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  • « Qu’est-ce qu’un écrivain », le nouveau livre de Togoata Apédo-Amah

    « Qu’est-ce qu’un écrivain », le nouveau livre de Togoata Apédo-Amah

    Dans son nouvel ouvrage, l’universitaire Ayayi Togoata Apédo-Amah tente d’expliquer ce qu’est un écrivain. Ecrire reste un art et il n’est pas donné à n’importe qui d’être auteur reconnu, peut-on résumer.

    QU’EST-CE QU’UN ÉCRIVAIN          ?

    “Qu’est-ce qu’un écrivain ? La question apparemment simple, ne va pas de soi, loin de là. L’écrivain est la pièce essentielle de la chaîne du livre. Son travail de création et de réflexion achevé passe par l’éditeur, les évaluateurs de manuscrits, l’imprimeur, le libraire, le distributeur, le lecteur, le critique littéraire. Si la chaîne qui fait exister l’écrivain est longue, l’exercice qui consiste à définir l’écrivain est complexe entre la production de son œuvre dans les règles de l’art, sa réception par le lecteur et le critique, l’interprétation basée sur l’imaginaire collectif et individuel, le statut du matériau qui est la langue avec ses normes et ses écarts, la figure d’autorité qu’il représente entre la réalité et le mythe “.

    Dans cet ouvrage, le chercheur a mené des réflexions sur l’écrivain et son art, sur une période de 1985 à 2023, ayant à l’esprit que l’art et les formes sociales évoluent, il se soucie d’établir le lien entre l’artiste et l’art et leur environnement dont ils sont les produits. Ce livre est aussi un parcours historique de la littérature africaine et du champ littéraire togolais. Il y est abordé les questions de la critique, des options idéologiques et esthétiques, la politique de la langue, l’avènement des maisons d’éditions qui ont bouleversé le paysage éditorial, le mythe de l’écrivain et de l’occident comme synonyme de qualité littéraire, etc.

    “Le phénomène littéraire est une pratique dynamique dont l’évolution dans le temps exige constamment le renouvellement de la lecture critique” conclut-il dans son introduction.

    Source : page facebook Littérature togolaise

  • Pipeline Bénin-Niger: Porto-Novo détaille une médiation menée par le partenaire chinois Wapco

    Pipeline Bénin-Niger: Porto-Novo détaille une médiation menée par le partenaire chinois Wapco

    Le ministre béninois de l’Énergie a fait un point ce 29 mai à Cotonou sur un comité inter-État organisé à Niamey avec la société pétrolière chinoise Wapco pour tenter de régler le différend entre les deux voisins concernant l’exploitation par les deux pays d’un pipeline. Détails.

    La société pétrolière chinoise West African Oil Pipeline Company SA (Wapco) a réuni les autorités du Bénin et du Niger pour régler le gros différend qui divise les deux pays autour du pipeline.

    Les Chinois, à l’initiative de ce comité inter-État, ont réuni à Niamey pendant deux jours les ministres du Niger et du Bénin en charge du pétrole et quelques collaborateurs pour trouver une porte de sortie.

    À son retour à Cotonou le 29 mai 2024, le ministre béninois de l’Énergie et des mines a tenu un point de presse au salon de l’aéroport. Selon lui, les Chinois de Wapco auraient mis sur la table le problème de passage par la frontière terrestre des équipements, du personnel et du matériel.

    Aucun souci du côté béninois : sa frontière est ouverte. La solution doit venir du Niger qui a maintenu la sienne fermée.

    Autre sujet : l’accord nécessaire et urgent entre les douanes des deux pays pour les opérations normales de chargement et d’enlèvement du brut nigérien à Sèmè Podji.

    « Le Bénin va continuer de jouer son rôle dans les relations bilatérales »

    Les deux ministres doivent rendre compte à leur chef d’État respectif. Le dernier mot leur revient.

    Le ministre Samou Seidou Adambi a rappelé devant la presse la dynamique dans laquelle se trouve son pays : « Le Bénin va continuer de jouer son rôle dans les relations bilatérales, mais aussi dans les obligations qui sont les nôtres par rapport au projet de pipeline Niger-Bénin. » Un message pour rassurer aussi le partenaire chinois qu’il dit avoir vu « déboussolé et découragé, ne sachant pas quelle est la porte de sortie ».

    Et puis il y a eu cet épisode qu’il rapporte : « J’étais également porteur d’un message du président Talon à son homologue et frère le général Abdourahamane Tiani qui n’a pas pu me recevoir pour prendre ce message-là. »

    Source : rfi

  • Cristiano Ronaldo dit adieu à la Seleção : la fin d’une légende du football mondial

    Cristiano Ronaldo dit adieu à la Seleção : la fin d’une légende du football mondial

    À 41 ans, Cristiano Ronaldo a annoncé ce jeudi 5 novembre 2026 sa retraite internationale. Après 23 années passées sous le maillot du Portugal, le quintuple Ballon d’Or tourne une page majeure de sa carrière. Avec 234 sélections et 146 buts, le capitaine emblématique de la Seleção quitte la scène internationale en laissant derrière lui des records qui pourraient résister longtemps à l’épreuve du temps.

    Le football mondial perd l’un de ses plus grands ambassadeurs internationaux. Cristiano Ronaldo ne portera plus les couleurs du Portugal. L’annonce, faite ce jeudi sur ses réseaux sociaux, met un terme à une aventure commencée en 2003 et qui aura traversé plus de deux décennies de football de très haut niveau.

    « Aujourd’hui, mon voyage avec la sélection nationale arrive à sa fin », a fait savoir l’attaquant d’Al-Nassr dans une vidéo publiée sur ses plateformes numériques. Une décision qu’il reconnaît ne pas avoir prise facilement. « Ce n’était pas une décision facile, car certaines décisions ne se prennent pas seulement avec la tête. Elles se prennent aussi avec le cœur », a-t-il expliqué.

    Le joueur a également évoqué le symbole du numéro 7, qu’il s’apprête à restituer à la sélection portugaise après l’avoir porté pendant 23 ans. Il a tenu à remercier sa famille, ses coéquipiers, les entraîneurs, les membres du personnel et surtout le peuple portugais qui l’a accompagné tout au long de cette aventure.

    De l’enfant de Madère au monument du football portugais

    L’histoire internationale de Cristiano Ronaldo débute en 2003. À l’époque, le jeune attaquant du Sporting Portugal découvre les exigences du football international. Rapidement, son talent, sa vitesse, sa détermination et son sens du but lui permettent de s’imposer comme une pièce maîtresse de la Seleção.

