L’Afrique perd Jean Ziegler, une voix infatigable contre la faim et les injustices
La disparition de Jean Ziegler, décédé le 10 juin 2026 à Genève à l’âge de 92 ans, marque la fin d’un combat de plusieurs décennies en faveur des peuples marginalisés, particulièrement en Afrique. Sociologue, intellectuel engagé et ancien rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, il s’était imposé comme l’un des plus ardents défenseurs des victimes de la faim et des inégalités dans le monde.
Pour de nombreux Africains, Jean Ziegler n’était pas seulement un observateur des drames du continent. Il était un allié. Pendant des années, il a dénoncé avec vigueur les mécanismes économiques internationaux qu’il jugeait responsables de l’appauvrissement de millions de personnes. Ses prises de position contre la spéculation sur les denrées alimentaires, l’accaparement des ressources naturelles et les effets dévastateurs de certaines politiques économiques ont trouvé un écho particulier en Afrique, où la faim demeure une réalité quotidienne pour des millions d’habitants.
À la tête du mandat onusien sur le droit à l’alimentation entre 2000 et 2008, il a multiplié les missions et les plaidoyers pour rappeler que la faim n’était pas une fatalité, mais le résultat de choix politiques et économiques. Pour lui, chaque enfant mourant de faim était la preuve d’un échec collectif de la communauté internationale.
Critique inflexible du capitalisme néolibéral, Jean Ziegler a consacré sa vie à défendre une vision plus juste du monde. Jusqu’à ses dernières années, il continuait d’alerter sur les ravages des guerres, des famines et des inégalités croissantes, appelant à une mobilisation des consciences.
Avec sa disparition, l’Afrique perd l’un de ses plus fervents défenseurs sur la scène internationale. Mais son héritage demeure : celui d’un homme qui a refusé le silence face à l’injustice et qui a fait de la dignité humaine un combat universel.
