Catégorie : Politique

  • Au Gabon, coupure des réseaux sociaux, Oligui Nguema sous pression

    Au Gabon, coupure des réseaux sociaux, Oligui Nguema sous pression

    Les autorités ont décidé de suspendre l’accès aux réseaux sociaux dans tout le pays, une mesure brutale qui illustre l’ampleur de la pression politique et sociale que connaît actuellement le président Brice Clotaire Oligui Nguema.

    Cette décision, annoncée par la Haute Autorité de la Communication (HAC), intervient dans un contexte de mécontentement populaire croissant et de contestation sociale.

    Dans un communiqué lu à la télévision publique, la HAC a justifié cette suspension « jusqu’à nouvel ordre » en affirmant que certains contenus diffusés sur les plateformes numériques étaient susceptibles de provoquer des « dérives conflictogènes », de porter atteinte à la stabilité des institutions et de menacer la cohésion nationale. L’autorité de régulation a pointé du doigt la circulation de messages jugés diffamatoires, haineux ou insultants, ainsi que des informations considérées comme fausses ou non modérées.

    Cette coupure des réseaux sociaux intervient au moment où le pays est secoué par une vague de grèves et de mouvements sociaux, notamment chez les enseignants et certains employés publics, qui dénoncent des conditions de travail difficiles, des salaires jugés insuffisants et un manque de dialogue avec le gouvernement. Selon plusieurs sources, ces mouvements de protestation se sont étendus depuis janvier et février 2026, reflétant une montée du mécontentement populaire envers la gouvernance du chef de l’État.

    La décision de restreindre l’accès à ces plateformes numériques suscite de fortes critiques, surtout de la part des défenseurs de la liberté d’expression. Ces réseaux sont depuis longtemps l’un des principaux moyens pour les citoyens et les opposants de partager des informations, de s’organiser et de critiquer les politiques du gouvernement. Leur suspension risque d’isoler davantage la population et d’alimenter la colère contre l’exécutif gabonais.

    Si les autorités affirment vouloir préserver la paix sociale, beaucoup y voient une tentative de museler la contestation et de limiter l’accès à l’information en période de tensions. Cette mesure intervient à peine quelques mois après une année marquée par la fin de la période de transition et l’élection de Brice Clotaire Oligui Nguema à la présidence, avec des résultats largement contestés par certains partis et observateurs, malgré des chiffres officiels très favorables à l’actuel chef de l’État.

    Dans un climat où la liberté d’expression est déjà sous pression, cette suspension des réseaux sociaux est perçue par de nombreux analystes comme un signe supplémentaire des difficultés politiques et sociales auxquelles fait face le pouvoir gabonais. Elle pose également de sérieuses questions sur l’avenir de l’espace public numérique et sur la capacité du gouvernement à gérer les frustrations croissantes sans recourir à des restrictions drastiques.

  • Burkina: l’ex-putschiste Damiba arrêté au Togo et expulsé

    Burkina: l’ex-putschiste Damiba arrêté au Togo et expulsé

    L’ancien président de la transition au Burkina Faso, l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, renversé en 2022, et accusé d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch dans son pays natal, a été arrêté au Togo, où il était en exil, et expulsé.

    M. Damiba avait pris le pouvoir en janvier 2022 dans un putsch contre le président élu de l’époque, Roch Kaboré, avant d’être à son tour renversé neuf mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré, toujours au pouvoir.

    Parti en exil au Togo, il est régulièrement accusé par la junte de Ouagadougou d’être le cerveau de plusieurs tentatives de putsch, la dernière au début du mois.

    Selon un de ses proches, M. Damiba a été arrêté la semaine dernière à Lomé et jugé pour “tentative de déstabilisation” au Burkina avant d’être conduit à l’aéroport.

    Une source sécuritaire régionale et une source togolaise proche du dossier ont confirmé ces informations.

    Sa destination était inconnue, mais certaines sources évoquent une probable expulsion vers le Burkina Faso.

    Ni les autorités de Ouagadougou ni celles de Lomé n’ont communiqué lundi sur ce sujet.

    Fin 2024, le capitaine Traoré avait dit “espérer” l’extradition de M. Damiba, qui a été radié de l’armée à cette même époque pour “intelligence avec une puissance étrangère ou avec des groupes terroristes” visant à déstabiliser le Burkina.

    Depuis sa prise de pouvoir, la junte du capitaine Traoré annonce régulièrement avoir déjoué des tentatives de déstabilisation, et accuse régulièrement M. Damiba.

    Peine de mort

    Le 3 janvier, “était prévue une action de déstabilisation du pays (…) par une série d’assassinats ciblés des autorités civiles et militaires en commençant par la neutralisation du camarade capitaine Ibrahim Traoré”, avait affirmé quelques jours après cette date le ministre de la Sécurité Mahamadou Sana à la télévision d’Etat.

    Quatre jours durant, ces allégations ont été soutenues par une série d’”aveux” de complices présumés, égrenés chaque soir à la télévision d’Etat. Ils affirmaient tous avoir agi sur instruction de M. Damiba.

    En avril 2025, le Burkina avait arrêté une dizaine d’officiers et de sous-officiers.

