Ghana : changement de cap à haut risque avant le Mondial
À seulement deux mois de la Coupe du monde 2026, la Fédération ghanéenne de football a pris une décision aussi forte que risquée : limoger Otto Addo pour confier les rênes des Black Stars au technicien portugais Carlos Queiroz. Un choix qui soulève déjà de nombreuses interrogations quant à sa pertinence et à son timing.
Officiellement nommé ce lundi, Carlos Queiroz entre immédiatement en fonction avec une mission claire : préparer le Ghana pour un Mondial qui débute le 11 juin prochain. Mais derrière cette annonce, c’est surtout la brutalité du changement qui interpelle. Otto Addo a été écarté il y a à peine deux semaines, à la suite d’une défaite en amical face à l’Allemagne (2-1). Une décision précipitée qui pourrait fragiliser davantage un groupe déjà en quête de repères.
À 73 ans, Carlos Queiroz arrive avec une solide expérience internationale. Ancien sélectionneur du Portugal lors de la Coupe du monde 2010, il a également dirigé l’Iran en 2018 et 2022, ainsi que des sélections comme la Colombie, l’Égypte, le Qatar ou encore Oman. Son passage sur le banc du Real Madrid (2003-2004) témoigne aussi de son vécu au plus haut niveau. Mais cette expérience suffira-t-elle à compenser le manque de temps ?
Car le défi est immense. Le Ghana se retrouve dans un groupe relevé avec l’Angleterre, la Croatie et le Panama. Trois adversaires aux profils variés, mais redoutables, qui exigeront une préparation minutieuse et une cohésion sans faille. Or, c’est précisément ce qui pourrait manquer aux Black Stars, bouleversés par ce changement de cap à un moment aussi crucial.
La Fédération ghanéenne a-t-elle pris un pari inconsidéré ? En changeant de sélectionneur si tard, elle mise sur un électrochoc capable de relancer une équipe en difficulté. Mais ce type de stratégie comporte des risques évidents : adaptation tactique express, gestion humaine délicate et pression accrue sur le nouveau staff.
Carlos Queiroz peut-il sauver ce qui peut encore l’être ? L’expérience plaide en sa faveur, mais le temps joue contre lui. Dans un contexte aussi tendu, chaque décision comptera. Et pour le Ghana, l’issue de ce pari audacieux pourrait bien se jouer dès les premiers matchs du Mondial.
