Étiquette : Togo

  • Pascal Edoh Agbové: décès d’un acteur du développement

    Pascal Edoh Agbové: décès d’un acteur du développement

    La société civile togolaise est en deuil. Le Dr Pascal Edoh Agbové s’est éteint le 10 mars 2026 à Lomé, laissant derrière lui le souvenir d’un homme profondément engagé dans la promotion du développement local, de l’entrepreneuriat et de la gouvernance participative. Il est décédé au CHU Sylvanus Olympio à la suite d’un malaise, suscitant une vive émotion dans les milieux associatifs et professionnels du pays.

    Figure bien connue de la société civile togolaise, Pascal Edoh Agbové s’était imposé au fil des années comme un expert reconnu dans les domaines de la décentralisation, de l’entrepreneuriat et du développement local. Né autour de 1970, il aura consacré une grande partie de sa carrière à accompagner les initiatives communautaires et à promouvoir la participation citoyenne dans les politiques publiques.

    Directeur exécutif de l’ONG Initiative des Jeunes pour le Développement, il s’est illustré à travers de nombreuses actions en faveur de l’autonomisation des jeunes et du renforcement des capacités des organisations communautaires. À travers cette organisation, il œuvrait pour encourager l’esprit entrepreneurial, soutenir les initiatives locales et promouvoir un développement inclusif dans plusieurs localités du Togo.

    En parallèle, il dirigeait également le cabinet de conseil SIM-Afrique, spécialisé dans l’accompagnement des institutions et des organisations dans la conception de stratégies de développement et de politiques publiques. Grâce à ses analyses et à son expertise, il intervenait régulièrement dans les débats publics liés à la gouvernance locale et aux politiques de décentralisation.

    La disparition de Pascal Edoh Agbové intervient à un moment particulier de son parcours. En effet, il venait tout récemment d’être élu président du conseil d’administration de la Fédération des Organisations Non Gouvernementales du Togo, la principale faîtière des ONG du pays. À peine deux mois après sa prise de fonction, celui qui nourrissait l’ambition de rendre l’organisation « plus forte, plus visible et plus influente » s’en est allé, laissant un projet inachevé et un grand vide dans le paysage associatif togolais.

    Au-delà de ses fonctions, ses proches collaborateurs décrivent un homme de conviction, animé par une forte volonté de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations. Son engagement constant en faveur du développement durable, de la formation des jeunes et du renforcement de la société civile lui a valu le respect de nombreux acteurs du secteur.

    Sa disparition constitue sans doute une perte importante pour le Togo, tant il incarnait une génération d’acteurs déterminés à promouvoir une gouvernance plus participative et un développement plus équitable.

    Alors que les hommages continuent d’affluer de différents horizons, beaucoup espèrent que l’héritage laissé par Pascal Edoh Agbové continuera d’inspirer les initiatives en faveur du développement et de la solidarité au sein de la société togolaise.

  • « Togo Media Foot »: quand les journalistes jouent collectif

    « Togo Media Foot »: quand les journalistes jouent collectif

    À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, une initiative originale et fédératrice s’annonce à Lomé. L’équipe de journalistes D.A FC a officiellement annoncé l’organisation du festival de football baptisé « Togo Media Foot », une compétition sportive destinée aux professionnels des médias. Au-delà du simple tournoi, l’événement se veut un moment de fraternité, de partage et de célébration des valeurs qui fondent la profession journalistique.

    Prévue pour le samedi 02 mai 2026, la première édition du festival se déroulera au Centre Olympafrica Anani Matthia de Lomé, situé non loin du Stade de Kégué. L’événement s’inscrit dans le cadre des activités marquant la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque année le 3 mai. À travers ce rendez-vous sportif, les organisateurs entendent offrir aux professionnels des médias un espace de rencontres et de convivialité loin de la pression quotidienne des salles de rédaction.

    Le festival « Togo Media Foot » réunira des journalistes, rédacteurs, reporters, présentateurs, photographes, caméramans et techniciens des médias. Tous auront l’occasion de troquer, le temps d’une journée, micros et claviers contre des crampons pour partager un moment de détente autour du ballon rond. L’initiative rappelle que, derrière les lignes éditoriales et les impératifs de l’information, il existe aussi une communauté humaine qui gagne à se connaître et à se retrouver.

