À Bè-Dagbuipé, un groupe d’anciens footballeurs redonne vie à l’esprit du sport et de la solidarité à travers la création d’un vétéran club qui ambitionne déjà de devenir une référence dans les compétitions de gaillards au Togo.
Chaque vendredi soir, l’ambiance change sur le terrain de Bè-Dagbuipé. Les projecteurs improvisés éclairent des hommes qui, malgré le poids des années, continuent de courir derrière le ballon avec passion. Depuis environ quatre mois, d’anciens joueurs du quartier se retrouvent régulièrement pour des séances d’entraînement dans une atmosphère conviviale et fraternelle.
Au-delà du simple plaisir de jouer au football, cette initiative poursuit plusieurs objectifs. Les membres veulent avant tout renforcer les liens entre anciens sportifs du quartier et maintenir une bonne condition physique. Mais surtout, ils souhaitent bâtir une véritable famille autour des valeurs d’entraide, de respect et de solidarité. C’est ce que résume Komlan Sewlenou alias Magalo, son actuel président.
Pour les initiateurs du projet, le vétéran club doit devenir un cadre où chacun peut trouver du soutien dans les moments difficiles. En cas d’évènement malheureux, les membres entendent se mobiliser pour accompagner leurs camarades et leurs familles. À l’inverse, les heureux évènements comme les mariages, baptêmes, anniversaires ou réussites professionnelles seront aussi célébrés collectivement.
« Nous voulons créer une union forte entre anciens joueurs. Le football nous rassemble, mais l’objectif va au-delà du sport », confie le président d’honneur Tunde.
L’organisation du club se structure progressivement. Des responsables ont été désignés afin d’assurer la coordination des entraînements, la mobilisation des membres et la préparation des futures activités. Les rencontres hebdomadaires servent également à discuter du fonctionnement de l’association et des ambitions à moyen terme. Le bureau s’active pour se faire reconnaître officiellement des autorités compétentes, complète Tunde.
Parmi les grandes priorités figure la participation aux compétitions de vétérans et de gaillards organisées à Lomé et dans plusieurs villes de l’intérieur du pays. Les membres veulent constituer une équipe compétitive capable de représenter dignement Bè-Dagbuipé lors des tournois et rencontres amicales.
L’objectif est aussi de montrer que le sport peut continuer à jouer un rôle social important même après la carrière active des joueurs. Pour plusieurs habitants du quartier, cette initiative constitue un exemple positif pour la jeunesse, dans un contexte où les cadres de rassemblement communautaire deviennent de plus en plus rares.
Les anciens joueurs espèrent désormais attirer davantage de membres et obtenir des soutiens pour renforcer leur organisation. L’achat d’équipements, l’amélioration des conditions d’entraînement et la participation aux déplacements figurent parmi les besoins évoqués.
À Bè-Dagbuipé, le ballon rond redevient ainsi un outil de cohésion sociale. Entre passion du football, esprit de fraternité et ambition sportive, le jeune vétéran club entend écrire une nouvelle page de son histoire, avec la ferme volonté de faire rayonner le quartier sur les terrains de gaillards du Togo.
L’Université de Lomé et la chaîne panafricaine SOS Docteur TV unissent leurs forces pour offrir aux étudiants des formations plus pratiques et mieux adaptées aux réalités du monde professionnel.
L’Université de Lomé franchit une nouvelle étape dans sa politique de professionnalisation des formations. Ce 21 mai 2026, l’institution universitaire, à travers l’Institut des Sciences de l’Information, de la Communication et des Arts (ISICA), a officiellement signé une convention de partenariat avec l’ONG AIMES-Afrique et sa chaîne thématique SOS Docteur TV. L’accord vise principalement à renforcer les compétences pratiques des étudiants dans les domaines de l’information, de la communication et de l’audiovisuel.
La cérémonie de signature s’est déroulée en présence des responsables universitaires, enseignants-chercheurs, étudiants ainsi que des représentants de AIMES-Afrique et de SOS Docteur TV. Elle a été présidée par le président de l’Université de Lomé, le Professeur Kossivi Hounaké.
