Catégorie : Politique

  • En RDC, le front anti-troisième mandat

    En RDC, le front anti-troisième mandat

    Réunis au sein d’une nouvelle coalition baptisée C64, plusieurs leaders de l’opposition congolaise affichent leur refus catégorique de toute révision constitutionnelle ou report des élections en RDC.

    En République démocratique du Congo, l’opposition tente de parler d’une seule voix face aux spéculations autour d’un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi. Mardi 19 mai, plusieurs figures politiques ont officialisé à Kinshasa la création de la Coalition article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), une plateforme destinée à défendre le respect strict de la Constitution congolaise.

    Réunis dans la salle du collège Boboto, dans la commune de la Gombe, les opposants Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund ont lancé un message clair : « ni glissement ni changement ». À travers cette formule, les membres de la coalition rejettent à la fois toute idée de report des élections et toute modification de la Constitution susceptible de permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un nouveau mandat au-delà des limites prévues par la loi fondamentale.

    Dans leur déclaration commune, les signataires ont insisté sur la nécessité de préserver l’ordre constitutionnel et de garantir l’alternance démocratique. Ils affirment vouloir mobiliser les Congolais contre toute tentative qu’ils considèrent comme une menace pour la démocratie et les institutions du pays.

    La nouvelle coalition rassemble plusieurs figures connues de l’opposition congolaise. En exil, Moïse Katumbi et l’ancien Premier ministre Matata Ponyo Mapon figurent également parmi les soutiens annoncés du mouvement. En revanche, aucun rapprochement avec l’ancien président Joseph Kabila n’a été évoqué lors du lancement officiel.

    Cette initiative intervient dans un climat politique marqué par de fortes tensions et des débats récurrents autour de l’avenir institutionnel du pays. Pour les leaders du C64, l’objectif est désormais de fédérer les forces politiques et citoyennes autour de la défense de la Constitution et du calendrier électoral.

    À travers cette démonstration d’unité, l’opposition congolaise espère peser davantage dans le débat politique à l’approche des prochaines échéances électorales.

  • 𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭𝐢𝐚𝐧 𝐓𝐫𝐢𝐦𝐮𝐚 : 𝐖𝐨𝐥𝐚𝐧𝐝 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐕𝐞 𝐑𝐞́𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 ?

    𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭𝐢𝐚𝐧 𝐓𝐫𝐢𝐦𝐮𝐚 : 𝐖𝐨𝐥𝐚𝐧𝐝 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐕𝐞 𝐑𝐞́𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 ?

    La vérité peut-elle sortir de la bouche du diable ? Parfois, oui. Et c’est peut-être précisément ce qui rend l’article de M. Christian Trimua à la fois fascinant et troublant.

    En pleine dictature stalinienne, Mikhaïl Boulgakov a consacré plus de dix années à écrire son roman Le Maître et Marguerite (en anglais, The Master and Margarita). Dans cette œuvre, c’est le Diable, appelé Woland, qui révèle les corruptions morales et expose les lâchetés humaines de la société soviétique de l’époque.

    La vérité peut-elle sortir de la bouche du diable ? Parfois, oui. Et c’est peut-être précisément ce qui rend l’article de M. Christian Trimua à la fois fascinant et troublant. On a l’impression que Woland parle désormais à travers Christian Trimua, révélant l’anarchie qui règne en enfer depuis l’avènement de leur Ve République.

    L’article de Christian Trimua contient-il une critique réelle de la mécanique institutionnelle du système actuel ? Sans doute, oui : concentration du pouvoir autour du monarque – le Président du Conseil, neutralisation des contre-pouvoirs, désordre institutionnel. Sur ce point, nous ne pouvons pas réduire sa critique à une simple manœuvre politique. N’est-ce pas plutôt rare que ce régime reconnaisse lui-même ses propres incohérences et impasses? Si Woland ou l’un de ses serviteurs commence aujourd’hui à les conceptualiser, alors c’est déjà un aveu.

