CPI : Karim Khan suspendu, la justice internationale secouée par un scandale retentissant
Accusé d’agression sexuelle par une collaboratrice, le procureur général de la CPI, Karim Khan, est suspendu de ses fonctions, une décision qui ébranle davantage l’institution judiciaire internationale.
Le procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, a été suspendu de ses fonctions avec effet immédiat par le bureau de l’Assemblée des États parties à la Cour. Cette décision, annoncée le 8 juin, intervient dans le cadre d’une enquête portant sur des accusations d’agression sexuelle formulées par une membre de son équipe.
Réunis à La Haye, les 21 membres du bureau de l’Assemblée ont adopté cette mesure à la majorité qualifiée. Dans leur communiqué, ils ont toutefois insisté sur le fait que cette suspension ne préjuge en rien de l’issue de la procédure. Le dossier devra désormais être examiné par les 125 États membres de la CPI, qui seront appelés à se prononcer sur le sort du magistrat britannique.
Âgé de 55 ans, Karim Khan s’était déjà mis en retrait de ses fonctions en mai 2025 afin de préparer sa défense. Depuis le début de l’affaire, il rejette catégoriquement les accusations portées contre lui. Cette situation l’avait notamment conduit à être écarté du dossier visant l’ancien président philippin Rodrigo Duterte pour crimes contre l’humanité.
L’affaire survient alors qu’un rapport remis en mars dernier par trois juges indépendants avait estimé que les éléments de preuve recueillis par les enquêteurs des Nations unies demeuraient insuffisants ou fragiles pour établir les faits reprochés.
Nommé à la tête du parquet de la CPI en juin 2021, Karim Khan s’était imposé comme l’une des figures les plus influentes de la justice pénale internationale. En 2024, il avait marqué l’actualité mondiale en obtenant des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant dans le contexte de la guerre à Gaza.
Cette suspension ouvre une période d’incertitude pour la CPI, déjà confrontée à de fortes pressions diplomatiques et politiques sur plusieurs dossiers sensibles.