À travers ce partenariat, les deux institutions affichent une ambition commune : rapprocher davantage le monde académique des réalités professionnelles afin de faciliter l’insertion des jeunes diplômés sur le marché de l’emploi.
Passerelle entre théorie et pratique
Prenant la parole lors de la cérémonie, le Président Fondateur de AIMES-Afrique et CEO de SOS Docteur TV, le Professeur Honoraire Docteur Serge Michel Kodom, a salué un partenariat qu’il considère comme structurant pour la jeunesse africaine.
Selon lui, cette convention dépasse largement le cadre d’un simple acte administratif. Elle symbolise avant tout la rencontre entre le savoir académique et les réalités du terrain.
« Cette cérémonie marque bien plus qu’un simple acte administratif, elle symbolise la rencontre entre le monde académique et le monde professionnel, mais surtout la rencontre entre le savoir, la pratique et l’action concrète sur le terrain », a-t-il déclaré devant l’assistance.
Le Professeur Honoraire a insisté sur la nécessité d’adapter davantage les formations universitaires aux exigences du secteur médiatique moderne. Dans un environnement où les métiers de la communication et de l’audiovisuel évoluent rapidement, il estime indispensable de permettre aux étudiants d’acquérir des expériences pratiques avant même leur entrée dans la vie active.
Grâce à cette convention, les étudiants de l’ISICA pourront désormais bénéficier de stages pratiques, d’immersions professionnelles, de formations spécialisées ainsi que d’un accompagnement dans le domaine du journalisme de santé, un secteur encore peu développé dans plusieurs pays africains.
Pour les initiateurs du projet, l’objectif est de former une nouvelle génération de professionnels, capables de produire des contenus de qualité, de lutter contre la désinformation et de sensibiliser efficacement les populations sur les questions sanitaires.
Défi de la désinformation sanitaire
Au-delà de l’aspect purement académique, les responsables de SOS Docteur TV entendent également mettre l’accent sur l’éducation sanitaire des populations africaines. Le Professeur Kodom a d’ailleurs souligné le rôle stratégique que peut jouer une télévision spécialisée dans la santé dans un contexte marqué par la circulation massive de fausses informations.
Selon lui, les médias spécialisés ont aujourd’hui une responsabilité importante dans la prévention des crises sanitaires et dans la diffusion d’informations fiables auprès des populations.
« La santé médiatique devient donc un investissement économique stratégique », a-t-il affirmé, invitant les étudiants à saisir pleinement cette opportunité de formation et d’insertion professionnelle.
Cette orientation vers le journalisme de santé prend une dimension particulière depuis la pandémie de COVID-19, période durant laquelle les médias ont joué un rôle central dans la sensibilisation des populations sur les gestes barrières, la vaccination et les mesures de prévention.
Vision portée par l’Université de Lomé
Du côté de l’Université de Lomé, ce partenariat s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation et de professionnalisation des formations universitaires.
Le président de l’institution, le Professeur Kossivi Hounaké, a rappelé que la professionnalisation constitue l’un des axes majeurs de son mandat. Pour lui, l’université ne peut plus se limiter à la transmission théorique des connaissances. Elle doit également préparer concrètement les étudiants aux réalités du marché du travail.
Le président de l’université a salué l’engagement du Professeur Kodom, qu’il considère comme « un citoyen modèle qui s’engage véritablement pour notre pays ». Et d’ajouter que cette convention permettra désormais aux étudiants de disposer d’un véritable laboratoire professionnel où ils pourront expérimenter leurs connaissances et développer leurs compétences techniques.
Le Professeur Hounaké a toutefois insisté sur la nécessité de rendre ce partenariat pleinement opérationnel afin qu’il produise des résultats tangibles. « Nous ne sommes pas dans la gouvernance spectacle, mais dans la gouvernance action », a-t-il martelé, appelant les responsables des deux institutions à faire de cette coopération un modèle de collaboration entre université et monde professionnel.
