Catégorie : Culture

  • Tunisie : les coulisses d’un séisme, pourquoi Sabri Lamouchi est tombé et comment Hervé Renard a pris le pouvoir

    Tunisie : les coulisses d’un séisme, pourquoi Sabri Lamouchi est tombé et comment Hervé Renard a pris le pouvoir

    En moins de vingt-quatre heures, la Tunisie a vécu l’un des plus grands psychodrames de son histoire footballistique. Entre colère populaire, improvisation fédérale et opération sauvetage, Sabri Lamouchi a été sacrifié et Hervé Renard appelé à la rescousse.

    La Tunisie n’aura pas attendu longtemps avant de devenir le premier grand feuilleton de la Coupe du monde 2026. Quelques heures seulement après la débâcle face à la Suède (5-1), les Aigles de Carthage ont brutalement changé de pilote en plein tournoi. Sabri Lamouchi a été débarqué et remplacé par le technicien français Hervé Renard. Une décision aussi spectaculaire que révélatrice des profondes tensions qui traversent le football tunisien.

    Pourtant, le score de Monterrey n’est que la partie visible de l’iceberg.

    Une confiance déjà largement érodée

    Nommé en janvier 2026 avec un contrat censé courir jusqu’en 2028, Sabri Lamouchi n’a jamais réussi à convaincre. En cinq rencontres, il n’a enregistré qu’une seule victoire et les signaux d’alerte se multipliaient depuis plusieurs semaines. Les lourdes défaites contre la Belgique (0-5) en amical puis contre la Suède (1-5) ont fini par rendre sa position intenable.

    Mais au-delà des résultats, ce sont ses choix tactiques qui ont provoqué la rupture.

    Face à la Suède, Lamouchi a surpris tout le monde en adoptant un système prudent qui a rapidement volé en éclats. Les observateurs ont dénoncé une équipe désorganisée, sans repères et incapable de répondre à l’intensité suédoise. Plusieurs spécialistes tunisiens ont pointé du doigt des erreurs de composition et un manque de cohérence dans la gestion du groupe.

    Après la rencontre, le sélectionneur avait tenté de se défendre en expliquant : « Nous avons encaissé un score lourd en raison de la qualité des joueurs suédois et de nos erreurs individuelles. » Une justification qui n’a convaincu ni les supporters ni les dirigeants.

    La journée de tous les rebondissements

    Lundi matin, alors que la délégation tunisienne était retranchée dans son hôtel de San Pedro Garza Garcia, au Mexique, les rumeurs ont commencé à circuler à une vitesse folle.

    La Fédération tunisienne de football hésitait encore entre une solution interne et un grand coup médiatique. Plusieurs noms ont émergé, notamment ceux de Mondher Kebaier et d’Anis Boujelbène. Mais très vite, l’option Hervé Renard s’est imposée.

    La journée a alors pris une tournure surréaliste.

    Des informations contradictoires se succédaient. Un message annonçant des changements aurait été brièvement diffusé puis retiré des réseaux sociaux, alimentant davantage le chaos. En parallèle, l’ancien international André-Pierre Gignac, véritable icône au Mexique où il évolue avec les Tigres de Monterrey, aurait été sollicité pour faciliter certains contacts et accompagner l’intégration express du nouvel entraîneur dans un environnement qu’il connaît parfaitement.

    Dans le même temps, des mesures de sécurité renforcées ont été mises en place autour de l’hôtel des Aigles de Carthage, signe de la nervosité ambiante.

    Hervé Renard, l’homme des missions impossibles

    Face à l’urgence, les dirigeants tunisiens ont misé sur une valeur sûre.

    À 57 ans, Hervé Renard possède une réputation presque mythique sur le continent africain. Double vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations avec la Zambie en 2012 et la Côte d’Ivoire en 2015, il a également marqué les esprits avec le Maroc et surtout l’Arabie saoudite, qui avait battu l’Argentine lors du Mondial 2022.

