Étiquette : Togo

  • Maquis Bar Sacré Rose : à Nukafu, la passion de la cuisine se déguste !

    Maquis Bar Sacré Rose : à Nukafu, la passion de la cuisine se déguste !

    À Nukafu, derrière la station d’essence T-Oil et à quelques encablures du marché, une adresse mérite le détour : le Maquis Bar Sacré Rose. Créé il y a quatre ans, l’établissement s’est progressivement imposé comme un espace convivial où boissons, cuisine africaine et bonne ambiance se rencontrent.

    Une cuisine généreuse aux saveurs africaines

    Au Sacré Rose, les amateurs de bonne chère ont de quoi satisfaire leurs envies. La carte fait la part belle aux classiques de la cuisine africaine avec notamment des poissons et poulets braisés, des omelettes, des boulettes ainsi que différentes préparations à base de viande de bœuf. Les clients peuvent également se laisser tenter par de l’atchèkè, sans oublier des mets particulièrement appréciés comme la tête et la queue de bœuf.

    Côté boissons, l’établissement propose également des boissons et liqueurs faites maison, de quoi accompagner agréablement les différents plats proposés.

    Sacré Rose, une passion devenue métier

    Derrière cette aventure se trouve Secramonto Rosemonde, affectueusement appelée Sacré Rose. Ancienne employée d’Ecobank aujourd’hui à la retraite, elle a choisi de consacrer une nouvelle étape de sa vie à une passion qui lui tient particulièrement à cœur : la cuisine.

    Cette reconversion lui permet de mettre son savoir-faire et son goût pour la gastronomie au service des clients. Le Maquis Bar Sacré Rose travaille par ailleurs avec plusieurs institutions, notamment Gozem, renforçant ainsi son ancrage dans son environnement professionnel.

    Ouvert tous les jours, sauf le dimanche, le Maquis Bar Sacré Rose accueille sa clientèle le dimanche de 13 heures à 23 heures. Pour un repas africain généreux, une boisson faite maison ou simplement un moment de détente entre proches, Sacré Rose entend bien rester une adresse incontournable de Nukafu.

  • JCA : Daniel Kokou Agbeko, l’homme du renouveau qui rêve de l’élite

    JCA : Daniel Kokou Agbeko, l’homme du renouveau qui rêve de l’élite

    À Agoènyivé, un club est en train de changer de dimension. Derrière la progression de JCA se trouve un homme dont l’investissement a profondément transformé les ambitions du club : Daniel Kokou Agbeko. Novice dans le monde du football, le dirigeant a pourtant mis les moyens pour permettre à JCA de franchir un cap et de se rapprocher de l’élite togolaise.

    Daniel Kokou Agbeko, le pari d’un novice

    Lorsqu’il s’engage aux côtés de JCA, Daniel Kokou Agbeko n’a pas forcément le profil classique du dirigeant chevronné du football. Mais son manque d’expérience dans le milieu n’a visiblement pas constitué un frein. Il a investi, structuré et accompagné le club avec une ambition claire : faire de JCA une formation capable de rivaliser avec les meilleures.

    Les résultats commencent à donner du crédit à ce pari. JCA s’est hissé jusqu’aux play-offs, étape décisive pour une formation qui ambitionne de rejoindre l’élite. Cette qualification n’est pas le fruit du hasard. Elle récompense un travail et des investissements consentis au fil du temps.

    Agbeko apparaît ainsi comme le grand artisan de ce renouveau. Son mérite est d’autant plus important qu’il a accepté de prendre des risques dans un environnement où investir dans le football ne garantit ni retour immédiat ni reconnaissance.

    Une accession à l’élite loin d’être une formalité

    Au Togo, atteindre la D1 reste une véritable épreuve. La qualité sportive ne suffit pas toujours à garantir une accession. Le parcours est souvent jalonné de difficultés administratives, financières, organisationnelles et sportives qui rendent la marche vers l’élite particulièrement complexe.

    Le dernier match de JCA contre Abou Ossé a d’ailleurs suscité des interrogations. Certains épisodes de la rencontre ont paru pour le moins troublants et alimentent les commentaires dans l’environnement du club. Sans préjuger des responsabilités ni tirer de conclusions définitives en l’absence d’éléments établis, ces faits posent une question plus large : dans quelles conditions les clubs méritants peuvent-ils réellement accéder à l’élite ?

    La question mérite d’être posée alors que JCA se trouve désormais aux portes de la D1. Les « faiseurs de rois », ces acteurs capables d’influencer le destin sportif des clubs, laisseront-ils finalement le club phare d’Agoènyivé aller jusqu’au bout de son rêve ?

    L’année ou jamais pour JCA ?

    Une chose est certaine : JCA n’est plus le même club. Le projet porté par Daniel Kokou Agbeko lui a permis de franchir plusieurs paliers et de s’offrir une occasion historique. Désormais, le club doit transformer cette dynamique en accession.

    Pour Agbeko comme pour toute la communauté d’Agoènyivé, l’enjeu dépasse une simple montée de division. Il s’agit de concrétiser plusieurs années d’efforts et d’investissements. Les play-offs constituent donc un rendez-vous capital.