Acteur médiatique en pleine expansion
Créée en 2020 par l’ONG AIMES-Afrique à Lomé, AIMES-Afrique a lancé SOS Docteur TV avec pour objectif de rendre l’information sanitaire accessible au plus grand nombre.
La chaîne panafricaine, spécialisée dans la santé et le bien-être, diffuse 24 heures sur 24 des programmes consacrés à la prévention, à la nutrition, au sport santé, à l’information médicale et à la sensibilisation des populations.
Durant la pandémie de COVID-19, SOS Docteur TV s’est particulièrement illustrée grâce à ses émissions éducatives sur les gestes barrières, les traitements préventifs et la vaccination.
Accessible sur le bouquet CANAL+, au canal 6 au Togo et au canal 440 en Afrique, la chaîne est également disponible en streaming sur ses plateformes numériques et via son application mobile.
SOS Docteur TV dispose par ailleurs de clubs santé implantés dans plusieurs collèges et lycées du Togo. Ces structures servent de relais de sensibilisation auprès des jeunes sur les questions sanitaires et de bien-être.
Avec cette convention signée avec l’Université de Lomé, la chaîne entend désormais jouer un rôle encore plus actif dans la formation des futurs professionnels des médias au Togo et en Afrique.
Le promoteur de la chaîne, le Professeur Honoraire Dr KODOM Serge Michel, médecin interniste, spécialisé journalisme médical et en diplomatie de la santé compte mettre ses compétences dans l’encadrement de la nouvelle génération de journalistes dans le domaine de la santé.
SOS DOCTEUR TV, première chaîne panafricaine spécialisée dans la santé, basée à Lomé, entièrement digitalisée, disponible également sur le bouquet Canal + (n°6 au Togo et n°440 en Afrique), sur satellite MP4, a su s’imposer comme média thématique ” santé et bien-être ” partenaire de l’OOAS et Africa CDC de l’Union Africaine.
Les marchés à bétail connaissent une véritable fièvre des prix à quelques jours de la Tabaski. Dans plusieurs villes, acheter un mouton relève désormais du parcours du combattant pour de nombreuses familles, confrontées à une hausse spectaculaire des coûts à l’approche de la grande fête musulmane.
AU Togo, cette année, les prix des moutons ont littéralement explosé. Un animal qui se négociait plus ou moins entre 50 000 et 100 000 FCFA l’an dernier coûte désormais entre 150 000 et 200 000 FCFA, selon les catégories et la taille des bêtes. Une augmentation vertigineuse qui bouleverse les habitudes des ménages et suscite l’inquiétude des fidèles musulmans à quelques jours de la célébration prévue les 27 ou 28 mai.
Dans les marchés à bétail, vendeurs et acheteurs évoquent tous la même explication : la raréfaction des animaux disponibles. Le Burkina Faso et le Niger, deux importants fournisseurs de bétail dans la sous-région, ont récemment imposé des restrictions sur l’exportation des animaux. Cette situation a fortement réduit l’approvisionnement dans plusieurs pays ouest-africains, provoquant une tension immédiate sur les prix.
Face à cette flambée, de nombreux acheteurs se retrouvent contraints de revoir leur budget à la hausse ou de se tourner vers des moutons de plus petite taille. Certains commerçants assurent également que les coûts du transport et de l’alimentation du bétail ont contribué à accentuer cette inflation inhabituelle.
La Tabaski, également appelée Aïd el-Kébir ou Aïd al-Adha, demeure l’une des plus importantes fêtes de l’islam. Elle commémore le sacrifice d’Abraham et constitue un moment de partage, de prière et de solidarité. Malgré la hausse des prix, les fidèles espèrent encore pouvoir perpétuer cette tradition essentielle.
Face à la montée des tensions au sein de la communauté musulmane de Kpalimé, l’Union musulmane du Togo (UMT) a décidé de fermer provisoirement la Mosquée centrale et de radier définitivement l’Imam Malam Salifou Moussa, dans une tentative d’éviter une aggravation de la crise.
