L’économiste togolais estime que l’actuelle secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) mérite d’être reconduite à son poste. Dans une tribune, il défend son bilan, notamment en matière de gouvernance, et appelle les pays africains à soutenir sa candidature face aux autres prétendants.
À quelques jours du XXᵉ Sommet de la Francophonie, prévu du 14 au 16 novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge, la succession à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) suscite déjà des prises de position. Parmi elles, celle de l’économiste togolais Kako Nubukpo, qui affiche clairement son soutien à la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat.
Dans une tribune consacrée à cette échéance, l’ancien responsable de la Francophonie économique et numérique au sein de l’OIF prend fait et cause pour l’actuelle secrétaire générale. Il met en avant son expérience, sa vision de l’institution et les changements opérés depuis son arrivée à la tête de l’organisation en 2018.
Pour étayer sa position, Kako Nubukpo établit une comparaison avec les précédentes directions de l’OIF. Ayant travaillé sous le mandat de Michaëlle Jean, après celui du Sénégalais Abdou Diouf, il estime que la transition entre ces deux responsables n’avait pas permis de dégager une vision suffisamment forte et fédératrice. À ses yeux, Louise Mushikiwabo a, en revanche, réussi à imprimer une orientation plus affirmée à l’organisation, en conciliant panafricanisme et ouverture internationale.
Une gouvernance axée sur les résultats
L’un des principaux arguments avancés par l’économiste concerne la gestion de l’OIF. Il considère que Louise Mushikiwabo a engagé un redressement administratif et financier après une période qu’il décrit comme marquée par des insuffisances dans la tenue des comptes et une gouvernance peu rigoureuse.
Cette volonté de restructuration s’est notamment traduite par des réorganisations internes et le départ d’une vingtaine d’agents dont la présence ne correspondait plus, selon lui, aux nouvelles orientations de l’institution. Des décisions qui auraient suscité des mécontentements au sein du personnel, mais que Kako Nubukpo présente comme la conséquence d’une gestion davantage fondée sur la performance et les résultats.
Sur le plan économique, il salue également l’engagement de la secrétaire générale en faveur d’un multilatéralisme plus équitable et d’une Francophonie ouverte à de nouvelles géographies. Une orientation qui s’inscrit, selon lui, dans la continuité de la stratégie économique de la Francophonie adoptée à Dakar en décembre 2014.
L’économiste répond par ailleurs aux critiques visant les origines rwandaises de Louise Mushikiwabo et son attitude supposément réservée face aux atteintes à la démocratie dans l’espace francophone. Sur le premier point, il juge injustifié de faire de sa nationalité un motif de contestation de sa candidature. Il rappelle son parcours diplomatique, notamment son passage à la tête du ministère rwandais des Affaires étrangères pendant une dizaine d’années, ainsi que son expérience à la Banque africaine de développement (BAD).
La diplomatie du consensus comme argument de défense
S’agissant des reproches relatifs à son silence face aux violations démocratiques, Kako Nubukpo estime qu’ils traduisent une méconnaissance du fonctionnement de l’OIF. Il rappelle que l’organisation privilégie traditionnellement la diplomatie du consensus, les concertations discrètes et les démarches de médiation plutôt que les prises de position publiques systématiques.
Il défend ainsi les déplacements de Louise Mushikiwabo dans les zones de tensions de l’espace francophone, considérant que sa démarche vise à promouvoir la paix et le dialogue. Il évoque notamment son intervention sur la situation libanaise, lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, au début du mois de juillet 2026, comme une illustration de son engagement.
Pour l’économiste togolais, l’expérience personnelle de la dirigeante rwandaise, dont la famille a été directement éprouvée par le génocide de 1994, constitue également un élément important dans sa compréhension des conflits et des souffrances humaines.
Face à Louise Mushikiwabo, trois autres personnalités sont en lice : Juliana Amato Lumumba, de la République démocratique du Congo, Coumba Bâ, de la Mauritanie, et Dacian Cioloș. Kako Nubukpo reconnaît le caractère respectable de ces candidatures, mais considère que le contexte géopolitique actuel exige à la tête de la Francophonie une personnalité expérimentée, capable de faire face aux tensions internationales et aux replis identitaires.
Son plaidoyer se termine par un appel aux États africains à faire bloc autour de la candidature de la Rwandaise. Il y voit l’occasion pour le continent de faire preuve de lucidité et d’audace dans ses choix de leadership au sein des institutions internationales. Pour lui, un troisième mandat de Louise Mushikiwabo serait non seulement une confirmation du travail accompli, mais aussi une opportunité d’ouvrir une nouvelle étape dans la construction de projets communs au sein de l’espace francophone.

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