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  • Edouard Akakpo-Lado, l’audace togolaise

    Edouard Akakpo-Lado, l’audace togolaise

    Edouard Akakpo-Lado est devenu l’un des visages les plus inspirants de l’innovation au Togo et, plus largement, en Afrique. Ingénieur en électromécanique, inventeur infatigable et entrepreneur engagé, il incarne l’avenir des jeunes innovateurs africains qui refusent de subir la technologie importée et préfèrent créer des solutions locales adaptées aux besoins réels de leur communauté.

    Né au début des années 1990, Edouard Akakpo-Lado s’intéresse très tôt à la science et à la mécanique. Encore adolescent, il construisait des petits jouets mécaniques, avions, hélicoptères, bateaux, avec des matériaux qu’il achetait lui-même. Cette passion enfantine pour la création allait rapidement se transformer en vocation réelle.

    Un inventeur au service des besoins locaux

    Alors qu’il poursuit des études universitaires en physique, Akakpo-Lado est frustré par l’approche trop théorique de l’enseignement. Il choisit alors de se former en électromécanique, convaincu que c’est par la maîtrise des technologies pratiques qu’il pourra avoir un impact concret.

    Sa réputation commence à se faire connaître en 2012, lorsqu’il met au point Merlinox, une machine multifonction permettant de piler, écraser et râper les noix de palme en quelques minutes. Cette invention vise à alléger les tâches pénibles effectuées par les ménagères et les travailleurs agricoles, qui passent traditionnellement de longues heures à traiter ces produits à la main.

    La machine prend rapidement de l’importance : elle peut produire de l’huile de palme rouge ou blanche, ainsi que d’autres dérivés alimentaires. Rapide, efficace et adaptée au contexte local, Merlinox illustre parfaitement la vision d’Akakpo-Lado — créer des technologies “made in Togo” pour résoudre des problèmes bien réels.

    Une créativité prolifique et diversifiée

    Loin de s’arrêter à Merlinox, Edouard a développé de nombreuses autres machines destinées à optimiser la transformation agroalimentaire. Parmi elles :

    • Araricomax : une décortiqueuse pour arachides, haricots et soja.
    • Tomatomixer : destinée à la transformation de tomates.
    • Conpalmi : un concasseur de noix de palme.
    • Foyeco : un fourneau amélioré écologique qui réduit la consommation de bois.

    Ces inventions ont été conçues non pas dans un laboratoire isolé, mais dans un atelier humble, où chaque pièce et outil, même désuet, est utilisé pour améliorer constamment les prototypes.

    Des ambitions qui dépassent les frontières

    Au-delà de ses réalisations techniques, Edouard Akakpo-Lado est un penseur visionnaire. Il a fondé en 2015 le Centre de Recherche, d’Inventions et d’Innovations Technologiques (CRIIT Lado Concept), une structure dont l’objectif est d’encourager la créativité scientifique et technologique des jeunes au Togo et en Afrique. L’idée est d’insuffler une culture d’innovation qui puisse répondre aux défis du développement local, plutôt que de rester dépendant des technologies importées.

    En 2017, il met aussi sur pied l’Association des Jeunes pour la Promotion des Énergies Renouvelables et le Développement Durable (AJPER2D), qui œuvre pour des solutions respectueuses de l’environnement, notamment dans le domaine des foyers économiques et de la lutte contre la déforestation.

    Reconnaissances et distinctions

    Le travail d’Akakpo-Lado n’est pas passé inaperçu. En 2016, il figure dans la prestigieuse liste des “100 personnalités qui transforment l’Afrique” publiée par Financial Afrik, aux côtés d’éminents leaders africains. Cette reconnaissance souligne non seulement ses réalisations techniques, mais aussi son influence grandissante dans la pensée entrepreneuriale africaine.

    En 2019, il est élevé au rang de Chevalier de l’Ordre national du mérite au Togo, une distinction honorifique qui récompense son engagement au service de la communauté par l’innovation technologique.

    Sa carrière est également marquée par plusieurs prix internationaux, des programmes d’accompagnement d’entrepreneurs africains, et des reconnaissances dans le domaine de l’environnement et du développement durable.

    Un modèle pour les jeunes entrepreneurs africains

    Ce qui distingue Edouard Akakpo-Lado, au-delà de ses inventions, c’est son attitude entrepreneuriale. Il ne se contente pas de créer des machines : il veut créer un écosystème. Un écosystème où les jeunes inventeurs peuvent non seulement concevoir des solutions, mais aussi les produire, les commercialiser et les adapter en continu pour améliorer la vie de leurs communautés.