    La Fédération tunisienne lui a confié une mission immédiate : sauver ce qui peut encore l’être dans cette Coupe du monde. Son arrivée a été officialisée mardi et il a obtenu carte blanche pour recomposer une partie de son staff technique. Seul Wahbi Khazri devrait conserver un rôle auprès du groupe.

    Une décision politique autant que sportive

    Ce changement express traduit surtout la peur d’une humiliation nationale.

    Dans un pays où le football demeure un puissant marqueur identitaire, la gifle infligée par la Suède a été vécue comme un affront collectif. Les autorités sportives ne pouvaient pas se permettre de laisser s’installer un sentiment d’abandon.

    Cependant, l’arrivée de Renard ne constitue pas une garantie de miracle.

    Le technicien français hérite d’un groupe qu’il n’a pas choisi, qu’il découvre en pleine compétition et qu’il devra reconstruire psychologiquement en quelques jours seulement avant les rendez-vous cruciaux contre le Japon et les Pays-Bas.

    Au fond, cette affaire pose une question plus profonde : le problème tunisien était-il Sabri Lamouchi ou un système qui change constamment de direction au moindre revers ?

    En sacrifiant un entraîneur après un seul match de Coupe du monde, la Tunisie a envoyé un message fort. Mais elle a aussi pris un risque immense : celui de croire qu’un homme, même nommé Hervé Renard, peut résoudre en quelques jours des problèmes qui se sont accumulés depuis plusieurs années.

  • Espagne-Cap-Vert (0-0) : Le miracle Vozinha

    Espagne-Cap-Vert (0-0) : Le miracle Vozinha

    Josimar Dias, plus connu sous le nom de Vozinha, le gardien légendaire du Cap-Vert est devenu le héros planétaire de la Coupe du monde 2026 après sa performance monumentale contre l’Espagne (0-0).

    Pour son tout premier match en Coupe du monde, le Cap-Vert a arraché un nul historique face à l’Espagne (0-0). Un exploit immense signé par un homme : Josimar Dias, dit “Vozinha”, gardien de 40 ans devenu le héros de la planète football.

    Le football raconte parfois des histoires que même les plus grands scénaristes n’oseraient écrire. Celle du mardi 15 juin 2026 restera gravée à jamais dans la mémoire des 500 000 habitants du Cap-Vert, et bien au-delà. Face à la Roja, championne d’Europe en titre et immense favorite, les Requins Bleus ont dressé un mur. Un mur d’1,89 m nommé Vozinha.

    Sept arrêts face aux géants

    Pendant 90 minutes, le gardien du GD Chaves a écœuré les attaquants espagnols. Lamine Yamal, Pedri, Ferran Torres : tous se sont cassé les dents sur le vétéran cap-verdien. Auteur de sept arrêts monumentaux, Vozinha a été logiquement élu homme du match, portant son pays vers le plus grand exploit de son histoire sportive.

    Inconnu du grand public international avant le coup d’envoi, le gardien a vu sa vie basculer en quelques heures. Porté par un élan de sympathie massif de la communauté lusophone, son compte Instagram est passé de 50 000 à plus de 4,3 millions d’abonnés dans la foulée de la rencontre.

    Des rues de Mindelo au sommet du monde

    Ce destin hors norme s’est forgé tardivement. Contrairement à ses coéquipiers expatriés, Vozinha a découvert le professionnalisme à 25 ans passés, après avoir débuté chez lui, au CS Mindelense. Son surnom, qui signifie “Petite grand-mère”, lui vient d’ailleurs des rues de son enfance à Mindelo, où ses copains se moquaient de le voir rentrer chez ses grands-parents après des matchs disputés.

    Après avoir bourlingué en Angola, en Chypre, en Moldavie ou en Slovaquie, ce leader spirituel – déjà présent lors de la première CAN du pays en 2013 – s’offre à 40 ans l’apothéose d’une vie.

