Catégorie : Politique

  • Des dirigeants de meilleure qualité

    Des dirigeants de meilleure qualité

    Pour ne pas risquer de se retrouver avec pire que ce que les peuples rejettent, des tamis de vigilance s’imposent désormais dans la sélection des candidats à la magistrature suprême. À Madagascar comme ailleurs.

    Acculé par une jeunesse malgache pleine de détermination, Andry Rajoelina a déserté le pays, et l’Assemblée nationale l’a destitué. L’armée a pris les commandes, et le colonel Randrianirina, devenu héros pour avoir exhorté ses camarades militaires à refuser de tirer sur leurs amis, frères et sœurs manifestants, a été investi par la Haute cour constitutionnelle. Ne faut-il pas s’en réjouir ?

    Il y a peu de monde pour pleurer ce président largement comptable du passif instable de Madagascar. Pour autant, la liesse saluant sa chute ne constitue en rien la garantie d’un avenir radieux pour les Malgaches, qui ont dû déchanter tant de fois par le passé ! Les espérances que suscite la fin d’un régime décrié demeurent un mirage, aussi longtemps que les peuples oublient de tirer les leçons de leurs déconvenues antérieures. On parle, ici, de refondation. Mais celle-ci n’est possible que si tous les acteurs se situent au même niveau de sincérité, avec le même degré d’exigence.

    Après plus de six décennies à trébucher, tomber, se relever pour trébucher à nouveau, tomber encore et se relever, peut-être est-il temps, pour les Malgaches, et pas seulement eux, de reprendre leur souffle, pour penser enfin une manière judicieuse d’avancer surement. À certains égards, l’admiration dont déborde l’Afrique pour la détermination victorieuse de la jeunesse malgache rappelle celle des Burkinabè qui, en octobre 2014, ont chassé du pouvoir Blaise Compaoré. Celui-ci, après vingt-sept ans d’un règne sans partage, se croyait indétrônable. Un héliport de fortune dans les faubourgs de la capitale ; une exfiltration par un avion militaire français ; et tout était terminé. Comme Compaoré, Rajoelina a eu la désertion buissonnière. Par le chemin des écoliers ! Seize ans après, ce qu’est devenu le Burkina invite les Malgaches à une impérieuse vigilance, à plus d’exigence.

    En quoi consisteraient donc cette vigilance et ces exigences ?

    Aussi enivrantes qu’elles soient, ces phases de grande effervescence n’ont d’intérêt que par rapport aux leçons qu’en tirent les peuples. Ceux qui se retrouvent au pouvoir ont rarement le même agenda que les révolutionnaires qui ont risqué leur vie pour faire tomber le régime rejeté. Pour prendre le pouvoir, politiciens, militaires et autres troisièmes larrons rivalisent de stratagèmes qui, tôt ou tard, ramènent les populations à leurs frustrations de départ. La Refondation annoncée n’a de chance d’aboutir que si les maîtres de la transition demeurent sous pression, contraints d’agir vite, dans le sens de l’intérêt général. Sans quoi, dans quelques semaines, ils auront pris goût au pouvoir et tourné le dos à l’idéal révolutionnaire. En Afrique, les peuples qui font une confiance aveugle à des militaires prompts à leur promettre le paradis sans aucun chronogramme s’exposent aux pires désillusions. Quant au programme de la refondation, il est contenu dans les exigences déclamées durant les manifestations. Il s’agit, à présent, de les coucher sur papier, d’indiquer quand, comment et avec quels moyens les traduire en actes, sans cacher aux citoyens les efforts que cela implique de leur part.

    Tout cela ne suppose-t-il pas le retour à l’ordre constitutionnel, avec un chef d’État élu ?

    Bien évidemment ! Au peuple de ne pas se tromper sur le profil des candidats à la magistrature suprême. Les Malgaches pouvaient-ils espérer d’Andry Rajoelina autre chose que l’impasse dans laquelle il les a conduits ? Tout, dans son profil, aurait dû les mettre en garde. Diriger une nation africaine n’est pas un job pour des jouisseurs superficiels, pour qui tout se rapporte à ce qu’on appelle de manière triviale “la tchatche”. Interrogées séparément sur les qualités que devrait avoir le président idéal pour leur pays, des femmes d’affaires ouest-africaines confiaient naguère ceci : « D’abord, ce doit être quelqu’un qui mange à sa faim chez lui. Parce que, disaient-elles, nous ne voulons pas d’un président qui vienne résoudre ses problèmes de carrière, et même de survie, aux dépens du peuple ».

