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Grève inédite des conseillers municipaux Zio 1

Pour la première fois depuis la mise en œuvre du processus en 2019, des conseillers municipaux ont décidé d’entrer en grève pour réclamer le paiement de leurs indemnités.

C’est un fait inédit dans le paysage de la décentralisation au Togo. Pour la première fois depuis la mise en œuvre du processus en 2019, des conseillers municipaux ont décidé d’entrer en grève pour réclamer le paiement de leurs indemnités. À Zio 1, huit élus locaux ont suspendu leur participation aux travaux du Conseil municipal, dénonçant trois mois d’arriérés. Une situation qui met en lumière des tensions de gouvernance au sein de cette collectivité territoriale.

Les conseillers concernés, issus majoritairement de partis de l’opposition tels que l’ANC, l’UFC, le MPDD, NET, l’EPD et BATIR, ont officialisé leur position à travers une motion référencée N°001/GEL-ZIO1/2026. Dans ce document, ils évoquent un « blocage illégal et arbitraire » du paiement de leurs indemnités de fonction. Selon eux, ces ressources sont pourtant prévues par l’article 111 de la loi relative aux collectivités territoriales et inscrites au budget primitif 2026 de la commune, adopté et rendu exécutoire.

Les élus grévistes estiment que cette situation constitue une entrave sérieuse au bon fonctionnement de la commune. Ils rappellent que les indemnités leur permettent de remplir leurs missions de proximité, notamment les déplacements dans les quartiers, les enquêtes de terrain, les échanges avec les populations et la restitution des décisions prises en conseil. À leurs yeux, le non-paiement compromet directement leur capacité à exercer efficacement leur mandat.

Dans leur motion, les conseillers pointent la responsabilité du maire, qu’ils tiennent pour principal acteur du blocage. Ils insistent sur le caractère indispensable de ces indemnités, dans un contexte où les conseillers municipaux ne bénéficient pas de salaire mensuel, contrairement aux maires et à leurs adjoints. En effet, les élus locaux perçoivent uniquement des indemnités de session, généralement comprises entre 10 000 et 20 000 FCFA par jour, ainsi qu’une indemnité de déplacement plafonnée à 5 000 FCFA par session.

Face à la montée de la contestation, une tentative de médiation a été engagée. Le préfet de Zio a reçu, à la mi-journée de ce mardi, une délégation des conseillers frondeurs. Selon les informations disponibles, l’autorité préfectorale les a invités à suspendre leur mouvement, tout en les rassurant sur des démarches en cours avec le Trésorier général pour régulariser la situation dans les meilleurs délais.

La commune de Zio 1, dirigée par le maire Dr Atatsi Ayawo, compte 23 conseillers municipaux. L’absence de huit d’entre eux, soit plus du tiers de l’effectif, pourrait affecter significativement le fonctionnement du conseil municipal. Les décisions pourraient être retardées, voire compromises, en raison du manque de quorum ou de la fragilisation des équilibres internes.

Les conseillers grévistes conditionnent leur retour à une régularisation complète des indemnités dues. Ils demandent également la tenue d’une session extraordinaire sous l’égide du préfet, afin de trouver une issue durable à la crise.

Au-delà du cas de Zio 1, cette situation relance le débat sur les conditions d’exercice du mandat local au Togo. Elle met en évidence les défis persistants liés à la mise en œuvre de la décentralisation, présentée comme un levier essentiel de gouvernance de proximité et de renforcement de la démocratie locale.

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