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  • Chine–Togo : Pékin écrase le commerce

    Chine–Togo : Pékin écrase le commerce

    Au troisième trimestre de 2025, la République populaire de Chine a confirmé, une nouvelle fois, sa position de premier partenaire commercial du Togo, s’imposant loin devant les autres fournisseurs du pays et façonnant un commerce bilatéral devenu à la fois essentiel et profondément asymétrique.

    Selon les données publiées récemment, la Chine a été le principal fournisseur du Togo au troisième trimestre 2025, avec des exportations vers le pays ouest-africain s’élevant à 114,8 milliards de FCFA, soit 25,8 % du total des importations togolaises sur la période — un segment bien plus élevé que celui des seconds et troisièmes fournisseurs, la France (6,6 %) et l’Inde (6,1 %).

    Sur l’ensemble de cette période, les importations du Togo ont atteint 504,9 milliards de FCFA, contre lesquelles la balance commerciale demeure structurellement déficitaire à environ 255,8 milliards de FCFA, signe d’une dépendance notable à l’égard des biens étrangers, notamment manufacturés.

    Un commerce fortement dominé par les biens manufacturés chinois

    Les principaux produits achetés par le Togo auprès de la Chine sont des biens manufacturés : motos, vêtements, équipements électroniques et biens de consommation courante issus des chaînes de production chinoises. En parallèle, les exportations togolaises vers la Chine restent plus modestes et tournées vers les matières premières comme les phosphates, le coton, le soja ou le bois, reflet de la structure économique actuelle : un Togo exportateur de ressources naturelles et importateur de produits finis.

    Un rapport de 2024 rappelait déjà l’ampleur de cette relation commerciale asymétrique : le volume des échanges sino-togolais est passé de 1,24 milliard USD en 2008 à 3,48 milliards USD en 2021, tandis que les exportations togolaises vers la Chine ont été multipliées par sept sur dix ans.

    Des chiffres récents qui confirment la tendance

    D’autres statistiques mondiales confirment cette tendance plus récente : en 2024, les importations totales du Togo représentaient près de 2,97 milliards USD, dont environ 670 millions USD provenaient de Chine, plaçant ainsi le pays asiatique largement en tête des fournisseurs devant la France (203 millions USD) et l’Inde (188 millions USD).

    Cette domination chinoise s’explique par la taille de l’appareil productif chinois, capable d’écouler une grande variété de biens manufacturés à des prix compétitifs, et par le rôle logistique du port de Lomé comme plaque tournante de la distribution régionale.

    Le Togo dans le contexte sous-régional

    Si le commerce sino-togolais occupe une place prépondérante, il faut aussi souligner le rôle du Togo dans le commerce ouest-africain : son hub portuaire au Port de Lomé en fait un centre de distribution clé pour les importations destinées à la sous-région. De nombreux produits importés via Lomé sont ensuite réexportés vers les pays voisins d’Afrique de l’Ouest, renforçant ainsi l’importance stratégique du pays au-delà de ses propres frontières.

    Dans ce cadre, le commerce togolais ne se limite pas à un simple échange bilatéral ; il devient un vecteur régional de circulation de biens, notamment agricoles et manufacturés, intégrant le Togo à des chaînes logistiques plus larges au sein de l’UEMOA et de l’Afrique de l’Ouest.

    Vers une relation plus équilibrée ?

    Malgré la croissance très nette du commerce bilatéral — certains rapports évoquant une progression du commerce sino-togolais de plus de +56 % en 2025 — les défis restent nombreux, notamment celui de réduire la dépendance vis-à-vis des importations et de renforcer la capacité exportatrice togolaise, en particulier vers la Chine.

    Face à un déséquilibre commercial structurel, les autorités togolaises devront poursuivre leurs efforts pour diversifier l’économie, stimuler la production locale et mieux intégrer les acteurs économiques nationaux dans la chaîne d’échanges avec Pékin et au-delà, dans une Afrique de l’Ouest en pleine mutation économique.

  • Eperviers: Patrice Neveu, l’expérience face au doute

    Eperviers: Patrice Neveu, l’expérience face au doute

    Le choix de l’expérimenté technicien français Patrice Neveu, 71 ans, pour cornaquer les Eperviers suscite autant d’espoir que de prudence. Explication.

    Le Togo a choisi l’expérience. En nommant Patrice Neveu à la tête des Éperviers, en remplacement du technicien local Nibombé Daré, la Fédération togolaise de football opte pour un profil rompu aux réalités du continent. À 70 ans passés, le technicien français est tout sauf un novice en Afrique. Depuis la fin des années 1990, il sillonne le continent, multipliant les expériences et les défis, souvent dans des contextes complexes.

