Catégorie : Politique

  • Opposition togolaise : l’unité retrouvée, cap sur le 9 mai

    Opposition togolaise : l’unité retrouvée, cap sur le 9 mai

    L’opposition togolaise amorce un nouveau tournant stratégique. Face aux tensions politiques liées au récent changement de Constitution, plusieurs formations et organisations de la société civile ont décidé de resserrer les rangs en vue d’une action commune.

    Les détracteurs du régime togolais veulent travailler ensemble. Cette volonté de convergence s’est matérialisée par la transformation du Cadre de réflexion et d’action pour le changement au Togo (CRAC) en Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC).

    L’annonce a été faite ce lundi 13 avril 2026 à Lomé, lors d’une conférence de presse marquée par la signature d’une charte révisée par l’ensemble des membres. Initié à la suite de concertations engagées depuis juin 2024, le regroupement avait été officialisé une première fois le 3 mars 2025, avant de connaître aujourd’hui un élargissement significatif.

    Pour ses initiateurs, cette évolution répond à une nécessité politique majeure : celle de renforcer la cohésion des forces dites de résistance. « L’esprit de convergence est en marche. Nous avons compris qu’il est nécessaire que les forces qui partagent les mêmes valeurs de liberté et de souveraineté travaillent ensemble, sur des bases bien définies », a expliqué le professeur David Dosseh, premier porte-parole du Front citoyen Togo Debout (FCTD), membre du Cadre.

    Le CNCC accueille désormais de nouveaux adhérents, notamment le Pacte socialiste pour le renouveau (PSR) et l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI). Ces formations rejoignent ainsi les membres fondateurs que sont l’Alliance nationale pour le changement (ANC), les Forces démocratiques pour la République (FDR), le FCTD et Novation Internationale.

    Au-delà de cet élargissement, les responsables du Cadre insistent sur son caractère inclusif. L’organisation se veut ouverte à toute entité politique ou citoyenne, au Togo comme dans la diaspora, partageant ses principes et son opposition à la Constitution de la Ve République, qualifiée d’illégale par ses membres.

    La charte révisée met en avant des valeurs jugées essentielles pour la réussite de cette dynamique : la vérité, la solidarité et le respect mutuel entre acteurs. Dans ce contexte, les membres lancent également un appel à l’apaisement interne. « Il est temps de mettre un terme aux attaques entre alliés qui ont fait tant de mal à la lutte », soulignent-ils, dénonçant par ailleurs des comportements assimilés à des logiques de manipulation au profit du pouvoir en place.

    Pour marquer cette nouvelle étape et mobiliser l’opinion, le CNCC annonce l’organisation d’un meeting populaire le samedi 9 mai 2026 à Lomé. Le lieu précis reste à définir, mais l’événement se veut déjà un test grandeur nature de la capacité de l’opposition à parler d’une seule voix et à fédérer largement autour de ses revendications.

  • Gouvernance axée sur les résultats

    Gouvernance axée sur les résultats

    Le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a réaffirmé sa volonté d’ancrer l’action gouvernementale dans une logique de performance et d’efficacité, en mettant l’accent sur des résultats « concrets, mesurables et utiles » au service des populations. Cette déclaration a été faite dans un message publié mardi 7 avril sur sa page Facebook, au terme du premier séminaire gouvernemental de l’année 2026.

    À travers cette sortie, le chef de l’exécutif a voulu rappeler la philosophie qui doit guider l’action publique dans les prochaines années. « Notre ambition est claire : faire vivre une action publique fondée sur des résultats concrets, mesurables et utiles », a-t-il insisté, soulignant ainsi la nécessité pour les politiques publiques de produire des effets visibles dans le quotidien des citoyens.

    Selon Faure Gnassingbé, ce séminaire gouvernemental a été consacré à deux grands axes : l’évaluation approfondie de la feuille de route gouvernementale 2020-2025 et la préparation des bases de la prochaine stratégie nationale de développement. Un exercice qui, selon lui, dépasse largement le simple cadre administratif.

