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Diaspora : un levier enfin activé

Le Togo s’apprête à redéfinir les contours de sa stratégie de développement en plaçant un acteur longtemps sous-exploité au centre de sa réflexion : sa diaspora. Loin des ressources naturelles ou des infrastructures économiques classiques, c’est désormais dans le capital humain disséminé à travers le monde que les autorités entendent puiser un nouveau souffle.

Richesse hors des frontières

Ils vivent à Paris, Montréal, Dakar ou Bruxelles. Ingénieurs, entrepreneurs, chercheurs ou cadres qualifiés, ces Togolais de l’étranger constituent un vivier de compétences, de réseaux et de ressources encore insuffisamment mobilisé. Pourtant, beaucoup d’entre eux nourrissent le désir de contribuer au développement de leur pays d’origine.

Conscient de cet enjeu, le gouvernement togolais a décidé de passer à une nouvelle étape. Il ne s’agit plus simplement d’encourager les bonnes volontés, mais de structurer un véritable partenariat avec la diaspora, en l’intégrant pleinement dans les politiques publiques.

Concertation pour structurer l’engagement

C’est dans cette dynamique qu’une concertation a été lancée jeudi à Lomé, à l’initiative de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM Togo), en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères et celui de la Sécurité.

Autour de la table, une diversité d’acteurs : responsables publics, partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants de la diaspora venus de plusieurs pays africains, notamment le Sénégal, le Maroc, le Rwanda, le Mali et le Burkina Faso.

Les discussions ont porté sur des problématiques concrètes et stratégiques. Comment organiser efficacement le transfert de compétences ? Quels mécanismes mettre en place pour faciliter les investissements de la diaspora ? Comment créer des outils financiers innovants capables de canaliser les ressources vers des projets prioritaires ?

Vers un cadre institutionnel solide

L’objectif affiché est clair : dépasser les approches ponctuelles et émotionnelles pour bâtir un cadre institutionnel structuré et durable. Il s’agit de permettre aux Togolais de l’extérieur de s’engager de manière organisée, avec des règles claires, des interlocuteurs identifiés et des mécanismes fiables.

Cette démarche vise également à instaurer un climat de confiance, condition indispensable pour encourager les investissements et les collaborations à long terme. En d’autres termes, la diaspora ne doit plus être un acteur périphérique, mais un partenaire à part entière du développement national.

Pari stratégique pour l’avenir

La vision portée par Lomé, avec l’appui de ses partenaires comme l’OIM et la Banque africaine de développement (BAD), repose sur une conviction forte : le développement durable du Togo ne peut se faire sans l’implication de tous ses talents, y compris ceux établis à l’étranger.

Au-delà des transferts financiers, c’est surtout le partage de savoir-faire, l’innovation et l’ouverture sur le monde que la diaspora peut apporter. Reconnecter ces compétences au pays, même à distance, constitue un défi majeur mais aussi une opportunité stratégique.

En misant sur sa diaspora, le Togo fait le choix d’un développement inclusif, fondé sur l’intelligence collective et la valorisation de son capital humain global. Une orientation qui pourrait, à terme, transformer en profondeur son modèle de croissance.

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