    Et en septembre 2024, Paul-Henri Sandaogo Damiba avait été présenté comme le chef du “volet militaire d’un vaste complot”, déjoué.

    Le Burkina Faso a rétabli récemment la peine de mort, notamment pour les crimes de haute trahison.

    Lors de sa prise de pouvoir, le capitaine Traoré avait promis de rétablir la sécurité en quelques mois.

    Le pays reste empêtré dans une situation sécuritaire très délicate, avec des violences jihadistes qui font des milliers de morts dans de larges pans de son territoire.

    Le capitaine Traoré mène une politique souverainiste et anti-impérialiste, particulièrement hostile à l’ancienne puissance coloniale française, dont il a chassé les soldats présents pour lutter contre les jihadistes début 2023.

    Il s’est tourné vers de nouveaux partenaires à commencer par ses voisins, le Niger et le Mali confrontés aux mêmes violences jihadistes et gouvernés également par des juntes militaires.

    Ensemble, ils se sont notamment rapprochés de la Russie et ont formé une confédération, l’Alliance des Etats du Sahel (AES).

    Ils ont quitté la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao) dont fait toujours partie le Togo.

    Lomé entretient de bonnes relations avec les pays de l’AES et occupe une position stratégique grâce à son accès à la mer dont les trois pays sahéliens sont privés.

    Source: https://information.tv5monde.com

  • Laurent-Désiré Kabila assassiné il y a 25 ans

    Laurent-Désiré Kabila assassiné il y a 25 ans

    Il y a 25 ans, jour pour jour, Laurent-Désiré Kabila, le président de la République démocratique du Congo, était assassiné dans son bureau au Palais de Marbre à Kinshasa.

    C’était le 16 janvier 2001. Il a été abattu par son garde du corps, Rashidi Kasereka, un ancien enfant-soldat, qui a été tué à son tour par Eddy Kapend, l’aide de camp de Kabila . Kabila, surnommé “Mzee” (le sage en swahili), était un héros national pour certains, mais un dictateur pour d’autres.

    En effet, il avait pris le pouvoir en 1997, mettant fin à la dictature de 32 ans de Mobutu Sese Seko. Cependant, son régime était marqué par la corruption, la répression et les échecs économiques.

    L’assassinat de Kabila a été suivi d’une période de confusion et de rumeurs, et ce n’est que deux jours plus tard, le 18 janvier 2001, que le gouvernement congolais a officiellement annoncé sa mort. Son fils, Joseph Kabila, lui a succédé à la présidence. Ce dernier a dirigé la RDC pendant presque deux décennies avant de permettre l’alternance ayant porté au pouvoir Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

  • Au Togo, un collectif d’opposants appelle “à la mobilisation” contre le pouvoir

    Au Togo, un collectif d’opposants appelle “à la mobilisation” contre le pouvoir

    Au cours d’une conférence animée début janvier, un collectif d’opposants rappelle aux Togolais que “L’histoire retient ceux qui, malgré la peur, ont choisi de rester debout pour défendre leurs droits et ceux des générations futures”.

    CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE – DECLARATION LIMINAIRE – LOME 5 JANVIER

    2026

    CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE

    5 JANVIER 2026

    DÉCLARATION LIMINAIRE

    Le pompier pyromane

    L’art de mettre le feu volontairement, puis de détourner subtilement l’attention de l’opinion en se présentant comme celui qui éteint l’incendie, est une pratique bien connue des grands manipulateurs.

    C’est à ce scénario cynique que les Togolais assistent depuis le 31 décembre dernier.

    Sous la pression des Togolais, épaulés par les organisations internationales des droits humains et des Rapporteurs spéciaux des Nations Unies, également soutenus par des partenaires, Faure Gnassingbé s’est enfin résolu à libérer certains détenus politiques. C’est un grand soulagement pour les familles.

    Nous remercions chaleureusement tous ceux qui ont contribué à cette vague de libération par leurs efforts, d’une manière ou d’une autre, parfois discrets mais de grande efficacité.

    De nombreuses figures incarnant la souffrance, la violence et l’injustice subies par les Togolais ont été libérées ces derniers jours, après la maladie et la grève de la faim pour certains. Sans pouvoir donner une liste exhaustive, Grâce Koumayi, Amavi Katanga, Chimène Apevon, Abevi Adboul Razak, Ouattara Fadel, Foly Satchivi, Affectio, Dora Djougbedzi, Koffi Ostache Missodé en font partie.

    Nous saluons la libération des détenus politiques. Nous leur rendons un hommage appuyé et nous nous inclinons humblement devant la mémoire de tous ceux qui ont perdu la vie en prison. Ils sont tous des héros !

    Cependant, en gardant la lucidité, cet acte, présenté par le régime comme un geste d’apaisement, ressemble fortement à une attitude d’un pompier pyromane. Et cela est très cynique.

    En effet, tous les Togolais savent que ceux qui ont bénéficié de cette libération n’auraient jamais dû être privés de liberté, ils n’auraient jamais dû souffrir le martyre qu’on leur a infligé, parce qu’ils sont innocents. Ces personnes ont été abusivement arrêtées, injustement jetées en prison, horriblement maltraitées, parfois carrément torturées et même violées, du simple fait de leurs opinions politiques.

