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  • « Qu’est-ce qu’un écrivain », le nouveau livre de Togoata Apédo-Amah

    « Qu’est-ce qu’un écrivain », le nouveau livre de Togoata Apédo-Amah

    Dans son nouvel ouvrage, l’universitaire Ayayi Togoata Apédo-Amah tente d’expliquer ce qu’est un écrivain. Ecrire reste un art et il n’est pas donné à n’importe qui d’être auteur reconnu, peut-on résumer.

    QU’EST-CE QU’UN ÉCRIVAIN          ?

    “Qu’est-ce qu’un écrivain ? La question apparemment simple, ne va pas de soi, loin de là. L’écrivain est la pièce essentielle de la chaîne du livre. Son travail de création et de réflexion achevé passe par l’éditeur, les évaluateurs de manuscrits, l’imprimeur, le libraire, le distributeur, le lecteur, le critique littéraire. Si la chaîne qui fait exister l’écrivain est longue, l’exercice qui consiste à définir l’écrivain est complexe entre la production de son œuvre dans les règles de l’art, sa réception par le lecteur et le critique, l’interprétation basée sur l’imaginaire collectif et individuel, le statut du matériau qui est la langue avec ses normes et ses écarts, la figure d’autorité qu’il représente entre la réalité et le mythe “.

    Dans cet ouvrage, le chercheur a mené des réflexions sur l’écrivain et son art, sur une période de 1985 à 2023, ayant à l’esprit que l’art et les formes sociales évoluent, il se soucie d’établir le lien entre l’artiste et l’art et leur environnement dont ils sont les produits. Ce livre est aussi un parcours historique de la littérature africaine et du champ littéraire togolais. Il y est abordé les questions de la critique, des options idéologiques et esthétiques, la politique de la langue, l’avènement des maisons d’éditions qui ont bouleversé le paysage éditorial, le mythe de l’écrivain et de l’occident comme synonyme de qualité littéraire, etc.

    “Le phénomène littéraire est une pratique dynamique dont l’évolution dans le temps exige constamment le renouvellement de la lecture critique” conclut-il dans son introduction.

    Source : page facebook Littérature togolaise

  • Pipeline Bénin-Niger: Porto-Novo détaille une médiation menée par le partenaire chinois Wapco

    Pipeline Bénin-Niger: Porto-Novo détaille une médiation menée par le partenaire chinois Wapco

    Le ministre béninois de l’Énergie a fait un point ce 29 mai à Cotonou sur un comité inter-État organisé à Niamey avec la société pétrolière chinoise Wapco pour tenter de régler le différend entre les deux voisins concernant l’exploitation par les deux pays d’un pipeline. Détails.

    La société pétrolière chinoise West African Oil Pipeline Company SA (Wapco) a réuni les autorités du Bénin et du Niger pour régler le gros différend qui divise les deux pays autour du pipeline.

    Les Chinois, à l’initiative de ce comité inter-État, ont réuni à Niamey pendant deux jours les ministres du Niger et du Bénin en charge du pétrole et quelques collaborateurs pour trouver une porte de sortie.

    À son retour à Cotonou le 29 mai 2024, le ministre béninois de l’Énergie et des mines a tenu un point de presse au salon de l’aéroport. Selon lui, les Chinois de Wapco auraient mis sur la table le problème de passage par la frontière terrestre des équipements, du personnel et du matériel.

    Aucun souci du côté béninois : sa frontière est ouverte. La solution doit venir du Niger qui a maintenu la sienne fermée.

    Autre sujet : l’accord nécessaire et urgent entre les douanes des deux pays pour les opérations normales de chargement et d’enlèvement du brut nigérien à Sèmè Podji.

    « Le Bénin va continuer de jouer son rôle dans les relations bilatérales »

    Les deux ministres doivent rendre compte à leur chef d’État respectif. Le dernier mot leur revient.

    Le ministre Samou Seidou Adambi a rappelé devant la presse la dynamique dans laquelle se trouve son pays : « Le Bénin va continuer de jouer son rôle dans les relations bilatérales, mais aussi dans les obligations qui sont les nôtres par rapport au projet de pipeline Niger-Bénin. » Un message pour rassurer aussi le partenaire chinois qu’il dit avoir vu « déboussolé et découragé, ne sachant pas quelle est la porte de sortie ».

    Et puis il y a eu cet épisode qu’il rapporte : « J’étais également porteur d’un message du président Talon à son homologue et frère le général Abdourahamane Tiani qui n’a pas pu me recevoir pour prendre ce message-là. »

    Source : rfi

  • Gilbert Houngbo face à l’épreuve du second mandat : ses atouts et ses zones de fragilité

    Gilbert Houngbo face à l’épreuve du second mandat : ses atouts et ses zones de fragilité

    Soutenu par l’Union africaine, le Togolais défend son bilan à la tête de l’OIT dans un contexte de crise financière et de concurrence internationale.

    Le 16 novembre 2026, Gilbert Houngbo jouera une nouvelle étape de sa carrière internationale. Élu en 2022 à la tête de l’Organisation internationale du travail (OIT), dont il est le premier dirigeant africain, l’ancien Premier ministre togolais brigue un second mandat. Mais derrière le symbole de cette candidature se dessinent des enjeux de gouvernance, de justice sociale et de financement qui pourraient peser dans le débat.

    Un parcours international et des acquis à faire valoir

    Le premier atout de Gilbert Houngbo réside dans son expérience. Avant de prendre les commandes de l’OIT, il a occupé les fonctions de Premier ministre du Togo, de haut responsable du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de président du Fonds international de développement agricole (FIDA). Ce parcours lui a permis d’acquérir une connaissance des mécanismes multilatéraux, de la coopération internationale et des questions de développement.

    Son élection en 2022 avait également marqué une étape symbolique : pour la première fois depuis la création de l’OIT en 1919, un Africain accédait à sa direction générale. Le soutien de l’Union africaine à sa candidature pour un nouveau mandat prolonge cette dynamique. Il représente un argument diplomatique important pour ceux qui défendent une meilleure représentation du continent dans les institutions internationales.

    Sur le plan du travail, le bilan du dirigeant togolais comporte des éléments concrets. Sous son mandat, l’OIT a notamment adopté de nouveaux instruments internationaux portant sur les dangers biologiques et le travail sur les plateformes numériques. L’organisation a aussi engagé des travaux sur l’évolution des normes internationales et la protection des travailleurs face aux mutations du marché de l’emploi. Des analyses publiées en octobre 2026 soulignent également les avancées enregistrées sur le terrain de la protection du droit de grève.

    Ces éléments donnent à Gilbert Houngbo des arguments pour défendre la continuité. Pour ses partisans, un second mandat permettrait de consolider les réformes engagées et de poursuivre les efforts en faveur du travail décent, de la protection sociale et du dialogue entre les gouvernements, les employeurs et les syndicats.

