Catégorie : International

  • Secrétariat général de l’OIF : le choix de Kako Nubukpo

    Secrétariat général de l’OIF : le choix de Kako Nubukpo

    L’économiste togolais estime que l’actuelle secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) mérite d’être reconduite à son poste. Dans une tribune, il défend son bilan, notamment en matière de gouvernance, et appelle les pays africains à soutenir sa candidature face aux autres prétendants.

    À quelques jours du XXᵉ Sommet de la Francophonie, prévu du 14 au 16 novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge, la succession à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) suscite déjà des prises de position. Parmi elles, celle de l’économiste togolais Kako Nubukpo, qui affiche clairement son soutien à la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat.

    Dans une tribune consacrée à cette échéance, l’ancien responsable de la Francophonie économique et numérique au sein de l’OIF prend fait et cause pour l’actuelle secrétaire générale. Il met en avant son expérience, sa vision de l’institution et les changements opérés depuis son arrivée à la tête de l’organisation en 2018.

    Pour étayer sa position, Kako Nubukpo établit une comparaison avec les précédentes directions de l’OIF. Ayant travaillé sous le mandat de Michaëlle Jean, après celui du Sénégalais Abdou Diouf, il estime que la transition entre ces deux responsables n’avait pas permis de dégager une vision suffisamment forte et fédératrice. À ses yeux, Louise Mushikiwabo a, en revanche, réussi à imprimer une orientation plus affirmée à l’organisation, en conciliant panafricanisme et ouverture internationale.

    Une gouvernance axée sur les résultats

    L’un des principaux arguments avancés par l’économiste concerne la gestion de l’OIF. Il considère que Louise Mushikiwabo a engagé un redressement administratif et financier après une période qu’il décrit comme marquée par des insuffisances dans la tenue des comptes et une gouvernance peu rigoureuse.

    Cette volonté de restructuration s’est notamment traduite par des réorganisations internes et le départ d’une vingtaine d’agents dont la présence ne correspondait plus, selon lui, aux nouvelles orientations de l’institution. Des décisions qui auraient suscité des mécontentements au sein du personnel, mais que Kako Nubukpo présente comme la conséquence d’une gestion davantage fondée sur la performance et les résultats.

    Sur le plan économique, il salue également l’engagement de la secrétaire générale en faveur d’un multilatéralisme plus équitable et d’une Francophonie ouverte à de nouvelles géographies. Une orientation qui s’inscrit, selon lui, dans la continuité de la stratégie économique de la Francophonie adoptée à Dakar en décembre 2014.

    L’économiste répond par ailleurs aux critiques visant les origines rwandaises de Louise Mushikiwabo et son attitude supposément réservée face aux atteintes à la démocratie dans l’espace francophone. Sur le premier point, il juge injustifié de faire de sa nationalité un motif de contestation de sa candidature. Il rappelle son parcours diplomatique, notamment son passage à la tête du ministère rwandais des Affaires étrangères pendant une dizaine d’années, ainsi que son expérience à la Banque africaine de développement (BAD).

    La diplomatie du consensus comme argument de défense

    S’agissant des reproches relatifs à son silence face aux violations démocratiques, Kako Nubukpo estime qu’ils traduisent une méconnaissance du fonctionnement de l’OIF. Il rappelle que l’organisation privilégie traditionnellement la diplomatie du consensus, les concertations discrètes et les démarches de médiation plutôt que les prises de position publiques systématiques.

    Il défend ainsi les déplacements de Louise Mushikiwabo dans les zones de tensions de l’espace francophone, considérant que sa démarche vise à promouvoir la paix et le dialogue. Il évoque notamment son intervention sur la situation libanaise, lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, au début du mois de juillet 2026, comme une illustration de son engagement.

    Pour l’économiste togolais, l’expérience personnelle de la dirigeante rwandaise, dont la famille a été directement éprouvée par le génocide de 1994, constitue également un élément important dans sa compréhension des conflits et des souffrances humaines.

    Face à Louise Mushikiwabo, trois autres personnalités sont en lice : Juliana Amato Lumumba, de la République démocratique du Congo, Coumba Bâ, de la Mauritanie, et Dacian Cioloș. Kako Nubukpo reconnaît le caractère respectable de ces candidatures, mais considère que le contexte géopolitique actuel exige à la tête de la Francophonie une personnalité expérimentée, capable de faire face aux tensions internationales et aux replis identitaires.

    Son plaidoyer se termine par un appel aux États africains à faire bloc autour de la candidature de la Rwandaise. Il y voit l’occasion pour le continent de faire preuve de lucidité et d’audace dans ses choix de leadership au sein des institutions internationales. Pour lui, un troisième mandat de Louise Mushikiwabo serait non seulement une confirmation du travail accompli, mais aussi une opportunité d’ouvrir une nouvelle étape dans la construction de projets communs au sein de l’espace francophone.

