Étiquette : Afrique

  • Tribune libre/Afrique : l’audace politique comme ultime levier pour exister dans le nouvel ordre mondial

    Tribune libre/Afrique : l’audace politique comme ultime levier pour exister dans le nouvel ordre mondial

    En tant qu’expert en veille stratégique, Helly Gbene constate que trop souvent les États africains observent les recompositions géopolitiques sans s’y projeter. Pendant que d’autres anticipent, nous réagissons tardivement.

    Le 03 septembre 2025 à Lomé, à l’occasion de la rentrée diplomatique togolaise, deux voix se sont élevées pour rappeler une évidence : l’Afrique doit oser. Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères, et Abderaman Koulamallah, ancien chef de la diplomatie tchadienne, ont délivré un message sans ambiguïté : l’Afrique dispose des moyens et des talents, mais elle se prive encore de son arme la plus décisive – l’audace politique.

    Un continent trop souvent spectateur de son destin

    En stratégie, il n’y a pas de place pour l’attentisme. « L’Afrique doit se positionner en actrice qui compte pour elle-même suivant ses propres intérêts », a affirmé Robert Dussey.

    En tant qu’expert en veille stratégique, je constate que trop souvent nos États observent les recompositions géopolitiques sans s’y projeter. Pendant que d’autres anticipent, nous réagissons tardivement.

    Selon la CNUCED, les chaînes d’approvisionnement mondiales sont en pleine reconfiguration depuis la pandémie et la guerre en Ukraine. Pourtant, l’Afrique ne capte que 2,9 % du commerce mondial en 2024. Là où l’Asie a bâti des hubs logistiques et industriels, l’Afrique reste consommatrice. C’est la preuve qu’il nous manque non pas des opportunités, mais une capacité de décision rapide et coordonnée.

    “Chaque silence nous coûte de la souveraineté, chaque hésitation nous enchaîne davantage.”

    Des accords ambitieux, mais trop peu de résultats

    Le Pacte de Lomé, la ZLECAF, l’Agenda 2063 sont des cadres essentiels. Mais en gestion de projet, un plan sans indicateurs mesurables et sans pilotage est une coquille vide.

    Par exemple, la ZLECAF promet une augmentation de 52 % du commerce intra-africain d’ici 2035 selon la Banque mondiale. Pourtant, le commerce intra-africain reste bloqué à 15 % aujourd’hui, contre plus de 60 % en Europe.

    Pourquoi ? Parce que nos infrastructures logistiques sont insuffisantes, nos normes douanières désalignées et nos budgets trop faibles en innovation.

    “Signer ne suffit pas. Ce sont les actes qui transforment.”

    La jeunesse : force vive ou bombe à retardement

    Abderaman Koulamallah a rappelé : « Celui qui n’écoute pas la voix de sa jeunesse est voué à l’échec. »

    Avec une moyenne d’âge de 19 ans, l’Afrique détient la population la plus jeune du monde. Mais sans investissement massif dans la formation, la recherche et l’entrepreneuriat, ce potentiel devient un risque.

    En tant que dirigeant du Cabinet d’Ingénierie de Formation & Consulting – IF&C Togo, j’accompagne des jeunes entrepreneurs togolais et africains. Leur énergie est incroyable, mais leur accès au financement reste marginal : moins de 5 % des PME africaines ont accès à des crédits bancaires classiques. Résultat : des idées brillantes restent dans les tiroirs, pendant que l’Europe et l’Asie nous imposent leurs modèles technologiques.

    “Écouter la jeunesse n’est pas une faveur, c’est une condition de survie.”

    L’audace politique : la clé manquante

    Dans mes missions de conseil en finance et en stratégie, j’ai appris une règle simple : les ressources existent toujours, c’est la gouvernance qui décide de leur efficacité.

    ° Nous avons les terres arables : 60 % des terres cultivables non exploitées du monde sont en Afrique.

    ° Nous avons le soleil et le vent : le continent pourrait devenir un leader des énergies renouvelables.

    ° Nous avons les cerveaux : plus de 12 millions de diplômés sortent chaque année de nos universités.

    Ce qu’il nous manque, c’est l’audace politique pour :

    ° Oser investir 10 % de nos budgets dans la recherche et l’innovation (au lieu des 0,5 % actuels).

    ° Oser créer un marché africain de la dette souveraine pour financer nos projets au lieu de quémander à l’extérieur.

    ° Oser parler d’une seule voix face aux blocs américains, européens ou asiatiques.

    “Sans audace politique, l’Afrique restera un géant aux pieds d’argile. Avec elle, elle deviendra une puissance incontournable.”

    L’Afrique n’attend plus, elle agit

    Comme expert en veille stratégique, je le répète : les signaux sont clairs. Le monde ne nous attendra pas. Chaque crise internationale est une opportunité que nous laissons filer faute d’audace.

    L’Afrique n’est pas condamnée. Elle est attendue. Mais il faudra du courage, de la vision et surtout des décisions fermes pour transformer nos potentialités en puissance réelle.

    “L’Histoire ne donne pas sa place : elle se conquiert. Le moment est venu pour l’Afrique d’oser.”

    Par Helly GBENE, Expert en veille stratégique et développement, CEO du Cabinet IF&C-Togo

  • Réussir sa reconversion ou son retour en Afrique : le guide stratégique qui change tout

    Réussir sa reconversion ou son retour en Afrique : le guide stratégique qui change tout

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  • Santé et environnement : REMAPSEN et GALIEN Africa sur la même longueur d’onde

    Santé et environnement : REMAPSEN et GALIEN Africa sur la même longueur d’onde

    Un partenariat lie désormais le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) et l’association Galien Africa. Désormais rien ne sera plus comme avant. Le REMAPSEN et Galien Africa unissent leurs forces dans l’optique de la promotion de la santé et de l’environnement sur le continent africain.