    Dans un continent où les défis d’accès à la technologie et aux financements restent importants, son exemple montre qu’avec de la passion, de la créativité et de la persévérance, il est possible de transformer de simples idées en outils concrets qui répondent aux besoins du quotidien.

    L’Afrique, source d’innovation

    Pour Edouard, l’innovation africaine ne doit pas imiter ; elle doit s’inspirer des réalités locales. Sa vision est claire : l’Afrique doit produire ses propres technologies, adaptées à ses défis économiques, sociaux et environnementaux, plutôt que d’importer des solutions qui ne prennent pas en compte ces spécificités.

    À travers ses machines, ses projets et son leadership, Akakpo-Lado inspire toute une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs africains qui voient désormais la technologie comme un outil pour transformer leurs communautés, stimuler l’emploi et renforcer l’indépendance technologique du continent.

    Edouard Akakpo-Lado n’est pas seulement un inventeur, il est aussi la preuve vivante que, dans chaque contrainte, il y a une opportunité de créer, d’innover et de redéfinir l’avenir.

  • Afia Mala, la princesse aux mille voix du Togo

    Afia Mala, la princesse aux mille voix du Togo

    Afia Mala, de son vrai nom Afiwavi Mawulana Catherine Missohou, est une chanteuse togolaise emblématique, surnommée « la Princesse des rives du Mono » pour la richesse, la chaleur et la diversité de sa musique.

    Née à Vogan dans une famille où la musique prenait vie dès l’enfance, Afia Mala a fait ses débuts artistiques dès 1974, marquant les esprits avec sa voix puissante et sa présence scénique. Elle chante dans plusieurs langues (éwé, yoruba, swahili, lingala, français, espagnol…) et mêle habilement rythmes traditionnels africains, zouk, soul, salsa et afro-jazz, créant un son profondément métissé et universel.

    Au fil d’une carrière longue de plusieurs décennies, elle a produit une discographie riche et s’est produite sur de nombreuses scènes internationales.

    Mais la musique n’est pas sa seule scène : Afia Mala est également une femme d’affaires accomplie, investissant notamment dans l’hôtellerie et l’immobilier, et une ambassadrice de marque reconnue.

    Son engagement social se manifeste à travers la Fondation « Vie et Vivre », qu’elle a créée pour améliorer les conditions de vie des populations vulnérables, en particulier l’éducation des enfants, la construction d’écoles et la distribution de fournitures scolaires, ainsi que l’appui aux centres de santé.

    Afia Mala est bien plus qu’une voix. Elle est une icône culturelle, une entrepreneure inspirée et une philanthrope engagée qui met sa renommée au service du bien-être des autres. Afia Mala, la princesse des rives du Mono

    Artiste incontournable de la scène musicale africaine, Afia Mala est bien plus qu’une simple chanteuse : elle est une icône culturelle, femme d’affaires, ambassadrice de marque et militante sociale dont la carrière s’étend sur près d’un demi-siècle. Sa trajectoire exceptionnelle fait d’elle une figure majeure de la culture togolaise et un modèle d’engagement pour les jeunes générations.

    Des racines profondes et une voix précoce

    Née Afiwavi Mawulana Catherine Missohou à Vogan, au Togo, Afia Mala grandit dans une famille où la musique était omniprésente. Fille de Mélanie Lissassi-Missohou, membre d’un ensemble vocal traditionnel de femmes appelé Habobo, elle apprend dès son plus jeune âge à chanter, à composer et à comprendre l’impact social du chant.

    Très tôt, elle se démarque par sa voix chaleureuse, sa présence scénique et sa capacité à toucher les cœurs. À l’école, elle chante lors des manifestations culturelles, et c’est finalement en 1974, devant plus de 4 500 spectateurs au Palais des Congrès de Lomé, qu’elle décide de consacrer sa vie à la musique.

    Une carrière musicale riche et internationale

    Surnommée « La Princesse des rives du Mono », Afia Mala a construit une carrière remarquable en mariant tradition et modernité. Sa musique se distingue par ses influences multiples — allant des rythmes traditionnels togolais et ouest-africains au zouk, à la soul, à la salsa ou encore à l’afro-jazz — et par une palette linguistique impressionnante : elle chante en éwé, yoruba, swahili, lingala, français, anglais et espagnol.