    Un connaisseur du terrain africain

    Arrivé en Afrique en 1998, Patrice Neveu a dirigé plusieurs sélections nationales, dont l’équipe du Niger de football, l’équipe de Mauritanie de football ou encore le Équipe du Gabon de football. Partout, il a dû composer avec des moyens limités, des championnats locaux fragiles et des environnements institutionnels parfois instables.

    Ce parcours fait de lui un technicien aguerri aux réalités africaines : gestion des déplacements difficiles, adaptation aux pelouses approximatives, négociation permanente avec les fédérations et mobilisation de joueurs évoluant à l’étranger. Autant d’éléments qui constituent un atout pour le Togo, en quête de stabilité et d’efficacité.

    Son passage en Mauritanie reste l’un des plus marquants, avec une qualification historique à la CAN, symbole de sa capacité à structurer un groupe et à bâtir une discipline collective. Ce type d’exploit nourrit aujourd’hui l’espoir d’un renouveau pour des Éperviers en perte de vitesse sur la scène continentale.

    Un défi immense au Togo

    Le contexte togolais n’est pas simple. Depuis plusieurs années, la sélection nationale peine à retrouver le lustre de l’époque dorée qui l’avait menée au Mondial 2006. Les résultats en dents de scie, les changements répétés d’encadrement technique et les tensions internes ont fragilisé le collectif.

    Avec des cadres comme Djené Dakonam, le Togo dispose pourtant de joueurs expérimentés évoluant dans des championnats compétitifs. Mais le talent individuel ne suffit plus. Il faut une vision, une organisation, une cohérence dans le jeu.

    C’est précisément sur ce terrain que Patrice Neveu est attendu : remettre de l’ordre, redonner une identité tactique claire et instaurer une culture de la rigueur. Son expérience du continent pourrait faciliter son intégration rapide et sa compréhension des enjeux locaux.

    Des critiques récurrentes

    Cependant, le technicien français n’est pas exempt de critiques. Une simple recherche fait apparaître des réserves exprimées lors de ses précédents passages. Certains observateurs lui reprochent un style de jeu jugé trop prudent, voire défensif. D’autres évoquent des relations parfois tendues avec des dirigeants ou des joueurs.

    Son parcours est également marqué par des expériences courtes et des départs dans des contextes délicats. Si son CV est riche, il donne aussi l’image d’un entraîneur souvent appelé pour éteindre des incendies, sans toujours inscrire son action dans la durée.

    Ces éléments alimentent les doutes d’une partie de l’opinion togolaise, qui s’interroge sur la capacité du nouveau sélectionneur à impulser un véritable déclic psychologique et sportif.

    Un choix dans un contexte sensible

    Au-delà de la personnalité de Patrice Neveu, c’est aussi le contexte de sa nomination qui suscite des interrogations. Le départ de Nibombé Daré, ancien international et figure respectée du football togolais, a laissé des traces. Beaucoup voyaient en lui le symbole d’un renouveau local, d’une volonté de bâtir sur les compétences nationales.

    Dans ce climat, l’arrivée d’un technicien étranger peut être perçue comme un désaveu de la filière locale. Or, pour réussir, un sélectionneur a besoin d’un environnement apaisé et d’un soutien institutionnel clair.

    Si le contexte politique et fédéral ne lui offre pas une stabilité minimale, Patrice Neveu pourrait se retrouver confronté aux mêmes difficultés que ses prédécesseurs. Le risque serait alors de voir s’installer une nouvelle transition sans lendemain, au détriment d’un projet structurant.

    Entre espoir et prudence

    Le pari Patrice Neveu repose donc sur une équation délicate, celle de capitaliser sur son immense expérience africaine tout en évitant les écueils qui ont parfois jalonné son parcours. Son savoir-faire, sa connaissance du terrain et sa capacité à bâtir un collectif discipliné constituent des atouts indéniables.

    Mais pour que le déclic se produise chez Djené Dakonam et ses coéquipiers, il faudra plus qu’un changement de visage sur le banc. Il faudra une vision partagée, un soutien institutionnel fort et une adhésion totale du vestiaire.

    Les Éperviers jouent aujourd’hui une partie décisive. En confiant leur destin à un globe-trotter du football africain, le Togo fait le choix de l’expérience. Reste à savoir si cette expérience suffira à transformer l’essai et à redonner des ailes à une sélection en quête de renouveau.

