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  • CAN 2027 : Patrice Neveu peut-il briser la malédiction des Éperviers ?

    CAN 2027 : Patrice Neveu peut-il briser la malédiction des Éperviers ?

    Les Éperviers connaissent désormais leurs deux premiers rendez-vous sur la route de la CAN 2027. Face au Burundi à Lomé, puis à la Zambie à Ndola, Patrice Neveu joue déjà une partie importante de son pari : ramener le Togo à une phase finale continentale après une décennie de disette.

    Le calendrier est connu, le décor est planté et la pression commence à monter. La Confédération africaine de football (CAF) a officialisé les deux premières rencontres du Togo dans les éliminatoires de la CAN 2027. Le vendredi 25 septembre, les Éperviers recevront le Burundi au stade de Kégué à 16h GMT. Quatre jours plus tard, ils seront attendus au Levy Mwanawasa Stadium de Ndola pour défier la Zambie, également à 16h GMT.

    Deux matches en quelques jours, deux adversaires directs et surtout deux occasions de mesurer la véritable valeur du nouveau Togo de Patrice Neveu.

    Un groupe difficile, mais pas impossible

    Le Togo évolue dans le groupe I avec l’Algérie, la Zambie et le Burundi. Sur le papier, les Fennecs partent avec les faveurs des pronostics. Mais derrière l’Algérie, la bataille s’annonce ouverte. La Zambie possède une solide expérience continentale, tandis que le Burundi a montré ces dernières années qu’il pouvait poser de sérieux problèmes à des sélections mieux cotées.

    Pour les Éperviers, le calcul est donc relativement simple : il faudra éviter de laisser filer des points à domicile et être capable de prendre des résultats à l’extérieur. Le premier rendez-vous contre le Burundi revêt, à ce titre, une importance particulière. Une victoire à Kégué permettrait non seulement de lancer la campagne sur une bonne dynamique, mais aussi d’installer une certaine confiance avant le déplacement en Zambie. À l’inverse, un faux pas à domicile placerait immédiatement Neveu et ses hommes sous pression.

    La difficulté supplémentaire réside dans l’enchaînement. Entre le Burundi et la Zambie, il n’y aura que quatre jours. La gestion de l’effectif, la récupération physique, les déplacements et la capacité du staff à adapter son approche tactique seront donc déterminants.

    Neveu a-t-il les armes pour réussir là où les autres ont échoué ?

    La question est désormais incontournable. Patrice Neveu réussira-t-il là où plusieurs de ses prédécesseurs se sont cassé les dents ? En effet, depuis la dernière participation du Togo à la CAN, en 2017, les Éperviers n’ont plus retrouvé la phase finale. Les campagnes 2019, 2021, 2023 et 2025 se sont toutes soldées par des éliminations.

    Claude Le Roy avait conduit le Togo à la CAN 2017, mais n’avait pas réussi à prolonger l’aventure lors de la campagne suivante. Paulo Duarte, arrivé en 2021, n’a pas davantage réussi à qualifier les Éperviers pour la CAN 2023. Son bilan à la tête de la sélection s’est arrêté à 23 matches, pour 7 victoires, 10 nuls et 6 défaites.

    Nibombé Daré, nommé en 2024 avec la mission de conduire le Togo à la CAN 2025, n’a pas non plus réussi à inverser la tendance. Le Togo a encore manqué le rendez-vous marocain.

    C’est dans ce contexte que Patrice Neveu a été nommé en février 2026. Le technicien français, qui connaît bien le football africain après ses passages notamment en Guinée, en Mauritanie, au Gabon et en RDC, a signé un contrat de trois ans avec la FTF.

    Et ses premiers résultats donnent quelques raisons d’espérer. Depuis son arrivée, le Togo reste invaincu en quatre rencontres : nul 2-2 contre la Guinée, victoire 1-0 face au Niger, nul 1-1 contre la République centrafricaine et spectaculaire succès 5-1 devant le Bénin.

    Ce dernier résultat est particulièrement encourageant. Au-delà du score, Neveu a montré sa volonté d’élargir son groupe en donnant leur chance à plusieurs joueurs locaux. Il dispose également d’un secteur offensif capable de faire la différence, avec notamment Kevin Denkey, auteur de quatre buts lors de ses quatre premiers matches sous les ordres du technicien français.

