Étiquette : Afrique

  • Droit à la santé des paysans, plus de 1000 places à pourvoir d’ici 2025, annonce le président de AIMES AFRIQUE, prof Serge Michel KODOM

    Droit à la santé des paysans, plus de 1000 places à pourvoir d’ici 2025, annonce le président de AIMES AFRIQUE, prof Serge Michel KODOM

    L’ONG AIMES-AFRIQUE lance un appel à candidatures pour la création d’une plateforme panafricaine  dans l’optique de renforcer les soins de santé en zonez rurales. Une initiative qui fait suite à l’Appel de Genève.

    Plateforme

    Vendredi 20 septembre 2024 à son siège à Lomé. Le Prof Honoraire Serge Michel KODOM, président fondateur de l’Association internationale des médecins pour la promotion de la santé et de l’éducation en Afrique (AIMES AFRIQUE), lance,  au cours d’une rencontre avec la presse, un appel à candidatures pour la création d’une plateforme de 1000 organisations.

    Une invitation adressée aux organisations de la société civile (OSC) opérant dans les milieux ruraux sur le continent. Avec une promesse de soutien au financement de leurs projets novateurs au profit des paysans.

    La création de cette plateforme  s’origine dans l’Appel de Genève de 2019. Cette année-là, AIMES AFRIQUE a organisé une conférence internationale en terre helvétique sur les problèmes liés à l’accès des soins de santé en milieux ruraux en Afrique.

    Couverture sanitaire universelle

    Cette rencontre, à laquelle ont pris part plusieurs acteurs du système de santé sur le continent, a débouché sur ce qui est convenu de nommer désormais l’Appel de Genève. Celui-ci rappelant les causes des inégalités sociales en matière de santé sur le continent et ce qu’il faut faire pour réduire cette fracture. L’une des recommandations reste la promotion du droit à la santé des paysans et autres personnes vulnérables en milieux ruraux. 

    AIMES AFRIQUE ambitionne, à travers le financement des projets, de vulgariser ledit droit d’une part, et d’autre part, de fédérer les actions des OSC opérant dans les zones rurales sur cette problématique à travers donc la création d’une plateforme de 1000 organisations dans le but d’atteindre la couverture sanitaire universelle en Afrique.

     « Nous avons décidé de donner l’opportunité aux OSC travaillant en zones rurales en Afrique d’adhérer une  plateforme à l’échelle continentale pour soutenir les initiatives entreprises dans leur communautés », explique M. KODOM.

    Et d’enchaîner : « Il est également question de créer un cadre d’échanges sur les bonnes pratiques dans les différentes régions de l’Afrique. L’appel à candidatures est ouvert à toutes les OSC du continent pour appartenir à cette grande famille de professionnels et de bénéficier des subventions pour leurs projets retenus ».

    Vingtième anniversaire

    Les Organisations de la société civile, potentielles candidates, ont jusqu’au 20 décembre 2024, pour s’inscrire. En janvier 2025, les projets retenus seront rendus publics au cours d’une grande conférence célébrant les noces de porcelaine de AIMES AFRIQUE.

    La santé humaine, santé animale, sante environnementale, couverture sanitaire universelle, promotion du droit à la santé et One Health sont les six domaines retenus pour la confection des projets.

    « Les conditions de participations sont entre autres : une existence légale datant d’au moins trois ans, présenter des rapports d’activité et financier des trois dernières années et adhérer à l’Appel de Genève », souligne le Président Fondateur de AIMES AFRIQUE.

    Pour postuler, les OSC doivent s’adresser à AIMES AFRIQUE sur info@aimes-afrique.org ou  + 228 : 70 18 39 39/ 90 02 85 95. L’autre moyen de postuler est le scanne de ce code QR.

    Appel à candidatures et de sélection des OSC travaillant en zones rurales pour intensifier les actions en faveur des couches vulnérables et la promotion du droit à la santé des paysans en Afrique
    👉🏼 https://forms.gle/XGYVh65Jfb2GdiaN7

    Perspectives

    L’autre moment important de la conférence de presse de ce 20 septembre est l’annonce des activités du dernier semestre de l’année. Il est prévu une mission médico chirurgicale foraine gratuite du 28 septembre au 02 octobre 2024 dans la préfecture de la Kozah, une autre  et en novembre dans la région centrale, au Togo donc. Il se prépare, en outre, l’inauguration des bâtiments scolaires avec le lancement officiels des activités des clubs santé créés dans les établissements du secondaire.

