Étiquette : Afrique

  • Pour le bonheur des peuples

    Pour le bonheur des peuples

    Très peu suffit, parfois : la chute d’une dictature en place depuis un demi-siècle, une alternance démocratique sans heurts… Ici, c’est le Ghana et la Syrie qui régalent. Sur une planète où le pire semble presque toujours certain, 2024 s’achève sur quelques notes d’espérance.

    Dimanche dernier était un jour de fête, à Accra comme à Damas. Au Ghana, la liesse populaire saluait l’élection de John Dramani Mahama et la consolidation d’une démocratie, tandis qu’en Syrie, elle célébrait la chute d’une dictature héréditaire. Pourquoi vouloir à tout prix relier ces deux événements, survenus dans deux mondes a priori opposés ?

    Bien des réalités politiques aberrantes, encore vécues par quelques peuples africains, transparaissent dans les méthodes maffieuses de cette dictature familiale qui vient de tomber à Damas. Il se trouve par ailleurs qu’au Ghana, comme dans presque toute l’Afrique, vivent d’importantes communautés libanaises, proches de la Syrie, ou syriennes. Autrefois, en Côte d’Ivoire, les adultes appelaient Syriens, y compris les Libanais. Pas par confusion de ces peuples voisins, mais parce que tous connaissaient l’histoire, la géographie et les imbrications entre ces deux peuples. Certains Libanais d’Afrique sont, en fait, des Syriens, qui n’éprouvent pas la nécessité de rectifier, même là où des Libanais, à tort ou à raison, sont indexés pour une connivence coupable avec quelques fonctionnaires véreux. Il y en a, certes, mais la plupart sont des travailleurs acharnés, qui peinent à joindre les deux bouts, et réprouvent tout autant les comportements de ceux des leurs qui jettent l’opprobre sur tous.

    Aussi, lorsque, depuis Accra, Abidjan, Cotonou ou Dakar, les Africains observent ce à quoi les politiques, en Syrie comme au Liban, ont réduit leur peuple, contraint de s’exiler pour espérer survivre, ils ne peuvent pas ne pas compatir à leur détresse. Le mal que les Assad, père et fils, ont fait à la Syrie et aux Syriens leur rappelle les torts que font, en Afrique, certains politiciens à leur propre peuple. Le fait que Bachar el-Assad ait rejoint le parti des perdants trouve donc un écho auprès de nombreux Africains, heureux de voir les espérances des Syriens enfin comblées.

    Mais pourquoi relie-t-on, au Ghana, la victoire de John Dramani Mahama à la mauvaise gestion de Nana Akufo-Addo ?

    Parce que les Ghanéens n’apprécient pas ce qu’il a fait de leur économie, avec cette inflation paralysante, qui n’épargne personne. Nana Akufo-Addo est, de tous les chefs d’État qui se sont succédé depuis le renouveau démocratique, en 1992, celui qui désirait le plus ardemment le pouvoir. Et, dans une Afrique en quête de leaders qui lui rendent sa fierté, il avait le discours pour plaire. Mais la seule rhétorique ne pouvait suffire à combler un peuple averti, sûr de ses conquêtes démocratiques, et en attente de résultats palpables.

    Akufo-Addo ne pouvant plus être candidat, c’est donc son vice-président et son parti qui paient pour ses insuffisances. Les électeurs ghanéens savent sanctionner la mauvaise gestion, comme ils l’avaient fait, il y a huit ans, avec John Dramani Mahama, congédié après un premier mandat, pour ses contre-performances économiques. Le cedi ghanéen avait alors perdu près de 37 % de sa valeur. C’est en cela que la démocratie peut être un excellent levier pour le développement économique : elle oblige les dirigeants à fournir des résultats, sous peine d’être licenciés par les urnes.

    Certains pays de la sous-région donnent l’air de bien s’en sortir, économiquement, même sans une démocratie franche et sincère…

    Peut-être pensez-vous à ceux, protégés par leur appartenance à la zone Franc, dont les contre-performances se diluent dans le bien-être des autres. Pour ceux-là, le franc CFA est, certes, un beau paravent. Mais, même entre États d’une même zone monétaire, il y a les pays qui se tiennent bien, et les autres. Le masque, un jour ou l’autre, finit par tomber, fatalement. Et le temps n’est plus loin où, partout, les dirigeants devront bien gérer, au nom des comptes qu’ils doivent à leurs électeurs. Lorsque l’on sait devoir craindre la sanction de son peuple, on gouverne toujours dans son intérêt. Là réside toute la différence avec les régimes autocratiques.

    Pour le reste, si les Ghanéens rappellent aujourd’hui aux affaires un homme congédié pour avoir échoué huit ans plus tôt, c’est parce que, partout, les peuples ont le sentiment qu’ils vivaient mieux, hier, qu’ils ne vivent aujourd’hui. Comme disait naguère, autour du damier, un ancien de mon quartier, à Lomé, « hier était beau ! ». Hier semble toujours plus beau ! Enfin, souvent…

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 14 décembre 2024

  • Consolider la riposte à la mpox en Afrique alors que les efforts commencent à porter des fruits

    Consolider la riposte à la mpox en Afrique alors que les efforts commencent à porter des fruits

    Si nous reconnaissons les acquis et célébrons les succès obtenus à ce jour, il n’y a aucun doute que nous devons faire davantage pour protéger les populations contre la mpox, en Afrique et ailleurs.

    Déclaration de la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

    Brazzaville – Même si la mpox reste une menace mondiale – comme en atteste la déclaration de l’OMS, le 22 novembre 2024, selon laquelle cette maladie constitue toujours une urgence de santé publique de portée internationale –, nous commençons à percevoir des signes que les efforts de riposte portent des fruits en Afrique.

    C’est une nouvelle encourageante, mais nous savons que des défis demeurent, et nous devons rester vigilants.

    Voici mon analyse.

    Depuis que la mpox a été déclarée comme une urgence de santé publique de portée internationale en août 2024, la situation est devenue plus complexe à l’échelle mondiale. Etant donné que la maladie peut se propager à travers les voyages internationaux, elle doit encore faire l’objet d’une riposte internationale coordonnée.

    Cela ne signifie pas pour autant que la situation en Afrique est la même qu’il y a un peu plus de 100 jours.

    Où en est-on maintenant ?

    La situation de la mpox en Afrique est contrastée. De nombreux pays de la Région ont renforcé la surveillance de la maladie, la détection des cas (y compris aux points d’entrée pendant les voyages) et la prévention des infections (particulièrement grâce à la vaccination), ainsi que la fourniture de soins et le soutien aux personnes touchées. Tous ces efforts ont permis de freiner la propagation du virus.