    La crise financière, principale zone de fragilité

    Toutefois, le bilan du directeur général sortant ne peut être dissocié des difficultés financières auxquelles l’OIT est confrontée. Les retards de paiement des contributions des États membres, particulièrement ceux des États-Unis, ont fortement fragilisé la trésorerie de l’organisation. En juillet 2026, les arriérés de contributions atteignaient 368 millions de francs suisses, dont 257 millions dus par Washington, selon Reuters.

    Cette situation a contraint l’institution à envisager des économies importantes. En août, la direction a proposé la suppression d’environ 120 postes afin de réduire les dépenses. Une mesure sensible, qui soulève des inquiétudes sur les capacités opérationnelles de l’organisation et sur les conditions dans lesquelles elle pourra poursuivre ses missions.

    Même si cette crise résulte en grande partie des impayés des États membres, elle place la gestion de Gilbert Houngbo au centre des interrogations. Les représentants des travailleurs peuvent légitimement demander comment préserver les compétences de l’organisation, maintenir les programmes essentiels et garantir que les restrictions budgétaires ne compromettent pas la défense des droits sociaux.

    Autre point de controverse : les démarches attribuées à l’entourage du directeur général pour rapprocher l’organisation de l’administration américaine, notamment à travers la possibilité de confier une fonction stratégique à un responsable américain, dans un contexte où Washington doit d’importantes contributions. Cette approche, rapportée par El País, suscite des critiques sur le risque de concessions politiques au nom du rétablissement des financements. Elle devra être appréciée au regard des explications de la direction et des garanties d’indépendance de l’institution.

    Une concurrence qui dépasse les frontières africaines

    Gilbert Houngbo ne sera pas seul en lice. La ministre espagnole du Travail, Yolanda Díaz, et l’ancien ministre péruvien des Affaires étrangères Javier González-Olaechea figurent également parmi les candidats annoncés pour l’élection du 16 novembre.

    La candidature espagnole apporte une autre lecture des priorités de l’OIT, avec un accent mis sur les droits sociaux, les réformes du marché du travail et le dialogue avec les syndicats. Les critiques formulées contre la gestion du sortant montrent que la compétition ne se résume pas à une question de représentation géographique : elle porte aussi sur les orientations à donner à l’organisation et sur la manière de répondre à la crise financière.

    Le Conseil d’administration de l’OIT, composé de 56 membres représentant les gouvernements, les travailleurs et les employeurs, devra départager les candidats. Le soutien de l’Union africaine constitue un avantage diplomatique pour Gilbert Houngbo, mais il ne suffit pas, à lui seul, à déterminer l’issue du scrutin.

    Au-delà de la bataille des candidatures, l’enjeu est celui de la capacité de l’OIT à préserver son rôle dans un monde marqué par l’essor du travail informel, les transformations technologiques et les inégalités persistantes.

    Pour Gilbert Houngbo, le défi consiste donc à défendre les acquis de son premier mandat tout en répondant aux critiques sur la gestion des ressources et les choix stratégiques. Pour le Togo et l’Afrique, sa candidature revêt une portée symbolique indéniable. Mais la question centrale demeure celle des résultats, de l’indépendance de l’institution et de sa capacité à garantir les droits des travailleurs, quelles que soient les pressions économiques ou diplomatiques.

  • TENNIS DE TABLE : LE TOGO S’ARRÊTE EN QUARTS DE FINALE

    TENNIS DE TABLE : LE TOGO S’ARRÊTE EN QUARTS DE FINALE

    La sélection togolaise quitte les Championnats d’Afrique de tennis de table sans atteindre le dernier carré. Entre l’épreuve par équipes, le double messieurs et le simple, les pongistes togolais ont été confrontés à une forte opposition continentale.

    Par équipes, l’Algérie fait barrage

    L’aventure togolaise s’est achevée en quarts de finale de l’épreuve par équipes, après une défaite face à l’Algérie.

    En double, une paire égyptienne trop forte

    Associés en double messieurs, Elias AGBODJAN et Abdourazaq SOUFIANOU n’ont pas réussi à franchir le cap des quarts de finale. Ils ont été éliminés par une paire égyptienne.

    Des résultats contrastés en simple

    En simple messieurs, les représentants togolais n’ont pas réussi à se qualifier pour la suite de la compétition. Sédik TCHAGOLE et Elias AGBODJAN ont chacun enregistré une victoire contre deux défaites en phase de groupes. Abdourazaq SOUFIANOU, de son côté, a terminé cette étape avec trois défaites.

    Malgré ces résultats, cette participation aura permis aux athlètes togolais de se mesurer à l’élite africaine et d’acquérir une expérience précieuse pour les prochaines échéances.

    Le parcours s’arrête ici, mais le défi reste entier : poursuivre les efforts pour renforcer le tennis de table togolais et améliorer ses performances sur la scène continentale.

    Soutenons nos pongistes et continuons à faire grandir le tennis de table togolais !

  • Agriculture : le Togo change de cap

    Agriculture : le Togo change de cap

    Adopté en première lecture le 22 octobre 2026, le projet de loi d’orientation agricole ambitionne de moderniser le secteur et de renforcer la souveraineté alimentaire du pays.

    L’agriculture togolaise s’apprête-t-elle à entrer dans une nouvelle ère ? L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 22 octobre 2026, le projet de loi d’orientation agricole, destiné à structurer durablement le développement du secteur. Composé de 207 articles, le texte entend apporter une réponse aux défis de la productivité, de la sécurité alimentaire et de la valorisation des productions nationales. Il doit encore poursuivre le processus législatif avant de devenir applicable.

    La décision a été prise lors de la quatrième séance plénière de la deuxième session ordinaire de l’année, sous la présidence de Komi Selom Klassou. Le ministre chargé de l’Agriculture, Antoine Lékpa Gbégbéni, a salué les contributions des députés, estimant qu’elles ont permis de mieux prendre en compte les réalités des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs.

    Des ambitions au-delà de la production

    Le projet de loi ne se limite pas à encourager l’augmentation des récoltes. Il vise également à améliorer les conditions d’exercice des activités agricoles et à renforcer les revenus des producteurs. Pour y parvenir, plusieurs leviers sont envisagés : faciliter l’accès aux financements et aux marchés, développer la mécanisation et l’irrigation, soutenir la recherche agricole et renforcer les compétences des professionnels.

    La transformation locale occupe aussi une place importante dans cette stratégie. En encourageant la valorisation des produits sur le territoire national, les autorités entendent accroître la richesse créée au sein des filières, stimuler l’investissement privé et favoriser l’émergence d’un secteur agro-industriel compétitif. L’enjeu consiste à mieux exploiter le potentiel des productions nationales et à créer davantage d’emplois, notamment en milieu rural.

    Le texte prend par ailleurs en considération la sécurisation du foncier agricole, la préservation des ressources naturelles et l’adaptation aux changements climatiques. Les femmes et les jeunes figurent également parmi les publics auxquels cette nouvelle orientation entend offrir davantage de possibilités.

