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  • Journée de 8 mars: ONUSIDA et ONU FEMMES appellent à “agir pour les femmes et les filles face au VIH/SIDA”

    Journée de 8 mars: ONUSIDA et ONU FEMMES appellent à “agir pour les femmes et les filles face au VIH/SIDA”

    En Afrique de l’ouest et du centre, le VIH/SIDA touche particulièrement les femmes et les filles. D’où l’appel urgent de l’ONUSIDA et ONU Femmes, en marge de la mondiale de la femme, 8 mars à “agir” pour mettre fin à cette pandémie.

    Journée mondiale de la femme : l’urgence d’agir pour les femmes et les filles face au VIH/SIDA en Afrique de l’Ouest et du Centre

    Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation

    Le 8 mars est une journée de célébration, mais aussi de mobilisation. Alors que nous rendons hommage aux contributions des femmes à nos sociétés, nous devons impérativement rappeler une réalité alarmante : en Afrique de l’Ouest et du Centre, le VIH/SIDA continue de toucher de manière disproportionnée les femmes et les filles.

    Les chiffres sont préoccupants. Dans cette région, les jeunes femmes et les adolescentes représentent près de 60 % des nouvelles infections au VIH. Les inégalités de genre, la pauvreté, la violence basée sur le genre (accentué par les conflits dans notre région et les changement climatiques) et l’accès limité aux services de santé accentuent leur vulnérabilité. Trop souvent, elles n’ont pas le pouvoir de négocier des relations sexuelles sécurisées, d’accéder aux services de prévention ou de poursuivre un traitement sans crainte de stigmatisation et de discrimination.

    La Journée internationale des droits des femmes est une occasion de revendiquer des actions concrètes adaptées aux réalités de l’Afrique de l’Ouest et du Centre :

    1. Accélérer l’accès à la prévention et aux soins : Les moyens outils de prévention comme la prophylaxie pré-exposition (PrEP) doivent être accessibles à toutes les femmes et les filles qui en ont besoin. L’intégration du dépistage et du traitement du VIH dans les services de santé sexuelle et reproductive est essentielle pour renforcer la riposte.
    2. Lutter contre les violences faites aux femmes : La violence basée sur le genre, y compris les mariages précoces et forcés, est une des causes majeures de l’exposition des jeunes filles au VIH. Il est urgent de renforcer les lois et les mécanismes de protection pour garantir la sécurité et les droits des femmes et des filles.
    3. Investir dans l’éducation et l’autonomisation : En Afrique de l’Ouest et du Centre, des millions de filles sont déscolarisées, limitant ainsi leurs opportunités d’autonomie et augmentant leur vulnérabilité face au VIH. Un accès équitable à une éducation complète sur la sexualité et les droits des femmes est essentiel pour leur permettre de prendre en main leur santé et leur avenir.
    4. Soutenir le leadership féminin : Les femmes vivant avec le VIH doivent être au centre des décisions qui les concernent. Leur voix, leur expérience et leur résilience sont indispensables pour une réponse efficace et inclusive.
    5. Mobilisation de ressources dans le but de maintenir les acquis en matière de prévention et de traitement du VIH : la situation actuelle du financement de la santé appelle à plus de progrès dans le financement domestique pour la lutte contre le VHI en général et la féminisation du VIH en particulier.

    Ce 8 mars, engageons-nous à renforcer la lutte contre le VIH/SIDA en Afrique de l’Ouest et du Centre. Pour TOUTES les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation. L’égalité ne sera réelle que lorsque la santé et les droits de toutes seront une priorité absolue.

  • L’égalité des genres est un élément essentiel du  développement inclusif et durable

    L’égalité des genres est un élément essentiel du développement inclusif et durable

    Malgré leurs contributions significatives à l’économie africaine, les femmes ont un accès limité aux opportunités dans divers aspects de la vie.

    PRESENTATION VOIX ESSENTIELLES
    REMAPSEN FÉVRIER 2025

    À PROPOS DE VOIX ESSENTIELLES

    L’égalité des genres est un élément essentiel du développement inclusif et durable, mais les femmes et les filles continuent de se heurter à des obstacles les empêchant de participer de manière significative aux espaces de prise de décision. Malgré leurs
    contributions significatives à l’économie africaine, les femmes ont un accès limité aux opportunités dans divers aspects de la vie. La voix, la prise de décision et le leadership sont des facteurs essentiels pour l’autonomisation des femmes. Ces facteurs garantissent
    que les femmes peuvent exprimer leurs préférences, leurs demandes, leurs points de vue et leurs intérêts et qu’elles peuvent accéder aux postes de décision.

    Mise en œuvre par l’organisation à but non lucratif de communication stratégique et de plaidoyer, Speak Up Africa, et en partenariat avec la Fondation CHANEL, l’initiative Voix EssentiELLES vise à fournir un soutien significatif aux organisations de femmes et de filles
    œuvrant au niveau communautaire en Afrique francophone de l’Ouest.

    QUE VEUT DIRE LE SOUTIEN SIGNIFICATIF ?

    Speak Up Africa et La Fondation CHANEL reconnaissent que les organisations communautaires de base dans la société civile disposent de ressources limitées dans leur fonctionnement avec des financements restrictifs très souvent axés uniquement sur la mise en œuvre des activités de terrains, excluant donc les coûts associés aux activités de plaidoyer mais aussi ceux nécessaires s’agissant de la durabilité et du maintien de ces associations telles que le renforcement de capacité. Voix EssentiELLES fournit par le biais
    d’un fond catalytique un financement non restrictif pour soutenir ces besoins et permettre aux organisations de renforcer leurs capacités institutionnelles.

    LES OSC CIBLÉES

    ➢ Être une organisation communautaire de base de femmes.
    ➢ Être une organisation axée sur le genre et l’amélioration de la condition de la femme.
    ➢ Avoir des activités dans le domaine de : formation et de plaidoyer dans le secteur de la santé sur les thèmes tels que le VIH/SIDA, la Tuberculose (TB), la Santé Sexuelle et Reproductive (SSR), le Paludisme, les Violences basées sur le genre (VBG), le Changement Climatique et la Vaccination.
    ➢ Avoir au moins 2 ans d’existence.

    OBJECTIFS DU PROJET

    La phase 1 du projet Voix EssentiELLES lancée en juillet 2021 au Sénégal, Burkina Faso et en Côte D’Ivoire, a mobilisé 38 organisations à base communautaire (OCBs) dans le secteur de la santé qui ont reçu un soutien technique et financier. L’objectif principal visait à
    renforcer les politiques et les programmes qui soutiennent la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles et investir dans la réduction des inégalités en matière de santé et des disparités liées au genre et à l’âge.

    Les organisations de la société civile participantes ont pu bénéficier d’une assistance financière dédié à l’engagement significatif et une assistance technique d’autre part fournie par l’Université de l’ExcELLEnce, sous la forme d’un renforcement des capacités sur
    mesure des organisations bénéficiaires et d’un programme de leadership ouvert à toutes les organisations communautaires partenaires.

    Ces organisations ont pu renforcer leurs compétences en leadership, en plaidoyer et en communication afin d’amplifier l’impact de leurs activités communautaires. Cette phase a aussi vu la création de réseaux dirigés par des femmes dans chaque pays et l’établissement de feuilles de route qui ont permis la mise en place d’un plaidoyer pour influencer positivement les plateformes de prise de décision.

    QUELQUES RÉSULTATS:

    ➢ 21 OSC ont été orientées par l’équipe locale du FM sur le NFM 4 et 19 ont participé au dialogue national
    ➢ Le CCM s’est engagé dans les 03 pays pour soutenir les OSC dans les processus du Fonds mondial
    ➢ 27 femmes leaders ont intégré des instances de décisions publiques
    ➢ 02 OSC du Burkina Faso sont devenues bénéficiaires de subventions du Fonds mondial
    ➢ 1100 personnes formées dans les 3 pays (2023/2024)
    ➢ 487 activités mises en œuvre dans les 3 pays

    La phase 2 du projet (2024-2027) voit l’expansion de l’initiative dans deux nouveaux pays – Togo et Bénin avec pour objectif de transformer les normes sociales et culturelles, et lutter contre les lois, politiques et pratiques discriminatoires qui contribuent aux inégalités entre les sexes et augmentent la vulnérabilité des femmes et des filles aux maladies. Cet appui consistera à identifier 10 organisations communautaires de base dans chacun de ces pays afin de soutenir leurs efforts de plaidoyer autour de l’accès des femmes et des filles aux espaces de décision et l’amélioration de leurs conditions de vie.