    Par exemple, depuis le mois d’octobre 2024, le Congo, le Gabon, la Guinée et l’Afrique du Sud n’ont signalé aucune flambée active de mpox pendant au moins six semaines consécutives et sont entrés dans la « phase de contrôle » (laquelle commence lorsqu’aucun nouveau cas n’a été signalé au cours des 42 derniers jours). Et, au 25 novembre, le Ghana, la Zambie et le Zimbabwe sont également entrés dans cette phase.

    Seize des 19 pays de la Région touchés par la mpox ont désormais atteint des taux de dépistage supérieurs à 80 %. Cependant, la République démocratique du Congo reste le pays le plus affecté par la maladie, représentant près de 80 % de tous les cas confirmés en laboratoire dans la Région depuis le début de l’année.

    La mpox s’est propagée à plus de 80 % des zones de santé (touchant 424 zones sur 519) en République démocratique du Congo ; le Sud-Kivu, Tshuapa et Sankuru supportent actuellement la plus lourde charge due à cette maladie. Le pays est confronté à des problèmes importants, notamment des capacités de diagnostic limitées et des contraintes logistiques. Par exemple, seulement 37 % des échantillons prélevés ont été analysés au cours des trois semaines allant de fin octobre à début novembre 2024, laissant certaines provinces sous-représentées dans les données de surveillance, ce qui se ressent par ailleurs sur la riposte.

    Nous devons poursuivre nos efforts dans tous les domaines clés de la riposte aux flambées et les intensifier là où cela s’avère nécessaire.

    Dans toute la Région, l’OMS et ses partenaires ont fourni un appui technique et un large éventail de matériels aux gouvernements pour les aider à se préparer aux flambées de mpox et à y riposter. Plus de 2000 professionnels de santé ont été formés aux principaux aspects de la riposte aux flambées épidémiques. Les capacités de diagnostic ont été considérablement renforcées grâce à la réalisation de 42 000 tests PCR (ou amplification en chaîne par polymérase) au cours du seul mois d’octobre. La recherche et le traitement des cas contacts ont été intensifiés et des activités de communication sur les risques et l’engagement communautaire à grande échelle sont activement soutenues pour informer les populations sur les moyens de rester en sécurité.

    En outre, l’OMS fournit un appui technique aux pays pour qu’ils puissent élaborer des plans de déploiement ciblés des vaccins afin d’accroître au maximum l’impact d’un nombre limité de doses. L’Organisation a facilité l’achat de vaccins par les pays en ajoutant le vaccin MVA-BN à sa liste de préqualification, en déclenchant le processus d’homologation d’urgence des vaccins LC-16 et ACAM2000 et en établissant un Mécanisme d’accès et d’allocation afin de faciliter un meilleur accès aux vaccins, aux traitements et aux tests là où ils sont le plus nécessaires.

    Des campagnes de vaccination contre la mpox sont organisées en ce moment en République démocratique du Congo, au Nigéria et au Rwanda, et des plans de vaccination sont en cours dans d’autres pays.

    En novembre, le Mécanisme d’accès et d’allocation a alloué près de 900 000 doses de vaccin anti‑mpox à neuf pays africains les plus durement touchés par la flambée actuelle de mpox. Il s’agit notamment de l’Afrique du Sud, de la Côte d’Ivoire, du Kenya, du Libéria, du Nigéria, de l’Ouganda, de la République centrafricaine et de la République démocratique du Congo.

    Nous ne sommes pas encore sortis d’affaire.

    Lors d’une visite récente dans un centre de traitement à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, j’ai pu observer par moi-même les efforts et les défis auxquels sont confrontés les professionnels de santé qui continuent de travailler sans relâche dans des conditions difficiles.

    Au 27 novembre 2024, 12 pays connaissaient encore une transmission active du virus. Huit d’entre eux – à savoir la RDC, le Burundi, la République centrafricaine le Nigéria, la Côte d’Ivoire, le Libéria, l’Ouganda et le Kenya – sont confrontés à des flambées épidémiques très préoccupantes. Le Burundi, l’Ouganda et la RDC représentent collectivement plus de 96 % de l’ensemble des cas de mpox confirmés en laboratoire dans la Région et ont toujours besoin d’interventions urgentes et durables.

    À sa deuxième réunion sur la recrudescence de la mpox, tenue le 22 novembre 2024, le Comité d’urgence du RSI a pris note des progrès accomplis dans la lutte contre la propagation de la mpox, mais a indiqué que cette maladie continue de répondre aux critères d’une urgence de santé publique de portée internationale et qu’il s’avère nécessaire d’adopter une riposte cohérente et durable entre les pays, ce qui suppose notamment des engagements nationaux plus fermes.

    Si nous reconnaissons les acquis et célébrons les succès obtenus à ce jour, il n’y a aucun doute que nous devons faire davantage pour protéger les populations contre la mpox, en Afrique et ailleurs.

    La solidarité mondiale et régionale est de ce point de vue essentielle. Il est primordial d’accroître les ressources et le soutien, en particulier pour les communautés et les pays qui sont les plus touchés par la flambée de mpox en Afrique.

    Ce n’est qu’alors que nous pourrons pérenniser les acquis et relever les défis restants, qu’il s’agisse de la surveillance ou de l’accès aux vaccins anti-mpox.

    Contexte

    Au 27 novembre 2024, plus de 14 669 cas confirmés en laboratoire et 55 décès avaient été notifiés dans la Région africaine depuis le début de l’année en cours. La notification de cas d’infection par la souche très virulente du clade 1b au Royaume-Uni, en Suède, en Allemagne, aux États-Unis d’Amérique, en Thaïlande et en Inde souligne l’impérieuse nécessité de s’attaquer à cette flambée épidémique à son épicentre afin d’éviter une nouvelle propagation mondiale.

    La mpox est une maladie virale causée par l’orthopoxvirus simien, une espèce du genre Orthopoxvirus. Les symptômes courants de la mpox sont une éruption cutanée ou des lésions des muqueuses pouvant durer deux à quatre semaines, avec de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des douleurs dorsales, un manque d’énergie et un gonflement des ganglions lymphatiques. Dans les cas graves, la maladie peut être mortelle.

  • Afrique: la bonne gouvernance, signe de la prospérité

    Afrique: la bonne gouvernance, signe de la prospérité

    La Conférence économique africaine, organisée fin novembre à Gaborone, au Botswana, a été l’occasion pour les participants de rappeler que la redevabilité et la bonne gouvernance sont la clé de la prospérité du continent.