    Le défi de l’application

    Au-delà du vote parlementaire, la réussite de cette réforme dépendra des moyens mobilisés pour la rendre effective. Le ministre Antoine Lékpa Gbégbéni a lui-même souligné que son efficacité reposera sur la qualité de sa mise en œuvre, les ressources disponibles et la concertation entre les acteurs publics, privés et associatifs. Le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, a également insisté sur la nécessité d’accélérer l’élaboration des textes d’application.

    Pour les producteurs, l’essentiel se mesurera aux changements concrets : des financements plus accessibles, des équipements adaptés, des débouchés rémunérateurs et une meilleure protection face aux aléas climatiques.

    Le Togo pose ainsi les bases d’une nouvelle politique agricole. Reste à transformer les ambitions affichées en résultats tangibles. Car une loi, aussi ambitieuse soit-elle, ne garantit ni de meilleures récoltes ni une alimentation plus accessible sans investissements suffisants et accompagnement durable des exploitants. La souveraineté alimentaire se jouera désormais sur le terrain, au plus près de ceux qui font vivre l’agriculture togolaise.

  • Togo : le gaz de WAPCo attendu le 27 octobre, les Togolais à bout de patience

    Après le remplacement de deux vannes stratégiques sur le réseau gazier, WAPCo prévoit de reprendre le transport de gaz naturel au plus tard le 27 octobre 2026. Une échéance attendue dans un contexte de coupures d’électricité qui perturbent le quotidien des ménages et les activités économiques. La remise en service reste toutefois subordonnée aux résultats des inspections techniques.

    Les perspectives d’un retour progressif à la normale se dessinent dans le secteur énergétique togolais. La West African Gas Pipeline Company Limited (WAPCo), société chargée de l’exploitation du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (GAO), annonce des avancées dans les travaux de maintenance de la branche de Lomé. L’entreprise table sur une reprise du transport de gaz naturel d’ici au 27 octobre 2026, à condition que les vérifications techniques en cours ne révèlent aucune anomalie majeure.

    Cette annonce intervient alors que les interruptions de la fourniture d’électricité se multiplient depuis plusieurs jours dans la capitale et dans d’autres localités du pays. La maintenance du gazoduc, qui alimente notamment les centrales thermiques, constitue l’une des principales explications avancées par les responsables du secteur pour justifier ces perturbations.

    Dans un communiqué publié le 20 octobre, WAPCo indique avoir achevé, entre le 14 et le 17 octobre, le remplacement de deux équipements essentiels : la vanne sous-marine de la dérivation de Lomé et la vanne d’arrêt située à l’entrée de la station de régulation et de comptage. Selon la société, les interventions se sont déroulées sans incident.

    Ces opérations représentent une étape importante dans la remise en état des installations. Elles ne signifient cependant pas que le transport du gaz peut reprendre immédiatement. D’autres vérifications doivent encore permettre de s’assurer de la fiabilité de la conduite avant sa remise en service.

    Une inspection décisive avant la reprise

    Après le remplacement des vannes, les équipes techniques doivent procéder à l’évacuation de l’eau présente dans la conduite, puis au séchage du pipeline. Ces opérations préparatoires sont indispensables à l’inspection interne de la branche de Lomé, longue de 19 kilomètres.

    Pour cette étape, WAPCo prévoit d’utiliser un dispositif reposant sur la technologie de fuite de flux magnétique, connue sous son appellation anglaise Magnetic Flux Leakage (MFL). Cette méthode permet d’examiner l’état de la canalisation et de repérer d’éventuelles anomalies susceptibles d’affecter son intégrité.

    L’objectif est de détecter les défauts potentiels avant la reprise des opérations, afin de limiter les risques techniques et de garantir la sécurité des installations. Le calendrier annoncé prévoit l’achèvement de l’évacuation de l’eau dans les jours suivant la publication du communiqué, avant le lancement de l’inspection.

    La date du 27 octobre doit donc être considérée comme une prévision et non comme une garantie absolue. La remise en service dépendra des conclusions des contrôles et de l’absence d’imprévu technique. WAPCo entend ainsi privilégier la sécurité de l’infrastructure plutôt que de précipiter la reprise du transport.

    Le directeur général de la société, Abiodun Bodunrin, rappelle cette exigence en affirmant que « la sécurité, l’intégrité et la fiabilité à long terme du système de pipeline demeurent nos priorités absolues ».

    L’électricité, l’autre urgence pour les autorités

    Au Togo, les conséquences de cette interruption dépassent le seul secteur gazier. La suspension du transport de gaz sur la branche de Lomé depuis le 12 octobre affecte les activités liées à la production d’électricité. Or, les centrales thermiques jouent un rôle important dans l’approvisionnement du pays.

    Le directeur général de la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET), Ilagou Ayéva, a confirmé, le 20 octobre sur la Télévision togolaise (TVT), que les délestages observés dans plusieurs villes sont liés à cette maintenance. Il a indiqué qu’un retour à la normale était attendu vers la fin du mois, à l’issue des travaux.

    Pour limiter les effets de la baisse des disponibilités en gaz, le recours à des combustibles liquides plus coûteux a notamment été envisagé dans le dispositif d’adaptation de la CEET. Ces solutions de substitution ont cependant leurs limites et ne suffisent pas nécessairement à prévenir toutes les interruptions de courant.

    Pour les ménages, les petits commerçants, les artisans et les entreprises, l’enjeu est désormais de savoir quand l’alimentation électrique retrouvera une plus grande régularité. Au-delà des désagréments domestiques, les coupures peuvent perturber la conservation des produits, ralentir les activités de production et entraîner des dépenses supplémentaires pour les opérateurs contraints de recourir à des groupes électrogènes.

    La reprise du transport de gaz pourrait ainsi contribuer à améliorer la disponibilité de l’électricité, sans garantir, à elle seule, la disparition immédiate de tous les délestages. Le rétablissement effectif dépendra également des conditions de fonctionnement des centrales et de l’équilibre général entre l’offre et la demande d’électricité.

    Un test pour la sécurité énergétique régionale

    Le Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest constitue une infrastructure stratégique reliant le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana. Il facilite l’acheminement du gaz naturel destiné notamment à la production d’électricité et aux activités industrielles. La maintenance de ses installations répond donc à des impératifs qui dépassent les frontières togolaises.

    En remerciant les autorités togolaises, le ministère chargé des Mines et des Ressources énergétiques, la CEET, ContourGlobal Togo, les entreprises et les populations pour leur coopération, WAPCo reconnaît implicitement l’importance de la coordination entre les différents acteurs durant cette période délicate.

    Reste que l’épisode met en lumière la vulnérabilité de l’approvisionnement électrique face aux contraintes affectant les infrastructures gazières. La date du 27 octobre est désormais attendue avec intérêt, mais la priorité demeure la remise en service d’une installation fiable et sûre.

    Pour les usagers, l’espoir est simple : que l’achèvement des travaux se traduise rapidement par une amélioration tangible de la fourniture d’électricité. La confirmation de la reprise du gaz, puis ses effets sur la distribution du courant, seront les prochains indicateurs à surveiller.

