Investissements et industrie : le modèle togolais séduit Madagascar
De l’industrialisation à l’attraction des capitaux privés, Madagascar vient au Togo chercher des clés d’expérience : une délégation malgache explore, du 6 au 12 août, les mécanismes togolais et le modèle de la PIA pour accélérer la transformation économique.
Une nouvelle étape dans le rapprochement économique entre le Togo et Madagascar. Depuis le 6 août 2026, une délégation du ministère malgache de l’Industrialisation et du Développement du Secteur Privé effectue une mission de travail au Togo. Accueillie par le ministère délégué chargé de la Promotion des Investissements, de l’Industrie et de la Souveraineté économique, elle séjournera dans le pays jusqu’au 12 août.
Cette mission est essentiellement consacrée au partage d’expériences dans des secteurs considérés comme stratégiques pour la transformation économique des deux pays. Les échanges portent notamment sur le développement des écosystèmes agricoles, la mise en place de zones dédiées à la transformation industrielle et les dispositifs destinés à stimuler l’investissement privé.
Le modèle togolais au cœur des échanges
À travers cette visite, Madagascar cherche notamment à mieux comprendre les mécanismes développés par le Togo pour favoriser l’implantation et l’accompagnement des investisseurs. L’enjeu est de tirer des enseignements d’une expérience nationale en matière d’aménagement de pôles économiques, de transformation des productions agricoles et de création d’un environnement propice au secteur privé.
Au-delà des présentations institutionnelles, la mission privilégie les échanges directs et l’observation des infrastructures. Cette approche doit permettre à la délégation malgache d’apprécier concrètement les dispositifs mis en place par le Togo et d’identifier d’éventuelles pistes d’adaptation au contexte de Madagascar.
La PIA, vitrine de la transformation industrielle
La visite de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) constitue l’un des temps forts de cette mission. La délégation pourra y découvrir les infrastructures de cette zone industrielle et échanger sur les mécanismes ayant contribué à son développement.
Une attention particulière devrait être accordée aux modèles de partenariat public-privé, présentés comme un levier important dans la réalisation et la gestion d’infrastructures industrielles. La PIA offre ainsi un terrain concret pour discuter des conditions permettant de mobiliser les capitaux privés au service de la transformation économique.
Cette immersion permet également de mettre en lumière l’importance croissante des zones industrielles dans les stratégies africaines de développement. Pour les États confrontés au défi de transformer localement leurs matières premières, ces espaces peuvent constituer des instruments de création de valeur, d’attraction des investissements et de développement des chaînes de production.
Vers une coopération Sud-Sud renforcée
Au-delà des seuls enjeux industriels, cette mission traduit une volonté de renforcer les échanges entre deux pays africains confrontés à des problématiques similaires : transformation des matières premières, développement du secteur privé, création d’emplois et attraction des investissements.
Le déplacement de la délégation malgache illustre ainsi l’intérêt croissant des coopérations Sud-Sud. Les expériences développées sur le continent peuvent constituer des sources d’inspiration, à condition d’être adaptées aux réalités économiques et institutionnelles propres à chaque pays.
En accueillant cette délégation, le Togo entend également valoriser son expérience et consolider son positionnement comme espace d’échanges autour des politiques d’investissement et d’industrialisation.
Jusqu’au 12 août, les discussions entre les deux parties devraient donc permettre d’approfondir le partage d’expériences et d’identifier de nouvelles pistes de collaboration. Une démarche qui pourrait contribuer, à terme, à renforcer les relations économiques entre Lomé et Antananarivo et à promouvoir une coopération africaine davantage fondée sur le transfert de savoir-faire et les expériences concrètes.
