L’ANC refuse un « simulacre de dialogue »
Dans une déclaration virulente publiée à Lomé, l’ANC rejette toute perspective de dialogue politique sur la Constitution de la Ve République, dénonçant une manœuvre destinée à pérenniser le pouvoir du régime RPT/UNIR.
L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) durcit sa position face aux rumeurs persistantes d’un nouveau dialogue politique autour de la Constitution de la Ve République. Dans une déclaration rendue publique ce 28 mai à Lomé, le parti dirigé par Jean-Pierre Fabre rejette catégoriquement « tout simulacre de dialogue » et toute révision constitutionnelle « au service du statu quo ».
Alors que des informations circulent depuis plusieurs semaines sur une possible concertation politique visant à réécrire certains aspects de la Constitution adoptée le 6 mai 2024, l’ANC dénonce ce qu’elle considère comme une nouvelle manœuvre du pouvoir RPT/UNIR pour consolider son emprise sur l’État. Le parti estime que cette Constitution a été imposée « sans consultation préalable ni consensus national ».
Dans son communiqué, l’ANC accuse également certains soutiens du régime de mener « une entreprise d’enfumage » destinée à tromper la population et la classe politique. Le parti rappelle avoir déjà dénoncé, à plusieurs reprises, les « insuffisances démocratiques » du texte constitutionnel ainsi que les risques de confiscation du pouvoir.
L’ANC pointe notamment du doigt une récente tribune de Christian Eninam Trimua, perçue comme le signe d’une volonté de nouvelles modifications constitutionnelles « opportunistes » au profit du chef de l’État, Faure Gnassingbé. Le parti met en garde contre toute réforme qui viserait à « transformer, de fait, la République en un royaume ».
Réaffirmant son attachement à l’alternance politique, à la séparation des pouvoirs et à des élections transparentes, l’ANC appelle le peuple togolais à rester « vigilant et mobilisé ». Le parti invite également les forces démocratiques et la société civile à maintenir un front uni face aux « dérives autoritaires » du régime en place.
Enfin, l’ANC sollicite l’attention de la communauté internationale sur l’évolution de la situation politique au Togo.