    Dans ma dernière vidéo, j’ai souligné que le véritable enjeu n’est pas de savoir qui parle –que ce soit Woland, un Iscariote ou un autre zélé du système –, mais ce qui est réellement dit. L’intention derrière l’article de M. Christian Trimua peut effectivement relever d’un stratagème politique. La lucidité demeure une règle d’or en politique, incontestablement. Mais sachons lire les aveux derrière les justifications. Pour ma part, les arguments avancés par l’auteur présentent des éléments suffisamment objectifs pour pouvoir être retournés contre le régime lui-même. Je ne peux m’empêcher de penser que son analyse offre une opportunité que l’opposition politique et le peuple togolais gagneraient à exploiter face aux prochaines manœuvres que prépare le régime, pour autant que celles-ci soient fondées.

    La méfiance et le soupçon – phénomènes certes fréquents dans les régimes autoritaires comme celui du Togo – ne doivent pas nous enfermer dans une simple déduction des intentions politiques, pendant que le Régime avance ses pions. Même lorsque Woland parle ou écrit, l’essentiel n’est pas seulement de deviner ses intentions, mais de comprendre ce que ses révélations dévoilent des contradictions internes du système.

    Finalement, même en enfer, il paraît qu’il faut parfois convoquer un juriste pour expliquer pourquoi les flammes montent. Mais ne comptons pas sur eux pour nous dire comment les éteindre. C’est précisément là que nous devons transformer ces longues flammes de l’enfer en énergie capable de galvaniser et de mobiliser le peuple Togolais qui attend sa délivrance.

    Dr Kossigan Cyrille Kokou-Kpolou

  • 𝐓𝐫𝐨𝐢𝐬 𝐝𝐚𝐭𝐞𝐬, 𝐮𝐧 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞́𝐥𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫

    𝐓𝐫𝐨𝐢𝐬 𝐝𝐚𝐭𝐞𝐬, 𝐮𝐧 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞́𝐥𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫

    La Constitution togolaise ne serait pas réellement parlementaire, mais organiserait la concentration du pouvoir autour d’un chef unique, au sein d’une continuité dynastique.

    𝐌𝐚𝐢 𝟐𝟎𝟐𝟒. 𝐌𝐚𝐢 𝟐𝟎𝟐𝟓. 𝐌𝐚𝐢 𝟐𝟎𝟐𝟔. 𝐓𝐫𝐨𝐢𝐬 𝐝𝐚𝐭𝐞𝐬, 𝐮𝐧 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞́𝐥𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫

    La nouvelle Constitution du Togo, promulguée en mai 2024, est entrée en vigueur en mai 2025 avec la Vè République. Présentée comme un tournant institutionnel, elle prétend instaurer un régime parlementaire. Mais un an plus tard, les discours fissurent le vernis.

    En mai 2025, Mme Essossimna Marguerite Gnakadé, ancienne ministre des Armées, appelle publiquement à un nouveau départ sans Faure Gnassingbé. Une rupture assumée. Un désaveu sans ambiguïté.

    En mai 2026, Christian Eninam Trimua, juriste et ancien pilier du régime, publie une analyse académique troublante : la Constitution togolaise ne serait pas réellement parlementaire, mais organiserait la concentration du pouvoir autour d’un chef unique, au sein d’une continuité dynastique. Les contre-pouvoirs ? Encadrés, limités, neutralisés.

    Coïncidence des dates ? Peut-être. Mais convergence des diagnostics, certainement.

    Deux voix issues du système. L’une rompt ouvertement. L’autre démonte méthodiquement et conceptuellement les fondements du pouvoir du régime.

    Faut-il y voir les signes répétés d’une fissure interne ? Une prise de conscience progressive ?

    Quand ceux qui ont servi commencent à dire – ou à écrire – ce que beaucoup dénoncent, une question s’impose : le système peut-il encore se maintenir sans se révéler lui-même ?

    L’histoire, parfois, commence par des aveux différés.

    Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou

  • Akassimé relance la contestation

    Akassimé relance la contestation

    Sous un soleil écrasant à Akassimé, l’opposition togolaise a retrouvé une foule, une voix et surtout l’espoir de relancer la bataille contre la 5e République.

