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  • Culture et patrimoine : l’OMS appelle à une mobilisation pour des modes de vie plus sains

    Culture et patrimoine : l’OMS appelle à une mobilisation pour des modes de vie plus sains

    Au Togo, la santé et le bien-être psychosocial passent aussi par la valorisation du patrimoine et de la culture.

    Construire un avenir plus sain ne saurait relever du seul secteur de la santé. C’est l’un des enseignements des échanges entre Hamadou Nouhou, Représentant résident de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au Togo, et Isaac Tchiakpe, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts. Les discussions ont notamment porté sur le rôle que peuvent jouer le patrimoine et la culture dans la promotion de modes de vie sains et du bien-être psychosocial.

    Cette rencontre met en lumière la nécessité d’une approche convergente des questions de santé et de bien-être. Au-delà de la prévention et de la prise en charge médicales, les habitudes de vie, l’environnement social et les pratiques culturelles peuvent également contribuer à la qualité de vie des populations.

    La culture, un levier de bien-être

    Le patrimoine et les pratiques culturelles constituent des composantes importantes de l’identité des communautés. Leur valorisation peut contribuer à renforcer les liens sociaux, le sentiment d’appartenance et les espaces de dialogue, autant d’éléments susceptibles de participer au bien-être psychosocial.

    Dans cette perspective, la collaboration entre les acteurs de la santé et ceux de la culture apparaît comme une piste pour développer des actions favorisant des comportements plus favorables à la santé. Elle permet également d’envisager la promotion du bien-être sous un angle plus large, intégrant les dimensions sociales, culturelles et communautaires.

    Pour une mobilisation multisectorielle

    Les échanges entre le représentant résident de l’OMS et le ministre Isaac Tchiakpe illustrent ainsi l’importance d’une mobilisation dépassant les frontières traditionnelles des politiques publiques. Santé, culture, tourisme, éducation, environnement et autres secteurs peuvent être appelés à agir de manière complémentaire pour répondre aux enjeux liés au bien-être des populations.

    Cette approche rejoint l’idée selon laquelle la construction d’un avenir plus sain nécessite l’implication de plusieurs acteurs et la mise en commun des expertises. Au Togo, le rapprochement entre le secteur sanitaire et celui de la culture pourrait ainsi ouvrir de nouvelles perspectives pour faire du patrimoine et des pratiques culturelles des outils au service de la santé et du bien-être psychosocial.

    À travers ces échanges, l’OMS et le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts affichent en tout cas une volonté de renforcer la réflexion autour de cette convergence entre culture, patrimoine, santé et qualité de vie.

  • Golfe 4 : Assad Mohamed Kadi met l’éducation au cœur de son engagement

    Golfe 4 : Assad Mohamed Kadi met l’éducation au cœur de son engagement

    À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, le conseiller municipal Assad Mohamed Kadi a apporté son soutien à des familles du Golfe 4 en offrant des kits scolaires à plusieurs élèves. La cérémonie de remise s’est déroulée mardi 8 septembre 2026 à l’École primaire catholique de Bassadji, en présence notamment de ses collègues Gérald Djossou, du Golfe 4, et Ameognine Miwonougnui Dodji, du Golfe 1.

    Un geste pour soulager les parents

    L’initiative intervient dans un contexte où de nombreux parents peinent à réunir les moyens nécessaires pour préparer la rentrée de leurs enfants. Les kits distribués, composés notamment de cahiers, stylos, règles et gommes, ont bénéficié à des écoliers ainsi qu’à des élèves du collège issus de plusieurs quartiers, notamment Bassadji, Biossé et Lom-Nava.

    Pour Assad Mohamed Kadi, ce geste répond à une double motivation : exprimer sa reconnaissance aux électeurs qui lui ont accordé leur confiance lors des élections municipales de juillet 2025 et contribuer, à son niveau, à alléger les dépenses des familles.

    « Je n’ai pas grand-chose pour les remercier de m’avoir élu. Mais comme l’éducation des enfants me tient à cœur, j’ai voulu partager ces fournitures et venir en aide aux parents qui éprouvent en ce moment des difficultés à en doter leurs enfants », a-t-il expliqué.

