Étiquette : Afrique

  • CAN 2027 : la Côte d’Ivoire frappe fort, le Cameroun assure, la Tunisie cale

    CAN 2027 : la Côte d’Ivoire frappe fort, le Cameroun assure, la Tunisie cale

    La course à la qualification pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027 est officiellement lancée. Pour cette première soirée, plusieurs cadors ont réussi leur entrée, à l’image de la Côte d’Ivoire et du Cameroun. La Tunisie, en revanche, a été tenue en échec à domicile par l’Ouganda.

    Les premiers résultats des qualifications pour la CAN 2027 ont livré une soirée riche en buts et en enseignements. Plusieurs sélections africaines ont déjà marqué leur territoire, tandis que d’autres devront rapidement réagir pour ne pas compromettre leur parcours.

    La Côte d’Ivoire et le Cameroun réussissent leur entrée

    Dans le groupe C, la Côte d’Ivoire a réalisé l’une des performances les plus remarquées de la soirée en dominant le Ghana sur le score de 2-0. Les Ivoiriens ont fait la différence grâce à Yalcouyé, avant que Franck Kessié ne scelle le succès sur penalty. Une entrée en matière convaincante pour les Éléphants face à un adversaire ghanéen qui n’a pas réussi à trouver la faille.

    Dans le groupe G, le Cameroun a également tenu son rang. Les Lions indomptables se sont imposés 3-1 devant les Comores. Bryan Mbeumo et Namaso figurent notamment parmi les buteurs camerounais. Une victoire qui permet au Cameroun de prendre immédiatement position dans la course à la qualification.

    Dans le même groupe, la Namibie a dominé le Congo sur la plus petite des marges (1-0).

    La RD Congo démarre fort, la Tunisie freinée

    La RD Congo a, elle aussi, parfaitement lancé sa campagne dans le groupe E. Les Léopards ont pris le meilleur sur la Guinée équatoriale (2-0), avec notamment des réalisations de Chancel Mbemba et Yoane Wissa. Dans l’autre rencontre du groupe, le Zimbabwe a arraché une victoire spectaculaire face à la Sierra Leone (3-2).

    La Mauritanie a également connu une entrée réussie dans le groupe F en venant à bout de la Centrafrique (3-1).

    La principale surprise de la soirée est venue du groupe H. À domicile, la Tunisie n’a pas réussi à prendre les trois points face à l’Ouganda. Les deux équipes se sont séparées sur un score de parité (1-1), un résultat qui laisse les Tunisiens avec une marge de manœuvre réduite pour la suite de la campagne. Dans l’autre rencontre du groupe, la Libye et le Botswana ont également livré un match prolifique, conclu sur le score de 2-2.

    Avec ces premiers résultats, la bataille pour les places qualificatives est déjà lancée. Les prochaines journées permettront de mesurer la capacité des différentes sélections à confirmer leurs ambitions et à prendre une option sérieuse sur la CAN 2027.

  • Diplomatie en Afrique : quand certains représentants de l’État se croient tout permis

    Diplomatie en Afrique : quand certains représentants de l’État se croient tout permis

    De Bangui à Abidjan, plusieurs affaires ont, ces dernières années, écorné l’image de la diplomatie étrangère en Afrique, entre accusations de comportements sexuels déplacés, abus d’autorité et soupçons d’utilisation abusive des privilèges diplomatiques.

    L’affaire fait déjà grand bruit dans les couloirs du Quai d’Orsay. Selon une information révélée par Le Canard enchaîné, l’ambassadeur de France en République centrafricaine, Bruno Foucher, est visé par une procédure disciplinaire. Le diplomate aurait fait venir une trentaine de jeunes femmes dans les appartements privés de la résidence diplomatique, entre janvier 2024 et mars 2026, et aurait eu des relations sexuelles avec certaines d’entre elles. Des comportements qui auraient fini par inquiéter les services chargés de la protection de la résidence, au point de faire apparaître une faille de sécurité.

    Il convient toutefois de rappeler que ces faits sont, à ce stade, rapportés dans le cadre d’une procédure disciplinaire et ne sauraient être présentés comme judiciairement établis.