    Mais les matches amicaux ne garantissent rien. C’est précisément lorsque les points compteront que le véritable test commencera.

    Kégué doit redevenir une forteresse

    Le premier objectif de Neveu sera probablement de transformer le stade de Kégué en véritable avantage compétitif. Le Togo ne peut raisonnablement ambitionner de terminer devant la Zambie ou de résister à l’Algérie s’il abandonne des points à domicile face au Burundi.

    La victoire sera donc recherchée, mais elle devra être accompagnée de maîtrise. Les Éperviers devront éviter le piège d’une équipe qui pourrait venir à Lomé avec un bloc bas et miser sur les contres.

    Puis viendra la Zambie. Un déplacement qui pourrait déjà constituer un premier révélateur du caractère de cette sélection. Prendre un point à Ndola serait précieux. Gagner serait un énorme coup dans la course à la qualification.

    Patrice Neveu devra surtout réussir à construire une équipe capable de voyager. C’est peut-être là que se trouve l’une des clés de cette campagne. Les Éperviers ont souvent affiché de belles intentions à domicile avant de perdre de leur efficacité loin de leurs bases.

    Une pression qui dépasse Patrice Neveu

    L’enjeu ne concerne finalement pas uniquement le sélectionneur. Il touche toute la chaîne du football togolais. Après quatre CAN manquées consécutivement, le public n’attend plus de simples promesses. Il veut des résultats. La Fédération togolaise de football (FTF), les joueurs et le staff technique savent donc que cette campagne sera scrutée avec une attention particulière.

    Patrice Neveu, lui, avait demandé du temps, de la patience et de l’unité autour des Éperviers lors de sa prise de fonction. Il dispose désormais de plusieurs mois pour préparer son groupe, mais le compte à rebours vers le 25 septembre est lancé.

    La question n’est donc plus de savoir si le Togo possède des joueurs talentueux. Il en possède. Elle n’est plus non plus de savoir si cette équipe peut produire du beau football. Le 5-1 contre le Bénin a apporté un début de réponse. La véritable interrogation est ailleurs : les Éperviers ont-ils enfin acquis la régularité, la solidité mentale et l’efficacité nécessaires pour gagner les matches qui comptent ? Burundi à Kégué, Zambie à Ndola : les deux premières réponses seront données en septembre.

    Et si le technicien français réussit à transformer les promesses de ses premiers mois en résultats compétitifs, alors le rêve d’une CAN 2027 ne sera plus une simple ambition. Il pourrait devenir une perspective crédible.

    Après neuf ans d’attente, le Togo n’a plus droit à une nouvelle campagne sans lendemain.

    Fabrice KA

  • Eperviers: Patrice Neveu, l’expérience face au doute

    Eperviers: Patrice Neveu, l’expérience face au doute

    Le choix de l’expérimenté technicien français Patrice Neveu, 71 ans, pour cornaquer les Eperviers suscite autant d’espoir que de prudence. Explication.

    Le Togo a choisi l’expérience. En nommant Patrice Neveu à la tête des Éperviers, en remplacement du technicien local Nibombé Daré, la Fédération togolaise de football opte pour un profil rompu aux réalités du continent. À 70 ans passés, le technicien français est tout sauf un novice en Afrique. Depuis la fin des années 1990, il sillonne le continent, multipliant les expériences et les défis, souvent dans des contextes complexes.

    Un connaisseur du terrain africain

    Arrivé en Afrique en 1998, Patrice Neveu a dirigé plusieurs sélections nationales, dont l’équipe du Niger de football, l’équipe de Mauritanie de football ou encore le Équipe du Gabon de football. Partout, il a dû composer avec des moyens limités, des championnats locaux fragiles et des environnements institutionnels parfois instables.

    Ce parcours fait de lui un technicien aguerri aux réalités africaines : gestion des déplacements difficiles, adaptation aux pelouses approximatives, négociation permanente avec les fédérations et mobilisation de joueurs évoluant à l’étranger. Autant d’éléments qui constituent un atout pour le Togo, en quête de stabilité et d’efficacité.

