Étiquette : Afrique

  • Désinformation : les médias africains en riposte

    Désinformation : les médias africains en riposte

    À l’heure où la désinformation gagne du terrain, notamment dans les domaines sensibles de la santé, du climat et de l’environnement, les médias sont appelés à jouer un rôle déterminant. C’est dans ce contexte que le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) a pris part à une table ronde organisée par CFI Médias, en marge du One Health Summit de Lyon. Une rencontre stratégique qui a mis en lumière les réponses concrètes face à un phénomène devenu mondial.

    Mobilisation panafricaine face à la désinformation

    Intervenant lors de cette table ronde, le Conseiller spécial du Président du REMAPSEN et Directeur des Partenariats, Bouba Sow, a présenté une approche structurée reposant sur la force du collectif. Le REMAPSEN s’impose aujourd’hui comme un réseau panafricain puissant, regroupant plus de 800 médias répartis dans plus de 40 pays africains.

    Cette organisation permet de mutualiser les ressources, d’harmoniser les messages et surtout de diffuser une information fiable à grande échelle. Dans des contextes où les fausses informations circulent rapidement, souvent au-delà des frontières, cette coordination apparaît essentielle. Elle contribue également à réduire les zones d’ignorance, en tenant compte des réalités socioculturelles et linguistiques propres à chaque région.

    Former pour mieux informer

    Au-delà de la diffusion d’informations fiables, le REMAPSEN mise sur le renforcement des capacités de ses membres. Pour Bouba Sow, lutter contre la désinformation ne consiste pas uniquement à corriger les fausses nouvelles, mais surtout à empêcher leur propagation.

    Ainsi, le réseau forme les journalistes à la production d’informations spécialisées, notamment dans les domaines scientifiques. Cette montée en compétences permet une meilleure compréhension des enjeux liés à la santé, au climat et à l’environnement. Elle favorise également une couverture médiatique plus rigoureuse et crédible, essentielle pour informer les populations de manière responsable.

    En dotant les professionnels des médias d’outils de vérification et d’analyse, le REMAPSEN contribue à la création d’une communauté de journalistes engagés, capables de décrypter et de vulgariser des informations complexes. Une démarche qui, selon ses responsables, peut littéralement sauver des vies en limitant l’impact des fausses informations.

    Pari des partenariats stratégiques

    Le troisième pilier de cette stratégie repose sur le développement de partenariats solides. La lutte contre la désinformation ne peut être menée de manière isolée. Elle nécessite une collaboration étroite entre les médias, les institutions scientifiques, les autorités publiques, les organisations internationales, les fondations et la société civile.

    Cette approche collaborative s’inscrit pleinement dans la vision “One Health” (Une seule santé), qui prône une interconnexion entre la santé humaine, animale et environnementale. Pour Bouba Sow, cette synergie est indispensable pour garantir une communication crédible et efficace en matière de santé publique.

    Médias au cœur de la stratégie globale

    Au-delà de leur rôle traditionnel de relais d’information, les médias sont appelés à devenir de véritables acteurs stratégiques. Selon Bouba Sow, ils doivent être pleinement intégrés aux processus décisionnels et aux dispositifs de réponse face aux crises informationnelles.

    Dans un monde où l’information circule à grande vitesse, la lutte contre la désinformation ne peut être improvisée. Elle doit être collective, professionnelle et fondée sur des sources fiables. L’expérience du REMAPSEN, présentée à Lyon, illustre ainsi une voie prometteuse pour renforcer la résilience des sociétés face aux dérives informationnelles.

    À travers cette initiative, les médias africains démontrent qu’ils peuvent être bien plus que de simples observateurs : des acteurs engagés au cœur des enjeux globaux de santé et d’environnement.

  • One Health 2026 : l’Afrique exige sa place

    One Health 2026 : l’Afrique exige sa place

    En prélude à l’ouverture du One Health Summit 2026 à Lyon, la question de la participation africaine s’impose comme un enjeu majeur.

    Ce vendredi 3 avril 2026, un webinaire organisé par Galien Africa et le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a permis de poser les bases d’une mobilisation continentale autour de cette rencontre internationale stratégique.

    Prévu du 7 avril 2026 dans la ville de Lyon, le One Health Summit se veut un rendez-vous de haut niveau réunissant experts, décideurs politiques et acteurs du développement. Objectif : transformer le concept « Une seule santé » en solutions concrètes face aux défis sanitaires mondiaux. À l’heure où les crises épidémiques et climatiques se multiplient, l’approche intégrée liant santé humaine, animale et environnementale apparaît plus que jamais indispensable.

