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  • Agriculture résiliente : le privé en première ligne

    Agriculture résiliente : le privé en première ligne

    Le secteur privé togolais entend jouer un rôle moteur dans la transformation de l’agriculture face aux défis climatiques. Réuni à Lomé le 17 mars 2026, lors de l’atelier national de validation des stratégies du projet NAP Readiness, le Conseil National du Patronat du Togo (CNP-Togo) a réaffirmé son engagement en faveur d’investissements durables et innovants.

    Organisé à l’Hôtel Concorde, cet atelier s’inscrit dans une dynamique impulsée par le gouvernement togolais, avec l’appui technique de la FAO et le financement du Fonds Vert pour le Climat (GCF). L’objectif du projet NAP Readiness est clair : renforcer les capacités nationales et régionales pour mieux gérer les risques liés au changement climatique, notamment dans des secteurs clés comme l’agriculture, la foresterie et les ressources en eau.

    Le privé face au défi climatique

    Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le président du CNP-Togo, Coami Sedolo Tamegnon, a insisté sur la double dimension du changement climatique. « Il constitue à la fois un défi et une opportunité pour les entreprises », a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation accrue du secteur privé.

    Selon lui, les entreprises togolaises ont un rôle stratégique à jouer dans la transition vers une économie plus verte. À travers sa politique environnementale, le CNP-Togo entend promouvoir des pratiques durables et encourager l’innovation dans tous les secteurs productifs. Une orientation qui vise à concilier performance économique et responsabilité environnementale.

    Vers des partenariats renforcés

    Au cœur des échanges, la nécessité d’une collaboration étroite entre les différents acteurs a été largement soulignée. Le président du patronat togolais a plaidé pour un renforcement des synergies entre l’État, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers.

    Les stratégies validées au cours de cet atelier devraient permettre de consolider les partenariats public-privé et de favoriser une meilleure implication des entreprises dans les projets climato-résilients. Cette approche collaborative est jugée essentielle pour garantir des actions concrètes, efficaces et durables sur le terrain.

    Une agriculture en mutation

    Face aux effets de plus en plus visibles du changement climatique, l’agriculture togolaise est appelée à se réinventer. Le CNP-Togo se positionne ainsi comme un acteur clé de cette transformation, en soutenant des initiatives capables d’améliorer la résilience des systèmes de production.

    L’organisation patronale réaffirme, à cet effet, sa disponibilité à accompagner le gouvernement et l’ensemble des parties prenantes dans la mise en œuvre des stratégies adoptées. Elle ambitionne également de stimuler une nouvelle dynamique d’investissements durables.

    À terme, cette mobilisation du secteur privé pourrait contribuer à bâtir une agriculture plus performante, résiliente et adaptée aux réalités climatiques, tout en renforçant la sécurité alimentaire et la croissance économique du pays.

  • Cité ministérielle : l’État se regroupe pour plus d’efficacité

    Cité ministérielle : l’État se regroupe pour plus d’efficacité

    Le Togo s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son administration publique. Dans les prochains mois, une vaste cité ministérielle verra le jour à Bè Klémé, dans la commune du Golfe 3, avec pour ambition de regrouper sur un site unique plusieurs départements ministériels actuellement dispersés à travers le centre-ville de Lomé.

    Le projet, d’envergure, prévoit la construction de 90.000 m² de bureaux répartis sur 18 bâtiments. Cette nouvelle organisation spatiale devrait permettre de rationaliser le fonctionnement de l’appareil administratif en facilitant la coordination entre les différents ministères. Aujourd’hui, l’éparpillement des services engendre des lenteurs, des déplacements fréquents et une perte de temps pour les usagers comme pour les agents de l’État.

    Avec cette cité ministérielle, les autorités entendent améliorer l’efficacité du service public, en rapprochant les centres de décision et en simplifiant les procédures administratives. Il s’agit également de moderniser les infrastructures de travail, souvent jugées inadaptées ou vieillissantes dans certains bâtiments administratifs actuels.

