postes afin de réduire les dépenses. Une mesure sensible, qui soulève des inquiétudes sur les capacités opérationnelles de l’organisation et sur les conditions dans lesquelles elle pourra poursuivre ses missions.

    Même si cette crise résulte en grande partie des impayés des États membres, elle place la gestion de Gilbert Houngbo au centre des interrogations. Les représentants des travailleurs peuvent légitimement demander comment préserver les compétences de l’organisation, maintenir les programmes essentiels et garantir que les restrictions budgétaires ne compromettent pas la défense des droits sociaux.

    Autre point de controverse : les démarches attribuées à l’entourage du directeur général pour rapprocher l’organisation de l’administration américaine, notamment à travers la possibilité de confier une fonction stratégique à un responsable américain, dans un contexte où Washington doit d’importantes contributions. Cette approche, rapportée par El País, suscite des critiques sur le risque de concessions politiques au nom du rétablissement des financements. Elle devra être appréciée au regard des explications de la direction et des garanties d’indépendance de l’institution.

    Une concurrence qui dépasse les frontières africaines

    Gilbert Houngbo ne sera pas seul en lice. La ministre espagnole du Travail, Yolanda Díaz, et l’ancien ministre péruvien des Affaires étrangères Javier González-Olaechea figurent également parmi les candidats annoncés pour l’élection du 16 novembre.

    La candidature espagnole apporte une autre lecture des priorités de l’OIT, avec un accent mis sur les droits sociaux, les réformes du marché du travail et le dialogue avec les syndicats. Les critiques formulées contre la gestion du sortant montrent que la compétition ne se résume pas à une question de représentation géographique : elle porte aussi sur les orientations à donner à l’organisation et sur la manière de répondre à la crise financière.

    Le Conseil d’administration de l’OIT, composé de 56 membres représentant les gouvernements, les travailleurs et les employeurs, devra départager les candidats. Le soutien de l’Union africaine constitue un avantage diplomatique pour Gilbert Houngbo, mais il ne suffit pas, à lui seul, à déterminer l’issue du scrutin.

    Au-delà de la bataille des candidatures, l’enjeu est celui de la capacité de l’OIT à préserver son rôle dans un monde marqué par l’essor du travail informel, les transformations technologiques et les inégalités persistantes.

    Pour Gilbert Houngbo, le défi consiste donc à défendre les acquis de son premier mandat tout en répondant aux critiques sur la gestion des ressources et les choix stratégiques. Pour le Togo et l’Afrique, sa candidature revêt une portée symbolique indéniable. Mais la question centrale demeure celle des résultats, de l’indépendance de l’institution et de sa capacité à garantir les droits des travailleurs, quelles que soient les pressions économiques ou diplomatiques.

  • TENNIS DE TABLE : LE TOGO S’ARRÊTE EN QUARTS DE FINALE

    TENNIS DE TABLE : LE TOGO S’ARRÊTE EN QUARTS DE FINALE

    La sélection togolaise quitte les Championnats d’Afrique de tennis de table sans atteindre le dernier carré. Entre l’épreuve par équipes, le double messieurs et le simple, les pongistes togolais ont été confrontés à une forte opposition continentale.

    Par équipes, l’Algérie fait barrage

    L’aventure togolaise s’est achevée en quarts de finale de l’épreuve par équipes, après une défaite face à l’Algérie.

    En double, une paire égyptienne trop forte

    Associés en double messieurs, Elias AGBODJAN et Abdourazaq SOUFIANOU n’ont pas réussi à franchir le cap des quarts de finale. Ils ont été éliminés par une paire égyptienne.

    Des résultats contrastés en simple

    En simple messieurs, les représentants togolais n’ont pas réussi à se qualifier pour la suite de la compétition. Sédik TCHAGOLE et Elias AGBODJAN ont chacun enregistré une victoire contre deux défaites en phase de groupes. Abdourazaq SOUFIANOU, de son côté, a terminé cette étape avec trois défaites.

    Malgré ces résultats, cette participation aura permis aux athlètes togolais de se mesurer à l’élite africaine et d’acquérir une expérience précieuse pour les prochaines échéances.

    Le parcours s’arrête ici, mais le défi reste entier : poursuivre les efforts pour renforcer le tennis de table togolais et améliorer ses performances sur la scène continentale.

    Soutenons nos pongistes et continuons à faire grandir le tennis de table togolais !