    Au cœur des échanges, une conviction forte : l’Afrique ne peut être reléguée au second plan. Pour Awa Marie Coll Seck, présidente de Galien Africa, la participation du continent dépasse le simple cadre scientifique. « C’est aujourd’hui un problème de souveraineté, et la voix de l’Afrique doit se faire entendre », a-t-elle affirmé avec fermeté à l’ouverture du webinaire.

    L’ancienne ministre sénégalaise de la Santé insiste sur le rôle crucial que peut jouer l’Afrique dans la dynamique One Health. Selon elle, le continent, particulièrement exposé aux zoonoses, aux dérèglements climatiques et aux fragilités des systèmes de santé, dispose également d’un potentiel d’innovation et d’adaptation unique. « Nous sommes prêts à participer à ce sommet comme de véritables acteurs », a-t-elle souligné, appelant à dépasser les discours pour passer à l’action.

    Le webinaire, qui a réuni divers spécialistes et professionnels des médias, s’est penché sur les systèmes intégrés liant santé, environnement et nutrition. Ces approches transversales sont perçues comme des leviers essentiels pour répondre efficacement aux crises globales. Les intervenants ont notamment insisté sur la nécessité de renforcer la coopération interdisciplinaire et de favoriser l’émergence de solutions locales adaptées aux réalités africaines.

    Au-delà des constats, les discussions ont mis en lumière un impératif : transformer les projets en programmes concrets et les initiatives isolées en politiques à grande échelle. « Le temps est à l’action », a martelé Awa Marie Coll Seck, plaidant pour une meilleure structuration des efforts et une valorisation accrue des innovations africaines.

    L’approche One Health, promue par l’Organisation mondiale de la santé, repose sur une vision intégrée de la santé. Elle reconnaît l’interdépendance entre les humains, les animaux, les plantes et leur environnement. Cette stratégie vise notamment à lutter contre les maladies zoonotiques, la résistance aux antimicrobiens et les risques environnementaux, autant de défis qui affectent fortement les pays africains.

    Dans ce contexte, la participation active de l’Afrique au sommet de Lyon apparaît comme une nécessité stratégique. Il ne s’agit plus seulement de subir les crises, mais de contribuer à leur résolution à l’échelle mondiale. Le webinaire de Galien Africa et du REMAPSEN aura ainsi servi de tremplin pour affirmer une ambition : faire de l’Afrique un acteur central de la santé globale.

    À Lyon, le continent entend désormais faire entendre sa voix et peser sur les décisions. Car, comme l’ont rappelé les intervenants, il ne peut y avoir de réponse efficace aux enjeux sanitaires mondiaux sans une implication forte et structurée de l’Afrique.

  • Services financiers en Afrique : la confiance encore fragile

    Services financiers en Afrique : la confiance encore fragile

    L’Organisation Africaine des Consommateurs (OAC) a franchi un cap important dans son engagement pour la défense des usagers en publiant, ce 25 mars 2026, son tout premier rapport d’enquête sur le niveau de satisfaction des consommateurs des services financiers en Afrique. Présenté lors d’une conférence publique à l’Université de Lomé, l’événement s’est tenu à la fois en présentiel et en ligne, réunissant experts, institutions et acteurs du secteur.

    Fruit d’une vaste enquête menée auprès de 10 655 répondants répartis dans 23 pays africains, ce rapport dresse un état des lieux sans complaisance des relations entre clients et institutions financières. Il met en lumière des attentes fortes, mais aussi des frustrations persistantes, qui freinent l’établissement d’une confiance durable.

    L’accueil et la transparence au cœur des attentes

    Parmi les principaux enseignements, l’importance de la qualité de l’accueil ressort clairement. Les consommateurs accordent une attention particulière à la disponibilité du personnel (31,2 %) et à la clarté des informations fournies (28,2 %). La sympathie et la rapidité du service, bien que moins citées, demeurent des critères non négligeables.

    Cependant, c’est sur la question de la transparence que les attentes sont les plus marquées. Les clients réclament davantage de clarté sur les taux d’intérêt, les frais appliqués et les conditions générales des services. Près de 60 % des répondants souhaitent notamment une meilleure compréhension des délais de remboursement, signe d’un déficit d’information encore préoccupant.

    Crédit : une satisfaction mitigée

    Le rapport révèle également une perception contrastée des conditions d’octroi et de recouvrement des crédits. Si 30,9 % des répondants se déclarent satisfaits, 28,2 % expriment leur insatisfaction, tandis qu’une part importante (31,8 %) reste neutre. Cette tendance traduit un manque de lisibilité et de communication autour des produits financiers.

    Les principaux points de friction concernent les coûts jugés élevés et le manque de flexibilité en cas de difficultés financières. Plus de 72 % des participants appellent à des taux d’intérêt plus compétitifs, tandis que près de 58 % souhaitent des mécanismes d’accompagnement plus souples en période de crise personnelle.