    C’est révoltant !

    Beaucoup de nos compatriotes sont encore privés de liberté ou gardés dans la souffrance des prisons aux conditions inhumaines, à l’exemple de Marguerite Gnakadé, Jean-Paul Oumolou, Kpatcha Gnassingbé, Alles ATTI. Près de 70 détenus politiques attendent impatiemment d’être libérés. Ils doivent être libérés !

    Dans ce contexte, une réelle volonté d’apaisement devrait se manifester par la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus politiques, sans aucune exception.

    Toutefois, cela ne saurait suffire, parce qu’il y a beaucoup d’autres préoccupations urgentes à satisfaire.

    En effet, par sa gouvernance, le régime de Faure Gnassingbé a jeté de nombreux Togolais sur la redoutable route de l’exil politique. Il est donc impératif que chaque Togolais retrouve la terre de ses aïeux, sans être inquiété par des menaces, des intimidations, des arrestations ou des enlèvements.

    La libération de tous les détenus politiques et le retour au pays de tous les exilés politiques, sont intimement liés et constituent des actes majeurs, d’une priorité absolue, à poser immédiatement par Faure Gnassingbé.

    Ce serait alors un premier signal fort de bonne volonté adressé aux Togolais.

    Sur le coût de la vie

    En ce début d’année, les Togolais continuent d’avoir faim, et aucune perspective ne se présente pour entretenir l’espoir d’une amélioration.

    Les Togolais attendent donc légitimement bien plus que la distribution ponctuelle de 25.000 francs CFA par le gouvernement, à quelques-uns des plus fragiles, avec le programme Novissi. Les Togolais veulent des mesures fortes qui viennent soulager dans la durée, la vie quotidienne des familles. La baisse du coût des produits de première nécessité, notamment, permettrait à la population de démarrer l’année avec moins de stress. Le Togo a les moyens de prendre une telle décision au profit de tous.

    Contrairement à cela, c’est le risque d’augmentation du tarif de l’électricité, de l’eau et d’autres taxes qui pendent au nez des Togolais. Aucun Togolais ne l’acceptera, surtout dans les conditions actuelles.

    Alors que les Togolais attendaient l’annonce de solutions à leurs difficultés de vie, le discours de fin d’année de Faure Gnassingbé se fonde sur des déclarations tapageuses sans lendemain, des rhétoriques mielleuses sans effet et des promesses réitérées depuis 20 ans sans concrétisation. Il a notamment déclaré :

    « Nous allons changer de méthode, faire vivre autrement notre démocratie, ouvrir un nouveau chapitre, sans casser ce que nous avons construit. Pour cela, j’ai fixé au gouvernement trois priorités simples : Protéger, Rassembler, Transformer. »

    Non, Monsieur Faure Gnassingbé, les Togolais ne sont pas protégés. Et ils ne se sentent pas protégés, surtout lorsque plusieurs des leurs sont emprisonnés pour leurs opinions et que certains perdent la vie à cause de la torture qu’ils subissent en détention. Comment se sentir protégé, quand on est tenaillé par la faim et que des jeunes sont tués dans les manifestations pacifiques ?

    Non, Monsieur Faure Gnassingbé, vous ne rassemblez pas les Togolais. Vous ne rassemblez pas parce que vous dressez les uns contre les autres. Vous justifiez et vous encouragez la création de milices que vous et vos ministres qualifiez de « groupes d’autodéfense ». Comment pouvez-vous rassembler autour d’un idéal commun, lorsque vous remplacez la Constitution en méprisant l’avis de la grande majorité des citoyens ?

    Non, Monsieur Faure Gnassingbé, vous ne transformez pas le Togo. Depuis 20 ans le Togo est

    pratiquement figé. Vous n’avez vendu que le discours usé de la paix, en oubliant les réalisations

    d’hôpitaux, d’universités, de complexes sportifs et d’infrastructures routières. A l’heure où nous parlons, une grande partie de la ville de Kara manque cruellement d’eau potable depuis plusieurs mois, comme dans beaucoup d’autres régions d’ailleurs. L’énergie, vitale pour les ménages et les entreprises, est de mauvaise qualité, quand elle est disponible. Est-ce cela la transformation dont vous parlez ?

    Enfin, en privant les Togolais du droit de choisir le Président de la République par un suffrage universel direct, vous avez délibérément cassé ce que nous avons construit, exactement le contraire de ce que vous affirmez. Rendez-nous notre Constitution !

    Vous déclarez également dans votre discours de fin d’année : « On ne protège pas un pays seulement avec les armes. On le protège en donnant à chacun une vie digne, en donnant une place à sa jeunesse, en évitant que la pauvreté, l’exclusion ou la colère ne deviennent des terreaux de la violence. »

    Cette phrase est belle à entendre, pour ceux qui vous écoutent pour la première fois, parce que pour les Togolais qui vous pratiquent depuis deux décennies, la réalité est différente.

    Où est donc la vie digne, quand torture et viol restent impunis ? La jeunesse à laquelle vous vous adressez ne vous croit pas. Elle ne vous croit plus, parce que vous la pourchassez, avec des mandats d’arrêts internationaux, vous la confinez dans la pauvreté, avec le manque d’emploi, la corruption galopante et l’impunité qui l’encourage, vous l’excluez des grands enjeux de la Nation et vous la mettez en colère en la privant de liberté et en exerçant répression et violence sur elle.

    Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, les Togolais sont impatients de connaitre la fin de votre régime, la fin de la dictature. Vous le savez, c’est pourquoi vous instaurez un climat de terreur.

    Mais, un peuple porté par la soif de liberté ne peut pas être pétrifié durablement par la terreur.

    C’est pourquoi, nous, signataires de cette déclaration liminaire, appelons les Togolais :

    • à ne pas courber l’échine et à persévérer dans la lutte pour leur dignité et pour leur liberté ;

    • à surmonter la peur légitime, afin de revendiquer leurs droits fondamentaux ;

    • à s’armer de courage pour affronter les défis que leur oppose le régime.

    Nous demandons également aux combattants de la liberté :

    • d’être vigilants, de sortir des sentiers battus et surtout de se préparer à de nouvelles formes de lutte, en tenant compte des contraintes que le pouvoir de Faure Gnassingbé nous impose ;

    • de renforcer la collaboration entre les différents acteurs sur le terrain et dans la diaspora ;

    • de continuer à combattre le coup d’Etat constitutionnel de la Vème République et à œuvrer pour les valeurs démocratiques.

    Appel à la mobilisation

    Le Togo que nous voulons construire est une Nation où chaque citoyen peut exprimer librement ses opinions sans craindre l’arbitraire. Une Nation où la justice constitue un droit et non un privilège, dans un environnement où les opportunités sont ouvertes à tous. Une Patrie où la dignité humaine forme le socle inébranlable de la République et du vivre-ensemble harmonieux. Le citoyen doit retrouver sa place centrale dans les politiques publiques.

    À nos concitoyens togolais : L’histoire retient ceux qui, malgré la peur, ont choisi de rester debout pour défendre leurs droits et ceux des générations futures.

    « Un peuple qui reste silencieux devant l’injustice est complice de sa propre servitude. Aujourd’hui, refusons d’être complices. »

    Pour la

    DMK – ORIGINALE

    Dynamique Monseigneur Kpodzro

    Thomas Kokou NSOUKPOE

    Superviseur Général

    Pour la

    DMP, Dynamique pour la Majorité du Peuple

    Sambiri TARGONE

    Coordonnateur

    Pour le

    LDP, Lumière pour le Développement dans la Paix

    Tchagnaou OURO-AKPO

    Président

    Pour le front

    « Touche Pas A Ma Constitution »

    Nathaniel OLYMPIO

    Premier Porte-Parole

  • Au Togo, une répression silencieuse étouffe les voix dissidentes

    Au Togo, une répression silencieuse étouffe les voix dissidentes

    La réforme constitutionnelle d’avril 2024, qui a permis à l’ex-président Faure Gnassingbé d’obtenir la présidence du conseil, sans limitation de mandat, avait provoqué une vague de contestation au printemps. Face à la dureté de la répression du gouvernement, les opposants ont cessé leur mobilisation.

    La date avait été choisie pour perturber l’ouverture du 9e Congrès panafricain, organisé à Lomé. Lundi 8 décembre, les Togolais étaient appelés à descendre dans la rue pour protester contre le pouvoir de Faure Gnassingbé, à la tête du pays depuis vingt ans. Depuis plusieurs semaines, des relais du Mouvement du 6 juin (M66) – majoritairement composé d’influenceurs de la diaspora – exhortaient, sur TikTok, la population à relancer la contestation qui avait éclaté au printemps.

    A Bè, quartier populaire du sud-est de la capitale, un important dispositif de sécurité était déployé. Mais les forces de l’ordre n’ont pas eu à intervenir. Personne n’est sorti manifester. La répression mise en œuvre par les autorités depuis six mois contre toute personne impliquée dans la contestation, qui avait fait sept morts, selon les organisations de la société civile – cinq selon le gouvernement, qui évoque des « noyades » –, semble avoir eu raison de la mobilisation des Togolais.

    Et étouffé le mouvement de colère apparu après la réforme constitutionnelle d’avril 2024. Celle-ci a permis à Faure Gnassingbé de passer de la présidence de la République à la présidence du…

    La suite sur lemonde.fr/afrique

  • Togo: Faure Gnassingbé promet un changement de culture politique et une “nouvelle ère institutionnelle”

    Togo: Faure Gnassingbé promet un changement de culture politique et une “nouvelle ère institutionnelle”

    Faure Gnassingbé s’est exprimé pour la première fois, ce mardi 2 décembre, sur la politique nationale depuis le passage du Togo à la 5e République et l’instauration d’un régime parlementaire. Devant le Parlement réuni en Congrès à Lomé, il a évoqué les enjeux de cohésion nationale, de stratégie à l’internationale et du sort des prisonniers.

    Dans un discours passionné devant un parlement acquis à sa cause, Faure Gnassingbé a dévoilé les grandes lignes de sa nouvelle gouvernance, promettant un changement radical de la culture politique au Togo. Il s’agissait de sa première intervention en tant que président du Conseil devant le Parlement réuni en Congrès, ce mardi 2 décembre à Lomé.