  • AGOA : pourquoi Washington veut écarter l’Afrique du Sud et le Rwanda

    AGOA : pourquoi Washington veut écarter l’Afrique du Sud et le Rwanda

    En annonçant le retrait de l’Afrique du Sud et du Rwanda du dispositif commercial AGOA à compter du 1er janvier 2027, l’administration Trump invoque des manquements aux critères d’éligibilité liés à la gouvernance, aux droits humains et aux pratiques commerciales. Mais derrière les justifications officielles, des considérations géopolitiques semblent également peser. Les griefs américains sont-ils réellement fondés ou traduisent-ils une volonté de sanctionner des gouvernements dont les orientations déplaisent à Washington ?

    L’African Growth and Opportunity Act (AGOA), l’un des principaux instruments de coopération commerciale entre les États-Unis et l’Afrique, est de nouveau au centre des tensions diplomatiques entre Washington et le continent. Cette fois, ce sont l’Afrique du Sud et le Rwanda qui se retrouvent dans le viseur de l’administration américaine. Dans un communiqué, le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) indique que Donald Trump a estimé que les deux gouvernements se sont livrés à des pratiques incompatibles avec les critères d’éligibilité au programme. La mesure doit prendre effet le 1er janvier 2027.

    Institué en 2000, l’AGOA permet aux pays africains remplissant certaines conditions d’exporter vers le marché américain une large gamme de produits en bénéficiant d’une exonération de droits de douane. Il constitue ainsi un levier important pour les exportations africaines, la création d’emplois et l’attractivité des économies bénéficiaires. Une exclusion représente donc bien davantage qu’un simple désaccord commercial.

    Si les deux pays sont concernés par la même décision, les reproches formulés à leur encontre ne sont pas identiques. Pour Pretoria, les tensions avec Washington sont anciennes et largement nourries par des divergences politiques et diplomatiques. Pour Kigali, les préoccupations américaines renvoient notamment à la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs, sans oublier les questions de gouvernance et de droits humains.

    Pretoria et Kigali, deux dossiers différents

    L’Afrique du Sud entretient depuis plusieurs mois des relations particulièrement tendues avec l’administration Trump. Le président américain accuse notamment les autorités sud-africaines de persécuter la minorité blanche, particulièrement les Afrikaners. Une accusation rejetée par Pretoria, qui dénonce une présentation déformée de sa politique intérieure.

    La question foncière constitue également un sujet de discorde. La réforme engagée par le gouvernement sud-africain, qui autorise dans certaines circonstances l’expropriation de terres sans indemnisation, est vivement contestée par Washington. Pretoria défend, pour sa part, une politique destinée à corriger les profondes inégalités foncières héritées de l’apartheid.

    À ces différends s’ajoutent les critiques américaines contre les politiques de discrimination positive et de transformation économique en faveur de la majorité noire. Sur le terrain diplomatique, la procédure engagée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de Justice et ses relations avec des pays comme l’Iran ont également contribué à détériorer les rapports avec Washington.

    Le cas rwandais présente un autre visage. Les tensions sont notamment liées à la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les États-Unis accusent Kigali de soutenir le mouvement rebelle M23, engagé dans des combats contre les forces gouvernementales congolaises. Le Rwanda a régulièrement contesté les accusations portées contre lui. Le soutien présumé au M23 a néanmoins entraîné des mesures de rétorsion américaines, notamment des sanctions visant le ministère rwandais de la Défense.

    Le communiqué américain évoque également, concernant les deux pays, des préoccupations relatives à l’État de droit, au pluralisme politique, aux droits des travailleurs et au respect des droits humains. Des griefs qui, en l’absence de précisions détaillées sur les pratiques reprochées à chaque gouvernement, méritent d’être examinés avec attention.

    Des justifications américaines réellement fondées ?

    C’est précisément là que se situe le débat. Les États-Unis sont-ils dans leur droit en conditionnant l’accès à leur marché au respect de certaines exigences politiques, économiques et institutionnelles ? Sur le principe, la réponse est affirmative. L’AGOA n’est pas un dispositif commercial sans conditions. Les pays bénéficiaires doivent notamment progresser dans le respect de l’État de droit, des droits humains, des droits des travailleurs et de l’économie de marché.

    Il serait donc difficile de contester à Washington le droit d’évaluer l’éligibilité des pays bénéficiaires à partir de ces critères. Toutefois, leur application soulève une question de cohérence et d’impartialité. Les exigences américaines sont-elles évaluées selon les mêmes standards pour tous les pays partenaires ? Les manquements reprochés à Pretoria et à Kigali sont-ils suffisamment documentés pour justifier une sanction commerciale de cette ampleur ?

