Le scandale des quêtes disparues : un curé contraint de quitter son diocèse
Soupçonné d’avoir détourné près de 6 000 euros des caisses de sa paroisse, un curé a quitté la France pour Madagascar, laissant derrière lui une communauté sous le choc.
La paroisse de Paulhaguet, en Haute-Loire, est au cœur d’un scandale financier impliquant l’un de ses prêtres. Le père Michel, curé d’origine malgache, est soupçonné d’avoir détourné près de 6 000 euros provenant des quêtes et des offrandes des fidèles avant de quitter la France pour rejoindre Madagascar, son pays natal.
L’affaire remonte à l’hiver dernier, lorsque plusieurs irrégularités sont découvertes dans les comptes de la paroisse. Des sommes issues des quêtes dominicales ainsi que des offrandes destinées à la célébration de messes manquent à l’appel. Les vérifications menées au sein du diocèse orientent rapidement les soupçons vers le père Michel, qui exerçait dans la région depuis six ans.
Convoqué par l’évêque du Puy-en-Velay, Monseigneur Yves Baumgarten, le prêtre nie les faits et ne fournit, selon le prélat, « aucune justification satisfaisante ». Peu après cet entretien, il quitte discrètement la France pour Madagascar, officiellement dans le cadre de vacances. Face à cette situation, l’évêque décide de le relever immédiatement de toutes ses fonctions et lui interdit de réintégrer le diocèse.
Malgré l’émotion suscitée parmi les paroissiens, décrits comme « choqués » par cette affaire, le diocèse a choisi de ne pas déposer plainte. Monseigneur Yves Baumgarten justifie cette décision par la difficulté à réunir des preuves suffisamment solides. Il évoque également une dimension humaine, estimant que « l’argent liquide peut représenter une tentation » pour un prêtre originaire d’un pays confronté à une grande pauvreté. Il parle ainsi d’« une faiblesse humaine » plutôt que d’un acte motivé par une volonté de nuire.
En attendant de tourner cette page, la paroisse de Paulhaguet s’organise pour retrouver un fonctionnement normal. Un nouveau curé doit prendre ses fonctions au mois de septembre, avec la mission de restaurer la confiance des fidèles après cette affaire qui a profondément ébranlé la communauté catholique locale.
