Étiquette : Togo

  • Le mystère autour du retrait de reconnaissance de Togbui Lanklivi intrigue

    Le mystère autour du retrait de reconnaissance de Togbui Lanklivi intrigue

    Entre silence officiel, spéculations politiques et interrogations sur les véritables motifs de la décision, le retrait de reconnaissance de Togbui Lanklivi 1er continue d’alimenter un vif débat dans l’opinion togolaise.

    Le retrait de l’arrêté de reconnaissance de Togbui Adjikou Lanklivi 1er, chef traditionnel du quartier d’Adakpamé Kpota-Colas, à Lomé, continue de susciter interrogations et commentaires au sein de l’opinion. Depuis l’annonce de cette décision, aucune explication officielle détaillée n’a été rendue publique par les autorités compétentes, laissant place à de nombreuses interprétations dans les milieux politiques et sociaux.

    Dans un contexte où la chefferie traditionnelle demeure une institution sensible, à la fois culturelle et politique, plusieurs observateurs s’interrogent sur les véritables raisons ayant conduit à cette mesure administrative. D’autant plus que le sujet touche une personnalité connue pour ses prises de position publiques et son influence dans une zone souvent considérée comme acquise à l’opposition.

    Selon des informations relayées dans certains médias locaux et sur les réseaux sociaux, une première explication évoquée ferait état d’un incident protocolaire lors d’une cérémonie de présentation de vœux au président du Conseil, Faure Gnassingbé. D’après cette version, une liste restreinte de chefs traditionnels autorisés à participer à l’événement aurait été établie en amont, et le nom du chef d’Adakpamé Kpota-Colas n’y figurait pas initialement.

    Toujours selon ces mêmes sources non officielles, Togbui Lanklivi aurait finalement intégré la délégation avant d’outrepasser le temps prévu pour les échanges individuels avec le chef de l’exécutif. Certains commentaires présentent cet épisode comme l’élément déclencheur du retrait de son arrêté de reconnaissance.

    Toutefois, aucune autorité officielle n’a confirmé publiquement cette version des faits. À ce stade, il convient donc de traiter ces informations avec prudence, faute de communication administrative claire permettant d’établir les circonstances exactes de la décision.

    Cette absence d’explications nourrit naturellement les spéculations. Plusieurs observateurs estiment en effet qu’une simple question protocolaire paraît insuffisante, à elle seule, pour justifier une mesure aussi lourde de conséquences symboliques et institutionnelles.

    Le sujet devient d’autant plus sensible que le chef traditionnel s’était illustré ces dernières années par des prises de position perçues comme favorables au pouvoir dans un quartier politiquement réputé critique envers les autorités. Son positionnement lui avait valu autant de soutiens que de critiques dans l’espace public.

    Parallèlement, certains analystes évoquent également un autre élément ayant pu alimenter les débats. Ces derniers mois, Togbui Lanklivi avait effectué un séjour remarqué au Bénin durant la période électorale béninoise. Au cours de différentes interventions publiques relayées localement, il avait salué l’organisation du scrutin béninois ainsi que le climat politique observé sur place.

    Là encore, aucune preuve ne permet d’établir un lien entre ces déclarations et la décision administrative prise à son encontre. Mais dans certains cercles d’opinion, ces propos ont été interprétés comme des comparaisons indirectes avec le contexte politique togolais, ce qui alimente aujourd’hui les discussions.

    Dans ses déclarations attribuées par plusieurs médias, le chef traditionnel aurait notamment insisté sur la stabilité institutionnelle, l’importance de la confiance électorale et la nécessité de transformer la légitimité politique en résultats concrets pour les populations. Des propos qui, selon certains commentateurs, auraient pu être diversement appréciés.

    En l’état actuel des choses, aucune version officielle ne permet toutefois de confirmer ou d’infirmer ces hypothèses. Et c’est précisément ce silence qui intrigue une partie de l’opinion. Beaucoup jugent, en effet, curieux que ni le ministère de tutelle ni l’intéressé lui-même ne communiquent clairement sur une affaire aussi importante que passionnante pour le débat public. Une clarification officielle permettrait sans doute d’éviter les rumeurs, les interprétations excessives et les procès d’intention qui prospèrent actuellement autour de ce dossier sensible.

