À la tête d’Asky Airlines depuis 2022, le dirigeant éthiopien transforme Lomé en laboratoire stratégique, avec en ligne de mire une ascension au sommet du transport aérien africain.
Nommé en juin 2022 à la tête de Asky Airlines, Esayas Woldemariam Hailu n’a jamais donné l’impression d’être en terrain d’apprentissage. Pourtant, pour cet ancien cadre de Ethiopian Airlines, le passage au Togo s’apparente à bien plus qu’un simple mandat régional : une étape décisive dans une trajectoire ambitieuse qui pourrait le conduire à Addis-Abeba, au sommet du géant aérien continental.
Dès sa prise de fonction, le dirigeant impose une méthode : consolidation des acquis, discipline opérationnelle et projection stratégique. Dans un secteur aérien africain encore fragmenté, il s’attèle à faire de Lomé un hub incontournable en Afrique de l’Ouest. Sous son impulsion, Asky renforce ses liaisons régionales, affine son modèle économique et consolide son rôle de partenaire clé d’Ethiopian Airlines dans la sous-région.
Mais au-delà des chiffres et des routes aériennes, c’est une vision industrielle qu’Esayas Woldemariam Hailu cherche à inscrire dans la durée. Son ambition est claire, de faire d’Asky une compagnie de référence, capable de rivaliser en efficacité et en fiabilité avec les standards internationaux. Une manière de démontrer sa capacité à diriger une entité complexe, dans un environnement concurrentiel et souvent imprévisible.
Selon nos sources, cette stratégie n’est pas dénuée d’arrière-pensée. À Addis-Abeba, la succession à la tête d’Ethiopian Airlines se profile à moyen terme, et chaque décision prise à Lomé est scrutée comme un indicateur de leadership. En ce sens, le passage d’Esayas Woldemariam Hailu au Togo ressemble à un test grandeur nature, où se jouerait sa crédibilité pour accéder aux plus hautes responsabilités, murmure-t-on.
Conscient du caractère transitoire de sa mission, le dirigeant entend néanmoins laisser une empreinte durable. Cela passe par la structuration des équipes locales, le renforcement des compétences et l’ancrage d’une culture d’entreprise orientée vers la performance. Son objectif est simple et clair : que son successeur hérite d’une compagnie plus robuste, mieux intégrée et tournée vers l’avenir.
Lomé pourrait ainsi n’être qu’une escale dans le parcours d’Esayas Woldemariam Hailu. Mais une escale stratégique, où se construit, à l’abri des projecteurs mondiaux, le profil d’un dirigeant appelé à jouer un rôle majeur dans l’aviation africaine.
Une nouvelle incarcération du poète Affectio, soupçonné dans une affaire de photos et de transmission d’informations, ravive les tensions et provoque une vive indignation au sein de l’opinion publique togolaise.
L’activiste et poète Honoré Sitsopé Sokpor, connu sous le pseudonyme Affectio, se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une procédure judiciaire qui suscite de vives réactions au sein de l’opinion publique togolaise. Présenté le 4 mai 2026 à un juge d’instruction, après son arrestation intervenue le 24 avril, il a été placé en détention dans l’attente de la suite de l’enquête.
Selon les informations disponibles, il lui est reproché d’avoir pris des photographies sur un chantier en construction, images que les autorités soupçonnent d’avoir été transmises à des contacts basés à l’étranger, notamment au sein du mouvement du 6 juin (M66), un collectif de la société civile actif dans la diaspora. Dans un contexte marqué par une vigilance accrue autour de la circulation d’informations jugées sensibles, ces faits présumés sont considérés avec sérieux par les autorités judiciaires.
Toutefois, à ce stade de la procédure, aucune décision définitive n’a été rendue, et les faits reprochés restent à établir par l’instruction en cours. Le principe de la présomption d’innocence demeure donc applicable.
Ce nouvel épisode intervient quelques mois seulement après une première incarcération du poète. Entre janvier et décembre 2025, Affectio avait déjà été détenu à la suite de la publication d’un texte sur les réseaux sociaux. Libéré sous contrôle judiciaire en fin d’année, il voit aujourd’hui sa situation se compliquer à nouveau.