    Un déficit d’éducation financière

    Autre constat préoccupant : le faible niveau d’éducation financière. Une proportion significative des répondants (43,6 %) déclare ignorer les initiatives des banques centrales en matière d’information des consommateurs. Seuls 9,9 % estiment ces efforts fréquents. Ce déficit de sensibilisation limite la capacité des usagers à faire des choix éclairés et à défendre leurs droits.

    Un appel à l’action collective

    Face à ces résultats, l’OAC appelle à une mobilisation de tous les acteurs : États, banques centrales, institutions financières et organisations de consommateurs. L’objectif est clair : renforcer la transparence, améliorer la qualité du service et instaurer un climat de confiance durable.

    L’organisation insiste sur le rôle central des régulateurs dans la supervision du secteur et encourage une collaboration accrue avec les associations de consommateurs. Elle souligne également que ce rapport doit servir de base à des actions concrètes de plaidoyer en faveur d’une inclusion financière plus équitable.

    En donnant la parole aux consommateurs, l’OAC pose ainsi les jalons d’un dialogue essentiel pour l’avenir du secteur financier africain. Un dialogue qui, s’il est suivi d’effets, pourrait transformer durablement la relation entre institutions et usagers.

  • Science en Afrique : l’urgence d’un leadership féminin

    Science en Afrique : l’urgence d’un leadership féminin

    À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, des voix autorisées du monde scientifique africain ont lancé un appel pressant : renforcer la participation des femmes dans la recherche et le développement en matière de santé. Réunis lors d’un webinaire le 12 mars, experts, chercheurs et responsables d’institutions ont dressé un constat sans détour et esquissé des pistes concrètes pour inverser la tendance.

    Un plaidoyer continental pour plus d’équité

    Organisé autour du thème « promouvoir le leadership des femmes dans la recherche et le développement en matière de santé en Afrique : de la politique à l’action », ce webinaire a rassemblé plusieurs organisations engagées, dont Speak Up Africa, Gawani Africa, Les Voix, Africa Center for Health Systems and Gender Justice et Youterus.

    Parmi les intervenants figuraient des personnalités influentes du secteur, notamment la Dr Delese Mimi Darko et la Dr Stellah Bosire. Tous ont insisté sur la nécessité de sensibiliser les décideurs de l’Union africaine, les gouvernements nationaux et les partenaires techniques et financiers à l’importance d’intégrer davantage les femmes dans les sphères scientifiques et décisionnelles.

    L’objectif est clair : faire évoluer les politiques publiques afin de garantir une représentation plus équitable des femmes dans les postes stratégiques liés à la recherche en santé.

    Une sous-représentation persistante

    Malgré leur poids démographique, les femmes restent largement sous-représentées dans les milieux scientifiques africains. Les panélistes ont dénoncé un paradoxe frappant : alors que les femmes constituent une part significative de la population, leur présence dans la recherche demeure marginale.

    Plusieurs facteurs expliquent cette situation. Sur le plan individuel, le manque de confiance en soi est souvent évoqué. À cela s’ajoutent des contraintes économiques, notamment l’insuffisance de financements pour soutenir les études ou les projets de recherche portés par des femmes.

    Les barrières culturelles ne sont pas en reste. Des stéréotypes de genre profondément ancrés continuent de freiner l’accès des femmes aux carrières scientifiques, perçues à tort comme des domaines masculins.

    Des solutions concrètes pour changer la donne

    Face à ces défis, les experts ont proposé une série de mesures concrètes. Le mentorat apparaît comme un levier essentiel. En mettant en avant des modèles féminins de réussite, il permet de renforcer la confiance des jeunes femmes et de les encourager à s’engager dans les sciences.

    La mise en place de bourses plus inclusives constitue également une réponse pertinente pour lever les obstacles financiers. Par ailleurs, le renforcement des capacités, tant techniques que non techniques, est jugé indispensable pour préparer les femmes à occuper des postes de responsabilité.

    Enfin, les intervenants ont insisté sur l’importance de politiques publiques volontaristes en faveur de la parité. L’instauration de mécanismes garantissant une représentation équilibrée dans les instances scientifiques pourrait accélérer l’émergence d’une nouvelle génération de femmes leaders.

    Oser, ambitionner, transformer

    Au-delà des recommandations, un message fort a été adressé aux femmes africaines : oser. Oser franchir les barrières, nourrir leurs ambitions et relever les défis d’un secteur encore largement dominé par les hommes.