Depuis plusieurs années, la communauté musulmane de Kpalimé est profondément divisée autour des questions de leadership religieux et de gouvernance locale. Le conflit oppose notamment les partisans de Malam Salifou Moussa à ceux soutenant les nouvelles autorités désignées par l’UMT. La situation a atteint un point critique le 15 mai dernier, lorsqu’une altercation physique a éclaté en pleine grande prière du vendredi à la Mosquée centrale.
Selon plusieurs sources locales, des fidèles favorables à Malam Salifou Moussa avaient escorté ce dernier pour qu’il reprenne la direction de la prière hebdomadaire, malgré sa destitution contestée. L’incident a dégénéré après l’intervention d’un autre dignitaire religieux, provoquant des affrontements et une vive agitation dans la ville. Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux ont rapidement amplifié les tensions.
C’est dans ce contexte explosif que l’UMT a choisi de fermer temporairement la Mosquée centrale afin de prévenir de nouveaux affrontements entre fidèles. La radiation de Malam Salifou Moussa apparaît également comme une mesure disciplinaire destinée à réaffirmer l’autorité de l’organisation religieuse nationale et à éviter toute contestation supplémentaire.
Pour plusieurs observateurs, cette décision vise surtout à empêcher une fracture durable au sein de la communauté musulmane de Kloto. Toutefois, sur le terrain, la mesure reste controversée. Une partie importante des fidèles continue de considérer l’ancien imam comme leur guide légitime et réclame une médiation capable de ramener la paix et la cohésion sociale dans la ville.
Paris a dépêché à Lomé son chef de la diplomatie fin avril après deux décennies d’absence d’une visite à un tel niveau. Un signal fort, alors que la Russie s’emploie à faire du Togo un nouveau point d’ancrage.
Une première depuis 24 ans : en dépêchant fin avril son chef de la diplomatie à Lomé, Paris cherche à réaffirmer son partenariat avec le Togo, au moment où la Russie intensifie son rapprochement avec Lomé pour étendre son influence régionale.
Si le Togo n’a jamais cessé d’entretenir de bonnes relations avec Paris, il est devenu ces dernières années un terrain fertile pour l’expansion de Moscou, qui ambitionne d’en faire son point d’ancrage dans le golfe de Guinée après le Sahel. Car Lomé est resté très proche du Mali, du Niger et du Burkina Faso voisin, qui ont rompu leurs relations historiques avec la France pour se rapprocher notamment de la Russie.
Une « anomalie » que Paris veut corriger
L’absence d’une visite d’un tel niveau pendant deux décennies constituait une « anomalie » que Paris entendait corriger « au regard de la densité et l’ancienneté de la relation entre la France et le Togo », déclarait Jean-Noël Barrot lors de sa visite à Lomé les 23 et 24 avril. « Faure [Gnassingbé] et le président Macron ont souhaité donner encore plus d’impulsion à la relation entre nos deux pays qu’elle n’en avait déjà », a-t-il expliqué.
« L’enjeu pour la France n’est pas tant un “retour” au Togo qu’une tentative de contenir l’érosion continue de son influence régionale », explique le politologue et essayiste togolais Madi Djabakate.
En 2025, Moscou a signé un accord de coopération militaire avec Lomé, qui lui permet d’envoyer des « instructeurs », des navires et des aéronefs militaires au Togo, confronté aux violences jihadistes meurtrières dans sa partie nord.
Avec cet accord, le Togo est cité parmi les pays où le groupe paramilitaire russe Africa Corps « pourrait s’étendre [ou se serait déjà étendu] », pour lutter contre les jihadistes qui frappent le nord du pays, selon un rapport d’avril du Congressional Research Service (CRS), organe d’expertise du Congrès américain.
« Notre offre est la meilleure »
Moscou s’intéresse également au stratégique port de Lomé, « le plus profond d’Afrique de l’Ouest avec ses 17 mètres », qu’elle envisage comme un hub logistique pour écouler ses marchandises vers le Togo mais aussi les pays enclavés du Sahel, expliquait l’ambassadeur russe au Togo et au Bénin, Igor Evdokimov, dans une interview en mars.
