« Ce que contient vraiment le cube » : les révélations troublantes d’un ex-employé à Lomé
Ancien agent d’une entreprise de fabrication de bouillons culinaires à Lomé, un ex-employé lève le voile sur les procédés de production des célèbres « cubes » de cuisine et met en garde contre une consommation excessive de ces exhausteurs de goût.
Les bouillons de cuisine, communément appelés « cubes », occupent une place importante dans les habitudes culinaires de nombreux foyers togolais. Utilisés pour relever le goût des sauces, soupes et autres préparations, ils sont pourtant régulièrement pointés du doigt par des consommateurs et des professionnels de santé qui s’interrogent sur leurs effets à long terme. À Lomé, les révélations d’un ancien employé d’une société spécialisée dans leur fabrication relancent le débat.
Souhaitant conserver l’anonymat, cet ex-ouvrier affirme avoir participé au processus de production de ces bouillons culinaires pendant plusieurs années. Selon lui, les ingrédients utilisés sont loin de l’image que renvoient certains emballages.
« Les produits qu’on utilise pour fabriquer le cube n’ont rien à voir avec les ingrédients naturels que les consommateurs imaginent. On utilise principalement du sucre, du sel et plusieurs autres composants. À cela s’ajoute une substance appelée arôme, qui donne au produit son goût spécifique », explique-t-il dans des propos rapportés par le confrère Letabloid.
D’après son témoignage, les différentes variétés commercialisées, notamment celles présentées comme étant au poulet ou à la crevette, ne contiendraient pas nécessairement les ingrédients auxquels elles font référence. « Ce sont les arômes qui permettent de reproduire ces saveurs. C’est ce qui fait la différence entre les produits », soutient-il.
L’ancien employé affirme également que les quantités de sucre et de sel utilisées dans la fabrication seraient importantes. Une situation qui, selon lui, devrait interpeller les consommateurs à l’heure où les autorités sanitaires multiplient les campagnes de sensibilisation contre les excès de sodium et de sucre dans l’alimentation.
« On nous déconseille souvent de consommer trop de sel ou trop de sucre. Pourtant, ce sont des éléments qui entrent dans la composition de ces produits », indique-t-il.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les maladies non transmissibles, notamment l’hypertension artérielle, le diabète et certaines maladies cardiovasculaires, connaissent une progression dans plusieurs pays africains. Toutefois, les spécialistes soulignent qu’aucun aliment pris isolément ne peut être considéré comme responsable de ces pathologies. C’est généralement l’excès et le déséquilibre alimentaire global qui augmentent les risques pour la santé.
Pour limiter l’usage des cubes, l’ancien ouvrier recommande de privilégier les ingrédients naturels locaux. Il cite notamment l’oignon, l’ail, le gingembre ou encore certains champignons, capables selon lui de rehausser le goût des plats sans recourir systématiquement aux bouillons industriels.
Si les fabricants défendent la conformité de leurs produits aux normes alimentaires en vigueur, ce témoignage remet en lumière une question essentielle : celle de la composition des aliments consommés quotidiennement et de la nécessité pour les consommateurs de s’informer davantage sur ce qu’ils mettent dans leurs assiettes.
