Réunis à Lomé, les représentants de 25 pays africains veulent faire de la santé mentale une priorité des politiques publiques à l’approche du 7ᵉ Sommet ministériel mondial de 2027.
Lomé est devenue, depuis le 15 juillet, le carrefour africain de la réflexion sur la santé mentale. Pendant quatre jours, experts, décideurs et partenaires de 25 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre y élaborent une feuille de route destinée à accélérer les progrès vers les objectifs régionaux à l’horizon 2030, en prélude au 7ᵉ Sommet ministériel mondial sur la santé mentale prévu en 2027 au Rwanda.
Une urgence sanitaire qui ne peut plus attendre
Organisée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en collaboration avec le ministère togolais de la Santé, cette réunion met en lumière l’ampleur d’une crise souvent silencieuse. Selon le représentant résident de l’OMS au Togo, le Dr Hamadou Nouhou, près de 150 millions d’Africains vivent avec des troubles mentaux, neurologiques ou liés à l’usage de substances psychoactives, alors que les financements demeurent largement insuffisants. Il a rappelé que la santé mentale constitue un droit humain fondamental et a salué les efforts du Togo, notamment à travers son Plan stratégique national de santé mentale 2024-2027.
Représentant le ministre de la Santé, le secrétaire général, Dr Kokou Wotobé, a appelé les États à transformer leurs engagements en actions concrètes, en renforçant le financement, les ressources humaines, la disponibilité des médicaments psychotropes et l’intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaires.
Le Togo mise sur la proximité et la lutte contre la stigmatisation
Le coordonnateur du Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP), le Pr Abago Balaka, a rappelé que la santé mentale ne se limite pas aux maladies psychiatriques sévères. Elle englobe également l’anxiété, la dépression et les détresses psychologiques du quotidien. Il a souligné que le Togo dispose désormais d’un dispositif de prise en charge couvrant les services spécialisés, les unités régionales et les 39 districts sanitaires, tout en insistant sur la nécessité de combattre la stigmatisation et d’encourager une consultation précoce.
Les conclusions de cette rencontre alimenteront les débats politiques et les engagements financiers attendus lors du 7ᵉ Sommet ministériel mondial sur la santé mentale, que le Rwanda accueillera en 2027.
À noter que, sur invitation du bureau du Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP), transmise au REMAPSEN-Togo, le réseau a pris part, le mercredi 15 juillet 2026, à la cérémonie d’ouverture de cette grande réunion régionale sur la santé mentale à Lomé.
À seulement 17 ans, Mounira a déjà connu l’exil. Réfugiée au Togo depuis 2022, cette adolescente a trouvé dans le tissage bien plus qu’un métier : une nouvelle raison de croire en l’avenir.
Installée à Koutong-Bong, dans la région des Savanes, elle suit avec assiduité un apprentissage de tisserande. Chaque jour, derrière son métier à tisser, elle apprend les gestes, les techniques et la patience qu’exige cet artisanat ancestral. Déterminée à réussir, Mounira nourrit une ambition claire : devenir une grande tisserande et ouvrir un jour son propre commerce.
Son parcours illustre la capacité de résilience des enfants réfugiés lorsqu’ils bénéficient d’un environnement protecteur et de perspectives d’insertion. Malgré les épreuves traversées, la jeune fille regarde désormais vers l’avenir avec confiance, convaincue que le travail et la persévérance lui permettront de réaliser son rêve.
Cette trajectoire est rendue possible grâce aux mécanismes de protection et d’accompagnement des enfants réfugiés mis en place par le Gouvernement du Togo, avec le soutien du Bureau de la Population, des Réfugiés et des Migrations des États-Unis (BPRM), à travers l’UNICEF. Ces dispositifs favorisent notamment l’accès à la formation, à la protection et à des opportunités d’autonomisation pour les jeunes réfugiés.
Pour Mounira, chaque étoffe tissée représente bien plus qu’un exercice d’apprentissage. Elle symbolise un avenir qu’elle construit fil après fil, avec courage, détermination et espoir. Son histoire rappelle qu’au-delà du statut de réfugié se cachent des talents, des aspirations et une formidable volonté de réussir lorsque les conditions sont réunies pour permettre à chaque enfant de développer son potentiel.
À Koutong-Bong, le bruit régulier du métier à tisser accompagne désormais le rêve d’une jeune fille qui aspire à transformer son savoir-faire en une entreprise florissante. Un rêve qui, grâce à l’accompagnement dont elle bénéficie, semble aujourd’hui à sa portée.
À Kara, les lutteurs ne sont pas les seuls à se mesurer dans l’arène. Cette année, une autre bataille fait rage : celle qui oppose le journalisme… aux filtres et aux likes.