    Au-delà du cas Foucher, cette affaire remet sur la table une question plus large : que deviennent les exigences d’exemplarité lorsque certains diplomates, protégés par leur statut et installés dans des résidences fastueuses, finissent par se comporter comme des privilégiés hors sol ?

    Des ambassades parfois transformées en espaces de dérive

    L’Afrique n’est malheureusement pas étrangère à ce type de controverses. En 2020, l’ancien ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Gilles Huberson, avait été rappelé à Paris alors qu’il faisait l’objet d’accusations de comportements sexistes et sexuels. Plusieurs femmes avaient témoigné dans le cadre d’une enquête interne du ministère français des Affaires étrangères. L’intéressé avait contesté les accusations et dénoncé de « faux témoignages » et des « cabales ».

    Deux ans auparavant, une autre affaire avait éclaboussé la représentation diplomatique algérienne en Afrique du Sud. L’ambassadeur algérien à Pretoria, Abd El Naceur Belaid, avait été convoqué par les autorités sud-africaines à la suite d’accusations de harcèlement sexuel.

    Ces épisodes ne permettent évidemment pas de jeter l’opprobre sur l’ensemble des diplomates étrangers présents sur le continent. Ils montrent cependant que le statut diplomatique, lorsqu’il est mal compris ou mal encadré, peut nourrir un sentiment d’impunité particulièrement choquant.

    Le privilège diplomatique n’est pas un permis de tout faire

    La fonction d’ambassadeur impose pourtant une obligation particulière d’exemplarité. Un diplomate ne représente pas seulement sa personne : il incarne son État auprès du pays d’accueil. Ses comportements privés peuvent donc avoir des conséquences publiques, surtout lorsqu’ils impliquent les locaux de la représentation officielle, des membres du personnel ou des personnes vulnérables.

    Les dérives peuvent d’ailleurs dépasser la seule question des mœurs. Une enquête consacrée aux diplomates et réseaux consulaires en Afrique a également documenté des cas dans lesquels des accréditations auraient servi de couverture à des activités criminelles ou à des trafics.

    Dans un autre registre, l’affaire du diplomate vénézuélien Dwight Sagaray au Kenya rappelle brutalement que l’immunité diplomatique n’est pas synonyme d’impunité absolue. Ancien premier secrétaire de l’ambassade du Venezuela à Nairobi, Sagaray a été condamné en 2023 à vingt ans de prison pour le meurtre de l’ambassadrice par intérim Olga Fonseca, après la levée de son immunité.

    L’Afrique ne doit pas devenir le terrain de jeu des « intouchables »

    Le problème dépasse donc Bruno Foucher. Il interroge une certaine conception de la présence diplomatique en Afrique, où des représentants étrangers peuvent parfois donner le sentiment de vivre dans un monde parallèle, à distance des réalités sociales du pays qui les accueille.

    Le scandale est d’autant plus sensible lorsque les résidences diplomatiques, financées et protégées au nom de l’État, deviennent le théâtre de comportements susceptibles de compromettre la sécurité, la dignité ou la réputation de la représentation.

    Il serait toutefois injuste d’en faire une caractéristique de la diplomatie en Afrique ou des diplomates étrangers en général. La majorité exerce sa mission dans le respect des règles et des populations. Mais les cas de dérives doivent être examinés avec rigueur, sans complaisance ni traitement de faveur.

    Une ambassade n’est ni un royaume privé, ni une zone de non-droit. Et le passeport diplomatique ne devrait jamais être confondu avec un permis de se croire au-dessus des autres.

  • FIFA-CAF : Tata Adaglo Avlessi réclame le départ d’Infantino et de Motsepe, un appel qui risque de rester sans effet

    FIFA-CAF : Tata Adaglo Avlessi réclame le départ d’Infantino et de Motsepe, un appel qui risque de rester sans effet

    L’ancien président de la Fédération togolaise de football (FTF) rejoint les nombreuses voix qui contestent la gouvernance de la FIFA, même si le soutien affiché par la CAF à Gianni Infantino rend toute remise en cause de son mandat hautement improbable.

    L’ancien président de la Fédération togolaise de football (FTF), Tata Adaglo Avlessi de Mass, est sorti de sa réserve pour demander la démission de Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football association (FIFA), ainsi que celle de Patrice Motsepe, président de la Confédération africaine de football (CAF). Dans une déclaration rendue publique depuis Masséville, dans la préfecture du Bas-Mono, il dénonce ce qu’il considère comme des dérives dans la gouvernance du football mondial et africain.