    Contrairement à certaines grandes réalisations à forte portée symbolique, ce projet se veut avant tout fonctionnel. L’objectif n’est pas d’ériger un complexe prestigieux, mais bien de doter l’administration togolaise d’un outil de travail performant, capable de répondre aux exigences d’une gouvernance moderne.

    La mise en œuvre du projet est déjà en cours. La phase d’expropriation des terrains a débuté à Bè Klémé. Les propriétaires concernés seront indemnisés, conformément aux dispositions en vigueur. Cette étape, souvent sensible, constitue un préalable indispensable à la libération du site et au démarrage effectif des travaux.

    Le financement de la cité ministérielle est assuré par la Banque ouest africaine de développement (BOAD), partenaire clé du Togo dans plusieurs projets d’infrastructures. L’appui de cette institution régionale témoigne de la crédibilité du projet et de son importance stratégique pour le pays.

    Au-delà de la modernisation administrative, cette initiative pourrait également contribuer à décongestionner le centre-ville de Lomé, en réduisant les flux quotidiens liés aux activités administratives. Elle participe ainsi à une réflexion plus large sur l’aménagement urbain et la répartition des services publics.

    En regroupant ses ministères sur un site unique, le Togo fait le pari de l’efficacité, de la cohérence et d’une administration plus proche des besoins des citoyens. Un chantier structurant qui, une fois achevé, pourrait transformer durablement le visage et le fonctionnement de l’État.

  • VO 2 prépare son futur pôle communal

    VO 2 prépare son futur pôle communal

    La commune de VO 2 franchit une étape décisive dans sa politique d’aménagement du territoire. Le 12 mars 2026, le maire a réuni autour de la même table propriétaires terriens, géomètres et autorités traditionnelles pour une rencontre de cadrage consacrée à un ambitieux projet de construction d’un terrain municipal, accompagné d’infrastructures socio-collectives.

    Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de planification structurée visant à doter la commune d’équipements modernes et adaptés aux besoins de sa population. Au cœur des échanges, l’identification d’une réserve administrative d’environ 45 hectares, un espace jugé stratégique pour accueillir non seulement le futur terrain municipal, mais aussi d’autres installations d’intérêt public.

    Dans son intervention, le maire a souligné l’importance de ce projet pour le développement local. Il a rappelé que le site retenu pourrait également abriter les futurs locaux de la mairie ainsi que des infrastructures liées au projet soutenu par la FAO. Une vision globale qui témoigne de la volonté des autorités locales de transformer cet espace en un véritable pôle administratif et communautaire.

    Le géomètre mandaté pour accompagner le projet a apporté des précisions techniques, indiquant que les démarches administratives sont déjà en cours auprès du ministère compétent. Une avancée qui traduit la détermination de la municipalité à faire aboutir ce chantier dans le respect des procédures en vigueur.

    Mais au-delà des aspects techniques, la rencontre a surtout été marquée par des échanges francs et constructifs. Les propriétaires terriens ont exprimé leurs préoccupations, notamment en ce qui concerne la gestion foncière et le respect de leurs droits. Des inquiétudes légitimes auxquelles les autorités ont prêté une oreille attentive.

    Dans un souci d’inclusivité, les participants ont insisté sur la nécessité d’impliquer l’ensemble des géomètres dans le processus. L’objectif est clair : garantir un travail collectif, transparent et conforme aux normes cadastrales. Cette approche participative vise également à renforcer la confiance entre les différentes parties prenantes.

    Au terme des discussions, un consensus s’est dégagé sur la poursuite des concertations afin de parvenir à un compromis équilibré. Les acteurs présents ont affiché leur volonté commune de privilégier le dialogue et de rechercher des solutions respectueuses des droits fonciers tout en répondant aux impératifs de développement.