  • Génie Imhotep, saison 3 : Tokoin 2 confirme ses ambitions face à Vogan 1

    Le lycée Tokoin 2 poursuit son parcours sans faute dans la troisième saison du jeu de culture générale Génie Imhotep. Vainqueur du lycée Vogan 1 sur le score de 470 à 380, l’établissement signe un deuxième succès consécutif et affiche déjà ses ambitions dans cette compétition éducative.

    Le lycée Tokoin 2 ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Après avoir dominé le lycée Tchékpo lors du match inaugural, l’établissement du Grand Lomé a enchaîné une deuxième victoire, samedi 17 octobre 2026, face au lycée Vogan 1. Sur le plateau du studio Prof James, à Lomé, les candidats se sont livrés à une confrontation intellectuelle qui s’est achevée sur un score de 470 points contre 380.

    Avec 90 points d’écart, Tokoin 2 confirme son bon début de saison. Cette nouvelle performance récompense le travail de préparation du Club Santé SOS Docteur TV de l’établissement et lui permet d’aborder la suite de la compétition avec confiance. En face, le lycée Vogan 1 n’a pas réussi à inverser la tendance, malgré l’engagement de ses représentants.

    Au-delà du résultat, cette confrontation illustre l’intérêt d’un format qui invite les élèves à mobiliser leurs connaissances, à faire preuve de rapidité et à défendre les couleurs de leurs établissements. Dans une compétition où chaque réponse peut peser dans la balance, la maîtrise des sujets et la cohésion de l’équipe constituent des atouts essentiels.

    Douze lycées pour une saison plus ouverte

    La troisième saison de Génie Imhotep élargit son terrain de jeu. Douze établissements scolaires sont engagés, avec une représentation équilibrée entre le Grand Lomé et la région éducative Maritime.

    Le Grand Lomé compte six participants : les lycées Tokoin 2, Adidogomé, Avédji-Élavagnon, Agoè-Nord, Agoè-Centre et Zanguéra. La région Maritime est représentée par les lycées Tchékpo, Vogan 1, Zébévi, Attitongon, Dalavé et Noépé.

    Cette ouverture permet de confronter des élèves issus de différents environnements scolaires et de donner davantage de visibilité aux établissements de l’intérieur. Les prochaines rencontres devraient ainsi offrir de nouvelles occasions de mesurer le niveau des équipes et de relancer la compétition.

    Pour Tokoin 2, l’enjeu sera désormais de maintenir cette régularité. Deux victoires en autant de sorties constituent un départ encourageant, mais la route reste longue avant le terme de la saison.

    Le savoir au service de la santé

    Promu par le professeur Serge Michel Kodom, président-fondateur de l’ONG AIMES-AFRIQUE, Génie Imhotep s’inscrit dans la dynamique des Clubs Santé SOS Docteur TV, avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).

    Le programme associe culture générale, apprentissage et sensibilisation à la santé. Il vise notamment à renforcer les connaissances des jeunes, à développer leur esprit de compétition et à les encourager à prendre une part active à leur propre développement.

    Les Clubs Santé SOS Docteur TV ne se limitent d’ailleurs pas aux épreuves télévisées. Implantés dans les établissements scolaires, ils participent également à des actions de sensibilisation sur des questions de santé et de prévention.

    Les émissions de Génie Imhotep sont diffusées sur SOS Docteur TV, accessible sur les plateformes numériques ainsi que sur Canal+, au canal 6 au Togo et au canal 440 dans les autres marchés africains concernés. Les rediffusions sont programmées le dimanche et le mercredi à 15 heures GMT.

    Avec ce deuxième succès, Tokoin 2 prend un bon départ. Reste à savoir si l’établissement saura conserver son avance au fil des prochaines confrontations, alors que cette saison promet une compétition plus ouverte entre les douze lycées en lice.

  • Togo : le dialogue politique, éternel théâtre d’un pouvoir et de son opposition

    Alors que le pouvoir met en avant le Cadre permanent de concertation pour défendre sa volonté de dialogue, le Manifeste Génération Togo rejette cette démarche, jugée inefficace après plusieurs décennies de crises politiques. La coalition privilégie une transition politique suivie d’assises nationales inclusives et appelle à une mobilisation citoyenne le 20 novembre prochain.

    Au Togo, le dialogue politique reste un sujet de profond désaccord entre le pouvoir et une partie de l’opposition. D’un côté, les autorités défendent les mécanismes de concertation mis en place pour favoriser l’apaisement politique. De l’autre, le Manifeste Génération Togo estime que ces initiatives n’ont jamais permis de résoudre durablement la crise politique ni de faire évoluer les rapports de force.

    Le débat a été relancé après les déclarations de Gilbert Bawara, ministre des Relations avec les Institutions, devant les députés. Interpellé sur les tensions politiques internes, le ministre a défendu le bilan de Faure Gnassingbé, mettant notamment en avant son ouverture aux initiatives de réconciliation nationale et son implication dans des médiations sur le continent africain.

    Cette position ne convainc toutefois pas la coalition d’opposition, qui considère les appels répétés au dialogue comme une démarche sans résultats tangibles sur le terrain démocratique.

    Une trentaine de dialogues, mais toujours la défiance

    Pour le Manifeste Génération Togo, l’expérience des concertations politiques organisées depuis les années 1990 justifie son scepticisme. La coalition estime que les différents accords conclus au fil des crises n’ont pas entraîné les changements politiques attendus et accuse le pouvoir de ne pas respecter ses engagements.

    Nathaniel Olympio, cadre du mouvement, résumait cette défiance dans les colonnes de Jeune Afrique : « Depuis les années 1990 et jusqu’à aujourd’hui, le Togo a organisé une trentaine de dialogues politiques. Beaucoup d’accords ont été signés, mais jamais respectés par le pouvoir. Le dialogue est aussi devenu un instrument de confiscation du pouvoir. »

    Ces accusations traduisent une rupture de confiance entre les acteurs politiques. Là où les autorités présentent la concertation comme un moyen de prévenir les crises et de rechercher des compromis, leurs adversaires y voient un mécanisme qui n’a pas permis de répondre aux revendications fondamentales de l’opposition.

    La coalition invoque également l’arrêt rendu en janvier 2026 par la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), relatif au changement de Constitution au Togo. Elle s’appuie sur cette décision pour contester la légitimité des institutions actuelles et défendre la nécessité d’une nouvelle orientation politique.

    La transition politique comme alternative

    Face à ce qu’elle considère comme une impasse, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP), Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et le mouvement « Touche Pas à Ma Constitution », réunis au sein du Manifeste Génération Togo, proposent une autre voie.

    Dans un communiqué, ces organisations réclament une transition politique suivie d’assises nationales inclusives. Leur objectif affiché est de remettre à plat les questions politiques qui divisent le pays, plutôt que de prolonger des discussions dont elles contestent l’efficacité.

    Pour donner une visibilité à leurs revendications, elles appellent à une journée de mobilisation citoyenne, baptisée « Journée patriotique d’avertissement », prévue le 20 novembre prochain.