    Le Président du Conseil a tenu à préciser que cette rencontre ne saurait être perçue comme un rituel bureaucratique ou une succession de formalités techniques. Pour lui, il s’agit avant tout d’un cadre stratégique visant à assurer la cohérence de l’action gouvernementale, à hiérarchiser les priorités et à transformer les ambitions politiques en orientations claires, réalistes et utiles pour les populations.

    Cette déclaration intervient dans un contexte où les autorités togolaises s’apprêtent à ouvrir une nouvelle phase de planification stratégique après la mise en œuvre de la feuille de route 2020-2025, qui a servi de boussole à plusieurs projets de développement et de réformes structurelles au cours des dernières années.

    Après une période marquée par de nombreuses ambitions affichées et le lancement de projets structurants dans divers secteurs, Faure Gnassingbé estime que le moment est désormais venu de renforcer les acquis obtenus et de recentrer l’action publique sur les priorités les plus essentielles pour les citoyens.

    Le message du Président du Conseil traduit ainsi une volonté affichée de passer d’une logique de promesses à une culture de résultats, où chaque initiative publique devra être appréciée à l’aune de son impact réel sur les conditions de vie des populations.

    En insistant sur la nécessité de privilégier l’efficacité, la lisibilité et la pertinence des politiques publiques, Faure Gnassingbé entend visiblement imprimer une nouvelle dynamique à l’appareil gouvernemental, axée sur la redevabilité et la performance.

    Ce premier séminaire gouvernemental de 2026 apparaît donc comme une étape stratégique dans la redéfinition des priorités de l’exécutif, avec pour objectif affiché de bâtir une gouvernance davantage tournée vers l’impact concret et la satisfaction des besoins des citoyens.

  • Opposition en colère à Lomé

    Opposition en colère à Lomé

    La DMP, la DMK, le Front « Touche pas à ma Constitution » et la LDP ont animé une conférence de presse ce matin à Lomé, au siège de la CDPA, en marge du sommet des présidents des Assemblées nationales des pays francophones d’Afrique, qui s’ouvre cet après-midi dans la capitale togolaise. Cet événement coïncide avec la rentrée parlementaire des députés togolais, marquant l’ouverture de la première session ordinaire de l’année 2026.

    À travers cette sortie médiatique, l’opposition togolaise entend faire entendre sa voix. Elle dénonce vivement la tenue de cette session de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Lomé, estimant qu’elle constitue une caution au régime en place, qu’elle juge installé depuis plus de soixante ans.

    CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE – DECLARATION LIMINAIRE – LOME 7 AVRIL 2026

    DÉCLARATION LIMINAIRE


    « La jeunesse africaine représente l’avenir de la Francophonie, l’ignorer met en péril l’avenir de l’organisation. »
    La Francophonie est porteuse d’une espérance, parce que son objet est principalement de promouvoir la langue française, la diversité culturelle et linguistique, la paix, la démocratie et les droits de l’homme.
    Au regard de l’importance de la démocratie et des droits de l’homme, l’organisation a adopté la Déclaration de Bamako le 3 novembre 2020 à Bamako, au Mali. Un texte fondateur qui définit les principes relatifs aux pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone. Ce texte majeur est venu renforcer la Déclaration de Saint-Boniface sur la prévention des conflits et la sécurité humaine,
    adoptée le 14 mai 2006 à Saint-Boniface, au Canada.

    Sur les principes de ces textes fondateurs, se tient à Lomé, au Togo, du 7 au 9 avril 2026, la 17ᵉ Conférence des Présidents d’Assemblée et de Section de la Région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). La conférence se concentrera sur la démocratie, l’État de droit, la coopération interparlementaire, et la situation politique en Afrique, notamment en Afrique de l’Ouest.

    En confiant l’organisation de cette 17e conférence à l’Etat Togolais, la Francophonie fait honneur aux autorités togolaises et leur apporte son prestige. Cela signifie-t-il que la Francophonie considère que les autorités togolaises sont porteuses des valeurs de démocratie et d’État de droit, retenues comme thèmes de la conférence ?

