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  • Vogan : après un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre, les inquiétudes persistent autour des militants du CNCC

    Vogan : après un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre, les inquiétudes persistent autour des militants du CNCC

    Le meeting du Cadre national de concertation pour le changement (CNCC), organisé le dimanche 26 juillet à Vogan, continue d’alimenter les débats. Alors que cette manifestation politique, autorisée par les autorités, constituait la première grande activité du regroupement en dehors de Lomé depuis son rassemblement du 9 mai dernier à Akassimé, plusieurs incidents rapportés par des participants ont ravivé les interrogations sur l’état de l’espace civique et politique au Togo.

    Une altercation qui suscite des interrogations

    Selon plusieurs témoignages concordants recueillis auprès de participants, Pascal Kéko, militant de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), aurait eu une vive altercation avec des éléments des forces de sécurité à l’entrée de Hahotoé, non loin de l’espace occupé par les revendeuses de poissons et d’autres produits de première nécessité. Des témoins affirment que l’échange verbal aurait été particulièrement tendu et aurait pu dégénérer en confrontation physique, avant que la situation ne soit finalement maîtrisée.

    « Cet incident aurait été causé par le fait que le convoi transportant les militants a été stoppé pendant plusieurs minutes et que les hommes en uniforme les filmaient et les photographiaient. », glisse un témoin.

    D’après ces mêmes sources, Kéko se trouvait en compagnie d’A. A. Assou et d’autres militants ayant quitté le domicile de Fovi Katakou (qu’on ne présente plus) pour rejoindre le meeting du CNCC à Vogan. Plusieurs participants soutiennent également que la scène aurait été filmée et photographiée par des gendarmes et des policiers présents sur les lieux. Ces affirmations n’ont toutefois pas fait l’objet d’une confirmation officielle de la part des autorités.

    Par ailleurs, des restrictions de circulation ont été constatées ce jour-là sur certains axes menant à Vogan, malgré l’autorisation accordée pour la tenue du rassemblement, comme l’ont également relevé plusieurs observateurs et médias locaux.

    Un climat politique qui nourrit les inquiétudes

    Connu pour ses prises de position critiques envers le pouvoir, Pascal Kéko aurait, selon son entourage, exprimé depuis cet épisode des inquiétudes quant à sa sécurité. Ces craintes interviennent dans un contexte où plusieurs organisations de défense des droits humains, ainsi que des observateurs nationaux et internationaux, évoquent régulièrement un rétrécissement de l’espace civique au Togo, marqué par des arrestations de militants, d’opposants ou d’acteurs de la société civile à la suite de leurs activités ou de leurs déclarations publiques.

    L’autorisation accordée au meeting de Vogan avait d’ailleurs surpris de nombreux observateurs, tant les rassemblements politiques de l’opposition sont souvent entourés d’importants dispositifs sécuritaires. Pour certains analystes, les restrictions de circulation constatées le jour de l’événement illustrent les limites qui continuent d’encadrer l’exercice des libertés de réunion et de manifestation, même lorsqu’elles sont officiellement autorisées.

    Si les circonstances exactes de l’incident de Hahotoé restent à établir, cet épisode relance le débat sur les conditions d’exercice des libertés publiques au Togo et sur la nécessité de garantir à tous les acteurs politiques un environnement apaisé, dans le respect des lois, des droits fondamentaux et des impératifs de sécurité.

  • CEDEAO : l’opposition estime que le pouvoir togolais est désormais dos au mur

    CEDEAO : l’opposition estime que le pouvoir togolais est désormais dos au mur

    Le pouvoir togolais est de nouveau la cible de vives critiques de plusieurs organisations de l’opposition, qui voient dans la récente réaction des autorités à l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO la preuve d’un profond embarras politique. Dans un communiqué conjoint rendu public le 28 juillet 2026 à Lomé, la DMK, la DMP, la LDP et le mouvement « Touche Pas À Ma Constitution » considèrent que la contestation par le gouvernement de la compétence de la juridiction communautaire ne remet pas en cause la portée de sa décision. Les signataires estiment que cet arrêt fragilise davantage le régime sur le plan international et appellent la CEDEAO ainsi que l’Union africaine à prendre leurs responsabilités en appliquant les mécanismes prévus par la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Ils invitent également les Togolais à rester mobilisés afin d’accentuer la pression en faveur d’un retour à l’ordre constitutionnel et d’une transition politique.