    Le pouvoir et ses opposants restent ainsi campés sur des positions difficilement conciliables. Gilbert Bawara défend la disponibilité de Faure Gnassingbé au dialogue, tandis que le Manifeste Génération Togo réclame une rupture avec les méthodes de concertation habituelles.

    Au-delà des déclarations, la question demeure : les acteurs politiques togolais peuvent-ils encore trouver un terrain d’entente autour du dialogue ou le désaccord sur ses objectifs et ses résultats continuera-t-il d’alimenter la crise politique ?

  • Bénin : à Nikki, la dot plafonnée à 300 000 FCFA pour une première union

    Dans le nord-est du Bénin, l’empereur de Nikki, Séro Torou Tuko Sari, a instauré de nouvelles règles encadrant le mariage traditionnel dans les communes de Nikki, Kalalé et Pèrèrè. La réforme fixe notamment la dot à 300 000 FCFA pour une jeune fille et à 80 000 FCFA pour une femme qui se remarie. Elle vise à réduire les dépenses matrimoniales et à mettre fin à certaines exigences coutumières jugées contraignantes.

    Le mariage traditionnel connaît un réaménagement dans l’empire de Nikki. Au nord-est du Bénin, les familles concernées doivent désormais se conformer à de nouvelles règles fixées sous l’autorité de l’empereur Séro Torou Tuko Sari. Annoncée à la fin du mois de mai 2025, cette réforme concerne les communes de Nikki, Kalalé et Pèrèrè.

    Selon plusieurs médias béninois, dont Oxygène et Mousso News, la mesure établit deux montants distincts pour la dot : 300 000 francs CFA pour une jeune fille qui se marie pour la première fois et 80 000 francs CFA pour une femme qui se remarie. L’objectif affiché est de mieux encadrer les pratiques matrimoniales dans une région où les dépenses liées aux cérémonies peuvent peser lourdement sur les familles.

    Des dépenses matrimoniales revues à la baisse

    La réforme ne concerne pas uniquement la dot. Elle encadre également les démarches préalables au mariage. La demande en mariage est fixée à 20 000 FCFA pour une jeune fille et à 10 000 FCFA pour une femme qui se remarie.

    En cas d’acceptation de la demande, une somme symbolique de 5 000 FCFA, accompagnée de noix de cola traditionnelles, doit être remise à la famille concernée. Ces dispositions cherchent à uniformiser les pratiques et à limiter la multiplication des dépenses qui accompagnent parfois les négociations matrimoniales.

    D’autres usages sont également visés. Les festivités organisées après l’acceptation de la demande en mariage sont interdites par les nouvelles règles rapportées par la presse locale. Il en va de même pour certaines exigences matérielles, notamment le « Kobo », une armoire traditionnellement garnie de vêtements par le futur marié.

    L’obligation de payer le petit-déjeuner de la fiancée ainsi que les contributions financières imposées au prétendant pour soutenir ses belles-sœurs lors de cérémonies et d’autres manifestations familiales figurent également parmi les pratiques supprimées.

    À travers ces restrictions, les autorités traditionnelles entendent réduire les charges qui s’ajoutent à la dot proprement dite. Car, au-delà du montant versé à la famille de la future épouse, les cadeaux, les cérémonies et les sollicitations familiales peuvent considérablement augmenter le coût d’une union.

    Une réforme coutumière, pas un tarif national

    La décision soulève néanmoins une question essentielle : quelle est sa portée juridique ? Il importe de ne pas confondre cette réglementation traditionnelle avec une loi applicable à l’ensemble du Bénin.

    Les informations publiées en mai et juin 2025 font état d’une décision prise sous l’autorité de l’empereur de Nikki et concernant spécifiquement Nikki, Kalalé et Pèrèrè. Elles indiquent également que les autorités communales, les chefs traditionnels, les responsables religieux et coutumiers ainsi que les commissaires ont été invités à veiller à son application.

    Il ne s’agit donc pas d’un plafonnement national de la dot. Les pratiques et les montants peuvent différer dans les autres régions du pays.

    Cette distinction est importante dans un débat où les traditions matrimoniales, la pression sociale et les capacités financières des jeunes ménages se croisent. En cherchant à limiter les dépenses, la réforme de Nikki pose une question plus large : comment préserver la dimension symbolique et familiale du mariage sans en faire une charge financière excessive ?

    Reste à savoir dans quelle mesure ces nouvelles règles seront effectivement respectées par toutes les familles concernées. Leur portée dépendra notamment de l’implication des autorités coutumières et de l’adhésion des communautés.

    À Nikki, le message est en tout cas clair : le mariage traditionnel doit rester un engagement entre deux familles, sans que les exigences financières et festives ne prennent le pas sur l’essentiel.

  • Football togolais : Samuel Ekoé Galé, une compétence à valoriser avant qu’il ne soit trop tard?

    Éliminés dès le premier tour des qualifications pour la CAN U23 par la Libye, les Éperviers espoirs relancent le débat sur les choix techniques de la Fédération togolaise de football (FTF). Au moment où Samuel Ekoé Galé rejoint le cercle des détenteurs de la prestigieuse licence UEFA Pro, le Togo peut-il continuer à regarder ailleurs sans examiner sérieusement les compétences dont il dispose ?

    Le football togolais n’a peut-être pas besoin de chercher systématiquement son salut à l’extérieur. Il lui faut aussi apprendre à reconnaître, évaluer et promouvoir ses propres compétences. L’élimination des Éperviers U23 face à la Libye, le 6 octobre dernier, donne une nouvelle actualité à cette question.

    Au match aller, disputé le 30 septembre à Lomé, les hommes de Kader Coubadja-Touré avaient concédé un nul (1-1). Au retour, ils se sont inclinés 3-1 à Benina, en Libye, quittant ainsi prématurément la course à la CAN U23, qualificative pour les Jeux olympiques de 2028.

    Cette nouvelle désillusion ne suffit pas, à elle seule, à condamner un entraîneur. Mais elle impose un bilan sans complaisance : objectifs atteints ou non, qualité du jeu proposé, gestion des rencontres, progression des joueurs et capacité du staff à corriger les insuffisances. Le maintien d’un technicien à la tête d’une sélection ne devrait jamais relever de l’habitude ou de la seule notoriété acquise comme joueur.

    Samuel Ekoé Galé, un profil qui mérite d’être examiné

    Pendant que le débat se poursuit au Togo, Samuel Ekoé Galé a franchi une étape importante de sa carrière. En novembre 2025, le technicien germano-togolais a obtenu la licence UEFA Pro, la plus haute certification d’entraîneur délivrée par l’instance européenne. Il a notamment dirigé Kotoko de Lavié et l’AS OTR, après plusieurs expériences dans le football européen.

    Ce diplôme ne garantit pas automatiquement le succès à la tête d’une sélection nationale. Le métier de sélectionneur exige également une expérience adaptée, une capacité à fédérer un groupe, une bonne lecture des matchs et une maîtrise des contraintes propres aux compétitions internationales. Mais cette qualification constitue un atout sérieux qui mérite d’être pris en considération.