    Les larmes du héros

    En fin de contrat avec son club portugais à la fin du mois, Vozinha a fondu en larmes en zone mixte après le coup de sifflet final. Des pleurs d’émotion, mais aussi de regret, dédiés à ses grands-parents disparus et à sa mère, restée au pays à cause du coût du voyage et de problèmes de visa. Qu’elle se rassure : depuis son archipel, elle a vu son fils entrer de force dans la légende de la Coupe du monde.

  • Les paradoxes de l’Afrique au XXIe siècle

    Les paradoxes de l’Afrique au XXIe siècle

    Dans leurs désirs légitimes de se libérer des jougs de la colonisation, les citoyens des pays africains dénoncent avec virulence le morcellement de l’Afrique à la Conférence de Berlin en 1884. Ils crient au scandale de la division de l’Afrique sans les Africains.

  • Génie Imhotep 2026 : quand la santé devient un défi de l’intelligence en milieu scolaire

    Génie Imhotep 2026 : quand la santé devient un défi de l’intelligence en milieu scolaire

    À travers savoir, compétition et prévention, « Génie Imhotep » s’impose comme un puissant outil d’éducation à la santé pour la jeunesse togolaise.

    La deuxième saison du jeu éducatif de culture générale en santé et bien-être « Génie Imhotep » a tiré sa révérence samedi à Lomé dans une ambiance festive et riche en émotions. Après plusieurs mois de compétition, cette initiative portée par l’ONG AIMES-AFRIQUE confirme son statut d’outil pédagogique innovant au service de l’éducation sanitaire des jeunes Togolais.

    La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités du monde de la santé et de l’éducation, parmi lesquelles le Professeur honoraire Dr Serge Michel Kodom, président-fondateur de AIMES-AFRIQUE et initiateur du projet, ainsi que Mme Élise Kakam, représentante du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) au Togo.

    Cette deuxième édition a enregistré une forte mobilisation des établissements scolaires et des partenaires institutionnels, traduisant l’intérêt croissant accordé à la promotion de la santé et du bien-être en milieu scolaire. À travers un format de questions-réponses dynamique, les élèves ont été amenés à approfondir leurs connaissances sur des thématiques essentielles liées à la prévention, à l’hygiène, à la santé reproductive et à l’adoption de comportements favorables au bien-être.

    Dans son allocution, le Dr Serge Michel Kodom a tenu à remercier l’ensemble des acteurs qui ont contribué à la réussite de cette aventure éducative. Il a notamment salué l’accompagnement des ministères en charge de l’Éducation et de la Santé ainsi que l’engagement des enseignants, des encadreurs et des élèves.

    « La mobilisation constante de tous les partenaires a été déterminante pour le succès de cette initiative qui vise à promouvoir durablement la culture de la santé et du bien-être chez les jeunes », a-t-il déclaré.

    Même satisfaction du côté de l’UNFPA. Mme Élise Kakam a félicité les candidats pour leur implication et leur détermination tout au long de la compétition. Elle les a encouragés à poursuivre leurs apprentissages et à partager les connaissances acquises avec leurs camarades.

    « Continuez à croire en vos capacités, à apprendre et à transmettre ce que vous avez appris autour de vous », a-t-elle lancé à l’endroit des participants, tout en soulignant l’importance du soutien du ministère de l’Éducation nationale et de l’implication des acteurs régionaux dans l’extension du projet à l’échelle nationale.

    Sur le terrain de la compétition, cette saison a tenu toutes ses promesses. Pas moins de 27 matchs ont été disputés entre plusieurs établissements scolaires du pays. Chaque confrontation a permis aux candidats de démontrer leurs connaissances tout en développant des compétences telles que l’esprit d’équipe, la gestion du stress et la prise de parole en public.

    La grande finale a opposé le Lycée d’Agoè-Nyivé au Lycée d’Adétikopé dans un duel particulièrement disputé. Au terme d’une rencontre intense, le Lycée d’Agoè-Nyivé s’est imposé avec 310 points contre 270, décrochant ainsi le trophée de cette deuxième édition.

    La joie était immense dans le camp des vainqueurs. La capitaine de l’équipe championne, Mlle Idayatou Kondoou, a attribué cette victoire à la rigueur et à la discipline qui ont caractérisé la préparation de son équipe.