    C’est une question que nous nous posons en tant que Togolais, au regard de la pratique de la démocratie par les autorités togolaises et du rôle de l’OIF dans notre processus de démocratisation.

    Le contexte

    Faure Gnassingbé dirige le Togo depuis 21 ans, en ayant succédé à son père, Gnassingbé Eyadéma, qui a été chef d’Etat pendant 38 ans. Actuellement, tout en président l’Exécutif, Faure Gnassingbé n’a plus aucun mandat électif. C’est la conséquence de l’adoption d’une nouvelle Constitution le 19 avril 2024, sans
    consultation du peuple, par des députés dont le terme législatif a échu plusieurs mois plus tôt.

    Le choix du président de la République au suffrage universel direct a été remplacé par un régime dit parlementaire, dont les caractéristiques ne respectent pas les normes internationales des régimes parlementaires. La nouvelle Constitution ouvre à Faure Gnassingbé une présidence sans limitation de temps et sans obligation d’être élu. Un cas aberrant et unique dans le monde sur lequel l’Organisation Internationale de la Francophonie ne s’est pas prononcée, ni sur la méthode ni sur le contenu.

    La jeunesse Togolaise qui a vigoureusement contesté ce remplacement de la Constitution a subi une violente répression durant le mois de juin 2025, causant 7 morts, de très nombreux blessés et de multiples arrestations. Les organisations de la société civile et les partis politiques ont organisé des conférences de presse et des rencontres de sensibilisation, pour protester contre la nouvelle Constitution. Ils ont
    parfois été dispersés à coups de gaz lacrymogène au siège des partis et même agressés physiquement par des nervis, notamment le 29 septembre 2024, en présence du parlementaire de la CEDEAO, le député sénégalais Guy Marius Sagna qui avait été blessé, comme la député togolaise Brigitte Adjamagbo Johnson, de nombreux journalistes et citoyens.

    Entre les menaces et intimidations des forces pro-démocratie, les interdictions formelles et déguisées de leurs activités, ainsi que les répressions systématiques, l’espace civique est réduit à sa plus simple expression. Une pratique contraire aux valeurs promues par l’OIF.

    Après la libération de 75 détenus politiques le 31 décembre 2025, suite à la grève de la faim de plusieurs d’entre eux, et les dénonciations des organisations de la société civile avec le concours des organisations internationales des droits de l’homme, on compte encore environ 70 personnes toujours détenues pour leurs opinions politiques. Certains sont détenus depuis 2018, sans procès. Suite à des traitements inhumains et dégradants, on a enregistré une dizaine de morts en détention ces dernières années. Et, de nombreux cas de tortures ont été reconnus par la Cour de justice de la CEDEAO qui a demandé les relaxes, en vain.

    Est-ce ce type de démocratie que célèbre à Lomé la 17e conférence des Présidents d’Assemblée et de Section de la Région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie ?

    Repères déterminants

    L’Assemblée nationale togolaise qui accueille la 17ᵉ Conférence des Présidents d’Assemblée et de Section de la Région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, est composée à 95,5% de députés du parti au pouvoir. Peut-elle en l’état être représentative du peuple dans une démocratie au XXIème siècle ?
    D’ailleurs, aucun député de l’opposition n’est retenu pour représenter le Togo dans les Assemblées des parlementaires à l’international, y compris l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF).

    Le Togo a une Assemblée nationale monocolore issue d’une élection très contestée. Ce résultat calamiteux est aussi le travail des experts de l’OIF qui ont certifié le fichier électoral utilisé en 2024, en déclarant qu’il est « suffisamment fiable ». Tout comme en 2015, les experts de l’OIF avaient déclaré que le fichier était « non fiable, mais consensuel ». Et pourtant, lors de cette évaluation de 2015, les experts de l’OIF avaient fait des recommandations qui n’ont pas fait l’objet de suivi, notamment en soulignant que plus de 75% des électeurs sont inscrits sur témoignage.