    Cette sortie intervient alors que la contestation visant Gianni Infantino prend de l’ampleur dans plusieurs pays. Ces dernières semaines, des fédérations nationales ainsi que plusieurs personnalités influentes du football ont publiquement remis en cause la gouvernance du dirigeant suisse-italien, l’invitant à quitter ses fonctions à la tête de la FIFA.

    Une gouvernance de plus en plus contestée

    Dans son texte, Tata Adaglo Avlessi estime que l’élection de Gianni Infantino en 2016 constitue un « accident de parcours » pour la FIFA. Il lui reproche notamment une série de choix stratégiques qu’il juge contraires aux valeurs du football.

    Parmi les principaux griefs figure le projet FIFA Forward Enterprise, porté dans le contexte de la Coupe du monde 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Selon l’ancien dirigeant togolais, cette initiative, qui devait permettre d’accroître les ressources consacrées au développement du football en ouvrant une partie des revenus à des investisseurs privés, a suscité une vive contestation au sein du monde du football.

    Tata Adaglo Avlessi évoque également les départs de plusieurs proches collaborateurs de Gianni Infantino, qu’il considère comme le signe d’un malaise grandissant au sommet de l’instance mondiale. Estimant que cette situation nuit à la crédibilité de la FIFA, il invite son président à quitter ses fonctions « pour son honneur et sa dignité ».

    L’ancien président de la FTF étend également ses critiques à Patrice Motsepe. Selon lui, le président de la CAF aurait soutenu sans réserve les orientations de la FIFA, empêchant l’Afrique de défendre davantage son autonomie dans la gouvernance du football mondial. Il appelle ainsi le dirigeant sud-africain à assumer sa responsabilité politique et à présenter, lui aussi, sa démission.

    Dans sa déclaration, Tata Adaglo Avlessi rend par ailleurs hommage à l’ancien président de la CAF, feu Issa Hayatou, dont il salue « la témérité » et « la grandeur d’âme », malgré des relations qu’il reconnaît avoir parfois été difficiles.

    Un appel symbolique face au soutien affiché de la CAF

    Si cette prise de position vient renforcer le camp des détracteurs de Gianni Infantino, ses chances de produire un effet concret apparaissent toutefois limitées. La CAF a récemment réaffirmé son soutien au président de la FIFA, confortant ainsi l’alliance entre les deux instances dirigeantes du football mondial et africain.

    Cette position illustre le contraste entre les critiques formulées par plusieurs fédérations européennes, des personnalités du football et désormais d’anciens responsables africains, et l’attitude de nombreuses fédérations du continent qui continuent d’apporter leur soutien à Gianni Infantino. Pour plusieurs observateurs, ce décalage traduit un certain déphasage d’une partie des fédérations africaines avec les débats actuels sur la gouvernance, la transparence et les réformes réclamées au sein du football mondial.

    Même si les appels à la démission se multiplient, aucun mécanisme institutionnel ne laisse aujourd’hui présager un départ prochain de Gianni Infantino ou de Patrice Motsepe. La sortie de Tata Adaglo Avlessi s’inscrit ainsi davantage dans une dynamique de pression politique et morale que dans une perspective susceptible de déboucher, à court terme, sur un changement à la tête de la FIFA ou de la CAF.

  • ÉDITORIAL – Gianni Infantino de plus en plus seul : jusqu’à quand l’Afrique continuera-t-elle de le protéger ?

    ÉDITORIAL – Gianni Infantino de plus en plus seul : jusqu’à quand l’Afrique continuera-t-elle de le protéger ?

    À mesure que les principales fédérations européennes retirent leur confiance à Gianni Infantino et réclament une profonde réforme de la FIFA, une question s’impose : le président de l’instance mondiale du football peut-il encore tenir longtemps à son poste ?

    Le vent tourne. Lentement, mais sûrement. Après l’UEFA, ce sont désormais les fédérations anglaise, néerlandaise et allemande qui mettent Gianni Infantino face à ses responsabilités. Toutes dénoncent, avec des mots différents, la même réalité : une gouvernance devenue opaque, des décisions prises sans concertation et un mode de fonctionnement qui éloigne la FIFA de ses principes de transparence.