  • Wedy : l’ascension d’un roi du RnB togolais et les promesses inachevées

    Wedy : l’ascension d’un roi du RnB togolais et les promesses inachevées

    Pour beaucoup, Wedy est le pionnier du RnB togolais moderne, celui qui prouve qu’un artiste local peut s’approprier un genre mondial et le rendre authentiquement togolais.

    Aux origines d’un talent précoce

    Né le 18 août 1981 à Lomé, dans le quartier populaire de Bè-Kpéhénou, Koffi Wodi Gabla, plus connu sous le nom de scène Wedy, grandit dans une famille de six enfants. Très tôt, la musique devient son refuge et son ambition. À seulement sept ans, il reprend les titres de Michael Jackson, Stevie Wonder ou encore Lionel Richie, façonnant ainsi son oreille et son style.

    Élève à Lomé puis à Dapaong, il s’initie à la scène au sein de troupes locales avant de rejoindre, dans les années 1990, plusieurs formations urbaines. Cette immersion dans le hip-hop et les reprises de Snow, Shabba Ranks ou Naughty by Nature forge son identité musicale. Mais c’est au tournant des années 2000 que son destin bascule.

    Le roi incontesté du RnB des années 2000

    Au moment où le hip-hop domine la scène togolaise, Wedy choisit une voie encore peu explorée : le RnB. En 2000, avec le groupe Wise, il sort l’album Mifiomlo. Mais c’est en solo qu’il impose véritablement sa marque.

    Entre 2003 et 2006, Wedy enchaîne les succès : New Day, Gogbalo, Enyo. Des titres comme Enubué, Gogbalo ou Mitin deviennent des références. Aux All Music Awards, il rafle plusieurs trophées dans la catégorie Soul RnB, consacrant son règne sur le genre. À cette époque, aucun autre artiste togolais ne rivalise réellement avec lui dans ce registre.

    Sa voix suave, ses mélodies romantiques et son mélange de langues locales et d’influences internationales séduisent une génération entière. Wedy ne suit pas la tendance : il la crée. Il devient le pionnier du RnB togolais moderne, celui qui prouve qu’un artiste local peut s’approprier un genre mondial et le rendre authentiquement togolais.

    Ouverture internationale

    L’année 2004 marque un tournant majeur. Alors que peu d’artistes togolais disposent de réseaux internationaux solides, Wedy entame une tournée européenne le 26 décembre, avec des dates à Paris, Bruxelles et Düsseldorf. À cette période, une telle initiative reste exceptionnelle pour un artiste togolais de sa génération.

    Cette tournée aurait pu constituer le tremplin vers une carrière africaine ou diasporique plus large. Elle témoigne d’un potentiel d’exportation réel et d’une ambition rare. Wedy faisait alors partie des très rares artistes togolais à franchir les frontières européennes avec son propre répertoire RnB.

    Une trajectoire freinée

    Pourtant, malgré un talent indéniable et une reconnaissance nationale forte, la carrière de Wedy n’a pas connu l’ampleur que beaucoup lui prédisaient. Après le pic des années 2000, ses sorties deviennent plus espacées. Il continue de produire – Cadeau (2010), puis une série de singles jusqu’en 2023 – mais sans véritable percée continentale.

    La question se pose inévitablement : qu’est-ce qui a freiné cette ascension ? Certains observateurs estiment que Wedy n’a pas toujours su capitaliser sur les opportunités internationales, notamment après sa tournée européenne. À une époque où le marketing digital n’était pas encore dominant, la structuration d’une carrière reposait sur le management, les réseaux et la stratégie. A-t-il manqué d’encadrement solide ? A-t-il sous-estimé l’importance d’un positionnement plus agressif sur le marché sous-régional ? La responsabilité individuelle peut être interrogée.

    Le poids du contexte togolais

    Mais il serait réducteur d’en faire une question purement personnelle. Le contexte togolais des années 2000 reste marqué par un manque criant d’infrastructures culturelles, de financements et de structures professionnelles capables d’accompagner les artistes vers l’international.

    Studios limités, absence de véritables maisons de production structurées, faibles investissements privés, circuits de distribution quasi inexistants : l’environnement ne favorisait pas l’émergence durable d’artistes au-delà des frontières nationales.

    Wedy, comme beaucoup de ses contemporains, a évolué dans un écosystème fragile. Même primé et populaire, un artiste togolais devait souvent compter sur ses propres moyens pour produire, promouvoir et distribuer sa musique.