    L’opposition togolaise a réussi son premier grand test de remobilisation. Réunis au sein du Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC), partis politiques et organisations de la société civile ont mobilisé une foule importante ce samedi 9 mai 2026 à Akassimé, à Lomé. Une démonstration de force qui redonne du souffle à une opposition que beaucoup disaient affaiblie depuis l’instauration de la 5e République.

    Dans une ambiance marquée par des chants, des slogans et des appels au changement, les responsables du CNCC ont salué une mobilisation au-delà de leurs attentes. Pour eux, ce meeting populaire marque le retour d’une contestation citoyenne autour des questions de démocratie, de gouvernance et de libertés publiques au Togo.

    Premier porte-parole du Front citoyen Togo debout (FCTD), David Dosseh n’a pas mâché ses mots. Selon lui, la 5e République représente une volonté de « monarchisation du pouvoir » destinée à perpétuer une même dynastie à la tête du pays. Il a dénoncé un système caractérisé, selon ses propos, par la corruption, la dégradation des services sociaux et l’absence de perspectives pour les populations.

    Mais au-delà des discours contre le régime, c’est surtout l’ampleur de la mobilisation qui semble avoir surpris les organisateurs eux-mêmes. « Nous n’espérions pas autant de monde », a reconnu le professeur Dosseh, allant jusqu’à présenter des excuses aux nombreuses femmes présentes pour le manque d’abris contre le soleil, les organisateurs ayant anticipé une affluence plus faible.

    Pour plusieurs observateurs, cette sortie du CNCC vient casser l’idée selon laquelle l’opposition togolaise serait totalement désorganisée ou incapable de mobiliser les citoyens. À Akassimé, les leaders ont voulu montrer que la contestation reste vivante et que le débat autour de la gouvernance du pays demeure profondément ancré dans une partie de l’opinion.

    Parmi les figures présentes figurait également Zeus Ajavon, dont la participation a été saluée par les militants. Les interventions ont porté sur plusieurs sujets d’actualité : détournements de deniers publics, nomination de militaires à des postes de préfets, difficultés sociales de la jeunesse, ainsi que les polémiques autour de la nouvelle Constitution.

    Cependant, le moment le plus marquant de ce rassemblement aura sans doute été le ton d’autocritique adopté par les différents responsables de l’opposition. Les leaders ont insisté sur la nécessité de mettre fin aux querelles internes qui ont longtemps fragilisé leur camp. Komi Wolou a ainsi appelé les opposants à éviter les attaques entre eux, estimant que ces divisions profitent davantage au pouvoir en place.

    Même tonalité chez Dodji Apevon, qui a exhorté les Togolais à rester unis et à accompagner leur engagement politique par la prière, convaincu que le combat pour l’alternance est aussi spirituel.

    Avec cette première démonstration de force à Akassimé, le CNCC semble avoir réussi à redonner confiance à une partie de l’opposition togolaise et à relancer le débat politique autour de la gouvernance du pays.


  • Opposition togolaise : le meeting du 9 mai autorisé

    Opposition togolaise : le meeting du 9 mai autorisé

    Dans une décision qui marque un tournant politique, le gouvernement togolais donne son feu vert au meeting de l’opposition prévu le 9 mai à Akassimé et charge les autorités locales d’en assurer la bonne tenue.

    Après plusieurs semaines de tensions autour des libertés publiques et des activités politiques au Togo, les partis de l’opposition viennent d’obtenir une autorisation officielle pour organiser leur manifestation à Lomé. Dans une note adressée au préfet du Golfe, le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, Awaté Hodabalo, donne son feu vert à la tenue d’un meeting politique prévu le samedi 9 mai 2026 à Akassimé, dans la commune du Golfe 4.

    Le document officiel, daté du 7 mai 2026 et signé par le ministre, précise que plusieurs formations politiques de l’opposition sont à l’initiative de cette rencontre d’échanges avec leurs militants sur la situation sociopolitique du pays. Il s’agit notamment de l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI), de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), des Forces Démocratiques pour la République (FDR) et du Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR).