    QUE COUVRE CE SOUTIEN ?

    L’objectif est de renforcer la capacité de ces OCBs à relever efficacement les défis liés à la santé, notamment le VIH, la violence basée sur le genre (VBG), la tuberculose (TB), la santé sexuelle et reproductive (SSR), le paludisme, le changement climatique et la vaccination
    et à faciliter l’intégration des femmes dans les espaces de décisions publiques et sanitaires.

    Chaque organisation sélectionnée pourra accéder à un financement d’un maximum de 9.000.000 F CFA sur la base d’un plan d’action de plaidoyer et de renforcement des capacités. Ce financement pourra être utilisé pour la réalisation d’activités durant l’année calendaire 2025, renouvelable une fois pour l’année 2026.

    Les organisations sélectionnées pourront utiliser les financements et soutien mis à disposition pour la mise en œuvre de plans d’action pour du plaidoyer et atteindre les objectifs suivants :

    • Renforcement des capacités institutionnelles : Améliorer les compétences et les
      aptitudes du personnel des OCBs permettant de mettre en place des programmes et des services plus efficaces.
    • Développement organisationnel : Soutenir la croissance et la durabilité de l’organisation, y compris la planification stratégique, la gestion financière et la gouvernance.
    • Communication stratégique : Élaborer et mettre en œuvre des stratégies de communication qui amplifient le plaidoyer de l’organisation, mobilisent les parties prenantes et défendent la santé et l’équité entre les sexes.
    • Mise en place de stratégies de plaidoyer et de participation dans les sphères
      nationales, régionales et internationales dans le secteur du Genre et de la santé.

  • Insaisissable développement

    Insaisissable développement

    PNB en entrée, PIB en plat principal, taux de croissance en dessert… Jamais, les agrégats économiques n’ont été servis à table aux populations. Non, ce n’est pas (que) cela, le développement !

    Le Cap, cette semaine, accueillait les dirigeants d’un demi-millier de banques de développement du monde. Avec beaucoup d’annonces, quelques résolutions et engagements, notamment, pour des investissements dans les objectifs du développement durable. Pourquoi subsiste-t-il, malgré tout, le sentiment que le développement est un rêve inaccessible en Afrique ?

    Sans doute parce que la notion même de développement, aux yeux des populations, a perdu son sens. Les rares avancées sont trop souvent contrariées par des reculs brusques, qui obligent à tout recommencer, tel Sisyphe derrière sa pierre. Après soixante ans à courir après le développement, il est, en Afrique, peu de pays où l’on peut dire aux citoyens que, sur un plan précis, le développement a été atteint. Santé, éducation, adduction d’eau, électricité, infrastructures… Pas ou peu de conquêtes irréversibles !

    Dans les années 70 et 80, l’on abreuvait les populations de slogans définitifs, du genre : « Santé pour tous en l’an 2000 ! », que l’on déclinait sur l’éducation, l’agriculture, l’alimentation, et bien d’autres domaines. Nous sommes en 2025, et les populations attendent toujours le mieux-être et la satisfaction de leurs besoins fondamentaux que leur promettaient les politiques, avec l’accession à la souveraineté internationale.

    Et pourtant, presque partout, les États avaient créé des banques nationales de développement !

    La plupart ont fini par faire faillite, plombées par les créances irrécouvrables ou douteuses, sur des débiteurs haut-placés, des dignitaires des régimes en place… La généralisation de ces abus avait conduit les États eux-mêmes au bord de la faillite, les contraignant à l’ajustement structurel et aux plans drastiques d’austérité. Que les gouvernants acceptaient de subir sans rechigner, tant ils avaient mauvaise conscience. Ces institutions de lutte contre le sous-développement savaient, selon la formule d’Aimé Césaire, mal poser les problèmes, pour mieux justifier les mauvaises solutions qu’elles leur apportaient. En plus, elles n’avaient aucune obligation de résultats. Et quand l’ajustement structurel échouait, elles inventaient l’ajustement structurel renforcé. Ou revoyaient à la baisse leurs ambitions : réduire la pauvreté, plutôt de l’éradiquer, c’est bien commode ! À l’image de celui-là, pour qui, à défaut de développer les pays, l’on pouvait juste rendre le sous-développement habitable pour les populations.

    Qui donc assume ce manque d’ambition ? Les États ou les institutions ?

    En général, les institutions rejettent la faute sur les gouvernements. Ce que dénonçait l’économiste égyptien Samir Amin, pour qui ces institutions font de fausses analyses et proposent de fausses solutions, en substituant des recettes techniques à l’analyse des causes et des racines de la faillite du développement de l’Afrique. Du Rapport Berg, intitulé : « Pour un développement accéléré dans l’Afrique sub-saharienne », Samir Amin dénonçait la légèreté et l’irréalisme. Il déplorait que la Banque mondiale, dans ce document publié en 1981, attribue l’échec des politiques à la seule responsabilité des gouvernements africains qui, pour la plupart, n’avaient fait que suivre respectueusement les orientations indiquées par les institutions de Bretton Woods.

    Les reproches que faisaient ces institutions aux Africains au sud du Sahara étaient parfois contradictoires : tantôt, on les accusait de mépriser l’agriculture ; de donner la priorité à l’industrie ; de contribuer au sous-développement de leurs ressources humaines. Puis ce sont les mêmes qui faisaient croire aux populations africaines que les potions amères des programmes d’ajustement structurel suffiraient à opérer des miracles, qui changeraient leur destin. Les mêmes qui, pour « dégraisser » la Fonction publique, recommandaient d’envoyer médecins, enseignants et autres ingénieurs à la retraite à 50 ou 55 ans, âges auxquels, en Occident, les éducateurs et autres soignants étaient considérés comme suffisamment expérimentées pour transmettre le meilleur du savoir et prodiguer les soins les plus efficaces. Les mêmes qui s’étonneront, ensuite, de voir, dans ces pays, l’enseignement piquer du nez, et les hôpitaux se transformer en mouroirs. La triste réalité est que, jamais, les agrégats économiques n’ont été servis à table aux populations : PNB en entrée, PIB en plat principal, taux de croissance en dessert. Non, ce n’est pas cela, le développement !

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 1er août 2025 sur RFI

  • Suspension de l’USAID: «L’annonce américaine peut servir de réveil pour les dirigeants africains» selon Kako Nubukpo

    Suspension de l’USAID: «L’annonce américaine peut servir de réveil pour les dirigeants africains» selon Kako Nubukpo

    Le 27 janvier, le président Donald Trump gelait pour trois mois les aides extérieures américaines. Plus de 68 milliards de dollars en 2023, gérés en majorité par l’agence USAID. Cette mesure a provoqué une onde de choc, particulièrement en Afrique, où l’avenir de millions de bénéficiaires est en jeu. L’économiste et ancien ministre togolais Kako Nubukpo appelle à repenser la solidarité internationale, et incite les dirigeants africains à sortir « d’une certaine posture misérabiliste ». Il répond aux questions de Liza Fabbian.

    RFI : Comment avez-vous réagi en apprenant la suspension de l’aide au développement américaine ? 

    Kako Nubukpo : Ce fut brutal comme annonce et, j’allais dire, un peu excessif. C’est quand même 20 milliards de dollars qui vont vers l’Afrique, normalement en provenance des États-Unis, qui n’arriveront pas cette année.

    Est-ce que vous pensez que cette décision de Donald Trump était prévisible en quelque sorte ? 

    Oui et non. Oui, parce que durant son premier mandat, il a eu parfois des propos qui marquaient, quasiment du mépris par rapport à l’Afrique. Et puis le fait d’avoir demandé à Elon Musk de faire un peu la revue des dépenses publiques américaines pouvait laisser présager des coupes sombres. Mais c’est clair que c’est surprenant parce qu’on a l’impression qu’il est resté dans une vision de l’aide « charité », alors que de toute évidence, aujourd’hui, l’aide, c’est de l’investissement gagnant-gagnant. 

    On peut peut-être parler de l’impact de cette décision américaine sur les populations et les pays africains. Est-ce qu’il y a une manière de mesurer cet impact ? 