Pendant que les champions des Evala s’affrontent dans les arènes, une lutte d’un tout autre genre anime les coulisses de la fête traditionnelle. Selon le Patronat de la presse togolaise (PPT), des badges estampillés « Média » auraient été distribués à des influenceurs et créateurs de contenus, au grand dam des professionnels de l’information.
Le constat a de quoi faire sourire… avant de faire réfléchir. Car à ce rythme, un smartphone bien chargé, deux millions de vues et une danse virale suffiraient presque à remplacer une rédaction, une carte de presse et quelques années de déontologie.
La chasse aux “likes” remplace-t-elle la chasse à l’information ?
Le communiqué du PPT dénonce une confusion entretenue entre deux métiers qui n’ont pourtant pas le même objectif. Le journaliste vérifie, recoupe, contextualise et assume la responsabilité de ce qu’il publie. L’influenceur, lui, cherche avant tout à capter l’attention de sa communauté, quitte à privilégier l’émotion ou le spectaculaire.
Les deux univers peuvent coexister. Mais les mélanger reviendrait à confondre un arbitre avec un supporter : tous deux aiment le football, mais ils ne jouent pas le même rôle.
Badge “Média” : attention au hors-jeu
En attribuant indistinctement le précieux sésame, les organisateurs prennent le risque d’entretenir une ambiguïté que le PPT juge préjudiciable à la profession. Demain, faudra-t-il remettre un stéthoscope à tout influenceur santé ou une toque de chef à chaque critique gastronomique ?
L’humour mis à part, le débat est sérieux. Les réseaux sociaux ont bouleversé la circulation de l’information, mais ils n’ont pas aboli les règles du journalisme.
Aux Evala, les lutteurs savent qu’il existe des catégories bien définies. Peut-être est-il temps que les badges suivent la même logique : un pour les médias, un autre pour les créateurs de contenus. Ainsi, chacun restera dans son arène… sans tenter un plaquage sur la crédibilité de l’autre.
À Lomé, les fortes pluies qui s’abattent depuis plusieurs semaines ne se contentent pas d’inonder les rues. Elles paralysent une économie informelle dont dépendent des milliers de ménages. Derrière les images de routes submergées se cachent des histoires de vies bouleversées, de petits commerces détruits et d’espoirs engloutis. Reportage au cœur d’une capitale où chaque averse devient une menace pour ceux qui vivent au jour le jour.
Sous les eaux, une capitale au ralenti
À Hédzranawoé, Nukafu, Bè, Agbalépédogan ou encore Awatamé, les pluies diluviennes ont transformé les rues en véritables cours d’eau. Les eaux stagnantes envahissent les marchés improvisés, les étals disparaissent sous la boue et les clients se font rares.
Dans cette ville où une grande partie de la population tire ses revenus du commerce informel, les inondations ne représentent pas seulement un désagrément. Elles signifient l’arrêt brutal de l’activité économique.
À chaque nouvelle pluie, les vendeuses hésitent à sortir leurs marchandises. Certaines préfèrent rester chez elles plutôt que de risquer de tout perdre. D’autres n’ont simplement plus rien à vendre.
Pour beaucoup, la journée commence désormais par une question angoissante : la pluie laissera-t-elle une chance de travailler ? « Je n’en peux plus » résume désormais la détresse silencieuse des commerçantes.
Sous un hangar de fortune à Hédzranawoé, Adjo contemple les flaques qui encerclent son emplacement habituel. Son commerce de pagnes, construit au fil de plusieurs années d’efforts, tourne désormais au ralenti. La commerçante ne cache plus son découragement. « Ces pluies provoquent des inondations qui m’empêchent de faire mon petit commerce qui me permet de nourrir ma famille », confie-t-elle avant d’ajouter, la voix chargée d’émotion : « Je n’en peux plus. »
Son témoignage résume la réalité de nombreuses femmes dont les revenus quotidiens assurent la scolarité des enfants, les soins médicaux et les dépenses alimentaires.
Contrairement aux entreprises formelles disposant parfois d’une trésorerie ou d’assurances, les petits commerçants vivent essentiellement des recettes quotidiennes. Une journée sans vente est déjà une perte. Plusieurs semaines d’inactivité deviennent une catastrophe.
À Nukafu, un commerce balayé par les eaux
À quelques kilomètres de là, dans le quartier Nukafu, Amélie peine encore à réaliser ce qui lui est arrivé. Les premières pluies ont suffi à détruire tout son petit commerce. Les eaux ont emporté son installation, laissant derrière elles des marchandises irrécupérables. Aujourd’hui, elle ne travaille plus. « Je ne fais plus rien. Je reste à la maison », déplore-t-elle.