    Un pays sous-développé ne peut s’offrir à un dirigeant qui ne peut justifier d’un parcours professionnel clair et convaincant. Qui n’a jamais eu sous sa responsabilité plus de dix collaborateurs, en entreprise ou dans l’administration. Pour ne pas risquer de se retrouver avec pire que ce que les peuples rejettent, des tamis de vigilance s’imposent désormais. À Madagascar comme ailleurs…

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 18 octobre 2025 sur RFI

  • Sedoufia Komlanvi Afangbedji, un sénateur-maire

    Sedoufia Komlanvi Afangbedji, un sénateur-maire

    Ancien député , aujourd’hui sénateur élu, Sedoufia Komlanvi Afangbedji est élu ce jeudi, nouveau maire de la Commune du Bas-Mono 2.

    Son d’élection, dans l’après-midi de ce jeudi 16 octobre, n’a pas surplus les conseillers municipaux présents à l’assemblée ni les observateurs puisque étant le seul candidat en lice pour le poste de maire de la commune du Bas-Mono 2, après le retrait du candidat de l’alliance nationale pour le changement (ANC), le maire sortant, Atsu Eklou.

    Ce dernier s’est retiré, dit-il, pour protester contre ce qu’il qualifie de disfonctionnements après l’étape première de ce scrutin, suspendu entre temps par le préfet du Bas-Mono, Ametepe pour des raisons d’organisation.

    Comme on peut le constater sur l’ensemble du territoire national, l’Union pour la république (UNIR), le parti au pouvoir, prend quasiment la totalité des conseillers municipaux et le choix des maires principaux revêt donc un calcul politique.

    L’adjoint maire Sedoufia Komlanvi Afangbedji vient du du parti UNIR. Le reste des postes à pourvoir pour les commissions permanentes et spécialisées reste à attribuer.

    Pour le développement du Bas- Mono 2, c’est ensemble que ça doit se faire. Il ne doit pas être une affaire de parti politique ou de personnes, estiment certains. “Main dans la main, nous pouvons croire que les défis seront relevés”, insiste un fils dudit milieu.

    Les observations qui sont faites au cours de ce scrutin, renvoient à un autre cas d’école. Aux élus, c’est maintenant que le gros lot du travail commence. La population attend que sa commune soit développée et ce n’est pas une question d’une seule personne.

    J.A

  • Du bon usage électoral

    Du bon usage électoral

    Tous les chefs d’État ne se valent pas, en Afrique. Les conditions de son élection et les moyens dont chacun use pour accéder à la magistrature suprême déterminent la perception que son peuple (et l’opinion continentale) a de sa personne. Et ce peut être important pour « sa » gestion des affaires…

    Cameroun, Côte d’Ivoire, Tanzanie… Sur le continent africain, trois présidentielles se tiennent en ce mois d’octobre, en plus de toutes celles déjà organisées cette année, et des autres, prévues d’ici à fin décembre. Pourquoi l’élection présidentielle, pourtant ancrée dans les traditions, continue-t-elle de générer autant de tensions en Afrique ?

    Dans bien des pays, le pouvoir est concentré entre les mains du seul chef de l’État. Qui peut faire la fortune de qui lui plaît ; causer la ruine de qui il veut ; et même entraver la liberté de qui le gêne. D’où le sentiment qu’à la présidentielle se joue le sort personnel de chaque citoyen pour la durée du mandat. La manière dont se conquiert la magistrature suprême est loin d’être anodine. Dans les nations crédibles, les scrutins libres et transparents sont l’unique mode d’accession au pouvoir. L’Afrique, elle, se distingue encore souvent de manière peu glorieuse, avec les coups d’État, les réélections douteuses, qui jettent le discrédit sur la fonction présidentielle.

    Ce continent revêt des réalités multiples. Mais, par facilité, certains usent de formules expéditives pour qualifier l’Afrique, en se référant, en plus, aux tares des États les moins présentables. Ainsi, les mauvaises manières de quelques-uns en viennent à définir l’image de tous. Et ce n’est pas sans conséquences : l’an dernier, le président William Ruto, s’étonnant de voir augmenter les taux appliqués aux emprunts de son pays, le Kenya, découvrait, abasourdi, que les agences de notation avaient intégré au risque-Kenya le coup d’État survenu au Niger.

    gnoraient-ils que 5642 kilomètres séparent ces deux pays ?

    Ramener l’ensemble du continent au niveau des cancres relève de la paresse intellectuelle. L’Afrique compte de véritables États démocratiques, performants sur le plan économique, qui ont peu à envier aux autres. La médiocrité n’est pas une fatalité, en Afrique. Mais, pour éviter ces amalgames, les Africains eux-mêmes devraient savoir être, dans la quête de l’excellence, ambassadeurs, les uns pour les autres.