    En clôturant la séance, le maire a salué l’esprit de responsabilité et de coopération qui a prévalu tout au long des échanges. Il a réaffirmé l’engagement de son équipe à travailler en étroite collaboration avec les communautés locales pour faire de ce projet une réussite collective.

    Ce futur terrain municipal, au-delà de sa vocation sportive ou administrative, se profile déjà comme un symbole de cohésion sociale et de progrès pour la commune de VO 2. S’il aboutit dans les conditions souhaitées, il pourrait marquer un tournant dans la modernisation du territoire et renforcer durablement l’attractivité de la localité.

  • Tata Matina, l’excellence culinaire au service de vos événements

    Tata Matina, l’excellence culinaire au service de vos événements

    Dans le domaine de la restauration événementielle, certains noms s’imposent par la qualité constante de leurs prestations et la satisfaction de leur clientèle. Celui de Tata Matina fait aujourd’hui partie de ces références incontournables à Lomé et au-delà. Restauratrice passionnée, elle a su bâtir en une quinzaine d’années une réputation solide, fondée sur le sérieux, la rigueur et un sens aigu du détail.

    Derrière cette réussite se cache une femme simple, affable et profondément engagée dans son métier. Tata Matina ne se contente pas de cuisiner : elle accompagne chaque client avec écoute et professionnalisme, en veillant à comprendre les besoins spécifiques de chaque événement. Qu’il s’agisse d’un anniversaire, d’un mariage, d’un baptême ou encore de moments plus délicats comme les funérailles, elle apporte la même attention et la même exigence.

    Sa force réside dans sa polyvalence culinaire. À l’aise aussi bien dans la cuisine traditionnelle que moderne, elle propose des mets savoureux, préparés avec soin et dans le respect des goûts locaux comme internationaux. Chaque plat est pensé pour allier qualité, hygiène et présentation irréprochable, garantissant ainsi une expérience gastronomique mémorable pour les convives.

    Installée à Bè-Kpota Kinitimé, Tata Matina a su étendre son savoir-faire bien au-delà de son quartier. Grâce à un service de livraison efficace, elle dessert toute la ville de Lomé ainsi que plusieurs localités de l’intérieur du pays, notamment Kpalimé et Notsè. Une disponibilité qui témoigne de son engagement à répondre aux attentes de sa clientèle, où qu’elle se trouve.

    Mais l’expertise de Tata Matina ne s’arrête pas à la cuisine. Elle propose également des services complémentaires qui font toute la différence lors des événements : dressage de tables élégantes, décoration soignée, et même sonorisation. Une offre complète qui permet aux organisateurs de se décharger du stress logistique et de profiter pleinement de leurs moments.

    Autre atout majeur : ses tarifs défiant toute concurrence. Dans un contexte où le coût des prestations peut rapidement devenir un frein, Tata Matina se distingue en proposant des services accessibles sans jamais compromettre la qualité. Une approche qui lui vaut la fidélité de nombreux clients, séduits par cet équilibre rare entre excellence et prix abordables.

    Parallèlement à ses activités de restauration, elle gère également une boutique d’alimentation générale et commercialise du charbon de bois, en gros comme en détail, renforçant ainsi sa présence dans le quotidien des populations.

    Sa devise, « rapidité, qualité et succès », n’est pas qu’un slogan : c’est une promesse qu’elle honore à chaque prestation. Avec Tata Matina, chaque événement devient une réussite culinaire et organisationnelle.

    Pour toute commande, un seul contact : (+228) 90 39 55 00.

  • Ciment sous contrôle au Togo

    Ciment sous contrôle au Togo

    Le Togo franchit un cap décisif dans la régulation de son secteur de la construction. Le lundi 16 mars à Lomé, le gouvernement a officiellement introduit de nouvelles normes nationales obligatoires pour le ciment, marquant une volonté affirmée d’assainir le marché et de renforcer la qualité des infrastructures.