    Au-delà de l’aide matérielle, l’élu municipal entend ainsi rappeler que l’éducation constitue une responsabilité collective. Il a également invité les bénéficiaires à adopter de bons comportements, notamment le respect des parents et des enseignants, l’assiduité à l’école et l’éloignement de la délinquance.

    Vers une initiative appelée à durer

    Pour Assad Mohamed Kadi, cette opération ne devrait pas rester ponctuelle. Son ambition est de renouveler chaque année la distribution de fournitures scolaires afin de toucher davantage d’enfants dans la commune.

    Conscient toutefois de l’ampleur des besoins, il appelle d’autres personnes disposant de moyens à s’engager aux côtés des familles. « Toute personne qui en a la capacité, de venir en aide aux enfants pour que tous puissent aller à l’école et avoir une bonne éducation », a-t-il souhaité.

    À travers cette initiative, le conseiller municipal espère contribuer à réduire le nombre d’enfants laissés en marge de la scolarité et à faire de l’accès aux fournitures scolaires une préoccupation partagée par la communauté.

  • Guérin-Kouka : le SYNJIT alerte après l’enlèvement présumé d’un reporter de Tampa Express

    Guérin-Kouka : le SYNJIT alerte après l’enlèvement présumé d’un reporter de Tampa Express

    Le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT) affirme qu’un reporter de Tampa Express a été enlevé le 5 septembre à Guérin-Kouka et demande aux autorités d’ouvrir une enquête sur les circonstances de l’incident.

    Un reporter du journal Tampa Express aurait été enlevé samedi 5 septembre 2026 à Guérin-Kouka, alors qu’il couvrait la fête traditionnelle D’Pontre/N’nidak. L’information émane du Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT), qui a publié un communiqué mardi 8 septembre pour dénoncer les faits et réclamer une enquête.

    Selon le récit du journaliste, repris par le SYNJIT et présenté comme ayant également été confirmé par la direction de Tampa Express, celui-ci aurait été intercepté par plusieurs individus en civil, accompagnés d’un homme en uniforme présenté comme un policier. Il aurait ensuite été contraint de monter dans un véhicule Prado banalisé.

    Le reporter affirme avoir été menotté, avoir eu les yeux bandés et avoir subi des violences durant le trajet. Il aurait par la suite été abandonné dans une zone isolée, à environ 55 kilomètres du lieu où il avait été intercepté.

    Une erreur de personne évoquée

    Toujours selon le témoignage rapporté par le syndicat, les personnes impliquées auraient expliqué avoir fait une erreur sur l’identité de leur cible. Elles auraient indiqué rechercher Francisco Kossi Gbandi Napo-Koura, directeur de publication de Tampa Express et promoteur de Tampa TV.

    Ces déclarations constituent, à ce stade, le récit du journaliste et les éléments communiqués par le SYNJIT. Les circonstances exactes de l’incident, l’identité des personnes impliquées ainsi que les éventuels motifs de l’opération restent à établir par une enquête officielle.

    Le SYNJIT demande une enquête

    Dans son communiqué, le syndicat condamne ce qu’il qualifie d’« enlèvement » et demande aux autorités compétentes de diligenter « une enquête immédiate et rigoureuse » afin d’identifier les auteurs et d’établir les responsabilités.

    Le SYNJIT considère par ailleurs que cet incident constitue une menace pour la sécurité des professionnels des médias et appelle le gouvernement à prendre des mesures pour assurer leur protection dans l’exercice de leur métier.

    Le syndicat sollicite également l’attention des organisations de défense des droits humains, des ambassades et de la communauté internationale sur la situation de la presse indépendante au Togo.

    Le SYNJIT indique enfin rester en état d’alerte et prévient qu’il pourrait appeler les professionnels des médias et les défenseurs des droits humains à des actions de protestation si aucune mesure n’était prise rapidement.

    Le communiqué ne fait pas état, à ce stade, d’une réaction officielle des autorités togolaises concernant les faits rapportés.