Cette phrase, aussi simple soit-elle, traduit toute la brutalité des conséquences économiques des inondations. Rester à la maison ne signifie pas prendre du repos. Cela veut dire ne plus générer le moindre revenu.
Comme Amélie, de nombreux vendeurs ambulants et détaillants voient leurs économies disparaître avec leurs marchandises. Beaucoup avaient contracté de petits crédits auprès de tontines ou de réseaux d’épargne communautaires. Désormais, ils doivent continuer à rembourser sans disposer de revenus.
Une économie populaire fragilisée
Dans la capitale togolaise, l’économie informelle constitue l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois. Des milliers de femmes vendent chaque jour des fruits, des légumes, des vêtements, des pagnes, des repas ou des produits manufacturés. Leur activité repose sur un équilibre fragile, celui d’acheter le matin, vendre dans la journée et réinvestir les bénéfices le lendemain.
Les inondations brisent totalement ce cycle. Les marchandises périssables pourrissent. Les clients évitent les zones inondées.
Les transports deviennent difficiles. Les fournisseurs eux-mêmes rencontrent des problèmes d’approvisionnement. À cela s’ajoutent les dépenses imprévues liées aux dégâts dans les habitations, obligeant certains ménages à utiliser leurs maigres économies pour réparer leurs maisons plutôt que pour relancer leur commerce.
« Nous sommes condamnés à attendre que le soleil revienne »
Madame Solim partage le même sentiment d’impuissance. Depuis plusieurs jours, elle ne se rend plus sur son lieu habituel d’activité. Les rues inondées et les pluies incessantes rendent tout déplacement compliqué. Elle résume sa situation en quelques mots: « Je suis restée à la maison parce que je ne peux plus vaquer à mes occupations économiques à cause des pluies qui plombent les activités dans la capitale togolaise. »
Comme elle, beaucoup de travailleurs indépendants vivent désormais au rythme des prévisions météorologiques. Une pluie abondante signifie une journée sans revenus. Deux jours de pluie successifs deviennent un véritable casse-tête pour nourrir la famille.
Les inondations, un phénomène de plus en plus préoccupant
Ces dernières semaines, Lomé a enregistré des précipitations particulièrement importantes. Le débordement de plusieurs bassins de rétention et la montée des eaux ont provoqué des inondations dans plusieurs quartiers de la capitale, perturbant la circulation et affectant les activités économiques.
Les spécialistes expliquent que plusieurs facteurs se conjuguent : l’intensité croissante des pluies liée au changement climatique, l’urbanisation rapide, l’imperméabilisation des sols et les difficultés d’évacuation des eaux dans certains secteurs.
Les conséquences dépassent largement les seuls dégâts matériels. Elles touchent directement les revenus des ménages, la sécurité alimentaire, la santé publique et le pouvoir d’achat.
La riposte du gouvernement
Face à cette situation, les autorités togolaises ont multiplié les interventions d’urgence. Le ministre délégué chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Séna Alipui, s’est rendu dans plusieurs quartiers sinistrés afin d’évaluer les dégâts et de coordonner les opérations d’urgence.
Le gouvernement a notamment renforcé les opérations de pompage des eaux, procédé au nettoyage des caniveaux, à l’enlèvement des déchets, au suivi des bassins de rétention et mobilisé l’Agence nationale de la protection civile (ANPC) ainsi que l’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique (ANASAP). Le Plan ORSEC a également été activé pour renforcer la réponse face aux intempéries.
Au-delà de l’urgence, les autorités poursuivent des investissements structurels destinés à réduire durablement les inondations. Parmi eux figurent le projet RAINE, l’utilisation du micro-tunnelier « Mawuse », la réalisation d’un troisième intercepteur des eaux pluviales et le renforcement des infrastructures de drainage dans le Grand Lomé.
Parallèlement, le ministère de l’Action sociale a mobilisé ses services pour accompagner les populations sinistrées et renforcer l’assistance aux familles les plus affectées.
Au-delà des infrastructures, sauver des moyens de subsistance
Si les travaux d’assainissement sont salués, plusieurs commerçants estiment qu’ils ne suffisent pas à répondre à l’urgence économique. Pour ces travailleurs du secteur informel, chaque journée d’inactivité réduit un peu plus leurs capacités de rebond.
Des économistes soulignent qu’une catastrophe naturelle ne détruit pas uniquement des infrastructures ; elle fragilise aussi le tissu économique local en privant des milliers de familles de leurs revenus.
Pour beaucoup de femmes commerçantes, un appui exceptionnel sous forme de microcrédits, de subventions ciblées ou de facilités de relance permettrait de redémarrer rapidement leurs activités.