Pour accompagner cette stratégie, la Russie veut construire une ligne ferroviaire reliant le port de Lomé à l’intérieur du pays, voire jusqu’à la frontière burkinabè, ainsi qu’un projet d’oléoduc sur le même axe, détaillait le diplomate russe.
Moscou mise également sur le soft power pour asseoir son influence au Togo : nomination prochaine d’un ambassadeur résident, plus de bourses d’études, bientôt un centre d’enseignement du russe et des concerts d’artistes du conservatoire de Moscou à Lomé.
« On voit bien que la Russie étend sa coopération et sa présence. Mais de notre côté, ce qu’on propose, c’est du concret », assurait un conseiller de Jean‑Noël Barrot en marge de sa visite à Lomé. « On n’a pas de soucis pour la diversification des partenariats. C’est à nous de démontrer que notre offre est la meilleure », ajoute une diplomate de la délégation.
Un message que la visite de Jean-Noël Barrot à Lomé visait précisément à illustrer, avec à la clé des projets tangibles sur des financements français, comme la rénovation d’un CHU doté d’équipements de pointe ou le lancement d’une école d’excellence en programmation et intelligence artificielle.
« Efficacité narrative » russe
Pour le politologue Madi Djabakate, « dans cette compétition d’influence, Moscou progresse moins par sa puissance économique que par son efficacité narrative et psychologique : discours anti-occidental, défense de la souveraineté étatique, rejet des injonctions démocratiques et offre de coopération sécuritaire rapide. » « De notre côté nous sommes fiables et on s’inscrit dans la durée », assure la diplomate française.
Selon plusieurs spécialistes du Sahel, la présence russe n’empêche pas les jihadistes de progresser dans la région, notamment au Mali où les Russes n’ont pu défendre la ville symbole de Kidal face aux attaques menées fin avril. Toutefois, Paris ne doit pas ignorer « une opinion publique togolaise de plus en plus sensible aux discours critiques de la “Françafrique” », prévient Madi Djabakate.
Représenté par le président de l’Assemblée nationale au sommet franco-africain Africa Forward de Nairobi début mai, Faure Gnassingbé, est en revanche attendu fin octobre à Moscou pour un sommet Russie-Afrique.
Technicien rigoureux et diplômé parmi les plus qualifiés de sa génération, Samuel Ekoé Galé poursuit son ascension sur le continent malgré une reconnaissance encore limitée dans son pays d’origine.
Candidat au Mali
Le nom de Samuel Ekoé Galé revient avec insistance dans les cercles du football africain. L’entraîneur germano-togolais fait partie des profils qui suscitent de plus en plus d’intérêt auprès des fédérations en quête de modernité, de discipline tactique et d’une vision de développement durable du football. Dernière illustration en date : sa candidature au poste de sélectionneur des Aigles du Mali, où il figurait parmi les 28 dossiers enregistrés par la Fédération malienne de football (FEMAFOOT).
Cette présence dans une liste aussi sélective n’a rien d’anodin. Elle témoigne de la crédibilité grandissante d’un technicien dont le parcours, les qualifications et la méthodologie attirent l’attention bien au-delà des frontières togolaises. Dans un contexte où les sélections africaines recherchent des entraîneurs capables d’allier exigence européenne et compréhension des réalités du football africain, Samuel Ekoé Galé apparaît comme un profil particulièrement intéressant.
Reconnu pour sa rigueur professionnelle, Samuel Ekoé Galé, titulaire de la Licence UEFA Pro, s’est construit une réputation d’entraîneur méthodique, attaché à l’organisation tactique et au développement des joueurs. Son approche du football repose sur la discipline collective, la lecture du jeu et une gestion humaine souvent saluée par ceux qui ont travaillé à ses côtés.
L’un de ses principaux atouts demeure son parcours de formation. Le technicien germano-togolais est titulaire d’un des diplômes d’entraîneur les plus prestigieux et les plus exigeants au monde, une certification qui ouvre généralement les portes du très haut niveau. Ce bagage technique lui confère une crédibilité importante dans les processus de recrutement internationaux, notamment pour les sélections nationales.