    Elle a sorti plusieurs albums majeurs, dont Djalélé (1979), Lonlon Vevie (1981), Es La Manana (1987), Désir (1989), Prophétie (1995), Angelina (1997), Plaisir (2003), Afia à Cuba (2008) et Identité (2019). Chaque opus reflète une étape de son évolution artistique et son ouverture sur le monde.

    Son œuvre la plus reconnue internationalement est sans doute la chanson « Ten Hompte », qui lui a valu en 1984 le Prix Découvertes de Radio France Internationale (RFI) — une reconnaissance majeure qui l’a propulsée sur la scène mondiale.

    Une femme d’affaires et ambassadrice engagée

    Au-delà de la musique, Afia Mala s’est imposée dans les affaires. Dès la fin des années 1980, elle investit dans l’hôtellerie, l’immobilier et la promotion foncière, non seulement au Togo mais aussi dans des pays comme le Bénin, la France et l’Angleterre — une stratégie qui lui permet de sécuriser son avenir professionnel dans un secteur souvent incertain.

    Elle est également ambassadrice de marque, associant son image et ses valeurs à des produits et des projets culturels, ce qui contribue à renforcer sa notoriété et son impact.

    Une militante sociale au cœur généreux

    La musique n’est pas pour Afia Mala un simple art : c’est un outil de conscience sociale. Très tôt, elle comprend que la notoriété peut servir des causes plus grandes qu’elle-même. C’est ainsi qu’elle fonde en 2006 la Fondation Vie et Vivre, basée à Lomé, dédiée à l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables, particulièrement des enfants défavorisés.

    La fondation s’investit dans des projets essentiels : construction d’écoles et de bibliothèques, distribution de fournitures scolaires, organisation de camps de vacances, soutien aux centres de santé et aide aux orphelinats. Une de ses actions récentes a permis de célébrer Noël avec des distributions de vivres et de jouets pour des centaines d’enfants, suscitant gratitude et joie dans les communautés bénéficiaires.

    L’héritage d’une vie consacrée à l’art et à l’humain

    Avec près de cinquante ans de carrière, Afia Mala représente une extraordinaire réussite artistique, culturelle et sociale. Elle a su porter haut les valeurs de la musique africaine, tout en créant des ponts avec d’autres traditions et publics à travers le monde. Son engagement pour l’éducation, la culture et les plus démunis fait d’elle une voix singulière qui dépasse les frontières et inspire les générations nouvelles.

    En combinant talent, intelligence, empathie et sens des responsabilités, Afia Mala reste une figure emblématique de la culture togolaise et africaine, une artiste intégrale qui a transformé sa passion en carrière, en influence et en action humanitaire.

  • Le Togo modernise ses marchés avec l’appui français

    Le Togo modernise ses marchés avec l’appui français

    Le Togo franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses marchés traditionnels. Avec le soutien de la France, à travers la société Engineering & Consulting France, le gouvernement lance le projet « Maison des services », une initiative portée par le ministère de l’Économie et de la Veille stratégique.

    Ce programme ambitionne de transformer en profondeur le fonctionnement des marchés, véritables poumons de l’économie locale, en y introduisant des outils modernes et des services adaptés aux besoins des commerçants et des producteurs.

    Quatre piliers pour structurer la réforme

    Le projet « Maison des services » repose sur quatre axes majeurs. D’abord, l’installation de balances certifiées afin de garantir la transparence des transactions et renforcer la confiance entre vendeurs et clients. Cette mesure vise à mettre fin aux contestations liées aux pesées et à instaurer des pratiques commerciales plus équitables.

    Ensuite, la mise en place d’une plateforme de moulins multiproduits permettra la transformation des produits secs directement au sein des marchés. Cette innovation facilitera la valorisation des denrées agricoles locales, tout en offrant un gain de temps et de compétitivité aux acteurs économiques.

    Troisième composante : l’installation de conteneurs frigorifiques destinés à la conservation des produits périssables. En améliorant les conditions de stockage, le gouvernement entend réduire significativement les pertes post-récolte, un défi majeur pour les producteurs et commerçants.

    Enfin, le projet prévoit un important volet de formation. Les acteurs économiques bénéficieront d’un accompagnement pour s’approprier ces nouveaux outils et renforcer leurs capacités en gestion, en hygiène et en techniques commerciales.

    Moderniser et sécuriser les échanges

    À travers cette initiative, les autorités togolaises affichent un double objectif : moderniser les échanges commerciaux et sécuriser les productions agricoles. « Ce projet va contribuer à moderniser les échanges commerciaux dans nos marchés afin de valoriser davantage nos productions agricoles », a souligné le ministre Badanam Patoki.