  • Campagne café-cacao 2026-2027 : le CCFCC célèbre 30 ans d’engagement

    Campagne café-cacao 2026-2027 : le CCFCC célèbre 30 ans d’engagement

    Le lancement officiel de la campagne de commercialisation du café et du cacao 2026-2027, le 4 septembre 2026 au Grand Hôtel du 30 Août à Kpalimé, a pris une dimension particulière. Organisée par le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC), la cérémonie a également marqué la célébration des 30 ans de cette institution, placée au cœur de la coordination et du développement des filières café et cacao au Togo.

    Trois décennies après sa création, le CCFCC a ainsi profité de l’ouverture de cette nouvelle campagne pour revenir sur son parcours, ses acquis et les défis qui continuent de se poser aux acteurs des filières. Cet anniversaire a constitué un temps fort pour mesurer le chemin parcouru et réaffirmer les ambitions portées pour renforcer la compétitivité, la durabilité et la contribution du café et du cacao à l’économie nationale.

    La cérémonie de Kpalimé a réuni les principaux acteurs du secteur autour des enjeux de développement et des perspectives de la campagne 2026-2027. Au-delà du lancement commercial, cette rencontre a donc été l’occasion de célébrer 30 années d’action du CCFCC au service des filières, dans un contexte où celles-ci doivent continuer à s’adapter aux mutations du marché et aux exigences de durabilité.

    Cette célébration est intervenue à l’issue de l’atelier bilan de la campagne 2025-2026, organisé les 1er et 2 septembre 2026 à Kpalimé. Les participants avaient notamment analysé les résultats de la campagne écoulée, identifié les difficultés persistantes et formulé des recommandations destinées à améliorer les performances des filières.

    En ouvrant ainsi une nouvelle campagne sous le signe de ses 30 ans, le CCFCC entend inscrire cet anniversaire dans une dynamique de continuité, tout en tournant le regard vers les prochaines étapes du développement du café et du cacao au Togo.

  • Café-cacao : le Togo face à l’urgence de redresser ses filières

    Café-cacao : le Togo face à l’urgence de redresser ses filières

    Après une chute brutale des exportations, la campagne 2026-2027 s’ouvre sous le signe de la reconquête, entre lutte contre la contrebande, amélioration de la qualité et nécessité de mieux rémunérer les producteurs.

    Le ton est donné à Kpalimé. En lançant officiellement, vendredi 4 septembre 2026, la campagne 2026-2027 de commercialisation du café et du cacao, le gouvernement togolais a reconnu les difficultés auxquelles sont confrontées ces deux filières et affiché sa volonté de leur redonner du souffle.

    Les chiffres de la campagne précédente interpellent. Alors que le Togo avait exporté 4 400 tonnes de café et 24 000 tonnes de cacao en 2024-2025, les volumes enregistrés pour 2025-2026 s’établissent respectivement à 2 782 tonnes et 9 070 tonnes. Une baisse significative qui met en évidence l’ampleur du défi pour les acteurs de ces filières.

    À cette contre-performance s’ajoute un autre problème : la présence, notamment dans le Litimé, d’acteurs non professionnels et non enregistrés venus de certains pays de la sous-région. Le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique estime que leurs pratiques peuvent dégrader la qualité du cacao et provoquer une surenchère des prix à l’achat. La lutte contre la contrebande devient ainsi un enjeu majeur pour préserver l’organisation du marché.

    La qualité comme arme

    Pour inverser la tendance, les autorités misent sur la qualité et la valorisation du produit togolais. Deux centres de traitement post-récolte de cacao d’excellence ont notamment été inaugurés à Kessibo-Abrewankor et Mpoti-Blitta 3. Leur ambition : produire un cacao haut de gamme susceptible de permettre aux producteurs d’obtenir de meilleurs prix.

    Cette stratégie s’accompagne d’un encouragement à la transformation locale. L’ouverture de la « Maison du café : Le Terroir », à Lomé, participe de cette volonté de promouvoir la consommation des produits dérivés du café et du cacao. Le mois d’octobre, consacré au « Mois du Consommer Local » dans l’espace UEMOA, devrait également servir de vitrine aux productions nationales.

    La campagne intervient par ailleurs au moment où le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao du Togo célèbre ses 30 ans. Le gouvernement salue son rôle dans la régulation et le développement des deux filières, ainsi que ses résultats internationaux, notamment les deux médailles d’or obtenues aux Cocoa of Excellence Awards 2025.