    Portées par le ministère délégué chargé de la promotion des investissements et de la souveraineté économique, ces normes — baptisées TGN 001, TGN 002 et TGN 003 — encadrent désormais strictement la production, l’importation et la commercialisation du ciment sur le territoire. Elles définissent des exigences précises en matière de composition, de performance et de méthodes d’évaluation des produits, afin de garantir leur conformité.

    Ces référentiels sont le fruit d’un long processus collaboratif impliquant les acteurs du secteur, sous la coordination de la Haute autorité de la Qualité et de l’environnement (HAUQE) et de l’Agence Togolaise de normalisation (ATN). Leur mise en œuvre vise plusieurs objectifs majeurs : améliorer la qualité des matériaux, protéger les consommateurs contre les produits défectueux et renforcer la compétitivité des entreprises togolaises sur les marchés national et international.

    Pour les autorités, l’enjeu est aussi social qu’économique. Le ministre délégué, Arthur Trimua, a rappelé que la construction d’un logement représente pour de nombreux Togolais l’investissement d’une vie. Garantir la fiabilité du ciment devient alors une nécessité pour sécuriser ce patrimoine souvent unique. À travers cette réforme, le gouvernement entend faire de la qualité un pilier de la transformation industrielle du pays, mais aussi un levier de souveraineté économique.

    Au-delà du ciment, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de normalisation du secteur de la construction. Les autorités annoncent déjà l’élaboration prochaine de nouvelles normes, notamment pour le fer à béton, autre composant essentiel des ouvrages.

    Cette réforme pourrait ainsi contribuer à réduire les risques d’effondrement de bâtiments, un problème récurrent dans plusieurs pays de la région, souvent lié à l’utilisation de matériaux de mauvaise qualité. Elle envoie également un signal fort aux opérateurs économiques : désormais, la conformité ne sera plus une option, mais une obligation.

    Avec ces nouvelles règles, le Togo affiche clairement son ambition de bâtir sur des bases solides, au sens propre comme au figuré.

  • Albinisme au Togo : la lumière enfin faite

    Albinisme au Togo : la lumière enfin faite

    Longtemps reléguée dans l’ombre, la question de l’albinisme au Togo connaît une avancée majeure. Une étude cartographique inédite, réalisée par le Centre Africain de Recherche en Épidémiologie et en Santé Publique avec l’appui de la Fondation Pierre Fabre, vient lever un coin du voile sur la réalité des personnes atteintes de cette condition génétique dans le pays.

    Pour la première fois, le Togo dispose de données fiables et détaillées sur la prévalence et la répartition géographique de l’albinisme. Une avancée significative qui pourrait transformer les politiques publiques en matière de santé et d’inclusion sociale. Jusqu’ici, l’absence de statistiques précises constituait un frein majeur à la mise en place d’actions ciblées en faveur de cette population vulnérable.

    L’albinisme est une maladie génétique héréditaire caractérisée par une absence partielle ou totale de mélanine, le pigment responsable de la coloration de la peau, des cheveux et des yeux. Les personnes qui en sont atteintes présentent une peau très claire, des cheveux blancs et une forte sensibilité à la lumière. Mais au-delà de ces particularités physiques, ce sont surtout les conséquences sanitaires et sociales qui préoccupent.

    En Afrique subsaharienne, les personnes albinos sont particulièrement exposées aux cancers de la peau en raison d’une protection naturelle insuffisante contre les rayons ultraviolets. L’accès limité aux soins dermatologiques, aux crèmes solaires adaptées ou encore aux équipements de protection aggrave leur vulnérabilité. À cela s’ajoutent des discriminations persistantes, nourries par des croyances culturelles parfois profondément ancrées.

    Dans certains pays de la région, ces préjugés ont même conduit à des violences graves. Si le Togo n’est pas le théâtre des cas les plus extrêmes, les personnes atteintes d’albinisme y font néanmoins face à une marginalisation sociale qui impacte leur accès à l’éducation, à l’emploi et aux soins.