    L’héritage d’un pionnier

    Malgré une carrière qui n’a pas atteint les sommets espérés, Wedy demeure une figure majeure de la musique togolaise. En 2013, il est reconnu parmi les cinq artistes ayant marqué les dix ans du hip-hop togolais. En 2018, il est nommé aux CEDEAO Music Awards à Abidjan, preuve que son influence dépasse les frontières nationales.

    Sa trajectoire raconte à la fois la grandeur d’un talent et les limites d’un système. Roi incontesté du RnB togolais des années 2000, il a ouvert la voie à une nouvelle génération d’artistes urbains. L’artiste incarne ainsi une double réalité, celle d’un pionnier qui a dominé son époque, et celle d’un artiste dont la carrière interroge sur la capacité du Togo à transformer ses talents en icônes continentales durables.

  • Foncier/Togblé Botokopé-Sivédomé : victoire pour la collectivité Holo-Avla

    Foncier/Togblé Botokopé-Sivédomé : victoire pour la collectivité Holo-Avla

    Dans sa décision N°0752/2022 du 20 mai 2022, la justice togolaise constate que la collectivité
    Holo-Avla « est propriétaire par voie de première occupation » de la parcelle de terrain en question.


    Au Togo, la justice est inondée de dossiers liés aux litiges fonciers. « Terrain litigieux »,
    « Cessation des travaux », « Voir l’huissier de justice Me … », etc. sont les inscriptions qui se
    lisent sur les immeubles en construction. Si certaines de ces affaires se règlent en un temps
    record, d’autres traînent devant la justice, et leurs dénouements ne sont connus que plusieurs
    années plus tard.


    Après la pluie, vient le beau temps. Cette expression convient parfaitement à la situation qui prévaut
    actuellement à Togblékopé au lieu-dit Botokopé-Sivédomé, dans la commune d’Agoè-Nyivé 4.
    Dans cette localité, les acquéreurs et propriétaires terriens ont derrière eux les moments de tempête
    vécus à travers des procédures judiciaires qui paraissaient interminables.


    En mai 2022, après plusieurs mois de procédures, le Tribunal de Première instance de première
    classe de Lomé rend sa décision dans le dossier opposant la collectivité Holo-Avla au sieur
    Hamidou Aboudramane. La requête introduite par ladite collectivité visait à obtenir confirmation de
    son droit de propriété sur un domaine d’une contenance superficielle de 07 hectares, et l’expulsion
    et la démolition des ouvrages érigés sur ce domaine.


    Dans sa décision N°0752/2022 du 20 mai 2022, la justice togolaise constate que la collectivité
    Holo-Avla « est propriétaire par voie de première occupation » de la parcelle de terrain en question.
    Par conséquent, elle « confirme purement et simplement le droit de propriété de la requérante (la
    collectivité Holo-Avla, Ndlr) sur sa parcelle
    » sise à Togblékopé au lieu-dit Botokopé-Sivédomé.


    Cette décision a fait l’objet d’appel et d’une tierce opposition de la part des adversaires de la
    collectivité Holo-Avla. Les demandes introduites par le biais de leur conseil n’ont donc pas
    prospéré. Tout en recevant « le sieur Habidina Hamidou en sa tierce opposition, régulière », la
    justice l’a déclaré « mal fondée », déboutant ainsi « de toutes ses demandes, fins et conclusions » le
    sieur Habidina Hamidou. Le sieur Hamidou Aboudramane a été aussi débouté par la justice.


    Dans les décisions N°0897/2024 du 25 juin 2024 et N°0898/2024 du 25 juin 2024 tous deux du
    Tribunal de grande instance de Lomé, la justice togolaise « maintient le jugement n°0752/2022
    rendu le 20 mai 2022 par le tribunal de céans en toutes ses dispositions
    », confirmant ainsi le droit
    de propriété de la collectivité Holo-Avla sur la parcelle querellée.


    En 2025, ces deux procédures ont été achevées par l’obtention des grosses des jugements
    N°0897/2024 du 25 juin 2024 et N°0898/2024 du 25 juin 2024. Par conséquent, le droit de propriété
    de la collectivité Holo-Avla sur ce domaine de 7 hectares est définitivement confirmé.

  • Festival Master Piano 2026 : un tournant majeur pour la musique classique au Togo

    Festival Master Piano 2026 : un tournant majeur pour la musique classique au Togo

    Lomé a officiellement lancé la 4ᵉ édition du Festival International Master Piano lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 20 février 2026. Ouvert depuis le 16 février, l’événement se poursuit jusqu’au 27 février 2026 et marque une étape décisive dans la structuration et le rayonnement de la musique classique au Togo.

