Au Gabon, coupure des réseaux sociaux, Oligui Nguema sous pression
Les autorités ont décidé de suspendre l’accès aux réseaux sociaux dans tout le pays, une mesure brutale qui illustre l’ampleur de la pression politique et sociale que connaît actuellement le président Brice Clotaire Oligui Nguema.
Cette décision, annoncée par la Haute Autorité de la Communication (HAC), intervient dans un contexte de mécontentement populaire croissant et de contestation sociale.
Dans un communiqué lu à la télévision publique, la HAC a justifié cette suspension « jusqu’à nouvel ordre » en affirmant que certains contenus diffusés sur les plateformes numériques étaient susceptibles de provoquer des « dérives conflictogènes », de porter atteinte à la stabilité des institutions et de menacer la cohésion nationale. L’autorité de régulation a pointé du doigt la circulation de messages jugés diffamatoires, haineux ou insultants, ainsi que des informations considérées comme fausses ou non modérées.
Cette coupure des réseaux sociaux intervient au moment où le pays est secoué par une vague de grèves et de mouvements sociaux, notamment chez les enseignants et certains employés publics, qui dénoncent des conditions de travail difficiles, des salaires jugés insuffisants et un manque de dialogue avec le gouvernement. Selon plusieurs sources, ces mouvements de protestation se sont étendus depuis janvier et février 2026, reflétant une montée du mécontentement populaire envers la gouvernance du chef de l’État.
La décision de restreindre l’accès à ces plateformes numériques suscite de fortes critiques, surtout de la part des défenseurs de la liberté d’expression. Ces réseaux sont depuis longtemps l’un des principaux moyens pour les citoyens et les opposants de partager des informations, de s’organiser et de critiquer les politiques du gouvernement. Leur suspension risque d’isoler davantage la population et d’alimenter la colère contre l’exécutif gabonais.
Si les autorités affirment vouloir préserver la paix sociale, beaucoup y voient une tentative de museler la contestation et de limiter l’accès à l’information en période de tensions. Cette mesure intervient à peine quelques mois après une année marquée par la fin de la période de transition et l’élection de Brice Clotaire Oligui Nguema à la présidence, avec des résultats largement contestés par certains partis et observateurs, malgré des chiffres officiels très favorables à l’actuel chef de l’État.
Dans un climat où la liberté d’expression est déjà sous pression, cette suspension des réseaux sociaux est perçue par de nombreux analystes comme un signe supplémentaire des difficultés politiques et sociales auxquelles fait face le pouvoir gabonais. Elle pose également de sérieuses questions sur l’avenir de l’espace public numérique et sur la capacité du gouvernement à gérer les frustrations croissantes sans recourir à des restrictions drastiques.