Son avocat, Me Paul Dodji Apevon, a indiqué que son client devrait être maintenu en détention provisoire pendant la durée de l’instruction. La défense, sans entrer dans les détails du dossier, entend faire valoir les droits de son client et contester les éléments à charge dans le strict respect des procédures en vigueur.
Au-delà du cas individuel, cette affaire provoque une vague d’indignation dans plusieurs segments de la société. Des organisations politiques ainsi que des acteurs de la société civile dénoncent une arrestation qu’ils jugent préoccupante et appellent à la libération pure et simple de l’activiste. Pour ces organisations, cette situation pose la question plus large des libertés publiques, notamment celle de la création artistique et de l’expression citoyenne.
Dans l’attente des conclusions de la justice, le dossier Affectio continue de cristalliser les débats. Entre exigences de sécurité, respect des lois et protection des libertés individuelles, cette affaire met en lumière les tensions persistantes autour de la gestion de l’information et de la parole critique au Togo.
À 46 ans, Maiba Mangadewe prouve que la fidélité et la persévérance peuvent encore renverser le temps et ramener Abou Ossé d’Anié vers la lumière.
À 46 ans, beaucoup de footballeurs ont depuis longtemps rangé les crampons. Mais Maiba Mangadewe, lui, continue d’écrire son histoire, avec la même passion intacte et une fidélité rare dans le football moderne. Son parcours, profondément lié à Abou Ossé d’Anié, ressemble à une promesse tenue, patiemment construite au fil des années.
Tout commence en 2003. À 23 ans, Mangadewe fait ses premiers pas avec ce club qui deviendra bien plus qu’une simple équipe : une maison, une identité. Très vite, son talent attire l’attention. Solide, engagé, doté d’une intelligence de jeu remarquable, il s’impose comme un élément clé. Cette progression naturelle le conduit vers d’autres formations emblématiques du championnat togolais, comme Gomido FC, Kakadl FC ou encore AS OTR. Son aventure le mène même au Bénin, sous les couleurs de US Sème Kraké.
Mais malgré les horizons élargis et les expériences accumulées, un lien ne s’est jamais rompu : celui avec Abou Ossé. Là où certains auraient tourné la page, Mangadewe, lui, est resté attaché à ses racines. Et c’est ce qui rend son retour en 2024 si symbolique. À un âge où d’autres songent à la retraite, il choisit de revenir là où tout a commencé, avec une mission claire : aider son club de cœur à retrouver sa grandeur.
Car entre-temps, Abou Ossé avait traversé des périodes difficiles. Relégué, puis plongé jusqu’en troisième division, le club semblait s’éloigner de ses heures de gloire. Mais c’est précisément dans ces moments-là que les grandes figures se révèlent. Brassard au bras, Mangadewe ne s’est pas contenté de jouer. Il a guidé, conseillé, inspiré. Sur le terrain comme dans le vestiaire, il a incarné le leadership.
Sa présence a été déterminante dans la montée en deuxième division. Non pas seulement par ses performances, toujours solides malgré le poids des années, mais surtout par son exemplarité. Discipline, hygiène de vie, sens du collectif : autant de valeurs qu’il transmet à une génération plus jeune. Il est devenu un repère, un modèle, presque un mentor.
Ce qui frappe chez Mangadewe, ce n’est pas seulement sa longévité, mais sa constance. Le talent lui a ouvert des portes, certes. Mais c’est sa rigueur et sa fidélité qui lui ont permis de durer et, surtout, de revenir pour accomplir quelque chose de plus grand que lui : relever son club.
Dans un football souvent marqué par les transferts opportunistes et les carrières éclatées, son histoire rappelle une vérité simple mais puissante : la fidélité peut finir par porter ses fruits. Lentement, parfois difficilement, mais sûrement.
À 46 ans, Maiba Mangadewe n’est pas seulement un joueur qui a contribué à une montée. Il est devenu un symbole, celui d’un engagement sans faille, d’un amour sincère pour un maillot, et d’une persévérance qui, contre toute attente, a fini par triompher.
Malgré des initiatives prometteuses de la Fédération et l’appui de Rugby Afrique, le rugby au Togo reste freiné par un manque criant de moyens, de visibilité et de ressources humaines qualifiées.