    Ce discours marque une étape cruciale dans l’acceptation de son nouveau régime parlementaire. Son objectif était d’introduire une “nouvelle ère institutionnelle”, fondée sur la Constitution récemment entrée en vigueur. Faure Gnassingbé a structuré son programme autour de trois axes principaux: la protection des citoyens, la souveraineté nationale et le rayonnement diplomatique.

    “Rassembler implique de dépasser les clivages politiques“

    Le président du Conseil a mis l’accent sur des enjeux de stabilité politique et des institutions. “Rassembler implique de dépasser les clivages politiques“, a-t-il affirmé. Avant d’ajouter que l’opposition est “une voix nécessaire, une vigie utile, une force de proposition” dans cette République parlementaire. “Mon gouvernement tendra la main à toutes les forces représentées dans cette Assemblée et au Sénat“, a insisté Faure Gnassingbé.

    Bien que son discours n’ait pas comporté d’annonces concrètes, le président du Conseil a donné des directives claires sur la manière de faire face aux menaces djihadistes, notamment dans le nord du pays. Faure Gnassingbé a récemment renforcé ses alliances internationales, comme en témoigne sa visite en Russie où des accords de défense ont été signés.

    Cohésion nationale et mesures pour les prisonniers

    Le président a également insisté sur l’importance de la souveraineté du Togo et de la nécessité d’une voix africaine forte, à l’approche du sommet panafricain de Lomé. “Cette projection extérieure n’est pas déconnectée des réalités intérieures. Elle vise au contraire à soutenir les objectifs nationaux de développement et à mieux valoriser la jeunesse comme la diaspora.”

    Aussi porté sur l’équité territoriale, Faure Gnassingbé a déclaré qu’il tenait à ce que tous les Togolais puissent bénéficier d’un accès à l’eau, à l’éducation, à la santé, à la sécurité et à l’énergie. Il a assuré que cela serait possible grâce à la décentralisation, qui permettra le renfort des instances locales.

    “Une société forte ne se construit ni dans la faiblesse, ni dans la vengeance, mais dans l’équilibre entre justice, humanité et responsabilité.”

    La cohésion nationale a aussi été un pilier de son discours, dans un contexte où le mouvement du 6 juin appelle à manifester le 8 décembre. “Une société forte ne se construit ni dans la faiblesse, ni dans la vengeance, mais dans l’équilibre entre justice, humanité et responsabilité”, a-t-il affirmé alors qu’une partie de la société civile demande la liberation de personnes arrêtées lors des manifestations de mai et juin dernier, dont une trentaine a entamé une grève de la faim.

    Faure Gnassingbé a évoqué la possibilité de mesures de grâce pour les prisonniers, sans préciser si cela inclurait ces détenus politiques. Cette question reste en suspens et pourrait être un test pour la nouvelle gouvernance en termes de droits de l’homme et de réconciliation nationale.

    Source: information.tv5monde.com/afrique

  • A Lomé, au Togo, la marine militaire russe a désormais un accès privilégié au port

    A Lomé, au Togo, la marine militaire russe a désormais un accès privilégié au port

    Un nouvel accord bilatéral entre la Russie et le Togo, ratifié le 25 octobre, prévoit la formation de l’armée togolaise par le ministère russe de la défense, le partage de renseignements et la tenue d’exercices militaires conjoints.

    Il ne l’avait pas accueilli en Russie depuis 2019. C’est tout sourire que Vladimir Poutine a reçu, mercredi 19 novembre, Faure Gnassingbé, le président du conseil togolais, sous les ors du Kremlin. Symbole de leur bonne entente et du rapprochement entre leurs deux pays : l’annonce de la réouverture prochaine de leurs ambassades à Lomé et Moscou, respectivement fermées depuis 1992 et 1999.

    Durant leur entretien, le président russe et son hôte togolais ont évoqué leur partenariat en matière commerciale, énergétique ou encore agricole. Mais c’est surtout sur le plan militaire qu’ils ont fait avancer leur relation. Vladimir Poutine et Faure Gnassingbé ont en effet validé un nouvel accord bilatéral en la matière, annoncé au printemps et ratifié, le 25 octobre, par la Douma, le Parlement russe.

    Ce texte, qui prévoit la formation de l’armée togolaise par le ministère russe de la défense, mais aussi le partage de renseignements ou encore la tenue d’exercices militaires conjoints, indique que les deux pays pourront utiliser leurs ports militaires respectifs. Un joli coup pour la Russie qui obtient de cette façon un nouvel ancrage dans le golfe de Guinée, où ses navires de guerre et ses avions militaires pourront désormais faire escale et donc se positionner à l’intersection des principales routes maritimes reliant…

    La suite de l’article sur lemonde.fr/afrique


  • Bas-Mono 2 : les premiers pas du maire Afangbedji

    Bas-Mono 2 : les premiers pas du maire Afangbedji

    Le 13 novembre dernier était le jour qu’a choisi le Préfet du Bas-Mono, Amétépé Kokou Sogbo pour installer les nouveaux Maires dans les deux Communes que compte cette préfecture.