    Dans un climat politique où chaque signal est scruté avec attention, l’affaire Togbui Lanklivi illustre une nouvelle fois combien les questions liées à la chefferie traditionnelle restent étroitement liées aux équilibres institutionnels et politiques du pays.


  • Médias togolais : l’alerte rouge du PPT

    Médias togolais : l’alerte rouge du PPT

    Malgré une légère progression du Togo dans le classement mondial de la liberté de la presse, le Patronat de la Presse Togolaise dénonce un climat toujours marqué par les intimidations, les arrestations et l’autocensure des journalistes.

    Le Patronat de la Presse Togolaise (PPT) a dressé, mardi à Lomé, un tableau préoccupant de la liberté de la presse au Togo. À travers la publication de son Baromètre 2025 et un plaidoyer en faveur de l’abrogation des peines privatives de liberté dans le futur Code de la presse, l’organisation patronale des médias a dénoncé un climat marqué par les intimidations, les arrestations et l’autocensure croissante dans les rédactions.

    Réuni à Marguo City, dans la commune du Golfe 5, le PPT reconnaît certes une légère amélioration par rapport à l’année 2021, qualifiée de « période la plus sombre de l’ère démocratique » pour les médias togolais. Le classement de Reporters sans frontières, qui fait passer le Togo de la 121e à la 97e place mondiale entre 2025 et 2026, est cité comme un signal positif. Mais pour le PPT, cette progression ne doit pas masquer la persistance des pressions contre les journalistes.

    Dans son rapport, l’organisation recense plusieurs cas d’interpellations, d’agressions, de poursuites judiciaires et de menaces enregistrés entre 2024 et 2026. Parmi les faits évoqués figurent l’arrestation de la journaliste de TV5MONDE Flore Monteau lors de manifestations politiques à Lomé en juin 2025, la suspension de RFI et de France 24 par la HAAC la même année, ou encore l’incarcération des journalistes Loïc Lawson et Anani Sossou après des publications sur les réseaux sociaux.

    Le document cite également plusieurs journalistes victimes d’agressions physiques, d’intimidations ou de procédures judiciaires, notamment Albert Agbeko, Roger Amemavoh ou encore le journal Tampa Express, poursuivi dans plusieurs affaires de diffamation. Le PPT dénonce aussi les redressements fiscaux infligés au journal Liberté, ainsi que des interventions jugées abusives des autorités administratives dans le fonctionnement de certains médias locaux.

    Pour l’organisation, ces événements traduisent un environnement médiatique « sous tension », où les professionnels de l’information évoluent dans un climat d’incertitude permanent. Le PPT estime que cette situation favorise l’autocensure, particulièrement dans les médias critiques du pouvoir.

    Au cœur des préoccupations du Patronat figure surtout le recours au Code pénal contre les journalistes. Le PPT rappelle que la dépénalisation des délits de presse constitue un acquis historique depuis 2004 et juge « inquiétante » la multiplication des arrestations de professionnels des médias sur la base du droit commun.

    L’organisation demande ainsi l’abrogation de plusieurs dispositions du Code de la presse de 2020, notamment celles excluant les réseaux sociaux de la protection accordée aux journalistes. Selon le PPT, ces articles permettent aujourd’hui d’engager des poursuites pénales contre des journalistes pour leurs publications numériques.

    Le Patronat critique également certaines nouvelles dispositions de la loi organique de la HAAC, qu’il considère comme des instruments pouvant favoriser le « musellement » de la presse critique. Les lourdes amendes prévues dans le nouveau Code de la presse inquiètent également l’organisation, qui estime qu’elles risquent d’asphyxier économiquement les médias privés togolais.

    Au-delà des réformes juridiques, le PPT plaide aussi pour la détaxation des intrants d’imprimerie et des équipements de production médiatique afin d’alléger les charges financières des entreprises de presse.

    En conclusion, l’organisation appelle l’ensemble des professionnels des médias, du public comme du privé, à une mobilisation générale pour défendre la liberté de la presse au Togo. Tout en réaffirmant que « la liberté va de pair avec la responsabilité », le PPT invite également les journalistes à davantage de professionnalisme et d’autocritique dans l’exercice de leur métier.