    Porté par Opus Academy, le festival s’impose désormais comme un rendez-vous culturel stratégique. Au-delà des concerts, Master Piano incarne une vision : faire de la musique un outil d’éducation, de professionnalisation et d’ouverture internationale pour la jeunesse togolaise.

    Un acte culturel fort et symbolique

    L’édition 2026 se distingue par un choix hautement significatif : mettre à l’honneur les compositeurs togolais. Cette décision consacre une volonté claire d’ancrer la musique dite « savante » dans le patrimoine national, tout en l’inscrivant dans les standards internationaux. Il s’agit d’un signal fort : la création togolaise mérite reconnaissance, diffusion et excellence.

    Sous l’impulsion de Behanzin Vigninou, la Philharmonia de Lomé est née de la fusion de l’orchestre symphonique de l’école avec les chœurs Amazing Voice et Émeraude d’Aného. Cette synergie artistique inédite témoigne de la maturité du projet et de l’ambition d’élever le niveau orchestral au Togo.

    Soutenu par le Ministère de la Culture, du Tourisme et des Arts, le festival bénéficie d’un appui institutionnel et financier déterminant, preuve que la culture est progressivement reconnue comme un levier stratégique de développement et d’image pour le pays.

    Une ouverture internationale renforcée

    Grâce à l’appui de l’Ambassade de France au Togo, le festival consolide ses partenariats européens. Le pianiste Christophe Beguin revient à Lomé accompagné de son trio du Conservatoire de Caen, aux côtés des professeurs Christophe Denel et Maréva Bécu. Cette coopération illustre l’importance de la transmission et du dialogue artistique entre experts européens et jeunes talents togolais.

    Un festival qui dépasse Lomé

    Master Piano 2026 élargit son empreinte territoriale avec des activités prévues à Aného et Kpalimé, confirmant une volonté de démocratisation culturelle. Avec un budget annuel de plus de 13 millions de FCFA, l’événement investit dans la formation, les concours, les master class et l’accompagnement des lauréats, dont certains poursuivent déjà des parcours dans des conservatoires européens.

    Le rendez-vous historique du 25 février

    Le point culminant du festival aura lieu le mercredi 25 février 2026 à 19h00 précises au Palais des Congrès de Lomé (entrée libre, mise en place à partir de 18h30). Pour la première fois, la Philharmonia de Lomé réunira orchestre symphonique et chœurs dans une fresque musicale mêlant grands classiques et œuvres togolaises.

    La programmation comprend également : Open Piano (21 février), hommage aux compositeurs togolais (22 février), étape à Aného (23 février) et concert du trio invité le 26 février à l’IFT.

    À travers cette 4ᵉ édition, Master Piano confirme son statut de rendez-vous musical de référence en Afrique de l’Ouest. Plus qu’un festival, il affirme l’émergence d’un Togo culturel ambitieux, confiant dans son identité artistique et résolument tourné vers l’excellence.

  • Culture togolaise : les artistes lancent un cri d’alarme

    Culture togolaise : les artistes lancent un cri d’alarme

    La culture togolaise traverse une zone de turbulences préoccupante. Dans un communiqué au ton grave, la Fédération Togolaise de Musique (FTM) tire la sonnette d’alarme et dénonce une situation qu’elle qualifie d’« urgence nationale ». « S.O.S : la culture en danger ! », clame l’organisation, évoquant un secteur en souffrance où « les artistes meurent à petit feu », où « les espaces culturels ferment » et où « les créateurs sont abandonnés ».

    À travers cette sortie médiatique, la FTM pointe du doigt trois maux majeurs : l’absence de financement structuré, l’inexistence de mécanismes fonctionnels d’accompagnement et un manque de considération réelle pour les acteurs culturels. Selon la fédération, ces carences fragilisent durablement l’écosystème artistique togolais, déjà éprouvé par des années de précarité et d’insuffisance d’investissements.

    « Quand la culture meurt, c’est la Nation qui s’éteint », avertit le communiqué. Pour la FTM, la culture ne se limite pas au divertissement : elle constitue le socle de l’identité collective, un vecteur d’unité et un levier de développement économique et social. Musique, théâtre, danse, arts visuels ou encore littérature participent à la construction de l’image du pays et à la transmission des valeurs aux générations futures.