    Le parcours de Galé soulève ainsi une interrogation légitime : quelle place la FTF entend-elle réserver aux entraîneurs togolais disposant de qualifications de haut niveau ?

    Le cas de Desmond Offei, membre du staff technique des Black Stars aux côtés de Carlos Queiroz, est également révélateur. La Fédération ghanéenne de football a confirmé sa présence auprès du sélectionneur portugais en avril 2026.

    Desmond Offei et Samuel Ekoé Galé sont présentés comme des promotionnaires. Cette proximité de parcours, si elle est confirmée par les intéressés, ne signifie pas qu’ils possèdent nécessairement la même expérience ni les mêmes compétences. Elle invite toutefois à réfléchir aux possibilités offertes aux techniciens africains et à la manière dont les fédérations valorisent leurs ressources humaines.

    Pourquoi un technicien africain peut-il participer à l’encadrement d’une sélection majeure tandis que d’autres, dans leur propre pays, peinent à accéder aux responsabilités les plus élevées ? La question mérite mieux qu’une réponse fondée sur les habitudes ou les préjugés.

    Les entraîneurs expatriés ne doivent pas bénéficier d’un privilège automatique

    Le problème n’est pas de recruter des entraîneurs étrangers. Leur expérience internationale peut être précieuse et leur apport bénéfique. Le problème commence lorsque la nationalité ou la réputation d’un technicien devient un argument suffisant, sans examen rigoureux de ses méthodes, de ses résultats et de sa capacité à répondre aux besoins du football togolais.

    Le temps où l’on pouvait se contenter de reproduire les mêmes recettes sans tenir compte de l’évolution du jeu est révolu. L’analyse vidéo, les statistiques, le suivi individualisé des performances, les outils numériques et les nouvelles méthodes de préparation ont profondément transformé le travail des staffs techniques.

    L’âge d’un entraîneur ne constitue ni une faiblesse ni une garantie de compétence. Ce qui compte, c’est sa capacité à se former, à comprendre les évolutions du football et à les traduire en résultats sur le terrain.

    Dans ce contexte, les techniciens togolais disposant de diplômes reconnus devraient être évalués selon les mêmes exigences que les candidats étrangers. Leur confier des responsabilités ne devrait être ni un geste de complaisance ni une faveur patriotique, mais le résultat d’une sélection fondée sur les qualifications, l’expérience, la vision du jeu et les objectifs assignés.

    La question mérite d’autant plus d’attention que le Togo compte plusieurs entraîneurs de haut niveau. Samuel Ekoé Galé, Nibombé Daré et Afizou Traoré figurent parmi les techniciens togolais présentés comme détenteurs de la licence UEFA Pro. D’autres entraîneurs disposent de qualifications reconnues par la CAF, à l’image de Jonas Kokou Komla, titulaire de la licence A CAF.

    Le pays dispose donc de profils diversifiés. Encore faut-il les identifier, les accompagner et leur permettre de concourir pour les postes correspondant à leurs compétences.

    La réglementation de la CAF impose aussi d’anticiper

    La question de la qualification des entraîneurs dépasse le seul débat sur les résultats. La CAF a rappelé les nouvelles exigences de certification applicables aux clubs et aux sélections nationales. Pour les entraîneurs déjà en poste, titulaires d’un contrat antérieur à l’introduction des nouvelles règles mais ne disposant pas de la licence requise, une période transitoire couvre les saisons 2025-2026 et 2026-2027. Les nouvelles nominations ne bénéficient pas automatiquement de cette dérogation.

    Cette échéance doit inciter les responsables togolais à préparer leurs choix plutôt qu’à attendre une difficulté administrative ou sportive. Il serait peu judicieux de découvrir au dernier moment qu’un profil ne répond pas aux exigences réglementaires.

    Mais la mise en conformité ne doit pas devenir une simple formalité. Elle peut être l’occasion de bâtir une véritable politique technique : formation continue, identification des talents, évaluation des sélectionneurs, intégration des outils modernes et définition d’objectifs précis pour chaque catégorie.

    Pour les Éperviers U23, la récente élimination appelle donc une analyse approfondie. Faut-il maintenir Kader Coubadja-Touré, réorganiser son staff ou envisager une autre option ? La décision appartient aux instances compétentes, mais elle devrait être éclairée par un bilan sportif transparent et une comparaison sérieuse des profils disponibles.

    Préparer demain plutôt que subir les échecs

    Le Togo ne peut pas prétendre reconstruire durablement son football en se limitant à des décisions prises dans l’urgence. Les sélections de jeunes constituent un espace essentiel de développement, aussi bien pour les joueurs que pour les entraîneurs appelés à prendre davantage de responsabilités.

    La FTF gagnerait à établir une cartographie de ses techniciens, de leurs diplômes, de leurs expériences et de leurs domaines de compétence. Elle pourrait ainsi constituer un vivier de sélectionneurs et d’adjoints capables d’intervenir dans les différentes catégories nationales, selon des critères clairement établis.

    Samuel Ekoé Galé doit-il diriger demain une sélection nationale ? La réponse ne peut être automatique. Son profil mérite toutefois d’être examiné sans préjugé, comme celui de tout technicien dont les qualifications et le parcours correspondent aux exigences du poste.

    Le véritable enjeu n’est donc pas de choisir entre Togolais et expatriés. Il est de sortir d’une logique dans laquelle les compétences locales risquent d’être sous-estimées avant même d’avoir été évaluées.

    Le football togolais a besoin d’une vision, d’une méthode et d’une politique cohérente de développement des entraîneurs. Les éliminations successives ne doivent pas seulement nourrir les critiques : elles doivent aussi conduire à revoir les pratiques, à mieux préparer la relève et à faire confiance aux compétences qui ont fait leurs preuves.

    Le moment est venu de préparer l’avenir. Non pas en nommant un entraîneur sur la seule base de son passeport, mais en donnant à chaque technicien qualifié, togolais ou étranger, une chance équitable de démontrer ce qu’il peut apporter aux Éperviers.

  • Kara : dans les montagnes de Koumondè, la source d’une nouvelle bataille pour l’eau

    Kara : dans les montagnes de Koumondè, la source d’une nouvelle bataille pour l’eau

    À plusieurs kilomètres de toute habitation, dans les montagnes de Koumondè, le site de Sara s’apprête à devenir l’un des points stratégiques du futur dispositif d’alimentation en eau potable de Kara. C’est ici que doit être aménagée la prise N°1 du projet, avec une retenue destinée à sécuriser la ressource et à permettre, après traitement, l’acheminement de l’eau jusqu’aux populations. Une particularité du site pourrait surtout alléger considérablement les coûts d’exploitation : sa position en hauteur doit permettre une distribution par gravité.

    Il faut parcourir plusieurs kilomètres dans la brousse avant d’atteindre le site de Sara. L’accès n’est pas évident. Mais au bout du chemin, le paysage révèle une donnée essentielle pour le futur approvisionnement en eau potable de Kara : l’altitude.