    C’est dans ce contexte que cette cartographie prend tout son sens. En identifiant précisément les zones où les besoins sont les plus criants, elle offre aux autorités et aux partenaires techniques un outil stratégique pour mieux orienter les interventions. Campagnes de sensibilisation, distribution de protections solaires, dépistage précoce des cancers cutanés ou encore accompagnement social : les perspectives d’action sont nombreuses.

    Au-delà des chiffres, cette étude marque aussi une étape symbolique : celle de la reconnaissance. Reconnaissance d’une réalité longtemps ignorée, mais aussi des droits et de la dignité des personnes vivant avec l’albinisme.

    Reste désormais à traduire ces données en actions concrètes. Car si la cartographie éclaire la voie, c’est l’engagement des pouvoirs publics et de la société qui permettra, à terme, de faire reculer durablement les inégalités.

  • Bénin/Togo : Justice pour Richard Gbédé

    Bénin/Togo : Justice pour Richard Gbédé

    La justice béninoise a tranché dans l’une des affaires criminelles les plus marquantes de ces derniers mois entre le Bénin et le Togo. Le tribunal d’Abomey-Calavi a condamné, le 10 mars 2026, un ressortissant béninois à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de l’entrepreneur togolais Richard Gbédé. Un verdict lourd qui, sans effacer la tragédie, apporte un début de réponse judiciaire à une affaire ayant profondément ému l’opinion publique dans les deux pays.

    Une affaire qui a choqué deux nations

    Tout commence le 6 décembre 2025 lorsque Richard Gbédé, promoteur de la structure CISA, se rend au Bénin pour rencontrer son partenaire d’affaires, Jeannot Agbanha. L’objectif de ce déplacement est simple : récupérer une somme d’environ cinq millions de francs CFA liée à une activité commerciale menée précédemment au Maroc.

    Mais ce voyage d’affaires va se transformer en drame. Quelques jours après son arrivée, l’entrepreneur togolais disparaît. L’inquiétude gagne alors sa famille et ses proches. Les recherches finissent par conduire à une découverte macabre : son corps sans vie est retrouvé dans un bas-fond à Avlékété, une localité située dans la commune d’Ouidah.

    La nouvelle provoque une onde de choc, tant au Bénin qu’au Togo, où la victime était connue dans les milieux entrepreneuriaux.

    Une enquête aux multiples zones d’ombre

    Très vite, les investigations des autorités béninoises orientent les soupçons vers deux individus : le partenaire d’affaires de la victime, Jeannot Agbanha, et un tradithérapeute présenté comme ayant été sollicité dans le cadre de cette sombre affaire.

    Selon les éléments recueillis au cours de l’instruction, le tradithérapeute aurait été approché afin de provoquer mystiquement la disparition de l’entrepreneur togolais, notamment à travers un accident de la route. À la barre, l’homme a cependant nié toute participation au crime. Il a affirmé avoir refusé la demande et expliqué que son silence pendant plusieurs semaines était motivé par la peur.

    Face aux juges, l’accusé principal a multiplié les versions. Alors que des aveux avaient été consignés durant l’instruction, Jeannot Agbanha a tenté de se rétracter à l’audience. Il a évoqué l’intervention d’un tiers qui aurait commandité l’agression et a même soutenu qu’il avait été attaqué, avec la victime, par des inconnus armés de couteaux.

    Mais ces déclarations ont été jugées peu crédibles par la cour, qui a relevé de nombreuses contradictions dans son récit.

    Un message accablant

    Un élément déterminant a pesé dans la décision des juges : un message envoyé au tradithérapeute dans lequel l’accusé reconnaissait avoir tué son associé. Dans ce message, il affirmait toutefois que l’acte n’était pas prémédité et qu’il s’agissait d’un homicide involontaire.