    Il y a une trentaine d’années, le Sénégalais Kéba Mbaye, juge à la Cour internationale de justice de la Haye et vice-président du Comité international olympique avait initié l’harmonisation du droit des affaires en Afrique. Depuis, l’Ohada existe, qui rassure les milieux économiques et simplifie les échanges confiants entre États africains et avec l’extérieur. C’est du panafricanisme palpable, concret.

    Puisque les élections douteuses nuisent, y compris aux économies, et bien au-delà des pays qui s’y complaisent, pourquoi ne pas harmoniser, avec la même rigueur, les pratiques électorales ? Sur ce continent, tous les chefs d’État ne se valent pas. Les moyens par lesquels certains se hissent au pouvoir ou s’y maintiennent sont d’une troublante disparité, sans légitimité, sans respectabilité. Et les peuples ne sont pas toujours très fiers de ceux qui sont censés les diriger.

    Les élections ne relèvent-elles pas de la souveraineté des États ?

    Étant donné que tous arborent le pavillon « Afrique », chacun devrait se sentir responsable pour les autres. Et cela commence par les comportements électoraux, qui ont une incidence sur vos voisins. Cap Vert, Botswana, Ghana, Nigeria, Bénin et d’autres pays africains ont des usages suffisamment crédibles pour inspirer l’ensemble du continent. Au Sénégal, depuis un quart de siècle, en période d’élection, les plus sérieuses stations de radio et chaînes de télévision agissent en acteurs civiques. Les résultats parcellaires que relaient au fur et à mesure ces médias situent le citoyen qui peut, deux heures après la clôture du vote, esquisser par lui-même les grandes tendances. C’est exactement ce que font les Américains. Et c’est plus honorable que de maintenir la population dans le brouillard, en attendant qu’un ministre servile ou une commission électorale aux ordres vienne, au cœur de la nuit, asséner des résultats manufacturés, sans aucune traçabilité. Pour mieux museler leurs concitoyens, certains régimes tricheurs vont jusqu’à couper les liaisons téléphoniques et internet.

    Curieusement, ce sont ceux-là qui se revendiquent, urbi et orbi, comme État démocratique. Mais tout cela, sans la transparence, n’est juste qu’une imposture de plus.

    Chronique de Jean-Baptiste Placca du 11 octobre 2025 dur RFI

  • Le Togo se dote d’un nouveau gouvernement après cinq mois d’attente, la plupart des ministres sont reconduits

    Le Togo se dote d’un nouveau gouvernement après cinq mois d’attente, la plupart des ministres sont reconduits

    Depuis l’intronisation de Faure Gnassingbé dans ses nouvelles fonctions de président du conseil, en mai, le gouvernement démissionnaire gérait les affaires courantes.

    Le Togo a un nouveau gouvernement : cinq mois après la démission de l’ancienne équipe, la plupart des ministres sortants ont été reconduits dans leurs fonctions, mercredi 8 octobre, sous la houlette du président du conseil, Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis 2005.

    Le pays a connu en juin et juillet une série de manifestations critiques du pouvoir dans la capitale, Lomé, lors desquelles sept personnes ont été tuées, selon des organisations de la société civile. Parmi les récriminations des manifestants figurait la réforme constitutionnelle adoptée en 2024, qui permet à Faure Gnassingbé, 59 ans, d’être désigné président du conseil et de rester au pouvoir sans limite de mandat, le poste de président de la République devenant honorifique. Le gouvernement avait démissionné le 2 mai, à la veille de l’intronisation de M. Gnassingbé dans ses nouvelles fonctions, et gérait depuis les affaires courantes.

    Mercredi soir, le secrétaire général du gouvernement, Stanislas Baba, a annoncé la composition de la nouvelle équipe d’une trentaine de ministres. Les piliers du régime de Faure Gnassingbé sont reconduits, à commencer par Gilbert Bawara, l’un de ses proches, qui passe du portefeuille de la réforme du service public à celui des relations avec le Parlement et les institutions. Le ministre des affaires étrangères, Robert Dussey, connu pour ses récentes prises de position panafricanistes et anti-impérialistes, reste en poste, tout comme le ministre de la sécurité, Calixte Batossie Madjoulba.

    Les appels à manifester se sont calmés ces dernières semaines au Togo. En septembre, l’ancienne ministre des armées, Marguerite Gnakadè, par ailleurs belle-sœur de Faure Gnassingbé, a été arrêtée et inculpée pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, trouble aggravé à l’ordre public et incitation de l’armée à la révolte ». Elle avait notamment appelé à la démission de M. Gnassingbé.