    Communiqué de presse

    L’Afrique doit renforcer la redevabilité et la gouvernance pour prospérer – Président du Botswana et les co-organisateurs de la Conférence Économique Africaine

    Alors que la Conférence Économique Africaine s’ouvre, le Président du Botswana, le PNUD, la CEA et la BAD appellent à des réformes audacieuses et à des actions décisives pour libérer le potentiel de l’Afrique et en faire une puissance mondiale.

    Gaborone, 23 novembre 2024 – Le succès économique et la durabilité de l’Afrique sont intrinsèquement liés à une gouvernance responsable, a souligné aujourd’hui le nouveau Président du Botswana, Duma Boko, lors de l’ouverture de la Conférence Économique Africaine 2024, organisée à Gaborone sous le thème : « Assurer l’avenir économique de l’Afrique face à une incertitude croissante ».

    « La paix et la stabilité en Afrique doivent être ancrées sur une gouvernance redevable et réactive », a déclaré le président, ajoutant : « C’est un droit fondamental pour chaque citoyen africain. Cela constitue la base nécessaire pour toute mesure de développement économique et de développement durable. »

    Le Président Boko a souligné que la transparence, la redevabilité et le respect de l’Etat de droit sont essentiels pour attirer les investissements étrangers et favoriser une croissance durable. « L’Afrique est à un carrefour », a-t-il déclaré. « Nous devons affronter les obstacles auxquels nos citoyens sont confrontés et tirer parti de nos forces collectives pour garantir un avenir prospère dans un environnement économique mondial volatil marqué par une inflation croissante, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et un durcissement des politiques monétaires. »

    La Conférence, qui se déroule sur trois jours, réunit des dirigeants, des décideurs politiques et des experts pour examiner les défis économiques du continent et identifier de nouvelles opportunités. Organisée par le gouvernement du Botswana, la Banque africaine de développement (BAD), la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies (CEA) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’événement vise à proposer des solutions concrètes pour la croissance économique de l’Afrique.

    Des solutions financières innovantes pour la croissance


    « Les incertitudes mondiales nous défient d’aller au-delà des circonstances actuelles et d’investir dans l’Afrique que nous voulons – une Afrique dont le monde a besoin : un continent caractérisé par une prospérité partagée, une intégration régionale productive, une jeunesse dynamique et entrepreneuriale, et affranchie de la peur, des maladies et de la privation », a déclaré Mme Ahunna Eziakonwa, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies et Directrice du Bureau régional pour l’Afrique du PNUD.

    Mme Eziakonwa a également plaidé pour des solutions financières innovantes et durables afin de réduire les coûts d’emprunt et de corriger les biais dans les notations de crédit, qui coûtent au continent 76 milliards de dollars par an. « Nous devons stopper les flux financiers illicites qui représentent une perte de 90 milliards de dollars. Des dizaines de milliards de fonds de pension, de fonds souverains et de fonds d’assurance doivent engendrer des revenus pour le continent, plutôt qu’ailleurs. Cette conférence doit être plus qu’un diagnostic des défis et doit aboutir à des solutions concrètes. Nous devons veiller à ce que les ressources abondantes de l’Afrique financent sa croissance. »

    Les co-organisateurs ont également souligné les atouts uniques de l’Afrique, notamment ses ressources naturelles abondantes et sa population jeune, qui pourraient favoriser une croissance transformative si les gouvernements privilégient l’éducation, le développement des compétences et la valorisation des matières premières.

    Faire face aux défis économiques et sociaux de l’Afrique

    M Claver Gatete, Secrétaire Exécutif de la CEA et Secrétaire général adjoint des Nations Unies, a déclaré que l’Afrique fait face à plusieurs problèmes urgents, notamment les changements climatiques, une dette insoutenable et des inégalités systémiques mondiales. Le système financier mondial ne sert pas adéquatement l’Afrique et doit être réformé de toute urgence, a-t-il souligné.

    M. Gatete a indiqué que les pertes annuelles liées aux catastrophes climatiques en Afrique s’élèvent à 440 milliards de dollars, tandis que le déficit de financement pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD) a grimpé à 1,3 billion de dollars par an. Par ailleurs, la dette extérieure de l’Afrique a dépassé 1 billion de dollars en 2023, et les paiements d’intérêts insoutenables freinent le financement du développement.

    « Le coût humain est tout aussi alarmant. Près de 476 millions d’Africains vivent aujourd’hui dans la pauvreté, et 149 millions de plus y sont tombés récemment en raison des chocs climatiques et économiques successifs », a déclaré M. Gatete.

    Les réformes régionales et l’intégration sont essentielles

    Le Président Boko a encouragé les nations africaines à tirer parti de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) pour transformer le paysage économique du continent grâce à une augmentation des investissements, à la création d’emplois et à l’industrialisation.

    « Nous ne devons pas laisser les incertitudes d’aujourd’hui nous détourner des opportunités de demain », a-t-il déclaré aux participants.

    Le Vice-Président et Économiste en Chef de la BAD, le Professeur Kevin Urama, a exhorté les pays africains à adopter des solutions innovantes, conçues localement et adaptées aux défis spécifiques du continent. Il a plaidé pour le renforcement des politiques budgétaires et une mobilisation plus résiliente des ressources pour faire face aux défis liés à la dette.

    Contacts pour les interviews et demandes médias :

    • PNUD : Eve Sabbagh, Spécialiste en communication stratégique, eve.sabbagh@undp.org
    • Banque africaine de développement : Emeka Anuforo, Communication et Relations Extérieures, media@afdb.org
    • CEA : Sophia Denekew, Relations avec les médias, denekews.uneca@un.org
  • Dr Matshidiso Moeti (OMS) : « L’infection à VIH est un problème de santé complexe »

    Dr Matshidiso Moeti (OMS) : « L’infection à VIH est un problème de santé complexe »

    « L’infection à VIH est un problème de santé complexe, indissociable des déterminants sociaux tels que la pauvreté, les inégalités hommes-femmes et la violence, et compliqué par la stigmatisation et la discrimination qui touchent particulièrement les groupes marginalisés », rappelle Dr  Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, en prélude à la Journée mondiale du Sida, célébrée chaque 1er décembre.