Quand la pluie devient une question de dignité
En fin de journée, les nuages s’accumulent de nouveau au-dessus de Lomé. Les commerçantes lèvent instinctivement les yeux vers le ciel. Pour certains habitants, la pluie est synonyme de fraîcheur. Pour Adjo, Amélie, Madame Solim et tant d’autres, elle est devenue le symbole de l’incertitude.
Chaque averse menace un peu plus leur équilibre financier. Chaque inondation rappelle que les premiers touchés par les catastrophes climatiques sont souvent ceux qui disposent du moins de ressources pour s’en relever.
À travers leurs témoignages, c’est toute une économie populaire qui exprime son inquiétude. Une économie discrète mais essentielle, qui nourrit quotidiennement des milliers de familles togolaises.
À Lomé, la lutte contre les inondations ne consiste donc pas seulement à évacuer les eaux ou à construire de nouveaux ouvrages hydrauliques. Elle consiste aussi à préserver des moyens de subsistance, à protéger les plus vulnérables et à permettre à celles et ceux qui vivent de leur petit commerce de continuer à gagner dignement leur vie.
Car derrière chaque étal fermé se cache bien plus qu’une activité interrompue : il y a une famille qui attend de pouvoir, enfin, reprendre le cours normal de son existence.
Après le départ de Me Alexis Coffi Aquereburu, la démission de Firmin Ajavon, élu pour assurer l’intérim à la présidence de l’AS Gbohloe-Su, prolonge une période de fortes turbulences au sein du club. Si aucun lien ne peut être établi entre ces départs et l’affaire des présumés matches truqués qui a récemment secoué la D1 LONATO, leur succession intervient dans un contexte qui continue d’alimenter les interrogations sur la stabilité des Requins Mâles.
L’AS Gbohloe-Su des Lacs peine visiblement à retrouver la sérénité. En l’espace de quelques semaines, le club a enregistré deux changements à sa tête. Après la démission surprise de Me Alexis Coffi Aquereburu, Firmin Ajavon, appelé à assurer l’intérim, a lui aussi annoncé, le 14 juillet 2026, son retrait avec effet immédiat.
Une justification qui interroge
Dans sa lettre adressée aux membres du Bureau exécutif, Firmin Ajavon explique que sa qualité de membre du Comité exécutif de la Fédération togolaise de football (FTF) est difficilement conciliable avec les fonctions de président par intérim d’un club, en raison des exigences de neutralité et de prévention des conflits d’intérêts.
Cette explication suscite toutefois des interrogations. En effet, son appartenance au Comité exécutif de la FTF était déjà connue lorsqu’il a accepté de succéder à Me Alexis Coffi Aquereburu. La question que se posent plusieurs observateurs est donc de savoir pourquoi cette incompatibilité, invoquée aujourd’hui, n’a pas constitué un obstacle au moment de son accession à la présidence par intérim. À ce stade, l’intéressé n’a pas apporté d’autres précisions publiques sur ce point.
Un contexte qui nourrit les interrogations
Ces démissions successives interviennent alors que l’AS Gbohloe-Su reste associé, dans l’opinion publique, à l’affaire des présumés matches truqués qui a marqué la fin du championnat de D1 LONATO et sur laquelle les instances compétentes se sont déjà prononcées.
Sans préjuger des raisons ayant conduit aux différents départs, il est permis de constater que cette succession d’événements contribue à entretenir un climat d’incertitude autour du club. Pour de nombreux observateurs, les Requins Mâles traversent une période de fragilité institutionnelle qui appelle un retour rapide à une gouvernance stable.
Une chose est certaine, l’AS Gbohloe-Su devra rapidement tourner cette page afin d’éviter que cette instabilité ne continue d’affecter son image et son fonctionnement. Les prochaines décisions des dirigeants seront suivies avec une attention particulière, tant par les supporters que par les acteurs du football togolais.
Entre souffrance intime, pression sociale et insuffisance de l’offre de soins, des milliers de couples togolais vivent chaque jour le poids de l’infertilité. Pourtant, derrière les larmes et les préjugés, la médecine progresse et l’espoir renaît. Reportage.
Dans la salle d’attente d’un cabinet de gynécologie à Lomé, les regards se croisent sans se rencontrer. Les conversations sont rares. Chacun semble porter un secret trop lourd pour être partagé. Des femmes serrent leur dossier médical contre leur poitrine. À leurs côtés, quelques hommes gardent le silence. Tous sont venus pour une même raison : comprendre pourquoi, malgré les années de mariage, aucun enfant n’est venu agrandir leur foyer.
