Au Togo, des opposants réclament une transition et rejettent tout nouveau dialogue
Dans un communiqué conjoint, plusieurs organisations politiques estiment que le Togo traverse un vide constitutionnel et appellent à une transition politique fondée sur des assises nationales.
À la suite de l’arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de justice de la CEDEAO, plusieurs organisations de l’opposition togolaise montent au créneau. Dans un communiqué conjoint publié le 2 juillet 2026 à Lomé, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK-Originale), la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), Lumière pour le Développement dans la Paix (LDP) et le mouvement « Touche Pas À Ma Constitution » estiment que le pays fait face à un « vide constitutionnel » et plaident pour l’ouverture d’une transition politique plutôt qu’un nouveau dialogue.
Les signataires fondent leur argumentaire sur l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO, qui, selon eux, a confirmé le caractère inconstitutionnel du changement de Constitution intervenu en 2024. Ils rappellent qu’une élection présidentielle aurait dû être organisée en février ou mars 2025 conformément au calendrier constitutionnel, avant que l’adoption d’un nouveau régime parlementaire ne modifie le processus politique. À leurs yeux, cette situation aurait créé un vide constitutionnel depuis le 3 mai 2025, date à laquelle un nouveau président aurait dû entrer en fonction si le scrutin avait eu lieu.
Le communiqué critique également la tenue de la récente rencontre du Cadre permanent de concertation (CPC), qualifiée de tentative de diversion face aux conséquences de la décision de la juridiction communautaire. Les auteurs estiment que cette instance ne constitue plus un véritable espace de consensus, rappelant que plusieurs partis d’opposition s’en sont retirés.
Pour sortir de la crise institutionnelle, les quatre organisations proposent l’ouverture d’une transition politique inclusive, accompagnée d’assises nationales réunissant les différentes forces vives du pays. Selon elles, cette démarche permettrait de restaurer un climat d’apaisement et de rebâtir les fondements institutionnels de la République sur des bases consensuelles. Elles rejettent en revanche toute perspective d’un nouveau dialogue organisé par les autorités actuelles, qu’elles jugent inapte à résoudre durablement la crise.
Le communiqué se conclut par un appel à la mobilisation populaire. Les organisations invitent les Togolais, tant à l’intérieur du pays que dans la diaspora, à participer à des manifestations publiques pacifiques lorsque des mots d’ordre seront lancés dans les prochaines semaines. Elles présentent cette mobilisation comme le moyen d’obtenir une transition politique qu’elles considèrent comme « la seule voie pacifique » pour sortir de la crise actuelle.