    La Dr Angélique Sene, de l’Institut Pasteur de Dakar, a résumé l’enjeu avec clarté : l’avenir de la recherche scientifique en Afrique dépendra en grande partie de l’engagement des femmes. Pour elle, il est crucial de préparer dès aujourd’hui la relève en encourageant les jeunes filles à embrasser les carrières scientifiques.

    Ce webinaire sonne ainsi comme un appel à l’action collective. Car promouvoir le leadership féminin dans la science, ce n’est pas seulement une question d’égalité : c’est un impératif pour le développement et l’innovation en Afrique.

  • CAN 2025 : le Sénégal perd la finale sur tapis vert, le Maroc sacré

    CAN 2025 : le Sénégal perd la finale sur tapis vert, le Maroc sacré

    Le verdict est tombé comme un coup de tonnerre dans le football africain. Le Jury d’Appel de la Confédération Africaine de Football (CAF) a tranché : le Sénégal est déclaré forfait lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Résultat, le Maroc hérite officiellement de la victoire sur le score de 3-0 et décroche le titre continental.

    Une décision lourde de conséquences

    Réuni pour examiner l’appel introduit par la Fédération Royale Marocaine de Football, le Jury d’Appel a jugé la requête recevable et fondée. Il a ainsi annulé la précédente décision du Jury disciplinaire et estimé que le comportement de l’équipe sénégalaise constituait une violation des règlements en vigueur, notamment les articles 82 et 84.

    Dans son communiqué, la CAF affirme clairement que la Fédération Sénégalaise de Football a enfreint les règles à travers l’attitude de son équipe. En conséquence, la sanction est sans appel : match perdu par forfait, avec un score homologué de 3-0 en faveur du Maroc.

    Une finale qui bascule hors du terrain

    Ce dénouement inédit pour une finale de CAN suscite déjà de nombreuses réactions. Alors que le terrain devait départager les deux sélections, c’est finalement une décision administrative qui scelle le sort de cette édition 2025.

    La CAF rappelle que toutes les autres demandes ou conclusions ont été rejetées, confirmant ainsi la fermeté de sa position. Cette décision pourrait durablement marquer les relations sportives entre les deux nations et alimenter les débats autour de la gestion disciplinaire dans les grandes compétitions africaines.

    Le cas Ismaël Saibari et les incidents annexes

    Au-delà du sort de la finale, le Jury d’Appel s’est également prononcé sur plusieurs incidents liés au match. Le joueur marocain Ismaël Saibari a vu sa sanction revue : reconnu coupable de comportement fautif, il écope de deux matchs de suspension, dont un avec sursis. En revanche, l’amende de 100 000 dollars initialement infligée a été annulée.

    Concernant l’organisation du match, la responsabilité de la FRMF a été confirmée pour le comportement des ramasseurs de balles. L’amende a toutefois été réduite à 50 000 dollars. D’autres sanctions financières ont également été ajustées : 10 000 dollars pour l’incident du laser, tandis que l’amende de 100 000 dollars liée aux interférences autour de la zone VAR a été maintenue.

    Une décision qui fera date

    Avec cette décision, la CAF pose un précédent majeur dans l ისტორი du football africain. Jamais une finale de Coupe d’Afrique des Nations n’avait connu une issue aussi controversée, scellée non pas par le jeu mais par une décision réglementaire.

    Reste désormais à mesurer l’impact de ce verdict sur l’image de la compétition et sur les futures éditions. Une chose est sûre : cette CAN 2025 restera gravée dans les mémoires, autant pour ses performances sportives que pour son épilogue hors norme.

  • Journaliste et prêtresse : le double destin d’Antonia Dhossa

    Journaliste et prêtresse : le double destin d’Antonia Dhossa

    De la salle de rédaction au couvent Vodoun, le parcours d’Antonia Dhossa intrigue et fascine. Connue également sous le nom de Miannon Lalissi Sehoundji dans sa fonction spirituelle, cette journaliste béninoise devenue prêtresse du culte Sakpata raconte un chemin de vie marqué par des épreuves et un appel qu’elle dit impossible à ignorer.

    Très active sur les réseaux sociaux, Antonia Dhossa n’est pas seulement une femme de médias. Formée dans une école de journalisme au Bénin, elle a exercé pendant plusieurs années dans ce domaine tout en poursuivant un destin spirituel singulier. Invitée récemment sur un média, elle a confié que l’entrée dans un couvent Vodoun ne relève jamais d’un simple choix personnel. Selon elle, il s’agit d’un appel qui se manifeste de différentes manières.

    Elle explique que les premiers signes sont apparus lorsqu’elle était encore étudiante. À l’époque, elle vivait des épisodes troublants, marqués par des transes inattendues. « Ceux qui m’ont connue à l’université se souviennent que je pouvais entrer en transe dans des bars ou ailleurs. Je me retrouvais ensuite à la maison sans comprendre ce qui s’était passé », raconte-t-elle. Son père lui recommandait alors de limiter ses sorties, sans lui donner davantage d’explications.

