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ONU : l’Afrique se tire encore une balle dans le pied

À la faveur d’une candidature aussi inattendue que symbolique, l’Ougandais Olara Otunnu relance le débat sur l’incapacité persistante de l’Afrique à s’unir derrière un candidat unique pour diriger les Nations unies.

L’entrée en lice de l’Ougandais Olara Otunnu dans la course au poste de secrétaire général des Nations unies constitue l’une des grandes surprises de cette élection. Alors que les tractations diplomatiques s’intensifient pour désigner le successeur d’António Guterres, Kampala a créé l’effet de surprise en présentant la candidature de ce vétéran de la diplomatie internationale, âgé de 75 ans, alors que beaucoup pensaient que le Sénégalais Macky Sall resterait l’unique visage africain de cette compétition.

Ancien secrétaire général adjoint de l’ONU, Olara Otunnu n’est pourtant pas un inconnu dans les couloirs de l’organisation. Diplomate chevronné, il fut représentant permanent de l’Ouganda auprès des Nations unies avant de devenir le premier Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés entre 1998 et 2005. Durant son mandat, il a contribué à faire de la protection des enfants victimes des guerres une priorité du Conseil de sécurité. Son parcours est également marqué par des engagements dans le monde universitaire, la société civile et la défense des droits humains.

Dans sa vision pour l’ONU, Olara Otunnu promet d’accélérer les réformes institutionnelles, de renforcer les efforts de médiation dans les conflits internationaux, de mettre en place un mécanisme de gouvernance de l’intelligence artificielle et de concilier action climatique et développement économique. Des propositions qui témoignent d’une connaissance approfondie des défis auxquels l’organisation est confrontée.

Mais au-delà du profil du candidat ougandais, cette candidature met surtout en lumière une faiblesse chronique du continent africain : son incapacité à parler d’une seule voix sur les grandes échéances internationales. Une nouvelle fois, l’Afrique se présente divisée dans une bataille diplomatique où l’unité aurait pu renforcer son poids politique.

Il est difficile de ne pas y voir un paradoxe. Depuis des décennies, les dirigeants africains réclament une représentation plus équitable dans la gouvernance mondiale. Pourtant, lorsque s’ouvre l’une des compétitions les plus stratégiques du système multilatéral, le continent peine à dégager un consensus autour d’un seul candidat.

Rien ne dit qu’une candidature unique aurait garanti la victoire, le choix final dépendant notamment des membres permanents du Conseil de sécurité et de leur droit de veto. Mais une position africaine unifiée aurait envoyé un signal fort de cohésion politique et renforcé la capacité de négociation du continent.

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