    C’est dans cette zone des montagnes de Koumondè que le ministre délégué auprès du ministre de l’Aménagement du Territoire, chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, a conduit une délégation technique pour visiter le site devant accueillir la prise N°1 du nouveau système d’adduction d’eau de la ville de Kara.

    À ses côtés figuraient notamment Yawo Ewoenam Zégue, secrétaire général par intérim du ministère, et Djibril Soulemana Hamissou, directeur de la Planification, des Études et des Travaux à la SP-EAU.

    Sur place, l’enjeu apparaît clairement : capter, stocker, traiter puis acheminer une ressource suffisante pour répondre durablement aux besoins d’une ville confrontée depuis plusieurs années à des difficultés d’approvisionnement.

    Sara, une réserve stratégique pour Kara

    Le dispositif prévu repose sur deux sites de captage. Le site visité à Sara constitue l’un des éléments majeurs de cette architecture.

    « Nous sommes sur le site où il est prévu de faire la prise N°1 pour l’adduction d’eau potable de la ville de Kara », a expliqué Séna Alipui au cours de la visite.

    L’aménagement doit notamment comprendre une digue destinée à constituer une réserve. L’objectif est de disposer d’une quantité d’eau suffisante pour sécuriser l’approvisionnement au fil des saisons, y compris lorsque les conditions hydrologiques deviennent moins favorables.

    Cette logique de stockage est au cœur du projet. Les documents de passation de marchés de la SP-EAU prévoient en effet des ouvrages de captage, de traitement, de stockage ainsi que des réseaux d’adduction et de distribution. Le financement du projet est assuré notamment par le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe et la Banque islamique de développement.

    Le projet global représente environ 27 milliards de francs CFA. Il doit permettre d’améliorer la desserte de plus de 200 000 personnes, soit environ 40 000 ménages, dans Kara et plusieurs localités environnantes. L’objectif annoncé est également de faire passer le taux d’accès à l’eau potable dans la ville de Kara de 50 % à 75 %.

    L’ambition ne consiste donc pas simplement à ajouter quelques points d’eau au réseau existant. Il s’agit de modifier l’architecture même de l’alimentation en eau de la région.

    Une eau qui pourrait descendre naturellement vers Kara

    La particularité du site de Sara tient surtout à sa topographie.

    Selon les explications fournies lors de la visite, le point de captage se trouve à une altitude supérieure à celle de la ville de Bafilo et du périmètre desservi. Cette configuration doit permettre, après traitement, de faire circuler l’eau par gravité, sans recourir au pompage pour son acheminement vers les populations.

    « De ce site jusqu’à la population, on a 30 km. Ce sera facile parce qu’ici, nous sommes en élévation », a expliqué le ministre.

    Cette donnée topographique pourrait être déterminante dans l’exploitation future de l’ouvrage. En limitant le recours au pompage sur certaines portions du système, la configuration gravitaire peut contribuer à réduire les besoins énergétiques et à simplifier l’acheminement de l’eau.

    Mais avant que l’eau ne coule naturellement vers les populations, tout un ensemble d’infrastructures devra être réalisé. Le projet prévoit notamment des ouvrages de captage, des conduites, des équipements de traitement et des réservoirs.

    Les informations techniques publiées dans le cadre des marchés du projet font état, pour certaines composantes, d’une capacité de captage pouvant atteindre 500 m³ par heure, d’une nouvelle station de traitement d’environ 10 000 m³ par jour, ainsi que d’un réservoir de 5 000 m³ à Kara-Sud.

    À terme, la capacité globale de production doit passer d’environ 12 000 à 22 000 m³ d’eau par jour.

    Le défi de la saison sèche

    Le choix d’une retenue à Sara répond à une difficulté bien connue des systèmes d’alimentation en eau : la disponibilité de la ressource ne doit pas dépendre uniquement des périodes de fortes précipitations.

    La construction d’une digue et d’une capacité de stockage vise précisément à constituer une réserve mobilisable lorsque les débits diminuent. La sécurisation de la ressource apparaît d’autant plus importante que les autorités togolaises ont récemment reconnu les difficultés d’approvisionnement rencontrées dans plusieurs régions du pays. Pour Kara, le gouvernement présente le nouveau projet comme une réponse structurelle aux limites du dispositif existant.

    La rivière Sara occupe depuis plusieurs années une place dans les réflexions sur l’avenir hydraulique de Kara. Les documents de planification de la SP-EAU mentionnaient déjà la mobilisation de ses eaux comme une solution destinée à renforcer durablement le système d’alimentation de la ville.

    Le passage du projet sur le papier à la réalité du terrain marque donc une étape importante.

    Sur le site de Sara, au milieu de la végétation et loin des grands centres urbains, l’enjeu paraît presque paradoxal : il faut d’abord construire de lourds ouvrages dans un environnement difficile d’accès pour ensuite permettre à l’eau de parcourir des dizaines de kilomètres avec, en partie, la seule force de la gravité.

    Pour Kara, le pari est de taille : transformer une ressource naturelle située dans les montagnes en un service public régulier et sécurisé.

    Le chantier devra désormais répondre à plusieurs exigences : la qualité des ouvrages, la capacité réelle de stockage, la disponibilité de la ressource pendant les périodes sèches, l’efficacité du traitement et la fiabilité des conduites jusqu’aux zones desservies.

    Le projet est porté par la Société de patrimoine eau et assainissement en milieu urbain et semi-urbain (SP-EAU). Les procédures de passation de marchés prévoient précisément des travaux de captage, de traitement, de stockage, d’adduction et de distribution.

    Le défi n’est donc plus seulement de trouver de l’eau. Il est désormais de faire en sorte que cette eau, une fois captée et traitée, arrive effectivement aux robinets, en quantité suffisante et de manière durable.

    À Sara, dans les montagnes de Koumondè, le chantier commence loin des regards. Mais son aboutissement se mesurera beaucoup plus bas, dans les quartiers de Kara et les localités environnantes, là où des milliers de familles attendent surtout une chose : ouvrir le robinet et trouver de l’eau.

  • Jeunesse togolaise : des programmes plein les tiroirs, des emplois toujours attendus

    Jeunesse togolaise : des programmes plein les tiroirs, des emplois toujours attendus

    « Le gouvernement se soucie de sa jeunesse. » La formule du ministre Pacôme Adjourouvi fait réagir. Car sur le terrain, une autre question s’impose : que reste-t-il de ces politiques publiques dans la vie quotidienne des jeunes Togolais ? Des dispositifs existent, des financements sont annoncés, des formations sont proposées. Mais entre diplômes sans emploi, petits boulots, entrepreneuriat fragile et départs vers d’autres horizons, le fossé entre les programmes et leurs résultats interroge. La jeunesse ne demande plus seulement qu’on lui dise qu’on pense à elle : elle veut pouvoir mesurer cette attention dans son emploi, ses revenus et ses perspectives d’avenir.

    Tribune

    Emploi, entrepreneuriat, formation : des programmes existent, mais les résultats sont-ils à la hauteur des attentes ?