    Il y a déjà les gens qui travaillent dans ces agences d’aide, comme l’USAID, qui se retrouvent au chômage technique. Il y a beaucoup d’ONG qui dépendent des financements de l’USAID qui vont se retrouver également à court d’argent. Et puis il y a surtout les populations bénéficiaires de cette aide. 

    Vous savez, depuis les programmes d’ajustement structurel du FMI et de la Banque mondiale, plusieurs secteurs, notamment sociaux en Afrique, dépendent quasiment de l’aide publique au développement : la santé, l’éducation. C’est-à-dire que le fonctionnement est assuré par le budget national. Mais pour l’essentiel, les budgets d’investissement dépendent en fait des aides. 

    Pourtant, vous appelez aussi à relativiser le poids et l’importance de cette aide américaine… 

    L’Afrique exporte à peu près 600 milliards de dollars en termes de recettes d’exportation qui ne sont pas forcément rapatriés. Et en plus, la CNUCED nous indique qu’il y a à peu près 90 milliards de dollars chaque année de flux financiers illicites qui quittent l’Afrique en direction du reste du monde. Donc en net, l’Afrique apporte plus au reste du monde que l’inverse. Et donc c’est une question au fond de narratif. 

    Alors que peuvent faire les États africains ? Est-ce que ce n’est pas justement le moment pour eux de repenser certaines de leurs politiques budgétaires notamment ? 

    Nous nous sommes complus dans l’acceptation du narratif occidental qui consistait à dire qu’on nous aide. Dans les faits, ce n’est absolument pas vrai. 

    Et comme en plus, nous avons toujours eu des dirigeants qui donnaient l’impression d’aller quémander auprès du reste du monde ce dont ils avaient besoin pour piloter leurs nations, il s’est installé ce narratif. Et donc il est temps d’assumer les fonctions régaliennes des États. 

    On ne peut pas laisser les fonctions régaliennes de l’État aux aléas des flux d’aide publique au développement. Et de ce point de vue, l’annonce américaine peut servir au fond de réveil pour les dirigeants africains qui doivent comprendre qu’ils doivent assumer pleinement la souveraineté économique. 

    Et alors, quels sont les défis qui se posent à eux ?  

    Il y a un enjeu autour de la dette parce qu’aujourd’hui, ce que nous constatons, c’est que le ratio du service de la dette sur les recettes totales est de 54 % en Afrique, contre 10 % dans les pays développés. 

    Ça veut dire que plus de la moitié de vos recettes fiscales et non fiscales est consacrée au remboursement de la dette. Donc, vous voyez, au moment où vous votez votre budget, vous savez déjà que vous êtes amputé de plus de la moitié de vos recettes. Et donc, comment vous voulez piloter les politiques économiques si vous n’avez que la moitié des ressources budgétaires. 

    Et c’est pour ça que moi, je plaide pour une annulation de la dette parce qu’on voit qu’aujourd’hui le service de la dette empêche les États d’avoir de vraies politiques publiques volontaristes. 

    Il me semble aussi que vous, vous faites partie de ceux qui ont appelé en fait à une refonte du système de solidarité internationale, vous n’êtes pas non plus pour une suppression totale des mécanismes d’aide. Qu’est-ce que vous entendez par là ?  

    C’est simplement revenir aux fondamentaux. L’aide est utile, mais il faut qu’elle soit bien pensée, bien utilisée et bien évaluée. Et du coup, j’ai quasiment envie de dire par rapport à l’annonce américaine qu’il ne faut pas jeter l’aide avec l’eau du populisme.

     La communauté internationale construit depuis un demi-siècle quelque chose d’important dans lequel nous nous inscrivons, nous les Africains. Et donc ce multilatéralisme équitable, moi, je prône qu’il ne soit pas abandonné. Et c’est pour ça que je dis qu’il y a en fait tous les outils qui existent déjà pour qu’on fasse du bon travail collectivement. L’enjeu, c’est de sortir des dépendances subies et d’opter pour des interdépendances choisies. 

    Ça pourrait aussi inciter les pays africains à se tourner vers d’autres partenaires, j’imagine ? 

    Ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le « Sud global » avec des pays comme la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran et d’autres, vont certainement prendre la place que les Américains sont en train de laisser vide en Afrique. 

    Et c’est pour ça que, au fond, on a l’impression que l’Occident se tire une balle dans le pied par ce type d’annonce. Au fond, ça accrédite la thèse d’un retrait de l’Occident et ça légitime aussi une montée en puissance des BRICS. 

    Et donc c’est très intéressant, d’un point de vue géopolitique, de comprendre que ce type d’annonce n’est pas neutre.

    Source: rfi.fr

  • Géraldine Faladé, une pionnière de la lutte féministe, n’est plus

    Géraldine Faladé, une pionnière de la lutte féministe, n’est plus

    Considérée comme la gardienne de l’héritage féministe africain, Géraldine Faladé a tiré sa révérence ce dimanche 16 février en terre française à l’âge de 90 ans.

    La journaliste franco-béninoise Géraldine Faladé est décédée en France. L’ancienne journaliste à la Sorafom et à l’Ocora, les structures ancêtre de RFI, est née en 1935 à Porto-Novo au Bénin. Issue d’une famille intellectuelle et militante, c’est tout naturellement qu’elle épouse dès son enfance les idées de la décolonisation et de la liberté. Bien que son engagement pour la lutte pour l’indépendance des pays africains ait été discret, Géraldine Faladé a contribué par ses écrits à ouvrir les yeux à beaucoup de ses lecteurs sur les enjeux de l’époque.

    Ancienne employée du ministère de l’information du Tchad, elle a publié en 2020, tout récemment donc, ”Turbulentes chez la Présence africaine, un livre qui retrace le parcours des femmes pionnières dans la lutte féministe.

  • Les convaincre tous ou plaire à quelques-uns

    Les convaincre tous ou plaire à quelques-uns

    Pour espérer inspirer durablement confiance à des peuples africains héréditairement dans le doute quant à sa sincérité, la France devrait, aux courages parcellaires, substituer une politique claire, qui ne varie pas au gré des rapports que le chef de l’État français peut entretenir avec tel ou tel de ses homologues africains. Une politique qui survive au temps et aux hommes.

    À son tour, Paul Biya s’est vu remettre, cette semaine, le rapport des chercheurs sur le rôle et l’engagement de la France contre les mouvements indépendantistes et d’opposition du Cameroun, de 1945 à 1971. Emmanuel Macron pourrait-il, avec cette quête historique qu’il a initiée, espérer se rallier les opinions africaines ?

    Cette initiative dénote un courage politique, qui aurait pu lui valoir, en effet, l’indulgence d’une Afrique scrupuleuse sur les crimes et violences de l’ère coloniale. Mais, certains héritiers politiques de Ruben Um Nyobe contestent à la France le droit d’initier un tel projet. Car, pour eux, elle est le bourreau. Au-delà des réserves de certains Camerounais, c’est Emmanuel Macron lui-même qui altère l’impact de son initiative. Comme avec l’Algérie, avec le Rwanda, ou même le massacre de Thiaroye. Chaque fois, sans recevoir en retour la gratitude espérée. Probablement parce que nul ne comprend pourquoi certains, et par exemple pas Madagascar, où l’on a chiffré à près de 90 000 morts la répression de la révolte de 1947. Les courages parcellaires n’ont jamais remplacé une politique. Alors qu’il s’achemine vers la fin de son second mandat, rien ne laisse espérer qu’Emmanuel Macron aura les moyens d’engager et de faire aboutir d’autres initiatives similaires, partout où la violence coloniale a laissé de vives rancœurs. Il s’est parfois contenté de faire plaisir à tel ou tel pouvoir, dans quelques pays, oubliant de marquer son temps avec une politique valable pour tous. Il peut donc difficilement espérer voir l’Histoire le retenir comme le président qui aura vidé les contentieux coloniaux de la France.

    Il ne manquait pourtant pas de volonté vis-à-vis de l’Afrique…

    Entre Emmanuel Macron et l’Afrique, ç’aura été un perpétuel malentendu. Avec, certes, quelques initiatives dont aucun de ses prédécesseurs n’avait eu le courage. Mais, par les insuffisances de sa méthode, lui-même anéantissait l’impact de ses mesures. Ainsi de la restitution des œuvres d’art pillées à certains peuples durant la colonisation, et dont quelques-uns attendent toujours leur part. Ainsi du démantèlement, de gré ou de force, des bases militaires. De la suppression du compte d’opération des banques centrales de la zone Franc auprès du Trésor français, et de bien d’autres mesures courageuses, inédites depuis la fin de la colonisation. Ces audaces éparses ne lui vaudront pas la sympathie des peuples africains, tant qu’elles ne seront pas scellées par une politique claire et durable.

