Après le remplacement de deux vannes stratégiques sur le réseau gazier, WAPCo prévoit de reprendre le transport de gaz naturel au plus tard le 27 octobre 2026. Une échéance attendue dans un contexte de coupures d’électricité qui perturbent le quotidien des ménages et les activités économiques. La remise en service reste toutefois subordonnée aux résultats des inspections techniques.
Les perspectives d’un retour progressif à la normale se dessinent dans le secteur énergétique togolais. La West African Gas Pipeline Company Limited (WAPCo), société chargée de l’exploitation du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest (GAO), annonce des avancées dans les travaux de maintenance de la branche de Lomé. L’entreprise table sur une reprise du transport de gaz naturel d’ici au 27 octobre 2026, à condition que les vérifications techniques en cours ne révèlent aucune anomalie majeure.
Cette annonce intervient alors que les interruptions de la fourniture d’électricité se multiplient depuis plusieurs jours dans la capitale et dans d’autres localités du pays. La maintenance du gazoduc, qui alimente notamment les centrales thermiques, constitue l’une des principales explications avancées par les responsables du secteur pour justifier ces perturbations.
Dans un communiqué publié le 20 octobre, WAPCo indique avoir achevé, entre le 14 et le 17 octobre, le remplacement de deux équipements essentiels : la vanne sous-marine de la dérivation de Lomé et la vanne d’arrêt située à l’entrée de la station de régulation et de comptage. Selon la société, les interventions se sont déroulées sans incident.
Ces opérations représentent une étape importante dans la remise en état des installations. Elles ne signifient cependant pas que le transport du gaz peut reprendre immédiatement. D’autres vérifications doivent encore permettre de s’assurer de la fiabilité de la conduite avant sa remise en service.
Une inspection décisive avant la reprise
Après le remplacement des vannes, les équipes techniques doivent procéder à l’évacuation de l’eau présente dans la conduite, puis au séchage du pipeline. Ces opérations préparatoires sont indispensables à l’inspection interne de la branche de Lomé, longue de 19 kilomètres.
Pour cette étape, WAPCo prévoit d’utiliser un dispositif reposant sur la technologie de fuite de flux magnétique, connue sous son appellation anglaise Magnetic Flux Leakage (MFL). Cette méthode permet d’examiner l’état de la canalisation et de repérer d’éventuelles anomalies susceptibles d’affecter son intégrité.
L’objectif est de détecter les défauts potentiels avant la reprise des opérations, afin de limiter les risques techniques et de garantir la sécurité des installations. Le calendrier annoncé prévoit l’achèvement de l’évacuation de l’eau dans les jours suivant la publication du communiqué, avant le lancement de l’inspection.
La date du 27 octobre doit donc être considérée comme une prévision et non comme une garantie absolue. La remise en service dépendra des conclusions des contrôles et de l’absence d’imprévu technique. WAPCo entend ainsi privilégier la sécurité de l’infrastructure plutôt que de précipiter la reprise du transport.
Le directeur général de la société, Abiodun Bodunrin, rappelle cette exigence en affirmant que « la sécurité, l’intégrité et la fiabilité à long terme du système de pipeline demeurent nos priorités absolues ».
L’électricité, l’autre urgence pour les autorités
Au Togo, les conséquences de cette interruption dépassent le seul secteur gazier. La suspension du transport de gaz sur la branche de Lomé depuis le 12 octobre affecte les activités liées à la production d’électricité. Or, les centrales thermiques jouent un rôle important dans l’approvisionnement du pays.
Le directeur général de la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET), Ilagou Ayéva, a confirmé, le 20 octobre sur la Télévision togolaise (TVT), que les délestages observés dans plusieurs villes sont liés à cette maintenance. Il a indiqué qu’un retour à la normale était attendu vers la fin du mois, à l’issue des travaux.
Pour limiter les effets de la baisse des disponibilités en gaz, le recours à des combustibles liquides plus coûteux a notamment été envisagé dans le dispositif d’adaptation de la CEET. Ces solutions de substitution ont cependant leurs limites et ne suffisent pas nécessairement à prévenir toutes les interruptions de courant.
Pour les ménages, les petits commerçants, les artisans et les entreprises, l’enjeu est désormais de savoir quand l’alimentation électrique retrouvera une plus grande régularité. Au-delà des désagréments domestiques, les coupures peuvent perturber la conservation des produits, ralentir les activités de production et entraîner des dépenses supplémentaires pour les opérateurs contraints de recourir à des groupes électrogènes.
La reprise du transport de gaz pourrait ainsi contribuer à améliorer la disponibilité de l’électricité, sans garantir, à elle seule, la disparition immédiate de tous les délestages. Le rétablissement effectif dépendra également des conditions de fonctionnement des centrales et de l’équilibre général entre l’offre et la demande d’électricité.
Un test pour la sécurité énergétique régionale
Le Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest constitue une infrastructure stratégique reliant le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana. Il facilite l’acheminement du gaz naturel destiné notamment à la production d’électricité et aux activités industrielles. La maintenance de ses installations répond donc à des impératifs qui dépassent les frontières togolaises.
En remerciant les autorités togolaises, le ministère chargé des Mines et des Ressources énergétiques, la CEET, ContourGlobal Togo, les entreprises et les populations pour leur coopération, WAPCo reconnaît implicitement l’importance de la coordination entre les différents acteurs durant cette période délicate.
Reste que l’épisode met en lumière la vulnérabilité de l’approvisionnement électrique face aux contraintes affectant les infrastructures gazières. La date du 27 octobre est désormais attendue avec intérêt, mais la priorité demeure la remise en service d’une installation fiable et sûre.
Pour les usagers, l’espoir est simple : que l’achèvement des travaux se traduise rapidement par une amélioration tangible de la fourniture d’électricité. La confirmation de la reprise du gaz, puis ses effets sur la distribution du courant, seront les prochains indicateurs à surveiller.