    Selon Nephthali Messanh Ledy, commissaire général du festival, le choix d’organiser cette compétition autour de la Journée mondiale de la liberté de la presse n’est pas anodin. Il s’agit, explique-t-il, de rappeler que la liberté de la presse se nourrit aussi de solidarité et d’unité entre les acteurs de la profession. Dans un contexte où les journalistes travaillent souvent dans des conditions exigeantes, ces moments de cohésion deviennent essentiels pour renforcer les liens entre confrères.

    L’événement poursuit trois objectifs majeurs : renforcer la confraternité entre les acteurs des médias, créer un véritable réseau de networking entre les différentes rédactions et offrir un espace de détente au sein d’une corporation souvent soumise à une forte pression. Dans un secteur où la compétition éditoriale est parfois intense, ces initiatives permettent de cultiver l’esprit de collaboration et de respect mutuel.

    Autre aspect important : la compétition est ouverte à toutes les entreprises de presse basées au Togo, qu’il s’agisse de journaux, radios, télévisions ou plateformes numériques. Les équipes pourront être constituées par rédaction, organisation professionnelle ou même par affinité entre journalistes. Fait notable, aucun frais d’inscription n’est exigé, un choix qui vise à encourager la participation la plus large possible.

    Au-delà du caractère sportif, l’initiative porte un message fort : celui d’une presse togolaise capable de se rassembler autour de valeurs positives. Dans un environnement médiatique en pleine mutation, marqué par les défis économiques, technologiques et professionnels, ces moments de respiration collective sont précieux. Ils permettent de rappeler que le journalisme est aussi une communauté de femmes et d’hommes partageant une mission commune : informer.

    Pour beaucoup d’observateurs, ce festival pourrait devenir, s’il est bien structuré et régulièrement organisé, un rendez-vous incontournable du paysage médiatique togolais. La pérennité d’une telle initiative serait bénéfique non seulement pour la cohésion de la profession, mais aussi pour l’image d’un journalisme capable d’allier rigueur professionnelle et esprit de fraternité.

    Souhaitons donc que cette première édition de « Togo Media Foot » marque le début d’une tradition appelée à durer. Car lorsque les journalistes jouent collectif, c’est toute la profession qui gagne.

  • Littérature: Ayi Hillah signe une odyssée intérieure

    Littérature: Ayi Hillah signe une odyssée intérieure

    L’écrivain togolais Ayi Hillah propose avec Le chemin jusqu’à moi une œuvre profondément introspective qui invite le lecteur à explorer les territoires sensibles de la mémoire, du temps et de l’identité.

    Paru le 1er janvier 2026 aux éditions Le Lys Bleu Éditions, ce livre de 180 pages se présente comme un témoignage intime où l’auteur revisite les traces laissées par les expériences de la vie.

    Dans cet ouvrage, Ayi Hillah ne cherche pas à dérouler un récit autobiographique classique. Il s’éloigne volontairement d’une narration linéaire pour privilégier une écriture de l’intime, faite de souvenirs fragmentés, d’images poétiques et de silences chargés de sens. L’auteur s’attache davantage à la texture émotionnelle des événements qu’à leur chronologie. Ce choix littéraire transforme le livre en une exploration sensible du vécu humain, où chaque souvenir devient un miroir des transformations intérieures.

    La réflexion sur le temps et la mémoire occupe une place centrale dans ce récit. À travers des passages méditatifs, l’écrivain met en lumière les échos du passé et les émotions enfouies qui continuent de façonner l’être. L’écriture, à la fois sobre et délicate, s’inscrit dans une tradition introspective où l’essentiel réside moins dans l’action que dans la perception et la profondeur du regard porté sur soi.

    La préface et l’épilogue jouent un rôle particulier dans l’architecture de l’ouvrage. Dans l’épilogue notamment, l’auteur mobilise la métaphore du train de la vie pour évoquer les rencontres, les séparations et les moments décisifs qui jalonnent une existence. Cette image permet de relier l’expérience personnelle à une dimension universelle : chacun monte à bord, partage un moment du voyage, puis descend à une station différente. Ce passage, empreint de sensibilité, donne au livre une conclusion douce et réfléchie.