    En améliorant la transparence, la transformation et la conservation des produits, le gouvernement espère dynamiser les circuits de distribution locaux et renforcer la compétitivité des filières agricoles.

    Une phase pilote dans le Grand Lomé

    La phase pilote du projet démarrera dans les marchés du Grand Lomé. Cette première étape permettra d’évaluer l’efficacité du dispositif avant un déploiement progressif sur l’ensemble du territoire national.

    L’initiative s’inscrit dans une logique de partenariat public-privé. Elle réunit institutions publiques et acteurs locaux autour d’un comité technique de suivi chargé de veiller à la bonne mise en œuvre des actions.

    Avec « Maison des services », le Togo entend ainsi faire de ses marchés traditionnels des espaces modernisés, mieux organisés et davantage intégrés aux dynamiques de développement économique du pays.

  • Femmes : le Togo brille en Afrique

    Femmes : le Togo brille en Afrique

    Le Togo confirme son ascension en matière de promotion des droits économiques des femmes. Selon le rapport annuel Women, Business and the Law publié le 24 février 2026 par la Banque mondiale, le pays se classe deuxième en Afrique, avec un score global de 79,33 sur 100. Une distinction majeure qui place Lomé parmi les économies les plus engagées du continent en faveur de l’égalité juridique entre hommes et femmes.

    Une performance continentale saluée

    Au-delà de cette deuxième place africaine, le Togo s’impose également comme le premier pays de la CEDEAO, de l’UEMOA et de l’Afrique francophone. Il devance ainsi plusieurs États aux économies et aux populations plus importantes. Le rapport, qui évalue 190 économies à travers le monde, examine les cadres juridiques encadrant la participation des femmes à la vie économique, de l’emploi à la retraite, en passant par l’entrepreneuriat.

    Des avancées juridiques solides

    L’édition 2026 du rapport se veut plus rigoureuse que les précédentes. Pour la première fois, l’étude ne se limite pas à l’analyse des textes de loi : elle prend aussi en compte leur application effective et les dispositifs institutionnels qui les soutiennent. Sur le plan strictement juridique, le Togo affiche des performances remarquables.

    Le pays obtient la note maximale de 100 sur 100 dans quatre domaines clés : la rémunération, le mariage, les actifs et la pension. Autrement dit, la législation togolaise ne prévoit aucune discrimination formelle entre hommes et femmes en matière de salaire, de droits matrimoniaux, de propriété ou de retraite. Le principe « à travail égal, salaire égal » est clairement consacré, tout comme l’égalité dans la gestion des biens et l’accès aux prestations de pension.

    Par ailleurs, le Togo se distingue par l’introduction de mesures favorisant l’aménagement du temps de travail à la demande des salariés, une disposition encore peu répandue en Afrique subsaharienne. Les réformes engagées ces dernières années, notamment dans le secteur de l’emploi et de la garde d’enfants, ont contribué à lever certains obstacles structurels à l’activité professionnelle féminine.

    Liberté de mouvement : un progrès tangible

    Sur la question de la mobilité, le Togo obtient un score de 75 sur 100 en droit. Cette dimension concerne notamment la capacité pour une femme d’obtenir un passeport, de choisir son lieu de résidence ou de se déplacer sans autorisation maritale.

    Plus significatif encore, l’effectivité de ce droit est évaluée à 68,75 sur 100. Ce chiffre reflète une réalité relativement positive sur le terrain, dans un contexte régional où les restrictions informelles demeurent fréquentes. Le contraste est notable et traduit une évolution des pratiques au-delà des textes.

    Des défis institutionnels à relever

    Malgré ces performances encourageantes, des marges de progression subsistent. Les mécanismes de soutien institutionnel n’obtiennent que 31,95 sur 100, révélant des dispositifs d’accompagnement encore fragiles. De même, la perception de l’application concrète des droits atteint 64,54 sur 100, soulignant l’écart persistant entre les réformes légales et leur mise en œuvre quotidienne.

    La Cellule Climat des Affaires reconnaît la nécessité de renforcer ces cadres institutionnels. Les autorités togolaises, pour leur part, assurent vouloir consolider les acquis et accroître la participation des femmes au développement économique national. Si le Togo se positionne aujourd’hui comme un modèle régional, le chantier de l’égalité réelle reste, lui, pleinement ouvert.