    Avec AFP


  • Au Togo, les évêques exhortent les fidèles «à prier sans cesse» pour la paix dans le pays

    Au Togo, les évêques exhortent les fidèles «à prier sans cesse» pour la paix dans le pays

    Au cours du mois d’octobre, mois consacré à la prière du Rosaire, la Conférence épiscopale togolaise appelle tout le peuple de Dieu à «une prière incessante et renouvelée en faveur du Togo». Faisant face à de nombreux défis, «aujourd’hui plus que jamais le pays a besoin de prière sincère, fervente et persévérante», exhortent les évêques togolais.

    Le mois d’octobre, mois du Rosaire, «s’ouvre devant nous comme un appel pressant à raviver notre foi et notre vie de prière avec Marie», révèlent les évêques togolais qui dans un appel rendu public vendredi 26 septembre exhortent les fidèles catholiques du pays à redécouvrir à travers la prière du Rosaire la puissance de l’intercession maternelle de la Vierge Marie pour la paix au Togo.

    En effet, le Togo affronte aujourd’hui de nombreux défis. Le pays vit une situation politique tendue au niveau économique, il fait face à une pauvreté croissante des populations notamment en milieu rural. À ces défis, s’ajoute celui de la sécurité. La partie nord du pays est en état d’urgence du fait des attaques terroristes qui occasionnent des pertes en vie humaine et des déplacements de populations et autres situations de violence.

    «Priez sans cesse»

    Pour les évêques, «ces nombreux défis sociaux, politiques et économiques auxquels notre pays fait face et les nervosités accumulées ne doivent pas nous plonger dans le désespoir, ni assombrir nos horizons de bien-être, de paix et de joie». Ainsi, pendant ce mois d’octobre, ils invitent tous les fidèles catholiques du pays à demeurer dans la prière afin qu’advienne la paix sociale et la sécurité dans le pays. Marie, avec qui «nous avons la certitude que rien n’est impossible à Dieu».

    S’appuyant sur l’appel de Saint-Paul «priez sans cesse» qui n’est pas «seulement un conseil» mais «un chemin de vie», les évêques togolais estiment qu’aujourd’hui plus que jamais, leur nation, «le Togo a besoin de prières intenses, sincères, ferventes et persévérantes». De ce fait, ils appellent le peuple de Dieu à intensifier sa prière en faveur du pays «non pas comme une répétition machinale, mais comme un souffle vital (…) et dans une confiance renouvelée en Dieu le Maitre de l’histoire, qui tient en ses mains les cœurs des hommes et garantit le droit des peuples». «Chaque Ave Maria est une semence d’amour et de paix déposée dans le champ de notre histoire». Ainsi, «le Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie, transformera nos larmes en joie et nos incertitudes en espérance», rassurent-ils.

    Conversion, prière personnelle et communautaire

    Par ailleurs, la Conférence épiscopale du Togo invite les fidèles catholiques à prier davantage personnellement et en communauté, en demandant «à Dieu de bénir notre pays le Togo, de nous accorder la grâce de la conversion sincère et d’ouvrir des chemins d’un avenir meilleur pour tous». Et les évêques togolais de conclure leur appel en s’adressant à la mère du Ciel: «Sainte Vierge Marie, Médiatrice de toute grâce et Reine de la paix, nous venons à Toi avec confiance. Intercède pour nous auprès de ton Fils bien-aimé Notre Sauveur, rends nos cœurs dociles à l’Esprit Saint, et fais de nos vies des instruments de justice et de paix. Mère très aimante, garde nos familles, notre pays le Togo et le monde entier dans l’amour de Dieu et la lumière de l’Évangile».

    Source: https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news

  • Le Ghana expulse vers le Togo au moins six ouest-africains, initialement expulsés par les États-Unis

    Le Ghana expulse vers le Togo au moins six ouest-africains, initialement expulsés par les États-Unis

    Ces demandeurs d’asile expulsés début septembre des États-Unis, à cause de la politique anti-immigration de Donald Trump, avaient déposé plainte contre le Ghana, estimant que leur procédure d’expulsion est illégale.

    Des États-Unis au Ghana puis du Ghana au Togo, en l’espace de trois semaines. Le Ghana a expulsé vers le Togo au moins six Ouest-Africains, initialement expulsés par les États-Unis, ont indiqué à l’Agence France-Presse leurs avocats.