Au Togo, comme dans de nombreuses sociétés africaines, donner naissance reste bien plus qu’un événement familial. La maternité et la paternité constituent des marqueurs sociaux, parfois même une condition d’intégration dans la communauté. Lorsqu’un couple ne parvient pas à concevoir, la souffrance dépasse largement le cadre médical.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu’environ une personne sur six dans le monde sera confrontée à l’infertilité au cours de sa vie. Cette réalité touche aussi bien les hommes que les femmes, même si les responsabilités continuent, dans bien des cas, d’être attribuées presque exclusivement à ces dernières.
Une douleur qui ne se voit pas
« Chaque fête de famille devenait une épreuve. On nous demandait toujours : “Alors, c’est pour quand le bébé ?” À force, nous avons arrêté de participer aux cérémonies. » Ce témoignage, recueilli dans un reportage réalisé par notre rédaction auprès d’un couple ayant souhaité conserver l’anonymat, résume le quotidien de nombreuses familles togolaises confrontées à l’infertilité.
Dans certains foyers, les conseils fusent. Les recettes traditionnelles se multiplient. Les consultations chez les tradipraticiens succèdent aux visites dans les hôpitaux. Les dépenses s’accumulent.
Pour beaucoup, la souffrance est aggravée par le regard de l’entourage.
« Ce n’est pas seulement une maladie. C’est une blessure sociale », confie une psychologue spécialisée dans l’accompagnement des couples, rencontrée à Lomé.
Cette pression culturelle conduit parfois à des ruptures conjugales, à la polygamie ou encore à des violences psychologiques, principalement dirigées contre les femmes, alors même que les causes de l’infertilité concernent les deux sexes.
L’homme aussi peut être concerné
Longtemps, dans l’imaginaire collectif, l’absence d’enfant était automatiquement attribuée à la femme. La science raconte pourtant une autre histoire. Selon l’OMS, les causes de l’infertilité sont réparties entre facteurs féminins, masculins, mixtes ou parfois inexpliqués. Les anomalies du sperme, certaines infections, les troubles hormonaux, les maladies des trompes, l’endométriose ou encore des facteurs environnementaux peuvent être en cause.
Pourtant, beaucoup d’hommes hésitent encore à réaliser un spermogramme. Cette réticence retarde souvent le diagnostic.
Les spécialistes rappellent désormais que le bilan d’infertilité doit toujours concerner les deux membres du couple, afin d’éviter des années de traitements inutiles.
Une prise en charge encore insuffisante
Au Togo, la question mobilise progressivement les professionnels de santé. En effet, créée en 2020, la Société de fertilité du Togo (SOFT) s’est donné pour mission d’améliorer la prévention, le diagnostic et la prise en charge de l’infertilité.
L’organisation souligne que l’infertilité constitue un véritable problème de santé publique. Elle relève également plusieurs difficultés : insuffisance de spécialistes, recours fréquent à des personnes non qualifiées, accès limité aux techniques modernes d’assistance médicale à la procréation et coût élevé des traitements.
Selon la SOFT, de nombreux couples perdent plusieurs années avant d’être orientés vers des structures adaptées.
Pendant ce temps, certaines pathologies évoluent et réduisent les chances d’obtenir une grossesse.
Le poids des croyances
Dans plusieurs localités du pays, l’infertilité continue d’être interprétée à travers des croyances spirituelles ou mystiques. Sorts, malédictions familiales, envoûtements…
Ces explications conduisent parfois des couples à abandonner les soins médicaux au profit de solutions sans fondement scientifique.
Les médecins ne rejettent pas les dimensions culturelles de cette souffrance, mais insistent sur la nécessité d’un diagnostic médical précoce.
Une infection sexuellement transmissible mal soignée, une obstruction des trompes, un déséquilibre hormonal ou une varicocèle peuvent être traités lorsqu’ils sont détectés suffisamment tôt.
Quand la médecine redonne espoir
Contrairement aux idées reçues, l’infertilité n’est pas toujours définitive. Les progrès réalisés ces dernières années permettent aujourd’hui de proposer différentes solutions : traitements hormonaux, chirurgie reproductive, amélioration de l’hygiène de vie, insémination artificielle ou fécondation in vitro selon les indications médicales.
L’OMS insiste également sur l’importance de rendre ces soins plus accessibles dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, où leur coût demeure souvent prohibitif.
Au Togo, même si les techniques de procréation médicalement assistée restent encore peu développées, plusieurs spécialistes poursuivent leur formation afin d’améliorer progressivement l’offre de soins.
La SOFT fait notamment du plaidoyer auprès des autorités sanitaires l’une de ses priorités afin de renforcer les capacités nationales et faciliter l’accès aux traitements.
