Infantino célèbre « le plus grand Mondial de l’histoire », mais les polémiques ternissent son triomphe
Malgré le satisfecit affiché par Gianni Infantino, la Coupe du monde 2026 restera aussi marquée par de vives controverses, entre critiques de la gouvernance de la FIFA, rôle controversé de Donald Trump et sentiment grandissant que le football-business prend désormais le pas sur le football populaire.
Une semaine après le sacre de l’Espagne en finale de la Coupe du monde 2026, Gianni Infantino a choisi de répondre frontalement à ses détracteurs. Dans un long communiqué publié sur le site de la FIFA, le président de l’instance mondiale dresse un bilan extrêmement positif du tournoi organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique. À ses yeux, cette édition a « dépassé toutes les attentes » et restera comme une réussite historique. Un constat loin de faire l’unanimité.
Une défense musclée face aux critiques
Dans son message, Gianni Infantino affirme que la Coupe du monde a battu des records d’affluence, réuni des millions de supporters venus du monde entier et démontré que le football pouvait encore rassembler les peuples malgré les tensions internationales. Il s’en prend également à ceux qu’il accuse d’avoir propagé « la haine » et de « faux récits » autour de la compétition, estimant que les critiques ont volontairement occulté les aspects positifs du tournoi.
Le patron de la FIFA défend notamment la gestion des restrictions de visas imposées par les États-Unis, les décisions arbitrales controversées, ainsi que plusieurs dossiers disciplinaires qui ont alimenté les débats. Selon lui, ces épisodes sont inhérents à toute grande compétition et ne remettent pas en cause la réussite globale du Mondial.
Un Mondial marqué par les controverses
Pourtant, de nombreux observateurs refusent de partager cet enthousiasme. Avant même le coup d’envoi, l’organisation du tournoi aux États-Unis avait suscité des inquiétudes en raison de la politique migratoire de Donald Trump et des difficultés d’accès au territoire américain pour certaines délégations, arbitres et supporters. Pendant la compétition, plusieurs affaires ont accentué les critiques : interventions politiques présumées autour du dossier Folarin Balogun, décisions arbitrales contestées, prix des billets jugés prohibitifs, proximité affichée entre Gianni Infantino et Donald Trump, omniprésence du président américain dans la communication de la FIFA et soupçons d’une instrumentalisation politique de l’événement.
Les critiques reprochent également au président de la FIFA d’avoir privilégié une communication verrouillée, refusant toute remise en question et répondant aux objections par des attaques contre ses contradicteurs plutôt que par un débat de fond.
Au-delà des performances sportives, dominées par une brillante sélection espagnole, cette Coupe du monde relance une interrogation devenue récurrente. Les records financiers, les partenariats commerciaux, les opérations de prestige et les enjeux politiques semblent désormais occuper autant d’espace que le jeu lui-même. Pour beaucoup, le football-business continue de gagner du terrain, au risque d’éloigner progressivement ce sport de son essence populaire, celle qui a longtemps fait sa force et son universalité.