    Onze personnes expulsées par les États-Unis et détenues au Ghana avaient saisi la justice et attaquait le gouvernement ghanéen pour leur placement en détention sans procès ni accusation, et empêcher un renvoi dans leur pays d’origine. Ces personnes, dont 4 sont issues du Nigeria, trois du Togo, deux du Mali, une du Liberia et une autre de la Gambie, ont été expulsées au Ghana au début du mois de septembre. 

    Expulsés avant la fin de l’examen de leur dossier au Ghana

    “Toutes ces personnes demandaient l’asile aux États-Unis, et elles ont clairement indiqué qu’elles étaient confrontées à des persécutions – que ce soit pour des raisons religieuses, politiques, et même en raison de leur orientation sexuelle“, avait déclaré Maître Olivier Barker-Vormawor à l’AFP la semaine dernière. 

    Mardi, à l’audience devant un juge de la Division des droits de l’homme de la Haute cour du Ghana, l’avocat a indiqué qu’elles avaient été “expulsées” sans attendre la fin de l’examen du dossier.

    Le Ghana a signé un accord avec Washington pour accueillir des Africains de l’Ouest expulsés des États-Unis. Une décision qui suscite de nombreuses réactions à Accra.

    L’une des 11 personnes a été remise en liberté et rendue à l’un de ses proches dans le pays, tandis que six autres ont été envoyés au Togo, a-t-il précisé à l’AFP et les derniers ont vraisemblablement été “aussi expédiés au Togo, mais nous n’avons pas eu entrer en contact” avec eux, a-t-il déclaré.

    Le sort de ces personnes, qui demandaient l’asile aux États-Unis, reste entouré de secret, y compris le moment exact de leur arrivée au Ghana ou leur lieu de détention. Et ce malgré l’effort des avocats, défenseurs de droits humains et journalistes pour suivre le rythme rapide des expulsions pratiquées par l’administration Trump et leur acceptation par des pays tiers dans le monde.

    D’autres expulsions sont en cours

    L’expulsion de personnes vers des pays tiers – dans lesquelles elles n’ont souvent jamais vécu – est une des mesures phares de Donald Trump depuis son retour à la Maison blanche en janvier, notamment en envoyant des centaines de personnes dans une prison tristement célèbre au Salvador, ou encore au Panama et au Soudan du Sud. 

    Les expulsions vers le Ghana auraient commencé au début de septembre et d’autres sont en cours, bien qu’Accra ait gardé de nombreux détails secrets. Le 11 septembre, le président ghanéen John Mahama avait annoncé que son pays acceptait sur demande de Washington d’accueillir des ressortissants originaires d’Afrique de l’Ouest expulsés des États-Unis.

    Un accord conclu dans un contexte de tensions avec les États-Unis, l’administration Trump ayant augmenté les droits de douane sur les produits ghanéens et restreint le nombre de visas.

    Après l’arrivée au Ghana d’un premier groupe de 14 expulsés, les autorités avaient d’abord déclaré qu’ils seraient autorisés à rester temporairement dans le pays, conformément aux règles régionales de voyage sans visa, ou à retourner chez eux. L’annonce avait déclenché un tollé, l’opposition affirmant que l’accord avait été conclu à l’insu du Parlement.

    Pour ajouter à la confusion, les autorités avaient déclaré que ces 14 personnes avaient regagné leur domicile. Or, seuls trois étaient retournés dans leur pays d’origine contre 11 restés au Ghana, a indiqué Olivier Barker-Vormawor.

    Quarante autres personnes expulsées par les États-Unis sont attendues dans les prochains jours, a annoncé jeudi dernier le ministre des Affaires étrangères ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa. Il a affirmé que la décision du Ghana d’accepter ces personnes expulsées se fondait sur des considérations humanitaires et ne constituait pas une “approbation” de la politique d’immigration des États-Unis.

    Soudan du sud, Eswatini, Rwanda, Ouganda… Depuis mai dernier, cinq nations africaines ont conclu des accords avec Washington pour recevoir des migrants.

    Source: https://information.tv5monde.com

  • Togo : belle-sœur du président, l’ancienne ministre de la Défense arrêtée

    Togo : belle-sœur du président, l’ancienne ministre de la Défense arrêtée

    Marguerite Gnakadè, ancienne ministre de la Défense, est la belle-sœur du président Faure Gnassingbé. Au cours des derniers mois, elle a demandé à plusieurs reprises à ce dernier de quitter le pouvoir et de mettre fin au régime familial.

    La belle-sœur du dirigeant togolais Faure Gnassingbé a été arrêtée à son domicile mercredi, selon les médias locaux et des sources de sécurité. Marguerite Gnakadè a dirigé le ministère de la Défense de 2020 à 2022 et est également la veuve d’Ernest Gnassingbé, le défunt frère de Faure Gnassingbé.