    Du 12 au 15 novembre se sont déroulées sur l’ensemble du territoire national, annoncé par le Colonel Awaté Hodabalo, ministre de l’Administration territoriale, de la gouvernance locale et des affaires coutumières, les cérémonies de passation de service dans les différentes Cccunes du Togo, entre les nouveaux Maires et les sortants. Pour les anciens Maires confirmés à leur poste, les Préfets ont procédé à leur confirmation à travers une séance officielle.

    Passation

    Le 13 novembre dernier était le jour qu’a choisi le Préfet du Bas-Mono, Amétépé Kokou Sogbo pour installer les nouveaux Maires dans les deux Communes que compte cette préfecture.

    C’était la Commune du Bas-Mono 2 qui a ouvert le bal de cette cérémonie de passation de charges à Attitogon par le Préfet, Amétépé Kokou Sogbo dans une ambiance de gaité entre le maire sortant, Atsu Eklou et son adjoint et sénateur, Afangbédji Komlanvi Sédoufia.

    En présence des Ccnseillers municipaux sortants  et entrants, les chefs services du Bas-Mono 2, les chefs traditionnels, les autorités civiles et militaires, les responsables des comités de développement et des associations des jeunes, des cadres de la Commune du Bas-Mono 2 vivants dans la diaspora ainsi que plusieurs invités.

    Pour l’occasion, la passation de service dans cette commune s’est déroulée en deux phases. La première, en huis clos, entre le Préfet les Maires sortants et les nouveaux élus. Et la seconde était consacrée aux mots de circonstance des deux  maires, l’allocution d’installation du Préfet suivie  de la signature des procès verbaux et l’échange du parapheur.

    Une photo de famille a mis fin à l’événement  qui marque le début d’une nouvelle aventure pour les nouveaux maires, le sénateur Afangbédji Komlanvi Sédoufia et son adjoint Dogbé Amavi pour le compte de cette seconde mandature de ce conseil municipal du Bas-Mono 2 dont le mandat couvre une durée toujours de six  années.

    Dans son mot de bienvenue, le Secrétaire général de la commune du Bas-Mono 2 a salué le travail abattu par l’équipe sortante malgré les moyens limités qu’avaient disposés le Maire sortant, Atsu Eklou et son Conseil. Il a par ailleurs félicité le nouveau Maire pour sa brillante élection à la tête de cette commune du Bas-Mono 2. Il a par ailleurs relevé quelques projets réalisés au profit de la population. Pour lui, c’est la page d’une histoire qui se ferme avec l’ouverture d’une nouvelle aventure pleine d’expérience au regard de ce qu’ils ont vécu tout au long du précédent mandat.

    Le Maire sortant de la Commune du Bas-Mono 2, Atsu Eklou, dans son intervention de circonstance a rendu grâce à Dieu qui leur a permis de travailler dans de parfaite collaboration malgré leur bord politique différent. Il n’a pas manqué de témoigner sa gratitude au gouvernement qui a permis aux populations à la base de prendre leur destin en main.

    Pour lui, cette politique de décentralisation leur a ouvert la voie d’identifier leurs réels problèmes afin de rechercher des approches de solution. « Durant nos six années de gestion des affaires de la Commune, nous avons connu des hauts et des bas. Mais ce sont surtout des années riches d’expériences et d’apprentissage », a déclaré le maire sortant. Il n’a pas oublié de remercier tous ceux qui de prêt plus de long ont apporté leur contribution au succès de leur mandat. Il a, par ailleurs, vanté le mérite des projets qu’ils ont réalisés au profit de leurs concitoyens du Bas-Mono 2. Sa gratitude est allée aussi à l’ensemble de son conseil municipal, le personnel, les services déconcentrés, la chefferie traditionnelle, les cadres du Bas-Mono 2, la diaspora, les donateurs, les prêtres religieux, les ONG et associations des jeunes, etc. pour leurs engagements et leurs soutiens sans faille tout au long de son mandat.

    Il indique être certain que cette cérémonie de passation de service ne marque pas la fin de sa des projets de développement dans sa commune mais le début d’un autre chapitre. Il dit être convaincu que son successeur, le nouveau Maire et son Conseil ne marqueront pas d’occasion pour faire la promotion du développement du Bas-Mono 2, la promotion de la paix et de la cohésion sociale avant de souhaiter pleine réussite à son successeur, le sénateur Afangbédji Komlanvi Sédoufia dans sa nouvelle fonction de maire de la commune du Bas-Mono 2.

    Après avoir rendu grâce à Dieu pour sa miséricorde et surtout sa protection, le nouveau maire, a indiqué d’entrée, dans son allocution de circonstance, qu’un nouveau jour se lève sur leur commune, jour dédié par l’Etre suprême pour la cérémonie de ce jour, c’est pourquoi dit-il qu’il lui plait de remercier Dieu qui a permis que ce processus de renouvellement des instances dirigeantes ait lieu jusqu’à l’apothéose ce 13 novembre 2025.

    Il a outre remercié le bureau sortant ayant à sa tête le Maire, Atsu Eklou et ses conseillers qui, selon lui, ont abattu un travail de titan au cours de leur mandat. « La décentralisation prôné par le Président du Conseil, S.E M. Faure Essozimna Gnassingbé dont nous saluons ici sa vision claire et méthodique a fini sa phase d’expérimentation et poursuit irréversiblement son chemin pour le bonheur de nos populations à la base où l’autogestion est d’actualité », a-t-il martelé avant de rappeler que l’équipe des  conseillers qu’ils forme  est remplie des hommes compétents au point qu’aucune faveur ne leur sera acceptée au cours de leur mandat étant donné qu’il y avait déjà eu un mandat d’expérimentation lors de ces six dernières années.

