Ndala relancé trop tôt : la CAF joue avec le feu
En reconduisant Jean-Jacques Ndala à un match aussi sensible, la CAF prend le risque d’alimenter une polémique encore vive après la finale controversée de la CAN 2026.
À peine la poussière retombée sur la très polémique finale de la CAN 2026 au Maroc, la Confédération africaine de football (CAF) a fait un choix qui interroge. L’instance a décidé de confier à l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala la direction de la finale aller de la Ligue des champions africaine entre les Mamelodi Sundowns et l’AS FAR, prévue le 17 mai à Pretoria. Une désignation loin d’être anodine, tant l’officiel traîne encore les stigmates d’une prestation qui continue de diviser.
Car Ndala est devenu, malgré lui, l’un des visages les plus controversés de la dernière Coupe d’Afrique des nations 2026. Lors de la finale opposant le Sénégal au Maroc, plusieurs décisions arbitrales ont suscité incompréhensions, critiques et accusations, alimentant un débat passionné sur la qualité de l’arbitrage africain. Depuis, le nom de Ndala cristallise tensions et frustrations, bien au-delà du rectangle vert.
Dans ce contexte, la décision de la CAF de le désigner pour une affiche aussi prestigieuse et exposée apparaît pour le moins précipitée. L’instance continentale semble vouloir afficher sa confiance envers son arbitre, ce qui, sur le principe, peut se défendre. Mais fallait-il le faire aussi tôt, alors que l’émotion reste vive et que les critiques n’ont pas encore totalement reflué ?
Une gestion plus prudente aurait sans doute consisté à mettre temporairement l’arbitre en retrait des rencontres à forte pression, le temps de laisser retomber la tension. En le propulsant à nouveau sous les projecteurs, la CAF prend le risque de raviver les polémiques et d’exposer davantage encore un officiel déjà fragilisé dans l’opinion publique.
Au-delà de la responsabilité de l’institution, la question se pose également du côté de l’intéressé. À 38 ans, Ndala n’est plus un novice et mesure certainement les enjeux médiatiques et psychologiques d’une telle désignation. Dès lors, pourquoi ne pas avoir décliné cette mission ? Une mise en retrait volontaire aurait pu contribuer à apaiser les tensions, tout en protégeant son image et sa crédibilité à long terme.
Car l’arbitrage, plus que jamais, est une affaire de perception. Et dans un climat aussi chargé, chaque décision sera scrutée, disséquée, amplifiée. Ndala, déjà au centre des critiques « à tort ou à raison », risque de porter à nouveau un poids démesuré sur ses épaules.
La CAF, en maintenant sa confiance, envoie un signal de fermeté. Mais elle semble aussi négliger un impératif essentiel : celui de protéger ses arbitres. Car derrière le symbole, il y a un homme, dont la carrière pourrait être durablement affectée par une nouvelle controverse.
À Pretoria, le 17 mai, le match se jouera autant sur le terrain que dans les esprits. Et une question demeure : la CAF a-t-elle pris la bonne décision, ou s’apprête-t-elle à raviver un incendie qu’elle n’a pas encore totalement éteint ?