Le rugby peine encore à s’imposer comme un sport majeur au Togo. En dépit des initiatives encourageantes. La récente formation d’entraîneurs et d’encadreurs organisée par la Fédération togolaise de rugby (FTR), avec l’appui de Rugby Afrique, illustre pourtant une volonté réelle de structurer la discipline. Mais entre ambitions et réalités de terrain, l’écart reste considérable.
Fondée en 2001 et affiliée à World Rugby depuis 2004, la FTR s’efforce de bâtir un socle solide pour le développement de ce sport. Avec 23 clubs et près de 1 500 licenciés, les chiffres témoignent d’un certain dynamisme. Toutefois, comparé au football, véritable passion nationale, le rugby demeure largement marginalisé.
L’une des principales difficultés réside dans le manque criant de moyens matériels. Dans plusieurs régions du pays, les terrains adaptés font défaut, tout comme les équipements de base tels que les ballons homologués, les protections ou encore les infrastructures d’entraînement. Cette précarité limite non seulement la pratique régulière, mais freine également l’émergence de jeunes talents capables de rivaliser à l’échelle continentale.
À cela s’ajoute une insuffisance de ressources financières. Contrairement à d’autres disciplines plus médiatisées, le rugby attire peu de sponsors et bénéficie d’un soutien institutionnel limité. Les compétitions locales sont rares et souvent organisées avec des budgets restreints, ce qui réduit la visibilité du sport et décourage les vocations.
Le déficit en ressources humaines qualifiées constitue un autre obstacle majeur. Le programme de formation animé par l’expert tunisien Sahraoui Mohamed est une avancée notable, mais il reste insuffisant face aux besoins. Le pays manque encore d’entraîneurs certifiés, d’arbitres expérimentés et de cadres techniques capables d’encadrer durablement les clubs et les jeunes pratiquants.
Au-delà des contraintes structurelles, le rugby souffre également d’un déficit de notoriété. Peu médiatisé, peu pratiqué dans les écoles, il peine à séduire un large public. Or, dans de nombreux pays africains où le rugby progresse, l’intégration dans les programmes scolaires et universitaires a été un levier déterminant.
Dans ce contexte, les efforts de la Fédération, bien que louables, ne peuvent suffire à eux seuls. Le développement du rugby au Togo nécessite une mobilisation plus large : soutien accru de l’État, implication du secteur privé, partenariats internationaux et promotion active auprès des jeunes.
Sans un engagement collectif et des investissements conséquents, le rêve de faire du rugby un sport d’élite au Togo risque de rester, encore longtemps, un objectif difficile à atteindre.
Du record d’altitude en ULM à l’engagement associatif au Togo, Éric Fouchard incarne un parcours marqué par l’audace, la persévérance et le sens du collectif.
Il y a près de trente ans, un exploit aéronautique inédit marquait le ciel togolais et les esprits. Aujourd’hui, son auteur, Éric Fouchard, poursuit son engagement sur un tout autre terrain : celui de la vie associative et citoyenne. Entre audace technique et implication communautaire, son parcours illustre une constance rare : celle de repousser les limites, quelles qu’elles soient.
À la fin des années 1990, alors que l’aviation légère restait encore peu développée dans ses usages extrêmes, Éric Fouchard, pilote franco-togolais, réalisait une performance exceptionnelle aux côtés de son passager Jean-Claude Christophe. Ensemble, ils atteignaient les 4 000 mètres d’altitude à bord d’un ULM pendulaire biplace, sans aucune assistance respiratoire. Une prouesse aussi technique qu’humaine, dans un appareil pourtant rudimentaire.
L’engin utilisé, équipé d’un moteur de type mobylette — un Rotax 503 — incarnait à lui seul les limites de l’aviation artisanale de l’époque. Léger, minimaliste et peu adapté aux conditions extrêmes, il n’était que très rarement poussé à de telles altitudes. Pourtant, les deux hommes ont défié les lois du confort et de la sécurité en s’élevant à une hauteur où l’air se raréfie dangereusement et où les températures chutent brutalement.
À 4 000 mètres, les conditions deviennent particulièrement éprouvantes : hypoxie, froid intense, pression sur l’organisme. Sans apport en oxygène, chaque minute passée à cette altitude représente un véritable défi physiologique. Cet exploit, réalisé dans un contexte technique limité, témoigne non seulement d’une maîtrise remarquable du pilotage, mais aussi d’une détermination hors du commun.