    Tout porte à croire que 2026 est l’année ou jamais pour JCA. Le club est suffisamment proche du sommet pour ne plus se contenter de rêver. Reste maintenant à savoir si, sur le terrain comme en dehors, toutes les conditions seront réunies pour que le projet porté par Daniel Kokou Agbeko connaisse son aboutissement : une place dans l’élite du football togolais.

  • ArtTrip : Kokou Ekouagou porte la création togolaise à Paris

    ArtTrip : Kokou Ekouagou porte la création togolaise à Paris

    Du 11 au 13 septembre 2026, l’Atelier Basfroi, situé au 23 rue Basfroi dans le 11e arrondissement de Paris, accueille ArtTrip, un rendez-vous consacré à la création contemporaine. Pendant trois jours, artistes, professionnels de la culture et amateurs d’art se retrouvent autour d’une programmation pensée comme un carrousel artistique, où se croisent disciplines, esthétiques et cultures.

    Plus qu’une exposition, ArtTrip se veut un espace de rencontres et d’échanges autour de l’art plastique contemporain. L’événement offre notamment une visibilité à des artistes venus d’horizons différents, dans une volonté de favoriser les passerelles entre les scènes artistiques.

    Kokou Ekouagou, représentant de l’Art Héritage Culture

    Parmi les participants, Kokou Ekouagou occupe une place particulière. Artiste plasticien, consultant et manager culturel, il prend part à cette édition en qualité de représentant en France de l’Association Art Héritage Culture. Membre actif et Conseiller Technique du programme « Promotion de la Carrière Internationale des Artistes de l’Association ART HÉRITAGE CULTURE » (ProCIAA-AHC), il porte également la mission de contribuer au développement des échanges artistiques entre l’Afrique et l’Europe.

    Sa présence à ArtTrip s’inscrit ainsi dans une démarche de promotion de la création contemporaine togolaise. Durant les trois jours de l’événement, il assure la représentation de son association et accompagne la mise en valeur des œuvres réalisées par les artistes plasticiens qui en sont membres.

    Promouvoir l’art contemporain togolais à Paris

    La participation de Kokou Ekouagou ne se limite toutefois pas à la présentation des œuvres. Elle comprend également une dimension professionnelle, avec des rencontres et des échanges avec des artistes, commissaires d’exposition, galeristes et autres acteurs du secteur culturel.

    En amont de l’événement, il a également pris en charge l’acheminement sécurisé des œuvres sélectionnées depuis les ateliers des artistes jusqu’à Paris.

    À travers ArtTrip, l’Association Art Héritage Culture entend ainsi renforcer la visibilité de ses artistes sur la scène internationale. Pour Kokou Ekouagou, cette présence parisienne constitue une nouvelle occasion de faire connaître la vitalité de la création artistique togolaise et de contribuer à tisser des liens durables entre les milieux culturels de Lomé et de Paris.

    L’Atelier Basfroi devient ainsi, le temps de trois jours, un espace où l’art dépasse les frontières et où les échanges entre artistes et cultures prennent une dimension internationale.

  • Éducation au Togo : après l’accès, le défi des apprentissages

    Éducation au Togo : après l’accès, le défi des apprentissages

    À la veille de la rentrée 2026-2027, Helly GBENE plaide pour une école togolaise davantage tournée vers la mesure des acquis et l’efficacité des apprentissages.

    TRIBUNE

    Helly GBENE : « Chaque année passée à l’école doit produire un gain de compétences mesurable »

    Pour une politique éducative qui mesure mieux les acquis, cible les besoins et prépare le capital humain de demain

    La rentrée scolaire est généralement associée aux inscriptions, aux fournitures, aux salles de classe et à la reprise des cours.
    Pour le Togo, la rentrée 2026-2027 devrait aussi être l’occasion de poser une question plus stratégique : que voulons-nous que chaque enfant sache réellement faire au terme de son parcours scolaire ?

    Cette question devient incontournable au regard des progrès enregistrés dans l’accès à l’éducation.

    Entre 2019 et 2024, le taux net de scolarisation au primaire est passé de 91,6 % à 97,9 %. Le taux d’achèvement du primaire est passé de 86,5 % à 94,6 %, tandis que la transition vers le premier cycle du secondaire a progressé de 69,1 % à 91 %, selon les données publiées par l’UNICEF Togo à partir des statistiques scolaires nationales et des évaluations disponibles.

    Ce sont des résultats importants. Ils montrent que le Togo a considérablement amélioré l’accès et la continuité du parcours scolaire.

    Mais une autre donnée oblige à regarder le système sous un autre angle : l’UNICEF estime qu’environ quatre enfants sur dix seulement disposent, à la fin du primaire, des compétences suffisantes en lecture, écriture et calcul.

    C’est là que se situe, à mon sens, le prochain grand chantier de l’éducation togolaise.