    Son passage en Mauritanie reste l’un des plus marquants, avec une qualification historique à la CAN, symbole de sa capacité à structurer un groupe et à bâtir une discipline collective. Ce type d’exploit nourrit aujourd’hui l’espoir d’un renouveau pour des Éperviers en perte de vitesse sur la scène continentale.

    Un défi immense au Togo

    Le contexte togolais n’est pas simple. Depuis plusieurs années, la sélection nationale peine à retrouver le lustre de l’époque dorée qui l’avait menée au Mondial 2006. Les résultats en dents de scie, les changements répétés d’encadrement technique et les tensions internes ont fragilisé le collectif.

    Avec des cadres comme Djené Dakonam, le Togo dispose pourtant de joueurs expérimentés évoluant dans des championnats compétitifs. Mais le talent individuel ne suffit plus. Il faut une vision, une organisation, une cohérence dans le jeu.

    C’est précisément sur ce terrain que Patrice Neveu est attendu : remettre de l’ordre, redonner une identité tactique claire et instaurer une culture de la rigueur. Son expérience du continent pourrait faciliter son intégration rapide et sa compréhension des enjeux locaux.

    Des critiques récurrentes

    Cependant, le technicien français n’est pas exempt de critiques. Une simple recherche fait apparaître des réserves exprimées lors de ses précédents passages. Certains observateurs lui reprochent un style de jeu jugé trop prudent, voire défensif. D’autres évoquent des relations parfois tendues avec des dirigeants ou des joueurs.

    Son parcours est également marqué par des expériences courtes et des départs dans des contextes délicats. Si son CV est riche, il donne aussi l’image d’un entraîneur souvent appelé pour éteindre des incendies, sans toujours inscrire son action dans la durée.

    Ces éléments alimentent les doutes d’une partie de l’opinion togolaise, qui s’interroge sur la capacité du nouveau sélectionneur à impulser un véritable déclic psychologique et sportif.

    Un choix dans un contexte sensible

    Au-delà de la personnalité de Patrice Neveu, c’est aussi le contexte de sa nomination qui suscite des interrogations. Le départ de Nibombé Daré, ancien international et figure respectée du football togolais, a laissé des traces. Beaucoup voyaient en lui le symbole d’un renouveau local, d’une volonté de bâtir sur les compétences nationales.

    Dans ce climat, l’arrivée d’un technicien étranger peut être perçue comme un désaveu de la filière locale. Or, pour réussir, un sélectionneur a besoin d’un environnement apaisé et d’un soutien institutionnel clair.

    Si le contexte politique et fédéral ne lui offre pas une stabilité minimale, Patrice Neveu pourrait se retrouver confronté aux mêmes difficultés que ses prédécesseurs. Le risque serait alors de voir s’installer une nouvelle transition sans lendemain, au détriment d’un projet structurant.

    Entre espoir et prudence

    Le pari Patrice Neveu repose donc sur une équation délicate, celle de capitaliser sur son immense expérience africaine tout en évitant les écueils qui ont parfois jalonné son parcours. Son savoir-faire, sa connaissance du terrain et sa capacité à bâtir un collectif discipliné constituent des atouts indéniables.

    Mais pour que le déclic se produise chez Djené Dakonam et ses coéquipiers, il faudra plus qu’un changement de visage sur le banc. Il faudra une vision partagée, un soutien institutionnel fort et une adhésion totale du vestiaire.

    Les Éperviers jouent aujourd’hui une partie décisive. En confiant leur destin à un globe-trotter du football africain, le Togo fait le choix de l’expérience. Reste à savoir si cette expérience suffira à transformer l’essai et à redonner des ailes à une sélection en quête de renouveau.

  • Eperviers : Patrice Neveu, un choix assumé mais une méthode qui interroge

    Eperviers : Patrice Neveu, un choix assumé mais une méthode qui interroge

    Si Patrice Neveu était le choix privilégié, voire arrêté, pourquoi ne pas l’assumer clairement et le faire savoir plus tôt ? Pourquoi laisser prospérer des noms alternatifs, au risque de brouiller le message et d’entretenir un climat d’incertitude autour de la sélection nationale ?