  • Aliko Dangote n’est plus l’homme le plus riche d’Afrique selon un classement

    Aliko Dangote n’est plus l’homme le plus riche d’Afrique selon un classement

    Les données les plus récentes du classement « Bloomberg Billionaires Index »  démontrent que l’homme le plus riche d’Afrique n’est plus le businessman nigérian Aliko Dangote mais le Sud-africain Johann Rupert.

    Johann Rupert est aujourd’hui le plus fortuné du continent avec 14,3 milliards de dollars. C’est la conclusion à laquelle aboutissent les récentes études de « Bloomberg Billionaires Index ». C’est à partir de 2020 que la fortune de l’homme d’affaires sud-africain s’est envolée, grâce au groupe Richemont, un géant de luxe, dont le siège se trouve en terre helvétique.

    Agé de 74 ans, M. Rupert patronne le groupe Remgro, «spécialisé dans la gestion d’actifs, et au Luxembourg, de la société Reinet Investments ».

    Aliko Dangoté, à en croire le classement Forbes, resterait l’homme le plus riche d’Afrique.

    Le classement mondial, toutes tendances confondues, place Elon Musk, l’Américain d’origine Sud-africaine, à la première place.

  • En Afrique, quelles stratégies pour atteindre « zéro faim dans le monde » ?

    En Afrique, quelles stratégies pour atteindre « zéro faim dans le monde » ?

    L’objectif « zéro faim dans le monde » d’ici 2030 pourrait être atteint à condition de trouver de nouveaux financements. Mais comment ? Les Nations unies tentent d’y répondre en mettant un accent particulier sur les financements innovants.

    Les chiffres officiels sont clairs.  En 2023, sur le continent africain, une personne sur cinq a souffert de la main, indique le rapport annuel sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde.

    Le plus inquiétant demeure, selon le même document, que les niveaux de la sous-alimentation sont les mêmes que ceux d’il y a quinze ans.

    Manque de moyens

    C’est dire que l’objectif «zéro faim dans le monde» peine à être concret à cause du manque de financements. Raison pour laquelle l’ONU, à travers le Fonds international de développement agricole (FIDA), table sur la recherche de solutions innovantes, estimées à 480 millions de dollars chaque année.

    Dans ce contexte, il ne faut plus miser uniquement sur les contributions des Etats membres du FIDA, stagnant autour de 5%. « Notre innovation participe à imaginer des nouveaux instruments pour pouvoir investir dans le secteur rural », insiste Bernard Hien, le directeur régional Afrique de l’ouest et du centre de cette organisation onusienne.

    Ce dernier parle des instruments nouveaux, notamment les obligations durables. « Aujourd’hui même, en réalité, nous avons émis notre première obligation nutrition de 50 millions avec un partenariat avec une mutuelle d’assurance japonaise. Donc ça va nous permettre de mieux prendre en compte les questions de malnutrition dans le projet et de mieux accompagner les pays », ajoute-t-il.

    Et ce n’est pas tout. Il existe également d’autres innovations en matière de financement : les garanties, les cofinancements, entre autres. Le tout en associant le secteur privé de telle sorte à disposer de finance durable calquée sur les Objectifs de développement durables (ODD).

  • La noyade provoque la mort de  300 000 chaque année selon l’OMS

    La noyade provoque la mort de  300 000 chaque année selon l’OMS

    Directrice régionale de l’Organisation mondiale pour la santé pour l’Afrique, Matshidiso Moeti, rappelle  à l’occasion de la Journée mondiale de prévention de la noyade que « La noyade, bien qu’évitable, cause chaque année la mort de près de 300 000 personnes à travers le monde ».