    Selon la sociologue et traductrice Ghislaine Lepage, qui signe une lecture critique de l’ouvrage, la force du texte réside précisément dans cette sincérité émotionnelle. L’auteur ne cherche ni l’effet spectaculaire ni la performance narrative. Il privilégie la vérité du regard et l’authenticité des souvenirs. Cette approche confère au livre une dimension profondément humaine.

    Toutefois, cette grande intériorité constitue aussi l’une des limites de l’ouvrage. La narration fragmentée et contemplative peut dérouter les lecteurs habitués à des récits structurés ou à une progression dramatique marquée. Ici, le suspense et les rebondissements laissent place à une lente méditation sur les sentiments, les absences et les traces laissées par le temps.

    Mais c’est précisément cette lenteur qui fait la singularité du livre. Le chemin jusqu’à moi se présente comme une œuvre exigeante, qui demande au lecteur de s’abandonner au rythme de la réflexion et de l’introspection. Ceux qui acceptent cette immersion découvrent un texte d’une grande sensibilité, capable de susciter une véritable résonance intérieure.

    Avec ce récit intime, Ayi Hillah livre ainsi un témoignage fragile et lumineux sur la quête de soi. Une œuvre qui, loin du tumulte des récits spectaculaires, invite simplement à regarder en soi-même et à écouter les voix silencieuses du passé.

  • Amen Assignon : la voix des médias, en quête d’opportunité

    Amen Assignon : la voix des médias, en quête d’opportunité

    Journaliste togolaise, mère et créatrice de contenus, Amen Assignon incarne depuis plus d’une décennie la passion et la résilience du métier de journaliste en Afrique de l’Ouest. Pourtant, derrière un parcours riche de plus de seize années d’expérience dans les médias, se cache aujourd’hui une réalité plus sombre : celle d’une professionnelle expérimentée actuellement au chômage et à la recherche d’une nouvelle opportunité. Son parcours illustre, à lui seul, la précarité persistante du journalisme au Togo et dans de nombreux pays africains.

    Un parcours forgé par la passion du micro

    Rien ne prédestinait véritablement Amen Assignon au journalisme. Après l’obtention d’un baccalauréat scientifique (série D) au lycée de Tokoin, elle entame des études en sciences avant de se réorienter vers l’anthropologie à l’Université de Lomé. Mais parallèlement à son cursus universitaire, sa passion pour les médias prend rapidement le dessus. Elle commence alors à faire ses premiers pas dans le monde du journalisme tout en poursuivant ses études.

    Ses débuts professionnels se font à Radio KNTB, avant qu’elle ne rejoigne en 2008 la Chaîne du Futur (LCF) où elle se distingue comme journaliste, reporter et animatrice d’émissions culturelles. Elle poursuit ensuite son parcours à City FM, puis à Taxi FM, où elle occupe plusieurs fonctions : reporter, présentatrice de journal et animatrice d’émissions dédiées aux femmes et aux questions sociales.

    Au fil des années, sa voix et son style journalistique s’imposent. Sa voix, souvent décrite comme “semi-rock” et marquante, devient reconnaissable pour les auditeurs et téléspectateurs.

    Une journaliste ouverte sur l’international

    Grâce à son professionnalisme, Amen Assignon élargit progressivement son horizon au-delà des médias locaux. Elle collabore pendant plusieurs années avec la radio internationale allemande Deutsche Welle (DW) entre 2015 et 2021.

    En 2022, elle franchit une nouvelle étape en devenant correspondante au Togo pour VOA Afrique (Voice of America), un média international de référence. À travers ses reportages, elle s’attache à mettre en lumière les initiatives positives du continent et à promouvoir les talents africains.

    Pour elle, le journalisme n’est pas seulement un métier, mais une mission : montrer une Afrique dynamique, créative et capable d’écrire son propre avenir.

    Une professionnelle aux multiples compétences

    Au fil de sa carrière, Amen Assignon a développé une palette de compétences aujourd’hui très recherchées dans les médias contemporains.

    Elle est à la fois : journaliste et reporter de terrain, créatrice de contenus, rédactrice freelance, spécialiste du storytelling, voix-off pour documentaires et productions audiovisuelles et monteuse audio et vidéo.