  • Face au terrorisme, le Togo serre les rangs

    Face au terrorisme, le Togo serre les rangs

    Entre soutien international, renforcement militaire et mobilisation des troupes au nord du pays, le Togo intensifie sa riposte face à la menace terroriste qui gagne du terrain dans la sous-région.

    Face à la menace jihadiste qui pèse de plus en plus sur ses frontières septentrionales, le Togo intensifie sa coopération sécuritaire avec ses partenaires internationaux. Cette dynamique s’est illustrée ces derniers jours à Lomé avec le soutien affiché de la Coalition islamique militaire contre le terrorisme, au moment où les autorités togolaises multiplient les initiatives pour consolider le dispositif de défense dans le nord du pays.

    La visite dans la capitale togolaise du secrétaire général de la Coalition islamique militaire contre le terrorisme (IMCTC), le général de division Mohammed Al-Moghedi, marque une nouvelle étape dans la coopération sécuritaire entre Lomé et cette organisation basée à Riyad. Reçu par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Calixte Batossie Madjoulba, le responsable saoudien a échangé avec les autorités togolaises sur les moyens de renforcer la coordination dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

    Les discussions ont également porté sur la stabilité régionale dans un contexte où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest restent confrontés à des attaques armées attribuées à des groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique. Depuis plusieurs années, le nord du Togo subit une pression sécuritaire croissante en raison de la progression des groupes armés opérant dans la région sahélienne.

    Au-delà du cadre diplomatique, la coopération entre le Togo et l’IMCTC s’est traduite par une action concrète. Mardi, à Lomé, la coalition a officiellement lancé une initiative de fourniture d’équipements militaires destinés aux forces spéciales antiterroristes togolaises. Cet appui vise à améliorer les capacités opérationnelles des unités engagées sur le terrain, notamment dans les zones sensibles proches des frontières avec le Burkina Faso.

    Pour les autorités togolaises, ce soutien intervient à un moment crucial. Les attaques sporadiques enregistrées ces dernières années dans la région des Savanes ont poussé le gouvernement à revoir sa stratégie sécuritaire, avec un renforcement de la présence militaire et des investissements accrus dans les équipements de défense.

    Cette montée en puissance du dispositif sécuritaire s’accompagne également d’un engagement politique affiché au plus haut niveau de l’État. Il y a quelques jours, le président du Conseil, Faure Gnassingbé, s’est rendu dans le nord du pays pour rencontrer les forces de défense et de sécurité déployées sur le front. Cette visite hautement symbolique visait à galvaniser les militaires engagés dans les opérations de sécurisation et à réaffirmer la détermination des autorités togolaises face à la menace terroriste.

    Sur place, le chef des armées togolaises a salué l’engagement des soldats et insisté sur la nécessité de maintenir une vigilance permanente pour prévenir toute tentative de déstabilisation du pays. Cette présence auprès des troupes traduit la volonté du pouvoir togolais d’afficher une posture de fermeté dans un contexte régional marqué par l’instabilité.

    Le rapprochement avec la Coalition islamique militaire contre le terrorisme confirme également l’ambition du Togo de diversifier ses partenariats sécuritaires. Alors que les défis liés au terrorisme deviennent de plus en plus transnationaux, Lomé cherche à renforcer ses capacités grâce à une coopération accrue avec des organisations internationales et des pays alliés.

    Dans un environnement sécuritaire régional particulièrement tendu, les autorités togolaises espèrent ainsi consolider leur dispositif de défense afin de contenir durablement la menace jihadiste à leurs frontières nord.

  • Togo : Amb. Johaness MAKOUVIA lance l’étape Région Maritime du Programme GÉNÉRATION PAIX à Tsévié

    Togo : Amb. Johaness MAKOUVIA lance l’étape Région Maritime du Programme GÉNÉRATION PAIX à Tsévié

    Après le succès retentissant du lancement officiel national tenu au Palais des Congrès de Lomé, le Programme GÉNÉRATION PAIX – École de la Paix et Campagne Nationale des Disciples de la Paix poursuit son déploiement territorial avec l’organisation de son étape régionale Maritime.