    Dans le cas sud-africain, certaines critiques américaines semblent dépasser le strict cadre des critères de l’AGOA pour toucher à des choix politiques relevant de la souveraineté nationale. La réforme foncière, la transformation économique ou encore le positionnement diplomatique de Pretoria ne constituent pas automatiquement des violations des règles commerciales ou des principes démocratiques. Assimiler ces orientations à des motifs d’exclusion nécessite donc des justifications précises.

    Pour le Rwanda, les accusations relatives au soutien au M23 soulèvent une question plus directement liée à la stabilité régionale et aux intérêts sécuritaires. Si elles sont établies, elles peuvent légitimement susciter des réactions internationales. Mais là encore, les accusations doivent être distinguées des faits formellement établis, et les critères de gouvernance invoqués par Washington doivent être étayés.

    Au-delà des considérations juridiques, cette décision révèle surtout la place de plus en plus importante du commerce dans les rapports de force diplomatiques. L’accès préférentiel au marché américain devient ainsi un instrument de pression sur les gouvernements africains.

    Pour l’Afrique du Sud comme pour le Rwanda, les conséquences économiques pourraient être significatives, même si leur ampleur dépendra des secteurs concernés et de leur capacité à trouver d’autres débouchés. Pretoria, important bénéficiaire du dispositif, est particulièrement exposée, notamment dans les secteurs automobile et agricole.

    En définitive, Washington peut légitimement défendre ses intérêts et exiger le respect des conditions attachées à ses préférences commerciales. Mais encore faudrait-il que les motifs avancés soient précis, vérifiables et appliqués sans traitement différencié. Car si l’AGOA doit être un instrument de promotion de la bonne gouvernance et du commerce équitable, il ne saurait devenir un simple levier de récompense ou de sanction des gouvernements africains en fonction de leur proximité politique avec la Maison Blanche.

  • ONU : quatre visages, un seul élu pour l’après-Guterres

    ONU : quatre visages, un seul élu pour l’après-Guterres

    Quatre candidats sont dans le starting-block pour succéder au portugais Antonio Guterres. Les auditions ont démarré à l’issue desquelles un seul profit sera retenu.

    Ce mardi 21 avril marque l’ouverture d’une séquence décisive pour l’avenir des Nations unies. Les auditions des quatre candidats à la succession de António Guterres ont débuté dans un contexte de crises multiples, entre tensions géopolitiques, urgence climatique et remise en cause du multilatéralisme. À l’horizon 2027, un nouveau visage devra incarner une organisation en quête de souffle. À l’issue de ce processus, un seul candidat sera élu pour occuper le poste de secrétaire général.

    Ancien président du Sénégal, Macky Sall mise sur son expérience politique et diplomatique. À la tête de son pays pendant douze ans, il s’est imposé comme un acteur influent sur la scène africaine et internationale, notamment en tant que président en exercice de l’Union africaine en 2022. Défenseur du développement et du financement des économies du Sud, il pourrait incarner une voix du continent africain, souvent sous-représenté à ce niveau de responsabilité.

    Figure bien connue des institutions internationales, Michelle Bachelet apparaît comme une candidate de poids. Deux fois présidente du Chili et ancienne Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, elle dispose d’une solide expérience du système onusien. Son profil, axé sur les droits humains, l’égalité des genres et la justice sociale, pourrait séduire les États membres désireux de renforcer la dimension normative de l’ONU.

    Moins médiatisée mais tout aussi expérimentée, Rebeca Grynspan incarne une candidature technocratique. Ancienne vice-présidente du Costa Rica et actuelle secrétaire générale de la CNUCED, elle est reconnue pour son expertise en matière de développement économique et de coopération internationale. Dans un contexte de fragilité économique mondiale, son profil pourrait rassurer les États en quête de solutions concrètes.

    Enfin, Rafael Grossi apporte une dimension sécuritaire à cette course. Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), il est au cœur des dossiers sensibles liés à la prolifération nucléaire. Son expérience dans la gestion des crises et des négociations complexes constitue un atout dans un monde marqué par des tensions croissantes.

    Quatre profils, quatre visions, mais une seule place à pourvoir. Entre équilibres géopolitiques et priorités stratégiques, le choix final déterminera l’orientation de l’ONU pour les années à venir.

  • Un Français condamné pour trafic de drogue exécuté

    Un Français condamné pour trafic de drogue exécuté

    Un ressortissant français condamné pour trafic de drogue a été exécuté en Chine, ravivant les tensions autour de la peine de mort et des droits fondamentaux. L’annonce, faite samedi par le ministère français des Affaires étrangères, a suscité une vive réaction à Paris, qui dénonce une décision « consternante ».