    Elle s’intéresse particulièrement aux sujets liés au social, au bien-être et au développement, avec la volonté constante de raconter des histoires humaines et inspirantes.

    Le revers du métier : la précarité journalistique

    Malgré cette expérience solide et cette polyvalence, Amen Assignon se retrouve aujourd’hui sans emploi stable, une situation qui reflète un problème plus large.

    Au Togo comme dans plusieurs pays africains, le secteur des médias reste marqué par :

    • des contrats précaires
    • la fermeture ou l’instabilité des organes de presse
    • des salaires souvent faibles
    • un manque de protection sociale pour les journalistes

    La fermeture de certaines chaînes et radios, ou la dépendance économique de nombreux médias, fragilise les carrières. Beaucoup de journalistes expérimentés se tournent alors vers le freelance, la production indépendante ou la création de contenus, parfois sans garantie de revenus réguliers.

    Le cas d’Amen Assignon illustre ainsi une contradiction fréquente dans les médias africains : des talents reconnus, mais peu de structures capables d’offrir une stabilité professionnelle durable.

    Une voix qui cherche un nouveau chapitre

    Aujourd’hui, Amen Assignon se définit comme journaliste freelance et créatrice de contenus, prête à mettre son expertise au service de nouveaux projets médiatiques, institutionnels ou audiovisuels.

    Son parcours témoigne d’une conviction profonde : l’Afrique a besoin de journalistes engagés capables de raconter ses réalités autrement.

    Mais pour que ces voix continuent d’exister, encore faut-il que les conditions du métier permettent à ceux qui l’exercent de vivre dignement de leur travail.

    Contact : +228 90 13 71 64

  • Festival La Marmite 2026 : Lomé aux fourneaux

    Festival La Marmite 2026 : Lomé aux fourneaux

    Du 12 au 16 août 2026, l’Esplanade du Palais des Congrès de Lomé vibrera au rythme des saveurs locales et internationales à l’occasion de la 5e édition du Festival La Marmite (FESMA). Positionné comme la plus grande foire-exposition dédiée à la restauration et à l’agroalimentaire au Togo, l’événement lance un appel pressant aux exposants désireux de conquérir un marché en pleine expansion.

    Une vitrine géante de la chaîne « de la ferme à l’assiette »

    Artisans, producteurs agricoles, cuisiniers, restaurateurs, transformateurs, distributeurs… tous les maillons de la chaîne alimentaire sont conviés à prendre part à ce grand rendez-vous. Le concept du FESMA repose sur une ambition claire : valoriser les produits locaux, promouvoir le savoir-faire culinaire togolais et créer un pont entre production, transformation et consommation.

    Dans un contexte où le Togo mise sur la transformation locale et la souveraineté alimentaire, le festival se présente comme un levier stratégique. Il met en lumière les initiatives innovantes du secteur agroalimentaire, tout en offrant aux petites et moyennes entreprises une plateforme de visibilité à grande échelle.

    Plus de 50 000 visiteurs attendus

    Les organisateurs annoncent plus de 50 000 visiteurs sur les cinq jours. Un chiffre qui témoigne de la montée en puissance de l’événement au fil des éditions. Familles, professionnels, investisseurs, touristes et passionnés de gastronomie sont attendus pour découvrir, déguster et nouer des partenariats.

    Au programme : dégustations, expositions de produits, démonstrations culinaires, animations culturelles et rencontres B2B. L’ambiance se veut à la fois festive et professionnelle. Entre découvertes gustatives et opportunités d’affaires, le FESMA entend conjuguer culture et business.

    Un tremplin pour les entreprises

    Participer au Festival La Marmite, c’est bénéficier d’une promotion ciblée et d’une visibilité accrue. Les exposants auront l’opportunité de présenter leurs produits et services à un public large et diversifié, dans un cadre propice aux échanges commerciaux.

    « Gagnez en visibilité. Développez votre réseau. Boostez vos ventes ». Le message des organisateurs est clair : le FESMA n’est pas qu’un événement festif, c’est aussi un accélérateur de croissance pour les entreprises du secteur. Dans un environnement concurrentiel, se positionner sur un événement d’une telle envergure peut constituer un avantage stratégique déterminant.