  • Meeting de l’opposition à Vogan : le gouvernement donne son feu vert

    Meeting de l’opposition à Vogan : le gouvernement donne son feu vert

    Une note officielle autorise la tenue d’un meeting politique prévu le 26 juillet à Vogan, dans la préfecture de Vo.

    Les partis politiques ADDI, ANC, FDR et PSR pourront tenir leur meeting d’information sur la situation sociopolitique du Togo à Vogan, dans la préfecture de Vo. Le rendez-vous est pris pour ce dimanche 26 juillet 2026. C’est ce qu’indique une note officielle du ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, adressée au préfet de Vo et datée du 23 juillet 2026.

    Le document, signé par le Secrétaire général par intérim du ministère, invite l’autorité préfectorale à prendre « les dispositions » nécessaires afin de « faciliter le bon déroulement de cette activité ». Cette correspondance administrative constitue ainsi un feu vert officiel à la tenue de la manifestation politique annoncée.

    Le meeting est prévu à partir de 14 heures sur la place des fêtes de Vogan. Selon la note, il s’agira d’une rencontre d’information consacrée à la situation sociopolitique du pays, à l’initiative des quatre formations politiques.

    Un cadre officiellement encadré

    Le ministère identifie également les responsables chargés de l’organisation de l’événement. Il s’agit de Kohan Kidekiyime Binafame, secrétaire national du FDR, de Francis Pedro, membre du Conseil national de l’ANC chargé des relations avec les médias, ainsi que d’Acbegninou Eklou, responsable des affaires politiques du PSR.

    Une copie de la note a été transmise au ministère de la Sécurité ainsi qu’aux intéressés, conformément aux procédures administratives en vigueur.

    Cette démarche illustre le cadre de concertation entre les autorités administratives et les organisateurs d’activités publiques. Sauf changement de dernière minute, les militants et sympathisants des partis concernés sont donc attendus à Vogan ce dimanche pour cette rencontre politique placée sous l’encadrement des autorités compétentes.

  • Meeting du CNCC à Vogan : le rendez-vous annoncé pour le 12 juillet reporté au 26 juillet

    Meeting du CNCC à Vogan : le rendez-vous annoncé pour le 12 juillet reporté au 26 juillet

    Le meeting citoyen que le Conseil national de coordination citoyenne (CNCC) prévoyait d’organiser le 12 juillet 2026 à Vogan n’aura finalement pas lieu à cette date. L’information a été rendue publique par L’École des Patriotes, à travers une déclaration signée par Baldwin Céleste O’, qui annonce un report de la rencontre au 26 juillet 2026.

    Selon ce communiqué, le report serait motivé par l’occupation de la place publique retenue pour le rassemblement, en raison de funérailles programmées le même jour. Les auteurs de la déclaration soulignent que le meeting avait été annoncé plusieurs semaines auparavant, tout en laissant aux citoyens le soin d’apprécier les circonstances ayant conduit à ce changement de calendrier.

    Malgré ce report, L’École des Patriotes affirme que la mobilisation demeure intacte. Dans son message, le mouvement invite ses sympathisants à considérer ces deux semaines supplémentaires comme une période consacrée à la préparation, à l’organisation et à la sensibilisation des citoyens.

    Le texte insiste également sur l’importance de la discipline, de la cohésion et de la mobilisation pacifique. Les responsables appellent leurs partisans à éviter « le découragement, la colère et la provocation », tout en privilégiant une démarche qu’ils présentent comme fondée sur l’organisation et la persévérance.

    La déclaration encourage par ailleurs les citoyens à poursuivre les actions de sensibilisation dans les quartiers, les villages, les marchés, les établissements d’enseignement, les lieux de travail ainsi qu’au sein de la diaspora, en vue du rendez-vous désormais fixé au 26 juillet à Vogan.

    À ce stade, aucune communication officielle des autorités locales n’a été consultée par notre rédaction pour confirmer les motifs évoqués dans ce communiqué. Le report du meeting repose donc sur les informations communiquées par les organisateurs, dans l’attente d’éventuelles précisions des autorités compétentes.