Au-delà de la performance brute, cet épisode s’inscrivait dans une certaine philosophie de l’aviation : celle du dépassement de soi, du goût du risque maîtrisé et de la passion pure. Une aviation loin des standards industriels actuels, où chaque mètre gagné relevait autant du courage que de la compétence.
Trois décennies plus tard, Éric Fouchard a troqué les hauteurs vertigineuses pour un autre type d’engagement. Désormais président de l’Union des Français de l’Étranger (UFE) au Togo, il s’investit activement dans la vie de la communauté française. À ce titre, il soutient notamment la liste « L’Afrique au cœur », portée par Jean-Philippe Maizoué, également ancien du Togo.
Ce passage de l’aviation à l’engagement citoyen n’est pas une rupture, mais une continuité. Dans les deux cas, il s’agit d’initiative, de responsabilité et de volonté d’agir. L’homme qui autrefois affrontait les contraintes physiques du ciel s’attaque aujourd’hui aux défis collectifs, avec le même esprit de détermination.
Ainsi, du record d’altitude aux responsabilités associatives, le parcours d’Éric Fouchard dessine une trajectoire cohérente et inspirante. Une trajectoire guidée par une même ambition : aller plus loin, autrement.
Cette affaire, qui suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux politiques et associatifs, pourrait relancer le débat sur les pratiques d’interpellation, le respect des délais de garde à vue et la protection des libertés individuelles au Togo.
Le Cadre National de Concertation pour le Changement au Togo (CNCC), regroupant plusieurs organisations de la société civile et des partis politiques notamment ADDI, ANC, FDR et PSR, a rendu public le 2 mai 2026 un communiqué conjoint dans lequel il exprime une vive indignation suite à l’arrestation de M. SOKPOR Kossi Sitsopé Honoré, plus connu sous le nom d’« Affectio ». L’organisation dénonce ce qu’elle qualifie d’« arrestation arbitraire, violente et illégale », et appelle à sa libération immédiate et sans condition.
Selon les informations contenues dans le communiqué, les faits remonteraient au vendredi 24 avril 2026. Ce jour-là, M. Sokpor aurait pris des photographies de nouveaux caniveaux construits dans le quartier où vivent ses parents à Lomé. D’après ses proches et les témoignages recueillis par le CNCC, l’intéressé aurait agi dans une démarche d’observation citoyenne, souhaitant mettre en lumière l’importance de ces infrastructures dans la prévention des inondations récurrentes dans la capitale.
C’est dans ce contexte que la situation aurait dégénéré. Alors qu’il se trouvait assis devant son domicile, M. Sokpor aurait été abordé par des individus lui demandant de supprimer les images prises. Bien qu’il ait accepté d’effacer les photos afin d’apaiser la situation, ces derniers l’auraient contraint à les suivre jusqu’à leur « chef », dont l’arrivée aurait tardé.
Toujours selon le récit du CNCC, la tension serait montée lorsque M. Sokpor, pressé par un rendez-vous, aurait annoncé son intention de partir. C’est alors que quatre individus se seraient violemment jetés sur lui. Le communiqué évoque une agression d’une rare brutalité : l’homme aurait été plaqué au sol, étranglé et dépouillé de sa sacoche ainsi que de son téléphone portable. Il aurait également subi des blessures physiques lors de cette interpellation musclée.
Après cette scène, M. Sokpor aurait été conduit à la gendarmerie d’Agoè-Nyivé, puis transféré au SCRIC (Service Central de Recherches et d’Investigations Criminelles) le 30 avril 2026, après un passage à la brigade anti-gang de Djidjolé. Depuis lors, il serait maintenu en détention, malgré un état de santé que ses soutiens décrivent comme fragile.
Le CNCC affirme par ailleurs que les autorités justifient désormais la prolongation de sa garde à vue par l’exploitation de son téléphone portable. Des éléments numériques auraient, selon ces dernières, révélé la présence d’images jugées « suspectes », sans que la nature exacte de ces accusations ne soit détaillée publiquement à ce stade.
Dans son communiqué, le CNCC s’insurge contre ce qu’il qualifie de « pratiques d’un autre âge ». L’organisation structure sa dénonciation autour de trois principaux axes. D’abord, elle condamne la violence physique exercée lors de l’interpellation, estimant qu’aucune justification ne peut légitimer de tels actes contre un citoyen ayant photographié des travaux publics visibles de tous.