    Le retrait du projet visant à ouvrir les compétitions de la FIFA à des investisseurs privés n’a pas suffi à calmer les esprits. Au contraire, il a mis en lumière une crise de confiance bien plus profonde. Les dirigeants européens ne contestent plus seulement une décision ; ils remettent en cause la manière dont la première institution du football mondial est dirigée. Lorsqu’une fédération aussi influente que celle d’Angleterre réclame un examen complet de la gouvernance, que les Pays-Bas déclarent ne plus avoir confiance dans le leadership de Gianni Infantino et que l’Allemagne évoque un « changement culturel fondamental », le message est limpide : le problème n’est plus le projet, mais son président.

    Sans employer le terme de « démission », les Européens y poussent pourtant de manière de plus en plus évidente. Ils savent que, politiquement, un appel frontal risquerait de fracturer davantage la FIFA. Ils choisissent donc une autre voie : délégitimer progressivement le mode de gouvernance de Gianni Infantino jusqu’à rendre sa position difficilement tenable.

    Pendant ce temps, un continent brille par son silence : l’Afrique.

    Avec ses 54 associations membres, la Confédération africaine de football (CAF) représente un bloc électoral déterminant dans toutes les élections de la FIFA. Depuis l’arrivée de Gianni Infantino à la présidence, les fédérations africaines figurent parmi ses principaux soutiens. Ce poids politique leur confère une responsabilité particulière. Pourtant, alors que les critiques s’accumulent sur la gouvernance de la FIFA, rares sont les voix africaines qui osent exprimer publiquement des réserves.

    Ce silence peut être interprété de plusieurs manières : fidélité politique, calcul stratégique ou volonté de préserver les relations privilégiées avec la direction actuelle de la FIFA. Mais il expose aussi le football africain à une critique grandissante, celle de cautionner, par son absence de réaction, des pratiques que d’autres confédérations jugent incompatibles avec les principes de bonne gouvernance.

    L’Afrique a pourtant tout intérêt à défendre une FIFA forte, crédible et gouvernée dans la transparence. Son influence ne devrait pas se limiter à fournir des voix lors des élections. Elle devrait aussi servir à défendre les valeurs qui garantissent l’intégrité du football mondial.

    Gianni Infantino peut-il encore tenir ? Juridiquement et institutionnellement, oui. Tant que la majorité des 211 associations membres lui conserve sa confiance, son mandat n’est pas directement menacé. Mais politiquement, la situation est tout autre. Lorsqu’un dirigeant perd progressivement la confiance des fédérations les plus influentes du football mondial, son autorité s’érode, même s’il conserve les voix nécessaires pour rester en fonction.

    L’histoire des grandes institutions internationales montre qu’un président ne tombe pas toujours parce qu’il perd un vote. Il tombe souvent parce qu’il perd sa légitimité. Aujourd’hui, Gianni Infantino n’en est peut-être pas encore là. Mais les signaux envoyés par l’Europe montrent que cette légitimité est désormais sérieusement contestée. Si l’Afrique persiste à lui apporter un soutien sans exiger davantage de transparence et de gouvernance collégiale, elle risque d’apparaître non comme une force de réforme, mais comme le dernier rempart d’un système de plus en plus contesté. Et lorsque les appels à un changement deviennent aussi nombreux, la véritable question n’est plus de savoir si Gianni Infantino est sous pression, mais combien de temps encore il pourra résister à une défiance qui gagne chaque semaine du terrain.

  • Divorce : voici les 10 pays où l’on se sépare le moins, aucun État africain dans le classement

    Divorce : voici les 10 pays où l’on se sépare le moins, aucun État africain dans le classement

    Un classement de WorldAtlas met en lumière les pays affichant les taux de divorce les plus faibles au monde, avec une domination asiatique et une absence remarquée du continent africain.

    Selon un classement publié par WorldAtlas, les pays où l’on divorce le moins au monde se concentrent principalement en Asie, en Europe et en Amérique latine. Fait notable, aucun pays africain ne figure dans le top 10. Cette étude s’appuie sur les données du Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (UNDESA), d’Eurostat pour les pays européens, de l’Enquête nationale indienne sur la santé familiale (NFHS-4 et NFHS-5) ainsi que sur les publications des instituts nationaux de statistique.