    Chan Thao Phoumy, âgé de 62 ans et né au Laos, avait été condamné à mort en 2010 par un tribunal de Canton, dans le sud de la Chine. Il a finalement été exécuté malgré les démarches répétées des autorités françaises, qui avaient sollicité une mesure de clémence pour raisons humanitaires. Dans un communiqué officiel, le Quai d’Orsay a réaffirmé son opposition « en toutes circonstances » à la peine capitale, appelant une nouvelle fois à son abolition universelle.

    L’affaire remonte à 2005, année de l’arrestation de Chan Thao Phoumy. Initialement condamné à la prison à vie, il avait été rejugé après l’apparition de nouveaux éléments à charge. La justice chinoise l’accusait notamment d’avoir participé à un vaste réseau de fabrication, de transport et de trafic de méthamphétamine entre 1999 et 2003. Selon les autorités, ce réseau aurait produit plusieurs tonnes de cette drogue synthétique, faisant de cette affaire un dossier particulièrement sensible dans un pays où la lutte contre les stupéfiants est implacable.

    Cependant, au-delà de la gravité des accusations, les conditions de son procès ont suscité de vives critiques. Le ministère français a notamment regretté que la défense du condamné n’ait pas eu accès à la dernière audience, dénonçant une atteinte aux droits fondamentaux et aux principes d’un procès équitable. Cette situation alimente les inquiétudes récurrentes concernant la transparence du système judiciaire chinois.

    Le cas de Chan Thao Phoumy s’inscrit dans un contexte plus large. Selon l’organisation Ensemble contre la peine de mort (ECPM), il faisait partie, en 2025, des quatre Français condamnés à mort à travers le monde. Parmi eux figurent également Nora Lalam, condamnée en Algérie, ainsi que Stéphane Aït Idir et Redouane Hammadi, impliqués dans l’attentat de Marrakech en 1994 et condamnés au Maroc.

    À l’inverse, une issue différente avait récemment été observée dans le cas de Serge Atlaoui. Condamné à mort en Indonésie en 2007, ce dernier avait été transféré en France en février 2025 à la suite d’un accord diplomatique. Sa peine avait alors été commuée en trente ans de réclusion, avant qu’il ne soit libéré en juillet de la même année, illustrant les marges de manœuvre diplomatiques parfois possibles.

    Mais la situation en Chine reste particulière. Dans son rapport 2024, Amnesty International estime que le pays demeure celui qui exécute le plus grand nombre de condamnés au monde. L’organisation évoque « des milliers » d’exécutions chaque année, bien que les chiffres exacts restent inconnus, les statistiques étant classées secret d’État par les autorités chinoises.

    Cette exécution relance ainsi le débat international sur la peine capitale, opposant souveraineté judiciaire des États et respect des droits humains. Pour la France, engagée de longue date contre la peine de mort, ce drame constitue un rappel brutal des limites de son influence face à certains systèmes judiciaires étrangers.

  • Lionel Jospin s’éteint, la gauche en deuil

    Lionel Jospin s’éteint, la gauche en deuil

    La disparition de Lionel Jospin marque la fin d’une époque pour la vie politique française. Figure majeure de la gauche républicaine, il s’est éteint à l’âge de 88 ans, laissant derrière lui un héritage dense, fait de convictions, de réformes et d’un sens aigu de l’État.

    Né le 12 juillet 1937 à Meudon, Lionel Jospin s’impose très tôt comme un intellectuel engagé. Membre du Parti socialiste, il gravit les échelons jusqu’à en devenir l’un des piliers. Mais c’est surtout à Matignon, entre 1997 et 2002, qu’il imprime durablement sa marque. À la tête d’un gouvernement de cohabitation, il conduit des réformes emblématiques, dont la mise en place des 35 heures, la couverture maladie universelle ou encore le pacte civil de solidarité (PACS).

    Homme de rigueur et de discrétion, Jospin cultivait une certaine idée de la politique, fondée sur la probité et le refus du spectacle. Son style, parfois jugé austère, contrastait avec une époque déjà en quête de communication et de mise en scène. Pourtant, ses partisans saluent aujourd’hui sa cohérence et son attachement aux valeurs républicaines.

    Sa défaite au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, face à une montée inattendue de l’extrême droite, reste un tournant majeur. Cet épisode l’avait conduit à se retirer brutalement de la vie politique active, dans un geste qui avait surpris autant qu’il avait marqué les esprits.

    Avec sa disparition, c’est une certaine conception de la gauche et du pouvoir qui s’éloigne. Lionel Jospin laisse le souvenir d’un homme droit, profondément attaché à la justice sociale et à l’intérêt général. Une page de l’histoire politique française se referme.

  • SG de l’ONU : Macky Sall motive sa candidature

    SG de l’ONU : Macky Sall motive sa candidature

    L’ancien président sénégalais Macky Sall franchit une nouvelle étape sur la scène internationale. Dans une lettre de motivation adressée aux États membres de Organisation des Nations unies, il officialise sa candidature au poste de Secrétaire général. Un document dense, structuré et résolument tourné vers les grands défis contemporains : paix, climat, justice sociale et réforme de la gouvernance mondiale.