    En somme, la France ne peut espérer la compréhension de la jeunesse africaine en traitant séparément la violence coloniale…

    Tous les cas particuliers s’inscrivaient dans une politique globale. D’ailleurs, certains acteurs coloniaux, pour avoir fait la preuve de leur brutalité dans une colonie, étaient souvent envoyés sévir dans d’autres. L’histoire des peuples africains est bien trop imbriquée pour espérer la traiter efficacement en… pièces détachées ! Savez-vous, par exemple, que l’officier français qui orchestra le coup d’État qui a coûté la vie à Sylvanus Olympio, en 1963 au Togo, était, auparavant, un acteur central de la répression des maquis de l’UPC au Cameroun ? Se rappelle-t-on que les soldats à l’origine de ce putsch sanglant revenaient d’Algérie, après les Accords d’Evian ? Sait-on seulement que la rancœur de ces soldats venait du refus de Sylvanus Olympio de les intégrer dans l’embryon d’armée du Togo, sous prétexte qu’ils étaient partis d’eux-mêmes s’enrôler volontairement dans l’armée française à Ouidah (au Bénin), pour combattre les Algériens qui se battaient alors pour leur indépendance, pendant que les Togolais, eux, luttaient pour leur propre indépendance ? Chaque peuple aspire à comprendre les conditions déterminantes dans lesquelles s’est noué son destin. L’enjeu, pour la France, est d’inspirer durablement confiance à des peuples héréditairement dans le doute, quant à sa sincérité. Cela suppose une politique qui ne varie pas au gré des circonstances et des rapports que le chef de l’État français peut entretenir avec tel ou tel de ses homologues. Bref, une politique qui survive au temps et aux hommes.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 1er février 2025 sur RFI

  • Contre les Maladies tropicales négligées, la recette de Speak Up Africa

    Contre les Maladies tropicales négligées, la recette de Speak Up Africa

    Dans le prolongement de l’OMS appelant à « Unir, Agir, Eliminer » les maladies tropicales négligées, l’ONG  Speak Up Africa encourage à aller plus loin dans la lutte.

    Lisez plutôt ce document qui est un résume de la formation (webinaire) organisée ce jeudi 30 janvier par Speak Up Africa et Remapsen Afrique.

    Communiqué de presse

    La campagne “Aller plus loin” de Speak Up Africa fait entendre de nouvelles voix dans la lutte pour éliminer les maladies tropicales négligées (MTN)

    (30 janvier 2025) Dakar, Sénégal – À l’occasion de la Journée mondiale des maladies tropicales négligées (MTN), Speak Up Africa répond à l’appel mondial “Unir, Agir, Éliminer” avec son initiative ALLER PLUS LOIN. Cette initiative repousse les frontières de la lutte contre les MTN en mobilisant une coalition diversifiée de porte-voix. La campagne “Aller plus loin” mobilise un large éventail d’acteurs – artistes, athlètes et personnes touchées par les MTN – avec une attention particulière portée aux femmes et aux jeunes. Elle vise à construire un mouvement communautaire avec trois objectifs principaux : faire des MTN une priorité dans l’agenda sanitaire, augmenter les investissements, et développer des solutions centrées sur les personnes et leurs communautés. Cette initiative est cruciale alors que plus d’un milliard de personnes dans le monde sont touchées par ces maladies évitables et traitables, le continent africain supportant à lui seul 40 % de cette charge.

    La Journée mondiale des MTN est l’occasion de célébrer les progrès réalisés : vingt-deux nations africaines ont déjà éliminé au moins une MTN, et plusieurs d’entre elles en ont éliminé plus d’une, ce qui témoigne du fort engagement du continent en faveur de la santé publique. Le monde est maintenant à mi-chemin de l’objectif de la feuille de route 2030 de l’OMS sur les MTN, visant l’élimination d’au moins une MTN dans 100 pays d’ici 2030.

    Cette journée est également l’occasion d’aborder les défis qui nous attendent : le renforcement des systèmes de santé, le lien entre les MTN et le changement climatique dans un monde confronté à des changements environnementaux croissants et le manque d’approches centrées sur la personne et dirigées par la communauté.

    L’initiative ALLER PLUS LOIN explore de nouvelles opportunités dans la lutte contre les MTN en impliquant les personnes et les communautés affectées par les maladies tropicales négligées. Nous mettons à profit leur expertise inestimable et veillons à ce que les solutions soient adaptées aux besoins réels. Nous défions et allons plus loin que les approches traditionnelles de plaidoyer en santé en encourageant la collaboration intersectorielle, en amplifiant les voix communautaires et en favorisant des partenariats inclusifs. Ces champions illustrent la puissance de la diversité, établissant une nouvelle norme pour ce que signifie unir, agir et éliminer les MTN.

    “À travers ALLER PLUS LOIN, nous amplifions les voix des artistes, des athlètes et des leaders communautaires à travers l’Afrique pour transformer notre façon de lutter contre les maladies tropicales négligées. En apportant ces perspectives diverses aux décideurs, nous créons l’élan politique et l’engagement communautaire nécessaires pour éliminer définitivement les MTN”, déclare Yacine Djibo, Directrice Exécutive et Fondatrice de Speak Up Africa.

    Pour la Journée mondiale des MTN, l’initiative ALLER PLUS LOIN rassemblera des jeunes leaders, des musiciens et des artistes à travers le Sénégal, le Kenya et l’Éthiopie et reliera les communautés grâce au pouvoir du sport au Bénin et au Sénégal. En partenariat avec la Basketball Africa League (BAL), les jeunes apprendront comment prévenir et combattre les MTN dans leurs communautés et leurs adversaires sur le terrain en participant à un match de basketball. Au Niger, Burkina Faso et Kenya, des communautés organiseront également des ateliers et des dépistages pour sensibiliser et améliorer la détection dans leurs communautés.

    Des champions à travers l’Afrique s’uniront pour soutenir l’élimination des MTN en cette Journée mondiale des MTN en utilisant leurs voix, leurs plateformes et leur expertise pour assurer la durabilité, l’efficacité et l’équité dans la lutte contre les MTN.

    L’heure est à l’action. Nous appelons les dirigeants mondiaux à démontrer leur engagement en intégrant les objectifs d’élimination des MTN dans les politiques nationales de santé, en allouant des lignes budgétaires dédiées et en intégrant les programmes MTN dans les plans de couverture sanitaire universelle.

    Notre réussite collective repose sur une action coordonnée à tous les niveaux : les gouvernements doivent renforcer leurs financements nationaux, le secteur privé doit investir dans des solutions innovantes de distribution des traitements, et les partenaires financiers doivent maintenir leur appui vital. Car ne rien faire coûtera bien plus cher que d’agir pour l’élimination de ces maladies.

    Ensemble, nous devons aller plus loin que les approches traditionnelles et forger de nouveaux partenariats qui placent les communautés affectées au centre des solutions. En cette Journée mondiale des MTN, rejoignez-nous pour construire un avenir où les maladies tropicales ne seront plus négligées.

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    Contact médias:

    Roxane Fian

    Chargée de programmation

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  • L’OMS appelle à ”S’unir, agir, éliminer les maladies tropicale négligées”

    L’OMS appelle à ”S’unir, agir, éliminer les maladies tropicale négligées”

    “S’unir, agir, éliminer les maladies tropicales négligées” est l’appel que lance l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour venir à bout de ce mal.

    Journée mondiale des maladies tropicales négligées 2025

    Message de la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

    Aujourd’hui, le 30 janvier, l’OMS s’associe à la communauté internationale pour commémorer la Journée mondiale des maladies tropicales négligées. C’est un moment privilégié pour faire le point sur nos progrès et valoriser nos réalisations. C’est également l’occasion de réaffirmer notre engagement à mettre fin au fardeau des maladies tropicales négligées dans la Région africaine et le monde.