    À l’échelle africaine, le constat reste préoccupant : le rapport Spotlight 2025 de l’UNESCO estime à 10,8 % la proportion d’enfants atteignant le niveau minimum de compétence en lecture et en mathématiques à la fin du primaire. Les indicateurs ne sont pas directement comparables à ceux utilisés pour le Togo, mais ils confirment l’ampleur du défi des apprentissages fondamentaux sur le continent.

    Le sujet n’est plus seulement l’accès. C’est désormais l’apprentissage.

    Un enfant présent à l’école n’est pas nécessairement un enfant qui apprend suffisamment.

    Cette distinction est essentielle pour orienter les politiques publiques.

    Le Togo peut continuer à améliorer ses infrastructures, augmenter les effectifs scolarisés et renforcer les moyens accordés aux établissements. Mais ces investissements doivent être accompagnés d’une mesure beaucoup plus précise de leur effet sur les apprentissages.

    Le système éducatif doit progressivement être capable de répondre à quatre questions :

    Quel est le niveau réel de l’élève ?
    Où se situe sa difficulté ?
    Quelle intervention lui est proposée ?
    Quel progrès cette intervention produit-elle ?

    Cette logique paraît simple. Elle constitue pourtant un changement important dans la manière de piloter l’éducation.

    Mesurer avant d’intervenir

    Je propose que les premières semaines de chaque année scolaire soient davantage utilisées pour établir un diagnostic pédagogique de départ, particulièrement dans les apprentissages fondamentaux.

    Il s’agit de permettre à l’enseignant de disposer rapidement d’une information exploitable sur les acquis de ses élèves : lecture, compréhension, expression écrite, numération, calcul et résolution de problèmes, selon le niveau concerné.

    Cette photographie de départ permettrait de mieux organiser l’accompagnement.

    Un établissement qui constate, par exemple, qu’une proportion importante de ses élèves accuse un retard en lecture peut concentrer ses efforts sur cette compétence plutôt que de traiter tous les besoins de la même manière.

    La séquence devrait devenir :diagnostiquer, intervenir, suivre, mesurer et ajuster.

    C’est précisément à ce niveau que l’analyse des données peut apporter une valeur concrète à la politique éducative.

    Le Togo possède déjà des données. Il faut maintenant mieux les transformer en décisions.

    Le pays dispose de statistiques scolaires et d’un système d’information et de gestion de l’éducation.

    L’enjeu est de rendre ces données directement utiles à la décision.

    Je recommande ainsi la mise en place progressive d’un tableau de bord national de la performance éducative, articulé avec les systèmes existants.

    Il devrait permettre de croiser, à l’échelle des territoires et des établissements, les données relatives aux effectifs, aux enseignants, aux infrastructures, à l’assiduité, aux abandons, aux résultats et aux conditions d’apprentissage.

    L’intérêt est concret.
    Si une préfecture présente un déficit important en enseignants mais de bonnes infrastructures, la réponse ne sera pas la même que dans une zone disposant de suffisamment d’enseignants mais confrontée à des problèmes de salles de classe, d’eau ou d’assainissement.

    La donnée permet alors de passer d’une logique de demande à une logique de besoin prioritaire.

    C’est une évolution qui pourrait améliorer l’efficacité des investissements publics et des interventions des partenaires.

    Les infrastructures restent nécessaires, mais leur performance doit être mesurée

    Les investissements réalisés ces dernières années montrent que cette question est déjà prise en compte.

    Dans le cadre du Projet d’amélioration de la qualité et de l’équité dans l’éducation de base (PAQEEB), la Banque mondiale indique que plus de 2 millions d’élèves de l’éducation de base, dont 1,1 million de filles, ont bénéficié des interventions du projet. Elle rapporte également la formation de milliers d’enseignants et de directeurs d’école.

    Ces efforts doivent être poursuivis.
    Mais leur évaluation doit progressivement aller au-delà du nombre de salles construites, de manuels distribués ou d’enseignants formés.

    La question décisive est :
    Quel changement observable ces investissements produisent-ils dans les apprentissages des élèves ?

    C’est cette relation entre ressources mobilisées, actions réalisées et résultats obtenus qu’une culture de performance doit davantage documenter.

    L’environnement scolaire reste une composante de la qualité

    La qualité pédagogique ne peut pas être isolée des conditions dans lesquelles l’enfant étudie.
    Selon l’UNICEF Togo, environ une école sur trois ne dispose pas d’un point d’eau et trois écoles sur dix ne disposent pas de latrines.

    Ces chiffres rappellent qu’une politique de qualité éducative doit également intégrer l’eau, l’assainissement, l’hygiène, la sécurité et l’inclusion.

    Cela concerne particulièrement les adolescentes, les enfants en situation de handicap et les élèves vivant dans les environnements les plus vulnérables.

    L’école doit donc être considérée comme un écosystème d’apprentissage, et non comme une simple infrastructure.

    Former pour l’économie qui vient

    Un autre chantier mérite d’être anticipé : l’évolution des compétences.

    Les enfants qui entrent aujourd’hui au primaire seront les actifs, entrepreneurs, ingénieurs, enseignants, agriculteurs, techniciens, cadres et décideurs des années 2030 et 2040.