    Une expérience mise en avant

    Dans sa lettre, Macky Sall insiste d’abord sur son parcours à la tête du Sénégal entre 2012 et 2024. Il rappelle les réformes économiques engagées, les investissements dans les infrastructures et les politiques de stabilité macroéconomique qui ont marqué ses deux mandats. Il souligne également son rôle de médiateur régional en Afrique de l’Ouest, mettant en avant une diplomatie active et pragmatique.

    L’ancien chef d’État évoque aussi son passage à la présidence de Union africaine, qu’il présente comme une expérience déterminante dans la gestion des crises continentales, qu’il s’agisse de conflits politiques, de transitions institutionnelles ou de coordination sanitaire face aux pandémies. Pour lui, cette dimension multilatérale constitue un atout majeur pour diriger l’ONU.

    Une vision pour un multilatéralisme rénové

    Au cœur de sa lettre figure un plaidoyer pour un multilatéralisme plus inclusif. Macky Sall y appelle à une réforme du Conseil de sécurité afin de mieux refléter les réalités géopolitiques actuelles, notamment en donnant une place accrue à l’Afrique. Il défend une ONU « plus représentative, plus efficace et plus proche des peuples ».

    Il met également l’accent sur la lutte contre le changement climatique, sujet qu’il qualifie d’« urgence existentielle ». Soulignant l’injustice climatique dont sont victimes les pays en développement, il propose un renforcement des mécanismes de financement et une solidarité internationale accrue.

    Priorité à la paix et au développement

    La lettre insiste sur la nécessité de prévenir les conflits plutôt que de simplement les gérer. Macky Sall défend une diplomatie préventive fondée sur le dialogue, la médiation et l’investissement dans l’éducation et l’emploi des jeunes. Il estime que le développement durable constitue le socle de la stabilité mondiale.

    Il plaide également pour un engagement fort en faveur de l’égalité des genres et de la jeunesse, qu’il considère comme des leviers essentiels pour transformer les sociétés. « Aucune paix durable ne peut se construire sans justice sociale », affirme-t-il en substance.

    Une candidature africaine aux ambitions globales

    La candidature de Macky Sall intervient dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et les crises multiformes. En mettant en avant son ancrage africain et son expérience internationale, l’ancien président sénégalais entend incarner une voix du Sud capable de rassembler au-delà des clivages.

    Sa lettre de motivation se veut à la fois un bilan et un projet. Bilan d’un dirigeant qui revendique une expérience solide au sommet de l’État et dans les arènes multilatérales. Projet d’un homme politique qui aspire à repositionner l’ONU comme moteur central de la coopération internationale.

    Reste désormais aux États membres à trancher. Mais une chose est certaine : avec cette candidature, Macky Sall inscrit son nom dans la course à l’un des postes les plus stratégiques de la gouvernance mondiale.

  • 𝐅𝐀𝐂𝐄 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐍𝐅𝐋𝐈𝐓𝐒 𝐆𝐄́𝐎𝐏𝐎𝐋𝐈𝐓𝐈𝐐𝐔𝐄𝐒 (𝐄́𝐓𝐀𝐓𝐒-𝐔𝐍𝐈𝐒–𝐈𝐒𝐑𝐀𝐄̈𝐋–𝐈𝐑𝐀𝐍), 𝐔𝐍 𝐄́𝐕𝐄𝐈𝐋 𝐃𝐄𝐒 𝐄́𝐋𝐈𝐓𝐄𝐒 𝐀𝐅𝐑𝐈𝐂𝐀𝐈𝐍𝐄𝐒 𝐄𝐒𝐓 𝐍𝐄́𝐂𝐄𝐒𝐒𝐀𝐈𝐑𝐄

    𝐅𝐀𝐂𝐄 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐍𝐅𝐋𝐈𝐓𝐒 𝐆𝐄́𝐎𝐏𝐎𝐋𝐈𝐓𝐈𝐐𝐔𝐄𝐒 (𝐄́𝐓𝐀𝐓𝐒-𝐔𝐍𝐈𝐒–𝐈𝐒𝐑𝐀𝐄̈𝐋–𝐈𝐑𝐀𝐍), 𝐔𝐍 𝐄́𝐕𝐄𝐈𝐋 𝐃𝐄𝐒 𝐄́𝐋𝐈𝐓𝐄𝐒 𝐀𝐅𝐑𝐈𝐂𝐀𝐈𝐍𝐄𝐒 𝐄𝐒𝐓 𝐍𝐄́𝐂𝐄𝐒𝐒𝐀𝐈𝐑𝐄

    Kossigan Kokou-Kpolou, Ph.D., professeur en psychologie à l’Université Laval, à Québec (Canada) et chercheur régulier affilié à plusieurs centres de recherche, dont le Centre interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient (CIRAM) et l’Observatoire de Psychologie, des Conflits Armés et des Violences Intergroupes (Psycavi), appelle à “un éveil des élites africaines…face aux conflits géopolitiques (Etats-Unis-Israël-Iran).”