    L’Inde arrive en tête avec un taux de divorce estimé entre 0,01 et 0,1 pour 1 000 habitants, devant le Sri Lanka (0,15) et le Vietnam (0,2). Le Guatemala et le Tadjikistan complètent le top 5, suivis de la Bosnie-Herzégovine, de Malte, du Pérou, du Chili et de l’Irlande.

    D’après WorldAtlas, ces faibles taux s’expliquent par plusieurs facteurs. Dans certains pays, le poids des traditions, des religions et des pressions familiales décourage fortement le recours au divorce. Ailleurs, des législations restrictives ou une légalisation relativement récente du divorce, comme à Malte, au Chili ou en Irlande, limitent encore le nombre de séparations officielles.

    Le rapport souligne également que, dans plusieurs États, les unions libres sont très répandues. Leur rupture n’étant pas enregistrée dans les statistiques officielles, les chiffres du divorce apparaissent mécaniquement plus faibles.

    WorldAtlas invite ainsi à interpréter ces données avec prudence. Un faible taux de divorce ne signifie pas nécessairement que les couples sont plus heureux ou plus stables. Il peut aussi traduire l’existence de contraintes sociales, religieuses ou juridiques, voire masquer des séparations informelles ou des situations de violences conjugales qui n’aboutissent jamais devant les tribunaux.

    L’absence de pays africains dans ce classement rappelle enfin que les réalités matrimoniales du continent demeurent diverses et souvent insuffisamment documentées à l’échelle internationale.

  • ONU : l’Afrique se tire encore une balle dans le pied

    ONU : l’Afrique se tire encore une balle dans le pied

    À la faveur d’une candidature aussi inattendue que symbolique, l’Ougandais Olara Otunnu relance le débat sur l’incapacité persistante de l’Afrique à s’unir derrière un candidat unique pour diriger les Nations unies.

    L’entrée en lice de l’Ougandais Olara Otunnu dans la course au poste de secrétaire général des Nations unies constitue l’une des grandes surprises de cette élection. Alors que les tractations diplomatiques s’intensifient pour désigner le successeur d’António Guterres, Kampala a créé l’effet de surprise en présentant la candidature de ce vétéran de la diplomatie internationale, âgé de 75 ans, alors que beaucoup pensaient que le Sénégalais Macky Sall resterait l’unique visage africain de cette compétition.

    Ancien secrétaire général adjoint de l’ONU, Olara Otunnu n’est pourtant pas un inconnu dans les couloirs de l’organisation. Diplomate chevronné, il fut représentant permanent de l’Ouganda auprès des Nations unies avant de devenir le premier Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés entre 1998 et 2005. Durant son mandat, il a contribué à faire de la protection des enfants victimes des guerres une priorité du Conseil de sécurité. Son parcours est également marqué par des engagements dans le monde universitaire, la société civile et la défense des droits humains.

    Dans sa vision pour l’ONU, Olara Otunnu promet d’accélérer les réformes institutionnelles, de renforcer les efforts de médiation dans les conflits internationaux, de mettre en place un mécanisme de gouvernance de l’intelligence artificielle et de concilier action climatique et développement économique. Des propositions qui témoignent d’une connaissance approfondie des défis auxquels l’organisation est confrontée.

    Mais au-delà du profil du candidat ougandais, cette candidature met surtout en lumière une faiblesse chronique du continent africain : son incapacité à parler d’une seule voix sur les grandes échéances internationales. Une nouvelle fois, l’Afrique se présente divisée dans une bataille diplomatique où l’unité aurait pu renforcer son poids politique.

    Il est difficile de ne pas y voir un paradoxe. Depuis des décennies, les dirigeants africains réclament une représentation plus équitable dans la gouvernance mondiale. Pourtant, lorsque s’ouvre l’une des compétitions les plus stratégiques du système multilatéral, le continent peine à dégager un consensus autour d’un seul candidat.

    Rien ne dit qu’une candidature unique aurait garanti la victoire, le choix final dépendant notamment des membres permanents du Conseil de sécurité et de leur droit de veto. Mais une position africaine unifiée aurait envoyé un signal fort de cohésion politique et renforcé la capacité de négociation du continent.