    Désormais, l’objectif est clair : restaurer la performance des filières sans sacrifier les intérêts des producteurs. Le gouvernement insiste sur le respect des procédures, la fiabilité des données et surtout la pratique de prix compatibles avec les coûts mondiaux, afin de garantir une rémunération équitable aux producteurs tout en préservant l’équilibre de la chaîne de valeur.

  • Grossesses précoces, VIH, drogues : la tradition au service de la prévention

    Grossesses précoces, VIH, drogues : la tradition au service de la prévention

    Les Clubs Santé SOS DOCTEUR TV ont transformé la fête traditionnelle Kiyèna-Foudoulém-Rodjoubi en une tribune de sensibilisation des jeunes aux enjeux de santé et de citoyenneté à Sotouboua.

    À Sotouboua, la fête traditionnelle Kiyèna-Foudoulém-Rodjoubi n’a pas seulement célébré le patrimoine culturel. Pour sa 7ᵉ édition, tenue le samedi 5 septembre 2026 sous le thème « La cohésion sociale pour un développement inclusif de Sotouboua », elle a également servi de cadre à une vaste campagne de sensibilisation sanitaire portée par les jeunes.

    Les Clubs Santé SOS DOCTEUR TV ont profité de la forte mobilisation populaire pour aller à la rencontre des adolescents, des parents et des communautés. Grossesses précoces, infections sexuellement transmissibles, VIH/SIDA, drogues et abus d’alcool en milieu scolaire ont figuré au cœur des échanges.

    Dépliants, affiches et banderoles à l’appui, les jeunes membres des Clubs ont privilégié le dialogue entre pairs. Une approche qui fait d’eux non plus de simples bénéficiaires, mais de véritables acteurs de la prévention.

    « Dans la vision du Dr Kodom, il faut profiter des fêtes traditionnelles pour sensibiliser les populations. Les acteurs principaux, ce sont les jeunes eux-mêmes », explique AKPAOU Diyana, président inspectorale des encadreurs SOS DOCTEUR TV, évoquant la vision du professeur honoraire Dr Serge Michel Kodom.

    La lutte contre les grossesses précoces a notamment occupé une place importante, avec un message centré sur la protection de la scolarité et de l’avenir des adolescentes.

    Au-delà de la santé, les Clubs Santé entendent également former une jeunesse responsable, engagée et capable d’exercer un leadership positif. À Sotouboua, la tradition devient ainsi un nouvel espace de mobilisation citoyenne et de prévention.

  • Rentrée scolaire 2026-2027 : au « Creuset du Savoir », chaque élève construit son avenir

    Rentrée scolaire 2026-2027 : au « Creuset du Savoir », chaque élève construit son avenir

    À l’approche de la rentrée scolaire, prévue le 14 septembre 2026, le choix d’un établissement scolaire constitue une décision importante pour les parents. À Lomé, le Complexe Scolaire Creuset du Savoir se positionne comme une adresse de référence pour accompagner les enfants dans leur parcours éducatif, du primaire jusqu’au lycée.

    Situé à Nukafu, dans la rue ouest du lycée Tokoin-Est, non loin de l’église Sainte Rita et de l’hôtel La Paillote, le Complexe Scolaire Creuset du Savoir accueille les élèves dans plusieurs cycles d’enseignement.

    Au primaire, les inscriptions sont ouvertes du CP1 au CM2, offrant aux plus jeunes un cadre pour acquérir les fondamentaux nécessaires à la poursuite de leur scolarité. Au collège, l’établissement propose les classes de 6e à la 3e, tandis que le lycée accueille les élèves de 2nde à la Terminale, dans les séries A4 et D.

    Ce parcours scolaire complet permet aux parents de faire le choix d’un établissement capable d’accompagner leur enfant sur plusieurs étapes de sa formation.

    À quelques jours de la rentrée, le Complexe Scolaire Creuset du Savoir invite donc les parents à anticiper les inscriptions et à faire le choix d’un établissement où savoir, discipline et ambition peuvent contribuer à préparer l’avenir des jeunes.