    Santé et environnement : L’association Galien Africa et le REMAPSEN s’engagent dans un partenariat de promotion de la santé et de l’Environnement en Afrique

    Dakar, la Capitale du Sénégal a accueilli ce mercredi 16 juillet 2025, la cérémonie de signature d’une convention de partenariat entre l’Association Galien Africa et le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN).

    C’était en présence des représentants du Ministère de la Santé et de l’Action sociale, du Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique (Sénégal) et d’un parterre de partenaires nationaux et internationaux. Dans son adresse, le Président du REMAPSEN, M. Bamba Youssouf, s’est félicité de cette signature de partenariat entre son organisation et l’association Galien Africa. Il a fait l’historique du REMAPSEN et rappelé les progrès réalisés au cours de cinq dernières années, avant de préciser les principaux objectifs de cet accord de partenariat. Selon le Président du REMAPSEN : « il s’agira pour les deux organisations signataires de promouvoir la santé et l’environnement à travers des partages d’expériences et le développement de contenus médiatiques percutants, de renforcer les capacités des journalistes et des professionnels des médias africains sur les questions de santé et d’environnement et de soutenir la recherche et l’innovation en renforçant leur collaboration dans le cadre des projets de recherche pour une meilleure compréhension des défis sanitaires et environnementaux ». Il a également déclaré que : « cette alliance stratégique entre Galien Africa et le REMAPSEN marque un tournant majeur dans la quête commune pour une amélioration de la santé et de l’environnement en Afrique », non sans lancer un appel à tous les acteurs pour une meilleure intégration de la communication médiatique dans les stratégies de mise en œuvre des programmes de santé et d’environnement au triple plans national, régional et international.

    La Présidente de l’Association Galien Africa, le Professeur Awa Marie Coll Seck, a félicité le REMAPSEN pour son dynamisme et sa productivité. A travers ce partenariat, elle a engagé son organisation à soutenir l’organisation des Forums annuels des médias du REMAPSEN, à faire le plaidoyer auprès des partenaires pour la réalisation des projets et activités du REMAPSEN, et à soutenir l’organisation des rendez-vous du REMAPSEN de la coordination nationale au Sénégal.

    Les clauses de cet accord de partenariat stipule aussi que le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) assurera la couverture médiatique du Forum et du Prix Galien Afrique dont les prochaines éditions sont prévues du 28 au 31 octobre 2025, à Dakar (Sénégal) sur le thème : « Souveraineté sanitaire, un impératif pour l’Afrique ». Le REMAPSEN diffusera aussi des communiqués de presse relatifs aux évènements initiés et organisés par Galien Africa, et contribuera à l’organisation de webinaires sur des sujets de santé et/ou d’environnement, entre autres.

    Signalons que cette convention de partenariat entre le REMAPSEN et Galien Africa a été signée pour une durée de deux ans renouvelables.

  • A Dakar, le SFA Forum va tenter de structurer l’avenir financier africain

    A Dakar, le SFA Forum va tenter de structurer l’avenir financier africain

    Le Structured Finance Africa (SFA Forum) réunira à Dakar le 25 septembre prochain les acteurs importants de finance pour réfléchir sur la transformation structurelle des économies africaines.

    Les travaux se dérouleront sur le  thème, « Innovations financières et structuration structurelle des économies africaines : titrisation, financements durables et souveraineté ». Objectif, structurer l’avenir financier du continent. Il s’agira de réfléchir sur la structuration structurelle des économies africaines à travers des solutions financières innovantes, adaptées aux réalités du Berceau de l’humanité.

    Pour tous les détails, lisez le document ci-après :  

    COMMUNIQUÉ DE PRESSE

    Structured Finance Africa – SFA Forum 2025

    Structurer l’avenir financier du continent : l’heure de l’innovation et de la souveraineté a sonné

    Dakar, Sénégal, le 15 juillet 2025 – L’Afrique s’engage dans une nouvelle ère de transformation de ses modèles de financement. Pour la première fois, le Structured Finance Africa – SFA Forum réunira, le 25 septembre 2025 à Dakar, tous les acteurs clés de la structuration financière du continent autour du thème : « Innovations financières et transformation structurelle des économies africaines : titrisation, financements durables et souveraineté ». Ce nouveau rendez-vous ambitionne de fédérer les énergies et de catalyser une dynamique collective pour doter l’Afrique d’outils financiers innovants, adaptés à ses réalités et à ses ambitions.

    Un contexte d’urgence et de renouveau

    Face à des tensions budgétaires accrues, au poids de la dette et à un déficit chronique de financement des infrastructures, estimé à plus de 108 milliards de dollars par an, l’Afrique doit repenser ses approches. Les besoins globaux dépassent aujourd’hui 130 milliards de dollars chaque année. Les solutions traditionnelles atteignent leurs limites, alors que l’innovation et l’énergie entrepreneuriale du continent n’ont jamais été aussi fortes. Pour libérer ce potentiel, il est impératif de mobiliser des outils financiers nouveaux, conçus pour et par l’Afrique.

    Paroles d’organisateurs

    Isaac MBAYE, Directeur général d’Invictus Capital & Finance, affirme :
    « Ce forum incarne notre conviction qu’il est temps de passer d’un financement classique à une ingénierie financière plus ambitieuse, inclusive et ancrée dans nos réalités régionales. Il s’agit de créer ensemble des solutions structurées pour libérer l’investissement privé et public en Afrique de l’Ouest. »

    Moustapha FAYE, Directeur général de KF Titrisation, souligne :
    « Ce rendez-vous est une opportunité stratégique pour accélérer l’usage de la titrisation comme levier de transformation économique. Notre objectif est clair : démocratiser ces outils, mutualiser les expertises et bâtir un écosystème de confiance autour des financements structurés. »

    Nafissatou DIAGNE, Directeur général de Development Finance Advisory – DFA, précise :
    « À travers ce forum, nous voulons renforcer le dialogue entre les institutionnels, investisseurs et opérateurs, pour dégager des solutions réalistes et fonctionnelles permettant d’adresser le besoin urgent de financement de la croissance et du développement durable. Car, bien plus qu’une mobilisation de techniques et d’instruments financiers, financer la transformation structurelle de nos entreprises et de nos économies nécessite un bon alignement des approches et des actions des parties prenantes. »

    Des leviers stratégiques à activer

    Le SFA Forum mettra en lumière des leviers essentiels, encore sous-exploités à l’échelle du continent :

    • Titrisation : canaliser l’épargne locale et renforcer la capacité de financement des institutions financières. Depuis 2010, 25 opérations ont été réalisées dans l’UEMOA pour plus de 2 000 milliards FCFA, dont 1 000 milliards sur les cinq dernières années – un potentiel à structurer à l’échelle africaine.