    Il a par ailleurs invité son conseil à plus d’ardeur à la tâche qu’ils se sont donné volontairement, celle de servir leur population dans son développement harmonieux. « Il me plait de dire sans craindre que nous ne serons pas seuls dans cette mission tel que nous connaissons nos cadres qui ne ménagent aucun effort chaque fois qu’ils sont sollicités pour le développement de notre Commune », a –t-il poursuivi.

    « Les hommes passent mais les institutions restent et chacun de nous doit apporter sa pierre à l’édifice du développement de notre chère commune. C’est pour dire que notre Ccnseil travaillera en équipe solide où l’homme sera placé au centre du développement. Un seul oiseau ne fait pas le printemps dit-on souvent», a insisté le sénateur-maire Afangbédji Kolamvi Sédoufia.

    Il a ensuite souligné que leur mandat sera placé sous le signe de la recherche des voies et moyens pouvant les aider à la mobilisation des ressources nécessaires pour un développement considérable.

    Dans ce registre, le nouveau maire  a sollicité l’adhésion de la diaspora et de toute la population à leurs projets par leurs suggestions et leurs conseils afin que la réussite soit totale à l’issue de leur mandat. « Certes, nous avions utilisé nos partis politiques pour accéder au conseil communal mais une fois que nous sommes ici, nous disons qu’il est judicieux d’oublier nos appartenances politiques pour choisir la politique du développement de notre commune que nous avions promis lors de nos campagnes électorales », a-t-il précisé.

    Et d’enchaîner : «  La Commune du Bas-Mono 2 doit être la vitrine ou à défaut, l’une des meilleures communes qu’on doit citer en référence en matière de gestion méticuleuse des ressources et nous sommes certains que l’apport des uns et des autres ne nous fera pas défaut. Notre credo, c’est le bien-être de notre population sur tous les plans. Et nous comptons sur toutes  les bonnes volontés ayant cette même vision à se joindre à nous, à se joindre à notre navire, à le conduire à bon port, le bateau du développement de la commune du Bas-Mono 2 ».

    Le nouveau maire a terminé son intervention par un remerciement adressé à la  population pour la confiance qu’elle a placée en eux en votant pour lui et les autres lors des élections municipales.

    Visite du site

    Dans son allocution d’installation, le Préfet du Bas-Mono 2, Amétépé Kokou Sogbo, s’est réjoui de la présence du maire adjoint Dogbé Amavi dans l’exécutif de cette commune du Bas-Mono 2 qui, selon lui, aura à apporter énormément au développement de sa commune. Il dit faire confiant à ce nouvel exécutif pour continuer les œuvres amorcées par l’ancienne équipe sous la houlette du maire sortant.

    Cette cérémonie de passation de service marque, selon lui, un moment historique de renouveau démocratique dans sa préfecture. Elle marque la confiance que les populations du Bas-Mono 2 ont placée en leurs  élus.

    Il a par ailleurs rappelé la mission de la décentralisation au nouveau maire, le sénateur Afangbédji Komlanvi Sédoufia, et toute son équipe dirigeante. Pour lui, l’équipe sortante n’a pas failli. C’est pourquoi, disait-il, qu’ils vont commercer par regarder l’exécutif entrant.

    Amétépé Kokou Sogbo a, pour finir, conseillé vivement les nouveaux élus à la tête da la commune du Bas-Mono 2 au travail, et surtout de mettre un accent sur la bonne gouvernance locale, la transparence dans la gestion, l’emploi des jeunes, l’assainissement,  etc.

    Une visite guidée du nouveau maire et son conseil sur le site qui abritera le nouveau bâtiment de la mairie d’Attitogon a mis fin à la cérémonie de passage des charges.

    Justin ANANI      

  • Togo: Faure Gnassingbé en visite officielle en Russie, une première depuis six ans

    Togo: Faure Gnassingbé en visite officielle en Russie, une première depuis six ans

    Le président du Conseil togolais doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine à Moscou, ce mercredi 19 novembre. Au programme des discussions entre les deux dirigeants qui entretiennent de bonnes relations depuis longtemps : la « paix et de la sécurité régionales », mais aussi des questions très diverses qui vont de la sécurité alimentaire à l’énergie en passant par le commerce et l’agriculture.

    Ce sera leur premier entretien en tête-à-tête depuis 2019 : le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, doit rencontrer le président russe à Moscou, mercredi 19 novembre. Une visite officielle à l’invitation de Vladimir Poutine qui s’inscrit « dans la continuité des consultations menées ces derniers mois avec plusieurs partenaires internationaux », selon le communiqué publié à Lomé.

    Au programme des discussions : des échanges autour de la « paix et de la sécurité régionales », mais aussi sur des questions très diverses : sécurité alimentaire, commerce, agriculture ou encore énergie. « Le Togo est dans une logique de diversification de ses partenariats, il faut banaliser » cette visite, estime une source proche du pouvoir togolais qui poursuit : « Il est nécessaire de discuter avec tous les grands acteurs mondiaux, comme par exemple Washington, Paris, et Moscou ».