    Dans la nuit du 27 au 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé conjointement des attaques aériennes contre l’Iran. Baptisées « Epic Fury Operation », ces attaques ont été lancées alors même que des négociations diplomatiques étaient encore engagées. Encore une fois, une agression militaire, menée sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU et en marge de tout cadre juridique international. Des opérations qualifiées de « frappes préventives », visant des sites militaires et infrastructurels iraniens, auraient causé, selon certaines sources, la mort de dizaines d’élèves d’une école primaire. L’Iran a immédiatement riposté par des contre-attaques sur des positions israéliennes et des bases américaines dans la région.

    𝐔𝐧 𝐞𝐧𝐠𝐫𝐞𝐧𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫𝐞𝐮𝐱 𝐬’𝐨𝐮𝐯𝐫𝐞, 𝐬𝐮𝐬𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐝’𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐩𝐩𝐞𝐫 𝐚̀ 𝐬𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐢𝐭𝐢𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬, 𝐚𝐮 𝐌𝐨𝐲𝐞𝐧-𝐎𝐫𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐚𝐮-𝐝𝐞𝐥𝐚̀.

    Au plan international, plusieurs gouvernements et organisations appellent à la cessation des hostilités et au retour à la diplomatie. Mais comme toujours, “notre” Union Africaine présentera plus tard un communiqué vague, insipide et lâche.

    Face à ce nouveau conflit, on aurait aimé lire ou entendre les mêmes voix qui, il y a deux mois, se laissaient fasciner par l’intervention militaire américaine au Venezuela questionner aujourd’hui les mêmes logiques. Est-ce encore du réalisme géopolitique ou simplement la loi des puissances impérialistes et expansionnistes ? Une intervention militaire sans mandat, subordonnée à des intérêts géostratégiques, remet en question la cohérence normative des positionnements qui célèbrent tantôt telle ou telle puissance en conflit. La fascination pour une puissance impérialiste, lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’un jugement critique, conduit à 𝐧𝐨𝐫𝐦𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐠𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝’𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐛𝐚𝐟𝐨𝐮𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥.

    En tant qu’élites africaines, nous avons une double responsabilité : 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐮𝐜𝐢𝐝𝐢𝐭𝐞́ 𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐲𝐧𝐚𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐠𝐞́𝐨𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐢𝐚𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐮𝐧 𝐣𝐮𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥 𝐜𝐨𝐡𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐭, 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐞́𝐭𝐡𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐥𝐞. Nous devons refuser les apparences, questionner les emballements médiatiques et nous affranchir des rhétoriques propagandistes binaires. De cette double exigence dépend 𝒏𝒐𝒕𝒓𝒆 𝒄𝒂𝒑𝒂𝒄𝒊𝒕𝒆́ 𝒂̀ 𝒇𝒐𝒓𝒈𝒆𝒓 𝒖𝒏𝒆 𝒗𝒆́𝒓𝒊𝒕𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒗𝒐𝒍𝒐𝒏𝒕𝒆́ 𝒅𝒆 𝒑𝒖𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆, 𝒏𝒐𝒏 𝒑𝒂𝒔 𝒖𝒏𝒆 𝒑𝒖𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆 𝒅𝒐𝒎𝒊𝒏𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏, 𝒎𝒂𝒊𝒔 𝒖𝒏𝒆 𝒑𝒖𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆 𝒎𝒆́𝒅𝒊𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒆𝒕 𝒅𝒆 𝒅𝒊𝒔𝒔𝒖𝒂𝒔𝒊𝒐𝒏, 𝒄𝒂𝒑𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒅𝒆 𝒓𝒆́𝒈𝒖𝒍𝒆𝒓 𝒆𝒕 𝒅’𝒂𝒓𝒃𝒊𝒕𝒓𝒆𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒕𝒆𝒏𝒔𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒈𝒆́𝒐𝒑𝒐𝒍𝒊𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒎𝒐𝒏𝒅𝒊𝒂𝒍𝒆𝒔.

    𝐋’𝐢𝐦𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐧𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞̀𝐠𝐞 𝐩𝐚𝐬 : 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞́𝐬𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐥𝐢𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐠𝐞́𝐨𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐢𝐚𝐮𝐱.