    Pour la cour, cet élément venait contredire la version présentée à l’audience et renforçait la responsabilité pénale de l’accusé.

    Dans la salle d’audience, la veuve de Richard Gbédé a suivi les débats avec une émotion palpable. À plusieurs reprises, elle est intervenue pour contester certaines déclarations de l’accusé et répondre aux questions de la juge, rappelant la douleur d’une famille confrontée à une perte brutale.

    Un verdict sévère, mais l’affaire n’est pas close

    Au terme du procès, le tribunal d’Abomey-Calavi a condamné Jeannot Agbanha à trente années de réclusion criminelle. Le tradithérapeute impliqué dans le dossier a, quant à lui, écopé de huit ans de prison.

    Les deux condamnés devront également verser solidairement trente millions de francs CFA à la famille de la victime à titre de dommages et intérêts.

    Le ministère public, qui avait requis la prison à perpétuité contre l’auteur principal et vingt ans contre le tradithérapeute, a annoncé son intention de faire appel. Une décision qui pourrait conduire à un nouveau procès.

    Ainsi, même si la justice a parlé, l’affaire de Richard Gbédé reste encore ouverte, rappelant la fragilité de certaines relations d’affaires et la violence parfois insoupçonnée qui peut s’y dissimuler.

  • Dialogue relancé entre l’État et le secteur privé togolais

    Dialogue relancé entre l’État et le secteur privé togolais

    Le ministre délégué chargé de la Promotion des Investissements et de la Souveraineté économique a entamé une série de rencontres avec les principales organisations représentatives du secteur privé togolais. Ces échanges marquent une première prise de contact avec les acteurs économiques depuis sa récente prise de fonction et traduisent la volonté des autorités de consolider le dialogue public-privé au service du développement économique.

    Premiers échanges avec les organisations patronales

    À cette occasion, le ministre a reçu successivement une délégation du Conseil National du Patronat du Togo (CNP-Togo), conduite par son président Coami Tamegnon, une délégation de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET) dirigée par Jonas Daou, ainsi qu’une délégation du Groupement des Industries du Togo (GITO), menée par Kossi Amétépé GLE.

    Ces rencontres ont permis d’aborder le rôle stratégique du secteur privé dans la croissance économique nationale, notamment en matière de création de richesse, de développement industriel et de génération d’emplois.

    Les défis du secteur privé au cœur des discussions

    Lors des échanges, les représentants du CNP-Togo ont soulevé plusieurs préoccupations majeures auxquelles les entreprises togolaises sont confrontées. Parmi celles-ci figurent l’accès au financement, la question de la dette intérieure, la compétitivité des entreprises et les défis énergétiques qui affectent la productivité de nombreuses unités industrielles.

    De son côté, l’AGET a rappelé le poids économique de ses membres, qui contribuent à près de 20 % des recettes fiscales nationales et génèrent plus de 13 000 emplois directs. L’organisation a notamment insisté sur la nécessité d’améliorer l’environnement des affaires, notamment à travers une fiscalité adaptée et des infrastructures performantes.

    Quant au GITO, il a mis l’accent sur l’importance de renforcer le tissu industriel national et de développer de véritables chaînes de valeur afin de favoriser la transformation locale et l’essor des marchés.

    Vers un partenariat renforcé pour la croissance

    Le ministre a salué l’engagement du secteur privé dans le développement du pays et réaffirmé la volonté du gouvernement de maintenir un dialogue permanent avec les acteurs économiques.

    Ces échanges s’inscrivent dans la vision portée par le président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qui ambitionne de faire du secteur privé un véritable moteur de croissance, tout en renforçant l’attractivité du Togo et en créant un environnement propice aux investissements et aux opportunités économiques.