    Dans cette correspondance administrative adressée au préfet du Golfe, le ministre ne se contente pas de notifier l’existence du meeting. Il demande explicitement aux autorités préfectorales de « prendre toutes les dispositions » nécessaires pour le bon déroulement de la manifestation. Une formulation qui est interprétée par plusieurs observateurs comme une reconnaissance officielle et sans ambiguïté de cette mobilisation politique.

    Cette décision apparaît comme un signal important dans un contexte où plusieurs activités politiques ou citoyennes ont récemment fait l’objet de restrictions, de reports ou de controverses. L’autorisation accordée à cette manifestation pourrait ainsi contribuer à décrisper l’atmosphère politique, alors que les débats autour des libertés de réunion et d’expression restent très sensibles au Togo.

    Selon la note ministérielle, le meeting se tiendra à partir de 14 heures sur le terrain d’Akassimé. Trois responsables politiques ont été désignés comme organisateurs principaux de la rencontre. Il s’agit de Kohan Kidékijimè Binafame des FDR, de Francis Pedro de l’ANC et d’Eklou Agbegninou du PSR. Le document mentionne également leurs contacts téléphoniques afin de faciliter la coordination avec les autorités administratives et sécuritaires.

    La démarche du ministère peut aussi être perçue comme une volonté d’encadrer légalement l’activité politique, tout en évitant d’éventuels débordements. En demandant au préfet de veiller à la bonne tenue du rassemblement, le gouvernement semble vouloir privilégier une approche de gestion concertée de cette mobilisation.

    Du côté de l’opposition, cette autorisation est susceptible de renforcer la détermination des militants et sympathisants qui voient dans cette décision une ouverture politique attendue. Le meeting du 9 mai s’annonce ainsi comme un rendez-vous politique majeur, à quelques jours seulement de sa tenue, dans une capitale où chaque mobilisation de l’opposition est particulièrement scrutée.

  • CAR : 35 ans de combat et d’alerte

    CAR : 35 ans de combat et d’alerte

    Trente-cinq ans après sa création, le CAR dresse un bilan sans concession de la démocratie togolaise et appelle à un sursaut politique pour sortir le pays de l’impasse.

    À l’occasion de son 35e anniversaire célébré le 30 avril 2026, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a livré une déclaration à la fois commémorative et critique, revenant sur plus de trois décennies de lutte politique au Togo. Fondé le 30 avril 1991 à l’initiative de feu Maître Yaovi Agboyibo et de ses compagnons, le parti s’était donné pour mission d’instaurer la démocratie par des moyens non violents, afin de garantir progrès et prospérité au peuple togolais.

    Dans un ton empreint de solennité, le CAR a d’abord rendu hommage à ses militants disparus, saluant la mémoire de ceux qui ont « combattu sur le champ d’honneur ». Le parti rappelle ensuite la longueur et la difficulté de son engagement en faveur de l’alternance démocratique, reconnaissant avec amertume que cet objectif n’a toujours pas été atteint. « Nous aurions aimé être comptés parmi les pays ayant connu plusieurs alternances », regrette la déclaration.

    Malgré ce constat, le CAR met en avant plusieurs acquis démocratiques obtenus grâce à son combat, notamment l’introduction du bulletin unique, la carte d’électeur biométrique ou encore la loi sur la décentralisation. Le parti souligne également le rôle joué par son président fondateur dans la recherche du dialogue politique, notamment à travers les accords des « 22 engagements » et l’Accord politique global (APG), destinés à favoriser le vivre-ensemble.

    Cependant, le tableau dressé de la situation actuelle du pays se veut particulièrement sombre. Le CAR dénonce une dégradation continue du climat sociopolitique et critique la gestion du pouvoir en place. Selon le parti, la célébration de l’indépendance, censée symboliser l’unité nationale, serait aujourd’hui détournée à des fins partisanes, excluant les formations politiques jugées critiques.

