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Togo-Burundi : une victoire à savourer, mais surtout à ne pas surestimer

Les Éperviers ont réussi l’essentiel vendredi soir au stade de Kégué : battre le Burundi et empocher les trois premiers points de leur campagne des éliminatoires de la CAN 2027. Mais derrière ce succès étriqué (1-0), le contenu proposé laisse encore beaucoup de questions en suspens. Patrice Neveu et ses hommes ont certes ouvert leur campagne par la meilleure des manières au classement, mais ils devront rapidement montrer un autre visage s’ils veulent réellement rêver de la phase finale.

Trois points précieux, mais une prestation sans relief

Dans une campagne qualificative, une victoire à domicile ne se refuse jamais. Encore moins lorsqu’elle permet de prendre immédiatement trois points face à un adversaire direct. Les Éperviers ont donc rempli une partie importante de leur contrat en venant à bout des Hirondelles du Burundi grâce à un but de Karim Dermane inscrit dès la 17e minute.

Mais au-delà du résultat, il y a le contenu. Et celui-ci n’a pas franchement emballé. Le Togo a donné l’impression d’une équipe encore en construction, parfois hésitante dans ses intentions et surtout peu tranchante dans les derniers mètres. Après avoir pris l’avantage, les hommes de Patrice Neveu ont davantage semblé gérer leur maigre capital que chercher véritablement à mettre le Burundi définitivement hors de portée.

Les chiffres racontent d’ailleurs une partie de cette réalité. Le Togo n’a tenté que sept tirs, dont deux cadrés, tandis que les Burundais ont frappé onze fois, avec quatre tentatives cadrées. La défense togolaise a finalement tenu bon, permettant aux Éperviers de conserver leur avantage jusqu’au coup de sifflet final.

C’est donc une victoire importante, mais une victoire qui ne doit surtout pas masquer les insuffisances observées.

Neveu a encore du pain sur la planche

Patrice Neveu savait que cette première sortie constituait un rendez-vous important. Le sélectionneur avait lui-même expliqué, avant le match, que le travail devait permettre au groupe de retrouver progressivement son rythme et de retravailler les fondamentaux.

Le succès de Kégué lui offre désormais une marge pour poursuivre ce chantier avec davantage de sérénité. Mais le technicien français devra rapidement corriger plusieurs aspects du jeu.

L’animation offensive constitue certainement l’un des principaux chantiers. Une équipe qui ambitionne de se qualifier pour une Coupe d’Afrique des nations ne peut pas se contenter de défendre un avantage minimal après avoir marqué tôt dans une rencontre. Il faudra être capable de produire davantage, de créer plus d’occasions et surtout de tuer les matches lorsque les opportunités se présentent.

La gestion du match constitue également un enseignement. Face au Burundi, les Éperviers ont réussi à préserver leur avantage, ce qui témoigne d’une certaine solidité. Mais cette capacité à défendre un résultat ne devra pas devenir un mode de fonctionnement permanent. Contre des adversaires d’un autre calibre, notamment l’Algérie ou la Zambie, le moindre relâchement pourrait coûter beaucoup plus cher.

Or, le calendrier ne laisse pratiquement aucun répit. Après le Burundi, le Togo doit se déplacer en Zambie le 29 septembre. Le deuxième rendez-vous du groupe I s’annonce donc déjà comme un test beaucoup plus révélateur de la capacité des Éperviers à voyager, à imposer leur jeu et à résister à la pression.

La victoire de Kégué doit être un point de départ

Il serait toutefois injuste de réduire cette soirée à ses insuffisances. Les Éperviers ont gagné. Et ils l’ont fait devant leur public, venu nombreux au stade de Kégué pour accompagner et pousser ses ambassadeurs. Dans une campagne où chaque point compte, commencer par trois unités constitue un avantage qu’il faut savoir apprécier.

Le classement du groupe I, après cette première journée, place l’Algérie et le Togo en tête avec trois points chacun, après la victoire algérienne 3-1 contre la Zambie. Le Togo a donc parfaitement évité le piège d’une entrée en matière ratée.

Mais précisément, cette victoire doit être considérée comme un commencement et non comme un aboutissement.

Depuis plusieurs années, les Éperviers ont trop souvent alterné entre promesses, espoirs et désillusions. La CAN 2027 doit offrir l’occasion de changer de méthode et, surtout, d’état d’esprit. Si le Togo veut retrouver la phase finale, il ne pourra pas se satisfaire d’une succession de performances minimalistes et de qualifications arrachées dans la douleur.

Il faudra davantage de constance, de maîtrise, d’ambition offensive et de personnalité. Chaque match devra être abordé avec l’idée de prendre les trois points, mais aussi de construire progressivement une équipe capable de rivaliser avec les meilleures sélections de son groupe.

La victoire contre le Burundi est donc bonne à prendre. Elle redonne un peu de confiance, récompense le soutien du public et permet aux Éperviers de démarrer leur campagne avec le plein de points. Mais elle ne doit tromper personne.

Patrice Neveu et ses joueurs ont désormais une obligation : surfer sur cette courte victoire pour construire quelque chose de plus solide. La Zambie sera déjà une autre histoire. Et si les Éperviers veulent réellement être au rendez-vous de la CAN 2027, rien ne doit plus se faire comme avant.

À Kégué, le Togo a obtenu le résultat qu’il recherchait. Il lui reste maintenant à trouver le jeu qui lui permettra de poursuivre son chemin.

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