  • Patrice Neveu dévoile ses premiers Éperviers

    Patrice Neveu dévoile ses premiers Éperviers

    La nouvelle ère des Éperviers du Togo commence à prendre forme. Le nouveau sélectionneur national, Patrice Neveu, a dévoilé sa toute première liste de joueurs convoqués depuis sa nomination à la tête de l’équipe nationale. Une pré-convocation marquée par un mélange de cadres expérimentés et de nouvelles têtes, en vue de la prochaine fenêtre internationale de la FIFA.

    Cette liste intervient quelques semaines seulement après l’arrivée du technicien français sur le banc togolais. Nommé par la Fédération togolaise de football pour reconstruire une sélection compétitive, l’entraîneur s’est engagé pour un projet de trois ans avec pour ambition de redonner aux Éperviers leur place sur la scène africaine.

    Une première étape pour lancer le projet Neveu

    Cette première convocation constitue un moment important pour le sélectionneur français. Elle marque le début concret de son travail avec l’équipe nationale. Après plusieurs années d’expérience sur le continent africain, notamment avec la Guinée, la RD Congo, la Mauritanie ou encore le Gabon, Patrice Neveu est attendu au tournant par les supporters togolais.

    Dans cette pré-liste, on retrouve des joueurs évoluant dans plusieurs championnats européens, africains et asiatiques. Au poste de gardien par exemple, Steven Mensah, Rayann Amedivlo ou encore Yaya Achirafou figurent parmi les portiers retenus. En défense, des éléments comme Dakonam Djene, Josué Homawoo ou Kennedy Boateng devraient constituer l’ossature du secteur défensif.

    Le milieu de terrain n’est pas en reste avec la présence de joueurs comme Kodjo Aziangbé, Dikeni Salifou, Roger Aholou ou encore Etienne Amenyido. En attaque, le sélectionneur mise sur des profils capables de faire la différence, à l’image de Kevin Denkey, Charles Abi, Thibault Klidjé ou encore l’expérimenté Kodjo Fo-Doh Laba.

    Deux matchs pour jauger les Éperviers

    Cette convocation intervient dans le cadre de la prochaine journée FIFA, une période durant laquelle les sélections nationales peuvent disputer des rencontres internationales. Pour les Éperviers, ce rassemblement servira de véritable test pour le nouveau staff technique.

    Au programme, deux matchs amicaux face à la Guinée national football team et au Niger national football team. Ces rencontres permettront au sélectionneur d’observer ses joueurs en situation réelle, d’évaluer leur complémentarité et de poser les premières bases de son projet de jeu.

    Pour Patrice Neveu, ces matchs représentent une étape essentielle afin de mieux connaître son groupe et d’identifier les profils capables de porter la sélection dans les prochaines compétitions.

    Vers un nouveau départ pour le Togo

    Après plusieurs années marquées par des résultats irréguliers et une absence dans certaines grandes compétitions, le football togolais espère tourner une nouvelle page. La mission confiée à Patrice Neveu est claire : reconstruire une équipe disciplinée, compétitive et capable de rivaliser avec les meilleures nations africaines.

    Ces deux matchs amicaux face à la Guinée et au Niger devraient ainsi offrir un premier aperçu du visage des Éperviers version Neveu. Pour les supporters togolais, l’espoir est désormais de voir naître une équipe capable de retrouver l’élan et la fierté qui ont longtemps accompagné la sélection nationale

  • Kangni Alem ressuscite Sylvanus Olympio

    Kangni Alem ressuscite Sylvanus Olympio

    La littérature togolaise s’enrichit d’un nouveau titre. L’écrivain togolais Kangni Alem vient de publier « Olympio », un roman qui plonge dans l’histoire politique et humaine du Togo à travers la figure emblématique de Sylvanus Olympio. Paru aux Éditions Graines de Pensées, l’ouvrage propose une relecture intime d’un destin brisé et d’une nation marquée par l’un des événements les plus tragiques de son histoire.