    Cette importante rencontre se tiendra le samedi 30 mai 2026 à partir de 9 heures à la Maison des Jeunes de Tsévié, sous le thème fédérateur :

    « Pour l’Amour de la Patrie »

    Portée par l’Ambassadeur Johaness MAKOUVIA, Président International et PCA de l’ONG MJPP/OIJPP, cette initiative citoyenne d’envergure nationale vise à renforcer durablement la paix, la cohésion sociale, le civisme et la responsabilité citoyenne dans les communautés.

    Placée sous le parrainage du Ministère de l’Administration Territoriale, de la Gouvernance Locale et de la Chefferie Coutumière, cette étape régionale s’inscrit dans la dynamique nationale de mobilisation des populations autour des valeurs de tolérance, de dialogue et de stabilité sociale.

    Former une génération de bâtisseurs de paix

    À travers le programme GÉNÉRATION PAIX, les initiateurs ambitionnent de :

    • former 10 000 Faiseurs de Disciples de la Paix ;
    • mobiliser 1 000 000 de Disciples de la Paix sur toute l’étendue du territoire national.

    L’étape Maritime constituera ainsi un cadre stratégique de :

    • formation ;
    • sensibilisation ;
    • mobilisation communautaire ;
    • et renforcement des capacités des jeunes, leaders communautaires, acteurs religieux et citoyens engagés.

    Les participants seront formés sur plusieurs thématiques essentielles, notamment :

    • la prévention et la gestion des conflits ;
    • la médiation sociale ;
    • le leadership citoyen ;
    • la promotion du vivre-ensemble ;
    • et les mécanismes de consolidation de la paix.

    Des outils pédagogiques structurants au service de la paix

    Dans le cadre de cette initiative, plusieurs outils pédagogiques et méthodologiques seront mis à contribution, notamment :

    • le Manuel des Faiseurs de Disciples de la Paix ;
    • le Guide Pratique des Faiseurs de Disciples de la Paix ;
    • la Charte Officielle des Disciples de la Paix.

    Ces documents constituent un socle de référence destiné à assurer une diffusion harmonisée des valeurs de paix et de citoyenneté responsable au sein des communautés.

    Une mobilisation régionale au service du développement

    L’étape Maritime du Programme GÉNÉRATION PAIX réunira plusieurs acteurs institutionnels, leaders religieux et traditionnels, organisations de jeunesse, associations communautaires ainsi que des citoyens venus de différentes localités de la région.

    À travers cette dynamique, les organisateurs entendent faire de la région Maritime un espace pilote de promotion de la paix et de prévention des tensions sociales.

    Une vision nationale pour un Togo uni et apaisé

    Bien plus qu’une campagne de sensibilisation, le Programme GÉNÉRATION PAIX se positionne comme un véritable mouvement national de transformation sociale, visant à bâtir une société fondée sur :

    • la paix ;
    • la solidarité ;
    • la tolérance ;
    • et l’engagement patriotique.

    Le rendez-vous est donc pris le 30 mai 2026 à 9 heures à la Maison des Jeunes de Tsévié, pour une grande mobilisation citoyenne au service de la paix et du développement durable du Togo.

  • Abréwankor, capitale du cacao premium

    Abréwankor, capitale du cacao premium

    À Abréwankor, le Togo mise sur un centre d’excellence ultramoderne pour transformer son cacao en produit haut de gamme capable de conquérir les marchés internationaux les plus exigeants.

    Le Togo franchit une nouvelle étape dans la modernisation de sa filière cacao. Le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC) a annoncé l’inauguration prochaine d’un centre d’excellence dédié au traitement post-récolte du cacao à Abréwankor, dans la préfecture de Wawa. Une initiative ambitieuse qui vise à renforcer durablement la qualité du cacao togolais et à mieux positionner les producteurs sur les marchés internationaux.

    Présenté lors d’une conférence de presse par le secrétaire général du CCFCC, Enselme Gouthon, le projet s’étend sur une superficie de 1,37 hectare et dispose d’infrastructures modernes répondant aux standards internationaux. Le site comprend un magasin de stockage de 25 tonnes, un hall de fermentation de 78 m², cinq tunnels de séchage, des dortoirs, un vestiaire, un système d’adduction d’eau potable ainsi qu’une alimentation énergétique solaire. Des motos et tricycles ont également été prévus afin de faciliter la collecte du cacao dans les treize villages concernés du Wawa.