    A ce jour, 85% des Togolais n’ont pas de carte nationale d’identité. Dans ces conditions, aucun fichier ne peut être « suffisamment fiable » pour la sincérité d’un scrutin. Au Togo, les élections sont devenues un instrument de confiscation du pouvoir, au lieu de réguler la vie démocratique. Et l’OIF les a régulièrement
    acceptées, en félicitant l’Etat.

    Nos exigences :

    Après plus de 20 ans d’exercice du pouvoir par Faure Gnassingbé, le constat est accablant avec une société fracturée, une économie structurellement défaillante et les libertés fondamentales confisquées. En conséquence, nous, les signataires de cette déclaration, rappelons à l’Organisation Internationale de la Francophonie, les exigences que nous formulons aux autorités togolaises :

    • la libération immédiate et sans condition de l’ensemble des détenus politiques,
      environ 70, ainsi que la reconnaissance officielle et la réparation des injustices et
      violations de droits dont ils ont été victimes ;
    • la garantie du retour libre, volontaire et sécurisé de l’ensemble des exilés
      politiques, afin de permettre à chaque citoyen togolais de participer pleinement
      et sans entrave à la vie publique et politique de son pays.
    • l’ouverture d’un processus politique de transition démocratique, inclusif et
      transparent, visant à refonder les institutions de la République, à rétablir
      pleinement la souveraineté populaire et à permettre l’émergence d’un ordre
      politique véritablement représentatif de la volonté du peuple togolais.
      Appel à l’Organisation Internationale de la Francophonie
      Nous, organisations signataires de cette déclaration, appelons l’OIF :
    • à reconnaitre sa responsabilité dans le désordre institutionnel instauré au
      Togo, par sa validation des élections frauduleuses et son silence face aux
      violations des droits et des valeurs démocratiques ;
    • à mettre en cohérence sa rhétorique sur les valeurs démocratiques, les libertés
      et les droits avec ce que vit concrètement la population ;
    • à mettre la jeunesse africaine au centre de ses missions et objectifs,
      particulièrement la jeunesse togolaise qui est traquée à l’intérieur et dans la
      diaspora, et qui souffre d’une privation de jouissance de ses libertés et d’une
      démocratie de façade ;
    • à sortir de l’enferment des relations avec les Etats, afin de s’ouvrir aux peuples
      de l’espace francophone ;
    • à construire la Francophonie des peuples.
      Hier, les jeunes de l’Afrique francophone, notamment ceux du Togo, rêvaient de la
      France, du Canada et de la Belgique pour leurs études. Aujourd’hui, leurs regards
      sont de plus en plus tournés vers la Chine (environ 80.000 étudiants, contre 2.000 il
      y a vingt ans), la Russie, la Turquie, l’Australie, et le Moyen-Orient (Émirats arabes unis, Arabie Saoudite).


    L’organisation doit faire sa mue et devenir la Francophonie des peuples, pour ne pas être perçue comme un instrument de l’ère de la françafrique qui soutient les dictateurs en Afrique.

    La jeunesse africaine, et togolaise en particulier, représente l’avenir de la Francophonie, il est indispensable que ses attentes soient prises en considération.

    Togolaises et Togolais, restons vigilants et mobilisés.
    Pour la DMK – ORIGINALE Thomas Kokou NSOUKPOE Superviseur Général Pour la DMP Sambiri TARGONE Coordonnateur
    Pour le LDP Tchagnaou OURO-AKPO Président
    Pour le front
    « Touche Pas A Ma Constitution »
    Nathaniel OLYMPIO Premier Porte-Parole

  • Lomé renforce ses liens avec N’Djamena

    Lomé renforce ses liens avec N’Djamena

    En visite officielle à Lomé ce dimanche 5 avril, Lydie Beassemda, la deuxième Vice-présidente du Sénat du Tchad, a exprimé sa satisfaction quant à la solidité des relations diplomatiques entre le Tchad et le Togo.

    À son arrivée, Lydie Beassemda a salué une coopération bilatérale ancienne, marquée par plusieurs décennies de collaboration et de confiance mutuelle.

    Selon elle, ces relations, déjà solides, ne cessent de se renforcer au fil des années, portées par une volonté commune des autorités des deux pays de consolider leurs échanges politiques, économiques et culturels. Cette visite s’inscrit ainsi dans une dynamique de rapprochement et de dialogue continu entre Lomé et N’Djamena.