    Lomé, carrefour des saveurs

    En accueillant cette 5e édition sur l’Esplanade du Palais des Congrès, Lomé confirme son rôle de carrefour régional des échanges commerciaux et culturels. La capitale togolaise s’impose progressivement comme un hub événementiel en Afrique de l’Ouest, notamment dans le domaine agroalimentaire.

    Les réservations de stands sont déjà ouvertes. Les entreprises intéressées peuvent contacter les organisateurs aux numéros suivants : +228 79 94 77 91 / +228 99 60 61 02 ou consulter le site officiel www.festivalalamarmite.com.

    À quelques mois du coup d’envoi, le compte à rebours est lancé. Pour les acteurs de la chaîne « de la ferme à l’assiette », le rendez-vous d’août 2026 s’annonce comme une opportunité à ne pas manquer.

  • Lomé, hub stratégique pour le Niger

    Lomé, hub stratégique pour le Niger

    Le Togo confirme son rôle de plateforme logistique majeure en Afrique de l’Ouest. À travers un message publié à l’issue d’une rencontre à Lomé, le ministre togolais de l’Économie maritime et de la Protection côtière, Kokou Edem Tengue, a annoncé une avancée significative dans la coopération entre Lomé et Niamey.

    En entretien avec le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane, ministre de l’Agriculture du Niger, les discussions ont porté sur un enjeu crucial : la sécurisation logistique de l’approvisionnement du Niger en engrais. Une question hautement stratégique pour ce pays sahélien enclavé, confronté à des défis sécuritaires et climatiques qui pèsent lourdement sur sa production agricole.

    20 000 tonnes d’engrais en transit

    Selon le ministre Tengue, le Togo a décidé de mobiliser ses infrastructures portuaires afin de faciliter le transit de 20 000 tonnes d’engrais destinées au Niger.

    Le Port autonome de Lomé, reconnu comme l’un des ports les plus performants du Golfe de Guinée, jouera un rôle central dans cette opération. Grâce à ses capacités modernes de manutention et à sa position stratégique, Lomé s’impose comme une porte d’entrée privilégiée pour les pays de l’hinterland, notamment le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

    Cette initiative vise à garantir un acheminement fluide et sécurisé des intrants agricoles, indispensables à la campagne agricole nigérienne. Dans un contexte mondial marqué par des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et la flambée des prix des fertilisants, cette coopération apparaît comme un signal fort de solidarité régionale.

    Une diplomatie économique assumée

    Au-delà de l’aspect logistique, cette opération traduit une diplomatie économique active de Lomé. Le Togo capitalise sur ses infrastructures portuaires et routières pour renforcer son intégration régionale et soutenir ses partenaires sahéliens.

    La presse nigérienne n’a pas manqué de saluer cette initiative, y voyant une preuve tangible de fraternité entre États membres de la sous-région. Pour Niamey, la sécurisation des engrais est directement liée à la sécurité alimentaire, dans un pays où l’agriculture fait vivre une large majorité de la population.

    En facilitant le transit de ces 20 000 tonnes d’intrants, Lomé ne se contente pas d’offrir un service logistique : elle participe activement à la stabilité alimentaire d’un pays frère. Une démarche qui illustre, une fois de plus, le positionnement du Togo comme hub régional et acteur clé de la solidarité ouest-africaine.

  • Togo : tour de vis contre l’argent sale

    Togo : tour de vis contre l’argent sale

    L’Assemblée nationale a adopté, vendredi 27 février, une nouvelle loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Voté lors de la deuxième séance plénière de la première session extraordinaire de 2026, le texte marque une étape décisive dans le renforcement de l’arsenal juridique togolais face aux flux financiers illicites.

    Présidée par Selom Klassou, la séance s’est tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment Gilbert Bawara, Hodabalo Awaté et Badanam Patoki. Adopté en première lecture le 29 décembre 2025, le projet avait déjà reçu l’approbation du Sénat le 26 février dernier, ouvrant la voie à son adoption définitive.