    Entièrement financé sur fonds propres du CCFCC à hauteur de 160 millions de francs CFA, le chantier lancé en octobre 2025 s’inspire des modèles de centres d’excellence expérimentés avec succès au Cameroun. Pour les responsables de la filière, l’objectif dépasse largement la construction d’une simple infrastructure. Il s’agit surtout d’aider les producteurs à faire face aux fluctuations du marché mondial du cacao grâce à une amélioration significative de la qualité.

    Selon Enselme Gouthon, la montée en gamme du cacao togolais constitue la meilleure réponse à la volatilité des prix internationaux. Grâce au traitement post-récolte et au respect des normes de qualité, le cacao issu du centre pourrait être vendu à des prix largement supérieurs au marché classique, ouvrant ainsi l’accès à des marchés de niche particulièrement rémunérateurs.

    Le futur centre d’Abréwankor ambitionne aussi de devenir un véritable espace de formation pour les producteurs et les transformateurs. Le CCFCC entend renforcer les capacités des acteurs de toute la chaîne de valeur afin d’améliorer durablement les rendements et les revenus des producteurs.

    Cette dynamique intervient dans un contexte favorable pour le cacao togolais. Lors du concours Cocoa of Excellence 2025, deux producteurs togolais ont remporté les deux médailles d’or de la catégorie Afrique et Océan Indien, une reconnaissance internationale qui confirme la qualité croissante du cacao produit au Togo. La gestion du nouveau centre sera d’ailleurs confiée à leur organisation coopérative, dans une logique d’appropriation locale et de valorisation du savoir-faire national.

    Prévu pour être inauguré le 23 mai 2026, le centre d’excellence d’Abréwankor apparaît déjà comme un outil stratégique pour l’avenir de la filière. À travers ce projet, le CCFCC affiche clairement son ambition : faire du cacao togolais une référence incontournable sur le marché mondial du cacao premium, tout en améliorant durablement les conditions de vie des producteurs.


  • Clubs suspendus, crise annoncée dans la boxe togolaise ?

    Clubs suspendus, crise annoncée dans la boxe togolaise ?

    La décision de suspension prise par la Fédération togolaise de boxe contre plusieurs clubs jugés inactifs provoque de fortes contestations et relance les inquiétudes sur une possible crise interne dans la discipline.

    La décision de la Fédération togolaise de boxe (FETOBOXE) de suspendre temporairement plusieurs clubs pour « non-participation aux activités fédérales » suscite déjà de vives réactions dans le milieu pugilistique togolais. Alors que l’instance dirigeante évoque une mesure d’assainissement et de restructuration, certains acteurs de la discipline dénoncent une décision jugée brutale et potentiellement porteuse de tensions internes.

    Dans une note officielle datée du 7 mai 2026 et signée par le président de la fédération, Dr Kpakpo Adoté Mawussé, la FETOBOXE explique avoir constaté que certains clubs affiliés n’ont participé à aucune activité fédérale depuis au moins deux années consécutives. En conséquence, une suspension temporaire a été prononcée contre les structures concernées.

    Selon le document, cette mesure vise notamment à « assainir le fichier des clubs affiliés », encourager une participation effective aux activités fédérales et renforcer la crédibilité de l’organisation. La fédération précise toutefois qu’elle reste ouverte à toute démarche de régularisation de la part des clubs suspendus.

    Mais sur le terrain, cette décision est loin de faire l’unanimité. Plusieurs acteurs de la boxe togolaise s’interrogent sur l’opportunité d’une telle mesure dans un contexte où la discipline tente encore de retrouver un véritable souffle. Certains estiment que de nombreux clubs font face à des difficultés financières, à un manque d’accompagnement et à l’absence régulière de compétitions nationales, rendant difficile leur participation continue aux activités fédérales.

    D’autres voix craignent surtout que cette affaire ne marque le début d’une crise au sein de la boxe togolaise. Dans les discussions entre entraîneurs, dirigeants de clubs et anciens boxeurs, une inquiétude revient avec insistance : la FETOBOXE risque-t-elle de s’enfoncer dans des querelles internes comme cela a déjà été observé dans d’autres fédérations sportives du pays ?