    À travers cette œuvre, l’auteur explore les zones d’ombre et les souvenirs autour de l’ancien président togolais, assassiné le 13 janvier 1963, premier chef d’État africain victime d’un coup d’État militaire après l’indépendance. Loin d’un simple récit historique, Olympio s’annonce comme une méditation littéraire sur la mémoire, la perte et les promesses inachevées de l’indépendance.

    Un roman entre mémoire familiale et histoire nationale

    Selon la présentation de l’ouvrage, le récit s’ouvre sur une interrogation presque prophétique :
    « Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? La nuit est longue, mais le jour vient. »

    Cette phrase prononcée par Sylvanus Olympio avant sa mort donne le ton d’un roman profondément introspectif. Le livre retrace les fragments d’une vie interrompue trop tôt, celle d’un homme devenu symbole d’un espoir national.

    Dans Olympio, la mémoire est reconstituée à travers le regard de Nitout Olympio, neveu du président défunt. À partir d’archives publiques, de souvenirs familiaux et de témoignages de proches, le narrateur tente de recomposer le parcours de cet homme d’État : son enfance, ses années de formation, son mariage avec Dinah Olympio, son ascension politique et la brutalité de sa disparition.

    Peu à peu, le roman dresse un double portrait : celui d’un homme surveillé, confronté aux tensions de son époque, et celui d’une jeune nation en quête de souveraineté et de stabilité. En mêlant récit intime et réflexion politique, l’œuvre interroge la construction de la mémoire collective togolaise.

    Une écriture entre histoire et introspection

    Avec Olympio, Kangni Alem poursuit une démarche littéraire qui traverse l’ensemble de son œuvre : revisiter l’histoire africaine à travers le prisme de la fiction et de la mémoire. L’auteur adopte une écriture sensible et fragmentée qui mêle archives, narration personnelle et réflexion historique.

    Cette approche permet de donner chair aux silences de l’histoire. Le roman explore notamment la douleur des proches, les interrogations d’une génération et les blessures laissées par les bouleversements politiques des premières années d’indépendance.

    Après des romans tels que Esclaves ou Les Enfants du Brésil, où l’auteur abordait déjà les questions de mémoire et d’identité liées à la traite atlantique, Olympio s’inscrit dans la même quête : comprendre le passé pour éclairer le présent.

    Plume majeure du Togo

    Né en 1966 à Lomé, Kangni Alem est l’une des figures importantes de la littérature et du théâtre africains contemporains. Écrivain, dramaturge, traducteur et universitaire, il est également fondateur de l’Atelier Théâtre de Lomé, une compagnie qui a marqué la scène culturelle togolaise.

    Titulaire d’une licence en lettres modernes puis d’un doctorat en littératures comparées, il a enseigné dans plusieurs universités, notamment à l’Université de Lomé et dans des institutions internationales.

    Son œuvre, riche d’une vingtaine de livres, explore les grandes fractures de l’histoire africaine : la mémoire de l’esclavage, les transformations sociales et les contradictions politiques du continent. Parmi ses titres les plus connus figurent Cola Cola Jazz, qui lui a valu le Grand prix littéraire d’Afrique noire en 2003, La Légende de l’assassin ou encore Les Enfants du Brésil.

    Reconnu pour la puissance de son écriture et son regard critique sur l’histoire, Kangni Alem s’impose aujourd’hui comme l’une des voix majeures de la littérature francophone africaine.

    Avec Olympio, Kangni Alem propose bien plus qu’un roman historique. Il invite les lecteurs à revisiter une page fondatrice de l’histoire togolaise et à réfléchir aux héritages politiques et humains laissés par les premières années de l’indépendance.

    À travers cette fresque intime et politique, l’auteur rappelle que la littérature peut être aussi un espace de mémoire, de questionnement et de transmission.

    Dans un pays où l’histoire reste parfois sensible, Olympio apparaît ainsi comme une tentative de dialogue entre passé et présent — un livre qui, comme la phrase inaugurale du roman, rappelle que même lorsque la nuit paraît longue, le jour finit toujours par venir.


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