    Mme Beassemda a également souligné l’importance de multiplier les cadres de concertation afin de promouvoir des initiatives communes, au bénéfice des populations des deux nations. Une déclaration qui témoigne d’une ambition partagée de hisser davantage la coopération bilatérale à un niveau supérieur.

  • Vice-présidence au Cameroun : une réforme qui divise et inquiète

    Vice-présidence au Cameroun : une réforme qui divise et inquiète

    Le projet d’instauration d’un poste de vice-président au Cameroun, porté par le président Paul Biya, suscite un débat politique intense.

    Présentée comme une évolution institutionnelle visant à renforcer la stabilité de l’État, cette réforme est loin de faire l’unanimité. Elle cristallise au contraire des tensions profondes autour de la succession au sommet du pouvoir.

    Au cœur de la polémique se trouve d’abord la question du mode de désignation. Dans les scénarios évoqués, le vice-président serait nommé directement par le chef de l’État. Pour de nombreux observateurs, ce mécanisme pose un problème démocratique majeur : il concentrerait davantage le pouvoir entre les mains du président, au lieu de favoriser une transition transparente et élective. Certains y voient même une remise en cause implicite du rôle du suffrage universel dans le choix des dirigeants.

    La controverse s’alimente également des spéculations autour d’une succession dynastique. Le nom de Franck Biya revient avec insistance dans les débats publics, bien qu’aucune annonce officielle ne le confirme. Cette hypothèse, largement relayée dans l’opinion, alimente les critiques d’une partie de la société civile et de l’opposition, qui dénoncent un risque de « monarchisation » du pouvoir. Dans un pays marqué par plus de quatre décennies de gouvernance sous le même dirigeant, la sensibilité à toute idée de succession familiale est particulièrement forte.

    Par ailleurs, cette réforme intervient dans un contexte politique et sécuritaire déjà fragile. Entre tensions sociales, défis économiques et crises sécuritaires dans certaines régions, plusieurs analystes estiment que l’introduction d’un nouveau poste au sommet de l’État pourrait créer davantage d’incertitudes que de solutions. La coexistence entre un président et un vice-président nommé pourrait, selon eux, engendrer des rivalités internes ou des luttes d’influence au sein du pouvoir.

    Les défenseurs du projet avancent toutefois un argument de poids : la nécessité d’assurer la continuité de l’État en cas de vacance du pouvoir. Dans cette optique, la vice-présidence permettrait d’éviter des transitions brusques ou conflictuelles. Mais cet argument peine à convaincre une opinion publique méfiante, qui redoute une réforme taillée sur mesure pour organiser la succession sans véritable débat national.

    En définitive, au-delà de son apparente technicité, la création d’un poste de vice-président au Cameroun soulève une question fondamentale : celle de l’avenir du pouvoir et des règles de sa transmission. Entre volonté de stabilité et exigences démocratiques, la réforme s’impose comme un révélateur des tensions politiques profondes qui traversent le pays.

  • Au Togo, les réformes en ligne de mire au Sénat

    Au Togo, les réformes en ligne de mire au Sénat

    Le Sénat togolais a officiellement ouvert, le 2 avril, sa première session ordinaire de l’année 2026 au Palais des congrès de Lomé. Cette cérémonie solennelle, présidée par Barry Moussa Barqué, a rassemblé sénateurs, membres du gouvernement ainsi que plusieurs personnalités politiques, administratives et diplomatiques. Elle marque le lancement d’une période de travaux axée sur les réformes majeures et le renforcement de la gouvernance institutionnelle.

    Parmi les invités de marque figurait Komi Selom Klassou, dont la présence illustre la volonté de consolider la coopération entre les différentes institutions de la République. Dans son allocution d’ouverture, le président du Sénat a mis en avant la primauté de l’intérêt général dans l’action parlementaire, appelant à une synergie renforcée entre les pouvoirs publics pour répondre efficacement aux attentes des citoyens.