  • Souveraineté numérique : le Togo serre la vis

    Souveraineté numérique : le Togo serre la vis

    Le Togo affiche clairement son ambition : renforcer sa souveraineté numérique. À travers l’Instance de protection des données à caractère personnel (IPDCP), les autorités entendent imposer de nouvelles exigences aux opérateurs du numérique, notamment l’obligation de stocker les données personnelles des utilisateurs sur le territoire national.

    Le Togo veut imposer le stockage local des données

    Une orientation stratégique défendue par le président de l’institution, le colonel Bédiani Béléi, qui détaille les enjeux de cette politique, les premières plaintes enregistrées et les priorités fixées pour 2026. Pour Lomé, il ne s’agit plus seulement de réguler, mais de protéger un actif devenu crucial : la donnée.

    Des informations sensibles à protéger

    Selon le colonel Béléi, la notion de données à caractère personnel recouvre « toute information liée à l’identité d’une personne ». Il peut s’agir du nom, du prénom, du numéro de téléphone, des coordonnées bancaires, des données de santé ou encore de l’image d’un individu.

    Autant d’informations parfois sensibles, dont l’usage incontrôlé peut porter atteinte à la vie privée. Pour cette raison, les responsables de traitement sont soumis à quatre obligations majeures : la confidentialité, la sécurité, la conservation et la pérennité des données.

    Ces principes constituent le socle du dispositif légal adopté par le Togo en 2019, avec la loi sur la protection des données à caractère personnel.

    Une culture encore à construire

    Si le cadre légal existe depuis 2019 et que l’IPDCP a été organisée en 2020, les activités opérationnelles n’ont réellement démarré qu’en mars 2025. Pour le président de l’institution, le principal défi reste culturel. « La culture de la protection des données n’est pas encore ancrée au Togo. Il faut la construire », insiste-t-il.

    À l’ère des réseaux sociaux, du commerce en ligne et de la digitalisation accélérée des services publics et privés, les risques liés au numérique se multiplient. Usurpation d’identité, fuites de données, surveillance abusive : autant de menaces qui justifient, selon l’IPDCP, une mobilisation accrue et une vaste campagne de sensibilisation.

    Premières plaintes et encadrement des pratiques

    Depuis le lancement effectif de ses activités, l’instance a déjà reçu plusieurs plaintes. L’une d’elles concerne un salarié filmé sur son lieu de travail, dont l’image aurait servi à justifier un licenciement.

    Pour l’IPDCP, les caméras de surveillance ne peuvent être utilisées à des fins d’espionnage des employés. Elles doivent exclusivement répondre à des impératifs de sécurité. Dans ce dossier, le plaignant a été orienté vers le tribunal du travail.

    Par ailleurs, l’institution enregistre des demandes d’autorisation relatives au traitement et au transfert de données personnelles à l’international. Même si ses capacités techniques restent en phase de consolidation, l’IPDCP affirme accompagner les acteurs du numérique dans leur mise en conformité.

    Les données, une richesse stratégique

    Au-delà de la régulation, l’objectif affiché est clair : imposer le stockage local des données des Togolais. Pour les autorités, les données constituent une richesse stratégique « au même titre que le pétrole ».

    Leur hébergement à l’étranger pose des questions de souveraineté, de sécurité et de contrôle juridique. En exigeant leur conservation sur le territoire national, l’État veut mieux maîtriser leur exploitation et prévenir les abus.

    2026 : l’année de la consolidation

    Pour l’année à venir, l’IPDCP ambitionne de s’imposer comme un régulateur de confiance. Ses priorités portent sur le renforcement du cadre juridique, la sensibilisation des citoyens, la formation des acteurs publics et privés, ainsi que le développement de partenariats institutionnels.

    Face aux nouveaux défis numériques, intelligence artificielle, big data, cybersécurité, l’institution entend également adapter la réglementation pour anticiper les risques.

    Le message est sans équivoque : au Togo, la souveraineté numérique est désormais une affaire d’État.

  • Au Togo, la déclaration des dispositifs de vidéosurveillance passe au numérique

    Au Togo, la déclaration des dispositifs de vidéosurveillance passe au numérique

    Au Togo, les formalités administratives liées aux dispositifs de vidéosurveillance et de vidéoprotection entrent dans une nouvelle ère. L’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) a officiellement engagé la digitalisation du processus de déclaration de ces équipements, dans le cadre d’une réforme visant à moderniser la gestion des données personnelles.