    Pour la rentrée du 14 septembre 2026, faites confiance au Creuset du Savoir : l’avenir de votre enfant se construit dès aujourd’hui.

    Contact: +228 99 29 13 94 /+228 90 07 78 93

  • Au Togo, le trompe-l’œil de la nouvelle Constitution

    Au Togo, le trompe-l’œil de la nouvelle Constitution

    Analyse · Un an après son entrée en vigueur, la réforme constitutionnelle instaurant un régime parlementaire et créant le poste de président du Conseil, confié à Faure Gnassingbé, est toujours contestée par l’opposition et la société civile. Pour l’heure, elle n’a fait que conforter le régime dans sa toute-puissance.

    Dapaong, capitale de la région des Savanes, samedi 13 juin 2026. Des centaines de personnes convergent vers l’esplanade du gouvernorat, malgré l’état d’urgence sécuritaire en vigueur depuis quatre ans. À l’appel de Together, une association présentée comme proche du parti au pouvoir, l’Union pour la République (Unir), elles sont venues manifester leur soutien au président du Conseil et ancien président de la République, Faure Gnassingbé, et aux nouvelles institutions issues de la Ve République. Une démonstration de force qui contraste avec la mésaventure subie, quelques mois plus tôt, par une figure de l’opposition.

    Brigitte Kafui Adjamagbo Johnson, députée de la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP), avait alors été escortée hors de la ville par des forces de sécurité, alors qu’elle se trouvait dans la région dans le cadre d’une tournée parlementaire destinée à rencontrer les populations et à visiter plusieurs chantiers d’infrastructures à l’abandon. Comme d’habitude, les autorités avaient justifié cette mesure par des raisons de sécurité, invoquant l’activisme des groupes armés djihadistes. Si cet épisode ne permet pas à lui seul de tirer des conclusions sur l’état de la démocratie au Togo, il s’inscrit dans un contexte qui alimente les critiques de l’opposition et de plusieurs organisations de la société civile sur les conditions d’exercice de l’activité politique, deux ans après l’adoption de la réforme constitutionnelle, et un an après son entrée en vigueur.

    Le 25 mars 2024, l’Assemblée nationale adopte une nouvelle Constitution qui marque le passage du Togo à la Ve République et instaure le régime parlementaire. Promulguée le 6 mai 2024, ce vote bouleverse l’architecture institutionnelle du pays. Désormais, le président de la République n’est plus élu au suffrage universel direct, mais par les députés réunis en congrès. Son mandat est fixé à quatre ans, non renouvelable. Il devient le garant de l’unité de l’État avec des prérogatives essentiellement honorifiques. L’essentiel du pouvoir exécutif est transféré au président du Conseil. Issu de la majorité parlementaire, ce dernier dirige l’action du gouvernement et détermine la politique de la nation. Son mandat n’est soumis à aucune limitation.

    Une « manœuvre » pour perpétuer la dynastie Gnassingbé

    Présentée par le pouvoir comme une réforme destinée à renforcer les institutions, à favoriser la participation citoyenne et à assurer la protection des droits, la nouvelle Constitution a rapidement suscité une controverse sur les modalités de son adoption et ses conséquences politiques. Pour ses promoteurs, la réforme doit rééquilibrer les rapports entre les pouvoirs législatif et exécutif et permettre une plus grande stabilité gouvernementale. Interrogé sur TV5 Monde le 17 avril 2024, Gilbert Bawara, membre du parti au pouvoir, s’était montré optimiste : « Nous avons la conviction que le nouveau régime politique va favoriser une gouvernance et une gestion beaucoup plus concertées. »

    À l’inverse, l’opposition y voyait une modification destinée à conforter le pouvoir en place. « Nous avons compris que c’est une manœuvre qui a été orchestrée pour permettre la perpétuation d’un système qui régente le Togo depuis cinquante-sept ans »1, avait rétorqué David Dosseh, porte-parole du Front citoyen Togo Debout, une organisation de la société civile. De fait, la nouvelle Constitution a permis à Faure Gnassingbé de s’éterniser au pouvoir : après avoir dirigé le pays en tant que président de la République pendant vingt ans (2005-2025), il a été désigné à la tête du Conseil en mai 2025.