  • Agriculture : le Togo change de cap

    Agriculture : le Togo change de cap

    Adopté en première lecture le 22 octobre 2026, le projet de loi d’orientation agricole ambitionne de moderniser le secteur et de renforcer la souveraineté alimentaire du pays.

    L’agriculture togolaise s’apprête-t-elle à entrer dans une nouvelle ère ? L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 22 octobre 2026, le projet de loi d’orientation agricole, destiné à structurer durablement le développement du secteur. Composé de 207 articles, le texte entend apporter une réponse aux défis de la productivité, de la sécurité alimentaire et de la valorisation des productions nationales. Il doit encore poursuivre le processus législatif avant de devenir applicable.

    La décision a été prise lors de la quatrième séance plénière de la deuxième session ordinaire de l’année, sous la présidence de Komi Selom Klassou. Le ministre chargé de l’Agriculture, Antoine Lékpa Gbégbéni, a salué les contributions des députés, estimant qu’elles ont permis de mieux prendre en compte les réalités des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs.

    Des ambitions au-delà de la production

    Le projet de loi ne se limite pas à encourager l’augmentation des récoltes. Il vise également à améliorer les conditions d’exercice des activités agricoles et à renforcer les revenus des producteurs. Pour y parvenir, plusieurs leviers sont envisagés : faciliter l’accès aux financements et aux marchés, développer la mécanisation et l’irrigation, soutenir la recherche agricole et renforcer les compétences des professionnels.

    La transformation locale occupe aussi une place importante dans cette stratégie. En encourageant la valorisation des produits sur le territoire national, les autorités entendent accroître la richesse créée au sein des filières, stimuler l’investissement privé et favoriser l’émergence d’un secteur agro-industriel compétitif. L’enjeu consiste à mieux exploiter le potentiel des productions nationales et à créer davantage d’emplois, notamment en milieu rural.

    Le texte prend par ailleurs en considération la sécurisation du foncier agricole, la préservation des ressources naturelles et l’adaptation aux changements climatiques. Les femmes et les jeunes figurent également parmi les publics auxquels cette nouvelle orientation entend offrir davantage de possibilités.

    Le défi de l’application

    Au-delà du vote parlementaire, la réussite de cette réforme dépendra des moyens mobilisés pour la rendre effective. Le ministre Antoine Lékpa Gbégbéni a lui-même souligné que son efficacité reposera sur la qualité de sa mise en œuvre, les ressources disponibles et la concertation entre les acteurs publics, privés et associatifs. Le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, a également insisté sur la nécessité d’accélérer l’élaboration des textes d’application.

    Pour les producteurs, l’essentiel se mesurera aux changements concrets : des financements plus accessibles, des équipements adaptés, des débouchés rémunérateurs et une meilleure protection face aux aléas climatiques.

    Le Togo pose ainsi les bases d’une nouvelle politique agricole. Reste à transformer les ambitions affichées en résultats tangibles. Car une loi, aussi ambitieuse soit-elle, ne garantit ni de meilleures récoltes ni une alimentation plus accessible sans investissements suffisants et accompagnement durable des exploitants. La souveraineté alimentaire se jouera désormais sur le terrain, au plus près de ceux qui font vivre l’agriculture togolaise.

  • Togo : le gaz de WAPCo attendu le 27 octobre, les Togolais à bout de patience

    Après le remplacement de deux vannes stratégiques sur le réseau gazier, WAPCo prévoit de reprendre le transport de gaz naturel au plus tard le 27 octobre 2026. Une échéance attendue dans un contexte de coupures d’électricité qui perturbent le quotidien des ménages et les activités économiques. La remise en service reste toutefois subordonnée aux résultats des inspections techniques.

    Les perspectives d’un retour progressif à la normale se dessinent dans le secteur énergétique togolais. La West African Gas Pipeline Company Limited (WAPCo), société chargée de l’exploitation du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (GAO), annonce des avancées dans les travaux de maintenance de la branche de Lomé. L’entreprise table sur une reprise du transport de gaz naturel d’ici au 27 octobre 2026, à condition que les vérifications techniques en cours ne révèlent aucune anomalie majeure.

    Cette annonce intervient alors que les interruptions de la fourniture d’électricité se multiplient depuis plusieurs jours dans la capitale et dans d’autres localités du pays. La maintenance du gazoduc, qui alimente notamment les centrales thermiques, constitue l’une des principales explications avancées par les responsables du secteur pour justifier ces perturbations.