    Pour plusieurs observateurs, la question dépasse la simple suspension administrative. Elle touche à la gouvernance du sport, au dialogue entre les dirigeants et les clubs affiliés, ainsi qu’à la capacité de la fédération à rassembler les différents acteurs autour d’un projet commun de relance de la boxe togolaise.

    La discipline, autrefois très populaire et génératrice de talents au Togo, peine depuis plusieurs années à retrouver sa stabilité et son rayonnement. Les compétitions se font rares, les moyens manquent et plusieurs jeunes talents se retrouvent sans véritable encadrement structuré.

    Dans ce contexte, certains appellent la fédération à privilégier la concertation plutôt que les sanctions. « Il faut écouter les clubs avant de prendre des décisions aussi lourdes », confie un acteur du milieu sportif, qui redoute une fracture durable au sein de la famille de la boxe.

  • Expulsée des États-Unis, une Togolaise dénonce un retour forcé via le Ghana

    Expulsée des États-Unis, une Togolaise dénonce un retour forcé via le Ghana

    Expulsée des États-Unis avec d’autres migrants ouest-africains, une Togolaise affirme avoir subi des conditions de détention éprouvantes au Ghana avant d’être renvoyée au Togo sans véritable procédure officielle.

    Entre expulsions migratoires, accusations de détention arbitraire et tensions diplomatiques, le parcours de plusieurs ressortissants ouest-africains renvoyés des États-Unis soulève de vives interrogations sur le respect des droits humains.

    Une nouvelle polémique secoue la gestion des migrants expulsés des États-Unis vers l’Afrique de l’Ouest. Au cœur de cette affaire, des ressortissants togolais et ouest-africains affirment avoir été transférés de force du Ghana vers leurs pays d’origine après leur expulsion du territoire américain. Parmi eux, une Togolaise aurait dénoncé des conditions de détention difficiles et un rapatriement imposé sans véritable procédure transparente.

    Selon plusieurs médias internationaux, les autorités ghanéennes avaient accepté d’accueillir temporairement des migrants africains expulsés des États-Unis. Mais quelques jours après leur arrivée à Accra, certains d’entre eux auraient été conduits dans un centre sécurisé avant d’être renvoyés vers leurs pays respectifs, notamment le Togo.

    Des avocats et organisations de défense des droits humains évoquent une possible violation des droits fondamentaux des personnes concernées. Ils dénoncent notamment l’absence d’assistance juridique suffisante, des restrictions de mouvement ainsi qu’un manque d’informations claires sur les décisions prises à leur encontre. Pour les défenseurs des migrants, cette situation met en lumière les zones d’ombre entourant les accords migratoires entre certains États africains et les autorités américaines.

    Le gouvernement ghanéen, de son côté, assure avoir simplement facilité le retour des expulsés vers leurs pays d’origine conformément aux procédures administratives en vigueur. Aucune déclaration officielle détaillée n’a cependant été faite sur les accusations de transfert forcé.

    Au Togo, cette affaire suscite déjà de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique. Plusieurs internautes s’interrogent sur les conditions d’accueil des ressortissants togolais expulsés de l’étranger et sur l’accompagnement psychologique, social et administratif qui leur est réservé à leur retour.

    Au-delà du cas togolais, cette affaire relance le débat sur la gestion des flux migratoires et le traitement réservé aux migrants africains dans un contexte international de plus en plus marqué par le durcissement des politiques migratoires. Pour de nombreux observateurs, le respect de la dignité humaine doit rester au centre de toute politique d’expulsion ou de rapatriement.

  • Tchamonga, au cœur de la guerre invisible

    Tchamonga, au cœur de la guerre invisible

    Entre guerre asymétrique, menace terroriste grandissante et pression régionale, la visite de Faure Gnassingbé à Tchamonga révèle l’ampleur des défis sécuritaires auxquels le Togo est désormais confronté dans sa partie septentrionale.

    Dans un contexte régional marqué par une montée persistante des menaces sécuritaires, le président du Conseil et chef suprême des armées, Faure Gnassingbé, s’est rendu le 7 mai dernier sur le front nord du Togo, précisément à Tchamonga, au cœur de la zone de l’opération Koundjoaré. Une visite hautement symbolique et stratégique qui traduit la gravité des défis sécuritaires auxquels le pays fait face dans la région des Savanes.