  • Au Togo, des opposants réclament une transition et rejettent tout nouveau dialogue

    Au Togo, des opposants réclament une transition et rejettent tout nouveau dialogue

    Dans un communiqué conjoint, plusieurs organisations politiques estiment que le Togo traverse un vide constitutionnel et appellent à une transition politique fondée sur des assises nationales.

    À la suite de l’arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO, plusieurs organisations de l’opposition togolaise montent au créneau. Dans un communiqué conjoint publié le 2 juillet 2026 à Lomé, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK-Originale), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et le mouvement « Touche Pas À Ma Constitution » estiment que le pays fait face à un « vide constitutionnel » et plaident pour l’ouverture d’une transition politique plutôt qu’un nouveau dialogue.

    Les signataires fondent leur argumentaire sur l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, qui, selon eux, a confirmé le caractère inconstitutionnel du changement de Constitution intervenu en 2024. Ils rappellent qu’une élection présidentielle aurait dû être organisée en février ou mars 2025 conformément au calendrier constitutionnel, avant que l’adoption d’un nouveau régime parlementaire ne modifie le processus politique. À leurs yeux, cette situation aurait créé un vide constitutionnel depuis le 3 mai 2025, date à laquelle un nouveau président aurait dû entrer en fonction si le scrutin avait eu lieu.

    Le communiqué critique également la tenue de la récente rencontre du Cadre permanent de concertation (CPC), qualifiée de tentative de diversion face aux conséquences de la décision de la juridiction communautaire. Les auteurs estiment que cette instance ne constitue plus un véritable espace de consensus, rappelant que plusieurs partis d’opposition s’en sont retirés.

    Pour sortir de la crise institutionnelle, les quatre organisations proposent l’ouverture d’une transition politique inclusive, accompagnée d’assises nationales réunissant les différentes forces vives du pays. Selon elles, cette démarche permettrait de restaurer un climat d’apaisement et de rebâtir les fondements institutionnels de la République sur des bases consensuelles. Elles rejettent en revanche toute perspective d’un nouveau dialogue organisé par les autorités actuelles, qu’elles jugent inapte à résoudre durablement la crise.

    Le communiqué se conclut par un appel à la mobilisation populaire. Les organisations invitent les Togolais, tant à l’intérieur du pays que dans la diaspora, à participer à des manifestations publiques pacifiques lorsque des mots d’ordre seront lancés dans les prochaines semaines. Elles présentent cette mobilisation comme le moyen d’obtenir une transition politique qu’elles considèrent comme « la seule voie pacifique » pour sortir de la crise actuelle.

  • CAR : entre appel à la mobilisation financière et offensive contre les délestages et les inondations

    CAR : entre appel à la mobilisation financière et offensive contre les délestages et les inondations

    Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) multiplie les initiatives pour préparer son avenir politique tout en haussant le ton contre les difficultés quotidiennes auxquelles sont confrontés les Togolais.

    Le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) occupe le devant de la scène politique avec deux annonces majeures. D’un côté, le parti lance une campagne de collecte de fonds baptisée « 100 FCFA par semaine pour le CAR » afin de préparer son sixième congrès statutaire prévu en 2027. De l’autre, il interpelle le gouvernement sur les délestages récurrents et les inondations qui affectent plusieurs localités du pays.

    Dans un communiqué publié le 25 juin, le président national du parti, Yao Daté, invite militants, sympathisants et « toute personne de bonne volonté » à contribuer à hauteur de 100 FCFA par semaine pour soutenir les activités de la formation politique. Selon le CAR, cette mobilisation financière vise à permettre au parti de poursuivre « sa mission dans la lutte pour l’instauration de la démocratie au Togo ». Les contributions sont attendues via des comptes de paiement mobile.

    Le même jour, au cours de son traditionnel « Je dis politique », le CAR a consacré son intervention aux délestages et aux inondations, deux phénomènes qu’il juge persistants depuis plusieurs décennies. Le parti estime que le changement des responsables de la Compagnie Énergie Électrique du Togo (CEET) ne constitue pas une réponse durable aux coupures d’électricité. Il appelle notamment les autorités à présenter un bilan des investissements réalisés dans les centrales thermiques et solaires ainsi que de l’utilisation des fonds destinés à l’éclairage public.

    Le CAR attire également l’attention sur les poteaux électriques endommagés dans plusieurs quartiers de Lomé, estimant qu’ils représentent un risque pour les populations en période de pluies.