    • Financements durables : accompagner des projets à fort impact social, environnemental et climatique.


    • Gestion active de la dette publique : préserver les équilibres macroéconomiques et soutenir la résilience.


    • Trade finance : sécuriser les importations stratégiques et renforcer les chaînes de valeur régionales.


    • Financement des infrastructures : développer des montages innovants et des instruments hybrides.


    • Partenariats public-privé structurés : catalyser les investissements privés dans les services essentiels.


    • Innovation digitale : vecteur d’inclusion financière et d’intermédiation renforcée.

    Un forum pour passer du constat à l’action

    Le SFA Forum se positionne comme une plateforme inédite pour la structuration financière du continent. Pour cette première édition, l’objectif est de réunir banquiers, assureurs, investisseurs, fintechs, sociétés de gestion, institutions de développement, régulateurs et décideurs publics, opérant sur les marchés africains et internationaux, afin d’initier un dialogue ouvert et de partager des solutions concrètes face aux enjeux de financement.

    Cinq axes structurants pour la première édition :

    1. Panorama du marché africain de la titrisation : état des lieux, dynamiques régionales, obstacles et leviers.


    2. Régulation, notation, fiscalité : bâtir un environnement crédible, attractif et favorable à l’innovation financière.


    3. Trade finance et financements structurés : répondre aux urgences du commerce intra-africain.


    4. Finance durable et infrastructures sociales : passer de l’intention à l’exécution, en identifiant des modèles reproductibles.


    5. Financement des PME/TPE : bâtir des synergies entre fintech, microfinance et structuration financière.

    Un appel à la mobilisation

    Le SFA Forum, co-organisé par Invictus Capital & Finance SA, KF Titrisation et Development Finance Advisory, est né de la conviction que l’Afrique doit inventer ses propres solutions pour répondre à ses défis de financement. Cette première édition est un appel à l’ensemble des professionnels du secteur financier, des décideurs publics, des entrepreneurs et des experts à rejoindre cette dynamique collective.

    Rendez-vous le 25 septembre 2025 à Dakar
    Pour structurer, ensemble, l’avenir financier du continent.

    Découvrez les ambitions du SFA Forum en vidéo : https://youtu.be/1ES8cNVUeec?si=V1Sx512lySXtRYm- 

    Contacts presse

    Cabinet ELOHE : hello@elohe.group
    SFA Forum :
    info@sfa-forum.com
    Accréditations presse :
    communication@elohe.group 

    SFA Forum : info@sfa-forum.com 

    Pour en savoir plus : sfa-forum.com
    LinkedIn SFA Forum : Structured Finance Africa_SFA Forum

    LES ORGANISATEURS

    SFA Forum est une initiative conjointe de trois acteurs majeurs de la structuration financière en Afrique de l’Ouest :

    À propos d’Invictus Capital & Finance


    Société de gestion agréée, spécialisée dans les opérations structurées et le financement sur mesure pour les États, les entreprises publiques et les grands groupes privés. Elle a piloté ou co-structuré plusieurs transactions emblématiques dans la sous-région : 150 milliards FCFA pour l’État du Sénégal, 75 milliards pour Sonatel (première titrisation télécoms en zone UEMOA), ou encore 60 milliards pour le Port Autonome de Dakar.
     Plus d’informations : invictuscapfin.com

    À propos de KF Titrisation


    Première société de gestion agréée exclusivement dédiée aux fonds de titrisation dans l’UEMOA. Elle conçoit et structure des opérations innovantes dans les secteurs de l’immobilier, des infrastructures sociales, des télécommunications, du crédit-bail et de la dette privée, avec une vision tournée vers la liquidité des marchés et l’attraction des investisseurs institutionnels.
     Plus d’informations : kftitrisation.com

    À propos de Development Finance Advisory – DFA


    Cabinet de conseil stratégique basé à Dakar, DFA accompagne la structuration de financements complexes, les réformes de marché et les projets à fort impact dans les domaines de la finance durable, des infrastructures et de l’inclusion financière. Il agit comme interface entre les priorités locales et les standards internationaux.
    Plus d’informations : df-advisory.com

  • « IA, Deepfakes et vérité numérique : l’Afrique à la croisée des chemins »

    « IA, Deepfakes et vérité numérique : l’Afrique à la croisée des chemins »

    À l’ère des illusions numériques, l’Afrique ne peut se permettre d’être spectatrice. Alors que les deepfakes deviennent des armes de manipulation massive, cette tribune propose une solution audacieuse, inclusive et techniquement réaliste pour préserver la vérité, la stabilité démocratique et la souveraineté informationnelle du continent.

    Dans cette tribune, Helly GBENE, expert en veille stratégique et CEO du Cabinet IF&C Togo, y plaide pour un changement de paradigme : faire de la régulation des contenus numériques une priorité continentale partagée. Il y propose VÉRITÉ.AFRICA, une initiative panafricaine inédite, capable de transformer l’urgence numérique en levier d’innovation, d’éducation et de confiance citoyenne.

    Une menace silencieuse qui avance à visage humain

    Il fut un temps où voir, c’était croire. Aujourd’hui, c’est douter. Grâce à la puissance des intelligences artificielles génératives, il est désormais possible de faire dire ou faire n’importe quoi à n’importe qui. Et le pire ? Cela semble authentique à s’y méprendre. Une vidéo de chef d’État, un appel truqué d’un gouverneur, une fausse déclaration d’un leader religieux : le deepfake est la nouvelle arme invisible, et l’Afrique n’a plus le luxe de l’ignorer.