Ensuite, le cadre politique et associatif évoque une détention qu’il considère comme illégale. Selon ses calculs, M. Sokpor serait détenu depuis neuf jours au 2 mai 2026, soit bien au-delà du délai légal de garde à vue de 48 heures, renouvelable une seule fois. Cette situation constituerait, selon le CNCC, une violation grave des procédures en vigueur.
Enfin, le communiqué dénonce des mauvais traitements supposés. Il est notamment affirmé que le détenu aurait été privé de nourriture et d’eau durant les premières heures de son interrogatoire, malgré un état de santé jugé préoccupant. Le CNCC appelle également à ce que les personnes impliquées dans les violences physiques alléguées répondent de leurs actes devant la justice.
Au-delà du cas individuel, le CNCC voit dans cette affaire un symbole plus large des atteintes aux libertés fondamentales. L’organisation rappelle également que M. Sokpor aurait déjà été incarcéré par le passé pendant une année pour avoir écrit un poème, ce qui, selon elle, renforce le caractère de harcèlement ciblé.
En conséquence, le Cadre National de Concertation pour le Changement au Togo formule trois exigences principales. Il réclame d’abord la libération immédiate et sans condition de M. Sokpor Kossi Sitsopé Honoré. Ensuite, il demande l’ouverture d’une enquête indépendante sur les violences physiques dénoncées lors de son interpellation. Enfin, il appelle les autorités à mettre fin à ce qu’il qualifie de « harcèlement systématique » contre ce citoyen.
Le communiqué est signé à Lomé le 2 mai 2026 par le Front Citoyen Togo Debout ainsi que les organisations regroupées au sein de Novation Internationale ADDI – ANC – FDR – PSR.
Cette affaire, qui suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux politiques et associatifs, pourrait relancer le débat sur les pratiques d’interpellation, le respect des délais de garde à vue et la protection des libertés individuelles au Togo. Le CNCC, pour sa part, appelle à une mobilisation de l’opinion nationale et internationale afin d’obtenir ce qu’il considère comme une justice équitable et transparente dans ce dossier désormais hautement sensible.
Des organisations politiques et de la société civile accusent les autorités togolaises de mépris des décisions de justice et exigent la libération immédiate des détenus politiques, dans un contexte de tensions croissantes autour des droits fondamentaux.
Le dernier communiqué conjoint de plusieurs organisations politiques et de la société civile met une nouvelle fois en lumière la persistance des tensions entre les autorités togolaises et une partie de l’opposition sur la question des détenus politiques. À travers un texte particulièrement virulent, les signataires dénoncent ce qu’ils qualifient de déni de justice systémique et appellent à la libération immédiate et sans conditions de toutes les personnes incarcérées pour des motifs politiques.
Contestation
Au cœur de la polémique figure l’Arrêt N°040/2026 rendu le 18 février 2026 par la Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Lomé. Selon le communiqué, cette décision ordonnait la libération de 13 détenus politiques. Pourtant, les signataires affirment que cette décision n’a pas été exécutée, ce qu’ils interprètent comme une preuve d’ingérence du pouvoir politique dans le fonctionnement de la justice.
Les personnes concernées incluraient plusieurs figures connues, dont ADAM Latif, BANAVEI Balan alias « Général du 19 août », ou encore YAYA Soulemani alias « Mengoua ». Pour les auteurs du texte, cette situation illustre une justice instrumentalisée et incapable de garantir l’indépendance de ses décisions.
Critique
Le communiqué ne se limite pas à ce cas précis. Il élargit son propos à plusieurs décisions nationales et internationales restées, selon lui, sans application. Il cite notamment des arrêts de la Cour de justice de la CEDEAO et des décisions du Groupe de Travail de l’ONU sur la détention arbitraire, concernant des affaires anciennes impliquant des militants politiques ou des cas présumés de torture.
Cette accumulation de références vise à construire un argument central : celui d’un système où les décisions judiciaires, même lorsqu’elles émanent d’instances régionales ou internationales, ne seraient pas respectées par les autorités nationales.
Tension
Au-delà des cas individuels, les signataires dénoncent ce qu’ils considèrent comme une réduction progressive de l’espace civique au Togo. Ils évoquent environ 70 personnes toujours détenues pour leurs opinions politiques et citent des cas récents, dont ceux de l’humoriste Tayo et d’Affectio, présenté comme ayant été réincarcéré après une libération antérieure.