    Leur environnement professionnel sera marqué par la transformation numérique, l’automatisation, l’analyse des données et l’intelligence artificielle.

    Il serait donc pertinent de renforcer progressivement, selon l’âge et les programmes, l’enseignement de compétences telles que :
    culture numérique, programmation, analyse de données, résolution de problèmes, culture financière, entrepreneuriat, pensée critique et créativité.

    Loin de transformer l’école en centre de formation informatique, l’objectif est de faire en sorte que chaque jeune dispose d’un socle de compétences lui permettant de comprendre et d’utiliser les outils de son époque.

    C’est également une question d’employabilité et de compétitivité nationale.

    Une proposition concrète : expérimenter avant de généraliser

    Plutôt que de multiplier immédiatement les programmes nationaux, le Togo pourrait expérimenter un modèle dans un nombre limité d’établissements représentatifs de différentes réalités territoriales.

    C’est dans cette perspective que je propose, dans le cadre des compétences d’IF&C Togo, une réflexion autour d’un dispositif pilote :
    TOGO LEARNING INTELLIGENCE 2030

    Le principe serait de réunir dans une même démarche :
    diagnostic pédagogique + données scolaires + analyse + accompagnement des enseignants + suivi des élèves + mesure de l’impact.

    Le projet pourrait commencer par quelques établissements volontaires.
    Une situation de référence serait établie.
    Les difficultés prioritaires seraient identifiées.
    Des actions ciblées seraient mises en œuvre.
    Puis les résultats seraient comparés à la situation initiale.

    Si le modèle fonctionne, il pourra être documenté, amélioré et proposé à plus grande échelle.

    Cette approche présente un avantage : elle permet de parler aux décideurs à partir de résultats observés, et non seulement à partir d’intentions.

    Vers un Pacte national pour les apprentissages

    Au-delà de l’expérimentation, le Togo pourrait ouvrir une réflexion plus large autour d’un Pacte national pour les apprentissages et les compétences à l’horizon 2030.

    Cinq priorités pourraient structurer ce pacte :

    1. Consolider les apprentissages fondamentaux ;
    2. Renforcer la formation et l’accompagnement des enseignants ;
    3. Réduire les disparités entre territoires ;
    4. Préparer les compétences numériques, scientifiques et entrepreneuriales ;
    5. Faire de la donnée un outil régulier de décision et d’évaluation.

    Chaque priorité devrait être accompagnée d’une situation de référence, d’objectifs chiffrés, d’indicateurs de suivi et d’une évaluation périodique.

    Cette méthode permettrait d’établir une véritable chaîne de responsabilité et de résultats.

    Le véritable enjeu dépasse l’école

    L’éducation est une politique de capital humain.
    Lorsque le taux net de scolarisation au primaire approche 98 %, la prochaine bataille devient qualitative et non seulement quantitative.
    Elle concerne la capacité du pays à transformer chaque année supplémentaire de scolarité en compétences effectivement acquises.

    Le défi est encore plus stratégique pour l’Afrique.

    Le continent dispose d’une population jeune considérable. Cette jeunesse peut constituer un formidable avantage démographique ou devenir une source de vulnérabilité économique si les systèmes éducatifs ne parviennent pas à produire les compétences nécessaires.

    Pour le Togo comme pour les autres pays africains, l’éducation doit donc être considérée comme un investissement directement lié à la productivité, à l’innovation, à l’emploi et à la compétitivité.

    La rentrée 2026-2027 : un rendez-vous avec notre responsabilité collective

    Je ne crois pas que le Togo ait besoin d’un énième discours général sur l’importance de l’éducation.
    Les acteurs connaissent déjà cette importance.
    Ce dont nous avons besoin, c’est d’une méthode plus rigoureuse pour mesurer les problèmes, cibler les réponses et vérifier les résultats.

    Les chiffres montrent que le pays a progressé sur l’accès à l’école.
    Ils montrent également que des difficultés persistent dans les apprentissages, la continuité des parcours et les conditions d’étude.

    La prochaine étape doit donc être de faire de la réussite des apprentissages l’un des principaux critères de performance du système éducatif togolais.

    À mes yeux, cela implique trois changements concrets :

    • mieux mesurer les acquis ;
    • mieux utiliser les données ;
    • mieux relier les investissements aux résultats.

    La rentrée scolaire 2026-2027 pourrait ainsi être davantage qu’un nouveau départ administratif.
    Elle peut devenir le début d’une nouvelle manière de regarder notre école.
    Une école qui ne se contente pas de compter les élèves, mais qui mesure leurs progrès.
    Une école qui ne se contente pas de mobiliser des moyens, mais qui vérifie leur impact.
    Une école qui ne prépare pas uniquement aux examens, mais aux réalités économiques, technologiques et citoyennes de demain.

    Le Togo a beaucoup progressé pour faire entrer les enfants à l’école. L’étape stratégique suivante consiste à mesurer, année après année, ce que chaque enfant apprend réellement à l’école. Car le véritable capital du Togo est ce que nos enfants seront capables de construire demain.