    Revenant sur le bilan des sessions précédentes, Barry Moussa Barqué a salué l’adoption d’une dizaine de lois stratégiques, destinées à relever les défis socio-économiques du pays. Il a également félicité les initiatives gouvernementales dans des secteurs clés tels que l’éducation, la santé, les infrastructures et l’inclusion sociale, notamment en faveur des femmes et des jeunes.

    Au cœur des priorités de cette session figure la régulation du secteur de la microfinance. L’objectif est de garantir une meilleure protection des usagers, renforcer la transparence et lutter contre le surendettement. Sur le plan international, le Sénat se prépare par ailleurs à accueillir à Lomé, du 7 au 9 avril, la 17ᵉ conférence des présidents de parlements de l’espace francophone.

    En clôture, le président du Sénat a rendu hommage aux forces armées pour leur engagement dans la préservation de la sécurité nationale, tout en réaffirmant le rôle central de l’institution dans la consolidation de l’État de droit, de la stabilité et du développement du Togo.

  • Brigitte Adjamagbo-Johnson en tournée citoyenne

    Brigitte Adjamagbo-Johnson en tournée citoyenne

    La députée Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, également secrétaire générale de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), entame une tournée parlementaire dans le nord du pays. Cette initiative s’inscrit dans une démarche de proximité avec les populations et de redevabilité de l’action politique.

    Prévue du 20 au 24 mars 2026, cette tournée conduira la parlementaire successivement à Dapaong les 20 et 21 mars, puis à Kara les 23 et 24 mars. À travers cette descente sur le terrain, l’élue entend renforcer le lien entre les citoyens et leurs représentants à l’Assemblée nationale.

    Une mission de redevabilité

    Au cœur de cette tournée figure un objectif clair, celui de rendre compte aux populations des actions menées au Parlement. Dans un contexte où la transparence et la confiance entre gouvernants et gouvernés sont souvent questionnées, cette initiative se veut un exercice de responsabilité démocratique.

    « On siège pour vous », rappelle le message central de la campagne. La députée entend ainsi expliquer les décisions prises, les débats engagés et les positions défendues au sein de l’hémicycle. Une manière de rapprocher les citoyens des institutions et de leur permettre de mieux comprendre les enjeux politiques nationaux.

    Un espace de dialogue direct

    Au-delà du bilan parlementaire, cette tournée se veut aussi un cadre d’échanges ouverts. Les populations de Dapaong et de Kara auront l’occasion d’exprimer leurs préoccupations, poser des questions et partager leurs attentes.

    Ces rencontres directes traduisent une volonté de construire une gouvernance participative, où les citoyens ne sont pas de simples spectateurs, mais des acteurs à part entière du processus démocratique. La démarche vise également à recueillir des contributions utiles pour orienter les futures actions politiques.

    Contrôle de l’action gouvernementale

    Autre axe important de cette tournée : les visites de terrain pour évaluer l’action du gouvernement. La députée prévoit d’effectuer des contrôles afin de mesurer l’impact réel des politiques publiques dans ces localités.

    Cette approche s’inscrit dans le rôle de veille et de contrôle dévolu aux parlementaires. Elle permet de confronter les décisions prises à Lomé aux réalités vécues par les populations.

    Appel à la mobilisation

    La CDPA lance un appel à une mobilisation massive des populations concernées. « Votre voix compte, votre présence est essentielle », souligne le message adressé aux habitants.

    À travers cette tournée, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson réaffirme son engagement en faveur d’une politique de proximité, fondée sur l’écoute, le dialogue et la transparence. Un rendez-vous citoyen qui pourrait renforcer la participation démocratique dans ces régions du Togo.

  • Cité ministérielle : l’État se regroupe pour plus d’efficacité

    Cité ministérielle : l’État se regroupe pour plus d’efficacité

    Le Togo s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son administration publique. Dans les prochains mois, une vaste cité ministérielle verra le jour à Bè Klémé, dans la commune du Golfe 3, avec pour ambition de regrouper sur un site unique plusieurs départements ministériels actuellement dispersés à travers le centre-ville de Lomé.