    Face à cette situation jugée critique, la Fédération annonce la tenue d’une conférence de presse le mardi 24 février 2026 à 9h00 précises, à l’Espace Culturel MIVA, en face de MRS TODMAN à Lomé. Cette rencontre se veut un appel à la mobilisation générale. Artistes, acteurs culturels, médias, jeunes et citoyens sont invités à venir nombreux pour « faire entendre la voix de la culture ».

    Au-delà d’un simple point de presse, la FTM entend poser les bases d’un plaidoyer structuré en faveur de réformes concrètes : mise en place de fonds de soutien transparents, création de mécanismes d’accompagnement professionnels et reconnaissance institutionnelle accrue du rôle des créateurs. L’objectif affiché est clair : sortir la culture togolaise de la marginalisation et lui redonner la place stratégique qu’elle mérite.

    « Sans culture, il n’y a pas d’identité. Sans identité, il n’y a pas de Nation », insiste la fédération. Par cette formule forte, elle rappelle que le combat culturel dépasse les seuls artistes : il concerne l’ensemble de la société.

    Dans un contexte où de nombreux créateurs peinent à vivre de leur art, la sortie de la FTM pourrait marquer un tournant. Reste à savoir si cet appel sera entendu et s’il débouchera sur des engagements concrets. Une chose est sûre : pour ses défenseurs, la culture togolaise ne doit ni mendier, ni mourir en silence.

  • Forfaits mobiles : l’ARCEP met fin aux volumes perdus

    Forfaits mobiles : l’ARCEP met fin aux volumes perdus

    L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a annoncé, ce 20 février 2026 à Lomé, une série de réformes majeures dans la facturation des services mobiles au Togo. Issues d’un long processus de concertation avec les opérateurs YAS Togo et Moov Africa Togo, ainsi qu’avec les associations de consommateurs LCT, ATC et MMLK, ces mesures visent à renforcer la protection des usagers et à améliorer la transparence du marché.

    Conservation des forfaits non consommés

    La principale innovation concerne la possibilité, pour les abonnés, de récupérer leurs volumes (voix et internet) non consommés après expiration. Désormais, les clients pourront retrouver ces volumes en souscrivant à nouveau à la même offre dans un délai de conservation déterminé : 10 jours pour les forfaits d’une validité inférieure ou égale à 10 jours, et 30 jours pour ceux dont la validité dépasse 10 jours.

    Avec cette réforme, le Togo rejoint la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, déjà engagés dans une démarche similaire en Afrique de l’Ouest.

    Par ailleurs, en cas de souscription à plusieurs forfaits, les nouvelles règles imposent que soient consommés en priorité ceux dont la date de validité ou de conservation est la plus proche. Une disposition qui vise à limiter les pertes involontaires de volumes.

    Une facturation internet au plus juste

    Autre avancée notable : l’unité de décompte unique pour l’internet mobile sera désormais l’octet, la plus petite unité de mesure numérique. Concrètement, cela signifie que le volume réellement consommé correspondra strictement au volume facturé, réduisant ainsi les écarts liés aux arrondis ou aux unités de facturation plus larges.

    Selon l’ARCEP, le Togo devient le seul pays de la sous-région à adopter un tel niveau d’exigence technique en matière de facturation internet.

    Prolongation de la durée de vie des cartes SIM

    La réforme prévoit également l’extension du délai d’inactivité avant désactivation d’une carte SIM. Celui-ci passe de trois à six mois. Cette mesure protège davantage les consommateurs, notamment ceux qui utilisent leur ligne de manière occasionnelle ou qui séjournent temporairement à l’étranger.

    L’ARCEP rappelle que tant que la carte SIM demeure active, le crédit disponible sur le compte principal ne peut être perdu.

    Vers plus de transparence

    Au-delà de ces trois mesures phares, la décision renforce l’encadrement de la transparence et de la lisibilité des offres promotionnelles, tout en réaffirmant les exigences de qualité de service.

    L’Autorité indique avoir mis en place des outils de contrôle pour garantir l’application effective de ces dispositions. Elle salue par ailleurs l’esprit d’ouverture des opérateurs, qui a permis d’aboutir à ces avancées présentées comme un tournant pour l’expérience des consommateurs togolais sur les services mobiles.

    Ces réformes pourraient ainsi contribuer à dissiper le sentiment d’« épuisement anormal » des forfaits, souvent dénoncé par les usagers, et à restaurer la confiance dans la facturation des services mobiles au Togo.