    Message de la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, à l’occasion de la Journée mondiale de prévention de la noyade

    25 juillet 2024

    La noyade, bien qu’évitable, cause chaque année la mort de près de 300 000 personnes à travers le monde. Plus de 50 % de ces décès surviennent chez des personnes âgées de moins de 30 ans. Ces statistiques n’incluent pas les noyades intentionnelles, telles que les suicides et les homicides, ni les noyades dues à des inondations ou celles résultant d’accidents de transport maritime. Ainsi, la charge réelle des noyades constitue un problème de santé publique que l’on sous-estime.

    Ce 25 juillet, nous commémorons la troisième Journée mondiale de prévention de la noyade, officiellement proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies en avril 2021. Notre initiative de sensibilisation auprès de la communauté internationale met en lumière l’impact tragique des noyades et présente des solutions efficaces pour sauver des vies.

    Le thème retenu pour l’édition de cette année, à savoir « Seconds can save a life » que l’on pourrait traduire en français par Quelques secondes peuvent sauver une vie, met en lumière la nature brutale des noyades, de même que l’importance de gestes préventifs simples, comme le port du gilet de sauvetage, l’installation de barrières pour limiter l’accès sans surveillance des enfants aux plans d’eau et l’abstention de consommer de l’alcool avant de se baigner.

    Il convient de souligner que ce sont les pays les plus pauvres qui supportent le plus lourd fardeau de ce problème. En effet, plus de 90 % des décès par noyade surviennent dans les cours d’eau, les lacs, les puits, les réservoirs d’eau domestiques et les piscines dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, affectant particulièrement les enfants et les adolescents des zones rurales de manière disproportionnée.

    La Région africaine de l’OMS enregistre le taux de mortalité par noyade le plus élevé, atteignant près du double de la moyenne mondiale. En 2021, la Région a enregistré environ 66 000 décès par noyade, soit près de huit décès évitables chaque heure.

    Les noyades surviennent souvent lors des activités courantes, qu’elles soient récréatives ou liées aux tâches quotidiennes à proximité de plans d’eau. Les enfants sont souvent laissés sans surveillance. Les communautés de pêcheurs sont particulièrement exposées aux risques lorsqu’elles pratiquent leur activité principale, qui est essentielle à leur subsistance. L’accès à l’eau, les déplacements sur l’eau et les inondations représentent des facteurs de risque majeurs.

    Les catastrophes liées aux inondations, amplifiées par les changements climatiques, affectent chaque année un nombre croissant de personnes à travers le monde, la noyade étant la principale cause de mortalité lors des inondations.

    L’Organisation mondiale de la Santé recommande aux pays d’élaborer des plans nationaux de gestion de la sécurité sanitaire de l’eau, d’intensifier la sensibilisation du public à la noyade par le biais de campagnes de communication stratégiques, de produire des données probantes, et de soutenir les initiatives multisectorielles visant à prévenir les noyades.

    Les interventions ciblées recommandées incluent l’enseignement de la natation aux enfants en âge scolaire, la formation des personnes présentes aux techniques de sauvetage et de réanimation, l’amélioration de la résilience face aux inondations, la gestion des risques d’inondation aux niveaux local et national, ainsi que l’instauration et l’application rigoureuse des règles de sécurité pour la navigation de plaisance et les transbordeurs. L’OMS recommande en outre de mettre à disposition des enfants d’âge préscolaire des espaces sécurisés, éloignés des plans d’eau, et dotés de services de garde d’enfants compétents.

    Bien que l’application de ces mesures diffère selon les contextes, il est primordial que la communauté mondiale de prévention des noyades demeure cohérente et coordonnée dans ses efforts.

    Notre Région est quant à elle engagée dans les efforts déployés au niveau mondial en vue de l’élaboration du premier rapport de situation de l’OMS sur la prévention des noyades, dont la publication est attendue pour la fin de l’année 2024. Ce rapport fournira des données actualisées sur le fardeau mondial des noyades et proposera des recommandations stratégiques pour orienter les actions futures. Par exemple, la République-Unie de Tanzanie est en train d’élaborer sa première stratégie nationale de prévention des noyades. Parallèlement, les organisations de la société civile s’associent aux gouvernements et à l’OMS pour sensibiliser le public et promouvoir des interventions fondées sur des données probantes dans plusieurs autres pays de notre Région.

    Chacun d’entre nous a un rôle à jouer dans la prévention des noyades, aussi bien à l’échelle des gouvernements que des communautés, et même au niveau individuel.