    Le thème retenu cette année, S’unir, agir, éliminer les maladies tropicales négligées, nous rappelle le pouvoir de la collaboration, l’importance de l’action et l’urgence de notre objectif ultime – un continent exempt de maladies tropicales négligées.

    L’unité a été la pierre angulaire de tout succès dans la lutte contre les maladies tropicales négligées. Les partenariats entre les communautés, les travailleurs de la santé, les gouvernements, les donateurs et l’industrie pharmaceutique ont transformé ce qui semblait autrefois impossible en réalisations fort appréciables.

    Des dons sans précédent de médicaments de l’industrie pharmaceutique, en plus du dévouement des agents de santé et des volontaires locaux, ont permis d’atteindre même les communautés les plus reculées.

    Cependant, l’unité ne se limite pas aux partenariats. Elle est synonyme d’inclusion. Les populations en situation de vulnérabilité, souvent touchées de manière disproportionnée par les maladies tropicales négligées, doivent être au centre de nos efforts. En mettant en place des systèmes équitables qui ne laissent personne de côté, nous pouvons réaliser des progrès durables.

    Après une pause de cinq ans, la deuxième réunion des chercheurs africains sur les maladies tropicales négligées, qui s’est tenue ce mois à Kigali, a souligné l’importance d’unir les efforts dans les travaux scientifiques, les politiques et les pratiques. C’est par la recherche opérationnelle et l’innovation que nous parviendrons à mettre au point de nouveaux outils, traitements et produits de diagnostic pour accélérer les efforts d’élimination.

    Les progrès exigent des actions – il faut passer de la parole à des résultats mesurables.

    Dans la Région africaine de l’OMS, plus de 276 millions de personnes n’ont plus besoin de traitement contre la filariose lymphatique depuis 2014. Nous avons également enregistré des résultats qui ont changé des vies grâce à des interventions ciblées contre la dracunculose, la maladie du sommeil, l’onchocercose et le trachome. Ces victoires montrent ce qu’il est possible de faire lorsque l’action est fondée sur des données probantes et motivée par l’engagement.

    Pour autant, il nous reste encore du chemin à faire. Le changement climatique constitue une menace émergente pour les efforts d’élimination des maladies tropicales négligées, affectant les schémas de maladies et augmentant les vulnérabilités au sein de nos communautés. L’OMS travaille en étroite collaboration avec les États Membres pour adapter les stratégies de santé publique, renforcer la surveillance et veiller à ce que des réponses rapides soient apportées à ces défis en constante évolution.

    Les approches centrées sur la personne et la participation communautaire restent essentielles. En donnant les moyens d’action aux communautés, nous veillons à ce que les interventions de lutte contre les maladies tropicales négligées soient non seulement efficaces, mais aussi équitables et durables.

    Je suis particulièrement fière des progrès réalisés dans le cadre du programme de mentorat Mwele Malecela. Ce mois-ci, nous avons lancé la deuxième cohorte de ce programme visant à promouvoir le leadership des femmes dans la lutte contre les maladies tropicales négligées, portant à 15 le nombre total de femmes expertes qui ont été mentorées. Cette initiative de transformation atteste notre engagement à promouvoir l’équité entre les sexes dans le domaine de la santé mondiale.

    Notre objectif ultime est clair : une Afrique exempte de maladies tropicales négligées.

    L’élimination n’est pas seulement un rêve, c’est une cible à portée de main. En fin 2024, 20 pays de notre Région avaient éliminé au moins une maladie tropicale négligée. Ce mois‑ci, le Niger est devenu le premier pays de la Région à être vérifié pour l’élimination de l’onchocercose, et la Guinée est le neuvième pays validé pour l’élimination de la maladie du sommeil comme problème de santé publique.

    Les réalisations remarquables du Togo, seul pays au monde à avoir été validé pour l’élimination de quatre maladies tropicales négligées, sont une preuve supplémentaire de ce qu’il est possible de faire lorsque la détermination s’allie à l’action.

    L’élimination des maladies tropicales négligées ne consiste pas seulement à améliorer les résultats en matière de santé publique. Elle libère le potentiel des individus, des familles et des communautés. Les enfants peuvent aller à l’école, les adultes peuvent travailler de manière productive et les sociétés peuvent s’épanouir.

    Aujourd’hui, renouvelons notre détermination à nous s’unir, agir et éliminer les maladies tropicales négligées. Ensemble, nous pouvons parvenir à un avenir où ces maladies ne seront plus un fardeau pour nos communautés.

  • EBOMAF va investir 100 milliards pour transformer l’eau de mer en eau potable 

    EBOMAF va investir 100 milliards pour transformer l’eau de mer en eau potable 

    C’est parce que « La pénurie d’eau touche actuellement près de 700 millions de personnes dans 43 pays » qu’EBOMAF veut investir 100 milliards dans la transformation de l’eau de mer en eau potable en Afrique subsaharienne.

    « EBOMAF dans le futur…

    La consommation d’eau a augmenté deux fois plus rapidement au cours du siècle dernier et, face à cela, un nombre croissant de régions subissent un manque d’eau récurrent.

    La pénurie d’eau est un phénomène à la fois naturel et d’origine humaine. Il y a suffisamment d’eau douce sur la planète pour huit milliards d’êtres humains, mais sa répartition est inégale et trop d’eau est gâchée, polluée et gérée de façon non durable.

    La pénurie d’eau touche actuellement près de 700 millions de personnes dans 43 pays.

    En 2025, 1,8 milliard de personnes vivront dans des pays ou régions touchés par une pénurie d’eau complète et les deux tiers de la population mondiale pourrait vivre dans des conditions de stress hydrique.

    Selon le scénario actuel sur le changement climatique, près de la moitié de la population de la planète vivra dans des régions soumises à un fort stress hydrique d’ici 2030, dont entre 75 millions et 250 millions de personnes en Afrique. De plus, la pénurie d’eau dans certaines régions arides et semi-arides poussera entre 24 et 700 millions de personnes à se déplacer.

    Afrique sub-saharienne étant la région qui abrite le plus grand nombre de pays soumis au stress hydrique, EBOMAF à travers sa filiale sénégalaise IB Fish au Sénégal se positionne pour faire face à cette pénurie d’eau qui nous menace en transformant l’eau de mer en eau potable.

    En effet, il est possible de convertir l’eau de mer en eau potable par Osmose inverse. L’eau est mise sous haute pression à travers une membrane semi-perméable. Cependant, cette méthode consomme beaucoup d’énergie, c’est pourquoi EBOMAF a opté pour l’énergie solaire. Avec un investissement de près de 100 milliards de francs CFA.

    Avec EBOMAF, Construisons l’Afrique de demain… »

    Mahamadou Bonkoungou, PDG du groupe EBOMAF

  • L’universitaire togolais Kossigan Kokou-Kpolou porte un regard critique sur le discours de Macron aux ambassadeurs

    L’universitaire togolais Kossigan Kokou-Kpolou porte un regard critique sur le discours de Macron aux ambassadeurs

    Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou, un universitaire togolais établi dans la diaspora, analyse le discours d’Emmanuel Macron, le président français, aux diplomates de son pays. Le chercheur fait un commentaire sans concession de la partie de l’intervention du chef de l’Elysée destinée à l’Afrique.

    Analyse critique du discours du Président Français, M. Emmanuel Macron, lors de la 30e conférence annuelle aux ambassadrices et ambassadeurs de France.

    Par le Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou, universitaire togolais vivant dans la diaspora

    Bien chers amis, vous qui lisez ce texte depuis le continent africain et dans la diaspora, vous toutes et tous chers amis d’autres continents, je vous salue chaleureusement!

    En début de cette nouvelle année, j’espère que vous vous portez à merveille. Je saisis l’occasion pour vous souhaiter les meilleurs d’une heureuse année. Que mes vœux de paix et de santé rejoignent vos aspirations les plus ardentes tout au long de l’année.

    Chers amis, comme je l’ai annoncé sur certaines de mes pages RS, je prends la parole pour produire un commentaire sur les propos du Président de la R-Française, M. EM, lors de la 30e conférence annuelle aux ambassadrices et ambassadeurs de France – Traditionnelle conférence qui se tient généralement au palais de l’Élisée en fin août ou en septembre. Cette fois-ci elle a été reportée au 6 janvier dernier en raison des JO et paralympiques qui se sont déroulés en France durant l’été dernier. Enfin ! ça c’est la raison officielle. Mais la dissolution du parlement FF est une raison importante à ne pas exclure.