    Concernant les inondations, le parti décrit une situation préoccupante dans plusieurs zones de Lomé et de l’intérieur du pays, où routes, marchés et habitations sont régulièrement submergés à chaque saison pluvieuse. Pour y remédier, il propose une série de mesures, parmi lesquelles l’amélioration du drainage, le curage des égouts, l’installation de pompes de relevage dans certains marchés, un plan global d’assainissement du Grand Lomé ainsi que des actions de sensibilisation contre l’occupation des zones inondables.

    Au-delà de ces propositions, le CAR appelle à un dialogue politique inclusif et estime qu’une meilleure gouvernance constitue une condition essentielle pour apporter des réponses durables aux préoccupations des populations.

  • « La neutralité républicaine ne prend pas sa retraite » : Kafui Adjamagbo met en garde contre la politisation des anciens corps habillés

    « La neutralité républicaine ne prend pas sa retraite » : Kafui Adjamagbo met en garde contre la politisation des anciens corps habillés

    À travers un communiqué ferme, la députée Kafui Adjamagbo rappelle que le devoir de neutralité des anciens corps habillés demeure une exigence essentielle à la préservation de la République.

    La députée de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, est montée au créneau à travers un communiqué au ton ferme autour de la question des « Corps habillés à la retraite ». Son message est sans ambiguïté : le devoir de neutralité républicaine demeure une exigence permanente, même après la fin de la carrière active des militaires, policiers et gendarmes.

    À travers cette sortie, la responsable politique s’inquiète des prises de position publiques de certains anciens membres des forces de défense et de sécurité qui, selon elle, risquent d’alimenter les tensions politiques dans un contexte national déjà fragile.

    « La neutralité républicaine ne prend pas sa retraite » n’est pas seulement un slogan, mais un rappel des principes qui fondent la cohésion nationale. Pour la DMP, l’appartenance passée aux institutions chargées de protéger la République impose une responsabilité morale durable.

    Le communiqué intervient dans un climat politique particulièrement tendu au Togo, marqué par des débats récurrents sur les libertés publiques, la gouvernance et le rôle des institutions dans la vie démocratique. Depuis plusieurs mois, Kafui Adjamagbo multiplie les interventions sur la préservation des contre-pouvoirs, le respect des prérogatives parlementaires et la défense des principes constitutionnels.

    Pour la députée, les anciens corps habillés doivent demeurer des figures de rassemblement et non devenir des acteurs susceptibles d’être instrumentalisés dans des affrontements politiques. Une telle dérive pourrait, selon elle, brouiller la frontière entre l’État et les intérêts partisans.

    Cette prise de position ouvre un débat plus large sur la place des anciens militaires et agents de sécurité dans l’espace public. Dans une démocratie, leur liberté d’expression est reconnue, mais elle doit constamment s’équilibrer avec l’impératif supérieur de préserver la confiance des citoyens dans la neutralité des institutions républicaines.

  • « Génération Togo » : l’opposition appelle au sursaut national

    « Génération Togo » : l’opposition appelle au sursaut national

    Face à la presse ce matin à Lomé, la DMK, la LDP, le Front « Touche Pas à Ma Constitution » et la DMP ont rendu publique leur vision pour la refondation de la République togolaise, contenue dans un document intitulé « Manifeste Génération Togo ».

    Pour les responsables des partis regroupés au sein de cette coalition, ce manifeste s’adresse en priorité à la jeunesse togolaise et, par ricochet, à l’ensemble du peuple togolais dans toutes ses composantes.

    Selon eux, ce document constitue un appel au réveil lancé à l’endroit de toutes les forces vives de la nation. Il s’adresse aux patriotes sincères préoccupés par l’état de délabrement du pays et, surtout, par ce qu’ils qualifient de pilotage à vue des tenants du pouvoir.

    Les signataires estiment que c’est parce que Faure Gnassingbé ne trouve pas face à lui un peuple suffisamment mobilisé qu’il continue de gouverner, malgré l’absence de résultats probants après 21 années passées au pouvoir.

    Les leaders de cette coalition appellent ainsi le peuple togolais à consentir les sacrifices nécessaires pour libérer le Togo et engager sa refondation.

    Lire la déclaration relative au Manifeste Génération Togo.