    Alors que, de son côté, l’agence russe Tass cite le Togo parmi les pays où la Russie prévoit d’ouvrir une ambassade, « la proximité entre Lomé et Moscou n’est pas nouvelle », rappelle un spécialiste des relations Russie-Afrique. En témoigne également un accord de coopération militaire signé cette année entre les deux pays qui prévoit notamment formation et exercices militaires, ce qui conduit ce dernier à s’interroger sur la possibilité d’un rapprochement encore plus fort entre les deux pays. Un rapprochement qui passerait, notamment, par une présence de l’Africa Corps au Togo… Mais à l’évocation de cette idée, la source proche du pouvoir à Lomé contactée par RFI affirme sans équivoque que le pays n’a pas besoin de cela.

    Source: rfi.fr/fr

  • Si c’est un rêve…

    Si c’est un rêve…

    Merci ! Après dix-huit ans de présence sur cette antenne, cet édito est le dernier que vous proposez aux auditeurs de RFI. Alors, on va changer les habitudes. Plutôt que de vous poser la première question, je vous laisse ouvrir le bal…

    Dans la nuit du 26 au 27 octobre, ministres et dignitaires du régime se succèdent au Palais présidentiel, dans un incessant ballet de rutilantes berlines et de luxueux 4×4. Sur le visage des personnalités qui défilent se lit une certaine gravité, de la consternation, de l’inquiétude. On devine même, ici et là, une réelle angoisse. La capitale bruisse de folles rumeurs. La télévision nationale a positionné dans la cour du Palais son car-régie réservé aux grands événements. On attend une importante annonce présidentielle. Trois jours plus tôt, la proclamation annoncée des résultats avait été subitement reportée, à la demande, paraît-il, du chef de l’État, qui aurait exigé de son état-major la vérité des chiffres.

    À l’heure du journal télévisé du soir, un bandeau annonce aux téléspectateurs « un important événement ». 21 heures 20, le générique du JT démarre, répétitif, trois fois plus long que d’habitude. C’est alors qu’apparaît, pimpante et impassible, la présentatrice vedette.

    Et que dit-elle donc ?

    « Mesdames et messieurs, bonsoir. Un message solennel du président de la République ». Le drapeau au-dessus du Palais flotte au vent tout au long des soixante-huit secondes que dure l’hymne national. Debout derrière un pupitre, le visage à la fois grave et détendu, le chef de l’Etat démarre posément :

    « Chers concitoyens, vous avez voté le 12 octobre dans le calme et la sérénité, et je vous en félicite. Au regard des résultats de ce scrutin, j’ai le plaisir et l’honneur historique de vous annoncer que vous avez choisi pour conduire la destinée de notre chère patrie… ». La plupart croient alors rêver en entendant le président prononcer le nom de son ancien ministre et challenger, qu’il félicite avant de lui souhaiter plein succès dans la conduite de la nation. Alors qu’il invite le peuple à s’unir derrière l’heureux élu, on entend, dans le lointain, des clameurs, portées en écho par les sept collines qui enserrent la capitale. Les foules se déversent presque aussitôt dans les rues. Dans toutes les villes du pays, c’est la même liesse débordante. Comme les soirs de grande victoire de l’équipe nationale de football…

    Rassurez-nous ! C’est bien de la fiction, l’événement que vous évoquez là, n’est-ce pas ? Et cette équipe nationale, ne serait-ce pas Les Lions Indomptables ?

    Quelle perspicacité ! Pour le pire, l’Afrique est désespérément prévisible. Mais elle peut aussi surprendre, pour le meilleur. Il nous est souvent arrivé de dire ici que l’Afrique est le continent du pire et du meilleur. Le pire est toujours régulier, ponctuel. Quant au meilleur, il surgit à l’improviste, au moment où on l’attend le moins. Sur les faits que nous relatons, les Camerounais seront fixés dans les quarante-huit heures, et nous avec. Si c’est un rêve, il est assumé. Et si la réalité venait à nous contredire, nos certitudes d’espérance vaudront circonstance atténuante. Car, même lorsque sombre toute joie, nous avons le devoir de continuer à croire en ce continent. L’argent, la ruse et l’imposture n’auront pas le dernier mot !

    Il suffit de si peu, pour que le Cameroun renoue avec une dynamique positive. Paul Biya a beaucoup à se faire pardonner. Ce sera fait, s’il parvenait à s’extirper du guet-apens tendu par son propre entourage. Peut-être même retrouverait-il alors un peu de cette popularité immense qui a marqué son arrivée au pouvoir, il y a plus de quatre décennies.

    C’est, ici, le moment de dire merci aux auditeurs. Pour leur écoute vigilante. Pour leurs critiques, leur bienveillance. Je viens de vous, je vais vers vous. D’une manière ou d’une autre, nous nous retrouverons, pour continuer à penser cette Afrique qu’aucun de nous ne peut, seul, porter sur ses épaules.

    Dernière chronique de Jean-Baptiste Placca sur RFI du 25 octobre 2025

Radio Renouveau228

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