    Dans un communiqué publié le 20 octobre, WAPCo indique avoir achevé, entre le 14 et le 17 octobre, le remplacement de deux équipements essentiels : la vanne sous-marine de la dérivation de Lomé et la vanne d’arrêt située à l’entrée de la station de régulation et de comptage. Selon la société, les interventions se sont déroulées sans incident.

    Ces opérations représentent une étape importante dans la remise en état des installations. Elles ne signifient cependant pas que le transport du gaz peut reprendre immédiatement. D’autres vérifications doivent encore permettre de s’assurer de la fiabilité de la conduite avant sa remise en service.

    Une inspection décisive avant la reprise

    Après le remplacement des vannes, les équipes techniques doivent procéder à l’évacuation de l’eau présente dans la conduite, puis au séchage du pipeline. Ces opérations préparatoires sont indispensables à l’inspection interne de la branche de Lomé, longue de 19 kilomètres.

    Pour cette étape, WAPCo prévoit d’utiliser un dispositif reposant sur la technologie de fuite de flux magnétique, connue sous son appellation anglaise Magnetic Flux Leakage (MFL). Cette méthode permet d’examiner l’état de la canalisation et de repérer d’éventuelles anomalies susceptibles d’affecter son intégrité.

    L’objectif est de détecter les défauts potentiels avant la reprise des opérations, afin de limiter les risques techniques et de garantir la sécurité des installations. Le calendrier annoncé prévoit l’achèvement de l’évacuation de l’eau dans les jours suivant la publication du communiqué, avant le lancement de l’inspection.

    La date du 27 octobre doit donc être considérée comme une prévision et non comme une garantie absolue. La remise en service dépendra des conclusions des contrôles et de l’absence d’imprévu technique. WAPCo entend ainsi privilégier la sécurité de l’infrastructure plutôt que de précipiter la reprise du transport.

    Le directeur général de la société, Abiodun Bodunrin, rappelle cette exigence en affirmant que « la sécurité, l’intégrité et la fiabilité à long terme du système de pipeline demeurent nos priorités absolues ».

    L’électricité, l’autre urgence pour les autorités

    Au Togo, les conséquences de cette interruption dépassent le seul secteur gazier. La suspension du transport de gaz sur la branche de Lomé depuis le 12 octobre affecte les activités liées à la production d’électricité. Or, les centrales thermiques jouent un rôle important dans l’approvisionnement du pays.

    Le directeur général de la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET), Ilagou Ayéva, a confirmé, le 20 octobre sur la Télévision togolaise (TVT), que les délestages observés dans plusieurs villes sont liés à cette maintenance. Il a indiqué qu’un retour à la normale était attendu vers la fin du mois, à l’issue des travaux.

    Pour limiter les effets de la baisse des disponibilités en gaz, le recours à des combustibles liquides plus coûteux a notamment été envisagé dans le dispositif d’adaptation de la CEET. Ces solutions de substitution ont cependant leurs limites et ne suffisent pas nécessairement à prévenir toutes les interruptions de courant.

    Pour les ménages, les petits commerçants, les artisans et les entreprises, l’enjeu est désormais de savoir quand l’alimentation électrique retrouvera une plus grande régularité. Au-delà des désagréments domestiques, les coupures peuvent perturber la conservation des produits, ralentir les activités de production et entraîner des dépenses supplémentaires pour les opérateurs contraints de recourir à des groupes électrogènes.

    La reprise du transport de gaz pourrait ainsi contribuer à améliorer la disponibilité de l’électricité, sans garantir, à elle seule, la disparition immédiate de tous les délestages. Le rétablissement effectif dépendra également des conditions de fonctionnement des centrales et de l’équilibre général entre l’offre et la demande d’électricité.

    Un test pour la sécurité énergétique régionale

    Le Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest constitue une infrastructure stratégique reliant le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana. Il facilite l’acheminement du gaz naturel destiné notamment à la production d’électricité et aux activités industrielles. La maintenance de ses installations répond donc à des impératifs qui dépassent les frontières togolaises.

    En remerciant les autorités togolaises, le ministère chargé des Mines et des Ressources énergétiques, la CEET, ContourGlobal Togo, les entreprises et les populations pour leur coopération, WAPCo reconnaît implicitement l’importance de la coordination entre les différents acteurs durant cette période délicate.