    « Nous n’étions pas certaines de gagner, mais nous avons travaillé sérieusement et nous sommes arrivées à la finale avec confiance », a-t-elle confié avec émotion.

    Malgré la défaite, le Lycée d’Adétikopé est sorti grandi de l’expérience. Sa capitaine, Mlle Ali Bienvenue, a mis en avant les nombreux enseignements tirés de la compétition.

    « Ce concours nous a permis de découvrir nos talents et d’acquérir des connaissances utiles pour notre avenir. Nous repartons motivées et prêtes à relever d’autres défis », a-t-elle affirmé.

    Au-delà du classement final, « Génie Imhotep » apparaît aujourd’hui comme un véritable laboratoire d’apprentissage citoyen. En associant éducation, santé et compétition intellectuelle, le programme contribue à former une jeunesse mieux informée et davantage consciente des enjeux sanitaires.

    Le succès de cette deuxième saison témoigne de la pertinence d’un modèle qui fait de la connaissance un levier de prévention. Une ambition qui pourrait encore gagner en ampleur dans les années à venir et faire de « Génie Imhotep » une référence incontournable de l’éducation à la santé au Togo.

  • Mondial 2026 : la grande exclusion des supporters africains

    Mondial 2026 : la grande exclusion des supporters africains

    Entre visas difficiles, coûts prohibitifs et climat politique hostile, la Coupe du monde 2026 se déroule presque sans les supporters africains. Une absence qui interroge autant qu’elle scandalise.

    La fête mondiale du football a commencé le 11 juin aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Mais pour de nombreux passionnés africains, la Coupe du monde 2026 ressemble davantage à un spectacle regardé de loin qu’à une célébration vécue sur place. Pour la première fois dans l’histoire récente du tournoi, le continent africain est pratiquement absent des tribunes.

    En cause, d’abord, le coût exorbitant du voyage. Entre les billets d’avion, l’hébergement, les déplacements intérieurs et le prix des tickets des matchs, assister au Mondial est devenu un luxe inaccessible pour la majorité des supporters africains. Dans certaines villes hôtes américaines, le coût de la vie atteint des sommets, rendant tout séjour particulièrement onéreux.

    À cette barrière économique s’ajoute une autre, plus politique. Les mesures migratoires et sécuritaires renforcées mises en place sous l’administration de Donald Trump continuent de produire leurs effets. Les procédures de visas demeurent longues, complexes et souvent dissuasives pour les ressortissants de plusieurs pays africains. Certains candidats au voyage ont même renoncé avant d’entamer les démarches, convaincus que leurs chances d’obtenir une autorisation d’entrée étaient faibles.

    Cette situation crée un contraste saisissant avec le discours officiel de la FIFA, qui ne cesse de promouvoir un football universel, inclusif et accessible à tous. Pourtant, l’absence massive des supporters africains dans les stades américains ne semble susciter aucune réaction notable de l’instance mondiale du football.

    Le paradoxe est d’autant plus frappant que l’Afrique compte neuf représentants dans cette édition 2026 et que le football y est plus populaire que jamais. Les équipes africaines sont présentes sur la pelouse, mais leurs supporters, eux, restent largement bloqués aux frontières ou freinés par des contraintes financières insurmontables.

  • Génie Imhotep : Agoè-Centre et Adétikopé en quête de la couronne de l’excellence sanitaire

    Génie Imhotep : Agoè-Centre et Adétikopé en quête de la couronne de l’excellence sanitaire

    Dans une finale très attendue de Génie Imhotep, les lycées Agoè-Centre et Adétikopé s’affrontent pour le sacre national de la culture générale en santé.

    Ce samedi 13 juin 2026 à partir de 10 heures GMT, les regards de la communauté éducative togolaise seront tournés vers un duel intellectuel de haut niveau. En direct sur SOS Docteur TV, le Lycée Agoè-Centre et le Lycée Adétikopé s’affronteront dans le cadre de la « Grande Apothéose » du jeu de culture générale en santé Génie Imhotep, une compétition devenue en quelques mois un véritable phénomène éducatif national.