    Pour les autorités, l’enjeu est à la fois sécuritaire et économique. Le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sont perçus comme des menaces directes pour la stabilité nationale. « Le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme constituent des menaces réelles qui fragilisent les systèmes économiques, détournent des ressources destinées au développement et alimentent l’instabilité », a souligné le ministre de l’Économie.

    La nouvelle loi ambitionne ainsi de moderniser les mécanismes de surveillance et de renforcer les obligations de vigilance imposées aux entités assujetties, notamment les institutions financières et certains acteurs économiques. Les dispositifs de déclaration des opérations suspectes sont également consolidés, afin de mieux détecter et prévenir les circuits financiers clandestins.

    Un accent particulier est mis sur l’amélioration des procédures de gel des avoirs liés au terrorisme, dans le but d’accroître l’efficacité des sanctions. Pour le président de l’Assemblée nationale, le blanchiment de capitaux constitue « un mécanisme central du financement et de la pérennisation de la grande criminalité ». Il a mis en garde contre ces flux illicites qui, selon lui, « menacent de ternir la lumière de notre avenir » et agissent comme « des chaînes invisibles qui entravent l’essor de nos rêves communs ».

    Au-delà du renforcement des sanctions, le texte clarifie les responsabilités des différentes autorités compétentes et vise une meilleure coordination entre les acteurs nationaux engagés dans la lutte contre la criminalité financière. Par ce vote, les députés entendent envoyer un signal fort : le Togo affirme sa détermination à ne pas devenir un refuge pour les réseaux de finances illicites et à protéger durablement son économie.

  • Clubs santé : AIMES-AFRIQUE mobilise pour la jeunesse

    Clubs santé : AIMES-AFRIQUE mobilise pour la jeunesse

    Lancée le 23 février 2026, la rencontre nationale d’échanges et de renforcement des capacités des acteurs engagés dans la réussite des Clubs Santé en milieu scolaire touche progressivement à son terme. Ce week-end, les travaux se sont poursuivis simultanément à Lomé et à Aného, dans la région Maritime, confirmant l’ampleur nationale de cette initiative dédiée à la santé et au bien-être des adolescents togolais.

    Une dynamique nationale en faveur du bien-être scolaire

    Cette mobilisation intervient dans un contexte où les défis sanitaires et sociaux auxquels font face les jeunes nécessitent des réponses coordonnées, structurées et durables.

    À l’origine du projet, l’ONG AIMES-AFRIQUE, en collaboration avec sa chaîne thématique 100 % santé SOS Docteur TV. Ensemble, elles ont réuni autour d’une même table parents d’élèves, enseignants, professionnels de santé, acteurs sociaux et élèves.

    L’objectif est clair : renforcer les compétences des acteurs clés afin d’assurer une mise en œuvre efficace et pérenne des Clubs Santé dans les établissements secondaires du pays. Il s’agit non seulement d’outiller les encadreurs, mais aussi de créer une synergie entre école, famille et services de santé.

    La santé des adolescents, un enjeu stratégique

    Aujourd’hui, la santé des adolescents constitue une priorité nationale. L’influence croissante des réseaux sociaux, l’exposition aux violences, les conduites à risque, les addictions ou encore les troubles liés à la santé mentale fragilisent une frange importante de la jeunesse.

    Face à ces réalités, la redynamisation des activités parascolaires apparaît comme une réponse pertinente. Dès octobre 2023, AIMES-AFRIQUE a proposé la mise en place de Clubs Santé dans tous les établissements secondaires du Togo. L’ambition est de créer un cadre participatif où les jeunes peuvent s’informer, dialoguer et apprendre à adopter des comportements responsables.

    Un plan d’action structuré et ambitieux

    Pour garantir l’efficacité du projet, un plan d’action articulé autour de sept axes stratégiques a été élaboré. Les interventions couvrent notamment la santé mentale, l’éducation à la vie sexuelle et sociale (EVSS), la santé des jeunes et adolescents (SAJ), la santé environnementale, ainsi que des approches innovantes et ludiques comme le jeu de culture générale en santé publique « Génie Imhotep ».

    La réussite du programme repose sur une coordination étroite entre les différents acteurs. Cinq ministères partenaires accompagnent l’initiative, notamment ceux en charge de l’Éducation nationale, de la Santé, des Solidarités et du Genre, des Sports et de la Jeunesse, ainsi que de l’Environnement. Cette approche intersectorielle vise à inscrire durablement les Clubs Santé dans le fonctionnement du système éducatif togolais.