Selon eux, ces pratiques traduisent une stratégie de gouvernance basée sur la restriction des libertés et la dissuasion des voix critiques.
Mobilisation
Le communiqué se termine par un appel à la mobilisation de différentes couches socioprofessionnelles pour dénoncer les détentions arbitraires et les abus de pouvoir. Les signataires exigent non seulement la libération des détenus, mais aussi la reconnaissance des préjudices subis et leur réparation.
Derrière ces revendications, se dessine un enjeu politique majeur : celui de la confiance dans les institutions judiciaires et de leur indépendance réelle. Pour les organisations signataires, la situation actuelle constitue un test décisif pour l’État de droit.
Dans un contexte déjà marqué par des tensions politiques récurrentes, ce communiqué risque de raviver le débat sur les libertés publiques et la gouvernance au Togo, tout en accentuant la pression sur les autorités nationales et leurs partenaires régionaux.
Le SYNJIT alerte sur la précarité des journalistes et ses menaces sur la liberté de la presse au Togo à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2026.
À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 3 mai 2026, le Syndicat national des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) tire la sonnette d’alarme sur les conditions de vie des professionnels des médias. Dans un communiqué rendu public à Lomé, l’organisation met en lumière une réalité persistante : sans dignité salariale, la liberté de la presse reste fragile et menacée.
Le SYNJIT rend d’abord hommage aux journalistes togolais qui, malgré un environnement socio-politique complexe et une précarité croissante, continuent d’assurer leur mission d’information avec engagement. Mais derrière cet hommage, le ton se veut ferme. Le syndicat rappelle qu’« il ne peut y avoir de liberté de presse sans travail décent ». Une affirmation qui résume l’enjeu central : un journaliste mal rémunéré devient vulnérable, et une presse vulnérable est exposée à diverses formes de pressions et d’influences.
Une précarité qui fragilise l’indépendance
Dans son communiqué, le SYNJIT insiste sur le lien direct entre conditions économiques et indépendance éditoriale. Selon lui, le journaliste togolais ne peut pleinement jouer son rôle de garant de la démocratie s’il reste prisonnier de difficultés financières. La précarité, devenue structurelle dans le secteur, constitue ainsi une menace sérieuse pour la qualité de l’information et la crédibilité des médias.
Le syndicat évoque également une « urgence sociale ignorée ». Il révèle avoir récemment saisi la ministre de la Communication et des Médias pour exiger la mise en place rapide du comité de suivi de la convention collective signée le 14 octobre 2022. L’objectif est clair : actualiser la grille salariale devenue obsolète, notamment depuis la revalorisation du SMIG à 52 500 FCFA entrée en vigueur le 1er janvier 2024.
Maintenir des journalistes sur des bases salariales dépassées n’est pas seulement une injustice sociale, dénonce le SYNJIT, mais aussi une atteinte directe à leur indépendance professionnelle.
Un appel à la responsabilité collective
Face à cette situation, le syndicat lance un appel solennel à trois acteurs clés. D’abord aux organisations patronales, invitées à collaborer sincèrement pour appliquer effectivement le nouveau SMIG dans les grilles salariales du secteur. Ensuite au gouvernement, appelé à respecter les engagements pris lors de la signature de la convention collective. Enfin, aux journalistes eux-mêmes, exhortés à rester mobilisés pour la défense de leurs droits.
Pour le SYNJIT, le travail décent ne relève pas du luxe, mais constitue le socle de l’indépendance économique des professionnels des médias. En cette journée symbolique, le message est sans ambiguïté : sans justice sociale dans les rédactions, la liberté de la presse ne peut être pleinement garantie au Togo.
À Dapaong, des enseignants des Savanes se mobilisent et se forment pour mieux armer les adolescents face aux défis de la santé sexuelle et des valeurs dans un contexte en pleine mutation. Sous l’impulsion de l’ONG AIMES-AFRIQUE.