    Au cours des derniers mois, Mme Gnakadè s’est montrée de plus en plus critique à l’égard du régime, appelant le président togolais à démissionner et à mettre fin au régime autoritaire de la famille dans le pays.

    Faure Gnassingbé est président depuis 2005, après avoir succédé à son père, qui a dirigé le pays pendant 38 ans à partir de 1967. Les rares opposants à Faure Gnassingbé qui ont osé prendre la parole sur les réseaux sociaux ont critiqué cette arrestation.

    Faure Gnassingbé a pris ses nouvelles fonctions de président du Conseil des ministres en mai, à la suite d’un changement constitutionnel qui lui permet de gouverner sans limitation de durée et de consolider le pouvoir exécutif entre ses mains.

    La modification de la constitution et la poursuite du règne de M. Gnassingbé ont donné lieu à de vastes manifestations dans le pays, qui ont toutefois été violemment réprimées par les autorités.

    Source: https://fr.africanews.com/

  • UFC: annonce de la démission de Séna Alipui

    UFC: annonce de la démission de Séna Alipui

    L’Union des forces de changement (UFC), la troisième force politique aux dernières élections municipales au Togo, ne pourra plus compter sur son deuxième vice-président, Séna Alipui.

    C’est à travers une adressée aux militants de l’Ablodé, en marge de la célébration de la date anniversaire de la naissance de Sylvanus Olympio, que l’ancien député annonce qu’il quittera sa fonction de deuxième vice-président de l’Union des forces de changement (UFC) « à l’issue du prochain congrès ».

    Voici en in extenso ladite lettre

    Chères militantes, chers militants de l’Ablodé…

    En cette journée du 06 Septembre 2025 qui marque la date anniversaire de la naissance du Président Sylvanus Olympio il y a 123 ans, je vous prie de bien vouloir recevoir mes salutations militantes et fraternelles.

    Comme militant, cadre et numéro 2 de notre parti de l’Ablodé, j’ai choisi ce jour pour m’adresser à vous afin qu’ensemble nous tournions nos regards vers le militant suprême de notre mouvement et père de l’indépendance, son Excellence le Président Sylvanus OLYMPIO et que son parcours et ses réalisations inspirent chacun d’entre nous pour faire du Togo « l’or de l’humanité » comme l’ont rêvé les pères fondateurs de l’Ablodé.

    Je ne reviendrai pas sur le parcours brillant du père de l’indépendance de notre cher pays le Togo, car dans les mois qui suivent, nous allons retourner aux sources et reprendre tant son histoire que celle de ses compagnons de lutte qui ont permis à notre pays de devenir indépendant. En ce jour anniversaire, je nous invite plutôt à la réflexion, à une introspection et à voir ce que pouvons faire et ce que devons-nous faire pour rester d’une part dignes héritiers de l’Ablodé et d’autres part contribuer aux efforts de développement en cours dans notre pays pour en faire « l’or de l’humanité » comme l’ont rêvé les pères fondateurs de l’Ablodé.

    Les racines de notre grand parti l’UFC c’est le CUT, c’est l’Ablodé… c’est notre identité… Cette identité commune s’exprime en plusieurs courants et le mouvement Ablodé est la deuxième force politique de ce pays et se décline en plusieurs partis qui vont de l’UFC à l’ANC en passant par TOVIA, le NID, les démocrates etc… etc… pour ne citer que ceux-là…et sans être exhaustif.

    Du gouvernement à l’aile la plus radicale de l’opposition, nous avons des enfants de l’Ablodé dans toutes les couches sociales et sphères décisionnelles de ce pays.

    Pour ce qui nous concerne à l’UFC, nous avons notre propre histoire faite de hauts et de bas et nous sommes en dépit des difficultés, et circonstances difficiles, la 3ème force politique de ce pays à l’issue des dernières élections municipales.