    Helly GBENE
    Expert en veille stratégique et développement

    Data Scientist | Data Analysis & Business Intelligence

    CEO du Cabinet d’Ingénierie de Formation & Consulting (IF&C Togo)

  • Gadufia Samati, le pari de la science pour transformer l’élevage

    Gadufia Samati, le pari de la science pour transformer l’élevage

    Gadufia Samati, chercheur togolais, entame à Penn State une nouvelle étape de son parcours dans les biotechnologies de la reproduction animale.

    Il y a des parcours qui se construisent loin des projecteurs, dans les laboratoires, les centres de recherche et les amphithéâtres, mais dont la portée peut dépasser largement les frontières. Celui de Gadufia Samati s’inscrit dans cette catégorie. Ingénieur zootechnicien, chercheur et professionnel du secteur agricole, il vient d’ouvrir une nouvelle étape de son parcours académique avec une bourse Fulbright qui le conduit pour deux années à la Pennsylvania State University, aux États-Unis. Il y poursuit des études de troisième cycle consacrées aux biotechnologies de la reproduction animale.

    Cette orientation n’est pas le fruit du hasard. Elle prolonge un cheminement déjà solidement ancré dans les sciences animales et la recherche agronomique. Des documents administratifs togolais le répertorient notamment parmi les ingénieurs zootechniciens, tandis que son parcours professionnel le rattache au ministère de l’Agriculture et à l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA), notamment au CRASS de Dapaong.

    De la zootechnie aux biotechnologies de la reproduction

    Gadufia Samati appartient à cette génération de scientifiques africains pour lesquels l’amélioration de la production animale ne peut plus reposer uniquement sur les méthodes traditionnelles. Son nouveau domaine de spécialisation l’emmène au cœur d’une science qui cherche à mieux maîtriser la reproduction, la sélection et l’amélioration génétique des animaux d’élevage.

    Avant même cette nouvelle aventure américaine, son nom apparaît dans des travaux scientifiques consacrés aux productions animales. Il a notamment participé à une étude publiée dans le Journal of Applied Biosciences sur l’effet de feuilles de Moringa oleifera et de Commelina benghalensis sur les performances de croissance et les caractéristiques de carcasse des cochons d’Inde au Sud-Bénin.

    Cette expérience illustre un profil à la croisée de la recherche scientifique et des réalités concrètes de l’élevage. Derrière les termes techniques se trouve une préoccupation essentielle : comment produire davantage, mieux nourrir les populations et rendre les systèmes d’élevage africains plus performants et plus durables ?

    C’est précisément dans cette perspective que les biotechnologies de la reproduction prennent tout leur sens. L’insémination artificielle, le transfert d’embryons, la cryoconservation des gamètes ou encore les techniques modernes de sélection peuvent contribuer à diffuser plus rapidement les caractères génétiques recherchés et à améliorer les performances des troupeaux.

    Penn State, une nouvelle étape dans une trajectoire scientifique

    À la Pennsylvania State University, Gadufia Samati évolue désormais dans un environnement universitaire reconnu pour ses activités de recherche en sciences animales. Le département des sciences animales de Penn State le présente officiellement comme Graduate Assistant – Fulbright, sous la supervision du professeur Wansheng Liu.

    Cette présence dans une grande université américaine constitue une étape importante pour le scientifique togolais. Elle lui offre l’occasion d’approfondir ses connaissances, d’accéder à de nouvelles méthodes de recherche et de côtoyer des chercheurs travaillant sur les enjeux contemporains de la production animale.

    Mais l’enjeu dépasse la seule réussite individuelle. Les programmes Fulbright ont précisément pour ambition de favoriser les échanges universitaires et scientifiques entre les États-Unis et les autres régions du monde. Pour un chercheur africain spécialisé dans les productions animales, une telle expérience peut devenir un pont entre les connaissances développées dans les grands centres de recherche internationaux et les défis auxquels sont confrontés les systèmes agricoles africains.

    Le parcours de Gadufia Samati prend ainsi une dimension particulière. Formé dans un pays où l’agriculture et l’élevage occupent une place majeure dans l’économie et les moyens de subsistance, il se retrouve aujourd’hui au cœur d’un dispositif scientifique international. Son défi sera de transformer cette expérience en compétences susceptibles de répondre aux besoins de son environnement d’origine.

    La science au service de la sécurité alimentaire

    La question qui se trouve derrière son domaine de recherche est d’une importance stratégique : comment produire suffisamment de protéines animales pour répondre à une population croissante tout en améliorant la santé et la productivité des animaux ?

    Les biotechnologies de la reproduction constituent l’une des pistes explorées par la recherche contemporaine. Elles peuvent permettre d’accélérer l’amélioration génétique des cheptels, de favoriser la diffusion de reproducteurs performants et de contribuer à une production animale plus efficace.

    Pour l’Afrique, où les systèmes d’élevage restent confrontés à de nombreux défis liés à la productivité, à la santé animale, au climat et à l’accès aux technologies, la formation de spécialistes dans ces domaines représente un enjeu majeur.

    Gadufia Samati n’est donc pas seulement en train de poursuivre une formation supplémentaire. Il participe à une dynamique plus large de montée en compétence des scientifiques africains. Son parcours illustre aussi l’importance des passerelles entre les institutions de recherche du Sud et les universités internationales.