    Mais c’est à l’Euro 2016 que son histoire avec le Portugal atteint son sommet. Malgré une sortie sur blessure en finale contre la France, Ronaldo accompagne ses coéquipiers depuis le banc jusqu’au sacre historique de Lisbonne. Le Portugal décroche alors son premier grand trophée international.

    Trois ans plus tard, il contribue à la victoire portugaise en Ligue des nations, avant de remporter une deuxième édition de cette compétition en 2025. Ces succès constituent les principaux jalons d’une carrière internationale exceptionnelle.

    Sur le plan individuel, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 146 buts en 234 rencontres. Ronaldo détient ainsi les records mondiaux de buts et de sélections dans le football masculin international.

    Une page se tourne, un héritage demeure

    Cette retraite intervient après plusieurs épisodes d’incertitude sur son avenir international. La Coupe du monde 2026, qui constituait sa dernière participation à cette compétition, avait déjà alimenté les interrogations. Son différend avec le nouveau sélectionneur Jorge Jesus et son départ du rassemblement portugais avaient également relancé les spéculations.

    En septembre, Ronaldo avait pourtant laissé entendre qu’il pouvait encore apporter à son équipe nationale. Quelques semaines plus tard, le voilà décidé à tourner définitivement la page.

    Son départ ouvre désormais une nouvelle période pour le Portugal. Une génération talentueuse, portée notamment par Bruno Fernandes, Vitinha, João Neves et Nuno Mendes, devra apprendre à évoluer sans celui qui a longtemps incarné l’identité de la Seleção.

    Cristiano Ronaldo quitte la scène internationale, mais pas nécessairement les terrains de football. Son aventure en club avec Al-Nassr se poursuit. Quant à son héritage, il dépasse largement les statistiques. Il restera celui qui a repoussé les limites de la longévité sportive et transformé le numéro 7 portugais en symbole planétaire.

  • Lilian Brassier : le Togo, un choix par conviction ou faute de mieux ?

    Lilian Brassier : le Togo, un choix par conviction ou faute de mieux ?

    Ancien international français chez les jeunes, le défenseur de l’Eintracht Francfort a finalement opté pour les Éperviers à 27 ans. Si son arrivée constitue un renfort potentiel pour la défense togolaise, elle soulève aussi une question : le Togo représente-t-il un véritable choix sportif ou une solution de repli après avoir compris que les portes de l’équipe de France A resteraient difficilement accessibles ?

    Le Togo tient peut-être l’un de ses renforts défensifs les plus intéressants de ces dernières années. Lilian Brassier, défenseur central de l’Eintracht Francfort, figure dans la liste des 25 joueurs convoqués par le sélectionneur Patrice Neveu pour la double confrontation contre l’Algérie, les 14 et 17 novembre prochains, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2027. À 27 ans, le joueur s’apprête ainsi à ouvrir un nouveau chapitre de sa carrière internationale en portant les couleurs du pays de sa mère.

    Né à Argenteuil, en région parisienne, d’un père guadeloupéen et d’une mère togolaise, Brassier a auparavant fréquenté les sélections françaises U18, U19 et U20. Il n’a cependant jamais franchi le dernier palier pour intégrer les Bleus chez les seniors. Après plusieurs mois de réflexion et des sollicitations répétées du Togo, il a finalement donné son accord à Patrice Neveu.

    La France inaccessible, le Togo comme nouvelle destination ?

    Difficile de ne pas s’interroger sur les motivations profondes de ce choix. À 27 ans, Brassier n’est plus un jeune espoir en attente de progression. Il évolue dans un championnat européen majeur et possède déjà une expérience appréciable du football professionnel, notamment avec Rennes, Brest et l’Olympique de Marseille. Mais malgré son parcours, l’équipe de France A ne lui a jamais ouvert ses portes.

    Est-il devenu convaincu qu’il n’aurait pratiquement aucune chance de rejoindre les Bleus et qu’il était désormais préférable de se tourner vers le pays de sa mère ? Rien ne permet d’affirmer que cette motivation constitue la raison officielle de sa décision. Toutefois, la question mérite d’être posée. Dans le football moderne, le choix d’une sélection nationale relève parfois autant d’une aspiration identitaire que d’un calcul de carrière et de perspectives sportives.

    L’histoire du football africain est d’ailleurs riche de ces joueurs formés ou nés en Europe qui ont finalement choisi de représenter le pays de leurs parents. Certains ont pleinement réussi leur pari. Riyad Mahrez, né en France, a choisi l’Algérie en 2014. Il est devenu l’un des principaux artisans du sacre des Fennecs à la CAN 2019, après avoir remporté la Premier League avec Leicester et Manchester City ainsi que la Ligue des champions avec ce dernier.

    Pierre-Emerick Aubameyang constitue un autre exemple parlant. Né à Laval, passé par les sélections françaises de jeunes, il a choisi le Gabon, pays de son père. Avec 68 sélections et 29 buts selon le bilan publié par la BBC en 2022, il est devenu le meilleur buteur de l’histoire des Panthères à cette date. Achraf Hakimi, né à Madrid de parents marocains, illustre également cette réussite avec son rôle majeur dans l’épopée historique du Maroc à la Coupe du monde 2022.

    Mais tous les choix de ce type ne débouchent pas sur une réussite comparable. Yacine Bammou, né à Paris et devenu international marocain, n’a comptabilisé que sept sélections avec les Lions de l’Atlas. M’Baye Niang, né en France et passé par les sélections françaises de jeunes avant de rejoindre le Sénégal, a certes disputé la Coupe du monde 2018 et inscrit un but contre la Pologne, mais n’a jamais acquis le statut de figure incontournable de la sélection sénégalaise. Ces parcours rappellent qu’une origine familiale commune ne garantit ni une intégration réussie ni un apport sportif déterminant.

    Un renfort attendu, mais pas un sauveur annoncé

    Pour le Togo, l’arrivée de Brassier représente néanmoins une opportunité. Avec 117 rencontres disputées en Ligue 1 et son expérience actuelle en Bundesliga, le défenseur gaucher dispose d’arguments intéressants. Sa présence pourrait offrir davantage de concurrence et de solidité à un secteur défensif qui a régulièrement montré ses limites. Son association éventuelle avec le capitaine Djené Dakonam suscite déjà des attentes.

    Mais faut-il pour autant présenter cette arrivée comme une solution miracle ? Les Éperviers traversent depuis plusieurs années une période particulièrement délicate, marquée par des résultats décevants, une irrégularité persistante et des campagnes de qualification souvent mal négociées. La dernière participation du Togo à une phase finale de CAN remonte à 2017. Une absence qui traduit l’ampleur du chantier.