    Une réforme au service de la protection des données

    Conduit en partenariat avec l’Agence Togo Digital (ATD), le projet est placé sous la supervision du ministère de l’Efficacité du service public et de la Transformation numérique. À travers cette initiative, les autorités entendent simplifier les démarches administratives, tout en renforçant la conformité des acteurs publics et privés aux exigences légales en matière de protection des données.

    Dans un contexte où l’usage des caméras de surveillance se généralise dans les entreprises, les commerces et les espaces publics, la réforme apparaît comme une réponse aux enjeux croissants liés à la sécurité et au respect de la vie privée.

    Une plateforme pour plus de transparence et d’efficacité

    La nouvelle plateforme numérique permettra aux usagers de soumettre leurs dossiers en ligne, sans avoir à se déplacer. Selon l’IPDCP, l’outil offrira un traitement plus fluide des demandes, avec un système de suivi en temps réel et une traçabilité renforcée des procédures.

    L’objectif affiché est multiple : réduire les délais de traitement, améliorer l’accessibilité des services publics et instaurer davantage de transparence dans les interactions entre l’administration et les citoyens. Grâce à la digitalisation, les déclarants pourront suivre l’évolution de leurs dossiers depuis la soumission jusqu’à la validation ou la clôture.

    Cette réforme s’inscrit plus largement dans l’agenda national de transformation numérique de l’administration publique. Elle traduit la volonté des autorités togolaises de moderniser les services de l’État et d’adapter les procédures aux standards technologiques actuels.

    Des agents formés avant la mise en service

    En prélude au lancement officiel, une session de formation a été organisée la semaine dernière au profit des agents concernés. Cette étape a permis aux équipes techniques et administratives de se familiariser avec l’ensemble de la chaîne numérique.

    Des simulations pratiques ont été réalisées, couvrant toutes les étapes du processus : réception des demandes, vérification des pièces, validation, notification et clôture des dossiers. Ces exercices visaient à tester les mécanismes internes et à garantir une parfaite maîtrise de l’outil avant son déploiement effectif.

    Un lancement prévu le 10 mars

    À l’issue de la phase de formation, des tests utilisateurs et des ajustements techniques sont encore programmés afin d’optimiser la performance de la plateforme. Ces derniers réglages devraient permettre de corriger d’éventuelles anomalies et d’assurer une expérience fluide pour les futurs utilisateurs.

    La mise en service officielle est annoncée pour le 10 mars prochain. Avec cette digitalisation, le Togo franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son administration et renforce son dispositif de protection des données personnelles, à l’heure où la transformation numérique devient un levier central de gouvernance.

  • Transport routier: l’affaire Parou Bonante, au-delà de l’accident, le vrai débat

    Transport routier: l’affaire Parou Bonante, au-delà de l’accident, le vrai débat

    Le climat reste tendu dans le secteur du transport routier togolais. Au centre des discussions : les divergences persistantes entre l’Union nationale des transporteurs routiers du Togo (UNATROT) et le groupe Progrès Transport, dont l’un des membres influents reste Parou Bonante.

    Si certains commentaires ont rapidement personnalisé le débat, plusieurs acteurs du secteur appellent aujourd’hui à la prudence et à une lecture plus nuancée des faits.

    Une conférence de presse aux accents revendicatifs

    Le 17 février 2026, Progrès Transport a organisé une conférence de presse au cours de laquelle ses responsables ont exprimé leurs préoccupations sur les conditions de travail et de vie des transporteurs affiliés. Selon les organisateurs, la démarche visait à attirer l’attention sur des difficultés structurelles, notamment les charges d’exploitation élevées, les contrôles administratifs jugés parfois déséquilibrés, le besoin de meilleure représentation syndicale et le dialogue renforcé avec les autorités.

    Des observateurs du secteur estiment que ces revendications ne sont pas nouvelles et s’inscrivent dans un contexte de tensions internes qui traversent l’UNATROT depuis plusieurs années. Plusieurs voix appellent ainsi à éviter toute personnalisation excessive du débat.

    Un accident regrettable, une enquête en cours

    Trois jours après cette sortie médiatique, le 20 février 2026, un camion appartenant à l’entreprise dirigée par Parou Bonante, cadre du Progrès Transport, a été impliqué dans un accident aux abords de la station Total de Kégué, à Lomé.

    Selon des sources proches du dossier, le véhicule aurait percuté un autre engin par l’arrière. Les circonstances exactes restent à établir par les autorités compétentes. Une procédure aurait été ouverte afin de déterminer les responsabilités éventuelles.