    De la zootechnie aux biotechnologies de la reproduction, son itinéraire traduit une même ambition : faire de la science un outil concret d’amélioration de l’élevage et, au-delà, de la sécurité alimentaire.

    À Penn State, une nouvelle page s’écrit donc pour le scientifique togolais. Deux années durant lesquelles il devra apprendre, expérimenter, questionner et construire de nouveaux réseaux scientifiques. À terme, la véritable portée de cette aventure se mesurera peut-être à sa capacité à faire voyager les connaissances acquises des laboratoires américains vers les réalités africaines.

  • Kokou Ekouagou à Paris : l’art togolais s’invite aux Journées nationales des artistes

    Kokou Ekouagou à Paris : l’art togolais s’invite aux Journées nationales des artistes

    L’artiste peintre togolais Kokou Ekouagou est actuellement à Paris où il prend part aux Journées nationales des artistes (JNA), prévues du 2 au 4 octobre 2026. À travers cette participation, le créateur poursuit son ouverture sur la scène artistique internationale et contribue à faire dialoguer les univers artistiques de Lomé et de Paris.

    Kokou Ekouagou représente le Togo dans le cadre des Journées nationales des artistes (JNA), un rendez-vous culturel français qui invite le public à découvrir la création artistique au plus près des créateurs. Organisé dans différents ateliers, lieux culturels, associations et tiers-lieux à travers la France, l’événement met particulièrement l’accent sur la rencontre entre artistes et citoyens.

    À Paris, Kokou Ekouagou présente notamment ses toiles et ses collages et explique au public son processus de création. Une occasion pour l’artiste togolais de partager son univers, ses techniques et les inspirations qui nourrissent son travail.

    Un dialogue artistique entre Lomé et Paris

    Cette présence parisienne s’inscrit également dans la dynamique du collectif Fragments Nomades, porté par Lielie Sellier et Kokou Ekouagou. Né de la rencontre entre différentes géographies, sensibilités et mémoires, le collectif développe une démarche artistique nourrie par les circulations entre Lomé et Paris.

    Collages, arts plastiques, écriture, textures et assemblages constituent les principaux langages de cette démarche qui explore notamment l’identité, la mémoire, la transmission et les frontières visibles ou invisibles qui traversent les individus et les territoires.

    Le collectif défend ainsi une pratique artistique ouverte, expérimentale et transdisciplinaire. La matière y occupe une place particulière, qu’il s’agisse du papier, du textile, des pigments, des archives, des objets récupérés ou encore des surfaces altérées.

    Une programmation au-delà des JNA

    Aux côtés de Lielie Sellier, Kokou Ekouagou participe à une programmation comprenant également des expositions, des échanges avec le public et des ventes d’œuvres. Lielie Sellier présente notamment ses collages et propose une lecture de poèmes issus de son recueil Le Grain du Temps.

    Pour Kokou Ekouagou, cette étape parisienne ne constitue toutefois pas une fin en soi. L’artiste doit également prendre part à d’autres événements artistiques en France, prolongeant ainsi sa présence et ses rencontres sur la scène culturelle française.

    Les JNA, initiées par La Maison des Artistes, sous le parrainage du ministère français de la Culture et en partenariat avec l’Association des maires de France, entendent également promouvoir la reconnaissance du travail artistique, la contractualisation et la juste rémunération des créateurs.

    La participation de Kokou Ekouagou apparaît ainsi comme une nouvelle étape dans le parcours d’un artiste togolais qui inscrit progressivement son travail dans des espaces de création et d’échanges dépassant les frontières nationales.

  • Prix du carburant : la vie chère étouffe davantage les Togolais

    Prix du carburant : la vie chère étouffe davantage les Togolais

    La nouvelle hausse des prix des produits pétroliers accentue la pression sur des ménages togolais déjà durement éprouvés par une vie chère qui ronge leur pouvoir d’achat.

    La nouvelle hausse des prix des produits pétroliers vient ajouter une pression supplémentaire au quotidien de nombreux Togolais. À Lomé comme dans plusieurs autres localités du pays, cette augmentation se répercute progressivement sur les dépenses de transport, les prix des produits alimentaires et, plus largement, sur le coût de la vie. Pour des ménages déjà confrontés à une inflation persistante, chaque franc compte désormais davantage.

    Dans les rues de la capitale, les usagers des transports en commun ne cachent pas leur inquiétude. « Nous dépensons déjà beaucoup pour nous déplacer chaque jour. Si le carburant augmente encore, les conducteurs vont forcément revoir leurs tarifs et notre budget ne pourra pas suivre », témoigne une commerçante rencontrée à Lomé.

    Un budget familial de plus en plus serré

    Pour les conducteurs de taxi-moto, cette situation constitue également un véritable casse-tête. « Nous achetons le carburant plus cher, mais nous ne pouvons pas augmenter les tarifs comme nous voulons. Les clients aussi souffrent. À la fin de la journée, il ne reste presque rien », explique un conducteur de taxi-moto.