    Un défenseur évoluant dans un championnat de haut niveau peut apporter de l’expérience, de la rigueur et une certaine exigence professionnelle. Encore faut-il qu’il parvienne à transposer ses qualités en sélection, dans un environnement et avec des automatismes différents.

    La double confrontation contre l’Algérie constituera déjà un premier test. Brassier pourra-t-il rapidement s’intégrer et contribuer à stabiliser l’arrière-garde togolaise ? Surtout, son engagement sera-t-il celui d’un joueur déterminé à porter durablement les ambitions des Éperviers ou celui d’un professionnel venu saisir une dernière possibilité de carrière internationale ?

    Le Togo n’a pas seulement besoin de nouveaux noms sur une liste de sélection. Il a besoin de joueurs capables de transformer leur présence en résultats. Lilian Brassier est attendu sur ce terrain-là.

  • Affaire Neveu : Akpovy présente ses excuses, le sélectionneur toujours muet !

    Affaire Neveu : Akpovy présente ses excuses, le sélectionneur toujours muet !

    Après son emportement contre un journaliste lors de la conférence de presse du 3 novembre, Patrice Neveu n’a toujours pas jugé utile de présenter personnellement ses excuses publiques. C’est le président de la Fédération togolaise de football (FTF), le Colonel Guy Kossi Akpovy, qui a dû monter au créneau pour tenter d’éteindre l’incendie. Une démarche qui soulève autant de questions qu’elle n’en résout.

    Le spectacle était déjà suffisamment embarrassant. Il aura fallu, en plus, que le président de la Fédération togolaise de football (FTF) vienne jouer les pompiers pour tenter de réparer les dégâts causés par le sélectionneur national. Au lendemain de la colère de Patrice Neveu contre le journaliste Espoir Gato, lors de la conférence de presse de présentation de la liste des Éperviers pour la double confrontation contre l’Algérie, une question demeure : où est passé le principal intéressé ?

    Alors que le technicien français s’est illustré par une réaction disproportionnée à une question pourtant légitime sur ses objectifs à la tête de la sélection nationale, aucune démarche publique personnelle de sa part n’est venue réparer l’affront. Pas un mot d’excuse adressé directement aux journalistes. Pas de déclaration pour reconnaître un éventuel dérapage. Pas davantage de geste public de contrition. En lieu et place, c’est le Colonel Guy Kossi Akpovy qui s’est retrouvé à porter la responsabilité institutionnelle de l’incident.

    Dans une déclaration adressée aux professionnels des médias, le président de la FTF a exprimé ses « sincères regrets » et présenté ses excuses à la corporation. Il a notamment rappelé que « la presse est un partenaire essentiel du football » et que les journalistes ont pleinement le droit de poser des questions, « même les plus dérangeantes ». Une mise au point qui sonne presque comme un rappel à l’ordre à l’endroit de son propre sélectionneur.

    Des excuses par procuration, mais qu’en est-il de leur sincérité ?

    La démarche du Colonel Akpovy peut être saluée sur le plan institutionnel. Il fallait bien que quelqu’un prenne ses responsabilités pour éviter que l’incident ne dégénère en une crise ouverte entre la FTF et les médias. Mais pourquoi Patrice Neveu n’a-t-il pas eu le courage de faire lui-même cet exercice élémentaire de responsabilité ? Pourquoi le président de la Fédération a-t-il dû se substituer à son sélectionneur pour lire une déclaration d’excuses ?

    Plus troublant encore, ces excuses peuvent-elles véritablement être considérées comme sincères lorsqu’elles ne sont pas accompagnées d’une reconnaissance personnelle de celui qui est directement à l’origine de l’incident ? Le Colonel Akpovy peut regretter la scène, déplorer les faits et demander pardon au nom de l’institution. Mais peut-il se repentir à la place de Patrice Neveu ? Peut-il garantir que le sélectionneur mesure réellement la portée de son comportement ?

    La présence du technicien dans cette séquence d’apaisement, rapportée par certains médias, ne saurait non plus tenir lieu d’excuses personnelles. Assister à une démarche de réparation n’est pas la même chose que l’assumer soi-même. Le silence de Neveu laisse ainsi un goût d’inachevé et donne le sentiment que l’institution cherche à protéger son entraîneur plutôt qu’à lui faire assumer pleinement ses actes.

    Un malaise de mauvais augure avant les Fennecs

    Cet épisode intervient à un moment particulièrement délicat. Les Éperviers s’apprêtent à affronter l’Algérie les 14 et 17 novembre prochains, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2027. Deux rendez-vous importants pour une sélection qui aspire à retrouver la phase finale de la compétition continentale après plusieurs années d’absence.

    Or, à quelques jours de ces échéances, le sélectionneur donne déjà des signes inquiétants de fébrilité dans sa relation avec son environnement. Si une simple question d’un journaliste sur ses objectifs peut provoquer une telle perte de contrôle, qu’en sera-t-il lorsque les résultats ne seront pas au rendez-vous ? Comment Patrice Neveu entend-il gérer la pression des supporters, les critiques de la presse et les interrogations légitimes sur ses choix techniques ?

    Le plus préoccupant est peut-être là. Un sélectionneur national doit pouvoir répondre aux questions, y compris celles qui dérangent, sans transformer une conférence de presse en scène de confrontation. La presse n’est ni son adversaire ni son ennemie. Elle a le droit d’interroger, de demander des comptes et d’évaluer les performances de l’équipe nationale.

    Le Colonel Akpovy a appelé à l’apaisement, au dialogue et à la mobilisation collective. Encore faut-il que cet appel soit entendu par celui qui a provoqué la tempête. Car on ne construit pas une union sacrée autour des Éperviers en laissant planer le doute sur la capacité du sélectionneur à reconnaître ses propres erreurs.

    À défaut d’excuses personnelles de Patrice Neveu, la déclaration présidentielle ressemble davantage à une opération de sauvetage institutionnel qu’à une véritable réconciliation. Et ce n’est certainement pas de cette manière que l’on prépare sereinement deux confrontations aussi importantes. Le malaise est désormais installé. Les prochains jours diront si le sélectionneur a compris la leçon ou si cet épisode n’est que le premier signe d’une collaboration déjà mal engagée avec son environnement.

  • Éperviers : Patrice Neveu perd-il déjà son sang-froid face au défi algérien ?

    Éperviers : Patrice Neveu perd-il déjà son sang-froid face au défi algérien ?