    Deux jours après l’adoption de la nouvelle réforme par les députés, une trentaine de partis politiques de l’opposition et plusieurs organisations de la société civile avaient tenté d’organiser une conférence de presse au siège de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), à Lomé, afin de dénoncer cette manœuvre. La rencontre avait été interrompue par les forces de sécurité, les autorités invoquant l’absence d’autorisation.

    Dans son rapport de 2024, l’ONG Amnesty International indique qu’au moins trois conférences de presse et réunions rassemblant des partis politiques et des organisations de la société civile opposées à la réforme ont été interdites à Lomé et à Tsévié cette année-là. Les personnes présentes avaient été dispersées par les forces de l’ordre. Amnesty ajoute que le ministère de l’Administration territoriale a en outre interdit trois manifestations prévues les 11, 12 et 13 avril pour protester contre les réformes. Encore une fois, les autorités avaient invoqué des considérations liées au maintien de l’ordre public.

    Un déséquilibre accru

    Pour Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, ces événements illustrent les conséquences politiques de la réforme. « Ce changement inconstitutionnel selon les juges de la Cour de justice de la Cedeao [Communauté économiques des États de l’Afrique de l’Ouest, NDLR]2 a abîmé l’embryon de la démocratie dont les bases avaient été jetées par la Constitution de 1992 », affirme-t-elle. Pour l’opposante, le changement de Constitution a encore davantage restreint l’espace politique et institutionnel.

    Le politologue El Hadj Madi Djabakaté, essayiste et président honoraire du Centre pour la gouvernance démocratique et la prévention des crises (CGDPC), un think tank, partage le constat d’un déséquilibre accru, tout en le replaçant dans une perspective institutionnelle. « La réforme n’a pas créé un nouveau rapport de force. Elle a constitutionnalisé la concentration du pouvoir en réduisant les mécanismes de contrôle démocratique et d’alternance », analyse-t-il.

    Depuis son boycott des élections législatives de décembre 2018, l’opposition a progressivement perdu du terrain. Aux municipales de juin 2019, l’Unir, de Faure Gnassingbé, a recueilli plus de 60 % des suffrages. Les législatives d’avril 2024 n’ont laissé qu’une représentation marginale aux principaux partis d’opposition (5 sièges sur 113). Les municipales de 2025 ont confirmé cette tendance : l’Unir a remporté 1 150 des 1 527 sièges de conseillers municipaux, soit environ 75 % des sièges. Ces scores ne sont toutefois pas le résultat de la réforme constitutionnelle. Ils prolongent une érosion électorale et des divisions internes amorcées plusieurs années auparavant.

    À cette faiblesse électorale s’ajoutent des divisions qui ont progressivement fragmenté l’opposition. La crise autour de la C14 (une coalition de 14 partis politiques de l’opposition créée en 2017) puis les divergences sur la participation aux élections ou le boycott ont profondément affecté sa capacité à présenter un front commun.

    « Ce n’est pas gai, c’est difficile »

    Le rétrécissement de l’espace politique ne concerne pas uniquement les partis d’opposition. Les organisations de la société civile sont elles aussi confrontées à des restrictions croissantes. En juillet et août 2025, Novation internationale, une organisation de défense des droits humains, a tenté à trois reprises d’organiser des activités destinées à « rendre hommage aux victimes de la manifestation du 6 juin 20253 et lancer un appel à la cohésion nationale et au respect de la vie humaine ». Toutes ont été empêchées.

    Le gouvernement a justifié ces interdictions par le contexte politique tendu, notamment le contentieux postélectoral des municipales de juillet. « Le climat actuel ne permet pas d’organiser en toute sécurité un rassemblement de cette nature », avait alors expliqué le ministre de l’Administration territoriale. Pour les organisations de la société civile, ces interdictions témoignent du rétrécissement de l’espace civique. Une situation que résume Rodrigue Ahégo, journaliste et coordinateur national du mouvement pro-démocratie Tournons La Page-Togo (TLP-Togo) : « J’ai plusieurs fois été menacé et intimidé. J’avais déjà été arrêté en septembre 2024. Craignant pour ma sécurité, j’ai été obligé de quitter le Togo. Ce n’est pas gai, c’est difficile », témoigne-t-il.