    La hausse du carburant ne s’arrête pourtant pas aux stations-service. Elle risque d’alourdir les coûts de transport des marchandises et, par ricochet, ceux des denrées alimentaires. Dans les marchés, les consommateurs surveillent déjà leurs dépenses.

    « Avant, avec une certaine somme, je pouvais acheter plusieurs produits pour la maison. Aujourd’hui, la même somme ne suffit plus. On réduit les quantités et parfois même certains produits deviennent des luxes », déplore une mère de famille.

    La vie chère ronge les ménages

    Pour beaucoup de Togolais, le problème dépasse donc la seule question du prix à la pompe. C’est l’ensemble du pouvoir d’achat qui est mis à rude épreuve. Transport, alimentation, scolarité, loyers et autres dépenses quotidiennes pèsent lourdement sur les revenus.

    Dans ce contexte, la nouvelle hausse des prix des produits pétroliers apparaît comme une charge supplémentaire pour des populations déjà fragilisées. La vie chère ronge progressivement les ménages, contraignant beaucoup de familles à revoir leurs priorités et à se priver davantage.

  • Kpalimé : l’agroécologie s’invite au cœur des Journées portes ouvertes

    Kpalimé : l’agroécologie s’invite au cœur des Journées portes ouvertes

    La troisième édition des Journées portes ouvertes sur l’agroécologie et l’alimentation se tiendra les 24 et 25 septembre 2026 à Kpodzi, sur le terrain de football. Une rencontre qui entend rapprocher producteurs, consommateurs et acteurs engagés pour une agriculture plus durable.

    Organisé par le marché Panier Bio Kpalimé, cet événement se veut à la fois un espace d’échanges, de découverte et de valorisation des produits agroécologiques et biologiques. Pendant deux jours, le public pourra mieux comprendre les enjeux liés à une alimentation saine et à des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement.

    Des producteurs au contact des consommateurs

    Au programme figurent notamment une foire des produits agroécologiques et biologiques, des visites de sites, ainsi que des dégustations de plats bios et agroécologiques. Une occasion pour les consommateurs de découvrir directement les produits proposés et d’échanger avec ceux qui les produisent.

    Les organisateurs prévoient également une conférence-débat, un panel et un atelier de cuisine. Une émission radio interactive permettra par ailleurs de prolonger les discussions autour des enjeux agricoles et alimentaires.

    Une agriculture durable à promouvoir

    La manifestation sera également marquée par la danse traditionnelle et diverses activités destinées à sensibiliser le public. À travers ces Journées portes ouvertes, le marché Panier Bio Kpalimé entend mettre en avant les acteurs qui œuvrent pour une agriculture plus durable et une alimentation de meilleure qualité.

    Le rendez-vous est donc donné les 24 et 25 septembre à Kpodzi. Le mot d’ordre affiché par les organisateurs résume l’esprit de l’initiative : « Consommons sain, soutenons nos producteurs, préservons notre avenir ! »

  • SEQUOIA Pressing : l’expertise textile au service de vos vêtements

    SEQUOIA Pressing : l’expertise textile au service de vos vêtements

    À Lomé, prendre soin de ses vêtements ne relève plus seulement du confort : c’est aussi une manière de préserver son image, de prolonger la durée de vie de ses tenues et de gagner un temps précieux. À Kégué, SEQUOIA Pressing, spécialiste de l’entretien textile, propose une gamme de services destinée aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels.

    Une offre complète pour prendre soin de vos textiles

    SEQUOIA Pressing propose plusieurs prestations adaptées aux différents besoins de sa clientèle. Au menu : nettoyage à sec, blanchisserie fine et industrielle, repassage simple, nettoyage et pose de rideaux, retouche, nettoyage de chaussures et traitement spécifique des taches.

    Cette diversité permet aux clients de confier leurs différents articles à un même professionnel. Les vêtements délicats comme les pièces du quotidien peuvent ainsi bénéficier d’un traitement approprié, avec l’objectif de préserver leur qualité et leur aspect.

    Faire appel à un pressing spécialisé constitue également une solution pratique pour ceux qui souhaitent éviter les mauvaises manipulations susceptibles d’endommager certains tissus. Avec son savoir-faire dans le domaine textile, SEQUOIA Pressing entend offrir à chaque client un service adapté à la nature de ses articles.

    Un service pensé pour vous faire gagner du temps

    L’un des principaux atouts de SEQUOIA Pressing réside également dans la praticité de ses services. L’établissement accueille sa clientèle du lundi au samedi, avec une large plage horaire. Les clients peuvent par ailleurs bénéficier d’un service de ramassage et de livraison, particulièrement utile pour les personnes ayant un emploi du temps chargé.

    Solliciter les services de SEQUOIA Pressing, c’est donc choisir une solution de proximité pour entretenir ses vêtements, chaussures, rideaux et autres textiles tout en gagnant du temps. L’enseigne met son expertise au service des clients qui souhaitent conserver des articles propres, soignés et présentables.