  • Un an après le 6 juin 2025 : la contestation qui a révélé une nouvelle génération de militants au Togo

    Un an après le 6 juin 2025 : la contestation qui a révélé une nouvelle génération de militants au Togo

    Le 6 juin 2026 marque le premier anniversaire d’un événement qui a profondément marqué la vie politique togolaise. Le 6 juin 2025, une mobilisation inédite, portée principalement par des jeunes vivant au Togo et dans la diaspora, avait émergé pour dénoncer les institutions issues de la Ve République, réclamer le retour à la Constitution de 1992 et contester le maintien au pouvoir du président Faure Gnassingbé.

    Mobilisation

    Un an plus tard, cette séquence continue d’alimenter les débats sur l’évolution de l’engagement politique au Togo, l’émergence de nouvelles formes de militantisme et les conséquences humaines et judiciaires qui ont suivi.

    Contrairement aux grandes mobilisations politiques qui ont marqué l’histoire récente du pays, notamment celles conduites par les partis d’opposition traditionnels ou les organisations de la société civile, le mouvement du 6 juin 2025 s’est développé essentiellement à travers les réseaux sociaux. TikTok, Facebook, X et diverses plateformes numériques sont devenus les principaux espaces de mobilisation.

    Des influenceurs, blogueurs, artistes et créateurs de contenus ont largement contribué à diffuser les messages du mouvement. Cette dynamique a permis de contourner les cadres classiques de l’action politique et de toucher une génération plus jeune, souvent éloignée des partis traditionnels.

    Naissance du M66

    Parmi les figures les plus visibles de cette mobilisation se trouvait le rappeur engagé Aamron, de son vrai nom Tchala Essowè Narcisse. Ses prises de position et ses appels à la mobilisation ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Son arrestation à la veille des manifestations a attiré davantage l’attention nationale et internationale sur les événements.

    Malgré un important dispositif sécuritaire déployé dans plusieurs secteurs de Lomé, des rassemblements ont été observés dans certains quartiers de la capitale avant d’être dispersés par les forces de l’ordre. Les images et vidéos relayées en temps réel ont contribué à donner une résonance particulière à cette journée.

    Dans les semaines qui ont suivi, la mobilisation a progressivement donné naissance au Mouvement du 6 juin (M66), un collectif caractérisé par une organisation relativement horizontale et l’absence de leadership politique traditionnel clairement identifié. Pour plusieurs observateurs, cette expérience a marqué l’apparition d’une nouvelle génération de militants du M66, davantage connectés aux réseaux numériques et moins dépendants des structures partisanes classiques.

    Cependant, la réponse des autorités a également conduit à des interpellations, auditions et procédures judiciaires visant plusieurs personnes soupçonnées d’avoir participé à l’organisation ou à la promotion des manifestations. Des militants, dont Zaga Bambo, Togbévi Kpéssé, Amavi Kantaga, Leyla, Komlavi Dagban, Koumayi, chef canton de Kpenzidè, etc., ainsi que des blogueurs et créateurs de contenus, ont fait l’objet d’enquêtes à la suite des événements.

    Impact du PNP

    Comme lors des grandes manifestations organisées par le Parti National Panafricain (PNP) en 2017, certains acteurs de la contestation auraient choisi de quitter le pays dans les mois suivants. Selon divers témoignages recueillis dans les milieux de l’opposition et de la société civile, plusieurs jeunes militants se seraient installés à l’étranger par crainte de poursuites ou pour des raisons de sécurité.

    Parmi les noms régulièrement cités figurent notamment Kalao ainsi que Palaki Yem. Toutefois, les circonstances précises de leurs départs ainsi que leurs situations actuelles n’ont pas fait l’objet d’une documentation indépendante exhaustive.

    Cette question de l’exil politique n’est pas nouvelle dans l’histoire contemporaine du Togo. Elle rappelle notamment le parcours de Tikpi Atchadam, figure emblématique des manifestations de 2017.

    Le 19 août 2017, les mobilisations lancées par le Parti National Panafricain avaient rassemblé des dizaines de milliers de personnes à Lomé, Sokodé et dans plusieurs autres localités du pays autour de revendications portant notamment sur le retour à la Constitution de 1992 et l’alternance politique. Les tensions qui ont suivi ces manifestations ont conduit le leader du PNP à quitter le Togo.