    Mais les manifestations ne se limitaient pas à ces épisodes mystérieux. Sur le plan sentimental, sa vie semblait également perturbée. Elle raconte que ses relations amoureuses se terminaient souvent de manière brutale et incompréhensible. « Il arrivait qu’un homme qui voulait être avec moi assiste soudain à une transe. Effrayé, il prenait la fuite », explique-t-elle.

    Face à ces situations répétées, elle finit par interroger sa famille. Son père, dignitaire du culte Sakpata, lui révèle alors une vérité familiale : sa naissance serait liée à l’intervention des divinités ancestrales. Après avoir longtemps eu des difficultés à avoir des enfants, il aurait obtenu cette grâce grâce aux divinités. Antonia serait ainsi destinée à servir l’une d’elles.

    Cette révélation n’a pourtant pas été facile à accepter. Élevée dans une éducation évangélique, elle percevait initialement le Vodoun comme quelque chose de négatif. Mais les phénomènes qu’elle vivait continuaient, la poussant finalement à chercher des réponses.

    Elle décide alors d’affronter cette réalité en entrant au couvent. Pendant trois mois, elle suit des rituels initiatiques. À sa sortie, elle devient Vodounsi, avant de poursuivre son initiation jusqu’à accéder au rang de prêtresse, ou Hounon, avec l’accompagnement de son père.

    Aujourd’hui, Antonia Dhossa affirme vivre pleinement ce double engagement. Journaliste et prêtresse, elle assure concilier ces deux identités sans complexe. « C’est très facile pour moi de gérer les deux vies et c’est même une fierté », dit-elle.

    Mariée et mère de plusieurs enfants, elle reconnaît toutefois que son choix a provoqué des ruptures dans son entourage. Certaines personnes se sont éloignées, avant de revenir avec le temps.

    Pour elle, le Vodoun reste une richesse culturelle africaine trop longtemps diabolisée. Elle estime qu’il est temps de dépasser les préjugés et de reconnaître la place de ces traditions spirituelles dans l’histoire et l’identité du continent.

    Source : globalactu.com

  • 𝐅𝐀𝐂𝐄 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐍𝐅𝐋𝐈𝐓𝐒 𝐆𝐄́𝐎𝐏𝐎𝐋𝐈𝐓𝐈𝐐𝐔𝐄𝐒 (𝐄́𝐓𝐀𝐓𝐒-𝐔𝐍𝐈𝐒–𝐈𝐒𝐑𝐀𝐄̈𝐋–𝐈𝐑𝐀𝐍), 𝐔𝐍 𝐄́𝐕𝐄𝐈𝐋 𝐃𝐄𝐒 𝐄́𝐋𝐈𝐓𝐄𝐒 𝐀𝐅𝐑𝐈𝐂𝐀𝐈𝐍𝐄𝐒 𝐄𝐒𝐓 𝐍𝐄́𝐂𝐄𝐒𝐒𝐀𝐈𝐑𝐄

    𝐅𝐀𝐂𝐄 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐍𝐅𝐋𝐈𝐓𝐒 𝐆𝐄́𝐎𝐏𝐎𝐋𝐈𝐓𝐈𝐐𝐔𝐄𝐒 (𝐄́𝐓𝐀𝐓𝐒-𝐔𝐍𝐈𝐒–𝐈𝐒𝐑𝐀𝐄̈𝐋–𝐈𝐑𝐀𝐍), 𝐔𝐍 𝐄́𝐕𝐄𝐈𝐋 𝐃𝐄𝐒 𝐄́𝐋𝐈𝐓𝐄𝐒 𝐀𝐅𝐑𝐈𝐂𝐀𝐈𝐍𝐄𝐒 𝐄𝐒𝐓 𝐍𝐄́𝐂𝐄𝐒𝐒𝐀𝐈𝐑𝐄

    Kossigan Kokou-Kpolou, Ph.D., professeur en psychologie à l’Université Laval, à Québec (Canada) et chercheur régulier affilié à plusieurs centres de recherche, dont le Centre interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient (CIRAM) et l’Observatoire de Psychologie, des Conflits Armés et des Violences Intergroupes (Psycavi), appelle à “un éveil des élites africaines…face aux conflits géopolitiques (Etats-Unis-Israël-Iran).”