    Officiellement, ce déplacement avait pour objectif de superviser les opérations militaires en cours, évaluer l’état de la sécurité et encourager les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) engagées contre les groupes armés terroristes. Mais au-delà du discours institutionnel, cette présence présidentielle sur le terrain ressemble davantage à une immersion dans une guerre devenue complexe, mouvante et particulièrement éprouvante pour les soldats togolais.

    À Tchamonga, zone avancée située dans la bande frontalière est, les réalités du terrain sont loin des rapports administratifs. Les militaires engagés dans l’opération Koundjoaré font désormais face à une menace asymétrique difficile à contenir. Les groupes armés terroristes ont changé de stratégie : usage d’engins explosifs improvisés (IED), harcèlement nocturne, infiltration par le renseignement humain… L’ennemi ne tient plus une ligne de front identifiable. Il frappe, se disperse et exploite les failles d’un territoire vaste et difficile à contrôler.

    En s’attardant au Poste de Commandement Opérationnel, Faure Gnassingbé a pu mesurer l’usure physique et psychologique des troupes. Dans cette guerre de l’ombre, les besoins des soldats dépassent largement les équipements lourds. Derrière les discours sur les capacités opérationnelles se cachent aussi des préoccupations liées au quotidien : logistique, conditions de vie, rotations, soutien matériel et moral.

    Face aux soldats, le président du Conseil a promis une prise en compte progressive des besoins exprimés par les unités engagées. Il a également salué leur engagement dans la défense du territoire national. Le ministère de la Défense a indiqué qu’il a exhorté les militaires à faire preuve de vigilance, de détermination et d’un sens élevé du sacrifice afin de prévenir toute tentative de déstabilisation dans un environnement régional jugé préoccupant.

    Cette visite intervient alors que la pression sécuritaire s’intensifie dans le nord du pays. Longtemps concentrée sur certains axes centraux, la menace semble désormais se déplacer vers la partie orientale des Savanes, à proximité du Bénin, lui aussi confronté à des attaques djihadistes récurrentes, et d’un Burkina Faso toujours en proie à une forte instabilité.

    Le choix de Tchamonga n’est donc pas anodin. Il traduit un repositionnement stratégique des autorités togolaises face à l’évolution des risques sécuritaires dans la sous-région. En se rendant personnellement sur cette ligne avancée, Faure Gnassingbé a voulu envoyer un double message : rassurer les troupes sur le soutien de l’État et montrer à l’opinion que le pouvoir prend la pleine mesure de la menace.

    Mais cette visite relance également les débats politiques autour de la gouvernance sécuritaire du pays. Pour certains observateurs, elle marque surtout l’entrée en scène du nouveau président du Conseil dans son rôle de chef de guerre, cherchant à consolider son autorité à travers un pacte symbolique avec l’armée dans une période de fortes incertitudes régionales.

  • Taekwondo : quand le soutien mène au podium

    Taekwondo : quand le soutien mène au podium

    Grâce au soutien de plusieurs acteurs de l’ombre, la délégation togolaise de taekwondo a brillé à la Marpro Team Cup 2026 au Ghana, transformant solidarité et engagement en une moisson de médailles.

    La reconnaissance est souvent le moteur silencieux des grandes victoires. Après une participation remarquée à la Marpro Taekwondo Team Cup 2026 au Ghana, la délégation togolaise de taekwondo a tenu à rendre hommage à ceux qui, dans l’ombre, ont contribué aux performances des athlètes sur les tatamis.

    À travers une affiche forte en symboles et en émotions, le coach Rahamane, connu sous le nom de « Super Ramane », a exprimé la gratitude de toute une équipe envers plusieurs personnalités dont le soutien moral, financier et technique a permis au Togo de décrocher des médailles lors de cette compétition internationale.

    Parmi les personnes honorées figurent notamment Maître Febon, basé en France, Maître Agbezo Daniel, premier vice-président de la Fédération togolaise de taekwondo (FTTKD), ainsi que Maître Vossah Elom, secrétaire général de la fédération. Tous sont salués pour leur implication constante dans l’accompagnement des jeunes athlètes togolais.