    Je voudrais, en ce jour, inviter nos États Membres à adopter des mesures adéquates pour prévenir les noyades, notamment en renforçant leur leadership, en établissant des politiques et des programmes efficaces, et en s’appuyant sur une collaboration intersectorielle, y compris des partenariats entre les secteurs public et privé.

    « Quelques secondes peuvent sauver une vie ».

    J’exhorte les gouvernements, les organisations de la société civile et les chercheurs de notre Région à s’engager activement dans la promotion et dans l’avancement des mesures de prévention des noyades.

  • Kangni Afanou : « Sur la CEDEAO, on savait presqu’il ne fallait pas en attendre grand-chose »

    Kangni Afanou : « Sur la CEDEAO, on savait presqu’il ne fallait pas en attendre grand-chose »

    L’image de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’ouest est sérieusement écornée parce qu’elle donne l’impression de s’occuper des intérêts des chefs d’Etat que de faire la promotion de la démocratie, garante du développement économique. Malheureusement son Parlement aussi semble s’inscrire dans la même logique, au grand dam d’André Kangni Afanou, juriste, président du Centre de formation et de documentation sur les droits de l’Homme (CDFDH-Togo) et directeur du Bureau Afrique du Centre pour les droits civils et politiques ( CCPR – Centre ), une organisation non gouvernementale basée en Suisse.

    Lire ci-dessous son commentaire.

    « Sur la CEDEAO, on savait presqu’il ne fallait pas attendre grand-chose des Chefs d’Etat et de gouvernement ou de la Commission de la CEDEAO. On commençait à penser que quelque que chose de bon pourrait venir du Parlement.

    Mais alors, que penser de cette prise de position du Bureau du Parlement de la CEDEAO ? Les membres du Bureau auraient-ils vraiment peur de “se faire gronder” par les Chef d’Etat ?

    A cette allure, ne risque-t-on pas de nous annoncer dans les jours à venir que le parlement serait dépouillé de ses prérogatives et que les députés devraient soumettre leurs déclarations à leurs gouvernements pour approbation avant de les présenter ?

    Devant qui les députés sont-ils vraiment redevables ? Les Chefs d’Etat ou les peuples ?

    Inéluctablement, nous sommes à croisée des chemins. Soit la CEDEAO entame se donne le courage de se réformer pour répondre aux aspirations des peuples, soit elle reste dans une posture conservatrice et alors, elle creuserait le fossé avec les citoyens et risque de courir vers sa perte.

    L’histoire s’écrit sous nos yeux. A chacun d’assumer ses choix.

    Que Dieu nous aide ».

    André Kangni Afanou

  • Forum sino-africain : Tagba Atafeinam Tchalim représente les intérêts togolais

    Forum sino-africain : Tagba Atafeinam Tchalim représente les intérêts togolais

    Le Secrétaire général par intérim du District autonome du Grand Lomé, Tagba Atafeinam Tchalim, participe au cinquième forum sino-africain à Guangzhou en Chine.

    Ce communiqué ci-après donne des détails sur cette rencontre hautement stratégique.

  • Coups d’État : quand le Kenya paie pour le Niger…

    Coups d’État : quand le Kenya paie pour le Niger…

    La question que posent les putschs est celle d’un environnement répulsif, sinon malsain, avec des conséquences sur des peuples qui n’y sont pour rien.

    En fin de semaine dernière, Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement, relatait, dans l’auditorium de Chatham House, à Londres, la circonspection du président William Ruto du Kenya, découvrant que les taux auxquels son pays empruntait sur les marchés avaient sensiblement augmenté, parce que, dans leur évaluation, les agences de notation avaient intégré… le coup d’État survenu au Niger ! Comment est-ce possible ?

    Il arrive que, par excès de simplification ou par paresse intellectuelle, des agences de notations – et pas seulement elles – englobent dans une appréciation unique tout ce continent de cinquante-quatre États. William Ruto, a feint d’en rire, en indiquant que la dernière fois qu’il s’était penché sur la carte du Kenya, il n’y avait vu aucune trace du Niger.