    Chères militantes, chers militants, militants de l’UFC, enfants de l’Ablodé,

    Cette élection municipale, mieux que moi vous l’avez vécu et vous avez porté haut nos couleurs et je tiens à vous exprimer toute ma fierté et mon admiration car, dans des conditions difficiles vous vous êtes battus la plupart du temps avec des moyens dérisoires et avez permis de sauver l’essentiel… L’essentiel aujourd’hui, c’est vous… militantes et militants du parti de l’Ablodé… et en cette date anniversaire de la naissance de notre combattant suprême et père de l’indépendance Sylvanus Olympio, je voudrais vous dire que l’Ablodé reste la force essentielle de ce pays et que notre pays a un bel avenir devant lui pour autant que nous revenions aux fondamentaux de notre mouvement tout en l’adaptant au contexte qui lui, a évolué, en faisant du dialogue, de la critique constructive et de l’engagement citoyen les outils qui vont nous permettre de rebâtir notre parti et de contribuer à l’effort de développement en cours dans le pays. Nous devons contribuer à apporter la touche de l’Ablodé à la construction de l’édifice démocratique, et au développement de notre pays sans renier notre identité, sans haine, rancune ou tout autre sentiment négatif vis-à-vis de nos frères de sensibilités différentes. Nos différences doivent nous enrichir et constituer le terreau qui contribuera à faire germer des graines deviendront des arbres dont les fruits seront partagés entre toutes les filles et les fils de notre pays.

    Nous avons tenu notre dernier congrès le 12 Août 2023 et notre mandat expire le 12 Août 2026… Il nous reste donc 341 jours soit un peu moins d’un an pour mettre en œuvre les décisions de notre dernier congrès et atteindre les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés.

    Nous allons mettre ce temps à profit pour travailler comme nous ne l’avons jamais fait pour rattraper notre retard, continuer à institutionnaliser le parti, nous conformer plus strictement à nos textes, achever l’assainissement de nos finances, achever le processus de communalisation de nos fédérations, et poursuivre le processus de réconciliation d’une part avec tous nos frères et sœurs de l’Ablodé tout en recrutant de nouveaux militants et cadres car la politique est une aventure collective… et nous avons besoin de sang neuf, nous avons besoin des meilleurs cerveaux et des meilleurs bras de ce pays pour porter la vision du Président Sylvanus Olympio et perpétuer son héritage politique.

    Pour le militant de l’Ablodé que je suis, comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, notre quête de l’alternance ne concerne pas que les autres, elle nous concerne aussi et nous devons laisser la chance à d’autres énergies de s’exprimer au sein du parti. À l’issue de mon mandat comme Vice-Président de notre parti, je laisserai l’opportunité à d’autres talents de s’exprimer et je ne ferai pas partie du prochain bureau directeur….

    Il est important que la démocratie interne au sein des partis fonctionne, que l’alternance pacifique soit une réalité au sein de nos formations politiques et je tiens à remercier chacune et chacun d’entre vous pour la confiance que vous avez bien voulu placer en moi en me permettant d’occuper des fonctions à responsabilités de plus en plus importantes au sein de notre parti. Ma gratitude infinie, va également au Président National de notre parti, notre père politique auquel ma loyauté reste intacte, inébranlable et auquel je nous invite à rester d’une loyauté indéfectible. Je continuerai à servir notre cause commune l’Ablodé, notre parti, et notre pays… sur de nombreux autres chantiers…sur lesquels notre modeste contribution est requise à court terme…

    Nous sommes donc en transition et je quitterai mes fonctions de Vice-président de l’UFC à l’issue du prochain congrès…

    La perfection n’étant pas de ce monde, ce ne sont pas les sujets de divisions et les manquements des uns et des autres qui manquent et qui manqueront. Nous avons fait, nous faisons et nous ferons des erreurs mais le plus important c’est ce qui nous unit…l’Ablodé…, notre parti, notre pays le Togo… c’est ce que nous faisons pour avancer, c’est notre contribution à l’essor de l’Ablodé, de notre parti et de notre pays.

    Nous devons mettre l’accent sur ce qui nous unit et sur ce que nous faisons de bien et de positif et célébrer nos réalisations pour garder le courage nécessaire et la flamme aussi faible soit elle, pour parcourir le long chemin qui nous attend et qui attend le Togo. Nous avons fait le choix de la collaboration pour préserver la paix et l’unité de notre pays, choix que j’assume pleinement convaincu qu’il vaut mieux avancer à la lueur d’une bougie que de continuer à tâtonner dans l’obscurité…L’Union fait la Nation…

    Chères militantes et chers militants, en ce jour anniversaire de la naissance de notre combattant suprême, père de l’indépendance, le Président Sylvanus OLYMPIO, puisse cette naissance faire naître ou renforcer dans nos cœurs le patriotisme, l’amour du travail bien fait, la loyauté, la culture de l’excellence, l’engagement sincère et sérieux dans ce que l’on fait… et qui ont permis à cet homme exceptionnel de permettre à notre pays de devenir indépendant le 27 avril 1960…

    Je nous invite à la tolérance, à l’union et à la persévérance pour perpétuer son héritage et faire du Togo « l’or de l’humanité » comme l’ont rêvé les pères fondateurs de notre indépendance…

    Le Togo d’abord, la patrie avant les partis. Ablodé !!! Ablodé !!! Ablodé Gbadza !!!