    Journée mondiale du sida 2024

    Message de la Dre Matshidiso Rebecca Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

    Au moment où l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) se joint au reste de la communauté internationale pour commémorer de la Journée mondiale du sida 2024, ce 1er décembre, le thème retenu pour l’édition de cette année, « Suivons le chemin des droits – Notre santé, nos droits », vient à point nommé nous rappeler notre responsabilité de protéger les droits humains alors que nous poursuivons l’objectif de l’élimination du VIH d’ici à 2030.

    L’infection à VIH est un problème de santé complexe, indissociable des déterminants sociaux tels que la pauvreté, les inégalités hommes-femmes et la violence, et compliqué par la stigmatisation et la discrimination qui touchent particulièrement les groupes marginalisés. La protection des droits humains est un élément clé de la réalisation des soins universels contre le VIH et de l’élimination des obstacles à l’accès qui mettent des vies en danger.

    La Journée mondiale du sida offre aussi l’occasion de réfléchir aux réalisations. Les pays africains ont réalisé des progrès considérables, l’évolution de la trajectoire de l’épidémie au cours de la dernière décennie étant la preuve des succès tangibles enregistrés dans la lutte contre le VIH et la riposte. Et ce, même si la charge de morbidité due au VIH est la plus élevée au monde et que les ressources consacrées à la lutte contre l’épidémie sont comparativement plus limitées.

    Des réductions notables du nombre de nouvelles infections par le VIH et de décès liés au sida sont enregistrées, et, pour la toute première fois, le nombre de nouvelles infections par le VIH a été plus élevé en dehors de l’Afrique subsaharienne en 2023. La Région africaine de l’OMS est également la Région qui a le plus progressé dans le monde vers l’atteinte des cibles 95-95-95 du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) en matière de dépistage, de traitement et de suppression de la charge virale du VIH, lesquelles cibles visent à combler les lacunes en matière de couverture et de résultats thérapeutiques.

    Sept pays ont déjà atteint ces cibles, la notation globale pour la Région étant actuellement de 90-82-76. Près de 21,3 millions de personnes sont désormais placées sous traitement antirétroviral, ce qui augmente leur espérance de vie. Le Botswana (qui a atteint le statut de niveau « argent ») et la Namibie (le statut de niveau « bronze ») ont quant à eux été reconnus pour avoir considérablement réduit les taux de transmission mère-enfant du VIH, atteignant ainsi les indicateurs requis pour les critères retenus dans le cadre de la « Voie menant à l’élimination du VIH » introduits en 2017.

    En outre, la Région africaine applique des méthodes biomédicales efficaces de prévention du VIH, les pays adoptant et mettant en œuvre rapidement des recommandations en matière de prophylaxie préexposition, et garantissant un accès accru à des options telles que la prophylaxie préexposition orale et injectable à longue durée d’action et l’anneau vaginal dapivirine.

    Cependant, malgré la disponibilité accrue de connaissances scientifiques et d’outils pour prévenir de nouvelles infections par le VIH et traiter efficacement les personnes vivant avec le VIH, la valeur de ces innovations dépend de leur accessibilité à toutes et à tous. Il s’agit là d’une question qui nécessitera des investissements supplémentaires et des réformes politiques à l’avenir.

    Nous avons l’obligation collective de protéger les droits humains, en veillant spécifiquement à ce que les soins de santé soient accessibles à toutes les personnes, sans aucune discrimination, et ceci quels que soient leur statut sérologique, leur origine, leur sexe ou leur lieu de résidence. La stigmatisation et la discrimination ne devraient pas saper les acquis et entraver nos progrès.

    Compte tenu des résultats obtenus, il est effectivement possible d’éliminer le VIH grâce aux efforts combinés des gouvernements, des partenaires, des prestataires de soins de santé, de la société civile et, surtout, des communautés. Les communautés sont des partenaires majeurs dans l’élaboration conjointe de stratégies et dans la mise en œuvre conjointe d’interventions visant à éliminer les obstacles aux soins liés aux droits humains, et nous devons veiller à ce que leurs voix soient entendues.

    La riposte au VIH est compliquée par l’incidence croissante des flambées de maladies dans la Région africaine, qui ont un impact négatif sur nos systèmes de santé déjà en difficulté. Au moment où nous accélérons notre riposte à l’épidémie, il est important que nous restions conscients du fait que des systèmes de santé solides et des approches des soins de santé intégrées et centrées sur la personne sont essentiels pour répondre de façon optimale aux besoins multiples de nos populations vulnérables.

    Profitons de cette occasion pour reconnaître les progrès accomplis, mais aussi pour renouveler notre engagement commun en faveur de l’élimination de l’infection à VIH. En protégeant le droit de chaque personne à la santé et en réduisant les nouvelles infections par le VIH, nous pouvons parvenir à une génération sans sida et assurer la pérennité de la riposte au VIH.

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  • Thiaroye, un contentieux historique parmi d’autres…

    Thiaroye, un contentieux historique parmi d’autres…

    François Hollande avait fait un petit pas. Emmanuel Macron en fait un autre. Trop peu ? Trop tard ? Les pays et les familles des tirailleurs sénégalais et autres en attendent davantage. Peut-être une politique lisible, valable pour tous ?

    Dans une lettre à son homologue sénégalais, le chef de l’État français annonce que « la France se doit de reconnaître que la confrontation de militaires et de tirailleurs qui exigeaient l’entièreté de leur solde légitime a déclenché un enchaînement de faits ayant abouti à un massacre, le 1ᵉʳ décembre 1944, au Camp de Thiaroye ». Ne devrait-on pas se féliciter pour une telle reconnaissance ?

    Quatre-vingts ans après cet événement douloureux, l’amertume des peuples et des familles demeure. Sans doute parce que l’on a trop longtemps ignoré leurs souffrances, pratiquement incurables, désormais. Il ne faut pas s’étonner qu’une indifférence aussi longue ait des conséquences. Très peu font le rapprochement entre ces meurtrissures aggravées par le temps et le fait que la France, en Afrique, va de déconvenue en déconvenue. Ce sont de tels contentieux qui, insidieusement, alimentent les rancœurs que d’aucuns qualifient de sentiments anti-français.

    Et Paris ne peut espérer enrayer une certaine perte de vitesse dans ce qui était jadis son pré-carré en Afrique, uniquement avec des gestes ponctuels, en direction d’un pays donné, par rapport à un contentieux précis. Pour reconquérir la bienveillance des peuples africains, la France devra s’inventer une politique claire, transparente, qui ne fluctue pas à la tête des dirigeants.