    Portée par l’ONG AIMES-AFRIQUE à travers SOS Docteur TV, l’initiative dépasse largement le cadre d’un simple concours scolaire. Elle s’inscrit dans une stratégie ambitieuse visant à promouvoir la culture sanitaire, le leadership des jeunes et l’excellence académique dans les établissements secondaires du Togo.

    L’affiche de cette finale met en scène deux établissements qui se sont illustrés tout au long du championnat par leur maîtrise des connaissances liées à la santé, à la science, à la société et à la culture générale. Pour les candidats, l’enjeu est de taille : décrocher le prestigieux trophée de cette première édition nationale et inscrire leur établissement au panthéon de cette compétition innovante.

    Lancée officiellement à l’échelle nationale au début de l’année 2026, la compétition Génie Imhotep mobilise plus de 200 établissements répartis dans les 39 préfectures du pays. Son objectif est clair : faire de la connaissance un outil de prévention et de promotion de la santé auprès des jeunes.

    Selon les promoteurs du projet, Génie Imhotep constitue l’un des piliers des Clubs Santé SOS Docteur TV, un programme qui ambitionne de toucher plusieurs milliers d’élèves togolais à travers des activités éducatives, citoyennes et sanitaires. Les clubs abordent des thématiques majeures telles que la santé mentale, la santé sexuelle et reproductive, la prévention des comportements à risque ou encore le développement du leadership chez les adolescents.

    L’initiative bénéficie du soutien de plusieurs institutions nationales et partenaires, notamment le ministère de l’Éducation nationale, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) et divers acteurs engagés dans la promotion de la santé en milieu scolaire. Comme l’illustre l’affiche officielle de l’événement, la démarche repose sur une synergie entre les secteurs de l’éducation et de la santé afin de bâtir une génération plus responsable et mieux informée.

    À travers SOS Docteur TV, chaîne spécialisée dans l’information sanitaire créée par AIMES-AFRIQUE, les organisateurs entendent également démocratiser l’accès au savoir médical et développer ce qu’ils appellent une véritable « culture sanitaire pour tous ».

    Cette « Grande Apothéose » promet ainsi un spectacle intellectuel captivant où rapidité, réflexion, esprit d’équipe et maîtrise des enjeux de santé feront la différence. Entre le Lycée Agoè-Centre, habitué des grandes compétitions de Génie Imhotep, et le Lycée Adétikopé, déterminé à créer l’exploit, le suspense reste entier.

    Une chose est certaine : au-delà du vainqueur qui sera sacré ce samedi, c’est la promotion du savoir et de la santé qui sortira gagnante de cette grande fête de l’intelligence togolaise.


  • Kokou Ekouagou, l’ambassadeur togolais de l’art contemporain sur la scène mondiale

    Kokou Ekouagou, l’ambassadeur togolais de l’art contemporain sur la scène mondiale

    De Lomé aux plus grandes institutions artistiques internationales, Kokou Ekouagou impose une vision singulière qui interroge l’identité, la mémoire et les représentations culturelles.

    Multi-primé, l’artiste togolais Kokou Ekouagou s’affirme aujourd’hui comme l’une des figures marquantes de l’art contemporain africain. À travers une démarche artistique profondément engagée, il explore les notions de multiculturalisme, d’identité et d’affect, tout en remettant en question les récits historiques dominants qui ont longtemps façonné les représentations des sociétés africaines.

    L’artiste plasticien togolais Kokou Ekouagou

    L’originalité de son travail réside dans son approche transmédiale. Peinture, sculpture, vidéo, performance et installation constituent autant de moyens d’expression qu’il mobilise pour construire un dialogue critique autour des enjeux culturels, sociaux et historiques de notre époque. Ses créations invitent le public à porter un regard nouveau sur les identités multiples qui composent le monde contemporain.