    L’urgence est là. Invisible, mais omniprésente. Chaque jour, nos réseaux sociaux deviennent le champ de bataille d’une guerre d’influence où la vérité est hackée, la confiance effritée, la cohésion menacée. Et pourtant, nous avançons encore trop lentement.

    Le numérique africain avance, mais la régulation vacille

    L’Union Africaine l’a bien compris. En juillet 2024, elle a adopté une Stratégie continentale pour l’intelligence artificielle 2025–2030, fondée sur les valeurs africaines de dignité, éthique, inclusion, diversité et souveraineté. C’est un socle précieux, mais il ne suffit pas.

    Car pendant que nous rédigeons des stratégies, les algorithmes tournent plus vite que nos lois. Les plateformes évoluent plus vite que nos systèmes éducatifs. Et les contenus manipulés voyagent à la vitesse de la 5G, sans demander de visa. La menace est transfrontalière. Notre riposte doit l’être aussi.

    VÉRITÉ.AFRICA : une réponse panafricaine audacieuse, ancrée et faisable

    Ma proposition est simple : créer VÉRITÉ.AFRICA, la première plateforme africaine de certification et de traçabilité des contenus numériques, adossée à la blockchain et renforcée par une IA de détection éthique, souveraine et adaptée à notre réalité. Ce n’est pas une énième application : c’est une infrastructure stratégique de défense de la vérité.

    Ce que VÉRITÉ.AFRICA changera concrètement :

    1. Authentification en temps réel des contenus audiovisuels (vidéo, voix, images) via un “passeport numérique” fondé sur la blockchain.
    2. Déploiement d’un moteur IA de détection de manipulation, accessible via mobile, navigateur ou intégration aux plateformes sociales.
    3. Lancement d’une Académie Anti-Fake, pour former 1 million de citoyens africains à la détection de désinformation d’ici 2030.
    4. Label “Truth Inside”, attribué aux médias et institutions respectant les principes de transparence numérique.
    5. Observatoire Africain de la Vérité Numérique, chargé de surveiller, anticiper et conseiller les États et institutions.

    L’humain au cœur de la technologie

    Ce projet est profondément humain. Car derrière chaque deepfake, c’est un cerveau humain qui est ciblé. C’est la mémoire collective, la parole des anciens, la crédibilité d’un témoin qu’on tente de hacker.

    VÉRITÉ.AFRICA, ce n’est pas une technologie froide, c’est une rempart pour la vérité, la démocratie et la paix sociale.

    Nous devons protéger nos jeunes contre la manipulation algorithmique. Nous devons redonner confiance à nos populations dans leurs institutions. Et nous devons le faire sans céder notre souveraineté numérique à la Silicon Valley ou à Shenzhen.

    Une opportunité économique, sociale et diplomatique

    Ce combat est aussi un levier de croissance économique et d’emploi. Car en construisant nos propres outils d’authentification, nous créons de la valeur locale, des start-ups, des talents, des brevets africains.

    Imaginez un instant que l’Afrique devienne le premier continent à certifier la vérité numérique. Ce serait un message puissant : nous ne sommes pas en retard. Nous sommes en avance, avec notre propre vision.

    Mon appel à l’Union Africaine

    A l’occasion, je m’adresse aujourd’hui aux décideurs de l’Union Africaine, aux commissaires, aux chefs d’États, aux responsables de la jeunesse, de la technologie, de la culture et de la sécurité :

    Ne faites pas de la désinformation un simple chapitre dans un rapport.

    Faites-en un combat structurant pour le XXIe siècle africain.

    Et pour cela, je me tiens prêt, en tant qu’expert et entrepreneur, à accompagner le déploiement pilote de VÉRITÉ.AFRICA, en partenariat avec vos équipes, vos institutions, vos experts. Ensemble, nous pouvons lancer ce projet dès 2026 dans cinq pays pilotes.

    Il est encore temps, mais plus pour longtemps

    Chaque vidéo truquée non détectée érode un peu plus la confiance. Chaque silence réglementaire est une complicité involontaire.

    Le temps est venu pour l’Afrique de protéger ses vérités, ses récits, ses voix.

    VÉRITÉ.AFRICA, ce n’est pas une utopie. C’est la seule réponse digne, durable et audacieuse que mérite notre continent face à la grande illusion numérique.

    Helly Gbene

  • Maladies tropicales négligées: REMAPSEN fait l’état des lieux

    Maladies tropicales négligées: REMAPSEN fait l’état des lieux

    Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a fait revisiter aux journalistes de 35 pays la situation des maladies tropicales négligées en Afrique.

    Santé : L’engagement des médias dans la lutte contre les Maladies Tropicales Négligées réaffirmé au cours d’une conférence de presse à Abidjan.

    Dans le cadre de l’organisation du forum annuel des médias, le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) se propose d’instruire les journalistes de 35 pays africains sur la situation des maladies tropicales négligées en Afrique.

    L’information a été donnée au cours d’une conférence de presse le vendredi 30 mai à Abidjan. Selon le Président du conseil d’administration du REMAPSEN, M. Bamba Youssouf, « l’organisation de ce forum est une opportunité de sortir les MTN ne leur état de négligence et les placer au rang des sujets prioritaires dans le traitement de l’information par les médias en Afrique ».

    Placé sous le thème « Contribution des médias pour le positionnement de la lutte contre les maladies tropicales négligées en Afrique » les journalistes africains des pays francophones, anglophones, lusophones, hispanophones et arabophones se retrouveront à Abidjan du 25 au 27 novembre 2025 pour comprendre les enjeux et défis des maladies tropicales négligées. Pour M. Coulibaly Zié Oumar, Directeur Exécutif du REMAPSEN « ce forum vise à briser le silence médiatique autour des MTN ».