    Une tournée nationale pour consolider les acquis

    Selon le président de AIMES Afrique et directeur de SOS Docteur TV, Dr Serge Michel Kodom, cette rencontre s’inscrit dans une vaste tournée nationale couvrant les sept régions éducatives : Savane, Kara, Centrale, Plateaux Est, Plateaux Ouest, Maritime et Grand Lomé.

    L’objectif est de redynamiser la vie scolaire en impliquant pleinement les enseignants, les professionnels de santé et les acteurs sociaux. La récente mise en place de comités d’enseignants encadreurs aux niveaux préfectoral, régional et national constitue une étape clé vers l’ancrage institutionnel des Clubs Santé.

    Des acteurs convaincus et engagés

    Les témoignages recueillis à l’issue des travaux traduisent un large consensus. Pour les professionnels de santé, les Clubs Santé offrent un cadre approprié pour aborder sans tabou des thématiques sensibles telles que la santé mentale, la santé sexuelle et reproductive ou les addictions.

    Les parents d’élèves saluent également une initiative favorisant le dialogue et l’information sur les transformations liées à l’adolescence, encore insuffisamment abordées dans les familles. Du côté des élèves, l’adhésion est manifeste. Beaucoup évoquent une prise de conscience accrue de leurs responsabilités et de leur rôle dans la construction de leur avenir.

    À travers cette mobilisation nationale, AIMES-AFRIQUE confirme son engagement à faire des Clubs Santé de véritables leviers d’éducation, de prévention et de développement personnel, contribuant ainsi à bâtir une jeunesse togolaise mieux informée, plus responsable et résolument tournée vers l’avenir.

  • PURS : 18 milliards pour renforcer la résilience

    PURS : 18 milliards pour renforcer la résilience

    Doté d’un budget conséquent de 18 milliards de FCFA, le PURS marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de gestion des crises humanitaires et sécuritaires.

    Faure Essozimna Gnassingbé a officiellement lancé, le mercredi 25 février 2026, le Plan de réponse conjoint 2026-2027 du Programme d’urgence de renforcement de la résilience et de la sécurité des communautés (PURS). Dotée d’un budget conséquent de 18 milliards de FCFA, cette initiative marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de gestion des crises humanitaires et sécuritaires.

    Une réponse structurée aux crises

    Face à la multiplication des défis sécuritaires et aux déplacements forcés de populations dans la sous-région, le Togo renforce son dispositif d’intervention. Le PURS s’inscrit dans une dynamique proactive visant à protéger, stabiliser et accompagner durablement les communautés les plus exposées.

    Le Plan de réponse conjoint 2026-2027 cible directement 433 758 personnes vulnérables, tout en impactant plus de 1,3 million d’individus affectés par les déplacements forcés. L’objectif est clair : apporter une assistance rapide tout en consolidant les bases d’un développement local résilient.

    Trois axes stratégiques prioritaires

    La mise en œuvre du plan repose sur trois piliers essentiels.

    Le premier axe concerne la protection des populations vulnérables, notamment les femmes, les enfants et les personnes déplacées. Il s’agit de prévenir les risques liés à l’insécurité, aux violences et à la précarité accrue.

    Le deuxième pilier est dédié à l’assistance d’urgence. Il prévoit des interventions rapides en matière d’alimentation, d’abris, d’accès à l’eau potable, de soins de santé et d’éducation. Cette approche vise à répondre immédiatement aux besoins vitaux des communautés affectées.

    Enfin, le troisième axe porte sur le renforcement de la résilience. Au-delà de l’urgence, le PURS ambitionne de soutenir les systèmes locaux, de dynamiser les moyens de subsistance et de consolider les mécanismes communautaires capables de faire face aux chocs futurs.

    Une mobilisation partenariale renforcée

    La réussite du Plan de réponse conjoint repose sur une coordination étroite entre le gouvernement togolais, les agences du Système des Nations Unies, les partenaires techniques et financiers, les organisations non gouvernementales et les collectivités territoriales.