    Le mouvement pointe également du doigt des pratiques de gouvernance qu’il qualifie de préoccupantes, évoquant des soupçons de corruption et de mauvaise gestion des finances publiques. Il s’interroge notamment sur des mécanismes opaques de collecte et d’utilisation des taxes, appelant à plus de transparence. Le CAR demande ainsi un audit de la gestion financière des 117 communes entre 2019 et 2025 et exhorte le ministère de l’Économie et des Finances à apporter des éclaircissements.

    Dans le même élan, le parti propose des mesures concrètes pour soulager les populations, telles que l’exonération des taxes de péage pour les motos, largement utilisées par les couches populaires. Il invite également le gouvernement à lutter contre l’évasion fiscale plutôt que de recourir systématiquement à l’endettement.

    S’adressant directement aux citoyens, le CAR dresse un bilan sévère de ces 35 années, évoquant « espoirs déçus », « rêves non réalisés » et « avenir hypothéqué ». Le parti appelle néanmoins à un sursaut collectif, symbolisé par le choix entre deux voies : celle de la division, décrite comme facile mais destructrice, et celle de l’effort, de la solidarité et du patriotisme, jugée plus exigeante mais porteuse d’avenir.

    Enfin, le CAR réaffirme sa conviction que la cogestion du pouvoir constitue une condition essentielle pour garantir des élections crédibles et sortir le pays de l’impasse politique. En ce jour anniversaire, il formule le vœu que la nouvelle génération togolaise ne soit plus sacrifiée et que le Togo puisse enfin réaliser son potentiel.

  • Togo : “60 ans de dictature, 60 ans de misère”, l’opposition dénonce et appelle à un sursaut national

    Togo : “60 ans de dictature, 60 ans de misère”, l’opposition dénonce et appelle à un sursaut national

    Une conférence-débat à forte portée politique s’est tenue dans l’après-midi de ce mercredi 29 avril au siège de la CDPA à Lomé, réunissant plusieurs forces de l’opposition togolaise, notamment la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), la Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP), la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) et le Front « Touche Pas à Ma Constitution ». Le thème retenu, « 60 ans de dictature, 60 ans de misère : le peuple togolais dit ça suffit ! », a donné le ton d’un échange particulièrement critique à l’égard du pouvoir en place.

    Dans leurs interventions, les responsables politiques et militants présents ont dressé un tableau sombre de la situation socio-politique du Togo, qu’ils estiment marqué par des décennies de gouvernance autoritaire, de restrictions des libertés publiques et de difficultés économiques persistantes. Selon eux, le pays serait entré dans un cycle de gouvernance verrouillée depuis plus de six décennies, empêchant toute alternance démocratique véritable.

    Les organisateurs de la rencontre ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « confiscation de la souveraineté populaire » et ont appelé à une prise de conscience nationale face à la situation actuelle. Ils estiment que les réformes politiques récentes n’ont pas répondu aux aspirations profondes des populations, notamment en matière de justice sociale, de respect des droits humains et de participation citoyenne.

    Au cours de la conférence, plusieurs intervenants ont également évoqué les cas de répression présumée contre des militants et acteurs de la société civile. Ils ont insisté sur la nécessité de garantir les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et de manifestation, qu’ils jugent de plus en plus fragilisées.

    Les différentes organisations présentes ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur coordination commune afin de « parler d’une seule voix » face aux défis politiques actuels. Elles ont appelé la jeunesse togolaise à s’impliquer davantage dans la vie publique et à refuser la résignation.

    Enfin, les conférenciers ont lancé un appel à la communauté internationale pour une attention accrue à la situation politique du Togo, estimant que la stabilité durable ne peut être obtenue sans dialogue inclusif et sans réformes profondes du système politique.

    La rencontre s’est achevée sur un message de mobilisation générale, les participants affirmant que « le peuple togolais a droit à un avenir de dignité, de liberté et de prospérité ».

  • Au Togo, un réquisitoire sévère contre le discours du 27 avril

    Au Togo, un réquisitoire sévère contre le discours du 27 avril

    Une coalition d’acteurs politiques et citoyens dénonce un discours présidentiel jugé déconnecté et appelle à une rupture urgente face à la crise politique et sociale au Togo.