    À quelques jours de la double confrontation contre l’Algérie, le sélectionneur togolais s’est illustré par un accès de colère face à un journaliste. Au-delà de cet incident regrettable, ses déclarations sur l’objectif de la CAN 2027 soulèvent une sérieuse question de cohérence. La FTF a-t-elle vendu un projet que le technicien ne reconnaît plus ou Patrice Neveu cherche-t-il à se dérober à la pression des résultats ?

    La conférence de presse du mardi 3 novembre 2026, consacrée à la publication de la liste des Éperviers pour les deux prochaines journées des éliminatoires de la CAN 2027, a pris une tournure inattendue. Au lieu de se limiter aux choix sportifs et aux perspectives de la sélection togolaise, Patrice Neveu a offert un spectacle peu reluisant de son tempérament colérique.

    Tout est parti d’une question pourtant légitime d’un journaliste sur les objectifs qui lui ont été assignés à la tête de la sélection nationale. Visiblement agacé, le technicien français a expliqué que sa mission première n’était pas de qualifier le Togo pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations, mais de reconstruire une équipe compétitive. Une réponse qui a fait monter la tension dans la salle.

    Mais le plus préoccupant est intervenu après la clôture de la conférence. Toujours sous le coup de l’énervement, Patrice Neveu s’est dirigé vers le journaliste à l’origine de la question. Il a fallu l’intervention de membres de son staff et de confrères pour éviter que l’altercation verbale ne dégénère en confrontation physique.

    Un comportement difficilement compatible avec les responsabilités d’un sélectionneur national, censé incarner la maîtrise de soi, la discipline et le sang-froid, y compris dans les moments de tension. Une question se pose alors : Patrice Neveu a-t-il déjà peur du double défi qui l’attend face aux Fennecs d’Algérie au point de perdre ainsi ses nerfs devant une simple question de journaliste ?

    CAN 2027 : la FTF et Neveu ne racontent-ils plus la même histoire ?

    L’autre dimension de cette sortie concerne le fond de la réponse du sélectionneur. À son arrivée au Togo, en février 2026, Patrice Neveu avait été présenté comme l’homme chargé de remettre les Éperviers sur les rails et de conduire le pays vers la CAN 2027. Le discours officiel et les déclarations publiques du technicien avaient alors entretenu cette attente.

    Le 2 mars 2026, lors de la signature de son contrat de trois ans, Neveu avait lui-même été explicite : « Les autorités togolaises et le peuple togolais veulent aller à la CAN 2027, donc je veux y aller aussi », déclarait-il. Le 18 septembre, à l’occasion de la publication de sa liste pour les premières journées des éliminatoires, il enfonçait le clou : « Notre objectif, c’est d’aller à la CAN 2027 ».

    Certes, le ministère chargé des Sports a officiellement présenté sa mission essentielle comme celle de reconstruire une équipe solide et compétitive. Mais cette reconstruction devait-elle devenir un argument pour relativiser l’objectif de qualification ? Rien, dans les déclarations initiales du sélectionneur, ne permettait de penser que les deux ambitions étaient incompatibles.

    Dès lors, une interrogation mérite d’être posée : qui dit aujourd’hui la vérité ? La Fédération togolaise de football a-t-elle fait croire aux supporters que Patrice Neveu avait pour principale mission de qualifier le Togo à la CAN 2027, alors que son contrat ne lui assignait officiellement qu’un chantier de reconstruction ? Ou est-ce le technicien qui, sous le coup de la colère et face à la pression grandissante, semble désormais prendre ses distances avec une ambition qu’il avait pourtant publiquement faite sienne ?

    Face à l’Algérie, le révélateur des contradictions

    Le calendrier ne laisse pourtant aucune place à l’agitation. Les Éperviers doivent affronter les Fennecs le 14 novembre en Algérie, avant de les recevoir le 17 novembre à Lomé. Deux rendez-vous importants dans la campagne qualificative du groupe I, où figurent également la Zambie et le Burundi.

    La tâche s’annonce particulièrement difficile face à une sélection algérienne rompue aux grandes compétitions continentales. Mais c’est précisément dans ce genre de circonstances que le sélectionneur doit faire preuve de sérénité et transmettre de la confiance à ses joueurs.

    À ce stade, le football togolais a davantage besoin d’un entraîneur concentré sur ses choix tactiques et ses résultats que d’un technicien qui transforme une question de journaliste en affrontement personnel. La liberté de la presse implique aussi que les objectifs du sélectionneur puissent être interrogés.

    Patrice Neveu doit-il être jugé sur ses accès de colère ou sur ses résultats ? Les deux, certainement. Mais les supporters togolais sont en droit de savoir si la CAN 2027 demeure réellement l’ambition de leur sélectionneur. À moins que la reconstruction ne soit devenue, avant même les échéances décisives, un confortable paravent contre les exigences du résultat.

  • Face aux Fennecs, les Éperviers au pied du mur

    Face aux Fennecs, les Éperviers au pied du mur

    À l’occasion des 3e et 4e journées des éliminatoires de la CAN 2027, le Togo affrontera l’Algérie les 14 et 17 novembre prochains. Une double confrontation déterminante pour les hommes de Patrice Neveu, qui jouent déjà une partie de leur avenir dans la course à la qualification.

    Le calendrier ne laisse guère de répit aux Éperviers. En l’espace de quatre jours, la sélection togolaise devra se mesurer à deux reprises aux Fennecs d’Algérie, l’un des poids lourds du football continental. Le premier acte est prévu le 14 novembre au stade Hocine-Aït-Ahmed de Tizi Ouzou, à 19 heures GMT. Le match retour se disputera le 17 novembre au stade de Kégué, à Lomé, à 16 heures GMT.

    Deux rendez-vous qui s’annoncent particulièrement délicats pour Patrice Neveu et ses hommes. Après deux journées disputées dans le groupe I, le Togo occupe la troisième place avec trois points, derrière l’Algérie, leader avec quatre unités, et la Zambie, également créditée de trois points mais mieux classée. Le Burundi ferme la marche avec un point.

    Les Éperviers avaient pourtant réussi leur entrée en matière en dominant le Burundi (1-0), le 25 septembre à Kégué, avant de connaître un coup d’arrêt à Ndola face à la Zambie (0-2), quatre jours plus tard. Cette double confrontation contre l’Algérie représente donc une occasion de se relancer, mais aussi un risque de décrochage en cas de mauvais résultats. Avec deux places qualificatives pour la phase finale, chaque point pèsera lourd.

    Une sélection élargie, des choix déterminants

    Pour préparer ces deux échéances, Patrice Neveu a dévoilé le 27 octobre une pré-liste de 31 joueurs, répartis entre quatre gardiens, douze défenseurs, huit milieux de terrain et sept attaquants. Une sélection élargie qui traduit la volonté du technicien français de disposer de plusieurs alternatives.