  • Frontière maritime : le Ghana saisit l’arbitrage contre le Togo

    Frontière maritime : le Ghana saisit l’arbitrage contre le Togo

    Selon les autorités ghanéennes, cette démarche vise à clarifier de manière juridiquement contraignante les limites maritimes entre les deux pays, dans une zone considérée comme stratégique tant sur le plan économique que sécuritaire.

    La présidence du Ghana a annoncé sa décision, dans une note rendue publique ce vendredi 20 février, de convoquer le Togo devant une procédure d’arbitrage fondée sur la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM). L’objectif affiché est de parvenir à un accord définitif sur la délimitation de leurs frontières maritimes dans le golfe de Guinée.

    Selon les autorités ghanéennes, cette démarche vise à clarifier de manière juridiquement contraignante les limites maritimes entre les deux pays, dans une zone considérée comme stratégique tant sur le plan économique que sécuritaire. La délimitation des espaces maritimes est un enjeu majeur en Afrique de l’Ouest, où plusieurs États côtiers cherchent à sécuriser leurs droits souverains sur les ressources halieutiques et énergétiques.

    La procédure d’arbitrage prévue par la CNUDM permet aux États parties de soumettre leurs différends à un tribunal constitué conformément aux dispositions de la convention. Ce mécanisme international offre un cadre légal reconnu pour trancher les litiges relatifs aux eaux territoriales, à la zone économique exclusive (ZEE) ou au plateau continental. En optant pour cette voie, le Ghana affirme privilégier une solution fondée sur le droit international plutôt que sur des négociations bilatérales prolongées.

    Du côté togolais, aucune réaction officielle détaillée n’avait encore été rendue publique au moment de l’annonce. Toutefois, Lomé et Accra entretiennent traditionnellement des relations diplomatiques stables, marquées par une coopération économique et sécuritaire dans la sous-région. La saisine de l’arbitrage ne signifie pas nécessairement une détérioration des relations, mais traduit la volonté d’encadrer juridiquement un différend technique.

    La question de la délimitation maritime est particulièrement sensible dans le golfe de Guinée, une région riche en hydrocarbures et traversée par d’importantes routes commerciales. Une clarification des frontières pourrait offrir davantage de sécurité juridique aux investisseurs et réduire les risques de tensions futures liées à l’exploration ou à l’exploitation de ressources offshore.

    En choisissant l’arbitrage international, le Ghana engage un processus qui pourrait s’étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années, selon la complexité des arguments techniques et juridiques présentés par les deux parties. Le résultat, une fois rendu, aura un caractère obligatoire.

    Au-delà du différend bilatéral, cette initiative illustre le recours croissant des États africains aux mécanismes du droit international pour résoudre pacifiquement leurs contentieux, dans un contexte où la stabilité régionale demeure un enjeu central

  • Coopération Inde–Togo : Metworld Group, vitrine d’un partenariat industriel durable

    Coopération Inde–Togo : Metworld Group, vitrine d’un partenariat industriel durable

    Le 17 février 2026, l’ambassadeur M. SRH Fahmi a effectué une visite stratégique à Metworld Group, implanté à Gbatopé, à une trentaine de kilomètres de Lomé.

    Ce déplacement diplomatique, au-delà du protocole, s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un partenariat économique en pleine expansion entre l’Inde et le Togo, avec pour fil conducteur l’investissement productif et le développement durable.

    Établi en 2021, Metworld Group est un investissement indien qui s’est rapidement imposé comme un acteur clé dans deux secteurs à fort impact : le recyclage industriel et l’agri-business. Dans un contexte où la transformation locale et la gestion des déchets deviennent des priorités nationales, l’entreprise apparaît comme un modèle d’intégration industrielle. Elle emploie aujourd’hui environ 250 personnes, dont une quarantaine d’Indiens, illustrant un transfert progressif de compétences et une coopération technique structurée.

    Lors de la visite, l’ambassadeur a pu constater les avancées réalisées tant sur le plan technologique qu’organisationnel. Les installations de recyclage contribuent à la valorisation des matières premières secondaires, réduisant la pression sur l’environnement tout en alimentant des chaînes de production locales. Côté agri-business, l’entreprise développe des activités qui soutiennent les producteurs locaux, améliorent les rendements et favorisent une meilleure structuration des filières.

    Au-delà des chiffres, la portée symbolique de cette visite est forte. Elle met en lumière la confiance croissante des investisseurs indiens dans le climat des affaires togolais. Depuis plusieurs années, le Togo s’efforce d’attirer des capitaux étrangers en misant sur la stabilité macroéconomique, les réformes administratives et le développement d’infrastructures logistiques. L’implantation de Metworld Group s’inscrit dans cette stratégie d’industrialisation et de diversification économique.

