Affaire Neveu : Akpovy présente ses excuses, le sélectionneur toujours muet !

Après son emportement contre un journaliste lors de la conférence de presse du 3 novembre, Patrice Neveu n’a toujours pas jugé utile de présenter personnellement ses excuses publiques. C’est le président de la Fédération togolaise de football (FTF), le Colonel Guy Kossi Akpovy, qui a dû monter au créneau pour tenter d’éteindre l’incendie. Une démarche qui soulève autant de questions qu’elle n’en résout.

Le spectacle était déjà suffisamment embarrassant. Il aura fallu, en plus, que le président de la Fédération togolaise de football (FTF) vienne jouer les pompiers pour tenter de réparer les dégâts causés par le sélectionneur national. Au lendemain de la colère de Patrice Neveu contre le journaliste Espoir Gato, lors de la conférence de presse de présentation de la liste des Éperviers pour la double confrontation contre l’Algérie, une question demeure : où est passé le principal intéressé ?

Alors que le technicien français s’est illustré par une réaction disproportionnée à une question pourtant légitime sur ses objectifs à la tête de la sélection nationale, aucune démarche publique personnelle de sa part n’est venue réparer l’affront. Pas un mot d’excuse adressé directement aux journalistes. Pas de déclaration pour reconnaître un éventuel dérapage. Pas davantage de geste public de contrition. En lieu et place, c’est le Colonel Guy Kossi Akpovy qui s’est retrouvé à porter la responsabilité institutionnelle de l’incident.

Dans une déclaration adressée aux professionnels des médias, le président de la FTF a exprimé ses « sincères regrets » et présenté ses excuses à la corporation. Il a notamment rappelé que « la presse est un partenaire essentiel du football » et que les journalistes ont pleinement le droit de poser des questions, « même les plus dérangeantes ». Une mise au point qui sonne presque comme un rappel à l’ordre à l’endroit de son propre sélectionneur.

Des excuses par procuration, mais qu’en est-il de leur sincérité ?

La démarche du Colonel Akpovy peut être saluée sur le plan institutionnel. Il fallait bien que quelqu’un prenne ses responsabilités pour éviter que l’incident ne dégénère en une crise ouverte entre la FTF et les médias. Mais pourquoi Patrice Neveu n’a-t-il pas eu le courage de faire lui-même cet exercice élémentaire de responsabilité ? Pourquoi le président de la Fédération a-t-il dû se substituer à son sélectionneur pour lire une déclaration d’excuses ?

Plus troublant encore, ces excuses peuvent-elles véritablement être considérées comme sincères lorsqu’elles ne sont pas accompagnées d’une reconnaissance personnelle de celui qui est directement à l’origine de l’incident ? Le Colonel Akpovy peut regretter la scène, déplorer les faits et demander pardon au nom de l’institution. Mais peut-il se repentir à la place de Patrice Neveu ? Peut-il garantir que le sélectionneur mesure réellement la portée de son comportement ?

La présence du technicien dans cette séquence d’apaisement, rapportée par certains médias, ne saurait non plus tenir lieu d’excuses personnelles. Assister à une démarche de réparation n’est pas la même chose que l’assumer soi-même. Le silence de Neveu laisse ainsi un goût d’inachevé et donne le sentiment que l’institution cherche à protéger son entraîneur plutôt qu’à lui faire assumer pleinement ses actes.

Un malaise de mauvais augure avant les Fennecs

Cet épisode intervient à un moment particulièrement délicat. Les Éperviers s’apprêtent à affronter l’Algérie les 14 et 17 novembre prochains, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2027. Deux rendez-vous importants pour une sélection qui aspire à retrouver la phase finale de la compétition continentale après plusieurs années d’absence.

Or, à quelques jours de ces échéances, le sélectionneur donne déjà des signes inquiétants de fébrilité dans sa relation avec son environnement. Si une simple question d’un journaliste sur ses objectifs peut provoquer une telle perte de contrôle, qu’en sera-t-il lorsque les résultats ne seront pas au rendez-vous ? Comment Patrice Neveu entend-il gérer la pression des supporters, les critiques de la presse et les interrogations légitimes sur ses choix techniques ?

Le plus préoccupant est peut-être là. Un sélectionneur national doit pouvoir répondre aux questions, y compris celles qui dérangent, sans transformer une conférence de presse en scène de confrontation. La presse n’est ni son adversaire ni son ennemie. Elle a le droit d’interroger, de demander des comptes et d’évaluer les performances de l’équipe nationale.

Le Colonel Akpovy a appelé à l’apaisement, au dialogue et à la mobilisation collective. Encore faut-il que cet appel soit entendu par celui qui a provoqué la tempête. Car on ne construit pas une union sacrée autour des Éperviers en laissant planer le doute sur la capacité du sélectionneur à reconnaître ses propres erreurs.

À défaut d’excuses personnelles de Patrice Neveu, la déclaration présidentielle ressemble davantage à une opération de sauvetage institutionnel qu’à une véritable réconciliation. Et ce n’est certainement pas de cette manière que l’on prépare sereinement deux confrontations aussi importantes. Le malaise est désormais installé. Les prochains jours diront si le sélectionneur a compris la leçon ou si cet épisode n’est que le premier signe d’une collaboration déjà mal engagée avec son environnement.

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