  • CAN féminine 2026 : le tournoi de la maturité pour le football africain

    CAN féminine 2026 : le tournoi de la maturité pour le football africain

    La CAN féminine réunira 16 nations dans une édition historique appelée à accélérer le développement du football féminin africain tout en consacrant une nouvelle puissance du continent.

    Du 26 juillet au 16 août 2026, le Maroc accueillera une Coupe d’Afrique des nations féminine pas comme les autres. Pour la première fois, 16 sélections nationales prendront part à la phase finale, contre 12 lors des éditions précédentes. Au-delà de la conquête du trophée continental, cette CAN représente un tournant décisif pour le développement du football féminin en Afrique. Les équipes en lice se disputeront également des places qualificatives pour la Coupe du monde féminine 2027, tandis que la sélection championne empochera une récompense record d’un million de dollars.

    Cette édition est d’abord celle de l’ambition. En élargissant le nombre de participants, la Confédération africaine de football (CAF) ouvre la porte à davantage de nations émergentes. Des sélections comme le Cap-Vert, le Malawi ou encore la Tanzanie auront l’occasion de se mesurer aux géants historiques que sont le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Ghana ou le Cameroun. Le défi sera de démontrer que le football féminin africain ne se résume plus à quelques puissances traditionnelles, mais qu’il s’enracine progressivement sur l’ensemble du continent.

    Le Maroc, pays hôte, jouera également une partie importante de son image. Après avoir investi massivement dans les infrastructures sportives et organisé plusieurs grandes compétitions continentales, le royaume entend confirmer son statut de référence du football africain. Le succès populaire et organisationnel de cette CAN féminine sera observé de près, alors que le pays poursuit sa stratégie d’accueil des grands rendez-vous internationaux.

    Mais l’enjeu dépasse largement le cadre sportif. La CAN féminine constitue désormais un véritable levier de transformation sociale. Chaque édition contribue à renforcer la visibilité des femmes dans le sport, à encourager les jeunes filles à pratiquer le football et à convaincre les fédérations nationales d’investir davantage dans leurs championnats féminins. Les performances des joueuses africaines sont aujourd’hui suivies bien au-delà du continent, plusieurs d’entre elles évoluant dans les meilleurs clubs européens.

    Reste toutefois un défi majeur : transformer l’engouement suscité par la compétition en un développement durable. Les progrès réalisés pendant quelques semaines devront se prolonger par des investissements dans la formation, les centres de développement, les compétitions nationales et la professionnalisation des clubs. Sans ces efforts, la CAN risque de demeurer une simple vitrine.

    En définitive, cette édition 2026 apparaît comme un véritable test de maturité. Si le spectacle est au rendez-vous, si les stades se remplissent et si les jeunes générations s’identifient aux héroïnes du tournoi, alors le football féminin africain franchira un nouveau cap. Le Maroc offrira le décor, mais ce sont les seize nations qualifiées qui écriront une page importante de l’histoire du sport africain.

  • Mondial 2026 : l’Afrique envoie 10 nations, le Maghreb sauve l’honneur

    Mondial 2026 : l’Afrique envoie 10 nations, le Maghreb sauve l’honneur

    Avec un nombre record de dix représentants à la Coupe du monde 2026, le football africain nourrissait de grandes ambitions. Pourtant, à l’issue des seizièmes de finale, le constat est sans appel : seules deux sélections africaines ont décroché leur billet pour les quarts de finale, et toutes deux sont issues du Maghreb.

    L’Afrique avait réussi une performance historique en qualifiant dix équipes pour le tournoi mondial : le Maroc, l’Algérie, l’Égypte, la Tunisie, le Sénégal, le Ghana, la Côte d’Ivoire, la RD Congo, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud. Une représentation inédite qui laissait espérer une présence massive dans le dernier carré de la compétition.

    Mais les huitièmes de finale ont brutalement réduit ces ambitions. Le Sénégal s’est incliné face à la Belgique (3-2), la Côte d’Ivoire a cédé devant la Norvège (1-0), le Ghana a été éliminé par la Colombie (1-0), la RD Congo a chuté contre l’Angleterre (2-1), le Cap-Vert a livré une bataille héroïque avant de s’incliner face à l’Argentine (3-2), tandis que l’Afrique du Sud avait déjà quitté la compétition au tour précédent.