    Notre mission n’est pas d’être spectateurs fascinés par des États suprématistes qui, au nom de prétendues destinées messianiques, foulent aux pieds l’inviolabilité des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. Au contraire, il nous revient de contribuer, par la réflexion stratégique et l’action prospective, à 𝐞́𝐥𝐚𝐛𝐨𝐫𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐩𝐨𝐧𝐬𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐥𝐢𝐞𝐧𝐭𝐞𝐬, 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐧𝐨𝐦𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞́𝐟𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐥’𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐡𝐞́𝐠𝐞́𝐦𝐨𝐧𝐢𝐞𝐬 𝐢𝐦𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞𝐬 𝐞𝐱𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐜𝐭𝐚𝐭𝐨𝐫𝐢𝐚𝐮𝐱 𝐪𝐮𝐢 𝐨𝐩𝐩𝐫𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐧𝐨𝐬 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬, hypothéquant l’avenir du continent et de sa jeunesse. Nous devons produire des analyses indépendantes, former les consciences, structurer des espaces numériques de débat rationnel, proposer des alternatives africaines crédibles, éclairer les choix géostratégiques par des repères de notre civilisation multiséculaire.

    Être une élite africaine, c’est porter une responsabilité historique : penser avec lucidité et agir avec courage pour la souveraineté de l’Afrique. 𝐋𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐥𝐢𝐭𝐬 𝐠𝐞́𝐨𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐨𝐢𝐧𝐭𝐚𝐢𝐧𝐬 ; 𝐢𝐥𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐬𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐢𝐧𝐜𝐚𝐫𝐧𝐞𝐫 𝐩𝐥𝐞𝐢𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́.

    Dr Kossigan Cyrille Kokou-Kpolou

  • Mort confirmée d’Ayatollah Ali Khamenei, figure centrale de l’Iran

    Mort confirmée d’Ayatollah Ali Khamenei, figure centrale de l’Iran

    Dans un tournant historique, la République islamique d’Iran a confirmé la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, son guide suprême depuis 1989, à l’âge de 86 ans, suite à une offensive militaire conjointe des États-Unis et d’Israël contre des installations iraniennes.

    L’annonce a été faite par les médias d’État iraniens dans la nuit de samedi à dimanche, qui ont qualifié sa disparition de « martyrdom ».

    Sous son autorité, Khamenei a joué un rôle clé dans l’orientation politique, militaire et religieuse du pays pendant plus de 36 ans, consolidant le pouvoir théocratique après la révolution islamique de 1979 et réprimant systématiquement toute opposition interne.

    Le gouvernement iranien a déclaré 40 jours de deuil national et une semaine de jours fériés, même si les circonstances exactes de sa mort restent encore partiellement floues. Les autorités avaient d’abord assuré que Khamenei et d’autres hauts dirigeants étaient en vie et en sécurité, avant d’annoncer officiellement son décès.

    Contexte et conséquences politiques

    Une figure dominante du régime : Khamenei a transformé la République islamique en un système fortement centralisé où le Guide suprême exerce la plus haute autorité sur l’armée, la politique étrangère, le judiciaire et les Gardiens de la révolution.

    Conflits internationaux : Sa politique a été marquée par une hostilité durable envers les États-Unis et Israël, intensifiant le rôle de l’Iran dans les conflits régionaux par le soutien à des groupes alliés comme le Hezbollah ou les milices irakiennes.

    Crise interne : Avant sa mort, l’Iran était déjà secoué par de grandes manifestations contre la vie chère et la répression politique, parfois violentes, ce qui a fragilisé le régime.

    Un vide de pouvoir et une période d’incertitude

    La disparition de Khamenei crée un vide politique important. L’Assemblée des experts, l’organe religieux chargé de choisir son successeur, doit désormais se réunir pour désigner un nouveau guide suprême, un processus qui pourrait déclencher des luttes de pouvoir internes entre les factions conservatrices et militaires du système iranien.

  • Epsteingate: médias ivoiriens et silence gêné autour de Nina Keita

    Epsteingate: médias ivoiriens et silence gêné autour de Nina Keita

    Alors que le nom de Nina Keita revient régulièrement dans le scandale international impliquant Jeffrey Epstein, les médias ivoiriens semblent choisir le silence.

    Sur les réseaux sociaux et dans la presse internationale, les références sont nombreuses, les enquêtes approfondies. Pourtant, en Côte d’Ivoire, peu ou aucun grand média ne se risque à traiter le sujet. Ce mutisme interroge, notamment sur l’indépendance de la presse nationale et sur son rôle dans la démocratie.

    Depuis plusieurs semaines, plusieurs internautes et observateurs de la vie médiatique ont remarqué l’étonnante discrétion des journaux ivoiriens face à un sujet mondialement médiatisé. Certains s’interrogent : pourquoi aucun article de fond, aucune analyse ou enquête approfondie sur le rôle supposé de Nina Keita, nièce du président Alassane Ouattara, dans ce dossier n’est publiée sur les sites et journaux ivoiriens réputés ? La réponse pourrait résider dans les liens, souvent implicites, que certains médias entretiennent avec le pouvoir en place.