    Thiaroye est tout de même un symbole important…

    Que de symboles importants, dans le flot des contentieux historiques de la France en Afrique ! Chaque ancienne colonie a les siens. Certes, Thiaroye a donné lieu, en 1988, à un film magnifique (de Sembène Ousmane, NDLR), qui aurait dû constituer un déclic. Ceux des jeunes Africains d’aujourd’hui qui ont vu ce film y découvrent des propos, des comportements qui font écho à ce qui nourrit, chez eux, les sentiments que déplorent certains. Quelques dialogues du film leur rappellent que la mentalité qui prévalait à l’époque du massacre de Thiaroye n’a pas totalement disparu.

    Le film est-il si donc si réaliste ?

    Il vaut le détour ! Ainsi, lorsque le général rassemble les officiers supérieurs pour trancher la question du paiement aux tirailleurs de ce qui leur avait été promis, on découvre deux profils dissemblables, le meilleur, juste en face du pire.

    • Mais, qu’est-ce qu’ils vont faire de tout cet argent, au fond de leurs cases ? s’interroge un officier, qui suggère de le leur changer à la moitié de sa valeur. Mais, ironise-t-il, le capitaine Raymond n’est pas de cet avis. Seulement, capitaine, vous ne connaissez pas les indigènes ! Et vous ne connaissez pas les colonies !
    • Il ne s’agit pas de connaître les colonies ou les indigènes, comme vous dites. Il s’agit de simplement respecter nos engagements, répond le capitaine. À Morlaix, une avance leur a été donnée. Avec la promesse absolue qu’ils seraient intégralement payés, dès leur arrivée à Dakar. Les combattants français blancs, eux, ont été payés !
    • Mais, chaque guerre demande une période d’austérité, lance un autre.
    • Vous n’allez pas me dire que c’est en escroquant un millier d’indigènes que la France pourra se reconstruire, réagit Raymond.
    • Escroquer, escroquer ! Nous nous sommes montrés très généreux avec eux ! La France est généreuse avec ses indigènes. D’ailleurs, nous les avons sortis de la barbarie…
    • Il ne s’agit pas de générosité, rétorque Raymond, mais de justice. Quant à la barbarie, je ne sais pas si elle est chez eux ou chez nous.
    • Et l’autre de contre-attaquer : Quant à moi, je dis que ces gens, qui sont d’un naturel primitif, ont été manipulés, voire achetés par les nazis ! Ou par les bolchéviks, pour déstabiliser l’empire ! D’ailleurs, comment auraient-ils pu revenir des camps, sinon ?

    Comment on peut dire, penser des choses pareilles ? s’emporte Raymond. Pour Hitler, les Juifs, les communistes, les francs-maçons, les Tziganes, les Noirs, tout ça, c’est à éliminer. Quant à nous, nous sommes allés chercher ces Noirs dans leurs villages, pour leur faire faire la guerre. À votre place, messieurs !

    Mais Raymond perdra son combat. Et le massacre aura bien lieu…

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 30 novembre 2024

  • Bithien Djalate, le Togolais qui veut « servir le monde à partir de l’Afrique »

    Bithien Djalate, le Togolais qui veut « servir le monde à partir de l’Afrique »

    Ingénieur industriel de formation, Bithien Djalate, 48 ans, continue de vendre ses compétences aux Etats-Unis. Au tournant de son parcours professionnel, il a des ambitions pour son pays d’origine, le Togo, l’Afrique…

    Début

    Le natif de Lomé, issu d’une famille où une place prépondérante est accordée aux études – son père est haut fonctionnaire et sa mère employée municipale –  a passé son enfance dans une atmosphère heureuse mais rigoureuse. «Mes parents ont sacrifié beaucoup pour nous offrir les moyens nécessaires pour nos études et d’autres besoins », concède-t-il encore aujourd’hui au micro de Diversalites.

    Voyage

    Alors que ses parents voudraient qu’il fasse ses études supérieures au pays, il penche plutôt pour un départ à l’extérieur, afin de se frotter aux autres cultures. C’est ainsi qu’il débarque au pays de l’Oncle Sam en 2002, qu’il ne connait laconiquement qu’à travers la lecture et les films.

    Un nouvel environnement, une nouvelle culture, une nouvelle langue, bref tout est à refaire ou en partie. Mais étant donné qu’à cœurs vaillants rien d’impossible, Bithien Djalate s’adapte dans sa nouvelle vie, aussi rapidement que possible. « Le climat, la gastronomie, les habitudes, tout est différent. Pour pouvoir joindre les deux bouts, je dois batailler dur. Je me rends alors compte que je suis dans un pays où il faut vraiment bosser dur pour espérer avoir sa place au soleil. Alors, je me jette à l’eau pour survivre », aime-t-il répéter à celui qui l’interroge sur sa réussite actuelle.

    Détermination

    Pour entamer son périple américain, le jeune Bithien Djalate devient dans un premier temps conducteur des engins. Au fil des années, il finit par être recruté par Sam’s Club, une branche de Walmart, le plus grand employeur après le gouvernement américain, où il officie en tant que chargé d’expédition au centre de distribution 6697.

    En 2005, il décroche le prix du meilleur employé de l’année  de la compagnie (Associate of the year).

    Les grandes décisions se prennent, souvent,  dans les moments difficiles. L’histoire de la vie de ce Togolais en est une. Après son licenciement après une dizaine d’année de bons et loyaux services, il quitte partiellement le monde du travail pour retourner sur les bancs afin de mieux renforcer ses compétences et mieux répondre aux exigences du marché de l’emploi de cette nation vaste de 54 Etats.

    Ingénierie

    « Le temps m’enseigne l’importance de faire des études. Alors le projet de retourner à l’école s’impose. Pourtant, je le reporte régulièrement, trouvant des prétextes sans fondement. C’est après avoir perdu le boulot que je faisais depuis presque neuf ans, que je décide enfin de me lancer. Un matin je me lève et je me dis, ok, là je n’ai plus rien à perdre. Autant tenter le tout pour le tout, autant sauver l’honneur de la famille. Je décide de retourner faire une formation en mécatronique parce que je nourris à cette époque un projet avec un ami, Ahlin Dedry ingénieur en électricité. Je commence et comprends que c’est la bonne chose à faire. Au cours de ma formation, fort heureusement, je suis influencé par un autre de mes amis, Biova Afantchao qui à cette époque vient d’obtenir son diplôme d’ingénieur. La motivation décuple et je me donne à fond », relate Bithien Djalate.

