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𝐅𝐀𝐂𝐄 𝐀𝐔𝐗 𝐂𝐎𝐍𝐅𝐋𝐈𝐓𝐒 𝐆𝐄́𝐎𝐏𝐎𝐋𝐈𝐓𝐈𝐐𝐔𝐄𝐒 (𝐄́𝐓𝐀𝐓𝐒-𝐔𝐍𝐈𝐒–𝐈𝐒𝐑𝐀𝐄̈𝐋–𝐈𝐑𝐀𝐍), 𝐔𝐍 𝐄́𝐕𝐄𝐈𝐋 𝐃𝐄𝐒 𝐄́𝐋𝐈𝐓𝐄𝐒 𝐀𝐅𝐑𝐈𝐂𝐀𝐈𝐍𝐄𝐒 𝐄𝐒𝐓 𝐍𝐄́𝐂𝐄𝐒𝐒𝐀𝐈𝐑𝐄

Kossigan Kokou-Kpolou, Ph.D., professeur en psychologie à l’Université Laval, à Québec (Canada) et chercheur régulier affilié à plusieurs centres de recherche, dont le Centre interdisciplinaire de recherche sur l’Afrique et le Moyen-Orient (CIRAM) et l’Observatoire de Psychologie, des Conflits Armés et des Violences Intergroupes (Psycavi), appelle à “un éveil des élites africaines…face aux conflits géopolitiques (Etats-Unis-Israël-Iran).”

Dans la nuit du 27 au 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé conjointement des attaques aériennes contre l’Iran. Baptisées « Epic Fury Operation », ces attaques ont été lancées alors même que des négociations diplomatiques étaient encore engagées. Encore une fois, une agression militaire, menée sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU et en marge de tout cadre juridique international. Des opérations qualifiées de « frappes préventives », visant des sites militaires et infrastructurels iraniens, auraient causé, selon certaines sources, la mort de dizaines d’élèves d’une école primaire. L’Iran a immédiatement riposté par des contre-attaques sur des positions israéliennes et des bases américaines dans la région.

𝐔𝐧 𝐞𝐧𝐠𝐫𝐞𝐧𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫𝐞𝐮𝐱 𝐬’𝐨𝐮𝐯𝐫𝐞, 𝐬𝐮𝐬𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐝’𝐞́𝐜𝐡𝐚𝐩𝐩𝐞𝐫 𝐚̀ 𝐬𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐢𝐭𝐢𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬, 𝐚𝐮 𝐌𝐨𝐲𝐞𝐧-𝐎𝐫𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐚𝐮-𝐝𝐞𝐥𝐚̀.

Au plan international, plusieurs gouvernements et organisations appellent à la cessation des hostilités et au retour à la diplomatie. Mais comme toujours, “notre” Union Africaine présentera plus tard un communiqué vague, insipide et lâche.

Face à ce nouveau conflit, on aurait aimé lire ou entendre les mêmes voix qui, il y a deux mois, se laissaient fasciner par l’intervention militaire américaine au Venezuela questionner aujourd’hui les mêmes logiques. Est-ce encore du réalisme géopolitique ou simplement la loi des puissances impérialistes et expansionnistes ? Une intervention militaire sans mandat, subordonnée à des intérêts géostratégiques, remet en question la cohérence normative des positionnements qui célèbrent tantôt telle ou telle puissance en conflit. La fascination pour une puissance impérialiste, lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’un jugement critique, conduit à 𝐧𝐨𝐫𝐦𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐠𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝’𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐛𝐚𝐟𝐨𝐮𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐧𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥.