    L’un des temps forts de cette conférence de presse de lancement du forum des médias 2025 a été la participation des Directeurs Coordonnateurs des programmes nationaux de lutte contre les MTN en Côte d’Ivoire. Tour à tour, le Docteur Djè Ngoran Norbert, Directeur Coordonnateur du programme national de lutte contre les maladies tropicales négligées à chimiothérapie préventive et le Dr Dizoé, Directeur coordonnateur du programme national de l’élimination de la lèpre ont instruit les journalistes sur la situation des MTN en Côte d’ivoire avant de se féliciter du choix des MTN comme thème Central du prochain forum des médias. Ils ont tous reconnu le rôle important des médias dans la sensibilisation des communautés et de plaidoyer auprès des pouvoirs publics et des partenaires avant de s’engager à faire du rendez-vous d’Abidjan, un véritable succès.

    Si le REMAPSEN peut organiser ce 4ème forum des médias, c’est grâce à l’appui technique et financier de ses partenaires dont certains ont renouvelé séance tenante leur soutien au REMAPSEN dans l’organisation de ce forum. Il s‘agit de Speak Up Africa et Sightsavers, deux organisations fortement impliquées dans

    la lutte contre les maladies tropicales négligées et dont des déclarations d’appui et de soutien ont été lues au cours de la cérémonie.  En marge de ce forum, le REMAPSEN organisera la 4ème édition des Awards dotés des prix Michel Sidibé, envoyé spécial de l’Union Africaine pour l’Agence du médicament.

    Dans un entretien vidéo, Madame Line Renée Batongué, Journaliste à la CRTV au Cameroun et Directrice des Awards a rappelé que ces prix récompensent chaque année, les efforts des meilleurs journalistes africains dans les domaine

    s de la santé et de l’environnement ainsi que les pays les plus productifs dans la réalisation des programmes d’activités du REMAPSEN. Les Awards du REMAPSEN bénéficient chaque année de l’appui technique et financier de Brands on a mission dont le chef de mission Professeure Myriam Sidibé, s’est engagée encore cette année à soutenir le REMAPSEN.

    Dans son adresse, M. Yao Daniel, sous-Directeur chargé de la presse au District Autonome d’Abidjan s’est félicité du choix du M. Cissé Ibrahima Bacongo, Ministre Gouverneur du District Autonome d’Abidjan comme Président de la soirée des Awards du REMAPSEN qui aura lieu le jeudi 27 novembre 2025 à Abidjan. En clôturant cette conférence de presse de lancement, M. Agnéro Alphonse Renaud, en charge des MTN à la Direction de la Communication du Ministère de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la couverture maladie universelle et représentant le Directeur de la communication dudit Ministère, a dit toute la satisfaction du Ministre Pierre N’Gou Dimba, Président du forum des médias à accueillir les 70 journalistes étrangers à l’occasion du forum des médias sur les maladies tropicales négligées.

  • BAD: de quelle couleur est donc le développement ?

    BAD: de quelle couleur est donc le développement ?

    Encore combien de décennies, pour que les peuples africains réalisent à quoi peut bien ressembler cette grande promesse des indépendances ? C’est là une question qui devrait préoccuper davantage la BAD, au moment où son président depuis dix ans s’en va, tout fier de son bilan, et que l’on vient d’élire son successeur pour les cinq prochaines années.

    Sidi Ould Tah, ex-grand argentier de la Mauritanie, élu, cette semaine, président de la Banque africaine de développement (BAD), prendra fonctions en septembre prochain. Vous évoquiez ici, la semaine dernière, cette élection avec d’infinies précautions. Le résultat vous paraît-il rassurant pour l’Afrique ?

    À présent que la messe est dite, on peut, non pas questionner les aptitudes et les éventuelles lacunes de certains prétendants, mais juste s’étonner que tel candidat d’Afrique centrale, pris en flagrant délit de népotisme dans des fonctions antérieures, ait pu aspirer à ce poste qui requiert impartialité, doigté et sens de l’intérêt général. Pour l’Afrique, c’est un véritable drame que de devoir subir les élites qui traînent d’institution en institution leurs tares et leurs échecs personnels.

    À la BAD, les problèmes sensibles que l’on retrouve dans la plupart des pays africains sont multipliés par cinquante. On ne peut donc la livrer à une élite capable de privilégier la médiocrité d’une culture de clan au sort d’un milliard et demi d’Africains. Ce n’est pas nécessairement le meilleur candidat qui l’emporte. Mais le niveau général est d’ordinaire suffisamment bon pour qu’un candidat qui a franchi l’étape de la pré-sélection puisse théoriquement diriger cette banque, où les compétences internes sont d’ailleurs telles que l’institution peut tourner normalement, sans président. En ces temps de déficit de respectabilité pour l’Afrique, le président dont a urgemment besoin la BAD est un leader d’envergure, capable d’imagination, de créativité, de vision, pour soustraire l’Afrique aux préjugés imbéciles dans lesquels l’enferment encore trop souvent certains.

    Quels sont donc ces préjugés ?

    Tel suggère, par exemple, que les difficultés de l’Afrique à se nourrir résultent de l’incapacité du paysan africain à travailler comme les autres. En oubliant que sous le chaud soleil, le paysan africain, avec sa houe rudimentaire, déploie parfois cinq fois plus d’énergie de ses muscles que les autres qui, eux, ont des engins agricoles mécanisés pour labourer leurs terres scientifiquement irriguées. Le paysan africain n’est pas paresseux, mais juste mal équipé. La BAD et les banques sous-régionales de développement devraient, en premier, trouver à tous des solutions, y compris coopératives, pour que la force de travail du paysan africain soit mieux utilisée.

    Les artisans du continent qui subissent des délestages intempestifs d’électricité amputant gravement leur productivité ne sont pas plus des fainéants. L’éducation, la santé et tant d’autres secteurs qui portent les conditions déterminantes de ce que l’on appelle le développement peuvent s’améliorer, avec une BAD plus proche des préoccupations de tous. Cela n’enlève rien à l’incurie de certains gouvernements, incapables, parfois, de simplement constituer des dossiers crédibles pour accéder aux financements disponibles.