    Plusieurs cadres figurent dans ce groupe, notamment le capitaine Djéné Dakonam, Kevin Denkey, Kodjo Fo-Doh Laba, Karim Dermane et Thibault Klidjé. Le retour de certains profils et la présence de joueurs évoluant dans différents championnats européens et africains offrent des possibilités supplémentaires au sélectionneur.

    L’attention se porte également sur Lilian Brassier, défenseur de l’Eintracht Francfort. Sa présence dans la pré-liste constitue l’une des principales nouveautés. S’il est confirmé dans le groupe définitif et prend part à la rencontre, il pourrait apporter une option supplémentaire à la défense togolaise.

    Le secteur offensif dispose, pour sa part, de plusieurs arguments avec Denkey, Laba, Klidjé et Yaw Annor. Reste à transformer ce potentiel en efficacité devant les buts. Face à une équipe algérienne expérimentée, la discipline défensive, la maîtrise du milieu de terrain et le réalisme offensif seront indispensables.

    Le spectre d’une longue absence de la CAN

    Au-delà du classement, l’enjeu est aussi historique. Le Togo n’a plus participé à une phase finale de la Coupe d’Afrique des nations depuis 2017. Dix ans après cette dernière apparition, les Éperviers courent toujours derrière un retour sur la scène continentale.

    Cette longue absence commence à peser sur les attentes des supporters. La CAN 2027, organisée conjointement par le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, représente une nouvelle occasion de renouer avec une compétition que le football togolais connaît bien, mais dont il est absent depuis plusieurs éditions.

    Pour y parvenir, il faudra négocier intelligemment les deux confrontations contre les Fennecs. Un résultat positif à Tizi Ouzou avant de recevoir l’Algérie à Kégué pourrait considérablement relancer les ambitions togolaises. À l’inverse, deux contre-performances compliqueraient sérieusement la suite du parcours.

    Patrice Neveu et ses joueurs sont donc attendus au tournant. Le temps des promesses doit désormais laisser place aux résultats. Car pour le Togo, l’objectif ne saurait être simplement de rivaliser avec l’Algérie, mais bien de retrouver enfin le rendez-vous continental.

  • Secrétariat général de l’OIF : le choix de Kako Nubukpo

    Secrétariat général de l’OIF : le choix de Kako Nubukpo

    L’économiste togolais estime que l’actuelle secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) mérite d’être reconduite à son poste. Dans une tribune, il défend son bilan, notamment en matière de gouvernance, et appelle les pays africains à soutenir sa candidature face aux autres prétendants.

    À quelques jours du XXᵉ Sommet de la Francophonie, prévu du 14 au 16 novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge, la succession à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) suscite déjà des prises de position. Parmi elles, celle de l’économiste togolais Kako Nubukpo, qui affiche clairement son soutien à la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat.

    Dans une tribune consacrée à cette échéance, l’ancien responsable de la Francophonie économique et numérique au sein de l’OIF prend fait et cause pour l’actuelle secrétaire générale. Il met en avant son expérience, sa vision de l’institution et les changements opérés depuis son arrivée à la tête de l’organisation en 2018.

    Pour étayer sa position, Kako Nubukpo établit une comparaison avec les précédentes directions de l’OIF. Ayant travaillé sous le mandat de Michaëlle Jean, après celui du Sénégalais Abdou Diouf, il estime que la transition entre ces deux responsables n’avait pas permis de dégager une vision suffisamment forte et fédératrice. À ses yeux, Louise Mushikiwabo a, en revanche, réussi à imprimer une orientation plus affirmée à l’organisation, en conciliant panafricanisme et ouverture internationale.

    Une gouvernance axée sur les résultats

    L’un des principaux arguments avancés par l’économiste concerne la gestion de l’OIF. Il considère que Louise Mushikiwabo a engagé un redressement administratif et financier après une période qu’il décrit comme marquée par des insuffisances dans la tenue des comptes et une gouvernance peu rigoureuse.

    Cette volonté de restructuration s’est notamment traduite par des réorganisations internes et le départ d’une vingtaine d’agents dont la présence ne correspondait plus, selon lui, aux nouvelles orientations de l’institution. Des décisions qui auraient suscité des mécontentements au sein du personnel, mais que Kako Nubukpo présente comme la conséquence d’une gestion davantage fondée sur la performance et les résultats.

    Sur le plan économique, il salue également l’engagement de la secrétaire générale en faveur d’un multilatéralisme plus équitable et d’une Francophonie ouverte à de nouvelles géographies. Une orientation qui s’inscrit, selon lui, dans la continuité de la stratégie économique de la Francophonie adoptée à Dakar en décembre 2014.

    L’économiste répond par ailleurs aux critiques visant les origines rwandaises de Louise Mushikiwabo et son attitude supposément réservée face aux atteintes à la démocratie dans l’espace francophone. Sur le premier point, il juge injustifié de faire de sa nationalité un motif de contestation de sa candidature. Il rappelle son parcours diplomatique, notamment son passage à la tête du ministère rwandais des Affaires étrangères pendant une dizaine d’années, ainsi que son expérience à la Banque africaine de développement (BAD).

    La diplomatie du consensus comme argument de défense

    S’agissant des reproches relatifs à son silence face aux violations démocratiques, Kako Nubukpo estime qu’ils traduisent une méconnaissance du fonctionnement de l’OIF. Il rappelle que l’organisation privilégie traditionnellement la diplomatie du consensus, les concertations discrètes et les démarches de médiation plutôt que les prises de position publiques systématiques.

    Il défend ainsi les déplacements de Louise Mushikiwabo dans les zones de tensions de l’espace francophone, considérant que sa démarche vise à promouvoir la paix et le dialogue. Il évoque notamment son intervention sur la situation libanaise, lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, au début du mois de juillet 2026, comme une illustration de son engagement.

    Pour l’économiste togolais, l’expérience personnelle de la dirigeante rwandaise, dont la famille a été directement éprouvée par le génocide de 1994, constitue également un élément important dans sa compréhension des conflits et des souffrances humaines.

    Face à Louise Mushikiwabo, trois autres personnalités sont en lice : Juliana Amato Lumumba, de la République démocratique du Congo, Coumba Bâ, de la Mauritanie, et Dacian Cioloș. Kako Nubukpo reconnaît le caractère respectable de ces candidatures, mais considère que le contexte géopolitique actuel exige à la tête de la Francophonie une personnalité expérimentée, capable de faire face aux tensions internationales et aux replis identitaires.