    Je prends la parole pour analyser plus spécifiquement les parties du propos du Président EM qui touchent à l’Afrique, qui touchent à la mémoire historique de l’Afrique, à l’intelligence collective de sa jeunesse, les parties de son propos qui touchent au combat panafricaniste porté par les intellectuels et les activistes panafricains.

    Je prends la parole parce que ma conscience d’universitaire africain vivant dans la diaspora m’interpelle à le faire. Je prends la parole en tant qu’intellectuel formé en Afrique, puis en Europe en France, ensuite en Amérique du Nord. Si cela est utile, je rappelle que je suis Docteur d’une université française, j’ai reçu la qualification au grade de MCU dans le système franco-français, grade délivré par le CNU.

    J’ai décidé de prendre la parole parce qu’indubitablement le sang des pères fondateurs du panafricanisme coule dans les veines et les artères de leurs petites-filles et de leurs petits-fils dont je fais partie. Je rappelle par ailleurs que les pères fondateurs du panafricanisme résidaient pour la plupart d’entre eux, à l’époque, en Amérique du Nord.

    Aujourd’hui intellectuel universitaire vivant en Amérique du Nord, cela presse ma conscience individuelle et historique à prendre la parole et à réagir vigoureusement à ce discours, discours que je trouve insultant, révoltant, discours que je trouve dangereux parce qu’il n’est pas de nature à apaiser la mémoire des peuples; bien au contraire, il est de nature à aggraver ce que le Pr EM appelle lui-même le chaos, le désordre, le triple dérèglement dans les rapports géopolitiques internationaux, ici notamment dans les rapports entre l’Afrique et la France.

    Quel est l’objectif que je poursuis à travers cette analyse? Mon objectif vise à déconstruire intellectuellement le discours du Pr EM, à montrer que sa vision du monde et des rapports géopolitiques, géostratégiques, économiques et culturels avec l’Afrique est fondamentalement erronée voire potentiellement dangereuse parce que ravivant les blessures mémorielles des peuples africains.

    Quelle est ma posture? Quelle est la posture que je prends à travers mon analyse? Ma posture est de favoriser un dialogue interculturel apaisé entre les peuples et les Nations, entre les peuples Africains et les peuples Français.

    Commençons par rappeler que le discours du Pr FR a duré au total presque 1h45 minutes. Rappelons aussi rapidement la structure du discours dans son ensemble. Après les salutations d’usage, il a consacré la première partie de son discours à décrire sa vision du monde et de l’évolution de l’ordre mondial. Ensuite, dans la deuxième partie le Pr répond à trois questions ambiantes de l’heure. Dans cette deuxième partie, il répond aux questions touchant aux atouts de la FR à faire face aux enjeux actuels du monde; dans cette partie il répond également aux questions touchant aux rapports de la FR avec le reste de l’Union Européenne et aux rapports de force avec les USA, surtout avec l’élection et bientôt l’investiture du Pr américain, Donald Trump. Enfin, dans la troisième partie, le Pr EM décrit les priorités de son agenda à l’endroit du peuple français. 

    Mon analyse va se concentrer, par position prise, essentiellement sur les parties du discours qui touchent directement à l’Afrique. Je considère néanmoins qu’il est important de s’attarder sur la première partie de son discours qui dresse le portrait de sa vision du monde et des rapports géopolitiques actuels. C’est absolument important, parce que c’est dans cette partie que nous voyons les lunettes avec lesquelles le Président EM voit, analyse et interprète le monde et l’Afrique contemporaine notamment. D’ailleurs, il dira plus tard dans son discours – je cite – « les lunettes avec lesquelles nous voyons l’Afrique ne sont plus les bonnes ».

    La première partie a duré légèrement plus de 9 min. Dans cette partie, M. EM pose le constat que nous sommes à un tournant du monde qui n’est pas celui auquel la France et le monde occidental s’attendaient. Plusieurs fois, il évoque le désordre du monde, le fracas du monde, un triple dérèglement : stratégique, technologique et politico-philosophique. À 6’30 de son discours il dit – je cite – « Au fond, ce monde que je décris est bouleversé par le retour des pulsions impériales, une remise en question très violente de l’humanisme ».

    Ce que je veux d’abord mettre ici en exergue c’est que à chaque fois qu’il décrit ce désordre imprévisible, qui surgit hors de leurs prévisions – il prend un accent poétique – « Qui pourrait l’imaginer aujourd’hui? Qui pouvait l’imaginer ?» Entre 4’30 et 5’30, il scande par 4 fois son discours par cette tournure poétique. On ne peut pas refuser au Pr EM sa passion pour la poésie. C’est correct. Ce qui moi personnellement m’interpelle c’est le fait qu’il place l’imagination au-dessus de la raison. Lorsqu’on est dans la fonction de président – d’un président de la République, on n’imagine pas le monde on pense le monde, on n’imagine pas les faits sociologiques et politiques, on pense les faits sociologiques et politiques. On place la raison et l’intelligence de la raison au-dessus des fantaisies de l’imagination et de l’idéologie.

    Ce qui m’amène à dire que l’ordre mondial et international actuel tel que M. EM le conçoit est un produit de son imagination, parce que sans doute sa raison est dépassée par les bouleversements actuels. Cette conception, cette vision du monde et de l’évolution de l’ordre mondial est désincarnée de la réalité, plus grave elle falsifie la réalité, elle distord la réalité. Et comme sa raison est dépassée, comme ils ne s’attendaient pas à cet ordre mondial où – je cite – d’autres puissances ne jouent plus le jeu – EM se pose la question suivante : « Face à ce désordre, quelles sont les puissances qui s’en sortent ? » Je résume en quelque sorte sa réponse : les puissances qui s’en sortent, sont les puissances qui refusent de se laisser dévorer. Et là il reprend la métaphore du monde animal qu’il a souvent utilisée : la métaphore des herbivores face aux carnivores. Il insistera qu’il faille à France la force morale – la force tout court. Chers amis, vous qui me suivez, vous comprenez?

    La vision du monde et des rapports géopolitiques actuels que nous décrit M. EM ressemble à la situation d’un enfant qui ne supporte la frustration et à qui ses camarades d’école arrachent son jouet favori dans la cour de récréation. Comme cet enfant ne supporte pas la frustration, le seul moyen qui lui reste pour se défendre c’est la violence, c’est la prédation, c’est la brutalité, bref c’est la force, c’est la force tout court.

    M. ÉM nous dit que la France et le monde occidental en général n’étaient pas préparés au nouveau monde multipolaire actuel. Comme ils doivent quand même se défendre, la survie oblige, M. EM s’auto-convainc que la France a des armes, des atouts pour faire face aux enjeux géopolitiques, stratégiques, économiques et culturels du monde multipolaire actuel. Dans une glorification et idéalisation personnelle et de sa politique d’investissements – et je laisse le peuple français en juger – il dit « Le pays est solide. L’engagement international, diplomatique et militaire de la France est solide ». Il tient ses propos dans la deuxième partie de son discours. Partie qui est hors du périmètre de l’analyse que je vous présente.

    Dans la troisième partie de son discours, le Pr EM déroule les trois agendas prioritaires de sa politique :

    1. La sécurité et la défense du peuple français,

    2. La croissance et la prospérité économique de la FR et de l’Europe – un combat existentiel précise-t-il, et

    3. La défense de l’ordre international et des valeurs de la FR.

    Et suivez-moi bien chers amis svp, en détaillant le deuxième agenda prioritaire Pr EM va dire quelque chose de crucial. Nous sommes à environ 1h4min de son discours. Écoutons ce qu’il dit. Écoutons-le SVP.

    « Stratégie de sécurisation de nos approvisionnements. Nous avons bâti une stratégie sur les minerais rares (élaborée il y a deux ans), pour sécuriser nos filières ».

    Chers amis, vous qui me suivez, je vous encourage à faire un exercice : écoutez le discours du Pr FR au moins de 1h04 jusqu’à 1h20. Même plus tard dans son discours, le Pr EM révèle le fond de sa pensée inconsciente. Il dira – je cite : « Nous sommes dans une ère d’argent rare ». En d’autres termes, la FR tend de plus en plus vers une récession économique et financière et cela risque de s’aggraver de plus en plus. Cela n’est plus un secret caché pour personne. C’est alors qu’en détaillant cet agenda que le M. EM parle de l’Afrique. Nous sommes là à environ 1h12 min de son discours.