    Au final, seuls le Maroc et l’Égypte ont réussi à franchir le cap des huitièmes de finale. Les Lions de l’Atlas ont créé la surprise en éliminant les Pays-Bas aux tirs au but, confirmant leur statut de valeur sûre du football africain après leur épopée historique au Mondial 2022. Les Pharaons, eux, ont également validé leur qualification au terme d’un duel intense face à l’Australie.

    Cette situation met une nouvelle fois en lumière la montée en puissance des sélections maghrébines sur la scène mondiale. Depuis plusieurs années, le Maroc, l’Algérie et l’Égypte bénéficient d’une meilleure structuration de leurs championnats, d’investissements importants dans la formation et d’un vivier de joueurs évoluant dans les plus grands clubs européens.

    Si l’Afrique peut se réjouir d’avoir battu un record de participation, les résultats rappellent que le défi reste désormais de transformer cette présence quantitative en véritables performances sportives. Pour l’heure, le rêve africain repose uniquement sur deux représentants du Maghreb, seuls rescapés d’un contingent pourtant historique.

  • Universités africaines : le naufrage de l’Afrique de l’Ouest francophone

    Universités africaines : le naufrage de l’Afrique de l’Ouest francophone

    Le classement 2026 des meilleures universités africaines confirme la domination de l’Afrique du Sud et de l’Égypte, tandis que l’Afrique de l’Ouest francophone brille par son absence.

    L’enseignement supérieur africain continue de gagner en visibilité sur la scène internationale. Mais le dernier classement « World’s Best Universities 2026-2027 » publié par U.S. News & World Report révèle une réalité préoccupante : aucune université de l’Afrique de l’Ouest francophone ne figure parmi les dix meilleures du continent.

    Relayé par Business Insider Africa, ce palmarès repose principalement sur la qualité de la recherche scientifique, la réputation académique internationale et régionale ainsi que l’influence des établissements dans la production du savoir.

    Sans surprise, l’Afrique du Sud et l’Égypte dominent largement le classement. À elles seules, ces deux nations occupent neuf des dix premières places, confirmant leur leadership en matière d’investissements dans la recherche, d’infrastructures universitaires et de coopération internationale.

    Le Nigeria sauve l’honneur de l’Afrique de l’Ouest grâce à l’Université d’Ibadan, classée quatrième sur le continent et seule représentante de la région dans le Top 10. En revanche, les universités du Togo, du Ghana, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Burkina Faso, du Mali, du Niger ou encore de la Guinée sont totalement absentes de ce cercle très fermé. Une absence qui met en lumière le retard persistant de l’Afrique de l’Ouest, en particulier de l’espace francophone, dans les grands classements internationaux.

    L’Université du Cap conserve sa première place en Afrique, suivie de l’Université du Caire et de l’Université du Witwatersrand. Le reste du classement est partagé entre plusieurs établissements sud-africains et égyptiens.

    Toutefois, les auteurs du rapport rappellent que ce classement évalue avant tout les performances en recherche et la réputation académique. Il ne mesure ni la qualité de l’enseignement, ni les conditions de vie sur les campus, ni l’accessibilité financière des études.

    Ce nouveau palmarès constitue néanmoins un signal fort pour les États ouest-africains, appelés à renforcer leurs investissements dans la recherche, l’innovation et l’internationalisation de leurs universités afin de gagner en compétitivité sur la scène mondiale.

  • Drépanocytose : l’Afrique face à une urgence silencieuse qui continue de faucher des milliers de vies

    Drépanocytose : l’Afrique face à une urgence silencieuse qui continue de faucher des milliers de vies

    Chaque 19 juin, la Journée mondiale de la drépanocytose rappelle qu’au-delà d’une maladie génétique, c’est une véritable urgence de santé publique qui frappe particulièrement l’Afrique.

    Longtemps méconnue et insuffisamment prise en compte dans les politiques sanitaires, la drépanocytose demeure aujourd’hui l’une des maladies génétiques les plus répandues et les plus meurtrières au monde. À l’occasion de la Journée mondiale de la drépanocytose, célébrée chaque 19 juin, les professionnels de santé et les organisations internationales multiplient les appels pour une meilleure prévention, un dépistage précoce et un accès équitable aux traitements.