    En éludant ce sujet, les médias nationaux passent à côté de leur fonction première, celle de quatrième pouvoir, capable de questionner les puissants, d’informer objectivement et de provoquer le débat public. Dans un État démocratique, la presse a le devoir de traiter des affaires même gênantes, de relayer des informations controversées et de tenir les institutions ou figures publiques responsables de leurs actes. Or, le choix de l’omission face à cette affaire montre que certains organes de presse semblent privilégier la prudence politique ou les intérêts de proches du pouvoir, au détriment de l’information des citoyens.

    Ce silence a plusieurs conséquences. D’abord, il fragilise la crédibilité de la presse ivoirienne. Les lecteurs qui cherchent des informations fiables sur des dossiers internationaux se tournent vers des sources étrangères, parfois au détriment de l’actualité locale. Ensuite, il contribue à une forme d’autocensure, où les journalistes eux-mêmes hésitent à traiter certains sujets par peur de représailles ou de pressions implicites. Enfin, il envoie un message inquiétant sur l’état de la démocratie : si la presse ne remplit pas son rôle de surveillance, les citoyens sont privés d’un outil essentiel pour comprendre et contrôler le pouvoir.

    L’affaire Nina Keita, ex-mannequin, et Jeffrey Epstein n’est pas seulement un scandale lointain ; elle est aussi un test pour la presse ivoirienne. Savoir informer sur des sujets sensibles, même internationaux, est un marqueur de professionnalisme et d’indépendance. La véritable question aujourd’hui est simple : les médias ivoiriens seront-ils capables de dépasser leurs liens implicites avec le pouvoir pour accomplir leur mission fondamentale ? Ou continueront-ils à pratiquer une forme de complaisance qui menace leur réputation et, par ricochet, la démocratie elle-même ?

    Le silence autour de Nina Keita, 44 ans, ex-conseillère du ministre du Budget, Abdourahmane Cissé (2014-2016), mariée au ministre de l’Emploi, Adama Kamara, numéro deux de la société publique de gestion des fonds pétroliers de Côte d’Ivoire (Gestoci) depuis 2019, autrement dit une figure du clan au pouvoir à Abidjan, révèle bien plus qu’un simple choix éditorial. En effet, il souligne une fragilité structurelle de la presse ivoirienne. Celle-ci, confrontée à la pression politique et aux enjeux économiques, doit rappeler à ses journalistes et à ses dirigeants que l’information ne doit jamais céder devant l’intérêt du pouvoir. La crédibilité se gagne dans la transparence, le courage et la constance. Tout le reste n’est que compromis et fragilité d’un quatrième pouvoir en péril.

  • Affaire Epstein: rumeur autour du Togo, silence des preuves

    Affaire Epstein: rumeur autour du Togo, silence des preuves

    À ce jour, les documents officiellement rendus publics par les autorités américaines ne fournissent aucune preuve confirmée d’un séjour, d’une résidence ou d’activités criminelles de Jeffrey Epstein au Togo

    La publication récente de milliers de documents judiciaires liés à l’affaire Jeffrey Epstein continue de susciter interrogations et spéculations à travers le monde. Parmi elles, des interrogations ont émergé au Togo, après la circulation d’informations évoquant une possible présence ou des liens de l’ancien financier américain avec le pays.

    À ce stade, les documents officiellement rendus publics par les autorités américaines ne fournissent aucune preuve confirmée d’un séjour, d’une résidence ou d’activités criminelles de Jeffrey Epstein au Togo. Les fichiers déclassifiés, comprenant des courriels, des carnets de contacts, des journaux de vols et des témoignages, détaillent un vaste réseau international, mais ne mentionnent pas explicitement le Togo comme lieu de ses opérations ou déplacements avérés.

    Certaines publications locales et commentaires sur les réseaux sociaux ont néanmoins évoqué le nom du pays, alimentant rumeurs et inquiétudes. Ces allégations reposent toutefois sur des interprétations non vérifiées et ne sont corroborées ni par les documents judiciaires américains ni par des enquêtes internationales indépendantes.

    Les spécialistes rappellent que la simple mention d’un pays dans des documents bruts ou partiellement caviardés ne constitue pas une preuve. Dans de nombreux cas, il peut s’agir de références indirectes, de projets de voyage non réalisés ou de listes sans contexte précis.

    En l’absence d’éléments tangibles, aucune autorité judiciaire ou institutionnelle n’a confirmé un lien direct entre Jeffrey Epstein et le Togo. Toute conclusion hâtive serait donc prématurée. Plusieurs observateurs appellent à la prudence et soulignent l’importance de s’appuyer exclusivement sur des faits établis, dans un dossier déjà marqué par une forte charge émotionnelle et médiatique.

Radio Renouveau228

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