    Ce dernier intègre, en 2017,  la Dunwoody college of technology, l’une des meilleures écoles de pratique dans le Mindwest des États-Unis. C’est dans cet institut créé par William Dunwoody en 1914 et basé à Minneapolis en Minnesota qu’il sort trois ans plus tard dipômé en technologie industrielle et agréé de la Six Sigma green belt.

    Il est ancien employé de MTS systems où il a particulièrement contribué à la construction de la salle d’essai pour l’ossature de l’Airbus militaire A400M. Il est également passé par AGM occupant le poste de Process Engineer.

    Inscrit au tableau de l’ordre des ingénieurs des États-Unis, de la NSBE (National Society of Black Engineers) ainsi que de la SME (Society of Mechanical Engineers), il a été recruté par la Lincoln Industries en qualité d’ingénieur de Manufacture, poste qu’il continue d’occuper jusqu’à alors.

    Partage d’expérience

    Aujourd’hui, Bithien Djalate est un homme accompli, épanoui dans son domaine professionnel. Bien qu’il n’aime pas aborder les questions liées à ses réussites, il est convaincu d’une chose, sans une bonne éducation rien de grand ne peut se construire. Raison pour laquelle il appelle l’Afrique à redéfinir son système éducation afin de mieux produire des génies, penseurs, créateurs, visionnaires, entre autres.

    « La formation est la base de tout. Si elle est bafouée, le potentiel humain de l’Afrique pourrait ne pas l’aider à sortir de la position subsidiaire qui est encore la sienne aujourd’hui », rappelle l’ingénieur industriel.

    Et d’enchaîner : « En Afrique plus de la moitié de la population est jeune, ce qui est un potentiel de développement. Mais pour que ce potentiel soit utile, il faut la former à la base dans tous les domaines pour qu’elle soit capable de prendre le destin du continent en main idéologiquement et techniquement ».

    Bithien Djalate ambitionne de partager avec la jeunesse africaine ses expériences. Tout passe d’abord, continue-t-il d’insister, par une bonne éducation. « Je veux exploiter mon talent, mon expérience de vie et celle professionnelle pour servir le monde à partir de l’Afrique », déclare-t-il.

    Réforme

    « La jeunesse africaine doit comprendre qu’il y a un temps pour toute chose. Et la plupart du temps quand on rate des occasions, cela devient plus difficile après. Il faut qu’on éduque la jeunesse pour qu’elle assimile le sentiment d’appartenance à l’Afrique », indique l’ingénieur industriel.

    Selon lui, « L’Afrique fait face à une urgence, celle de l’endoctrinement de son peuple au désir de bien faire et à l’amour de faire de l’Afrique la première priorité », soulignant qu’une réforme du système éducation est plus que nécessaire.

  • Matshidiso Moeti (OMS) : « La déficience visuelle contribue à des pertes considérables »

    Matshidiso Moeti (OMS) : « La déficience visuelle contribue à des pertes considérables »

    Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Afrique,  alerte sur la problématique de la vision. «…les pertes de productivité annuelles dues à la déficience visuelle ont été estimées à 9,7 milliards de dollars en 2019 ».

    Journée mondiale de la vue, 10 octobre 2024

    Message de la Dre Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique

    Selon le Rapport mondial sur la vision 2019 de l’OMS, au moins 2,2 milliards de personnes souffrent de déficience visuelle ou de cécité dans le monde, et au moins un milliard d’entre elles sont atteintes d’une déficience visuelle qui aurait pu être évitée ou qui n’a pas encore été traitée. En Afrique subsaharienne, environ 140 millions de personnes souffraient de déficience visuelle en 2019.  Or, une bonne vision est essentielle au bien-être, à l’éducation, à l’emploi et à la productivité économique. En revanche, la déficience visuelle contribue de façon notable à des pertes considérables dans tous ces domaines. Par exemple, les pertes de productivité annuelles dues à la déficience visuelle ont été estimées à 9,7 milliards de dollars en 2019.

    La Journée mondiale de la vue, célébrée chaque année le deuxième jeudi du mois d’octobre, a pour but d’attirer l’attention sur la prévention de la perte de vision et la promotion de la santé oculaire. Cette année, les projecteurs sont braqués sur l’importance cruciale d’accorder la priorité à la santé oculaire des enfants et de donner aux enfants du monde entier la possibilité d’aimer leurs yeux. Le jeune enfant atteint de déficience visuelle sévère d’apparition précoce peut présenter un retard de développement cognitif, social, émotionnel, moteur ou de langage qui aura des conséquences tout au long de sa vie. L’enfant en âge scolaire atteint de déficience visuelle peut avoir de moins bons résultats scolaires et une plus faible estime de soi que les enfants du même âge ayant une vue normale.  Il est donc essentiel de veiller à la santé oculaire des enfants pour promouvoir leur bien-être tout au long de la vie.

    Si la Région africaine a réduit la perte de vision due à des affections telles que la carence en vitamine A et le trachome, il faut bien reconnaître que la santé oculaire y est confrontée à de nouveaux défis liés au vieillissement de la population, à l’adoption de modes de vie malsains, à des facteurs environnementaux, à des régimes alimentaires modifiés et à l’adoption de modes de vie sédentaires qui contribuent à l’augmentation des maladies non transmissibles et de la rétinopathie diabétique liée au diabète.1 La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des solutions simples et efficaces pour traiter les affections oculaires, telles que les lunettes pour corriger les défauts de réfraction, une solution qui n’est pas encore accessible à un grand nombre de personnes dans notre Région.

    Dans la Région africaine, des défis perdurent malgré les progrès réalisés dans des domaines tels que la formation, les enquêtes et la réduction de la perte de vision due à des maladies spécifiques. À ce jour, seuls 32 % des pays  se sont dotés d’une politique, d’une stratégie ou d’un plan d’action national pour lutter contre la perte de vision et la cécité, tandis que 64 % des pays  disposent d’un point focal pour la santé oculaire au ministère de la santé.  Près de la moitié des pays  proposent une évaluation de la vision des enfants, tandis que 16 pays  seulement ont intégré la prescription de lunettes et 18 pays  ont intégré la chirurgie de la cataracte dans les interventions qu’ils offrent dans le cadre de leurs prestations de santé publique.

    Les ressources financières sont rares, le personnel qualifié est inégalement réparti et l’accès aux soins ophtalmologiques reste insuffisant. Les consommables et les technologies font souvent défaut ou sont hors de prix. Dans le même temps, des obstacles systémiques tels que le manque de sensibilisation, la stigmatisation et le coût continuent d’entraver les progrès et de limiter la recherche précoce et régulière de soins, ainsi que l’accès aux interventions nécessaires.