    La présence de 40 employés indiens aux côtés de travailleurs togolais traduit également une dimension humaine du partenariat. Elle favorise les échanges culturels, le partage de savoir-faire et l’émergence d’un écosystème industriel plus compétitif. Cette coopération technique renforce les capacités locales, un enjeu crucial pour pérenniser les investissements et réduire la dépendance aux importations.

    Sur le plan environnemental, l’engagement commun en faveur du développement durable a été au cœur des échanges. Dans un monde confronté aux défis climatiques, le recyclage et l’agriculture durable constituent des leviers majeurs de croissance responsable. En soutenant ce type d’initiatives, les autorités diplomatiques et économiques envoient un signal fort : le développement ne peut plus se concevoir sans responsabilité écologique.

    Enfin, cette visite consolide l’axe Inde–Togo comme un partenariat stratégique en Afrique de l’Ouest. L’Inde, déjà active dans les domaines pharmaceutique, technologique et éducatif sur le continent, trouve au Togo une porte d’entrée logistique et commerciale vers la sous-région. De son côté, le Togo bénéficie d’investissements structurants, créateurs d’emplois et générateurs de valeur ajoutée.

    À Gbatopé, Metworld Group n’est donc pas seulement une usine. C’est le symbole d’une diplomatie économique pragmatique, orientée vers l’investissement productif, l’emploi et la durabilité. La visite du 17 février 2026 vient confirmer que la coopération Inde–Togo franchit un nouveau cap, où l’industrie et l’environnement avancent désormais de concert.

  • Trafic de voitures de luxe : Lomé, nouveau front du FBI

    Trafic de voitures de luxe : Lomé, nouveau front du FBI

    Dans une opération conjointe dévoilée le 18 février 2026 par l’ambassade des États-Unis au Togo, plusieurs véhicules de prestige volés aux États-Unis ont été retrouvés à Lomé, saisis avec la coopération des forces de sécurité togolaises et du Federal Bureau of Investigation (FBI). Parmi les modèles identifiés figuraient une Ferrari Portofino, une Cadillac Escalade et une Jeep Wrangler, estimées à plusieurs centaines de milliers de dollars au total.

    Ces saisies ne sont pas des incidents isolés mais s’inscrivent dans une dynamique criminelle internationale bien établie. Des enquêtes d’organismes comme INTERPOL et des douanes américaines ont révélé que des réseaux sophistiqués organisent le vol, la falsification de documents et l’exportation de véhicules de luxe volés vers l’Afrique de l’Ouest. Les ports d’Afrique de l’Ouest — y compris Lomé au Togo, Cotonou au Bénin et Tema au Ghana — sont régulièrement identifiés comme des plaques tournantes de ce trafic transfrontalier.

    Les failles

    Les structures criminelles à l’origine de ces vols profitent de plusieurs vulnérabilités majeures. Premièrement, la fraude documentaire est omniprésente : des plaques d’immatriculation falsifiées et des numéros de série manipulés rendent ces véhicules presque indétectables pour les inspecteurs non spécialisés. Deuxièmement, le transport illégal via des conteneurs maritimes complique le suivi.

    Les voleurs utilisent des itinéraires bavés entre plusieurs ports pour brouiller les pistes et fragmenter la traçabilité. Enfin, l’absence d’une coordination efficace entre les bases de données nationales et internationales facilite l’évasion des biens volés jusqu’à ce qu’une coopération transnationale — comme celle entre le FBI et les autorités togolaises — intervienne.

    Conséquences

    Pour les victimes américaines, la remise des véhicules signifie une victoire symbolique mais aussi un rappel brutal des dangers liés à un marché globalisé sans contrôle suffisant. Au plan économique, ce type de trafic alimente un marché noir transcontinental évalué à des millions de dollars, enrichissant des réseaux criminels organisés qui exploitent la demande internationale pour des voitures de luxe. Les pertes comprennent non seulement la valeur des véhicules, mais aussi les coûts associés aux enquêtes et à la prévention.

    Sur le plan juridique, ces affaires intensifient le besoin d’une coopération renforcée entre les États. La saisie à Lomé souligne l’importance des partenariats entre agences locales et internationales, mais elle met également en lumière l’ampleur des efforts encore nécessaires pour démanteler des réseaux transnationaux qui exploitent chaque maillon faible du système de sécurité global.

Radio Renouveau228

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