    Séna ALIPUI 2ème Vice-Président de l’UFC

    Vice-Président Finances et Région des Plateaux

  • Au Togo, qu’appelle-t-on échec d’une manifestation contre la dictature?

    Au Togo, qu’appelle-t-on échec d’une manifestation contre la dictature?

    La peur qu’inspire une manifestation pacifique à une dictature, est déjà un succès en soi. Interdire est un aveu de faiblesse quand le pouvoir lui-même est illégal et illégitime.

    Les gens se méprennent souvent dans le domaine politique lorsqu’ils portent des jugements à la va-vite sur les manifestations publiques interdites visant à dénoncer les abus et exactions du régime de terreur. La norme antidémocratique est l’interdiction systématique de toute expression publique de ras-le-bol du peuple contre ses dirigeants incompétents.

    Ceux qui ne voient que la surface des choses, se privent de la découverte de la profondeur des choses. En effet, interdire une manifestation qui fait peur, et qui n’a pas pu effectivement avoir lieu, n’est pas un échec en soi.

    Pourquoi n’est-ce pas un échec ? Il suffit de constater à tous les carrefours et autres points sensibles des milliers de policiers, gendarmes et militaires dont la présence, alors qu’ils ont autre chose à faire, est la conséquence de la réussite de la manifestation où les corps habillés ont pris la place, malgré eux, des civils. Même des domiciles sont encerclés pour empêcher des manifestants potentiels de sortir pour protester. Eh bien, le succès d’une manifestation se juge aussi à l’importance des entraves mises en oeuvre pour l’en empêcher.

    La peur qu’inspire une manifestation pacifique à une dictature, est déjà un succès en soi. Interdire est un aveu de faiblesse quand le pouvoir lui-même est illégal et illégitime.

    L’universitaire et activiste Ayayi Togoata APÉDO-AMAH

  • Togo : deux militants citoyens enlevés dans un contexte de répression

    Togo : deux militants citoyens enlevés dans un contexte de répression

    Deux militants de l’organisation citoyenne “Tournons la Page” ont été enlevés à Lomé le 22 août, dans un contexte politique et social tendu. La société civile togolaise réclame des réformes démocratiques. 

    Dans les rues de Lomé, la capitale du Togo, deux jeunes militants, Armand et Oseï, ont été arrêtés le 22 au soir. Membres actifs de l’organisation citoyenne “Tournons la Page”, ils sont actuellement détenus au Service Central de Recherche et d’Investigation Criminelle (SCRIC). Bien que leur avocat ait confirmé qu’ils n’ont pas subi de violences physiques, les raisons de leur arrestation demeurent floues, suscitant l’inquiétude et l’indignation au sein de la société civile.

    Intimidation et répression : une stratégie de silence

    Le mouvement “Tournons la Page” dénonce ce qu’elle considère comme des pratiques d’intimidation visant à museler les voix dissidentes. Selon David Dosseh, le coordinateur de l’organisation, les arrestations ciblent particulièrement les jeunes capables de mobiliser et de sensibiliser la population à travers des manifestations spontanées. “Le dernier recours pour la population, ce sont ces manifestations spontanées. Et il faut faire en sorte de les mettre hors de nuire”, explique-t-il au micro de TV5MONDE. 

    Cette stratégie, perçue comme un complot pour réduire au silence les acteurs de la société civile, a poussé certains militants à chercher refuge à l’étranger, craignant pour leur sécurité. Pour David Dosseh toute forme de contestation est rendue impossible. “Nous avons compris qu’il y a un plan évident pour que la société civile ne puisse plus s’exprimer du tout, ne puisse plus faire des actions de terrain, ne puisse plus mobiliser la population”, déplore-t-il auprès de TV5MONDE.

    Les récentes arrestations ne sont pas un cas isolé. La coalition politique DMP a également exprimé son mécontentement face à ce qu’elle qualifie d’arrestations arbitraires de jeunes, une tendance qui s’est intensifiée depuis les manifestations de juin dernier. 

    Parallèlement, un prisonnier politique incarcéré à la prison civile de Lomé depuis 2018 a entamé une grève de la faim pour dénoncer des actes de torture, soulignant ainsi les violations des droits humains dans le pays.

    Malgré les appels à la transparence et au respect des droits fondamentaux, le gouvernement togolais n’a pas souhaité commenter ces événements, selon les informations recueillies par TV5MONDE. Ce silence ne fait qu’accentuer les préoccupations concernant la liberté d’expression et les droits civiques au Togo.

    Source: information.tv5monde.com/afrique

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