    Où sont donc les certitudes d’espérance ?

    Taïwan, Singapour, Hong Kong et la Corée du Sud, qui étaient au même stade que les mieux portants des États africains dans les années 1970, disent aujourd’hui du développement : « Mission accomplie ! ». Ils sont passés au stade supérieur ! Le pire serait que les peuples africains en soient toujours à se demander, dans quarante ans, à quoi peut bien ressembler le développement. La crédibilité de la BAD réside plus que jamais dans sa capacité à proposer aux peuples africains des objectifs ambitieux, en précisant comment, par étapes, les atteindre.

    Babacar Ndiaye, président de la BAD entre 1985 et 1995, avait conforté la crédibilité l’institution en l’inscrivant durablement dans les notations des grandes agences. Il avait initié la création d’une Banque africaine d’import-export, pour que les États d’Afrique puissent vendre entre eux et hors du continent. Il a poussé à la création d’une table ronde des hommes d’affaires africains, en se promettant de pousser, le moment venu, à la jonction de ces deux entités avec la BAD, dans un objectif précis, qu’aucun de ses successeurs n’a vraiment repris. Sans continuité dans les ambitions, l’Afrique pourrait ainsi végéter encore longtemps. Et tous ces présidents qui prétendent avoir opéré des miracles, parce qu’ils ont simplement bien fait leur travail, convaincront d’autant moins que les peuples du continent ne perçoivent, dans leur quotidien, aucun signe de ces miracles.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 31 mai 2025 sur RFI

  • L’engagement du secteur privé pour l’élimination du paludisme salué par Speack Up Africa

    L’engagement du secteur privé pour l’élimination du paludisme salué par Speack Up Africa

    L’ONG Speak Up Africa est décidée à contribuer à mettre fin au paludisme. C’est dans cette optique qu’elle encourage l’engagement du secteur privé pour accélérer les efforts d’élimination de cette maladie en Afrique.

    13 mai 2025, Abidjan (Côte d’Ivoire) — En marge de l’Africa CEO Forum, Speak Up Africa, en partenariat avec le Partenariat RBM pour mettre fin au paludisme, l’Alliance des leaders africains contre le paludisme (ALMA) et Malaria No More UK, a lancé le chapitre francophone de la Campagne “Changez l’histoire” et dévoilé un nouveau rapport, “Changez l’histoire, sauvez des vies : le rôle du secteur privé dans l’éradication du paludisme”.

    La campagne vise à amplifier les voix des femmes et des filles et à mobiliser le secteur privé africain pour accélérer l’élimination du paludisme. Avec la 8ème reconstitution des ressources du Fond mondial à venir et l’augmentation des déficits de financement, 2025 représente un moment critique pour débloquer de nouvelles ressources et accroître l’impact.

    « C’est le moment de co-investir pour l’impact, parce que quand le secteur privé africain prend les devants, le monde y prête attention », a déclaré le Dr Michael Adekunle Charles, Directeur du Partenariat RBM pour mettre fin au paludisme. « Le Fond mondial a sauvé des millions de vies et renforcé les systèmes de santé. Vos investissements peuvent maintenant préserver à la fois la résilience économique et la santé publique. »

    Le rapport qui l’accompagne invite les entreprises à :

    • Fournir un soutien direct ou en nature aux efforts nationaux de lutte contre le paludisme
    • Canaliser les ressources vers la 8e reconstitution des ressources du Fonds mondial
    • Rejoindre les conseils de lutte contre le paludisme pour promouvoir une approche de plaidoyer multisectorielle et la mobilisation de ressources
    • Investir dans le nouveau Fonds Voix EssentiELLEs pour l’élimination du paludisme qui est axé sur les efforts menés par les femmes et les communautés.

    « L’Afrique doit mener une lutte audacieuse contre le paludisme et le secteur privé est un partenaire essentiel dans cette mission », a déclaré Joy Phumaphi, Secrétaire exécutive de l’ALMA et Présidente du Conseil d’administration du Partenariat RBM pour en finir avec le paludisme. « En rejoignant les Conseils et Fonds pour l’élimination du paludisme et en investissant dans des solutions portées par les communautés, les entreprises peuvent mettre à profit leur expertise pour innover et mobiliser les ressources nécessaires pour avoir un réel impact, sauver des vies, dynamiser les économies et parvenir à un avenir sans paludisme. »

    Lancé lors de l’événement, le Fond Voix EssentiELLEs pour l’élimination du paludisme vise à mobiliser 4 millions de dollars d’ici 2030 pour soutenir le financement flexible du paludisme pour les femmes et les filles, ainsi que des activités de plaidoyer régionales alignées sur les priorités nationales.

    « Pour éviter de perdre des années de progrès dans la lutte contre le paludisme, il est urgent de penser et mettre en oeuvre de nouvelles sources de financement diversifiées », a déclaré Pierre N’gou Dimba, Ministre de la Santé, de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle de Côte d’Ivoire. « Le secteur privé a un intérêt direct dans l’élimination du paludisme. Des communautés saines mènent à des économies prospères ».

    Les femmes et les filles continuent de porter le plus lourd fardeau du paludisme, mais restent sous-représentées dans la prise de décisions et le financement. « Investir dans les femmes et les filles accélère le développement. Les femmes leaders renforcent les communautés, stimulent l’innovation et aident à sortir les familles de la pauvreté. Et nous savons que pour chaque dollar investi dans la lutte contre le paludisme, nous obtenons jusqu’à 60 dollars de rendement économique. Les communautés sans paludisme ne sont pas seulement plus saines, elles sont aussi plus résilientes, productives et rentables », a déclaré Yacine Djibo, Directrice Exécutive de Speak Up Africa. 