    Selon Coumba D. Sow, représentante du Système des Nations Unies au Togo, ce plan constitue un investissement concret susceptible de transformer durablement les conditions de vie des bénéficiaires. Cette synergie d’actions garantit la cohérence des interventions et optimise l’utilisation des ressources mobilisées.

    Vers une stabilisation durable

    Au-delà de l’urgence humanitaire, le PURS se positionne comme un véritable outil de stabilisation nationale. Il traduit la volonté des autorités togolaises d’anticiper les crises et de structurer des réponses adaptées, durables et inclusives.

    Sous le leadership de Faure Essozimna Gnassingbé, le Togo affirme ainsi son engagement à consolider la sécurité des communautés et à renforcer leur capacité de résilience face aux chocs. Avec 18 milliards de FCFA mobilisés pour les deux prochaines années, le pays entend non seulement répondre à l’urgence, mais aussi bâtir des bases solides pour un développement plus stable et sécurisé.

  • Félix Tagba : courir pour sauver la planète

    Félix Tagba : courir pour sauver la planète

    Félix Tagba est un journaliste et militant environnementaliste togolais qui a su transformer son engagement personnel en un mouvement citoyen concret et influent.

    Depuis la création de l’association Ecojogging en 2018, ce jeune togolais incarne le lien entre sport, écologie et responsabilité sociale. Sa vision est simple mais puissante : réunir les citoyens autour de l’idée que chaque geste compte pour protéger notre environnement.

    La naissance d’un concept innovant

    L’idée d’Ecojogging est née lors des joggings matinaux de Tagba dans les rues de Lomé, où il constatait l’abondance des déchets plastiques. Plutôt que de rester passif, il a décidé de créer un mouvement où les participants courent ou marchent tout en ramassant les déchets. Ce concept allie activité physique, sensibilisation à l’environnement et engagement citoyen. Rapidement, ce simple geste a trouvé un écho auprès des jeunes, des écoles, des associations et même des entreprises, permettant au mouvement de s’étendre au-delà de la capitale togolaise.

    Ecojogging : un impact concret sur l’environnement

    Sous la direction de Félix Tagba, Ecojogging a permis de collecter plusieurs tonnes de déchets plastiques dans les rues et espaces publics du Togo. Ces déchets sont ensuite triés et recyclés, créant une économie circulaire locale tout en réduisant la pollution et en améliorant le cadre de vie. Chaque séance d’Ecojogging transforme les participants en acteurs du changement, démontrant qu’un geste collectif, même simple, peut produire un impact environnemental tangible.

    Sensibilisation et inclusion sociale

    Ecojogging ne se limite pas au ramassage de déchets. L’association organise des événements régionaux et internationaux, comme la Coupe du monde d’Ecojogging, pour mobiliser plusieurs pays autour de la propreté et du recyclage. Elle collabore également avec des groupes variés, y compris des femmes commerçantes ou des étudiants, combinant protection de l’environnement et promotion du bien-être social. Cette approche inclusive permet de toucher toutes les générations et de créer une conscience écologique durable dans la société.

    Une vision tournée vers l’avenir

    Félix Tagba aspire à ce qu’Ecojogging devienne un mouvement global capable d’inspirer des citoyens partout dans le monde. Son objectif ultime est de voir une société où chacun adopte des comportements responsables, rendant un jour le mouvement superflu, car la protection de l’environnement serait alors intégrée dans la vie quotidienne.

    Un exemple de leadership citoyen

    À travers Ecojogging, Félix Tagba a démontré que le changement commence par l’action individuelle transformée en mouvement collectif. Il incarne la nouvelle génération de leaders africains capables de lier engagement écologique, santé et développement durable. Son action contribue directement aux Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment ceux liés à la santé, à l’assainissement, aux villes durables et à la lutte contre le changement climatique.

    Félix Tagba n’est pas seulement un président d’association : il est un acteur de changement qui transforme le quotidien des citoyens togolais, valorise les déchets plastiques et inspire la jeunesse à agir pour un avenir plus propre et plus durable. Grâce à son initiative, la course devient un outil de sensibilisation, un vecteur de citoyenneté et un moteur de développement durable au Togo et en Afrique.

Radio Renouveau228

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