    Cette démarche audacieuse a permis à l’artiste togolais de franchir les frontières nationales et de se faire une place sur les plus prestigieuses scènes artistiques internationales. Ses œuvres ont notamment été exposées à la prestigieuse Biennale de Venise, mais également au Musée des beaux-arts de l’Ontario, au Torrance Art Museum, au Kunstverein Kärnten, à la Sobering Galerie de Paris et à Guangzhou Live en Chine.

    Parmi ses réalisations emblématiques figure La Délivrance (2013), une œuvre qui illustre la profondeur de sa réflexion artistique. À travers son parcours remarquable, Kokou Ekouagou contribue au rayonnement culturel du Togo et démontre que la création contemporaine africaine occupe désormais une place de choix dans les grands espaces de dialogue artistique à l’échelle mondiale.

  • Kisito Assangni à la conquête de New York : le Togolais qui fait rayonner l’art contemporain africain

    Kisito Assangni à la conquête de New York : le Togolais qui fait rayonner l’art contemporain africain

    Le curateur et chercheur togolais Kisito Assangni franchit une nouvelle étape de sa carrière internationale en visant une résidence de recherche au sein de la prestigieuse Fondation Amant de New York.

    Le monde de l’art contemporain accueille une nouvelle distinction pour le Togolais Kisito Assangni. Le curateur et chercheur en art vient d’annoncer qu’il est ”nominator” pour le cycle de sélection 2027-2029 des prestigieux programmes de résidence de recherche de la Fondation Amant à New York, une institution de référence dans le paysage artistique international.

    Une invitation qui confirme un parcours exceptionnel

    « Je suis ravi de servir en tant que ”nominator” (personne qui propose des artistes à inviter à la Fondation Amant) pour le prochain cycle de sélection 2027-2029 des programmes de résidence de recherche de l’estimée Amant Foundation à New York », a déclaré Kisito Assangni sur ses réseaux sociaux, exprimant sa gratitude pour cette invitation.

    Basée à Brooklyn, la Fondation Amant est reconnue pour son engagement en faveur de la recherche artistique, de l’expérimentation et du dialogue entre créateurs du monde entier. À travers ses expositions, publications, résidences et programmes publics organisés entre New York et l’Italie, l’institution accompagne des artistes et chercheurs parmi les plus prometteurs de leur génération.

    Pour Kisito Assangni, cette bonne nouvelle constituerait une nouvelle étape dans une carrière déjà remarquée sur plusieurs continents.

    De Lomé aux grandes institutions internationales

    Né à Lomé, Kisito Assangni s’est imposé au fil des années comme l’une des figures togolaises les plus visibles dans le domaine de l’art contemporain. Formé notamment en muséologie à l’École du Louvre, il évolue aujourd’hui entre le Togo, la France et le Royaume-Uni.

    Curateur, consultant, critique d’art et initiateur de projets culturels internationaux, il s’intéresse particulièrement aux questions liées à la mondialisation culturelle, aux nouvelles formes de création artistique et aux rapports entre les institutions et les publics.

    Son parcours l’a conduit à collaborer avec des institutions prestigieuses telles que la Biennale de Venise, la Whitechapel Gallery, le ZKM ou encore le Museum of Contemporary Art Sydney.

    Un ambassadeur de la scène artistique togolaise

    Au-delà de sa carrière internationale, Kisito Assangni demeure profondément attaché au Togo. Il plaide régulièrement pour une meilleure structuration du secteur culturel national et pour une plus grande visibilité des artistes togolais sur la scène mondiale.

    Son éventuelle intégration au programme de résidence de la Fondation Amant serait ainsi bien plus qu’une réussite personnelle. Elle représenterait également une nouvelle vitrine pour la création togolaise contemporaine et une preuve supplémentaire que les talents issus de Lomé continuent de se frayer un chemin dans les plus grands réseaux artistiques internationaux.

    De Brooklyn à Venise, en passant par Londres et Paris, Kisito Assangni confirme aujourd’hui son statut de passeur culturel et de figure incontournable de l’art contemporain africain.