    « Le gouvernement se soucie de sa jeunesse. » Cette déclaration du ministre Pacôme Adjourouvi fait depuis quelques jours le tour des réseaux sociaux. Une phrase qui suscite des réactions, parfois favorables, parfois critiques, mais qui pose surtout une question essentielle : qu’est-ce que cela signifie concrètement pour le jeune Togolais qui cherche un emploi, tente de lancer une activité ou peine simplement à construire son avenir ?

    La question mérite d’être posée sans passion excessive, mais aussi sans complaisance.

    Il serait injuste de prétendre que rien n’est fait en faveur de la jeunesse. Au fil des années, l’État togolais a mis en place plusieurs mécanismes destinés à soutenir les jeunes. Le FNFI, le FAIEJ, le PAEIJ-SP, l’ANPE et différents programmes de formation ou d’accompagnement témoignent d’une volonté publique d’agir sur la question de l’emploi et de l’entrepreneuriat.

    Dans le domaine de la formation également, des investissements ont été réalisés, notamment à travers les Instituts de formation en alternance pour le développement (IFAD) et d’autres structures destinées à rapprocher la formation des besoins du marché du travail.

    Ces initiatives existent. Elles doivent être reconnues. Mais une autre réalité existe également. Pour beaucoup de jeunes, le problème commence précisément après la formation.

    Obtenir un diplôme ne signifie pas automatiquement décrocher un emploi. Suivre une formation ne garantit pas nécessairement un revenu stable. Et obtenir un financement pour démarrer une activité ne signifie pas que cette activité survivra aux difficultés du marché.

    C’est là que le discours politique rencontre la réalité quotidienne.

    Un jeune peut-il réellement se projeter lorsqu’il enchaîne les stages, les petits contrats et les activités informelles ? Peut-il parler d’insertion lorsqu’il travaille sans revenu régulier et sans véritable sécurité ? Peut-il considérer qu’il a réussi son entrée dans la vie active lorsqu’il demeure financièrement dépendant de sa famille plusieurs années après ses études ?

    Ces questions ne signifient pas que les politiques publiques sont inutiles. Elles montrent simplement qu’entre la création d’un programme et son impact réel, il existe parfois un long chemin. Et ce chemin, ce sont les jeunes qui le parcourent.

    Des opportunités existent, mais sont-elles suffisamment accessibles ?

    Une autre question mérite d’être posée : celle de l’accès aux opportunités.

    Sur le papier, les dispositifs sont nombreux. Mais combien de jeunes les connaissent réellement ? Combien savent exactement comment déposer un dossier, quelles sont les conditions d’éligibilité et vers qui se tourner ? Combien abandonnent en cours de route face aux démarches administratives ou au manque d’information ?

    Dans les discussions quotidiennes, certains jeunes évoquent également le sentiment que les opportunités ne profitent pas toujours à tout le monde de manière équitable. Parfois ils vont jusqu’à accuser les pouvoirs publics de favoritisme.

    Lorsqu’un sentiment d’injustice s’installe durablement chez une partie de la jeunesse, il ne devrait pas être simplement balayé. Il devrait plutôt conduire à davantage de transparence, d’information et d’évaluation des programmes.

    Car un dispositif public peut être parfaitement conçu sur le papier et perdre une grande partie de son efficacité si les citoyens ne savent pas comment y accéder.

    Le véritable indicateur, ce sont les résultats

    À mon sens, le débat ne devrait donc pas se limiter à une opposition entre ceux qui disent que le gouvernement fait beaucoup et ceux qui affirment qu’il ne fait rien.

    La vraie question est ailleurs : quels sont les résultats ?

    Combien de jeunes ont obtenu un emploi durable grâce aux programmes publics ?
    Combien d’entreprises financées sont toujours en activité après trois ou cinq ans ?
    Combien de bénéficiaires ont vu leurs revenus augmenter de manière significative ?
    Combien de jeunes des zones rurales bénéficient de ces dispositifs ?

    Et surtout, les opportunités sont-elles suffisamment nombreuses pour répondre à une jeunesse dont les aspirations et les effectifs augmentent ?

    Ce sont ces données qui permettront de mesurer concrètement l’efficacité des politiques publiques.

    Car une jeunesse ne vit pas de statistiques uniquement. Elle vit de son salaire, de son activité, de son logement, de sa capacité à se soigner, à se former, à créer une famille et à envisager l’avenir avec un minimum de sérénité.

    Se soucier de la jeunesse, c’est aussi l’écouter

    Le gouvernement peut mettre en place des programmes. Le secteur privé peut créer des emplois. Les jeunes peuvent entreprendre et se former. Mais il existe un élément qui ne devrait jamais être oublié : écouter la jeunesse elle-même.

    Que veulent réellement les jeunes Togolais ?
    Quels secteurs souhaitent-ils intégrer ?
    Pourquoi certains abandonnent-ils leur formation ?
    Pourquoi d’autres choisissent-ils de quitter leur région ou le pays ?

    Pourquoi certains diplômés préfèrent-ils parfois créer une petite activité sans rapport avec leur formation plutôt que de chercher pendant des années un emploi correspondant à leurs compétences ?

    Ces questions méritent des réponses. Et surtout, elles méritent que les jeunes soient considérés non seulement comme des bénéficiaires de politiques publiques, mais comme des acteurs du développement national.

    Entre reconnaissance et exigence

    Dire que le gouvernement se soucie de sa jeunesse n’est donc pas nécessairement une affirmation à rejeter.

    Des actions existent. Des moyens sont mobilisés. Des programmes sont lancés. Mais la jeunesse est également en droit d’attendre davantage.

    Elle peut reconnaître les efforts accomplis tout en demandant que ces efforts produisent davantage de résultats. Elle peut saluer les programmes existants tout en réclamant une meilleure accessibilité. Elle peut apprécier les formations proposées tout en demandant davantage de débouchés.

    Reconnaître les actions du gouvernement ne signifie pas renoncer à l’exigence citoyenne.

    Au contraire.

    Le véritable enjeu est de passer d’une logique où l’on annonce des programmes à une logique où l’on mesure régulièrement leurs résultats et où l’on corrige ce qui ne fonctionne pas suffisamment.

    Parce qu’au fond, le jeune Togolais ne demande pas seulement qu’on lui dise que l’État pense à lui. Il veut pouvoir le constater dans sa vie quotidienne.

    Il veut pouvoir trouver une opportunité sans devoir compter sur une relation personnelle. Il veut pouvoir entreprendre sans être condamné à abandonner son projet quelques mois plus tard. Il veut pouvoir travailler après ses études. Il veut pouvoir rester au pays sans avoir le sentiment que son avenir se trouve nécessairement ailleurs.

    Le ministre a affirmé que le gouvernement se soucie de sa jeunesse. La meilleure réponse à cette affirmation ne viendra ni des réseaux sociaux ni des débats politiques. Elle viendra des résultats.

    Parce qu’au bout du compte, une jeunesse ne demande pas seulement à être rassurée. Elle demande à voir son avenir…

    Marc Yaovi Essowè GNAZOU, journaliste togolais et responsable du journal LENEUTRE

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