    Pour relever ces défis, l’OMS plaide en faveur de la santé oculaire depuis les années 1960. Dans l’une de ses résolutions adoptées en 2021, l’Assemblée mondiale de la Santé invite instamment les pays à adopter des soins oculaires intégrés centrés sur la personne,  les cibles mondiales de couverture effective des erreurs de réfraction et de la chirurgie de la cataracte devant être atteintes d’ici à 2030, à savoir une augmentation de 40 points de pourcentage de la couverture pour la correction des erreurs de réfraction et une augmentation de 30 points de pourcentage de la couverture en ce qui concerne la chirurgie de la cataracte.  Cette initiative soutient l’intégration des soins oculaires dans les systèmes de santé nationaux, la promotion d’examens oculaires réguliers, l’élargissement de l’accès aux soins, la sensibilisation du grand public et l’utilisation de la technologie pour suivre et évaluer les progrès réalisés vers l’amélioration de la santé oculaire. Il est tout à fait possible d’intégrer le dépistage visuel et l’orientation-recours des patients dans le cadre des « initiatives de promotion de la santé dans les écoles »,  en vue de la santé oculaire des enfants. La collaboration à tous les niveaux du système de santé est primordiale pour réussir, l’accent étant mis sur la garantie d’un accès rapide à des soins ophtalmologiques intégrés et centrés sur l’individu dans le contexte des soins élargis destinés aux personnes souffrant de maladies non transmissibles tout au long de la vie, en faisant porter les efforts sur le niveau des soins primaires.

    Aujourd’hui, nous avons l’occasion de sensibiliser le grand public à l’importance d’une bonne vision en utilisant la santé oculaire de l’enfant comme point d’entrée, car les enfants sont au centre de la famille et la promotion de la santé oculaire de l’enfant peut contribuer à la promotion d’une bonne vision dans toute la famille comme dans la société tout entière. En outre, cette Journée nous offre la possibilité de faire savoir au grand public que des services de santé oculaire sont disponibles et d’encourager chacune et chacun d’entre nous à rechercher rapidement des soins en cas de trouble oculaire afin de bénéficier des interventions nécessaires pour traiter sa vision, la sauver ou l’améliorer. Sans aucun doute, il est temps de donner la priorité aux soins oculaires dans nos pays. Chacune et chacun d’entre nous a un rôle à jouer à cet effet.

    Il est temps de donner la priorité aux soins oculaires dans tous les pays, en veillant à ce que chaque personne joue un rôle dans la sensibilisation et dans la promotion de soins précoces visant à sauver ou à améliorer la vision.

    En savoir plus

    1.           Organisation mondiale de la Santé. Rapport mondial sur la vision. 2019. Disponible à l’adresse https://www.who.int/publications/i/item/9789241516570.

    2.           Soixante-Quatorzième Assemblée mondiale de la Santé. Point 13.9 de l’ordre du jour, décision WHA74(12), 31 mai 2021. Soins oculaires intégrés centrés sur la personne, cécité et déficience visuelle évitables comprises. Disponible à l’adresse https://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/WHA74/A74(12)-en.pdf.

    3.           World Health Organization. Eye Care in Health Systems: guide for action Geneva, Switzerland2020 [cited 2024 06/02/2024]. Disponible à l’adresse https://www.who.int/publications/i/item/9789240050068.

    4.           Organisation mondiale de la Santé Rapport sur les cibles atteignables en 2030 concernant la couverture effective des soins oculaires [Internet]. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2022 (disponible à l’adresse https://apps.who.int/iris/handle/10665/363158).

    5.           Organisation mondiale de la Santé. Rapport mondial sur la vision [Internet]. Genève : Organisation mondiale de la Santé ; 2019 (disponible à l’adresse https://apps.who.int/iris/handle/10665/335826).

    6.           ATscale: global partnership for assistive technology. A market landscape and strategic approach to increasing access to eyeglasses in low-and middle-income countries. Product narrative: Eyeglasses; 2020 (https://at2030.org/static/at2030_core/outputs/Product_Narrative-Eyeglasses_final.pdf).

    7.           WHO. Global Refractive Error Expert Consultation, WHO Headquarters, Geneva, Switzerland, Meeting Report; 2023 (https://www.who.int/news-room/events/detail/2023/05/11/default-calendar/global-refractive-error-expert-consultation).

    8.           WHO (2021). Assessing national capacity for the prevention and control of noncommunicable diseases: report of the 2021 global survey.

  • Les doux rêves d’avenir de la Francophonie

    Les doux rêves d’avenir de la Francophonie

    Il est vrai que l’on se comprend mieux, en général, lorsque l’on parle la même langue. Mais où donc se formeront les génies que l’on comptabilise déjà comme l’élite, censée faire rayonner le monde francophone de demain ?

    « La Francophonie n’est pas un repli sur soi, par rapport à la langue anglaise ; elle n’est pas non plus la Françafrique », affirmait, hier, Louise Mushikiwabo à la cérémonie d’ouverture du XIXème sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Comment comprendre que, 54 ans après sa création, cette organisation en soit encore à traîner ce que sa Secrétaire générale qualifie d’« idées reçues tenaces » ?

    En général, c’est lorsqu’une institution peine à s’imposer par ses valeurs réelles qu’elle se retrouve à devoir se défaire d’une image négative répandue dans l’opinion.  La Francophonie a souvent eu, ces deux dernières décennies, à transiger avec les principes qu’elle professe. D’où les idées reçues, qui germent facilement dans une opinion d’autant plus suspicieuse qu’elle a cru, avec la Déclaration de Bamako, en l’an 2000, que cette institution pouvait aider à consolider l’État de droit et la démocratie sur ce continent. D’élections truquées, validées envers et contre les évidences, en rapports timides, sinon complaisants, sur des scrutins ouvertement contestables, les peuples, désabusés, en sont venus à faire à l’OIF une réputation parfois injuste, ou totalement infondée.

    Trois mois après sa prise de fonctions, La secrétaire-générale Mushikiwabo avait, elle aussi, dressé, en mars 2019, un tableau accablant des insuffisances de cette organisation. Celle-ci manquait de visibilité et de pertinence, selon elle, et devait s’interroger sur ses objectifs, son orientation et même sur son positionnement sur la scène internationale.

    À trop vouloir ménager les seuls dirigeants, la francophonie a peut-être oublié d’épouser les attentes réelles des populations. Et cela au-delà des jeunes entrepreneurs, dont le génie, fatalement, serait éteint, s’il ne prévalait pas, dans l’espace dans lequel ils évoluent, un État de droit, la démocratie.