    Le projet, d’envergure, prévoit la construction de 90.000 m² de bureaux répartis sur 18 bâtiments. Cette nouvelle organisation spatiale devrait permettre de rationaliser le fonctionnement de l’appareil administratif en facilitant la coordination entre les différents ministères. Aujourd’hui, l’éparpillement des services engendre des lenteurs, des déplacements fréquents et une perte de temps pour les usagers comme pour les agents de l’État.

    Avec cette cité ministérielle, les autorités entendent améliorer l’efficacité du service public, en rapprochant les centres de décision et en simplifiant les procédures administratives. Il s’agit également de moderniser les infrastructures de travail, souvent jugées inadaptées ou vieillissantes dans certains bâtiments administratifs actuels.

    Contrairement à certaines grandes réalisations à forte portée symbolique, ce projet se veut avant tout fonctionnel. L’objectif n’est pas d’ériger un complexe prestigieux, mais bien de doter l’administration togolaise d’un outil de travail performant, capable de répondre aux exigences d’une gouvernance moderne.

    La mise en œuvre du projet est déjà en cours. La phase d’expropriation des terrains a débuté à Bè Klémé. Les propriétaires concernés seront indemnisés, conformément aux dispositions en vigueur. Cette étape, souvent sensible, constitue un préalable indispensable à la libération du site et au démarrage effectif des travaux.

    Le financement de la cité ministérielle est assuré par la Banque ouest africaine de développement (BOAD), partenaire clé du Togo dans plusieurs projets d’infrastructures. L’appui de cette institution régionale témoigne de la crédibilité du projet et de son importance stratégique pour le pays.

    Au-delà de la modernisation administrative, cette initiative pourrait également contribuer à décongestionner le centre-ville de Lomé, en réduisant les flux quotidiens liés aux activités administratives. Elle participe ainsi à une réflexion plus large sur l’aménagement urbain et la répartition des services publics.

    En regroupant ses ministères sur un site unique, le Togo fait le pari de l’efficacité, de la cohérence et d’une administration plus proche des besoins des citoyens. Un chantier structurant qui, une fois achevé, pourrait transformer durablement le visage et le fonctionnement de l’État.

  • Les Démocrates : la fin annoncée d’un cycle Yayi

    Les Démocrates : la fin annoncée d’un cycle Yayi

    Une page politique est en train de se tourner au Bénin. Après plusieurs années à la tête du parti Les Démocrates, l’ancien président de la République, Thomas Boni Yayi, s’apprête à céder les rênes de la formation qu’il a contribué à structurer et à imposer comme principale force d’opposition sur l’échiquier national. La fin annoncée de son leadership marque un tournant stratégique pour le parti.

    Un leadership fondateur

    Thomas Boni Yayi n’est pas un acteur politique comme les autres. Ancien chef d’État du Bénin de 2006 à 2016, il est revenu au cœur du jeu politique après une période de tensions et d’exil, pour rassembler les forces de l’opposition au sein du parti Les Démocrates. Sous son impulsion, la formation a réussi à s’implanter solidement dans plusieurs régions du pays et à reconquérir une présence significative à l’Assemblée nationale.

    Son aura, son expérience du pouvoir et son réseau ont longtemps constitué le socle de la crédibilité du parti. Pour de nombreux militants, Yayi incarnait à la fois la mémoire politique et la capacité de résistance face au régime en place.

    Une transition devenue inévitable

    Mais le temps politique impose ses réalités. À l’approche de nouvelles échéances électorales, la question du renouvellement générationnel s’est imposée avec insistance. Plusieurs cadres du parti plaident désormais pour une direction plus collégiale et une nouvelle figure capable de porter le combat dans un contexte institutionnel et social en mutation.

    La fin annoncée de Thomas Yayi à la tête des Démocrates ne sonne pas comme une rupture brutale, mais plutôt comme une transition préparée. En se retirant progressivement de la direction exécutive, il pourrait choisir de jouer un rôle de guide moral, de stratège en arrière-plan, laissant l’avant-scène à une nouvelle génération de responsables politiques.