Dans le starting-block à la Sierra Leone
Au-delà des diplômes, Samuel Ekoé Galé bénéficie également d’une culture footballistique hybride. Formé dans un environnement européen reconnu pour son exigence tactique, il possède en parallèle une connaissance des réalités du football africain, de ses défis structurels et de ses spécificités humaines. Un double regard devenu précieux pour de nombreuses fédérations africaines.
Son nom circule d’ailleurs actuellement dans un autre dossier important : celui de la sélection nationale de la Sierra Leone. Le technicien figure parmi les candidats suivis pour prendre les rênes de l’équipe fanion sierra-léonaise, preuve supplémentaire que son profil continue de gagner en visibilité sur le continent.
Si Samuel Ekoé Galé attire l’attention à l’étranger, sa situation interpelle cependant au Togo. Beaucoup d’observateurs estiment que le technicien n’est pas encore considéré à sa juste valeur dans son propre pays, malgré ses qualifications et l’intérêt qu’il suscite auprès de plusieurs fédérations africaines.
Dans un environnement où les compétences locales peinent parfois à être pleinement valorisées, son parcours pose la question de la reconnaissance des entraîneurs togolais formés au plus haut niveau international. Le contraste est d’autant plus frappant que des nations ambitieuses comme le Mali ou la Sierra Leone examinent sérieusement son profil pour leurs équipes nationales.
À l’heure où le football africain cherche à franchir un nouveau cap, des techniciens comme Samuel Ekoé Galé incarnent une génération capable d’apporter méthode, professionnalisme et vision stratégique. Reste désormais à savoir quelle fédération lui offrira l’opportunité de transformer ce potentiel en projet concret sur un banc de sélection nationale.
Le tirage au sort des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2027 a été effectué ce mardi en Égypte, lançant officiellement la course vers la phase finale prévue en Afrique de l’Est. Les quarante-huit sélections engagées connaissent désormais leurs adversaires dans une campagne qui s’annonce disputée.
Réparties en douze groupes de quatre équipes, les nations africaines devront batailler pour décrocher leur qualification. Plusieurs affiches attirent déjà l’attention, notamment dans le groupe C où la Côte d’Ivoire et le Ghana se retrouvent dans une poule très relevée en compagnie de la Gambie et de la Somalie. Après son absence remarquée à la CAN 2025, le Ghana cherchera à retrouver son statut continental.
Le Maroc, demi-finaliste du Mondial 2022 et l’un des favoris du continent, hérite d’un groupe A abordable avec le Gabon, le Niger et le Lesotho. Le Sénégal, de son côté, croisera une nouvelle fois la route du Soudan dans le groupe J, après leurs précédentes confrontations lors des qualifications pour la Coupe du monde 2026.
Eperviers
Le groupe I, celui du Togo, attire particulièrement l’attention. Les Éperviers devront affronter l’Algérie, la Zambie et le Burundi. Sur le papier, la sélection algérienne apparaît comme la favorite naturelle du groupe grâce à son expérience et à la qualité de son effectif. La Zambie reste également un adversaire redoutable, habitué des compétitions continentales et souvent difficile à manœuvrer à domicile.
Pour le Togo, cette poule représente un défi important mais pas inaccessible. Les Éperviers retrouvent deux adversaires déjà croisés ces dernières années, ce qui pourrait réduire l’effet de surprise. La qualification passera probablement par une bonne gestion des matchs à domicile et une capacité à prendre des points face au Burundi, considéré comme l’équipe la plus abordable du groupe. Face à l’Algérie et à la Zambie, le Togo devra afficher davantage de régularité et d’efficacité offensive pour espérer terminer parmi les deux premières places qualificatives.
Les premières journées des éliminatoires sont prévues entre septembre et octobre prochains, tandis que la campagne s’achèvera en mars 2027.