    « Créer, innover et entreprendre en français », n’est-ce pas un thème plutôt fédérateur pour ce sommet ?

    Autant l’épanouissement d’une jeunesse ingénieuse est fondamental, autant la langue que parlent ces génies demeure suspendue aux centres de recherches et autres viviers dans lesquels ils se forment et évoluent. Peut-être que la Francophonie devrait-elle mener une enquête sérieuse sur les jeunes francophones, Africains notamment, qui, faute de pouvoir se former en France ou au Canada, abandonnent leur formation ou vont en Inde, en Chine, dans le Golfe, en Turquie, au Japon ou dans quelque pays improbable.

    Certains se souviennent sans doute de cet astrophysicien qui avait piloté, en 1997, le robot Sojourner de la Nasa, envoyé à la surface de Mars. L’on a découvert qu’il était Malien. Parlant très bien français, certes, mais américain, dans l’équipe de JPL (le laboratoire de propulsion de la Nasa) qui l’a formé et le faisait travailler.

    Les États font une distinction entre migrants et étudiants

    Il est des étudiants, parfois brillants, qui ne peuvent accéder au savoir que par le chemin des migrants. Mais, lorsque, pour des raisons politiciennes ou autres, on tient tout le monde à distance, on peut risquer de priver la francophonie de purs génies, chercheurs et créateurs de certaines origines francophones. Parmi les rejetés, certains iront aux quatre coins du monde préparer l’avenir dans des laboratoires et temples du savoir où les technologies de pointe se traitent en mandarin, en anglais, en japonais ou en allemand.

    Que d’étudiants, d’écrivains, de chercheurs et de cerveaux féconds, déjà discriminés dans leur propre pays, sont ainsi privés de ce qui a été décrit dans les documents de ce XIXème sommet de la Francophonie comme la « bienveillante hospitalité fédératrice de la langue française » ! Exclus de la fameuse diversité et de la richesse de l’espace francophone, ils manqueront, et ne contribueront pas à faire vivre la langue française à l’échelle mondiale.

    Tout comme certains excellents footballeurs d’origine africaine et autres qui font la gloire de l’équipe de France sortent de centres de formation en France, l’on ne peut espérer voir ces talents venir renforcer un jour un univers francophone qui ne les aura pas formés.

    La sagesse populaire, en Afrique, dit que celui qui parle votre langue et l’adopte est, a priori, un ami. Car, en général, l’on se comprend toujours mieux, lorsque l’on parle la même langue.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du samedi 5 octobre 2024

  • CHAN 2024 |Voici le calendrier complet des éliminatoires

    CHAN 2024 |Voici le calendrier complet des éliminatoires

    La Confédération Africaine de Football (CAF) a officiellement communiqué lundi des informations importantes concernant le Championnat d’Afrique des Nations TotalEnergies (CHAN) 2024. Dans une note adressée aux différentes fédérations nationales, le Secrétaire Général de la CAF, Véron Mosengo-Omba, a confirmé conformément à la décision du Comité Exécutif que le CHAN 2024 sera co-organisé par le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie. La compétition se déroulera du 1er au 28 février 2025.

    Les dates clés du CHAN 2024
    La phase finale du CHAN 2024 se tiendra du 1er au 28 février 2025 dans ces trois pays hôtes. Les éliminatoires se dérouleront en deux tours :

    Premier tour : du 25 au 27 octobre et du 1er au 3 novembre 2024.
    Deuxième tour : du 20 au 22 décembre et du 27 au 29 décembre 2024.

    La CAF a également révélé le format des qualifications. Les zones de l’UFOA A, l’UFOA B, l’UNAF, l’UNIFFAC, et la COSAFA verront chacune trois (3) équipes se qualifier. La CECAFA, région des pays hôtes, aura droit à une équipe qualifiée supplémentaire, portant le nombre total d’équipes finalistes à 19.

    Impact sur le calendrier des compétitions interclubs de la CAF

    Le CHAN 2024 ayant lieu en 2025, certaines dates de la Ligue des Champions et de la Coupe de la Confédération de la CAF ont été ajustées. Voici les nouvelles dates pour la phase de groupes des compétitions interclubs :

    Journée 1 : 26-27 novembre 2024 (initialement prévue les 25-27 octobre 2024)
    Journée 2 : 6-8 décembre 2024 (initialement prévue les 1er au 3 novembre 2024)
    Journée 3 : 13-15 décembre 2024 (initialement prévue les 8-10 novembre 2024)
    Journée 4 : 3-5 janvier 2025 (initialement prévue les 26-27 novembre 2024)
    Journée 5 : 10-12 janvier 2025 (initialement prévue les 6-8 décembre 2024)
    Journée 6 : 17-19 janvier 2025 (initialement prévue les 13-15 décembre 2024)

    Les quarts de finale, demi-finales, et finales de ces compétitions interclubs restent inchangés et se dérouleront entre mars et mai 2025 selon la Confédération Africaine de Football (CAF).

    Source: ftftogo.com

  • Le Cabinet IFC relance le débat sur la bonne gouvernance dans les entreprises africaines à Lomé

    Le Cabinet IFC relance le débat sur la bonne gouvernance dans les entreprises africaines à Lomé

    Le Cabinet d’ingénierie de la formation & consulting (IFC) organise du 12 au 13 décembre 2024 là Lomé a 1ère édition des Journées du contrôle de gestion dans les entreprises africaines.

    « Enjeux, défis et perspectives du contrôle de gestion, pour le développement des entreprises africaines au 21eme siècle » est le thème choisi pour cette grande rencontre en collaboration avec le Salon des banques et PME de l’UEMOA (SBPME UEMOA) et le monde de la recherche, etc.

    Son objectif, contribuer à renforcer les capacités des acteurs (enseignants chercheurs, chercheurs et jeunes chercheurs ainsi que les professionnels contrôleurs de gestion) et à promouvoir une meilleure gestion des entreprises sur le continent ; faire l’inventaire des institutions de recherche viables, notamment, en contrôle de gestion et élaborer des stratégies pour une collaboration efficace entre elles ;  valoriser les résultats des activités de recherche mises en œuvre dans le cadre de développement des outils, acteurs et pratiques du contrôle de gestion dans les entreprises africaines ;  partager les meilleures pratiques, favoriser les échanges entre chercheurs africains d’une part et entre chercheurs africains et mondes socio-économiques d’autre part, entre autres.

    Pour les autres détails, consultez le document ci-après:

Radio Renouveau228

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