Prévenir plutôt que subir
Les spécialistes rappellent que certaines causes d’infertilité peuvent être évitées. En effet, le traitement rapide des infections sexuellement transmissibles, la lutte contre les avortements non sécurisés, une meilleure prise en charge des complications obstétricales ainsi qu’une bonne hygiène de vie contribuent à préserver la fertilité.
Le tabac, l’alcool, certaines drogues, l’obésité et l’exposition à certains polluants figurent également parmi les facteurs susceptibles d’altérer la fertilité, chez les hommes comme chez les femmes.
Les médecins recommandent également de consulter sans tarder lorsqu’un couple n’obtient pas de grossesse après douze mois de rapports sexuels réguliers non protégés, ou plus tôt lorsque la femme a plus de 35 ans ou présente des facteurs de risque.
Briser enfin le silence
Au-delà des traitements, c’est un changement de regard que réclament les associations et les professionnels de santé.
L’infertilité ne devrait plus être un sujet honteux. Elle ne devrait plus conduire à l’exclusion sociale, aux accusations ou aux violences. Elle mérite d’être reconnue comme une maladie nécessitant écoute, accompagnement psychologique et prise en charge médicale.
Dans les couloirs des centres de consultation, les couples continuent d’attendre. Certains repartiront avec un traitement. D’autres devront poursuivre les examens. D’autres encore entendront enfin un diagnostic qui mettra un nom sur des années d’incompréhension.
Tous partagent néanmoins une même espérance, car derrière chaque dossier médical se cache un projet de vie. Et derrière chaque couple qui franchit la porte d’un service de fertilité demeure une conviction, fragile mais tenace : celle qu’un jour, peut-être, le silence laissera place aux premiers cris d’un enfant.
Face à des milliers de jeunes entrepreneurs réunis à DIKETI 2026, le CEO du Cabinet IF&C Togo a défendu une vision ambitieuse de l’entrepreneuriat fondée sur la transformation locale, l’innovation agricole et l’économie verte pour accélérer la création de richesses et d’emplois au Togo.
À l’occasion de l’édition 2026 de DIKETI, l’un des plus grands rendez-vous de l’écosystème entrepreneurial togolais, Helly Gbéné, CEO du Cabinet IF&C Togo, a animé un atelier consacré à la transformation locale, à l’agriculture moderne et à l’économie verte. Devant plusieurs centaines de jeunes entrepreneurs, de porteurs de projets et de professionnels, il a partagé une vision axée sur la valorisation des ressources nationales afin de bâtir des entreprises plus compétitives et créatrices de valeur.
Miser sur la transformation locale
Au cœur de son intervention, Helly Gbéné a plaidé pour un changement de paradigme économique. Selon lui, le Togo ne peut plus se contenter d’exporter ses matières premières à l’état brut s’il souhaite accélérer son développement économique.
L’expert a expliqué que chaque étape de transformation, qu’il s’agisse du tri, du séchage, de la mouture, du conditionnement ou encore de la labellisation, permet d’accroître considérablement la valeur marchande des produits agricoles. Cette dynamique favoriserait non seulement une meilleure rémunération des producteurs, mais aussi la création d’emplois qualifiés, notamment pour les jeunes diplômés et les artisans spécialisés.
Une agriculture plus moderne et plus compétitive
L’atelier a également mis l’accent sur les mutations indispensables du secteur agricole. Helly Gbéné a présenté plusieurs leviers susceptibles d’améliorer durablement les performances des filières togolaises, parmi lesquels l’irrigation, la mécanisation, l’utilisation des technologies numériques, l’amélioration des infrastructures de stockage ainsi que le respect des normes de qualité.
Selon lui, ces investissements constituent des conditions essentielles pour permettre aux produits agricoles togolais de gagner en compétitivité sur les marchés nationaux et sous-régionaux.
L’économie verte, un levier d’investissement
Les échanges ont par ailleurs accordé une place importante aux opportunités offertes par l’économie verte. L’intervenant a souligné que les initiatives intégrant les énergies renouvelables, la valorisation des déchets, les emballages biodégradables ou encore les principes de l’économie circulaire répondent désormais aux nouvelles exigences environnementales tout en attirant davantage les partenaires techniques et financiers.
Pour Helly Gbéné, ces secteurs représentent des niches de croissance capables de générer des activités économiques durables tout en préservant les ressources naturelles.
Des outils concrets pour des projets bancables
Au-delà des exposés théoriques, la conférence s’est voulue résolument pratique. Les participants ont été initiés aux méthodes de conception de projets bancables, depuis l’identification des opportunités jusqu’à l’élaboration d’un modèle économique crédible. Plusieurs études de cas, adaptées aux réalités des différentes régions du Togo, ont illustré les perspectives de développement dans les filières du café, du cacao, du soja, du riz, du maraîchage, de la pêche, des céréales et du karité.