Les groupes des éliminatoires
Groupe A : Maroc, Gabon, Niger, Lesotho
Groupe B : Égypte, Angola, Malawi, Soudan du Sud
Groupe C : Côte d’Ivoire, Ghana, Gambie, Somalie
Groupe D : Afrique du Sud, Guinée, Kenya, Érythrée
Groupe E : RDC, Guinée équatoriale, Sierra Leone, Zimbabwe
Groupe F : Burkina Faso, Bénin, Mauritanie, République centrafricaine
Groupe G : Cameroun, Comores, Namibie, Congo
Groupe H : Tunisie, Ouganda, Libye, Botswana
Groupe I : Algérie, Zambie, Togo, Burundi
Groupe J : Sénégal, Mozambique, Soudan, Éthiopie
Groupe K : Mali, Cap-Vert, Rwanda, Libéria
Groupe L : Nigéria, Madagascar, Tanzanie, Guinée-Bissau
Le bras de fer judiciaire entre la Fédération Togolaise de Football et deux de ses anciens employés plonge aujourd’hui l’instance faîtière sportive dans une situation financière et administrative délicate.
C’est une révélation du confrère Togoscoop. La crise qui secoue actuellement la Fédération Togolaise de Football (FTF) trouve son origine dans une série de licenciements intervenus après la restructuration du staff des Éperviers du Togo. Dix ans après l’arrivée du Colonel Guy Akpovy à la tête de l’instance dirigeante du football togolais, l’affaire met en lumière les tensions persistantes autour de la gestion administrative et sociale de la fédération.
Élu président de la FTF le 16 février 2016, le Col Guy Akpovy avait hérité d’une fédération fragilisée par plusieurs années de crise. Dans la foulée, l’ancien sélectionneur français Claude Le Roy est recruté avec l’appui des autorités togolaises pour conduire un nouveau projet sportif. Malgré une qualification remarquée à la Coupe d’Afrique des Nations 2017 au Gabon, les résultats sportifs des Éperviers n’ont pas répondu aux attentes, conduisant finalement au départ du technicien français.
Dans le contexte de cette réorganisation, plusieurs membres du staff technique et administratif de la sélection nationale ont vu leurs contrats interrompus. Les conditions de ces départs ont rapidement suscité des critiques. Parmi les concernés figurent Augustin Améga, ancien officier média des Éperviers, et Pawinam Batema, Team Manager de l’équipe nationale.
Les deux anciens employés affirment avoir été licenciés sans concertation préalable ni respect des procédures prévues par le Code du travail. Selon Augustin Améga, la notification de rupture de contrat lui aurait été transmise par messagerie électronique alors qu’il était hospitalisé. Les deux hommes dénoncent également plusieurs années de collaboration sans rémunération régulière.
Après une tentative de règlement à l’amiable restée sans suite, les intéressés saisissent la justice en novembre 2021. Une phase de conciliation est engagée, avant l’ouverture d’une longue procédure judiciaire marquée par plusieurs reports d’audience.
Le 12 novembre 2024, le tribunal condamne la FTF pour licenciement abusif et ordonne le paiement d’arriérés de salaires ainsi que diverses indemnités. La fédération fait appel de cette décision quelques semaines plus tard. Mais le 8 mai 2026, la Cour d’appel confirme en grande partie le jugement rendu en première instance, rejetant toutefois les demandes de dommages et intérêts formulées par les plaignants.
À la suite de cette décision, Augustin Améga et Pawinam Batema ont engagé une procédure d’exécution par voie d’huissier. Le vendredi 15 mai 2026, plusieurs comptes bancaires de la FTF ont été bloqués, paralysant temporairement certaines opérations financières de l’institution.
Selon des sources internes à la fédération, cette situation pourrait compliquer l’organisation de certaines activités, notamment la tenue du prochain congrès financé en partie par une subvention de la FIFA. De son côté, la FTF aurait introduit une opposition à l’exécution de l’arrêt rendu par la Cour d’appel.
Au-delà du différend entre la fédération et ses anciens employés, cette affaire relance le débat sur les conditions contractuelles et la gestion des ressources humaines au sein des institutions sportives togolaises. Plusieurs observateurs estiment désormais que l’issue de ce dossier pourrait faire jurisprudence pour d’autres employés évoluant dans des situations similaires au sein de la FTF.