    Cette forme de facilité coûte cher, puisque, selon le président de la Bad, citant le Programme des Nations unies pour le développement, des notations de crédit plus équitables permettraient aux pays africains de faire une économie d’au moins 75 milliards de dollars par an sur le service de la dette. Akinwumi Adesina a relevé l’anomalie de l’impact supposé du coup d’État au Niger comme preuve du type d’appréciation inéquitable qui justifierait la création d’une agence de notation africaine, un peu comme l’on prend un autre avis médical.

    Et voici que les peuples du continent, qui n’ont rien des avantages qu’auraient permis les États-Unis d’Afrique, en sont à payer pour les forfaits de putschistes d’autres États africains. Comme s’ils n’étaient qu’un même pays ! Allez donc savoir combien d’autres peuples subissent indirectement les conséquences de quelques putschistes lointains ! Et même si les agences de notation sont un regard de l’extérieur, l’on ne peut oublier que ce sont, ici, des Africains qui causent du tort à d’autres Africains.

    Certains vous rétorqueront que l’on devrait plutôt demander aux agences d’avoir un regard un peu moins biaisé sur l’Afrique…

    Il en est, certes, qui regardent l’Afrique comme un tout gangrené par les guerres, les rébellions, les épidémies, diverses calamités et tares, sans se soucier de savoir si, entre deux nations, même voisines, il peut y avoir des différences, des spécificités qui les rendent totalement dissemblables. Les Africains peuvent déplorer cet amalgame, ou s’en plaindre. Ils peuvent aussi questionner les mauvais comportements de certains Africains, avec de coûteuses répercussions sur d’autres Africains. Les choix sont simples : bien se tenir, dans l’intérêt de tous ou, sous couvert de souveraineté, faire ce que l’on veut chez soi, sans se soucier des conséquences pour les autres. Les panafricanistes d’antan auraient rappelé aux Africains du continent et de la diaspora qu’ils devraient, tous, être ambassadeurs, les uns des autres.

    Quant au regard des autres qui déplaît, ceux dont on sollicite les capitaux ont bien le droit d’avoir le leur sur ceux à qui ils prêtent. Et nul n’aurait invoqué les conséquences de coup d’État au Niger s’il n’y en avait pas eu. À l’Afrique, donc, de savoir ne pas se présenter sous son profil le moins avantageux. Et si la nécessité d’être correct devait être une injonction, elle n’émanerait que des Africains eux-mêmes, dans un monde où ils savent n’attendre de cadeau de personne. Tout cela n’aurait rien de déshonorant, dans la mesure où elle viserait à épargner à d’autres, les désagréments résultant d’actes inconvenants posés par certains. C’est cela, la responsabilité.  

    Après tout, la création d’une agence de notation africaine, proposée par Akinwuini Adesina, vise à ce que l’Afrique ne soit plus jugée à travers le regard des autres. N’est-ce pas suffisant ?

    L’Afrique serait-elle plus attrayante ou plus attractive pour les capitaux, juste parce qu’elle se mirerait dans sa propre glace ? La question que posent les coups d’État est celle d’un environnement répulsif, sinon malsain. Pour attirer les investissements, de bonnes politiques et la respectabilité qui en découle sont bien plus sûres que les retouches cosmétiques, même dispensées par une agence africaine, qui devra se créer et conquérir, sur la durée, une crédibilité qui n’est en libre-service nulle part.

    Chronique de Jean-Baptiste du 15 juin 2024

  • Afrique-De nouveaux leviers, pour emprunter davantage?

    Afrique-De nouveaux leviers, pour emprunter davantage?

    Accroître inconsidérément la capacité d’endettement de dirigeants qui se sont endettés pour faire la fête équivaudrait à une forme de non-assistance à peuples en danger…

    Aux assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, deux dirigeants africains ont suggéré cette semaine, à Nairobi, que l’on intègre les ressources naturelles dans le calcul du produit intérieur brut (PIB), pour accroître la capacité d’endettement des États. N’est-ce pas, là, une idée plutôt excellente, pour mobiliser davantage de financements en faveur des États africains ?