    Toujours selon ces mêmes sources, le camion disposait des documents administratifs requis et était assuré auprès de la compagnie Sanlam. Il est cependant évoqué que la visite technique du véhicule aurait expiré au moment des faits, un élément qui devra être confirmé officiellement par l’enquête.

    À ce stade, aucune conclusion définitive n’a été rendue publique.

    Éviter les procès d’intention

    Dans l’opinion, certains commentaires ont rapidement associé cet accident aux critiques formulées quelques jours plus tôt contre l’UNATROT. D’autres acteurs du secteur jugent toutefois excessif d’y voir la preuve d’un manquement généralisé ou d’une volonté délibérée de contourner les règles.

    Des responsables du Progrès Transport rappellent que Parou Bonante   gère plusieurs camions et emploie de nombreux conducteurs, et qu’un incident isolé, aussi regrettable soit-il, ne saurait résumer l’ensemble de ses pratiques.

    Ils indiquent par ailleurs que la structure profite de cet événement malheureux pour renforcer les messages internes de sensibilisation au respect strict du Code de la route, à l’auto-discipline et au suivi rigoureux des échéances administratives. Une mission normalement dévolue à l’UNATROT.

    Une crise plus ancienne au sein du secteur

    Au-delà de l’accident, plusieurs observateurs soulignent que les tensions actuelles trouvent leurs racines dans des désaccords plus anciens concernant la gouvernance syndicale, la représentativité et les orientations stratégiques du secteur.

    Le transport routier, pilier essentiel de l’économie nationale, fait face à des défis majeurs : la modernisation du parc automobile, le respect des normes techniques, la sécurité des usagers et l’adaptation aux nouvelles exigences réglementaires.

    Dans ce contexte, certains acteurs appellent les autorités compétentes à favoriser le dialogue et à clarifier les responsabilités afin d’éviter l’escalade des tensions.

    Priorité à la sécurité et au dialogue

    L’accident du 20 février reste un événement regrettable qui mérite toute la lumière nécessaire. Mais au-delà des polémiques, la priorité demeure la sécurité des usagers et la stabilité d’un secteur stratégique pour le pays.

    Plusieurs professionnels insistent sur le fait que seule une approche équilibrée, celle-ci fondée sur l’enquête, la responsabilité individuelle et le dialogue institutionnel, permettra d’éviter que les tensions actuelles ne fragilisent davantage la profession. Surtout que les autorités compétentes sont, pour le moment, silencieuses sur la crise à laquelle certains opposent des relents personnels.

  • Affaire Bitala Madjoulba : la Cour d’appel militaire alourdit les peines

    Affaire Bitala Madjoulba : la Cour d’appel militaire alourdit les peines

    La Cour d’appel militaire du Togo a rendu son verdict, vendredi 27 février, dans le procès en appel relatif à la mort du colonel Bitala Madjoulba. La juridiction a confirmé la décision de première instance, tout en alourdissant les peines infligées aux accusés, avec une augmentation moyenne de cinq ans d’emprisonnement.

    Ce nouveau jugement vient clore un épisode judiciaire particulièrement suivi au Togo. En première instance, plusieurs accusés avaient été reconnus coupables dans cette affaire qui avait profondément marqué l’opinion publique et les rangs des forces armées. La Cour d’appel militaire, après réexamen des faits et des arguments développés par la défense et le ministère public, a estimé que les peines initiales devaient être revues à la hausse.

    Des peines confirmées et aggravées

    Dans sa décision, la juridiction a validé les déclarations de culpabilité prononcées en première instance. Toutefois, considérant la gravité des faits et les circonstances entourant la disparition du haut gradé, elle a jugé nécessaire de renforcer le caractère dissuasif des sanctions.

    Selon des sources judiciaires, l’alourdissement des peines vise à tenir compte de nouveaux éléments d’appréciation et à affirmer l’autorité de la justice militaire. Les accusés voient ainsi leurs condamnations augmentées de cinq ans en moyenne, un signal fort envoyé par la Cour.

    Une affaire sensible

    La mort du colonel Bitala Madjoulba, officier supérieur respecté, avait suscité une vive émotion au sein de l’armée et dans la population. Les circonstances de son décès avaient conduit à l’ouverture d’une enquête approfondie, débouchant sur un procès en première instance, puis sur cet appel.

    Tout au long de la procédure, les débats ont été nourris, les avocats de la défense plaidant tantôt l’innocence, tantôt l’atténuation des responsabilités. De son côté, le ministère public a soutenu la nécessité de sanctions exemplaires, au regard de la portée symbolique de l’affaire.