    Dans la nuit du 27 au 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé conjointement des attaques aériennes contre l’Iran. Baptisées « Epic Fury Operation », ces attaques ont été lancées alors même que des négociations diplomatiques étaient encore engagées. Encore une fois, une agression militaire, menée sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU et en marge de tout cadre juridique international. Des opérations qualifiées de « frappes préventives », visant des sites militaires et infrastructurels iraniens, auraient causé, selon certaines sources, la mort de dizaines d’élèves d’une école primaire. L’Iran a immédiatement riposté par des contre-attaques sur des positions israéliennes et des bases américaines dans la région.

    𝐔𝐧 𝐞𝐧𝐠𝐫𝐞𝐧𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫𝐞𝐮𝐱 𝐬’𝐨𝐮𝐯𝐫𝐞, 𝐬𝐮𝐬𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐝’𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐩𝐩𝐞𝐫 𝐚̀ 𝐬𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐢𝐭𝐢𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬, 𝐚𝐮 𝐌𝐨𝐲𝐞𝐧-𝐎𝐫𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐚𝐮-𝐝𝐞𝐥𝐚̀.

    Au plan international, plusieurs gouvernements et organisations appellent à la cessation des hostilités et au retour à la diplomatie. Mais comme toujours, “notre” Union Africaine présentera plus tard un communiqué vague, insipide et lâche.

    Face à ce nouveau conflit, on aurait aimé lire ou entendre les mêmes voix qui, il y a deux mois, se laissaient fasciner par l’intervention militaire américaine au Venezuela questionner aujourd’hui les mêmes logiques. Est-ce encore du réalisme géopolitique ou simplement la loi des puissances impérialistes et expansionnistes ? Une intervention militaire sans mandat, subordonnée à des intérêts géostratégiques, remet en question la cohérence normative des positionnements qui célèbrent tantôt telle ou telle puissance en conflit. La fascination pour une puissance impérialiste, lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’un jugement critique, conduit à 𝐧𝐨𝐫𝐦𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐠𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝’𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐛𝐚𝐟𝐨𝐮𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥.

    En tant qu’élites africaines, nous avons une double responsabilité : 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐮𝐜𝐢𝐝𝐢𝐭𝐞́ 𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐲𝐧𝐚𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐠𝐞́𝐨𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐢𝐚𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐮𝐧 𝐣𝐮𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥 𝐜𝐨𝐡𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐭, 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐞́𝐭𝐡𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐥𝐞. Nous devons refuser les apparences, questionner les emballements médiatiques et nous affranchir des rhétoriques propagandistes binaires. De cette double exigence dépend 𝒏𝒐𝒕𝒓𝒆 𝒄𝒂𝒑𝒂𝒄𝒊𝒕𝒆́ 𝒂̀ 𝒇𝒐𝒓𝒈𝒆𝒓 𝒖𝒏𝒆 𝒗𝒆́𝒓𝒊𝒕𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒗𝒐𝒍𝒐𝒏𝒕𝒆́ 𝒅𝒆 𝒑𝒖𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆, 𝒏𝒐𝒏 𝒑𝒂𝒔 𝒖𝒏𝒆 𝒑𝒖𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆 𝒅𝒐𝒎𝒊𝒏𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏, 𝒎𝒂𝒊𝒔 𝒖𝒏𝒆 𝒑𝒖𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆 𝒎𝒆́𝒅𝒊𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒆𝒕 𝒅𝒆 𝒅𝒊𝒔𝒔𝒖𝒂𝒔𝒊𝒐𝒏, 𝒄𝒂𝒑𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒅𝒆 𝒓𝒆́𝒈𝒖𝒍𝒆𝒓 𝒆𝒕 𝒅’𝒂𝒓𝒃𝒊𝒕𝒓𝒆𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒕𝒆𝒏𝒔𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒈𝒆́𝒐𝒑𝒐𝒍𝒊𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒎𝒐𝒏𝒅𝒊𝒂𝒍𝒆𝒔.

    𝐋’𝐢𝐦𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐧𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞̀𝐠𝐞 𝐩𝐚𝐬 : 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞́𝐬𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐥𝐢𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐠𝐞́𝐨𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐢𝐚𝐮𝐱.

    Notre mission n’est pas d’être spectateurs fascinés par des États suprématistes qui, au nom de prétendues destinées messianiques, foulent aux pieds l’inviolabilité des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. Au contraire, il nous revient de contribuer, par la réflexion stratégique et l’action prospective, à 𝐞́𝐥𝐚𝐛𝐨𝐫𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐩𝐨𝐧𝐬𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐥𝐢𝐞𝐧𝐭𝐞𝐬, 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐧𝐨𝐦𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞́𝐟𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐥’𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐡𝐞́𝐠𝐞́𝐦𝐨𝐧𝐢𝐞𝐬 𝐢𝐦𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞𝐬 𝐞𝐱𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐜𝐭𝐚𝐭𝐨𝐫𝐢𝐚𝐮𝐱 𝐪𝐮𝐢 𝐨𝐩𝐩𝐫𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐧𝐨𝐬 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬, hypothéquant l’avenir du continent et de sa jeunesse. Nous devons produire des analyses indépendantes, former les consciences, structurer des espaces numériques de débat rationnel, proposer des alternatives africaines crédibles, éclairer les choix géostratégiques par des repères de notre civilisation multiséculaire.