À Dapaong, des enseignants mieux armés pour encadrer les adolescents
Du 22 au 24 avril 2026, la ville de Dapaong, dans la région des Savanes, a accueilli un atelier de formation d’envergure à l’endroit des membres du comité régional des enseignants encadreurs des clubs santé. Organisée par l’ONG AIMES-AFRIQUE, avec l’appui du Ministère de l’Éducation nationale et de l’UNFPA, cette session s’inscrit dans une dynamique de renforcement des compétences des acteurs éducatifs face aux défis croissants liés à la santé sexuelle et au développement des adolescents.
Défis contemporains
Dans un contexte marqué par l’influence grandissante des réseaux sociaux et la persistance de nombreux tabous autour de la sexualité, les jeunes se retrouvent souvent exposés à des informations erronées ou incomplètes. Face à cette réalité, l’école apparaît comme un cadre privilégié pour apporter des réponses adaptées.
C’est dans cette optique que les 21 membres du comité régional des encadreurs des clubs santé de la région des Savanes ont été réunis autour du thème de l’Éducation aux Valeurs et à la Santé Sexuelle (EVSS). L’objectif est clair : doter ces enseignants d’outils pédagogiques et de connaissances solides pour mieux accompagner les élèves dans leur développement personnel, social et sanitaire.
Levier de transformation
Mis en place progressivement depuis octobre 2023 et généralisés à l’échelle nationale en mars 2024, les clubs santé s’imposent aujourd’hui comme un dispositif structurant dans le système éducatif togolais. Portés par AIMES-AFRIQUE, ils constituent de véritables espaces d’échange, d’écoute et de sensibilisation pour les élèves.
Ces clubs reposent sur une approche participative innovante. À travers des activités interactives, notamment les jeux éducatifs comme « Génie Imhotep », les élèves sont encouragés à produire eux-mêmes des contenus éducatifs destinés à leurs pairs. Ils deviennent ainsi des relais d’information, des éducateurs et même des ambassadeurs de la santé au sein de leurs établissements.
Richesse
La formation de Dapaong, première du genre depuis l’installation officielle des comités régionaux en février 2026, a abordé plusieurs thématiques essentielles. Parmi elles figurent le genre, la santé sexuelle et reproductive, les droits et responsabilités des jeunes, les relations interpersonnelles ainsi que la prévention des violences basées sur le genre (VBG).
Les participants ont également été formés sur des modules spécifiques tels que les méthodes contraceptives, la citoyenneté sexuelle ou encore la lutte contre les grossesses précoces en milieu scolaire. Autant de problématiques qui touchent directement la jeunesse et nécessitent une prise en charge adaptée.
Des guides pédagogiques et des outils pratiques ont été mis à disposition des enseignants afin de faciliter la transmission des connaissances au sein des clubs santé. L’objectif est de garantir un encadrement de qualité, capable d’influencer positivement les comportements des élèves.
Sexualité responsable
Au cœur des échanges, la question des tabous liés à la sexualité a occupé une place importante. Pour les experts, il est impératif de libérer la parole afin de mieux sensibiliser les jeunes.
« Les tabous sur la sexualité persistent encore et il faudrait sauter les verrous et aider les jeunes dans la sexualité positive », a souligné le Dr Michel Kodom, président fondateur d’AIMES-AFRIQUE.
Cette approche vise à promouvoir une sexualité responsable, fondée sur le respect de soi et des autres, tout en prévenant les risques liés aux comportements à risque.
Renforcement
Les comités régionaux des encadreurs des clubs santé jouent désormais un rôle clé dans la mise en œuvre du programme. En tant qu’organes déconcentrés, ils assurent la coordination des activités au niveau des préfectures, des inspections et des établissements scolaires.
La formation de Dapaong a ainsi permis de consolider cette dynamique en renforçant les capacités des encadreurs et en harmonisant les méthodes d’intervention. Elle a été coordonnée par des experts du Ministère de l’Éducation nationale, notamment Méatchi Bakar, point focal santé et alimentation, et Passa Tchilabalo, chef division de la vie scolaire et des projets d’établissements à la Direction de l’Enseignement secondaire général.
Impact durable
L’un des points forts du programme repose sur son approche en cascade. Les enseignants formés sont appelés à transmettre les connaissances acquises à leurs collègues et aux élèves, créant ainsi un effet multiplicateur.
Cette stratégie vise à toucher un maximum de jeunes et à renforcer durablement l’impact des clubs santé dans les établissements scolaires. À terme, il s’agit de contribuer à la formation d’une génération plus consciente, responsable et mieux informée sur les enjeux liés à la santé et à la citoyenneté.