    Dans une déclaration conjointe rendue publique le 28 avril 2026 à Lomé, plusieurs organisations politiques et citoyennes ont vivement critiqué le discours prononcé par le président Faure Gnassingbé à l’occasion de la fête de l’indépendance. Le document, signé notamment par Thomas Kokou Nsoukpoe, Sambiri Targone, Tchagnaou Ouro-Akpo et Nathaniel Olympio, dresse un constat sans concession de la gouvernance actuelle et appelle à une rupture politique immédiate.

    Discours jugé déconnecté

    Les auteurs de la déclaration dénoncent un discours « surréaliste », éloigné des réalités quotidiennes des Togolais. Selon eux, l’intervention présidentielle du 27 avril 2026 s’apparente davantage à un exposé académique qu’à une véritable adresse à la nation. Ils regrettent surtout l’absence d’un bilan clair après plus de deux décennies de pouvoir.

    Pour ces organisations, ce discours traduit l’essoufflement d’un régime incapable de répondre aux attentes de la population. Elles estiment que les propos du chef de l’État, bien que soignés sur la forme, ne parviennent pas à masquer les difficultés croissantes auxquelles font face les citoyens.

    21 ans de pouvoir sans résultats

    Le communiqué insiste sur ce qu’il qualifie de « vide comptable » après 21 ans de gouvernance. Les signataires reprochent au président d’avoir évité toute reddition de comptes, préférant des discours généraux à une évaluation concrète des politiques publiques.

    Ils évoquent une économie fragilisée, marquée par une dette croissante et une corruption persistante. Cette situation aurait, selon eux, contribué à accentuer les inégalités et à maintenir une grande partie de la population dans la précarité.

    Crise sociale

    Les auteurs dressent un tableau préoccupant des conditions de vie au Togo. Ils pointent notamment les difficultés d’accès aux soins, devenus inabordables pour de nombreux citoyens, ainsi que les pénuries d’électricité et d’eau potable, y compris dans les grandes villes.

    Le système éducatif est également critiqué pour son manque d’infrastructures et de moyens. À cela s’ajoute le désarroi d’une jeunesse qui, selon le document, voit son avenir compromis et envisage de plus en plus l’exil.

    Le communiqué évoque également des atteintes aux libertés, affirmant que certains citoyens seraient emprisonnés ou contraints à l’exil en raison de leurs opinions politiques.

    5è République toujours contestée

    Un autre point central de la déclaration concerne le passage à la 5e République. Les signataires y voient une « fuite en avant institutionnelle » destinée à prolonger le pouvoir en place.

    Ils estiment que cette réforme, imposée sans véritable consensus, ne répond en rien aux défis politiques et sociaux du pays. Au contraire, elle renforcerait, selon eux, une concentration du pouvoir et éloignerait davantage les citoyens des processus décisionnels.

    Rejet du dialogue proposé

    Les organisations rejettent également l’idée d’un dialogue évoqué dans le discours présidentiel. Elles considèrent cette initiative comme une manœuvre visant à consolider le pouvoir plutôt qu’à engager de véritables réformes.

    Face à cette situation, elles appellent à une « transition inclusive » comme seule issue pacifique à la crise politique actuelle. L’objectif serait d’éviter des tensions majeures et de poser les bases d’un nouveau départ pour le pays.

    Appel à la mobilisation

    En conclusion, les signataires lancent un appel direct au peuple togolais. Ils exhortent les citoyens à sortir de leur silence et à s’engager pour un changement profond.

    La déclaration, portée par la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), le parti Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et le mouvement « Touche Pas A Ma Constitution », se veut un signal fort.

    À travers les signatures de Thomas Kokou Nsoukpoe, Sambiri Targone, Tchagnaou Ouro-Akpo et Nathaniel Olympio, ce texte s’inscrit dans une volonté affichée de mobilisation collective pour un avenir politique différent au Togo.

  • Togo : stabilité, réformes et ambitions renouvelées

    Togo : stabilité, réformes et ambitions renouvelées

    À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance, Faure Essozimna Gnassingbé a livré un discours centré sur l’unité nationale et l’accélération des réformes. Entre bilan des avancées et appel à l’engagement collectif, le chef de l’exécutif trace les contours d’un Togo résolument tourné vers la transformation durable.