En rassemblant près de 5 000 acteurs autour de la création de valeur locale, DIKETI 2026 confirme son ambition de s’imposer comme une plateforme de référence pour l’innovation entrepreneuriale et l’investissement au Togo. À travers son intervention, Helly Gbéné a lancé un appel aux entrepreneurs à faire de la transformation locale un véritable levier de croissance économique, de création d’emplois et de prospérité durable pour le pays.
Le vernissage d’une exposition collective, dénommée “Expo Kar’ARTS Evala ” (du 11 au 18 Juillet 2026), organisé ce dimanche 12 juillet 2026 à Hôtel Colline d’Or de Kara a rassemblé artistes, amateurs d’art et acteurs culturels autour d’une célébration de la création contemporaine togolaise. Parmi les figures les plus attendues, le plasticien Kokou Ekouagou s’est particulièrement distingué par la force de sa démarche artistique et son rayonnement international.
Dans une ambiance conviviale et empreinte d’émotion, le public a découvert les œuvres de plusieurs artistes réunis pour cette exposition collective, sous le commissariat de Marlène Hue. L’événement, organisé à Kara, s’inscrit dans une dynamique de promotion des arts plastiques et de rapprochement entre les créateurs et le grand public.
Au cœur de cette rencontre artistique, Kokou Ekouagou a une nouvelle fois confirmé son statut de référence de l’art contemporain togolais. Artiste plasticien au parcours international, il développe une pratique qui mêle peinture, sculpture, photographie, installation et performance. Son travail explore les questions d’identité, de mémoire, de multiculturalisme et de dialogue entre les peuples, des thématiques qui lui ont valu une reconnaissance bien au-delà des frontières du Togo.
« À travers cette série de peintures en techniques mixtes, je propose une immersion dans l’univers de la chasse traditionnelle du peuple kabiyè, non comme une simple pratique de subsistance, mais comme un patrimoine vivant où se rencontrent histoire, spiritualité, transmission et identité culturelle », souligne celui qui est également le président de l’association Collectif fragments nomades.
Et d’enchaîner : « Mon langage plastique ne cherche pas à illustrer fidèlement les événements. Il en restitue plutôt les émotions, les symboles et les résonances, afin de faire dialoguer la mémoire collective avec une expression artistique contemporaine. »
Les visiteurs ont salué la richesse des œuvres exposées ainsi que la profondeur des messages qu’elles véhiculent. À travers son univers visuel, Kokou Ekouagou invite le spectateur à une réflexion sur la condition humaine, les échanges culturels et les valeurs du vivre-ensemble, faisant de l’art un véritable langage universel.
À travers LAKING (quand l’art transcende la tradition), l’artiste multiprimé exhorte le public « à découvrir une tradition qui continue de façonner l’identité du peuple kabyè et à réfléchir à la place du patrimoine culturel dans notre monde actuel. » Chacune des huit (8) tableaux qu’il a présentés explorent « une étape ou une dimension de cet héritage ancestral », c’est-à-dire « la mémoire des ancêtres, l’initiation des jeunes, les rites de protection, la vie communautaire, l’accession au statut de chasseur et les célébrations qui consacrent le lien entre l’homme, la nature et les forces invisibles. »
Ce vernissage confirme également la volonté de faire de Kara une scène culturelle de plus en plus dynamique. En réunissant des artistes de renom et un public varié, cette exposition contribue à valoriser le patrimoine artistique togolais tout en offrant une vitrine à des créateurs dont le talent continue de porter haut les couleurs du pays sur la scène internationale.
Kara a servi de point de départ, samedi 11 juillet 2026, à une vaste campagne nationale de sensibilisation contre les grossesses précoces et les infections sexuellement transmissibles (IST) en milieu scolaire. Portée par les Clubs Santé SOS DOCTEUR TV, cette initiative ambitionne de faire des établissements secondaires togolais des espaces de prévention, de responsabilité et de réussite pour les jeunes.
La Grande salle du Palais des Congrès de Kara a accueilli le lancement officiel de la campagne nationale « Zéro grossesse et IST dans mon établissement », une initiative inscrite dans le cadre du déploiement des Clubs Santé SOS DOCTEUR TV dans les établissements secondaires du Togo. La cérémonie a mobilisé un large éventail d’acteurs du système éducatif et sanitaire, témoignant de l’importance accordée à la protection de la jeunesse.
Autour des responsables de SOS DOCTEUR TV se sont retrouvés des autorités administratives, éducatives, sanitaires et traditionnelles, des chefs d’établissements, des enseignants, des encadreurs des Clubs Santé ainsi que de nombreux élèves et étudiants. Tous ont réaffirmé leur volonté commune de lutter contre les grossesses précoces et les infections sexuellement transmissibles, deux défis qui continuent d’affecter le parcours scolaire de nombreux jeunes.