    Une étude de 2024 a révélé que la réduction de 90 % de l’incidence du paludisme d’ici 2030 pourrait accroître le PIB du continent de 126,9 milliards de dollars. Le paludisme n’est pas seulement un problème de santé, c’est aussi une barrière économique qui affaiblit la productivité, pousse les ménages à dépenser et entrave la croissance.

    Dans le cadre du travail continu de Speak Up Africa avec le secteur privé, l’organisation a signé un protocole d’accord avec Canal+ Côte d’Ivoire et le Programme National de Lutte contre le Paludisme. L’accord est ancré dans une collaboration qui dure depuis cinq ans entre Speak Up Africa et le groupe Canal+, qui a contribué plus de 1,5 million de dollars en temps d’antenne et en nature.

    « Par le biais de notre plateforme, nous sommes fiers de sensibiliser et de contribuer à la lutte contre le paludisme », a déclaré Adama Koné, Directeur Général de Canal+ Côte d’Ivoire. « Avec Speak Up Africa et ses partenaires, nous sommes déterminés à changer la donne pour mettre fin au paludisme en Afrique. »

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    A propos de Speak Up Africa

    Basée au Sénégal, Speak Up Africa est une organisation dirigée par des Africains, qui œuvre pour bâtir une Afrique où la croissance et le développement durable sont portés par les citoyens africains eux-mêmes. Speak Up Africa rassemble, facilite et plaide en faveur du changement. En mettant l’accent sur la communication stratégique et le plaidoyer, l’organisation s’engage à soutenir les dirigeants et citoyens africains pour qu’ils jouent un rôle actif dans l’identification et le développement de solutions face aux défis que rencontre le continent africain — notamment le paludisme, les maladies tropicales négligées (MTN), la vaccination, l’assainissement, l’égalité des genres, ainsi que la recherche et le développement en santé mondiale. Depuis sa base stratégique à Dakar, au Sénégal, l’équipe de Speak Up Africa collabore avec des dirigeants et des acteurs du changement africains pour mettre en place des politiques adaptées et mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation de nos objectifs de développement durable et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

    Télécharger le rapport « Changer l’histoire, sauver des vies : le rôle du secteur privé dans l’éradication du paludisme ».

    Contact média :

    Maelle Ba

    maelle.ba@speakupafrica.org 

  • Afrique: le sursaut ou la noyade

    Afrique: le sursaut ou la noyade

    Dans le désordre généralisé provoqué par les guerres commerciales tous azimuts du chef de l’exécutif américain, l’Afrique risque de voir sa position sur l’échiquier mondial fragilisée. À moins de repenser enfin solidement son destin. Ce dont, pour l’instant, l’on ne perçoit aucun signe.

    Alors que les décisions intempestives et les volte-face à répétition de Donald Trump ne cessent de mettre le fragile équilibre du monde au bord de la rupture, pour l’Afrique, l’inaction des Africains est bien plus préoccupante que la politique erratique du locataire de la Maison Blanche.

    L’Afrique, en dépit de son poids relativement faible dans la balance des paiements des États-Unis, est plus durement affectée par les incohérences qui fusent du Bureau ovale. C’est la destinée du monde qui se joue, et la passivité des Africains n’en est que plus affligeante. Alors que même les alliés traditionnels de l’Amérique repensent de nouvelles stratégies à long terme pour réduire leur dépendance à cet allié si versatile, l’Afrique, elle, se contente de bredouiller d’inaudibles protestations.

    Les relations internationales sont à la croisée des chemins, et tous les autres s’organisent. Seuls les Africains semblent croire que les injonctions de l’Histoire s’imposent moins à eux qu’aux autres peuples. Comme si, systématiquement, ce continent se déclarait forfait aux grands rendez-vous historiques. Au début des années 1990, alors que le monde, après la chute du Mur de Berlin, était en pleine recomposition, l’Afrique, recroquevillée, oubliait de se trouver une place sur l’échiquier international. Elle était pourtant méprisée. Les grands cabinets mondiaux d’audit et de conseil, comme les agences de notation, ne la prenaient nullement en compte. Sous couvert d’anonymat, un haut-fonctionnaire français s’était même hasardé à suggérer, dans un grand quotidien, que si l’Afrique venait à disparaître, engloutie par l’océan, ce ne serait pas si grave pour l’humanité.

    Par sa stature, Nelson Mandela, libéré en février 1990 après 27 ans de prison, fera taire les quolibets. À lui tout seul, l’Africain Mandela, figure la plus charismatique au monde, sauva l’Afrique du mépris. À sa mort, en 2013, le premier président américain afro-descendant Barack Obama prendra discrètement la relève. Mais, depuis, les dieux qui veillaient sur l’Afrique semblent en congés. Elle est redevenue souffre-douleur de Donald Trump et de ses semblables.

    L’interruption des subventions américaines

    Le mépris est consubstantiel à l’idée que se fait Donald Trump de sa propre importance. Alors que le nouveau président a annoncé l’interruption des subventions américaines, celles-ci, même cumulées sur 60 ans, n’atteignent pas le millième de ce que les États-Unis, ont déboursé pour soutenir l’Ukraine ces trois dernières années, après son invasion par la Russie. Une aumône ! Que l’Afrique, avec ses immenses ressources naturelles, dépende autant de cette aumône est une anomalie. Celle-ci risque de se perpétuer, si l’Afrique ne se décide pas à s’interroger sur elle-même, sur le poids dont elle veut peser sur l’échiquier international, et sur le mépris et l’humiliation que subit, partout, l’homme africain. Ce dernier est souvent obligé de fuir sa terre d’origine, pour survivre.

    Une désapprobation générale

    La désapprobation générale ne prouve-t-elle pas, au fond, que Donald Trump n’épargne personne ? La plupart des alliés des États-Unis, déconcertés, sauront se prémunir, à l’avenir, contre de telles déconvenues. Mais Donald Trump n’est que l’affligeant révélateur du niveau général des dirigeants actuels du monde et de l’inconsistance de la réflexion qui sous-tend leurs politiques. À l’époque, aux États-Unis, la densité des maîtres à penser se percevait aisément chez les présidents dont ils étaient les conseillers à la sécurité nationale : Kissinger, Brezinski, McFarlane, Condoleezza Rice, et tant d’autres.