En tant qu’élites africaines, nous avons une double responsabilité : 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐮𝐜𝐢𝐝𝐢𝐭𝐞́ 𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐲𝐧𝐚𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐠𝐞́𝐨𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐢𝐚𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐫𝐞 𝐮𝐧 𝐣𝐮𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥 𝐜𝐨𝐡𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐭, 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐚𝐧𝐭 𝐞𝐭 𝐞́𝐭𝐡𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐥𝐞. Nous devons refuser les apparences, questionner les emballements médiatiques et nous affranchir des rhétoriques propagandistes binaires. De cette double exigence dépend 𝒏𝒐𝒕𝒓𝒆 𝒄𝒂𝒑𝒂𝒄𝒊𝒕𝒆́ 𝒂̀ 𝒇𝒐𝒓𝒈𝒆𝒓 𝒖𝒏𝒆 𝒗𝒆́𝒓𝒊𝒕𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒗𝒐𝒍𝒐𝒏𝒕𝒆́ 𝒅𝒆 𝒑𝒖𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆, 𝒏𝒐𝒏 𝒑𝒂𝒔 𝒖𝒏𝒆 𝒑𝒖𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆 𝒅𝒐𝒎𝒊𝒏𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏, 𝒎𝒂𝒊𝒔 𝒖𝒏𝒆 𝒑𝒖𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆 𝒅𝒆 𝒎𝒆́𝒅𝒊𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒆𝒕 𝒅𝒆 𝒅𝒊𝒔𝒔𝒖𝒂𝒔𝒊𝒐𝒏, 𝒄𝒂𝒑𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒅𝒆 𝒓𝒆́𝒈𝒖𝒍𝒆𝒓 𝒆𝒕 𝒅’𝒂𝒓𝒃𝒊𝒕𝒓𝒆𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒕𝒆𝒏𝒔𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒈𝒆́𝒐𝒑𝒐𝒍𝒊𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒎𝒐𝒏𝒅𝒊𝒂𝒍𝒆𝒔.

𝐋’𝐢𝐦𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐧𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞̀𝐠𝐞 𝐩𝐚𝐬 : 𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞́𝐬𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐥𝐢𝐛𝐫𝐞𝐬 𝐠𝐞́𝐨𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐧𝐝𝐢𝐚𝐮𝐱.

Notre mission n’est pas d’être spectateurs fascinés par des États suprématistes qui, au nom de prétendues destinées messianiques, foulent aux pieds l’inviolabilité des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. Au contraire, il nous revient de contribuer, par la réflexion stratégique et l’action prospective, à 𝐞́𝐥𝐚𝐛𝐨𝐫𝐞𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐩𝐨𝐧𝐬𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐥𝐢𝐞𝐧𝐭𝐞𝐬, 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐧𝐨𝐦𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐝𝐞́𝐟𝐞𝐧𝐝𝐫𝐞 𝐥’𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐡𝐞́𝐠𝐞́𝐦𝐨𝐧𝐢𝐞𝐬 𝐢𝐦𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞𝐬 𝐞𝐱𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐠𝐢𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐜𝐭𝐚𝐭𝐨𝐫𝐢𝐚𝐮𝐱 𝐪𝐮𝐢 𝐨𝐩𝐩𝐫𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐧𝐨𝐬 𝐩𝐞𝐮𝐩𝐥𝐞𝐬, hypothéquant l’avenir du continent et de sa jeunesse. Nous devons produire des analyses indépendantes, former les consciences, structurer des espaces numériques de débat rationnel, proposer des alternatives africaines crédibles, éclairer les choix géostratégiques par des repères de notre civilisation multiséculaire.

Être une élite africaine, c’est porter une responsabilité historique : penser avec lucidité et agir avec courage pour la souveraineté de l’Afrique. 𝐋𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐥𝐢𝐭𝐬 𝐠𝐞́𝐨𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐮𝐞𝐥𝐬 𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐨𝐢𝐧𝐭𝐚𝐢𝐧𝐬 ; 𝐢𝐥𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐬𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐢𝐧𝐜𝐚𝐫𝐧𝐞𝐫 𝐩𝐥𝐞𝐢𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́.

Dr Kossigan Cyrille Kokou-Kpolou

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