  • Couples: l’appel fort de Mgr Isaac Gaglo

    Couples: l’appel fort de Mgr Isaac Gaglo

    Face à la montée des séparations et des divorces, l’archevêque de Lomé, Mgr Isaac Gaglo, appelle les couples à bâtir leur union sur des valeurs spirituelles et le sens du sacrifice.

    L’archevêque de Lomé, Mgr Isaac Gaglo, tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des séparations et des divorces au sein des couples. Lors d’une récente intervention, le prélat s’est inquiété de la fragilité croissante des unions matrimoniales, qu’il attribue à une vision superficielle du mariage.

    Selon lui, de nombreux couples souhaitent profiter des joies de la vie conjugale sans être prêts à accepter les sacrifices et les difficultés qui l’accompagnent. « Aujourd’hui, beaucoup de couples se séparent rapidement parce qu’ils veulent la joie du mariage sans accepter ses sacrifices », a-t-il déclaré dans des propos rapportés.

    Pour l’archevêque, un mariage ne peut reposer uniquement sur les sentiments, l’attirance physique ou encore le confort matériel. Il estime qu’une véritable stabilité conjugale nécessite une profonde vie spirituelle et une capacité à affronter ensemble les épreuves de la vie.

    « Il faut une vie spirituelle profonde. Il n’existe pas de foyer sans croix, mais avec le Christ, la croix purifie, elle ne détruit pas », a insisté le chef de l’Église catholique à Lomé.

    Cette sortie intervient dans un contexte où les séparations conjugales semblent de plus en plus fréquentes, aussi bien dans les grandes villes que dans les zones rurales. Si certains fidèles partagent l’analyse de l’archevêque, d’autres estiment que les réalités économiques, les tensions sociales et les évolutions des mentalités expliquent également cette hausse des divorces.

    Les propos de Mgr Gaglo relancent ainsi le débat sur les valeurs du mariage et les défis auxquels font face les couples aujourd’hui.

  • Les savoirs ancestraux prennent voix

    Les savoirs ancestraux prennent voix

    Les praticiens de la médecine traditionnelle togolaise franchissent une nouvelle étape dans leur organisation. Réunis le 23 mai à Kpalimé, les prêtres et herboristes traditionnels ont officiellement créé le Syndicat national des prêtres et herboristes traditionnels du Togo (SYNAPHET-Togo), avec l’ambition de mieux structurer et valoriser leurs savoirs ancestraux.

    Ce congrès constitutif, placé sous le thème de la valorisation des valeurs culturelles ancestrales africaines, a rassemblé plusieurs acteurs issus des pratiques traditionnelles et spirituelles du pays. À l’issue des travaux, les participants ont adopté les textes fondamentaux du syndicat et procédé à l’élection d’un bureau exécutif de 11 membres.

    À la tête de cette nouvelle organisation, Akamah Kokou Blaise a été élu secrétaire général pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois. Le nouveau bureau entend œuvrer à une meilleure reconnaissance des praticiens de la médecine traditionnelle, souvent considérés comme des acteurs essentiels dans la prise en charge sanitaire et spirituelle de nombreuses communautés.

    Le SYNAPHET-Togo affiche également une volonté de promouvoir les traditions culturelles africaines et de défendre les rites ancestraux. Parmi ses priorités figurent le plaidoyer pour l’instauration de journées dédiées aux ancêtres et aux divinités ainsi que la revalorisation des pratiques spirituelles traditionnelles.

    Pour les initiateurs, cette structuration permettra non seulement de renforcer la crédibilité des praticiens, mais aussi de préserver un patrimoine culturel transmis de génération en génération. Dans un contexte où les savoirs endogènes cherchent davantage de reconnaissance, le syndicat veut devenir une voix forte pour les détenteurs de connaissances traditionnelles.

    Les autorités locales présentes à la rencontre ont salué l’initiative, estimant qu’elle participe à la sauvegarde de l’identité culturelle et spirituelle du Togo.

Radio Renouveau228

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