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Tournée bloquée : Kafui Adjamagbo-Johnson dénonce une entrave grave

La mission parlementaire de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) dans le nord du Togo s’est transformée en véritable bras de fer avec les autorités administratives et sécuritaires. Dans une déclaration liminaire rendue publique, la députée et son équipe dénoncent une « expulsion injuste et anticonstitutionnelle », ainsi qu’une entrave manifeste à l’exercice du contrôle de l’action gouvernementale.

Dès l’entame, la délégation rend hommage aux militants et responsables locaux de Dapaong et de Kara, saluant leur mobilisation malgré les risques. Elle exprime également sa gratitude envers les acteurs politiques, la société civile et la diaspora pour leur soutien face à une situation jugée préoccupante.

Une mission stoppée net à Dapaong

Arrivée à Dapaong dans le cadre d’une tournée de reddition de comptes, la délégation affirme avoir respecté toutes les procédures administratives, notamment en informant les ministères concernés. Pourtant, dès le lendemain, les autorités locales invoquent l’absence d’autorisation liée à l’état d’urgence sécuritaire pour interdire toute activité.

Face au refus de la députée de se soumettre à cette exigence, jugée contraire à son mandat, la décision tombe : expulsion immédiate de la région des Savanes, sous escorte des forces de sécurité. La scène, décrite comme impressionnante par la délégation, inclut un déploiement massif de gendarmes, policiers et militaires, appuyés par un dispositif aérien.

Kara sous tension, mission suspendue

Après cet épisode, la poursuite de la mission à Kara devient incertaine. Malgré plusieurs tentatives de contact avec les autorités locales, aucune garantie sécuritaire n’est obtenue. À cela s’ajoutent des appels anonymes dissuadant la délégation de se rendre dans la région.

Dans ce contexte, la députée décide finalement de suspendre l’étape de Kara, invoquant la nécessité de préserver des vies humaines. Une décision lourde, mais assumée comme un choix de responsabilité face à un climat jugé hostile.

Des interrogations sur la gestion publique

Au-delà de l’incident, la déclaration met en lumière de nombreuses zones d’ombre concernant des projets d’infrastructures dans les régions des Savanes et de la Kara. Barrages, routes, marchés, ponts : autant de chantiers financés à coups de milliards, mais dont l’état réel et l’impact sur les populations restent flous.

La délégation évoque notamment :

  • des retards importants dans les travaux routiers à Dapaong,
  • un accès insuffisant à l’eau potable malgré des infrastructures existantes,
  • des marchés fonctionnant dans des conditions précaires,
  • des projets inachevés ou relancés opportunément.

Ces constats soulèvent, selon elle, une question centrale : celle de la transparence et de la redevabilité dans la gestion des fonds publics.

Une charge politique frontale

Dans un ton résolument critique, la déclaration accuse le pouvoir en place de verrouiller les régions septentrionales et d’empêcher toute action de l’opposition susceptible d’éveiller les consciences. Elle dénonce un « régime autocratique » davantage préoccupé par son maintien que par le respect des principes démocratiques.

Pour la DMP, empêcher un élu de mener une mission de contrôle revient à remettre en cause les fondements mêmes du rôle parlementaire. Une situation jugée d’autant plus préoccupante qu’elle intervient dans un contexte où le pays affiche des ambitions de gouvernance parlementaire.

« Les Togolais méritent mieux »

En conclusion, la délégation appelle à des réponses claires du gouvernement sur la gestion des projets publics et les restrictions imposées à l’opposition. Elle insiste sur les attentes des populations : des infrastructures fonctionnelles, un accès équitable aux services de base et une gouvernance responsable.

« Ce n’est pas une faveur. C’est une exigence », martèle la déclaration, appelant les autorités à rendre compte.

Au-delà de l’incident, cet épisode révèle un climat politique tendu et relance le débat sur l’équilibre des pouvoirs et les libertés démocratiques au Togo.

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