    La Fédération Togolaise de Football (FTF) a officiellement annoncé, ce jeudi 19 février 2026, la nomination du technicien français Patrice Neveu au poste de sélectionneur de l’équipe nationale A du Togo. Il succède ainsi à Nibombé Daré, limogé depuis décembre 2025, ouvrant une nouvelle page pour les Éperviers du Togo.

    Malaise

    Si le choix de l’homme ne surprend guère au regard de son expérience et de sa connaissance du football africain, la méthode qui a conduit à sa désignation soulève, elle, de nombreuses interrogations.

    Selon la version officielle, Patrice Neveu a été retenu à l’issue d’un processus de sélection « rigoureux », fondé sur la compétence, l’expérience du haut niveau et une vision stratégique adaptée aux ambitions du Togo. La procédure a été conduite conjointement par la FTF et le ministère en charge des Sports, traduisant une volonté politique de relancer une sélection nationale en perte de repères. Sur le papier, l’argumentaire est solide. Dans les faits, le chemin emprunté laisse planer un certain malaise.

    En effet, aucun appel à candidatures public n’a été lancé, contrairement aux pratiques de plus en plus recommandées en matière de gouvernance sportive. Dans l’intervalle, l’entourage de la Fédération togolaise aurait laissé filtrer plusieurs noms dans la presse et les cercles footballistiques, alimentant rumeurs et spéculations. Parmi eux, ceux du Congolais Florent Ibengue et du Français Jean-Michel Cavalli, notamment, ont circulé avec insistance. Cette communication officieuse, faite de fuites savamment entretenues, a donné l’impression d’un processus flou, voire d’une stratégie de diversion.

    Pression

    Dès lors, une question s’impose : si Patrice Neveu était le choix privilégié, voire arrêté,  pourquoi ne pas l’assumer clairement et le faire savoir plus tôt ? Pourquoi laisser prospérer des noms alternatifs, au risque de brouiller le message et d’entretenir un climat d’incertitude autour de la sélection nationale ? Cette gestion du temps est d’autant plus critiquable que Nibombé Daré a été écarté depuis décembre 2025, laissant les Éperviers sans véritable pilote à l’approche d’échéances cruciales.

    La date FIFA de mars 2026 se profile en effet dangereusement, avec des matches décisifs pour la suite du calendrier international. En attendant, l’équipe nationale est restée en suspens, sans projet sportif clairement incarné, ni feuille de route lisible. Le retard accumulé dans la nomination du sélectionneur fait peser une pression supplémentaire sur les épaules de Patrice Neveu, attendu à Lomé dans les prochains jours pour finaliser son contrat.

    Car le nouveau sélectionneur a du pain sur la planche. En un temps record, il devra bâtir une sélection compétitive, redonner une identité de jeu aux Éperviers et surtout restaurer la confiance d’un groupe fragilisé par les changements répétés d’encadrement technique. Le chantier est immense : évaluation des joueurs locaux et expatriés, choix tactiques, gestion des egos et adaptation à un environnement souvent décrit comme instable.

    Togolaiseries (sic)

    Au-delà de l’homme, c’est le contexte togolais qui interroge. Patrice Neveu arrive dans un football marqué par des tensions récurrentes entre acteurs, des attentes populaires fortes et une pression politique omniprésente. La question centrale demeure donc : le cadre institutionnel et organisationnel actuel permet-il réellement à un sélectionneur, aussi expérimenté soit-il, de réussir sur la durée ? Sans stabilité, sans vision partagée et sans transparence dans les décisions, même les meilleurs techniciens peuvent se heurter à des limites structurelles.

    La FTF, en remerciant le public sportif pour sa patience, semble consciente des attentes et des frustrations accumulées. Mais la patience des supporters a ses limites. La nomination de Patrice Neveu ouvre certes une nouvelle ère, porteuse d’espoirs sportifs. Elle met aussi en lumière la nécessité d’améliorer les pratiques de gouvernance, afin que les décisions stratégiques majeures soient prises dans la clarté, la cohérence et le respect des délais.

    À Patrice Neveu désormais de relever le défi sportif. À la Fédération togolaise, celui de créer les conditions de sa réussite. Sans cela, le risque est grand de voir se répéter un cycle bien connu, celui des espoirs vite dissipés sur les pelouses africaines.

Radio Renouveau228

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