    Installé en exil, principalement au Ghana selon diverses sources publiques, il a continué à s’adresser périodiquement à ses partisans à travers des messages audio et vidéo. Près de neuf ans après le début de cette séquence politique, son éloignement du territoire national demeure un sujet de débat au sein de l’opposition togolaise.

    L’année 2025 a également ravivé les discussions autour de plusieurs dossiers plus anciens liés aux droits humains et aux conditions de détention au Togo.

    Parmi eux figure l’affaire dite « Tigre Révolution », qui demeure l’un des dossiers politico-judiciaires les plus médiatisés de ces dernières années. À partir de novembre 2019, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées puis poursuivies pour atteinte présumée à la sûreté de l’État. Le plus curieux reste que les interpellations et arrestations se sont poursuivies au-delà même de cette année-là. Un soupçon ou un nom cité au hasard, lié à « Tigre Révolution », équivaudrait à une sorte de condamnation avant même la vérification des faits, déplorent certains défenseurs des droits de l’homme dans le pays.

    Les noms de Fadel Ouattara, Yakoubou Moutawakilou, Alassani Awali, Leyla Méhiouwa, Agbessianake Hotonou Richard, Komi Semenya Adjor, Agbetossou Kokou et Akohsi Sakibou, entre autres, sont régulièrement associés à ce dossier.

    Au fil des années, des organisations de défense des droits humains, notamment l’ASVITTO, ont exprimé leurs préoccupations concernant les conditions de détention de certains accusés. L’organisation a notamment évoqué plusieurs décès parmi les détenus concernés par cette affaire.

    Le cas de Yakoubou Moutawakilou a particulièrement marqué l’opinion publique. Selon plusieurs organisations de défense des droits humains et diverses sources médiatiques, il est décédé en août 2021 après une longue période de détention.

    Plus largement, depuis les manifestations politiques de 2017, plusieurs organisations et collectifs de soutien aux détenus affirment que des prisonniers considérés comme politiques sont décédés en détention ou peu après leur remise en liberté : Mourana Tairou, Alidou Saidou, Alassani Issaka, Moussa Saibou, Souleymane Djalilou, Bamouibé Kossi, Kéliba Kassimou et Yakoubou Abdoul-Moutawakilou.

    Le décès de ce dernier, ancien responsable local du PNP à Kpalimé, a suscité une émotion particulière. Arrêté en janvier 2020, il est décédé le 26 août 2021 après une détérioration de son état de santé, selon plusieurs organisations de défense des droits humains. Les familles concernées, les partis d’opposition et diverses organisations de la société civile continuent de réclamer davantage de transparence sur les conditions de détention. De leur côté, les autorités ont régulièrement rejeté les accusations de mauvais traitements ou de détentions arbitraires formulées à leur encontre.

    Le cas du MPDD

    Le Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement, membre de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), serait devenu aujourd’hui un parti marqué par l’exil et les arrestations.

    Né avec l’ambition de promouvoir l’alternance démocratique au Togo, le MPDD s’est retrouvé au cœur des turbulences politiques qui ont suivi l’élection présidentielle de février 2020. Derrière la candidature de Gabriel Agbéyomé Kodjo, soutenue par la DMK, une partie de l’opposition avait contesté les résultats officiels du scrutin, revendiquant la victoire de son candidat.

    La période postélectorale a été marquée par une série de poursuites judiciaires, d’interpellations et de tensions politiques. Dès mars 2020, l’immunité parlementaire d’Agbéyomé Kodjo est levée avant son arrestation, tandis que plusieurs militants et responsables proches de la DMK font également l’objet d’interpellations.

    Face à ce contexte, Monseigneur Philippe Fanoko Kpodzro et Agbéyomé Kodjo prennent le chemin de l’exil. Ce dernier quittera le pays en 2020, affirmant craindre pour sa sécurité.

    Au sein du MPDD et de la mouvance issue de la DMK, plusieurs responsables et militants dénoncent alors un climat de harcèlement politique. Certains sont interpellés à Lomé, tandis que d’autres choisissent l’exil pour éviter des poursuites ou des arrestations qu’ils jugent motivées par des considérations politiques. Sur cette liste, on peut citer Omolou Jean-Paul, Fadel Watara, Tchatikpi Aboubakar, Yacoubou Moutawakilou, Colonel Amblesso N’Sua Kokouvi, Johnson Koumla Akoun, Otto Koashi Apedo, etc.