    Un test pour la cohésion du parti

    Cette évolution représente un test majeur pour Les Démocrates. Le parti saura-t-il préserver son unité sans la figure tutélaire qui a longtemps servi de ciment ? Les ambitions internes, jusqu’ici contenues par le leadership de Yayi, pourraient s’exprimer plus ouvertement.

    La désignation d’un nouveau président ou coordonnateur sera déterminante. Elle devra rassurer la base militante, maintenir la dynamique électorale et éviter toute fracture susceptible d’affaiblir l’opposition.

    Vers un nouveau chapitre

    Au-delà de la personne de Thomas Yayi, c’est l’avenir même du parti Les Démocrates qui se joue. Cette transition peut constituer une opportunité : celle de moderniser le discours, d’élargir les alliances et de préparer l’alternance sur des bases renouvelées.

    En quittant la tête du parti, Yayi pourrait ainsi transformer ce qui aurait pu être perçu comme un retrait en un acte stratégique : celui d’un leader qui choisit le moment de passer le flambeau pour garantir la pérennité de son héritage politique.

  • Dr Jean Emmanuel Gnagnon : « Le Togo doit se restaurer par sa jeunesse et sa vision »

    Dr Jean Emmanuel Gnagnon : « Le Togo doit se restaurer par sa jeunesse et sa vision »

    Dans l’émission Grand Rendez-vous animée par Eugène Atigan, Dr Jean Emmanuel Gnagnon, président du Mouvement togolais pour la restauration (MTR), a détaillé sa vision pour l’avenir du Togo et de l’Afrique. Rencontre avec un acteur politique qui s’affirme comme une voix émergente dans le paysage politique togolais.

    Un message central : la jeunesse comme force de changement

    Lors de l’entretien, Dr Gnagnon a fait de la jeunesse africaine le cœur du changement politique et social. Selon lui, face aux transformations profondes que traverse le continent, les jeunes doivent cesser d’être spectateurs et devenir des acteurs majeurs de la construction nationale : « La jeunesse africaine n’a pas de choix : nous devons nous mobiliser, rassembler les talents et penser une Afrique nouvelle, émergente et unie ».

    Il a insisté sur la nécessité d’une action collective portée par une jeunesse consciente de ses responsabilités, capable de répondre aux défis économiques, politiques et sociaux actuels.

    Restaurer la gouvernance et la cohésion sociale

    Dr Gnagnon a également évoqué la mission du MTR, qui selon lui vise à restaurer l’État togolais dans sa vocation de servir le peuple. Cela passe, d’après lui, par la refondation de la confiance entre les institutions et les citoyens, et par une implication plus forte de toutes les couches sociales dans la vie politique.

    Il a par ailleurs souligné l’importance de la cohésion nationale, affirmant que le Togo doit dépasser les divisions historiques pour bâtir une société inclusive et solidaire, capable de relever les défis contemporains.

    L’inclusion des femmes et des jeunes en politique

    Outre la jeunesse, Dr Gnagnon a plaidé dans plusieurs forums pour une plus grande inclusion des femmes et des jeunes dans les processus politiques. Il estime que ces acteurs ont un rôle essentiel à jouer dans l’amélioration de la gouvernance démocratique et dans la lutte contre la désinformation qui mine parfois l’engagement citoyen.

    Une AFC politique tournée vers l’Afrique unie

    Au-delà du contexte national togolais, Dr Gnagnon a montré une vision panafricaine. Il considère que les défis africains, qu’ils soient économiques, sociaux ou institutionnels, nécessitent une réponse collective des nations du continent. Cela implique, selon lui, une mobilisation au-delà des frontières pour une Afrique plus unie, forte et capable de défendre ses intérêts dans un monde globalisé.

    Au terme de cette interview, Dr Jean Emmanuel Gnagnon a réaffirmé son engagement pour un Togo renouvelé par sa jeunesse, une gouvernance rénovée et une cohésion nationale renforcée. Pour lui, ce sont ces piliers qui permettront au pays et au continent de répondre aux défis du XXIᵉ siècle.

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