Le gouvernement togolais a annoncé l’entrée en vigueur, à compter de ce lundi 18 mai 2026, d’une exemption de visa pour tous les ressortissants africains munis d’un passeport national valide.
La décision, officialisée par le ministère de la Sécurité, a été prise sous l’impulsion du Président du Conseil, Faure Gnassingbé. Elle vise à renforcer l’intégration africaine et à faciliter la libre circulation des personnes à travers le continent.
Désormais, les voyageurs concernés pourront entrer sur le territoire togolais sans visa préalable pour un séjour pouvant aller jusqu’à 30 jours. Les autorités précisent toutefois que cette mesure ne dispense pas du respect des règles en matière d’immigration, de sécurité et de santé publique.
Le gouvernement maintient également l’obligation d’effectuer une déclaration préalable en ligne via la plateforme officielle voyage.gov.tg au moins 24 heures avant l’arrivée sur le territoire. Cette formalité permettra aux voyageurs d’obtenir un bordereau de voyage à présenter aux différents postes frontaliers.
Selon les autorités, cette réforme s’inscrit dans une stratégie de modernisation et d’attractivité du pays. Le Togo ambitionne de consolider sa position de hub régional dans les domaines des services, des affaires et des échanges humains.
Le ministère de la Sécurité assure par ailleurs que les dispositifs de contrôle aux frontières restent inchangés et que les sanctions liées aux séjours irréguliers demeurent applicables. Les services compétents ont été instruits afin de garantir l’application effective de cette mesure sur l’ensemble des frontières terrestres, aériennes et maritimes du pays.
La campagne cotonnière 2025-2026 au Togo, pourtant marquée par de bons rendements, est traversée par des tensions liées au paiement des producteurs.
La campagne cotonnière 2025-2026 affiche une production estimée à 77 000 tonnes de coton graine, contre environ 60 000 tonnes la campagne précédente. Un niveau jugé encourageant par les acteurs de la filière, avec un rendement moyen qui dépasserait pour la première fois la barre d’une tonne à l’hectare, soit environ 1 050 kg/ha. Ces performances sont attribuées aux efforts conjoints des cotonculteurs et des structures d’encadrement, dans un contexte de recherche d’amélioration de la productivité agricole.
Cependant, cette dynamique positive est assombrie par des tensions autour du mécanisme de paiement des producteurs. Selon des informations recueillies auprès d’acteurs de la filière, des retards ou blocages de paiement sont signalés dans certaines zones de production, suscitant inquiétudes et incompréhensions chez les cotonculteurs. Le groupe Olam, actionnaire majoritaire de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo, est cité par certains producteurs dans les difficultés actuelles de règlement.
Sur le terrain, des agriculteurs affirment ne pas comprendre les écarts évoqués entre le prix d’achat officiel du coton-graine, fixé à 300 FCFA le kilogramme, et des montants inférieurs mentionnés dans certaines transactions, autour de 244 FCFA selon des témoignages. Ces situations alimentent un sentiment de frustration dans plusieurs bassins de production.
Des producteurs interrogés appellent à une clarification rapide. L’un d’eux, basé dans la région des Savanes, estime que les efforts fournis pour améliorer les rendements devraient être mieux accompagnés par une stabilité des paiements. D’autres, notamment à Nangbani, évoquent des difficultés récurrentes qui fragilisent la motivation des acteurs ruraux.
Par ailleurs, des informations non officielles font état de discussions en cours autour de différends financiers liés à la fixation des prix, sans confirmation formelle des parties concernées. Aucun communiqué officiel n’a, à ce stade, permis d’établir les responsabilités ou les modalités précises de règlement.
Dans cette atmosphère, les producteurs appellent les autorités compétentes à s’impliquer afin de préserver la stabilité de la filière cotonnière, considérée comme un pilier de l’économie agricole nationale. Ils disent rester ouverts au dialogue pour un dénouement rapide et apaisé.