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Au Niger, la junte de Tiani vacille face à une mutinerie militaire

Des tirs nourris et des explosions ont retenti samedi à Niamey, où des militaires insurgés ont attaqué plusieurs sites stratégiques. Le pouvoir affirme avoir contenu la mutinerie et repris progressivement le contrôle de la capitale.

La capitale nigérienne s’est réveillée samedi 29 août 2026 dans un climat de forte tension. Des échanges de tirs et des explosions ont été signalés durant plusieurs heures autour de la base militaire 101, attenante à l’aéroport international Diori-Hamani, ainsi que dans le secteur du palais présidentiel. Des soldats insurgés auraient également tenté de prendre le contrôle de certains moyens stratégiques, notamment des installations aéroportuaires.

Selon le ministère nigérien de la Défense, le mouvement a été déclenché par un groupe de militaires qui aurait pris en otage certains de leurs camarades avant d’ouvrir le feu sur plusieurs positions sensibles. Les forces loyalistes ont rapidement été mobilisées pour contenir les insurgés. En fin de matinée, les autorités affirmaient avoir repris le contrôle de plusieurs sites visés, même si la situation autour de l’aéroport demeurait encore suivie de près.

Un pouvoir militaire confronté à sa propre contestation

Cette nouvelle crise intervient trois ans après le coup d’État qui avait renversé le président Mohamed Bazoum. Le 26 juillet 2023, des éléments de la garde présidentielle avaient retenu le chef de l’État et sa famille au palais. Le général Abdourahamane Tiani, alors chef de cette unité, avait ensuite pris la tête de la junte.

Le mouvement du 29 août prend ainsi une dimension particulière : le régime militaire se retrouve désormais confronté à une contestation provenant de l’intérieur même de l’appareil sécuritaire.

Une nouvelle épreuve pour la junte

Pour les autorités, l’objectif est désormais d’éviter une extension de la mutinerie et de préserver le fonctionnement de l’État. Le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie a appelé la population à la vigilance et à l’unité, tandis que les autorités ont demandé aux habitants de Niamey de reprendre normalement leurs activités.

Au-delà de la bataille pour le contrôle de la capitale, l’épisode soulève des interrogations sur la cohésion de l’armée nigérienne. Le pays reste confronté à une forte pression sécuritaire liée aux groupes jihadistes, tandis que le régime de Tiani a profondément réorienté ses alliances extérieures, notamment vers la Russie et ses partenaires de l’Alliance des États du Sahel.

Si la mutinerie semble avoir été contenue, elle constitue néanmoins un sérieux avertissement pour la junte. Trois ans après son arrivée au pouvoir, celle-ci doit désormais démontrer qu’elle maîtrise non seulement les menaces venues de l’extérieur, mais aussi les fractures susceptibles de naître au sein de ses propres forces.

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