    À Lomé, prendre soin de ses vêtements ne relève plus seulement du confort : c’est aussi une manière de préserver son image, de prolonger la durée de vie de ses tenues et de gagner un temps précieux. À Kégué, SEQUOIA Pressing, spécialiste de l’entretien textile, propose une gamme de services destinée aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels.

    Pour un vêtement à nettoyer, une retouche à effectuer, une tache à traiter ou encore des rideaux à entretenir, SEQUOIA Pressing se présente comme une adresse à privilégier à Kégué.

    SEQUOIA PRESSING – Vos textiles entre de bonnes mains

    Adresse : Lomé – Kégué, en face de la Fédération togolaise de football (FTF)
    Téléphones : +228 90 96 10 25 / 70 76 76 56 / 98 56 74 73
    E-mail : sequoiapressing@gmail.com
    Horaires : Lundi au samedi, 7h00 à 19h45
    Service : Ramassage et livraison disponibles

  • Maisons russes en Afrique : pourquoi le Togo figure dans le nouveau dispositif de Moscou

    Maisons russes en Afrique : pourquoi le Togo figure dans le nouveau dispositif de Moscou

    Lomé fait partie des huit pays africains retenus par la Russie pour accueillir de nouvelles « Maisons russes », dans le cadre d’un réseau destiné à développer les échanges culturels, éducatifs et linguistiques avec le continent.

    La Russie poursuit son implantation culturelle en Afrique. L’agence fédérale Rossotrudnitchestvo, chargée de la coopération et de la présence culturelle russe à l’étranger, vient d’annoncer de nouveaux partenariats avec des organisations locales dans huit pays africains. Le Togo figure parmi les bénéficiaires de cette nouvelle vague, aux côtés de la République démocratique du Congo, du Sénégal, du Mali, du Kenya, de Madagascar, de São Tomé-et-Príncipe et de la Sierra Leone.

    Cette annonce intervient alors que le projet d’une Maison russe au Togo était déjà engagé depuis plusieurs mois. En mai 2026, le ministère togolais du Tourisme, de la Culture et des Arts avait confirmé la perspective de création de cette structure, en partenariat avec Rossotrudnichestvo et l’organisation russe ANO Eurasia. Le futur centre doit notamment répondre à la demande croissante d’apprentissage du russe, faciliter l’accès aux opportunités d’études en Russie et favoriser les échanges culturels entre les deux pays.

    Le Togo, un terrain déjà préparé

    Le choix du Togo ne semble donc pas relever d’une simple opération d’implantation géographique. Lomé dispose déjà d’un environnement local favorable au développement de la coopération russo-togolaise. En juin dernier, l’Association Alternative russo-togolaise (ART/AART) a officiellement inauguré son siège dans la capitale. L’organisation mène notamment des activités d’apprentissage du russe, d’échanges culturels et d’accompagnement de candidats togolais souhaitant poursuivre leurs études en Russie.

    Le gouvernement togolais s’est également montré favorable à cette présence culturelle. Le ministre Isaac Tchiakpé a présenté la Maison russe comme un possible levier pour développer la coopération dans l’éducation artistique, la musique, la littérature, le cinéma, ainsi que dans la conservation et la transmission du patrimoine. Cette convergence entre une demande locale et une volonté politique constitue un élément important pour comprendre la place accordée au Togo dans le nouveau dispositif russe.

    Une présence russe qui dépasse la culture ?

    L’installation de cette Maison russe intervient dans un contexte plus large de rapprochement entre Lomé et Moscou. En novembre 2025, Faure Gnassingbé avait rencontré Vladimir Poutine au Kremlin, les deux dirigeants affichant leur volonté de renforcer les relations bilatérales dans les domaines diplomatique, commercial, économique et du capital humain.

    La dynamique s’est poursuivie sur le plan diplomatique. En juillet 2026, le ministère russe des Affaires étrangères indiquait que le processus d’ouverture d’une ambassade russe à Lomé se trouvait à un stade avancé.

    Dans ce contexte, la future Maison russe peut être considérée comme une nouvelle pièce de la présence russe au Togo. Officiellement, elle aura vocation à promouvoir la langue, les sciences, l’art et les échanges éducatifs. Mais le déploiement de ces structures en Afrique intervient aussi dans un contexte de compétition croissante entre puissances pour l’influence sur le continent. Plusieurs observateurs occidentaux et ukrainiens ont ainsi mis en garde contre leur possible utilisation comme instruments d’influence politique et informationnelle. Ces accusations, qui concernent le réseau russe dans son ensemble, ne constituent toutefois pas en elles-mêmes une preuve d’activités similaires au Togo.

    Avec la République démocratique du Congo, le Sénégal, le Mali, le Kenya, Madagascar, São Tomé-et-Príncipe et la Sierra Leone, le Togo devient ainsi l’un des nouveaux points d’ancrage de la stratégie culturelle russe en Afrique. Pour Lomé, l’enjeu sera désormais de transformer cette ouverture en véritables échanges dans les domaines de l’éducation, de la culture et de la formation, tout en préservant ses intérêts et sa souveraineté dans une Afrique devenue un terrain majeur de concurrence géopolitique.

Radio Renouveau228

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