    Le message est clair : derrière chaque médaille, il existe des sacrifices, des conseils, des encouragements et des soutiens financiers souvent méconnus du grand public. En mettant ces acteurs à l’honneur, la délégation togolaise veut rappeler que le sport de haut niveau ne se construit jamais seul.

    Organisée les 8 et 9 mai 2026 au Korean Sport Complex Community 3 de Tema, au Ghana, la Marpro Taekwondo Team Cup a réuni des combattants de différentes catégories, notamment cadets, juniors et seniors. Le tournoi a servi de véritable vitrine du talent ouest-africain dans cette discipline où le Togo cherche progressivement à se faire une place.

    Au-delà des performances sportives, cette initiative de reconnaissance traduit aussi une volonté de renforcer l’esprit de famille autour du taekwondo togolais. « La famille, on n’oublie jamais ceux qui nous portent », peut-on lire sur l’affiche. Une phrase qui résume parfaitement l’état d’esprit de cette génération d’athlètes déterminés à porter haut les couleurs nationales.

    Dans un contexte où les disciplines sportives manquent souvent de moyens et d’accompagnement, ce type de solidarité apparaît comme une nécessité pour maintenir l’espoir et encourager les talents émergents. Les responsables sportifs et mécènes qui acceptent de soutenir les équipes deviennent ainsi des piliers essentiels du développement du sport togolais.

    Avec cette moisson de médailles au Ghana, le taekwondo togolais envoie un signal encourageant. Mais pour transformer ces succès ponctuels en performances durables, les acteurs du milieu savent qu’il faudra continuer à investir dans la formation, l’encadrement et le soutien des athlètes.

    Une chose est certaine : au lendemain de la Marpro Team Cup 2026, le Togo n’a pas seulement célébré des podiums. Il a aussi célébré l’esprit d’unité et de reconnaissance qui fait grandir les grandes nations sportives.


  • 𝐓𝐫𝐨𝐢𝐬 𝐝𝐚𝐭𝐞𝐬, 𝐮𝐧 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞́𝐥𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫

    𝐓𝐫𝐨𝐢𝐬 𝐝𝐚𝐭𝐞𝐬, 𝐮𝐧 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞́𝐥𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫

    La Constitution togolaise ne serait pas réellement parlementaire, mais organiserait la concentration du pouvoir autour d’un chef unique, au sein d’une continuité dynastique.

    𝐌𝐚𝐢 𝟐𝟎𝟐𝟒. 𝐌𝐚𝐢 𝟐𝟎𝟐𝟓. 𝐌𝐚𝐢 𝟐𝟎𝟐𝟔. 𝐓𝐫𝐨𝐢𝐬 𝐝𝐚𝐭𝐞𝐬, 𝐮𝐧 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐫𝐞́𝐯𝐞́𝐥𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫

    La nouvelle Constitution du Togo, promulguée en mai 2024, est entrée en vigueur en mai 2025 avec la Vè République. Présentée comme un tournant institutionnel, elle prétend instaurer un régime parlementaire. Mais un an plus tard, les discours fissurent le vernis.

    En mai 2025, Mme Essossimna Marguerite Gnakadé, ancienne ministre des Armées, appelle publiquement à un nouveau départ sans Faure Gnassingbé. Une rupture assumée. Un désaveu sans ambiguïté.

    En mai 2026, Christian Eninam Trimua, juriste et ancien pilier du régime, publie une analyse académique troublante : la Constitution togolaise ne serait pas réellement parlementaire, mais organiserait la concentration du pouvoir autour d’un chef unique, au sein d’une continuité dynastique. Les contre-pouvoirs ? Encadrés, limités, neutralisés.

    Coïncidence des dates ? Peut-être. Mais convergence des diagnostics, certainement.

    Deux voix issues du système. L’une rompt ouvertement. L’autre démonte méthodiquement et conceptuellement les fondements du pouvoir du régime.

    Faut-il y voir les signes répétés d’une fissure interne ? Une prise de conscience progressive ?

    Quand ceux qui ont servi commencent à dire – ou à écrire – ce que beaucoup dénoncent, une question s’impose : le système peut-il encore se maintenir sans se révéler lui-même ?

    L’histoire, parfois, commence par des aveux différés.

    Dr Cyrille Kossigan Kokou-Kpolou

Radio Renouveau228

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