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    Alors quelles sont les lunettes de M. EM ici? Quel est son premier regard sur l’Afrique? L’Afrique c’est un marché, comme toujours, où il faudra d’avantage s’organiser pour mieux exercer la force, la violence. L’Afrique, la sempiternelle vache à lait, dont l’exploitation prédatrice des ressources depuis des siècles doit contribuer à renforcer la croissance et la prospérité française et européenne à l’heure où la France et plusieurs pays européens ne sont pas préparés à faire face aux enjeux du monde multipolaire. Nous voyons donc que le Pr EM voit l’Afrique comme une plantation d’espèces d’arbres de rente dans laquelle les esclaves moissonnent pour le colon esclavagiste; comme un banquier, il voit en l’Afrique un marché d’opportunités, une braderie à ciel ouvert où les matières premières stratégiques sont à acheter à vil prix pour sécuriser les approvisionnements des filières industrielles françaises.

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    Deuxième regard que M. EM porte sur l’Afrique. En ses propres mots, l’agenda de prospérité et du nouveau partenariat avec l’Afrique doit sortir des obsessions du passé. Conformément à son discours de Ouagadougou en novembre 2017, il dit avoir entrepris un programme culturel, historique et mémoriel pour réparer les contentieux du passé colonial de la France. Sur ce plan, il souligne avoir profondément changé ce logiciel – d’après ces propres termes.

    Les lunettes avec lesquelles M. EM voit les contentieux du passé colonial et postcolonial entre la FR et l’Afrique sont dangereuses. Pourquoi je vous dis cela ? Parce que M. EM se convainc que le fait qu’il soit né après la période postcoloniale suffit pour avoir un regard décomplexé et dépassionné sur ces contentieux. On voit ici M. EM utiliser une double attitude psychologique : 1. Il utilise le mécanisme de la toute-puissance de la pensée – un mécanisme infantile consistant souvent à ignorer la complexité de la réalité ; il suffit de dire ou de penser les choses pour qu’elles soient; il suffit de restituer quelques œuvres d’art et d’objets sacrés pour que les contentieux soient réglés. Il suffit d’entreprendre la création de la maison des mondes africains dont la fondation sera posée en 2025 pour que l’ardoise des contentieux de plusieurs siècles soit effacée. Il suffit de dire à la jeunesse africaine, regardez je suis comme vous car je suis né après les indépendances de vos pays, donc le passé esclavagiste et colonial de la FR en Afrique est derrière nous. 2. Il utilise le mécanisme de la minimisation – par ailleurs intrinsèquement lié au premier. Pour lui, le fait que 75% de la population africaine est âgée de moins de 25 ans signifie que la jeunesse africaine n’est pas trop concerné par les dettes du passé colonial. Et M. M, comme à son habitude, se persuade dans cette double attitude que sa politique est la bonne parce que basée d’une part sur une approche scientifique et historiographique et d’autre part sur des efforts de sincérité et de volonté de la FR de regarder son histoire coloniale dans sa complétude et de nommer les blessures historiques et mémorielles. Le Pr qualifie ce travail d’inédit.

    Désolé de le dire, l’agenda de prospérité et du nouveau partenariat porté par M. EM avec l’Afrique n’est pas sorti des obsessions du passé colonial. Les lunettes que porte EM ne sont pas les bonnes.

    Par ailleurs, il est étrangement curieux de remarquer qu’en abordant son agenda de prospérité et de croissance économique pour la FR, M. EM parle de sa politique du dialogue culturel avec l’Afrique. Je refuse de croire que dans son esprit les deux choses ne sont pas liées. Mais au fond, pourquoi rattache-t-il le dialogue culturel avec l’Afrique, dialogue devant viser à reconnaître les crimes de la colonisation et à cicatriser les blessures mémorielles, pourquoi le rattache-t-il à une question économique? Je fais l’hypothèse que M. EM voit dans la politique de ce dialogue un moyen pour poser le sparadrap sur les revendications des peuples africains et leur combat légitime à reconquérir leur histoire et leur souveraineté. Cette politique est pour refroidir voire briser les résistances africaines afin de resoumettre l’Afrique à un nouvel agenda de la recolonisation. « Ils ne font rien pour rien » (a chanté Tiken Jah Fakoly dans ses grands jours). « Ils sont venus d’abord en explorateurs, ensuite en missionnaires, après en colonisateurs, puis en coopérants… Non, il n’est pas là pour rien. » Nous aussi, nous disons haut et fort NON, la jeunesse et les intellectuels africains de notre génération n’accepteront pas que la coopération culturelle – le dialogue culturel – entre la FR et l’Afrique soit une affaire mercantile, une affaire d’exploitation économique déguisée. Cet agenda ne passera pas; cet agenda ne doit pas prospérer. Nous refusons de transmettre à nos enfants et à nos petits-enfants des traumas historiques plus lourds que ceux que porte les générations actuelles.

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    Troisième regard qu’il porte sur l’Afrique dans son discours. Si le dialogue et le nouveau partenariat avec l’Afrique n’avancent pas c’est la faute des faux intellectuels africains, à la solde de la Russie. Donnons-lui la parole. Qu’est-ce qu’il dit?

    Le Pr EM aborde ce point, observez bien son attitude corporelle, il aborde ce point avec un air presque perdu, un regard désabusé et indigné. Il semble ne pas comprendre pourquoi sa politique de dialogue avec l’Afrique ne fonctionne pas. Je présume qu’il ne comprend pas tout court. Alors comme il ne comprend pas, il cherche des coupables. Il jette la faute au dehors sur d’autres acteurs à savoir ceux qu’il qualifie de faux intellectuels et activistes panafricains qui ravivent le discours colonial et seraient, selon, lui, à la solde des impérialistes d’aujourd’hui. Il cible en première ligne la Russie.

    Beh, écoutez, posons-nous quand même quelques questions. Si les contentieux du passé colonial et postcolonial de la FR avec l’Afrique étaient déjà réglés grâce à la politique du dialogue historique et culturel inédit menée par M. EM, si cette politique était la bonne comme il le prétend, comment les intellectuels et activistes panafricains pourront-ils continuer à raviver ces contentieux contre la France?

    D’autres questions encore relatives aux intellectuels et activistes qui défendent un panafricanisme de bon aloi contemporain – selon lui. Qu’est-ce qui fait qu’ils sont de faux intellectuels? Sur quels critères M. EM se base-t-il pour sérier et catégoriser les intellectuels Africains? Parce qu’ils sont panafricains? Ou parce qu’ils seraient, comme le prétend-il, à la solde de la Russie ? Les intellectuels panafricanistes ont-ils attendu le tournant géopolitique et international récent avant de défendre les causes du panafricanisme ? M. EM dit qu’avec lui la FR regarde son passé colonial dans sa complétude, assume les contentieux et factualise les choses. Si la France en fait autant, qu’est-ce empêcherait les intellectuels et activistes panafricanistes de factualiser les causes du panafricanisme contemporain ?

    Posons-nous encore la question : pourquoi sonne-t-il la charge contre les intellectuels et activistes panafricanistes alors que le sujet principal qu’il aborde c’est l’agenda de prospérité et de croissance économique de la FR? La réponse logique est que ces derniers, en éveillant la conscience des peuples africains, de la jeunesse africaine notamment, mettent en difficulté l’agenda de prospérité et de croissance économique porté par M. EM et ses parrains, cet agenda qui n’est autre qu’un agenda de pillage sans discontinuer des ressources stratégique de l’Afrique. D’où sa fureur contre eux, sa logique méprisante de les rabaisser. M. EM se prend pour un recteur d’académie, s’estimant le droit de juger qui est un vrai intellectuel africain et qui ne l’est pas. Il n’est pas à sa première tentative de sérier et de classer les intellectuels africains : il y a ceux qu’il convie au Sommet Afrique-France et ceux qu’il ne convie pas, et les critères de sélection ne sont jamais portés à la connaissance des autorités universitaires des pays africains respectifs. Ce faisant, M. M reproduit la logique du système colonial du racisme scientifique : les intellectuels africains qui pensent comme les colons sont de vrais intellectuels, les intellectuels africains qui ne pensent pas comme les colons sont de faux intellectuels; les intellectuels d’ailleurs qui se conforment au système de pensée et aux agendas du colon reçoivent la palme d’or de vrais intellectuels, les intellectuels d’ailleurs qui incarnent les causes et les combats de leur génération reçoivent le label de faux intellectuels. M. EM doit se rendre à l’évidence que l’Afrique contemporaine compte plus d’intellectuels et de diplômés universitaires que la France et l’UE, que la génération actuelle d’intellectuels africains et celles qui viendront sont intellectuellement affûtées, culturellement et spirituellement armées et qu’elles ne seront pas naïves face à un nouvel agenda de recolonisation de l’Afrique.