    Être une élite africaine, c’est porter une responsabilité historique : penser avec lucidité et agir avec courage pour la souveraineté de l’Afrique. 𝐋𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐥𝐢𝐭𝐬 𝐠𝐞́𝐨𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐨𝐢𝐧𝐭𝐚𝐢𝐧𝐬 ; 𝐢𝐥𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐬𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐢𝐧𝐜𝐚𝐫𝐧𝐞𝐫 𝐩𝐥𝐞𝐢𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́.

    Dr Kossigan Cyrille Kokou-Kpolou

  • Disparition de Boncana Maïga : l’Afrique musicale en deuil

    L’Afrique vient de perdre l’un de ses plus illustres ambassadeurs culturels. Compositeur, arrangeur, chef d’orchestre et producteur de génie, Boncana Maïga laisse derrière lui un héritage immense, façonné sur plusieurs décennies au service de la musique africaine. Son nom restera à jamais associé à l’âge d’or des orchestres modernes et à l’internationalisation des sonorités mandingues.

    Un pionnier de l’Afro-jazz

    Né au Mali, Boncana Maïga s’impose très tôt comme un musicien d’exception. Dans les années 1960 et 1970, il participe activement au renouveau musical post-indépendance, période marquée par l’émergence de grands orchestres nationaux. Son talent d’arrangeur et sa maîtrise des cuivres font rapidement de lui une référence incontournable.

    Visionnaire, il contribue à forger un style original mêlant rythmes traditionnels, influences afro-cubaines, jazz et funk. Cette fusion audacieuse ouvre de nouvelles perspectives à la musique ouest-africaine, qui s’exporte progressivement vers l’Europe et l’Amérique du Nord. Boncana Maïga n’était pas seulement un interprète : il était un bâtisseur de ponts entre les cultures.

    Un producteur au rayonnement international

    Installé à l’étranger pendant une partie de sa carrière, il collabore avec de nombreux artistes africains et internationaux. Son studio devient un carrefour de talents, où se croisent chanteurs, instrumentistes et compositeurs désireux d’enrichir leur palette sonore.

    En tant que producteur, il joue un rôle clé dans la professionnalisation de la musique africaine. Exigeant et rigoureux, il accompagne les artistes dans la structuration de leurs œuvres, de l’écriture à l’arrangement final. Plusieurs générations de musiciens lui doivent leur ascension et saluent aujourd’hui sa bienveillance, son sens du détail et son amour inconditionnel de l’art.

    Un héritage culturel inestimable

    Au-delà des succès et des distinctions, Boncana Maïga incarnait une certaine idée de la culture : exigeante, ouverte et enracinée. Il croyait fermement que la musique africaine devait puiser dans ses traditions tout en dialoguant avec le monde. Cette conviction a guidé toute sa carrière.

    Son engagement en faveur de la transmission restera l’un de ses plus grands legs. À travers des festivals, des formations et des collaborations, il n’a cessé d’encourager la relève. Pour lui, la musique était un patrimoine vivant, à préserver et à faire évoluer.

    L’émotion d’un continent

    Depuis l’annonce de sa disparition, hommages et témoignages affluent de Bamako à Paris, de Dakar à Montréal. Artistes, responsables culturels et anonymes saluent la mémoire d’un homme discret mais déterminant, dont l’influence dépasse largement les frontières du Mali.

    Avec Boncana Maïga s’éteint une page majeure de l’histoire musicale africaine. Mais son œuvre, elle, continue de vibrer dans les orchestres, les studios et les cœurs. Plus qu’un musicien, il était un symbole : celui d’une Afrique créative, audacieuse et fière de ses racines.

  • « Moi, le foot, l’Afrique » : Hervé Renard, confessions d’un entraîneur façonné par le continent

    « Moi, le foot, l’Afrique » : Hervé Renard, confessions d’un entraîneur façonné par le continent

    Avec ”Moi, le foot, l’Afrique”, Hervé Renard signe bien plus qu’un simple livre de souvenirs sportifs. Le technicien français, double vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations, en 2012 avec la Zambie et en 2015 avec la Côte d’Ivoire, livre un témoignage sincère, humain et profondément respectueux d’un continent qui a façonné sa carrière et son regard sur le football… et sur la vie.