    Son plaidoyer se termine par un appel aux États africains à faire bloc autour de la candidature de la Rwandaise. Il y voit l’occasion pour le continent de faire preuve de lucidité et d’audace dans ses choix de leadership au sein des institutions internationales. Pour lui, un troisième mandat de Louise Mushikiwabo serait non seulement une confirmation du travail accompli, mais aussi une opportunité d’ouvrir une nouvelle étape dans la construction de projets communs au sein de l’espace francophone.

  • AGOA : pourquoi Washington veut écarter l’Afrique du Sud et le Rwanda

    AGOA : pourquoi Washington veut écarter l’Afrique du Sud et le Rwanda

    En annonçant le retrait de l’Afrique du Sud et du Rwanda du dispositif commercial AGOA à compter du 1er janvier 2027, l’administration Trump invoque des manquements aux critères d’éligibilité liés à la gouvernance, aux droits humains et aux pratiques commerciales. Mais derrière les justifications officielles, des considérations géopolitiques semblent également peser. Les griefs américains sont-ils réellement fondés ou traduisent-ils une volonté de sanctionner des gouvernements dont les orientations déplaisent à Washington ?

    L’African Growth and Opportunity Act (AGOA), l’un des principaux instruments de coopération commerciale entre les États-Unis et l’Afrique, est de nouveau au centre des tensions diplomatiques entre Washington et le continent. Cette fois, ce sont l’Afrique du Sud et le Rwanda qui se retrouvent dans le viseur de l’administration américaine. Dans un communiqué, le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) indique que Donald Trump a estimé que les deux gouvernements se sont livrés à des pratiques incompatibles avec les critères d’éligibilité au programme. La mesure doit prendre effet le 1er janvier 2027.

    Institué en 2000, l’AGOA permet aux pays africains remplissant certaines conditions d’exporter vers le marché américain une large gamme de produits en bénéficiant d’une exonération de droits de douane. Il constitue ainsi un levier important pour les exportations africaines, la création d’emplois et l’attractivité des économies bénéficiaires. Une exclusion représente donc bien davantage qu’un simple désaccord commercial.

    Si les deux pays sont concernés par la même décision, les reproches formulés à leur encontre ne sont pas identiques. Pour Pretoria, les tensions avec Washington sont anciennes et largement nourries par des divergences politiques et diplomatiques. Pour Kigali, les préoccupations américaines renvoient notamment à la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, sans oublier les questions de gouvernance et de droits humains.

    Pretoria et Kigali, deux dossiers différents

    L’Afrique du Sud entretient depuis plusieurs mois des relations particulièrement tendues avec l’administration Trump. Le président américain accuse notamment les autorités sud-africaines de persécuter la minorité blanche, particulièrement les Afrikaners. Une accusation rejetée par Pretoria, qui dénonce une présentation déformée de sa politique intérieure.

    La question foncière constitue également un sujet de discorde. La réforme engagée par le gouvernement sud-africain, qui autorise dans certaines circonstances l’expropriation de terres sans indemnisation, est vivement contestée par Washington. Pretoria défend, pour sa part, une politique destinée à corriger les profondes inégalités foncières héritées de l’apartheid.

    À ces différends s’ajoutent les critiques américaines contre les politiques de discrimination positive et de transformation économique en faveur de la majorité noire. Sur le terrain diplomatique, la procédure engagée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de Justice et ses relations avec des pays comme l’Iran ont également contribué à détériorer les rapports avec Washington.

    Le cas rwandais présente un autre visage. Les tensions sont notamment liées à la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les États-Unis accusent Kigali de soutenir le mouvement rebelle M23, engagé dans des combats contre les forces gouvernementales congolaises. Le Rwanda a régulièrement contesté les accusations portées contre lui. Le soutien présumé au M23 a néanmoins entraîné des mesures de rétorsion américaines, notamment des sanctions visant le ministère rwandais de la Défense.

    Le communiqué américain évoque également, concernant les deux pays, des préoccupations relatives à l’État de droit, au pluralisme politique, aux droits des travailleurs et au respect des droits humains. Des griefs qui, en l’absence de précisions détaillées sur les pratiques reprochées à chaque gouvernement, méritent d’être examinés avec attention.

    Des justifications américaines réellement fondées ?

    C’est précisément là que se situe le débat. Les États-Unis sont-ils dans leur droit en conditionnant l’accès à leur marché au respect de certaines exigences politiques, économiques et institutionnelles ? Sur le principe, la réponse est affirmative. L’AGOA n’est pas un dispositif commercial sans conditions. Les pays bénéficiaires doivent notamment progresser dans le respect de l’État de droit, des droits humains, des droits des travailleurs et de l’économie de marché.

    Il serait donc difficile de contester à Washington le droit d’évaluer l’éligibilité des pays bénéficiaires à partir de ces critères. Toutefois, leur application soulève une question de cohérence et d’impartialité. Les exigences américaines sont-elles évaluées selon les mêmes standards pour tous les pays partenaires ? Les manquements reprochés à Pretoria et à Kigali sont-ils suffisamment documentés pour justifier une sanction commerciale de cette ampleur ?

    Dans le cas sud-africain, certaines critiques américaines semblent dépasser le strict cadre des critères de l’AGOA pour toucher à des choix politiques relevant de la souveraineté nationale. La réforme foncière, la transformation économique ou encore le positionnement diplomatique de Pretoria ne constituent pas automatiquement des violations des règles commerciales ou des principes démocratiques. Assimiler ces orientations à des motifs d’exclusion nécessite donc des justifications précises.

    Pour le Rwanda, les accusations relatives au soutien au M23 soulèvent une question plus directement liée à la stabilité régionale et aux intérêts sécuritaires. Si elles sont établies, elles peuvent légitimement susciter des réactions internationales. Mais là encore, les accusations doivent être distinguées des faits formellement établis, et les critères de gouvernance invoqués par Washington doivent être étayés.

    Au-delà des considérations juridiques, cette décision révèle surtout la place de plus en plus importante du commerce dans les rapports de force diplomatiques. L’accès préférentiel au marché américain devient ainsi un instrument de pression sur les gouvernements africains.

    Pour l’Afrique du Sud comme pour le Rwanda, les conséquences économiques pourraient être significatives, même si leur ampleur dépendra des secteurs concernés et de leur capacité à trouver d’autres débouchés. Pretoria, important bénéficiaire du dispositif, est particulièrement exposée, notamment dans les secteurs automobile et agricole.