    Abordons la dernière partie de mon analyse qui touche à la relation sécuritaire abordée par le Pr français. Il précise que cette relation sécuritaire a deux volets : l’engagement contre le terrorisme et la réorganisation de la présence militaire en Afrique. Que je sois bien compris, je ne suis pas un homme politique; je laisse le soin aux dirigeants politiques africains d’apporter avec audace les réponses de fond aux propos tenus par M. M sur la relation sécuritaire entre la France et les pays africains concernés. Je me résous ici à cibler une fois encore les attitudes et stratégies cognitives qui sont derrière les propos du Pr français.

    Premièrement, M. M considère que la FR dans son rôle de gendarme, de sauveur et de protecteur de l’Afrique n’a pas reçu la reconnaissance et la gratitude de la part des peuples africains.  M. M utilise ici la victimisation – la victimisation perverse. Cette stratégie est doublement perverse parce qu’il utilise cette stratégie pour restaurer son image narcissique auprès du peuple français. « Je crois qu’on a oublié de nous dire merci. Ce n’est pas grave, ça viendra avec le temps. L’ingratitude, je suis bien placé pour le savoir. C’est une maladie non transmissible à l’homme ».

    Deuxièmement, M. M utilise le déni et le révisionnisme. « La France n’est pas en recul en Afrique (…). » Ce qui n’est pas vrai. « On a choisi de bouger en Afrique, parce qu’il fallait bouger (…) » Ce qui est faux. « On est parti parce qu’il y avait des coups d’État. » Ce qui est totalement un mensonge. Prenons le cas du Tchad. C’est un exemple plus frais. Il n’y a pas eu de coup d’État, mais l’armée française est sommée de plier bagage. Sous nos yeux, M. M déforme et falsifie la narration des faits historiques récents et objectifs. Et à croire que quelques secondes à peine auparavant il dit : « On assume notre passé. On se dit la vérité. » Quelle vérité ?

    Troisièmement, M. M recourt à l’infantilisation des chefs d’États africains. « Nous avons proposé aux chefs d’États africains de réorganiser notre présence. Comme on est très poli, on leur a laissé la primauté de l’annonce. Et parfois, il a fallu les pousser… » Ce ton hautain et dédaigneux ne vous rappelle-t-il pas les antécédents envers les chefs d’États africains dont le cas le plus emblématique est le cas de Ouagadougou avec l’ex-président Roch Kaboré? Pause.

    Tout au long de son discours, M. M a évoqué plusieurs pays et leurs situations politiques et sécuritaires (l’Allemagne, les USA, la Chine, l’Inde, l’Israël, l’Arabie Saoudite, l’Égypte, le Qatar, la Roumanie, l’Arménie, et bien d’autres pays, le Brésil, l’Argentine. En aucun cas, M. M. n’a adopté ce ton, cette attitude d’infantilisation à l’égard des chefs d’États de ces pays.

    Chers amis, cela fait déjà un moment que je vous entretiens. Au début de mes propos, je vous ai indiqué quel était l’objectif de mon analyse.Je pense avoir démontré méthodiquement que la vision du monde et des rapports géopolitiques, économiques et culturels portée par M. M envers l’Afrique est fondamentalement erronée. Cette vision est décalée par rapport à la réalité sous nos yeux. Elle est truffée de demi-vérités voire de contre-vérités. Elle est construite par le prisme d’un déni de la réalité historique; elle est basée sur l’inversion des faits. La narration de cette vision manipule et réactive les blessures historiques et mémorielles des peuples africains. L’agenda de M.M et de ses parrains est potentiellement dangereux car il s’agit d’un agenda à peine déguisé visant une recolonisation de l’Afrique, une prédation continue et accélérée de ses ressources stratégiques. Au lieu de favoriser un dialogue interculturel apaisé entre le Sud et le Nord, entre les peuples Africains et Français, Européens, cet agenda risque à terme de provoquer de pires convulsions entre les Nations. Pire encore, enivré par son hubris, M.M s’y prend mal avec une diplomatie d’insultes et d’infantilisation à l’égard des intellectuels et des activistes panafricains ainsi que des chefs d’États africains.

    Presqu’au terme de mon analyse, je voudrais faire quatre suggestions :

    D’abord, à l’adresse du peuple français, je dis ceci. Tous les peuples, historiquement, ont la même origine. Toutes les civilisations, historiquement, viennent du même berceau. Cette conscience historique doit nous amener à transcender les blessures mémorielles liées au passé colonial et néocolonial de la FR en Afrique et dans bien d’autres parties du monde. Les peuples africains n’ont aucune haine contre les peuples français. À cet égard, vous devez rester vigilants et rejeter tout amalgame que sèment vos dirigeants qui poursuivent d’autres agendas bien souvent en défaveur de vos propres intérêts vitaux. Vous êtes un grand peuple; renouez avec votre grandeur historique en cherchant la vérité sur les violences traumatiques liées au passé colonial et néocolonial de la FR en Afrique, et engagez-vous avec nous dans le processus de dialogue interculturel apaisé entre les peuples.

    Ensuite ma deuxième suggestion est à l’adresse des dirigeants africains. Faites-vous respecter et on vous respectera. Faites-vous respecter et on nous respectera. Respectez les peuples que vous dirigez, respectez leurs intellectuels et leurs penseurs, et ceux-ci vous respecteront. Cela nous déshonore sur le continent et dans la diaspora que l’on vous traite comme des sous-préfets, des régents administratifs de cantons. Face aux attitudes méprisantes d’un chef d’État comme M. EM, on ne se tait pas, on ne reste pas passif, on n’avale pas la pilule. C’est pour ça que je suis convaincu que c’est la diplomatie malienne – aujourd’hui dans l’AES – est celle qui a trouvé le ton juste et la posture assertive juste pour répondre aux comportements de provocations récidivistes de M. M et sa troupe. Faites-vous respecter SVP et faites respecter les codes des bonnes mœurs africaines.

    Ma troisième suggestion va aux activistes panafricains. Votre engagement, manifestement, met en difficulté l’agenda de la recolonisation économique de la FR en Afrique. Votre engagement est utile et sera encore utile pour infliger échec et mat à cet agenda néocolonial. Dans votre engagement panafricaniste, SVP, faites une différence entre les intellectuels et les diplômés universitaires africains. Nous avons tendance, en Afrique, à entretenir une méfiance vis-à-vis de nos intellectuels et de nos diplômés universitaires. Cette tendance vient en partie du fait que dans le passé, plusieurs vagues de révolution ont été trahies pas par des diplômés universitaires qui à vrai dire n’étaient tous des intellectuels. Il n’y a pas de révolutions qui prospèrent dans temps long sans des intellectuels et des penseurs. Redoublez de vigilance à ce niveau.

    Enfin, ma quatrième suggestion s’adresse aux étudiants universitaires africains. Rejetez toute forme de paresse intellectuelle. Le monde de notre temps et le monde qui vient, sont des époques de grands bouleversements contre lesquels nous devons, vous devez être armés intellectuellement. Cherchez les diplômes, mais plus encore cherchez les savoirs scientifiques et les savoirs expérientiels; cherchez les savoirs mais aspirez davantage à la connaissance. Un peuple intellectuellement aguerri, culturellement enraciné, spirituellement et moralement armé, est un peuple qui résiste à tout agenda de domination quel qu’il soit. Vous savez maintenant ce que vous devez faire.

    Enfin, chers amis, il me reste une seule doléance à vous faire : faîtes connaître le contenu de ce texte. Vous aussi vous savez ce que vous devez faire.

    Que le Maitre des Temps et de l’Univers par l’intermédiaire de nos glorieux Ancêtres veille sur l’Afrique d’aujourd’hui et de demain!

    Je vous remercie.

    C’était le Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou.

Radio Renouveau228

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