    L’Organisation mondiale de la Santé considère désormais cette pathologie comme un enjeu majeur de santé publique à l’échelle mondiale, avec un impact particulièrement alarmant sur le continent africain.

    Une maladie qui frappe durement l’Afrique

    Les chiffres sont éloquents. En 2021, environ 7,74 millions de personnes vivaient avec la drépanocytose dans le monde, tandis que près de 515 000 nouveau-nés ont vu le jour avec cette maladie. L’Afrique subsaharienne concentre à elle seule près de 80 % des cas recensés à l’échelle mondiale.

    La maladie est particulièrement dramatique chez les enfants. Chaque année, des milliers d’entre eux succombent à des complications qui auraient pourtant pu être évitées grâce à un diagnostic précoce et à une prise en charge adaptée. Selon l’OMS, la drépanocytose est responsable d’une part importante des décès chez les enfants de moins de cinq ans, mais son impact réel reste largement sous-estimé dans de nombreux pays africains en raison de l’insuffisance des systèmes d’enregistrement des décès.

    Plusieurs pays, dont le Nigeria, la République démocratique du Congo, le Ghana, le Cameroun ou encore le Togo, figurent parmi les plus concernés. Cependant, les programmes nationaux de dépistage restent encore insuffisamment développés.

    Une maladie héréditaire, pas contagieuse

    Contrairement à certaines idées reçues, la drépanocytose n’est pas une maladie infectieuse et ne se transmet pas d’une personne à une autre.

    Elle est provoquée par une mutation du gène HBB, responsable de la fabrication de l’hémoglobine, la protéine qui transporte l’oxygène dans le sang. Cette anomalie entraîne la production de globules rouges en forme de faucille qui deviennent rigides, fragiles et susceptibles d’obstruer les vaisseaux sanguins.

    La transmission est exclusivement héréditaire. Lorsqu’un enfant hérite du gène défectueux de ses deux parents, il développe la maladie.

    Les principaux symptômes sont nombreux :

    • des crises douloureuses parfois très intenses ;
    • une anémie chronique ;
    • des infections répétées ;
    • des difficultés respiratoires ;
    • des retards de croissance ;
    • des accidents vasculaires cérébraux ;
    • des atteintes des organes vitaux.

    Des traitements qui permettent aujourd’hui de mieux vivre

    Si la drépanocytose n’est pas encore totalement éradiquée, les avancées médicales des dernières années ont considérablement amélioré la qualité de vie des patients.

    La prise en charge repose d’abord sur le dépistage néonatal, qui permet d’identifier très tôt les enfants atteints afin de prévenir les complications.

    Parmi les traitements disponibles figurent :

    • l’administration régulière de vaccins et d’antibiotiques pour prévenir les infections ;
    • les transfusions sanguines ;
    • les médicaments antidouleur lors des crises ;
    • l’hydroxyurée, qui réduit la fréquence et la gravité des crises douloureuses et améliore l’espérance de vie des patients.

    La greffe de moelle osseuse demeure actuellement le seul traitement potentiellement curatif, mais elle reste peu accessible en Afrique en raison de son coût élevé et de la nécessité de disposer d’un donneur compatible.

    Par ailleurs, la thérapie génique ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques, même si ces innovations restent encore hors de portée pour la majorité des patients africains.

    Faire de la drépanocytose une priorité politique

    Au-delà des avancées scientifiques, le principal défi reste celui de l’accès aux soins. Les experts appellent les gouvernements africains à renforcer le dépistage systématique, améliorer la disponibilité des médicaments et intensifier les campagnes de sensibilisation auprès des populations.

    En cette Journée mondiale de la drépanocytose, le message est clair : cette maladie n’est plus une fatalité. Avec des investissements adéquats, des politiques publiques ambitieuses et une meilleure information des populations, des millions de vies pourraient être sauvées.

    L’Afrique, qui porte aujourd’hui l’essentiel du fardeau mondial, détient également une grande partie des solutions pour inverser la tendance et transformer cette urgence silencieuse en une victoire sanitaire durable.

Radio Renouveau228

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