    En définitive, Washington peut légitimement défendre ses intérêts et exiger le respect des conditions attachées à ses préférences commerciales. Mais encore faudrait-il que les motifs avancés soient précis, vérifiables et appliqués sans traitement différencié. Car si l’AGOA doit être un instrument de promotion de la bonne gouvernance et du commerce équitable, il ne saurait devenir un simple levier de récompense ou de sanction des gouvernements africains en fonction de leur proximité politique avec la Maison Blanche.

  • Edito: L’eau et l’électricité ne sont pas un luxe !

    Edito: L’eau et l’électricité ne sont pas un luxe !

    Il y a quelque chose de profondément incompréhensible, voire d’inacceptable, à demander aux consommateurs de payer plus cher pour des services dont la qualité ne cesse de se dégrader. Au Togo, les coupures répétées d’électricité viennent remettre sur la table une question fondamentale : jusqu’où les ménages devront-ils supporter les défaillances des services publics essentiels ?

    Les coupures répétées d’électricité et les informations relatives à une nouvelle hausse des tarifs de l’eau et de l’électricité relancent le débat sur la qualité des services publics au Togo. Alors que les consommateurs subissent déjà les conséquences des perturbations de la fourniture, la perspective d’une nouvelle augmentation tarifaire soulève une question de fond : peut-on payer davantage pour un service qui peine à satisfaire les attentes des usagers ?

    Les interruptions d’électricité ne sont pas sans conséquences sur les ménages et les activités économiques. Appareils endommagés, denrées alimentaires perdues, recours coûteux aux groupes électrogènes : les usagers supportent des charges supplémentaires liées aux insuffisances de la fourniture. Pour les artisans, les commerçants et les petites entreprises, les délestages se traduisent également par des pertes financières et des perturbations dans le travail.

    Dans ce contexte, une nouvelle augmentation du prix du kilowattheure, si elle venait à être confirmée, ne pourrait être envisagée sans explications préalables. L’expérience de 2025, marquée par une hausse moyenne annoncée de 12,5 % des tarifs de l’électricité et une contestation ayant conduit à une suspension partielle de la mesure, illustre les limites des décisions tarifaires insuffisamment concertées. Les consommateurs ne peuvent être simplement mis devant le fait accompli.

    Cela ne signifie pas pour autant que les difficultés financières de la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) et de la Société togolaise des eaux (TdE) doivent être ignorées. Ces entreprises ont besoin de ressources pour entretenir leurs installations, moderniser leurs équipements et améliorer leurs réseaux. Mais leur équilibre financier ne saurait être dissocié de la qualité des prestations. Les populations sont en droit de connaître les coûts réels de fonctionnement, les besoins d’investissement et les raisons des dysfonctionnements persistants.

    Les informations évoquant d’éventuelles pressions du Fonds monétaire international (FMI) en faveur d’une révision des tarifs appellent également des éclaircissements. Le gouvernement gagnerait à faire preuve de transparence sur ses engagements auprès des partenaires financiers. La politique tarifaire des services essentiels ne peut être soustraite au débat public, particulièrement dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages reste éprouvé.

    La proposition de la LCT d’organiser des Assises nationales de l’eau et de l’énergie mérite, à cet égard, d’être examinée. Ces rencontres pourraient permettre aux différents acteurs de dresser un diagnostic partagé et de définir les orientations d’une politique durable. Encore faudrait-il qu’elles ne se limitent pas à une succession de déclarations d’intention. Elles devraient déboucher sur des engagements précis en matière de réduction des coupures, d’amélioration de la distribution, de transparence financière et de protection des consommateurs vulnérables.

    Au fond, le débat dépasse le montant des factures. Il porte sur les obligations des fournisseurs de services publics et les droits des usagers. Si les consommateurs doivent contribuer au financement des infrastructures, ils sont également en droit d’exiger une fourniture régulière et de qualité. Il appartient aux autorités de garantir cet équilibre.

    Avant toute nouvelle augmentation tarifaire, un bilan public des performances des secteurs de l’eau et de l’électricité s’impose. La modernisation de ces services ne peut se mesurer uniquement aux recettes mobilisées ou aux tarifs appliqués. Elle doit surtout se traduire par une amélioration concrète des conditions d’accès à l’eau et à l’électricité. C’est à cette exigence que devra répondre toute réforme de ces secteurs.

  • Littérature : Komlan A. Aziale interroge le Togo à l’épreuve du postmodernisme

    Littérature : Komlan A. Aziale interroge le Togo à l’épreuve du postmodernisme

    Mœurs, gouvernance politique, démocratie et développement. Dans son nouvel ouvrage intitulé Le Togo à l’épreuve du postmodernisme, le philosophe Komlan A. Aziale propose une lecture critique des mutations qui traversent la société togolaise. Une réflexion qui invite à repenser les valeurs sociales, les pratiques politiques et les conditions d’un développement durable.

    Le Togo et ses transformations sociales, politiques et économiques sont au cœur du nouvel essai de Komlan A. Aziale. Intitulé Le Togo à l’épreuve du postmodernisme : Mœurs, dynamiques politiques et exigences de développement, cet ouvrage publié aux éditions L’Harmattan, dans la collection « Diplomatie et stratégie », s’intéresse aux mutations que connaît la société togolaise dans un monde marqué par une interconnexion croissante des sociétés.

    Sur 136 pages, l’auteur entend dépasser le simple constat des changements pour en interroger les conséquences sur l’organisation de la société et les perspectives de développement. Son ambition est notamment de mettre en lumière les éventuelles pathologies sociales dont la méconnaissance pourrait compromettre les efforts de transformation.

    Des mœurs à la gouvernance politique

    L’ouvrage s’articule autour de trois grands axes. Le premier porte sur l’évolution des mœurs dans une société togolaise attachée aux valeurs morales et éducatives. À travers cette entrée, Komlan A. Aziale examine les fluctuations des comportements et les transformations des repères sociaux. Une interrogation qui renvoie à la capacité de la société à préserver certains fondements culturels tout en s’adaptant aux nouvelles réalités.

    Le deuxième axe est consacré à la gouvernance politique. L’auteur y propose une analyse critique des pratiques politiques au Togo, avec une attention particulière portée aux conditions nécessaires à l’enracinement de la démocratie. Cette réflexion place au centre du débat les exigences d’une gouvernance capable de répondre aux aspirations démocratiques et aux mutations de la société.

    Le troisième volet aborde la question du développement sous deux angles moins conventionnels : les interactions entre littérature et musique, d’une part, et le paradoxe de la « malédiction des zones minières », d’autre part. L’auteur ouvre ainsi la réflexion au-delà des seuls indicateurs économiques, en interrogeant également la place de la création culturelle et les contradictions liées à l’exploitation des ressources naturelles.