Cap sur les autres régions
Après la région des Savanes, le programme de formation se poursuivra dans les autres régions éducatives du pays, notamment le Grand Lomé, la Maritime, les Plateaux Est et Ouest, la Centrale ainsi que la Kara.
Cette extension progressive témoigne de la volonté des acteurs impliqués de faire des clubs santé un pilier du système éducatif togolais. En renforçant les compétences des enseignants et en impliquant activement les élèves, cette initiative ambitionne de transformer durablement les comportements et de bâtir une jeunesse épanouie et responsable.
À travers cette formation, AIMES-AFRIQUE et ses partenaires confirment leur engagement en faveur du bien-être des jeunes. À Dapaong, un pas important vient d’être franchi dans la construction d’un avenir où l’éducation à la santé et aux valeurs occupe une place centrale.
Trente-cinq ans après sa création, le CAR dresse un bilan sans concession de la démocratie togolaise et appelle à un sursaut politique pour sortir le pays de l’impasse.
À l’occasion de son 35e anniversaire célébré le 30 avril 2026, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a livré une déclaration à la fois commémorative et critique, revenant sur plus de trois décennies de lutte politique au Togo. Fondé le 30 avril 1991 à l’initiative de feu Maître Yaovi Agboyibo et de ses compagnons, le parti s’était donné pour mission d’instaurer la démocratie par des moyens non violents, afin de garantir progrès et prospérité au peuple togolais.
Dans un ton empreint de solennité, le CAR a d’abord rendu hommage à ses militants disparus, saluant la mémoire de ceux qui ont « combattu sur le champ d’honneur ». Le parti rappelle ensuite la longueur et la difficulté de son engagement en faveur de l’alternance démocratique, reconnaissant avec amertume que cet objectif n’a toujours pas été atteint. « Nous aurions aimé être comptés parmi les pays ayant connu plusieurs alternances », regrette la déclaration.
Malgré ce constat, le CAR met en avant plusieurs acquis démocratiques obtenus grâce à son combat, notamment l’introduction du bulletin unique, la carte d’électeur biométrique ou encore la loi sur la décentralisation. Le parti souligne également le rôle joué par son président fondateur dans la recherche du dialogue politique, notamment à travers les accords des « 22 engagements » et l’Accord politique global (APG), destinés à favoriser le vivre-ensemble.
Cependant, le tableau dressé de la situation actuelle du pays se veut particulièrement sombre. Le CAR dénonce une dégradation continue du climat sociopolitique et critique la gestion du pouvoir en place. Selon le parti, la célébration de l’indépendance, censée symboliser l’unité nationale, serait aujourd’hui détournée à des fins partisanes, excluant les formations politiques jugées critiques.
Le mouvement pointe également du doigt des pratiques de gouvernance qu’il qualifie de préoccupantes, évoquant des soupçons de corruption et de mauvaise gestion des finances publiques. Il s’interroge notamment sur des mécanismes opaques de collecte et d’utilisation des taxes, appelant à plus de transparence. Le CAR demande ainsi un audit de la gestion financière des 117 communes entre 2019 et 2025 et exhorte le ministère de l’Économie et des Finances à apporter des éclaircissements.
Dans le même élan, le parti propose des mesures concrètes pour soulager les populations, telles que l’exonération des taxes de péage pour les motos, largement utilisées par les couches populaires. Il invite également le gouvernement à lutter contre l’évasion fiscale plutôt que de recourir systématiquement à l’endettement.
S’adressant directement aux citoyens, le CAR dresse un bilan sévère de ces 35 années, évoquant « espoirs déçus », « rêves non réalisés » et « avenir hypothéqué ». Le parti appelle néanmoins à un sursaut collectif, symbolisé par le choix entre deux voies : celle de la division, décrite comme facile mais destructrice, et celle de l’effort, de la solidarité et du patriotisme, jugée plus exigeante mais porteuse d’avenir.
Enfin, le CAR réaffirme sa conviction que la cogestion du pouvoir constitue une condition essentielle pour garantir des élections crédibles et sortir le pays de l’impasse politique. En ce jour anniversaire, il formule le vœu que la nouvelle génération togolaise ne soit plus sacrifiée et que le Togo puisse enfin réaliser son potentiel.