    La disparition successive en exil de Monseigneur Kpodzro en janvier 2024 puis d’Agbéyomé Kodjo en mars de la même année a profondément marqué les militants du MPDD et de la DMP, qui y voient le symbole d’un combat politique inachevé pour l’alternance et la démocratie au Togo.

    D’autres affaires demeurent entourées de nombreuses interrogations. C’est notamment le cas d’un dossier remontant à la fin des années 2010 concernant plusieurs volontaires de la Croix-Rouge togolaise. À la suite du décès de Daniel Kossi Afantchao en mars 2020, des témoignages relayés par certains médias avaient évoqué des tensions internes, des menaces présumées, des disparitions inquiétantes ainsi que des départs vers l’étranger.

    Parmi les personnes citées dans ces témoignages figuraient notamment Dodji Adjina, Julien Kodjo, Paul Kpodar et Daniel Kossi Afantchao. Toutefois, il convient de souligner que plusieurs éléments de ce dossier n’ont pas fait l’objet de conclusions judiciaires publiques permettant d’établir les responsabilités ou les circonstances exactes des faits rapportés.

    Au-delà des controverses et des débats qu’ils suscitent, ces différents dossiers illustrent les tensions persistantes qui entourent les questions de liberté politique, de sécurité et de droits humains au Togo.

    Un an après les événements du 6 juin 2025, le principal enseignement reste sans doute l’émergence d’une nouvelle génération de contestataires. Plus connectée, davantage présente sur les réseaux sociaux et souvent moins liée aux structures politiques traditionnelles, cette jeunesse a démontré sa capacité à mobiliser rapidement des soutiens au-delà des frontières nationales grâce aux relais de la diaspora.

    Cette évolution constitue à la fois un défi pour les autorités et pour les partis d’opposition traditionnels, appelés à s’adapter à de nouvelles formes d’engagement politique. Reste désormais à savoir si la dynamique née autour du Mouvement du 6 juin pourra s’inscrire durablement dans le paysage politique togolais ou si elle rejoindra la longue liste des mouvements de contestation qui, malgré un impact symbolique important, n’ont pas réussi à se transformer en force politique durable.

  • Un nouveau choc pour les ménages

    Un nouveau choc pour les ménages

    L’opposition dénonce une mesure « antisociale » qui risque d’aggraver davantage les difficultés économiques des ménages togolais.

    L’Alliance nationale pour le changement (ANC) a vivement réagi à la récente augmentation des prix des produits pétroliers à la pompe décidée par le gouvernement. Dans un communiqué publié le 29 mai 2026, le parti dirigé par Jean-Pierre Fabre condamne une mesure qu’il qualifie de « brutale », « injuste » et « antisociale ».

    Pour l’ANC, cette nouvelle hausse, entrée en vigueur le 27 mai, intervient dans un contexte déjà marqué par la cherté de la vie et la précarité croissante des populations. Le parti estime que la majorité des Togolais éprouve déjà de sérieuses difficultés à satisfaire ses besoins essentiels, notamment l’alimentation, les soins de santé, la scolarisation des enfants et le logement.

    L’opposition juge également paradoxale cette décision alors qu’une tendance à la baisse des cours du pétrole est observée sur le marché international. Selon elle, cette augmentation ne ferait qu’alourdir davantage les charges des ménages et traduirait le manque de considération du pouvoir pour les souffrances quotidiennes des citoyens.

    L’ANC met en garde contre les conséquences économiques de cette mesure. Elle prévoit une hausse généralisée des coûts du transport, des denrées alimentaires et des produits de première nécessité, avec un impact direct sur le pouvoir d’achat des populations.

    Le parti dénonce en particulier l’augmentation du prix du pétrole lampant, largement utilisé dans les zones rurales où l’accès à l’électricité demeure limité. Il rappelle également que les Togolais supportent depuis plusieurs années diverses taxes censées contribuer à la stabilité des prix des produits pétroliers.

    Face à cette situation, l’ANC exige le retrait immédiat de la mesure et l’ouverture d’un véritable dialogue social sur le coût de la vie et les priorités économiques du pays. Le parti appelle enfin les citoyens, les travailleurs, les jeunes, les femmes, les commerçants et les transporteurs à se mobiliser pacifiquement pour défendre leurs droits et réclamer de meilleures conditions de vie.

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