    À l’occasion de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Togo, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a prononcé ce lundi 27 avril 2026 un discours solennel marqué par un appel à la cohésion nationale, à la poursuite des réformes et à l’engagement collectif pour un développement durable.

    Dans une allocution à forte portée symbolique, le chef de l’exécutif a d’abord rendu hommage aux pères de l’indépendance, saluant leur courage et leur vision qui continuent d’inspirer la nation togolaise. Il a insisté sur la nécessité de préserver cet héritage en consolidant la paix, la stabilité et l’unité nationale, qu’il a qualifiées de « socle indispensable » à toute ambition de progrès.

    Sur le plan économique, Faure Gnassingbé a mis en avant les avancées enregistrées ces dernières années, notamment en matière d’infrastructures, d’agriculture et d’inclusion sociale. Il a toutefois reconnu que des défis subsistent, appelant à une accélération des réformes structurelles pour renforcer la résilience de l’économie togolaise face aux chocs extérieurs. L’accent a été particulièrement mis sur la transformation agricole, présentée comme un levier stratégique pour la création d’emplois et la sécurité alimentaire.

    Le Président du Conseil a également évoqué les efforts du gouvernement en faveur de la jeunesse, soulignant l’importance de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’entrepreneuriat. Il a exhorté les jeunes à faire preuve d’innovation et de responsabilité, tout en assurant que des mécanismes seront renforcés pour accompagner leurs initiatives.

    Sur le plan social, le discours a mis en lumière les politiques de protection sociale en cours, avec une attention particulière portée aux populations vulnérables. Faure Gnassingbé a réaffirmé sa volonté de poursuivre les actions visant à améliorer l’accès aux services de base, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation.

    Enfin, le chef de l’État a abordé la question sécuritaire dans un contexte régional marqué par des menaces persistantes. Il a salué l’engagement des forces de défense et de sécurité, tout en appelant à une vigilance collective et à une coopération accrue avec les partenaires internationaux.

    En conclusion, Faure Gnassingbé a invité les Togolais à faire preuve de patriotisme et de solidarité, réaffirmant que « l’avenir du Togo repose sur la capacité de chacun à contribuer, à son niveau, à l’édification d’une nation prospère et inclusive ».

  • Un mort, une disparition et un exil…

    Un mort, une disparition et un exil…

    Entre engagement citoyen, tensions à la Croix-Rouge togolaise, porté disparu et décès inexpliqués de certains de ses camarades et membres du groupe des cinq, le porte-parole Lawson Laté Mawulé doit-il craindre son retour au pays, s’interroge son entourage.

    Depuis plusieurs années, le nom de Lawson Laté Mawulé est associé aux milieux de l’activisme politique togolais, notamment aux mouvements proches de l’opposition. Aujourd’hui installé hors du Togo, son entourage affirme qu’il redoute un retour dans son pays natal, craignant de subir le même sort que son ancien camarade Daniel Kossi Afantchao, décédé en mars 2020 dans des circonstances qui continuent d’alimenter des interrogations.

    L’histoire remonte à 2019, alors que Lawson Laté Mawulé et plusieurs jeunes volontaires de la Croix-Rouge togolaise (CRT) entretenaient des relations particulièrement tendues avec Gavlo Gaméli, qui assurait alors la présidence par intérim de l’institution.

    Aux côtés de Julien Kodjo, Dodji Adjina, Paul Kpodar et Daniel Kossi Afantchao, Lawson Laté Mawulé faisait partie d’un groupe de jeunes qui dénonçaient, selon leurs propres témoignages, des dysfonctionnements au sein de l’organisation. Ils évoquaient notamment des pratiques qu’ils assimilaient au népotisme, à la corruption et à une mauvaise gouvernance interne.

