Clubs suspendus, crise annoncée dans la boxe togolaise ?
La décision de suspension prise par la Fédération togolaise de boxe contre plusieurs clubs jugés inactifs provoque de fortes contestations et relance les inquiétudes sur une possible crise interne dans la discipline.
La décision de la Fédération togolaise de boxe (FETOBOXE) de suspendre temporairement plusieurs clubs pour « non-participation aux activités fédérales » suscite déjà de vives réactions dans le milieu pugilistique togolais. Alors que l’instance dirigeante évoque une mesure d’assainissement et de restructuration, certains acteurs de la discipline dénoncent une décision jugée brutale et potentiellement porteuse de tensions internes.
Dans une note officielle datée du 7 mai 2026 et signée par le président de la fédération, Dr Kpakpo Adoté Mawussé, la FETOBOXE explique avoir constaté que certains clubs affiliés n’ont participé à aucune activité fédérale depuis au moins deux années consécutives. En conséquence, une suspension temporaire a été prononcée contre les structures concernées.
Selon le document, cette mesure vise notamment à « assainir le fichier des clubs affiliés », encourager une participation effective aux activités fédérales et renforcer la crédibilité de l’organisation. La fédération précise toutefois qu’elle reste ouverte à toute démarche de régularisation de la part des clubs suspendus.
Mais sur le terrain, cette décision est loin de faire l’unanimité. Plusieurs acteurs de la boxe togolaise s’interrogent sur l’opportunité d’une telle mesure dans un contexte où la discipline tente encore de retrouver un véritable souffle. Certains estiment que de nombreux clubs font face à des difficultés financières, à un manque d’accompagnement et à l’absence régulière de compétitions nationales, rendant difficile leur participation continue aux activités fédérales.
D’autres voix craignent surtout que cette affaire ne marque le début d’une crise au sein de la boxe togolaise. Dans les discussions entre entraîneurs, dirigeants de clubs et anciens boxeurs, une inquiétude revient avec insistance : la FETOBOXE risque-t-elle de s’enfoncer dans des querelles internes comme cela a déjà été observé dans d’autres fédérations sportives du pays ?
Pour plusieurs observateurs, la question dépasse la simple suspension administrative. Elle touche à la gouvernance du sport, au dialogue entre les dirigeants et les clubs affiliés, ainsi qu’à la capacité de la fédération à rassembler les différents acteurs autour d’un projet commun de relance de la boxe togolaise.
La discipline, autrefois très populaire et génératrice de talents au Togo, peine depuis plusieurs années à retrouver sa stabilité et son rayonnement. Les compétitions se font rares, les moyens manquent et plusieurs jeunes talents se retrouvent sans véritable encadrement structuré.
Dans ce contexte, certains appellent la fédération à privilégier la concertation plutôt que les sanctions. « Il faut écouter les clubs avant de prendre des décisions aussi lourdes », confie un acteur du milieu sportif, qui redoute une fracture durable au sein de la famille de la boxe.