    Parce que le monde s’effondre et que le niveau, partout, est en chute, l’Afrique, continent anormalement émietté, ne peut se contenter d’observer et de subir. Incapable de résoudre le moindre conflit entre les quelque 55 États qui la composent, elle a une impérieuse soif de leaders d’envergure. Pour la tirer vers le haut. Inciter les Africains à se respecter, et à faire respecter l’Afrique. Et c’est bien plus judicieux que de sans cesse exiger un respect que l’on n’inspire pas… à soi-même.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 19 avrol 2025 sur RFI

  • Toujours dans l’indolence du pacte colonial

    Toujours dans l’indolence du pacte colonial

    En persistant, six décennies après les indépendances, à exporter, brutes, ses matières premières, l’Afrique, perpétue elle-même la répartition du travail qui, pour ne pas faire concurrence à la métropole, la figeait, au temps colonial, dans le sous-développement.

    De retour d’une tournée dans la région des Grands Lacs, le Dr Ronny Jackson a dressé, pour le Congrès américain dont il est membre, un état des lieux d’une très grande sévérité sur l’est de la RDC. Avec des propositions qui pourraient paraître discutables, sinon controversées, aux yeux de certains. Les constats de l’élu républicain ne reflètent-ils pas, malgré tout, quelques vérités, à prendre en compte ?

    Il serait difficile de lui donner tort, lorsqu’il dépeint l’est de la RDC comme la caricature du « Far West », avec toute la charge que porte, dans l’imaginaire collectif, cette métonymie. Au XIXe siècle, le Far West américain se distinguait, en effet, par la loi du plus fort, et plus personne n’y reconnaissait les règles communes. Et il a raison d’insister sur l’incapacité du gouvernement de Kinshasa à contrôler la région, par manque de ressources. On a du mal à le contredire, même lorsqu’il pointe du doigt la corruption, l’enrichissement de certains membres du gouvernement et de leurs familles, pendant que la population survit péniblement. Quant à la responsabilité des pays voisins, Ouganda, Rwanda et Burundi, elle n’est pas contestable. Il les accuse, doux euphémisme, d’importer des minerais de l’est du Congo.

    Certaines de ses propositions sont, par contre, déroutantes. D’aucuns pourraient lui reprocher de reprendre à son compte l’argumentation des soutiens de la rébellion, quand il explique leur guerre par ce qu’il considère comme un déficit d’inclusion, par rapport à la citoyenneté congolaise des communautés rwandophones auxquelles sont d’ordinaire associés les rebelles du M23. Et l’idée d’intégrer les rebelles à l’armée nationale pourrait choquer, au regard de ce qui a déjà été fait dans ce sens, en vain.

    Pourquoi, alors, donner une telle importance à ses propositions ?

    Parce que Ronny Jackson passe pour être très proche de Donald Trump. Et sa perception pourrait s’imposer comme « la politique » congolaise des États-Unis. D’autant que sa vision et son insistance sur les difficultés pour les entreprises (américaines) qui voudraient s’implanter en RDC semblent conditionnées par cette forme d’avidité qui règne à Washington pour certains minerais stratégiques. Comme si l’essentiel, au fond, était de reproduire, en RDC, ce que les États-Unis tentent d’obtenir avec l’Ukraine, en échange de la paix. À ce prix, les rapports de son pays avec la RDC pourraient déboucher sur ce que l’on qualifiait, jadis, de pacte colonial. Et qui consistait, pour les nations colonisées, à alimenter en matières premières les industries de la métropole.

    Ce serait inquiétant, car cette répartition du travail fige les pays africains dans le sous-développement, comme dans un piège sans fin. Mais, s’il y a faute, elle incombe d’abord aux Africains eux-mêmes, qui oublient de s’industrialiser, se contentant d’engranger les royalties, pour fournir aux autres de quoi faire tourner leurs industries. Imaginez qu’un coffret d’un kilogramme de chocolat, chez un des meilleurs chocolatiers mondiaux, peut coûter, en Occident, jusqu’à 64 fois le prix du kilogramme de fèves de cacao payé au producteur africain ! L’on retrouve plus ou moins la même échelle de déséquilibre pour tout ce qu’exporte, brut, l’Afrique : café, coton, karité, bois, etc. La Chine doit largement sa richesse actuelle à la transformation des matières premières qu’elle importe d’Afrique.

    Pourquoi, alors, l’Afrique se cantonne-t-elle dans ce rôle de fournisseur de matières premières, pour enrichir les industries partout dans le monde ?

    Déficit de leadership ! Et d’audace ! Les rares nations africaines qui s’en sortent sont celles qui savent prendre leur part dans la transformation de leurs matières premières. Si la RDC regorge de minerais essentiels pour les batteries d’ordinateurs, téléphones portables et autres véhicules non polluants, pourquoi donc n’exigerait-elle pas qu’au moins une des premières transformations nécessaires se fasse sur son sol ?

    C’est ce que font, par exemple, les Botswanais, avec le diamant. Anvers, en Belgique, demeure, certes, la ville la plus prestigieuse du monde pour ce qui est de la taille du diamant. Mais, sur ce marché, Gaborone, capitale du Botswana où se situe la plus grande mine de diamant à ciel ouvert au monde, est loin d’être négligeable. Ainsi, grâce au leadership visionnaire de ses dirigeants, ce pays abrite les implantations de prestigieuses entreprises internationales : Hyundai, SABMiller, Daewoo, Volvo, Siemens…

    « Que tombe la pluie ! », dit la devise du Botswana. Mais, pour qu’elle tombe effectivement, les Africains devraient s’interroger, se remettre en cause, plutôt que de compter sur la bonté de ceux qui prospèrent sur leur indolence.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 29 mars 2025 sur RFI

Radio Renouveau228

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