    Dans cet ouvrage, Hervé Renard raconte une histoire peu commune : celle d’un entraîneur européen devenu une figure emblématique du football africain. Loin des clichés, il décrit l’Afrique telle qu’il l’a vécue de l’intérieur, sur les terrains poussiéreux comme dans les grands stades, dans l’intimité des vestiaires et au cœur des émotions collectives. Le livre se lit comme un voyage initiatique, marqué par les défis, les doutes, mais surtout par des victoires humaines avant d’être sportives.

    La CAN 2012 avec la Zambie occupe une place centrale. Renard y retrace l’exploit historique des Chipolopolo, sacrés champions un an jour pour jour après la disparition tragique de l’équipe nationale dans un crash aérien. Le technicien français revient sur la charge émotionnelle immense de cette victoire, symbole de résilience et de mémoire. Plus qu’un titre, ce sacre apparaît comme un moment de communion entre un peuple et son histoire.

    Trois ans plus tard, la CAN 2015 avec la Côte d’Ivoire confirme la relation singulière entre Hervé Renard et le football africain. Dans un contexte de forte pression et d’attentes immenses, il raconte comment il a su rassembler une génération de stars, apaiser les egos et bâtir un collectif solide. Là encore, le livre met en lumière l’importance du facteur humain, de la confiance et du respect des cultures locales.

    Moi, le foot, l’Afrique est aussi une réflexion sur le management, l’adaptation et l’humilité. Renard y explique combien l’Afrique l’a transformé, lui apprenant à écouter, à observer et à comprendre avant d’imposer. Il rend hommage aux joueurs, aux staffs locaux et aux supporters, dont la passion déborde largement le cadre du sport.

    Accessible, inspirant et sans arrogance, cet ouvrage s’adresse autant aux amoureux du football qu’à ceux qui s’intéressent à l’Afrique contemporaine. Hervé Renard y défend une conviction forte : le football africain est une richesse mondiale, portée par des talents, des valeurs et une ferveur incomparables.

    Avec ce livre, Hervé Renard ne parle pas seulement de trophées. Il raconte une histoire d’hommes, de cultures et de destin partagé entre un entraîneur et un continent qui, manifestement, ne l’a jamais quitté.

  • Quand le tambour transmet l’âme africaine

    Quand le tambour transmet l’âme africaine

    A Lomé, l’art musical traditionnel est au cœur de la transmission des valeurs africaines avec la 5è édition d’une formation initiée par TAG’ART, un acteur engagé dans la promotion et la sauvegarde du patrimoine culturel du Berceau de l’Humanité.

    À Lomé, la culture africaine continue de vibrer au rythme des tambours et des danses ancestrales. Le Centre culturel « Alodé Kplona Alodè », situé à Nétadi, accueille la 5ᵉ édition de la Formation en art musical traditionnel, une initiative portée par TAG’ART, acteur engagé dans la promotion et la sauvegarde du patrimoine culturel africain.

    Placée sous le thème évocateur « Réveillez le rythme en vous », cette formation s’étend sur un mois, avec 12 séances intensives, ouvertes à toutes celles et ceux qui souhaitent renouer avec l’essence même des arts traditionnels africains. Plus qu’un simple apprentissage artistique, cette formation se présente comme un véritable espace de transmission des valeurs africaines fondamentales : le respect des anciens, la solidarité communautaire, la discipline, l’identité culturelle et le vivre-ensemble.

    Les modules proposés témoignent de la richesse et de la diversité du patrimoine musical et chorégraphique africain. Les participants sont initiés au djembé, instrument emblématique de la communication et du rassemblement communautaire, à la castagnette, au gong, ainsi qu’à l’aguidahoun, tambour traditionnel profondément enraciné dans les rites et les cérémonies. La danse Agbadja, symbole de cohésion sociale et d’expression collective, occupe également une place centrale dans le programme.

    À travers ces disciplines, les apprenants découvrent que l’art traditionnel africain n’est pas un simple divertissement, mais un langage vivant, porteur d’histoire, de spiritualité et de sagesse. Chaque rythme raconte une histoire, chaque pas de danse transmet un message, chaque instrument relie l’individu à sa communauté et à ses ancêtres.

    Accessible à 500 francs CFA par séance, cette formation se veut inclusive, favorisant l’accès du plus grand nombre à la culture. Elle illustre une volonté forte de préserver l’identité africaine face aux influences extérieures, tout en adaptant la transmission aux réalités contemporaines.

    À l’heure où de nombreuses cultures sont menacées par l’oubli, l’initiative de TAG’ART apparaît comme un acte de résistance culturelle et un appel à la jeunesse africaine, celui de se réapproprier ses racines pour mieux construire l’avenir.

    Pour toute information, les intéressés peuvent contacter le +228 93 91 84 95.

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