    Cette idée n’est pas nouvelle et pourrait, dans l’absolu, se comprendre. À condition de ne pas perdre de vue qu’il s’agit d’endettement, avec des implications sur l’avenir. L’on ne peut donc pas dissocier ces nouveaux leviers de la fiabilité des dirigeants qui auront à en user, ni de l’usage qu’ils font des richesses de leur pays, ou de leur capacité d’endettement. L’on ne peut emprunter en oubliant que l’on devra, un jour, rembourser.

    Il est si facile, dans les grandes réunions continentales, de développer des idées flamboyantes, surtout avec des perspectives suffisamment lointaines pour que ceux qui les émettent ne soient plus là pour en répondre, le moment venu. Encore que l’on compte, en Afrique, quelques chefs d’État en place depuis plus de quarante ans, dans des pays qui se trouvent être, en plus, des producteurs de pétrole, sans pouvoir apprécier le bénéfice que tire leur peuple du festin de la terre. L’on ignore même à quoi a pu servir, ici ou là, leur endettement écrasant. Aussi, faut-il un certain courage, pour demander aux citoyens d’applaudir de nouveaux leviers pour accroître la capacité de tels dirigeants à emprunter sur les marchés.

    Tous finissent plus ou moins par rembourser

    Justement. Mais aucun créancier n’a jamais accepté comme moyens de paiement la liste des gaspillages, des détournements ou des biens mal acquis. Nombre d’États donnent en gage, pour des avances financières qui se déclinent parfois en années d’exploitation, les ressources dormant encore au fond des mines… Pour engranger des fonds, certains n’hésitent pas à céder les terres dans lesquelles dorment leurs ancêtres. Ne leur resterait-il donc plus, comme caution bancaire, que les forêts, les fleuves, les lacs, les rivières ? À quand donc l’air que respirent les populations ?

    Certes, tous ne brûlent pas d’envie de gager le passé, le présent et l’avenir, et il en est même dont la gouvernance est d’une rigueur admirable. Et quand on sait qu’il n’y a pas, sur terre, pays plus endetté que les Etats-Unis d’Amérique, première puissance économique mondiale, on imagine que l’endettement n’est pas nécessairement une calamité sans issue pour les États. L’on n’en est pas moins intrigué par les montants faramineux de la dette de certains pays, que n’expliquent ni leur faible niveau d’équipement ni les conditions de vie de leurs populations. Accroître inconsidérément la capacité d’endettement de tels dirigeants n’équivaudrait-il pas à une forme de non-assistance à peuples en danger ?

    L’endettement est pourtant d’une nécessité vitale pour tous

    Le bon usage de l’endettement aussi. En charge de la Dette, en Côte d’Ivoire dans les années 1980, le ministre Maurice Séri Gnoléba avait fait sensation dans l’enceinte du FMI, à Washington, en réagissant avec véhémence aux allusions offensantes à l’endettement de son pays : « Venez donc chez nous, avait-il dit, et vous verrez que nous ne nous sommes pas endettés pour faire la fête ! »

    Nul ne s’inquiéterait de voir offrir aux dirigeants du Botswana cette possibilité d’inclure les ressources naturelles dans le calcul de leur leur PIB, car ils sont sérieux et gèrent bien les richesses nationales. Mais, donner de nouveaux leviers d’endettement à des dirigeants qui se sont endettés pour faire la fête achèverait de compromettre l’avenir de peuples déjà trop vulnérables.

    À l’aube des années 1980, lorsque le Cameroun est devenu producteur de pétrole, le président Ahmadou Ahidjo refusait d’inclure la manne pétrolière dans le budget de fonctionnement de l’État, car, disait-il, le pétrole n’était pas le fruit du travail des Camerounais, mais juste une chance, tenant au hasard. Au Tchad, pour financer le pipeline qui permettra d’acheminer le pétrole du gisement de Doba à Kribi, au Cameroun, les institutions financières avaient imposé aux dirigeants tchadiens de réserver sur des comptes bloqués une part des revenus aux générations futures. Au bout de quelques années, Idriss Déby Itno, unilatéralement, a dynamité la tirelire, pour financer ses guerres, au nom de la sécurité de son régime.

    En Afrique, le meilleur et le pire du leadership, se côtoient sans cesse. Cherchez donc le pire !

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 1er juin 2024

Radio Renouveau228

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