    Un tournant judiciaire

    Avec ce verdict du 27 février, la Cour d’appel militaire tourne une page importante du dossier. En confirmant la culpabilité des accusés tout en aggravant leurs peines, elle affirme sa volonté de garantir la discipline et la cohésion au sein des forces armées.

    Reste désormais la possibilité, pour les condamnés, d’exercer d’éventuels recours prévus par la loi. En attendant, cette décision marque une étape décisive dans une affaire qui aura durablement marqué la justice militaire togolaise.

  • Plage du Golfe 1 : les tenanciers de bars implorent un sursis

    Plage du Golfe 1 : les tenanciers de bars implorent un sursis

    Les tenanciers de bars et restaurants de la plage situés à la plage du Golfe, à la veille de date butoir de sommation et de déguerpissement, implorent la clémence de Faure Gnassingbé.

    Au cours d’un point de presse animé ce 26 février 2026 sur leur site, les tenanciers de bars et restaurants de la plage du Golfe 1 ont exprimé leur désarroi face à la situation à laquelle ils sont confrontés, notamment la sommation de déguerpir avant le 28 février 2026 que leur a adressée le maire de la commune du Golfe 1.

    À quelques jours de la date butoir fixée par cette mise en demeure, les exploitants se tournent vers le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, à qui ils demandent de voler à leur secours.

    Loin d’ouvrir un bras de fer avec l’autorité municipale, ils affirment comprendre la décision du maire, mais sollicitent qu’un délai de dix mois leur soit accordé. Ce moratoire leur permettrait notamment d’éponger les dettes contractées auprès des institutions financières et de retirer progressivement leurs effets des lieux.

    La suite des informations dans ces deux fichiers:

  • Frontière maritime : Accra saisit l’arbitrage international, Lomé réagit

    Frontière maritime : Accra saisit l’arbitrage international, Lomé réagit

    Le différend relatif à la délimitation de la frontière maritime entre le Togo et le Ghana prend une nouvelle tournure. Dans un communiqué rendu public le 25 février 2026 à Lomé, le gouvernement togolais annonce avoir été officiellement notifié, le 20 février, de la décision des autorités ghanéennes d’engager une procédure d’arbitrage international. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) du 10 décembre 1982.

    Un différend ancien ravivé par des incidents maritimes

    Selon le gouvernement togolais, plusieurs incidents survenus entre novembre 2016 et mai 2018 dans un espace maritime non encore délimité ont mis en évidence l’urgence de fixer une frontière maritime commune. Ces événements avaient ravivé les préoccupations liées à la souveraineté et à l’exploitation des ressources dans cette zone stratégique du Golfe de Guinée.

    Face à ces tensions, les deux pays avaient opté pour la voie du dialogue. Dès juin 2018, à travers la Commission Nationale des Frontières Maritimes du Togo (CNFMT) et la Ghana Boundary Commission, des négociations avaient été engagées en vue d’aboutir à une délimitation consensuelle, conformément aux principes consacrés par la CNUDM.

    Des engagements de retenue mutuelle

    Les discussions bilatérales avaient connu une étape importante en août 2019, lors de la cinquième réunion plénière tenue à Accra. À cette occasion, les deux parties s’étaient engagées à s’abstenir de toute action en mer susceptible de compromettre le climat de fraternité, de paix et de sérénité entre les deux États.

    Mais la décision d’Accra de soumettre le différend à l’arbitrage international marque un changement d’approche. Pour Lomé, ce choix traduit une volonté du Ghana de sortir du cadre des négociations bilatérales jusque-là privilégiées.

    Lomé réaffirme son attachement au règlement pacifique

    Dans son communiqué, le gouvernement togolais dit « prendre acte » de cette décision, tout en réaffirmant son attachement aux principes de règlement pacifique des différends, au bon voisinage et à la coopération fraternelle entre États.

    Lomé souligne également son engagement en faveur d’un règlement fondé sur le droit international, notamment les principes de justice et d’équité prônés par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Les autorités togolaises insistent sur le respect des instruments juridiques internationaux auxquels les deux pays sont parties.

    Cette nouvelle phase du différend maritime entre le Togo et le Ghana ouvre ainsi la voie à une procédure arbitrale internationale dont l’issue sera déterminante pour la clarification définitive des frontières maritimes entre les deux voisins ouest-africains. En attendant, le gouvernement togolais se veut rassurant, affichant sa volonté de préserver la paix et la stabilité dans ses relations avec Accra.

Radio Renouveau228

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