    Reste que l’épisode met en lumière la vulnérabilité de l’approvisionnement électrique face aux contraintes affectant les infrastructures gazières. La date du 27 octobre est désormais attendue avec intérêt, mais la priorité demeure la remise en service d’une installation fiable et sûre.

    Pour les usagers, l’espoir est simple : que l’achèvement des travaux se traduise rapidement par une amélioration tangible de la fourniture d’électricité. La confirmation de la reprise du gaz, puis ses effets sur la distribution du courant, seront les prochains indicateurs à surveiller.

  • Génie Imhotep, saison 3 : Tokoin 2 confirme ses ambitions face à Vogan 1

    Le lycée Tokoin 2 poursuit son parcours sans faute dans la troisième saison du jeu de culture générale Génie Imhotep. Vainqueur du lycée Vogan 1 sur le score de 470 à 380, l’établissement signe un deuxième succès consécutif et affiche déjà ses ambitions dans cette compétition éducative.

    Le lycée Tokoin 2 ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Après avoir dominé le lycée Tchékpo lors du match inaugural, l’établissement du Grand Lomé a enchaîné une deuxième victoire, samedi 17 octobre 2026, face au lycée Vogan 1. Sur le plateau du studio Prof James, à Lomé, les candidats se sont livrés à une confrontation intellectuelle qui s’est achevée sur un score de 470 points contre 380.

    Avec 90 points d’écart, Tokoin 2 confirme son bon début de saison. Cette nouvelle performance récompense le travail de préparation du Club Santé SOS Docteur TV de l’établissement et lui permet d’aborder la suite de la compétition avec confiance. En face, le lycée Vogan 1 n’a pas réussi à inverser la tendance, malgré l’engagement de ses représentants.

    Au-delà du résultat, cette confrontation illustre l’intérêt d’un format qui invite les élèves à mobiliser leurs connaissances, à faire preuve de rapidité et à défendre les couleurs de leurs établissements. Dans une compétition où chaque réponse peut peser dans la balance, la maîtrise des sujets et la cohésion de l’équipe constituent des atouts essentiels.

    Douze lycées pour une saison plus ouverte

    La troisième saison de Génie Imhotep élargit son terrain de jeu. Douze établissements scolaires sont engagés, avec une représentation équilibrée entre le Grand Lomé et la région éducative Maritime.

    Le Grand Lomé compte six participants : les lycées Tokoin 2, Adidogomé, Avédji-Élavagnon, Agoè-Nord, Agoè-Centre et Zanguéra. La région Maritime est représentée par les lycées Tchékpo, Vogan 1, Zébévi, Attitongon, Dalavé et Noépé.

    Cette ouverture permet de confronter des élèves issus de différents environnements scolaires et de donner davantage de visibilité aux établissements de l’intérieur. Les prochaines rencontres devraient ainsi offrir de nouvelles occasions de mesurer le niveau des équipes et de relancer la compétition.

    Pour Tokoin 2, l’enjeu sera désormais de maintenir cette régularité. Deux victoires en autant de sorties constituent un départ encourageant, mais la route reste longue avant le terme de la saison.

    Le savoir au service de la santé

    Promu par le professeur Serge Michel Kodom, président-fondateur de l’ONG AIMES-AFRIQUE, Génie Imhotep s’inscrit dans la dynamique des Clubs Santé SOS Docteur TV, avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).

    Le programme associe culture générale, apprentissage et sensibilisation à la santé. Il vise notamment à renforcer les connaissances des jeunes, à développer leur esprit de compétition et à les encourager à prendre une part active à leur propre développement.

    Les Clubs Santé SOS Docteur TV ne se limitent d’ailleurs pas aux épreuves télévisées. Implantés dans les établissements scolaires, ils participent également à des actions de sensibilisation sur des questions de santé et de prévention.

    Les émissions de Génie Imhotep sont diffusées sur SOS Docteur TV, accessible sur les plateformes numériques ainsi que sur Canal+, au canal 6 au Togo et au canal 440 dans les autres marchés africains concernés. Les rediffusions sont programmées le dimanche et le mercredi à 15 heures GMT.

    Avec ce deuxième succès, Tokoin 2 prend un bon départ. Reste à savoir si l’établissement saura conserver son avance au fil des prochaines confrontations, alors que cette saison promet une compétition plus ouverte entre les douze lycées en lice.

Radio Renouveau228

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