À LA UNEActualitésSports

CAN 2027 : de l’espoir de Kégué aux vieux démons de Ndola, le Togo rechute

Après avoir lancé sa campagne par une courte victoire contre le Burundi à Lomé, le Togo a rapidement retrouvé ses mauvaises habitudes en Zambie. Battus 2-0 à Ndola, les Éperviers ont montré que le succès de Kégué ne suffisait pas encore à effacer les fragilités qui accompagnent l’équipe depuis plusieurs années.

Il aura donc fallu seulement quatre jours pour que l’enthousiasme retombe. Vendredi 25 septembre, le Togo avait ouvert les éliminatoires de la CAN 2027 par une victoire 1-0 contre le Burundi au stade de Kégué. Un succès étriqué, mais suffisamment précieux pour rallumer une petite flamme autour d’une sélection en reconstruction sous Patrice Neveu. Mardi 29 septembre, à Ndola, cette flamme a vacillé.

Face à la Zambie, les Éperviers se sont inclinés 2-0 au Levy Mwanawasa Stadium. Albert Kangwanda a frappé dès la 2e minute, avant qu’Eliya Mandanji ne scelle le sort de la rencontre dans le temps additionnel, à la 90e+5.

Entre les deux rencontres, le contraste est saisissant. À Lomé, le Togo avait donné l’image d’une équipe capable de résister, de défendre son avantage et de s’appuyer sur l’énergie de son public. À Ndola, il a surtout donné celle d’une sélection encore prisonnière de ses vieux réflexes.

Kégué avait pourtant rallumé l’espoir

Le succès contre le Burundi avait été accueilli comme davantage que trois points. Dans un contexte où les Éperviers cherchent depuis longtemps à retrouver une place parmi les grandes nations africaines, cette entrée en matière avait nourri l’espoir d’un nouveau départ.

Karim Dermane avait inscrit l’unique but de la rencontre à la 17e minute, avant que le Togo ne s’accroche à son avantage jusqu’au coup de sifflet final. La sélection avait souffert en seconde période, mais elle avait tenu. Le gardien Malcolm Barcola avait notamment dû s’employer, tandis que le public de Kégué poussait derrière son équipe.

Il y avait donc matière à croire que quelque chose avait changé. Pas encore dans le jeu, qui restait perfectible, mais au moins dans l’attitude et la capacité à gérer un résultat.

Patrice Neveu lui-même avait reconnu que cette victoire constituait un apport important pour la confiance du groupe. Mais le sélectionneur avait aussi prévenu : Ndola serait un contexte totalement différent, notamment sans le soutien du public togolais qui avait joué un rôle important à Kégué.

La mise en garde était finalement prémonitoire.

À Ndola, le scénario des vieux démons

Le premier problème est apparu presque immédiatement. Deux minutes. C’est le temps qu’il a fallu à Albert Kangwanda pour donner l’avantage aux Chipolopolo. Un but précoce qui a placé le Togo dans une situation qu’il connaît malheureusement bien : courir après le score, loin de ses bases, face à une équipe portée par son public.

La réaction togolaise n’a pourtant pas été inexistante. Les statistiques disponibles montrent même que les Éperviers ont davantage eu le ballon et ont tenté davantage de frappes : 61,1 % de possession et 12 tirs contre 11 pour la Zambie. Mais cette domination statistique n’a pas débouché sur une véritable menace offensive. Le Togo n’a cadré qu’une seule tentative, contre quatre pour son adversaire.

C’est là que se situe probablement l’une des principales leçons de cette défaite : avoir le ballon ne signifie pas maîtriser un match.

Le Togo a eu la possession, mais pas suffisamment de tranchant. Il a circulé, mais sans réellement déséquilibrer la défense zambienne. Kévin Denkey, Charles Abi, Karim Dermane et leurs partenaires ont eu du mal à transformer les séquences de possession en occasions franches.

Puis, alors que l’espoir d’une égalisation subsistait, la Zambie a porté le coup de grâce dans les dernières secondes. Eliya Mandanji a inscrit le deuxième but à la 90e+5 minute.

Le symbole est cruel : le Togo avait besoin de tenir, de pousser et de croire jusqu’au bout. C’est finalement la Zambie qui a mieux maîtrisé les moments décisifs.

Une victoire à Kégué ne pouvait pas tout effacer

Il serait toutefois excessif de réduire cette défaite à un simple retour à la case départ. Le Togo est une équipe en reconstruction, et Patrice Neveu ne l’a jamais caché. Avant le déplacement à Ndola, le technicien français parlait lui-même d’une équipe en reconstruction et insistait sur la nécessité de répondre au défi physique zambien par le jeu.

Mais cette reconstruction ne pourra pas éternellement servir d’explication aux mêmes insuffisances.

Le problème révélé à Ndola dépasse le résultat brut. Il concerne la capacité des Éperviers à reproduire à l’extérieur ce qu’ils montrent par séquences à domicile. À Kégué, le public avait donné de l’énergie à l’équipe. À Ndola, les joueurs devaient trouver cette énergie en eux-mêmes. Or, dès que la Zambie a marqué très tôt, le Togo a semblé perdre une partie de sa maîtrise.

C’est précisément là que les vieux démons réapparaissent : difficulté à réagir après avoir encaissé, manque d’efficacité offensive, possession stérile et incapacité à transformer les temps forts en buts.

Le Togo quitte donc Ndola avec trois points sur six après deux journées. Une victoire et une défaite. Le bilan comptable n’est pas encore rédhibitoire, mais la manière impose déjà une remise en question.

Le succès contre le Burundi avait fait naître l’espoir d’un nouveau chapitre. La défaite contre la Zambie rappelle, elle, que changer d’entraîneur, renouveler certains joueurs ou afficher de nouvelles ambitions ne suffit pas.

Les fantômes du passé ne disparaissent pas après une seule victoire. Ils sont chassés par la régularité, la maîtrise, l’efficacité et surtout la capacité à reproduire les bonnes performances loin de Lomé.

À Ndola, les Éperviers ont manqué ce rendez-vous. La prochaine étape sera désormais de démontrer que cette rechute n’est qu’un faux pas et non le retour durable des vieilles habitudes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Radio Renouveau228

Ceci fermera dans 0 secondes