    Une réflexion dans la continuité de ses travaux

    Maître de conférences en philosophie politique et sociale à l’Université de Kara, Komlan A. Aziale est également directeur adjoint du Laboratoire d’études et de recherches sur les pratiques endogènes pour le développement durable en Afrique (LERPEDDA). Ses travaux portent notamment sur les mutations sociopolitiques et la dynamique individualiste en Afrique.

    Cette nouvelle publication s’inscrit dans la continuité d’une production intellectuelle déjà marquée par plusieurs ouvrages. En septembre 2025, il publiait Diversité et démocratie : Contributions à l’analyse du lien social en Afrique, aux Éditions Lumumba. Dans cet ouvrage, il s’intéressait aux rapports entre diversité et démocratie, notamment à la place des communautés culturelles, ethniques et religieuses dans la construction du vivre-ensemble sur le continent africain.

    Avec Le Togo à l’épreuve du postmodernisme, le philosophe resserre son champ d’observation sur la société togolaise, tout en conservant une perspective plus large sur les transformations contemporaines. Son questionnement traverse plusieurs dimensions de la vie collective et met en relation les évolutions des comportements, les pratiques de gouvernance et les impératifs du développement.

    Au-delà de sa dimension académique, cet essai se présente ainsi comme une invitation au débat sur les orientations de la société togolaise. Il pose, en filigrane, une question essentielle : comment une société peut-elle s’adapter aux mutations du monde contemporain sans perdre ses repères et tout en créant les conditions d’un progrès partagé ?

  • Réinstallation des populations à Sagonou : entre promesses de modernité et défi de la réalité

    Réinstallation des populations à Sagonou : entre promesses de modernité et défi de la réalité

    La Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT) a lancé, vendredi, à Sagonou Apéyémé, dans le canton d’Abobo, un projet pilote de réinstallation de dix familles affectées par l’exploitation minière. Présentée comme un modèle de village moderne, l’initiative prévoit des logements, des espaces agricoles et des infrastructures communautaires. Reste à savoir si les réalisations seront à la hauteur des maquettes et des promesses faites aux populations.

    La réinstallation des populations affectées par les activités minières ne se résume pas à la construction de nouvelles habitations. Elle suppose également de garantir aux personnes déplacées un environnement décent, des infrastructures adaptées et des moyens de subsistance durables. C’est dans cette perspective que la SNPT entend expérimenter une nouvelle approche à Sagonou Apéyémé, dans la commune de Zio 1.

    La pose de la première pierre du projet pilote, effectuée par le président du conseil d’administration de la société, Essomanam Edjeba, marque le début d’une opération qui prévoit la construction de dix logements témoins, destinés à accueillir autant de familles affectées par l’exploitation du phosphate.

    Sur le papier, le projet présente les caractéristiques d’un véritable village moderne. Chaque logement devrait disposer d’un espace agricole équipé d’un système familial d’irrigation au goutte-à-goutte. Les bénéficiaires pourront ainsi développer des cultures maraîchères, notamment le piment, la tomate, l’oignon et le gingembre, dans le but de diversifier leurs revenus et de préserver une certaine autonomie économique.

    À ces aménagements s’ajoute la création d’un hub logistique communautaire. Celui-ci devrait regrouper des pépinières, des entrepôts d’intrants agricoles, des unités de transformation du maïs et du manioc, des équipements mutualisés, des ateliers ainsi qu’un comptoir commercial. L’accès à l’eau et aux solutions énergétiques solaires figure également parmi les prestations annoncées.

    Délocaliser ne suffit pas, encore faut-il bien reloger

    L’ambition affichée par la SNPT est appréciable au regard des enjeux sociaux liés à l’exploitation minière. Toutefois, une question essentielle demeure : quelle sera la réalité des infrastructures une fois les travaux achevés ?

    L’expérience de nombreux projets d’aménagement montre qu’il peut exister un écart considérable entre les maquettes présentées aux populations et les réalisations livrées. Les projections architecturales donnent souvent à voir des espaces modernes, fonctionnels et bien équipés. Mais, au moment de la concrétisation, les infrastructures, les équipements ou les commodités annoncés ne correspondent pas toujours aux attentes initiales.

    Il importe donc que le projet de Sagonou ne se limite pas à une présentation séduisante. Les dix logements, les espaces agricoles, les équipements collectifs et les services sociaux devront être effectivement réalisés conformément aux engagements pris. La qualité des matériaux, la fonctionnalité des installations, l’accessibilité des services et les conditions d’occupation devront également retenir l’attention.

    Car délocaliser est une chose, reloger dans de bonnes conditions en est une autre. Pour les familles contraintes d’abandonner leurs habitations et parfois leurs terres agricoles, le changement de lieu de résidence ne doit pas se traduire par une dégradation de leurs conditions d’existence. La réinstallation doit leur permettre de retrouver, voire d’améliorer, leur niveau de vie antérieur.

    Les populations déjà déplacées également dans l’équation

    La SNPT affirme vouloir étendre cette démarche aux communautés déjà réinstallées. Des hubs logistiques adaptés à leurs besoins, notamment dans les domaines de l’élevage et de la production agricole, sont annoncés. La société prévoit également de renforcer ses interventions sociales de proximité et de contribuer à la réalisation d’infrastructures socioéconomiques dans les communes de la zone minière.

    Selon Essomanam Edjeba, cette orientation répond à une instruction du président du Conseil invitant les instances de la société à explorer des approches innovantes en matière de réinstallation et d’accompagnement des populations. Il présente le projet comme une expérimentation communautaire qui devra être conduite avec et pour les populations concernées, et non comme un simple investissement immobilier.

    Le directeur général de la SNPT, Abalo Kezie, inscrit également cette initiative dans une dynamique plus large d’amélioration des conditions de vie des communautés riveraines de la zone minière. Il évoque une première étape d’un programme intégré de développement des territoires ruraux.

    Reste désormais à transformer ces annonces en réalisations concrètes. L’enjeu ne se mesure pas uniquement au nombre de logements construits ou à la superficie des espaces aménagés, mais surtout à la capacité des familles réinstallées à vivre dignement, à accéder aux services essentiels et à poursuivre leurs activités économiques.

    Au-delà de Sagonou, la crédibilité de cette nouvelle approche se jouera donc dans la durée, à travers le respect des engagements, l’entretien des infrastructures et le suivi des bénéficiaires. Les populations déplacées ne devraient pas avoir simplement un nouveau toit, mais un cadre de vie réellement meilleur que celui qu’elles ont été contraintes de quitter.

Radio Renouveau228

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