    Selon plusieurs récits relayés ultérieurement dans la presse, notamment une publication du journal Actu Bilan du 2 novembre 2022, une rencontre particulièrement tendue se serait tenue le 10 septembre 2019 entre ces volontaires et Gavlo Gaméli. Lawson Laté Mawulé, désigné comme porte-parole de la délégation, aurait exposé une série de griefs portant sur le fonctionnement de la Croix-Rouge togolaise.

    Les participants à cette réunion ont, par la suite, affirmé avoir reçu des menaces. Ces déclarations n’ont toutefois jamais fait l’objet, à ce jour, d’une décision judiciaire publique établissant les responsabilités des uns et des autres.

    Les jeunes concernés soutenaient également que leur engagement politique, notamment leur proximité avec des activités de l’opposition dans leurs quartiers respectifs, aurait contribué à les exposer davantage.

    Quelques jours après cette rencontre, une succession d’événements troublants aurait marqué ce groupe de volontaires.

    Le cas de Dodji Adjina demeure particulièrement préoccupant. Selon les témoignages rapportés à l’époque, le jeune homme aurait quitté son domicile le 15 septembre 2019 avant de ne plus donner signe de vie. Sa disparition aurait profondément marqué ses proches et ses camarades.

    Deux semaines plus tard, le 30 septembre 2019, Lawson Laté Mawulé affirme avoir lui-même échappé à une tentative d’interpellation par des individus en civil alors qu’il regagnait son domicile. Cet épisode l’aurait finalement conduit à quitter le pays pour des raisons de sécurité.

    Mais c’est surtout le décès de Daniel Kossi Afantchao qui va attirer l’attention de l’opinion publique.

    Le 18 mars 2020, ce volontaire de la Croix-Rouge togolaise décède dans des circonstances qui n’ont jamais cessé de susciter des interrogations. La faible mobilisation de certains de ses anciens camarades lors des obsèques aurait poussé sa famille à chercher à comprendre les raisons d’un tel éloignement.

    Au fil des témoignages recueillis par plusieurs médias, l’existence des tensions antérieures entre ces jeunes volontaires et les responsables de la Croix-Rouge togolaise a commencé à émerger dans le débat public.

    Plus de six ans après ces événements, Lawson Laté Mawulé demeure à l’étranger. Sur les réseaux sociaux et dans certaines de ses prises de parole, il explique vivre avec la conviction qu’un retour au Togo pourrait mettre sa vie en danger.

    Cette crainte repose essentiellement sur sa lecture des événements qui ont touché ses anciens camarades, notamment la mort de Daniel Kossi Afantchao et la disparition signalée de Dodji Adjina.

    L’affaire subit un nouveau rebondissement quand l’un des membres du groupe des cinq, Paul Kpodar, exilé depuis 2019 au Bénin, revient au pays, croyant que cette histoire était terminée, en novembre 2025. Cependant, la peur n’avait pas disparu ; elle était seulement silencieuse.

    Le 2 février 2026, tard dans la nuit, une voiture non immatriculée avec des individus cagoulés l’a intercepté au moment où il rentrait chez lui.

    Les témoins ont affirmé qu’ils l’ont battu pendant des heures et l’ont laissé agonisant, dans la douleur. Il a rendu l’âme sur le chemin de l’hôpital.

    Comme un avertissement à tous ceux qui pensent que l’exil peut effacer les ennemis.

    Toutefois, en l’absence des conclusions d’une enquête judiciaire publique établissant un lien formel entre ces différents faits, plusieurs zones d’ombre persistent.

    Cette affaire illustre surtout la nécessité de faire toute la lumière sur des événements qui continuent d’alimenter les inquiétudes de certains acteurs de la société civile et des milieux politiques togolais.

    Au-delà des divergences politiques, les observateurs estiment qu’une clarification officielle des circonstances entourant la disparition de Dodji Adjina, le décès de Daniel Kossi Afantchao et les allégations de menaces formulées par leurs anciens camarades contribuerait à apaiser les tensions et à rétablir la confiance.

    Car, en matière de droits humains et de protection des citoyens, seule une enquête indépendante, transparente et crédible est en mesure de transformer des soupçons persistants en vérités établies.

Radio Renouveau228

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