Au Togo, comme dans plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine, les grossesses en milieu scolaire demeurent une préoccupation majeure. Elles sont souvent à l’origine de décrochages scolaires, compromettent l’avenir académique et professionnel des jeunes filles et peuvent entraîner des conséquences sanitaires, sociales et économiques importantes. Les IST, quant à elles, représentent également un enjeu de santé publique qui appelle une meilleure sensibilisation des adolescents.
Face à cette réalité, les Clubs Santé SOS DOCTEUR TV misent sur une approche éducative fondée sur l’information, la prévention et la responsabilisation des élèves. La campagne entend promouvoir l’éducation à la santé sexuelle et reproductive, encourager l’adoption de comportements responsables et renforcer les valeurs citoyennes auprès des jeunes.
L’un des piliers du projet consiste à faire des élèves eux-mêmes des acteurs du changement. Les membres des Clubs Santé auront pour mission de sensibiliser leurs camarades, de diffuser les bonnes pratiques en matière de santé et de promouvoir des choix favorables à la poursuite des études. L’objectif est de créer, au sein des établissements scolaires, un réseau de jeunes ambassadeurs capables d’influencer positivement leur environnement.
Les initiateurs de la campagne rappellent toutefois que la réussite d’une telle démarche ne peut reposer uniquement sur les élèves. Ils plaident pour une implication concertée des parents, des enseignants, des professionnels de santé, des autorités publiques, des partenaires techniques et financiers ainsi que des communautés locales. Selon eux, seule une mobilisation collective permettra de réduire durablement les grossesses précoces et les IST en milieu scolaire.
Au cours de la cérémonie, un hommage appuyé a été rendu au Professeur Serge Michel Kodom, président fondateur d’AIMES-AFRIQUE et de SOS DOCTEUR TV, pour son engagement en faveur de la santé communautaire et du bien-être des jeunes. Les organisateurs ont également exprimé leur gratitude aux autorités administratives, éducatives et sanitaires pour leur accompagnement dans la mise en œuvre de cette initiative nationale.
En clôturant la cérémonie, les responsables de la campagne ont invité les élèves à devenir les premiers défenseurs de leur santé et de leur avenir. À travers « Zéro grossesse et IST dans mon établissement », les Clubs Santé SOS DOCTEUR TV affichent l’ambition de bâtir des écoles où chaque apprenant peut poursuivre son cursus dans un environnement sécurisé, propice à son épanouissement et à la réalisation de ses ambitions.
Saisie d’un recours introduit par une entreprise candidate, l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) a décidé de suspendre à titre conservatoire une procédure de passation de marché du ministère de l’Agriculture. Le temps d’examiner le dossier sur le fond.
L’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) a ordonné la suspension provisoire d’une procédure de passation de marché engagée par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire (MAPRASA). Cette mesure intervient à la suite d’un recours déposé par les Ets ESTHER SOLUTION, contestant les résultats provisoires d’une consultation.
Le différend porte sur la demande de renseignement de prix n°0381/2026 relative à l’acquisition d’équipements destinés à des magasins de stockage dans la zone 4 du Projet d’aménagement des terres agricoles de la plaine de l’Oti (PATA-OTI). Après la publication des résultats provisoires, l’entreprise requérante a estimé que son offre avait été écartée de manière injustifiée et a engagé les voies de recours prévues par la réglementation.
Selon les éléments disponibles, un recours gracieux a d’abord été adressé au ministère compétent. Celui-ci a été rejeté le 30 juin 2026. Dans le délai légal prévu par les textes, l’entreprise a ensuite saisi le Comité de règlement des différends (CRD) de l’ARCOP.
Après avoir examiné la recevabilité de la requête, le CRD a considéré que celle-ci répondait aux exigences de la loi n°2021-033 du 31 décembre 2021 relative aux marchés publics et du décret n°2022-080/PR portant Code des marchés publics. Il a, en conséquence, prononcé la suspension immédiate de la procédure jusqu’à ce qu’une décision soit rendue sur le fond.
Cette mesure conservatoire ne constitue pas une remise en cause de la régularité de la procédure ni une reconnaissance du bien-fondé des arguments avancés par l’une ou l’autre des parties. Elle vise à préserver les droits des acteurs concernés pendant l’instruction du dossier.
Cette affaire met en lumière les mécanismes de recours prévus par le cadre juridique togolais en matière de commande publique. Elle rappelle également le rôle de l’ARCOP dans le contrôle des procédures et dans la promotion des principes de transparence, d’égalité de traitement des candidats et de concurrence loyale.