    Les médias ne sont pas non plus épargnés. Le 6 juin 2025, Flore Monteau, correspondante de TV5 Monde à Lomé, a été interpellée alors qu’elle couvrait une manifestation contre le régime. Son matériel a été confisqué et, selon son témoignage, elle a été conduite dans un commissariat où elle a été contrainte de supprimer ses images. Deux mois auparavant, le 8 avril, à Tsévié, le journaliste Albert Agbéko avait lui aussi été arrêté puis contraint par la police à supprimer les images prises alors qu’il couvrait le recensement électoral. L’un des journalistes les plus combatifs, Ferdinand Ayité, a été contraint à l’exil en 2023.

    Une asymétrie institutionnalisée

    Au-delà de la liberté de presse, c’est la capacité de la société civile à faire vivre la contradiction qui se trouve mise à rude épreuve. Avoir plusieurs partis suffit-il à prétendre au pluralisme politique ? Pour El Hadj Madi Djabakaté, « le pluralisme politique ne se mesure pas seulement au nombre de partis politiques, mais à leur capacité réelle à concourir au pouvoir dans des conditions équitables ». Or, poursuit-il, « l’asymétrie des ressources entre majorité et opposition, les restrictions des libertés publiques et l’accès inégal aux médias fragilisent cette compétition ».

    En l’absence d’institutions perçues comme impartiales et de garanties effectives des libertés, conclut-il, « le pluralisme demeure davantage formel que le socle d’une alternance politique crédible ».

    Un constat qui ramène au cœur de la question posée par la nouvelle Constitution : au- delà de l’architecture institutionnelle, la Ve République a-t-elle créé les conditions d’une compétition politique plus équitable ou a-t-elle au contraire institutionnalisé un rapport de force déjà largement favorable au pouvoir ? Une question rhétorique, un an après l’entrée en vigueur de la réforme.

    Source: https://afriquexxi.info

  • Droits de l’Homme : la CNDH ouvre ses portes à la jeunesse politique

    Droits de l’Homme : la CNDH ouvre ses portes à la jeunesse politique

    La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a accueilli, mercredi 2 septembre 2026, des étudiants de l’École des Jeunes Politiques (EJP), dans le cadre d’une visite d’études organisée par l’association Nouvelles Alternatives pour le Développement Durable en Afrique (NADDAF). Au-delà d’une simple rencontre institutionnelle, cette initiative pose la question de la place de la jeunesse dans la compréhension et la défense des droits fondamentaux.

    Présidée par le président de la CNDH, la rencontre a permis aux étudiants d’échanger sur le rôle, les missions et les actions de l’institution en matière de promotion et de protection des droits de l’Homme au Togo. Une démarche qui permet de dépasser l’enseignement théorique pour confronter les futurs acteurs de la vie publique aux mécanismes institutionnels chargés de défendre les droits fondamentaux.

    Comprendre les institutions pour mieux agir

    Pour les étudiants de l’EJP, cette immersion constitue d’abord une occasion de mieux comprendre le fonctionnement de la CNDH et les mécanismes qu’elle met en œuvre pour contribuer à la protection des citoyens. Elle offre également un espace de dialogue direct avec les responsables de l’institution, favorisant le partage d’expériences.

    L’enjeu est particulièrement important pour une école consacrée à la formation de jeunes politiques. La connaissance des droits de l’Homme, de la citoyenneté et de la gouvernance ne peut en effet se limiter aux textes et aux enseignements académiques. Elle suppose également une compréhension concrète du rôle des institutions et de leurs responsabilités.

    Une passerelle entre jeunesse et institutions

    Cette visite traduit ainsi une volonté de rapprocher les jeunes des institutions qui participent à la construction de la vie démocratique. Pour la CNDH, elle constitue aussi un moyen de sensibiliser une nouvelle génération aux questions liées aux droits humains et à la citoyenneté.

    À travers ce type d’initiative, le dialogue institutionnel avec la jeunesse apparaît comme un levier de formation citoyenne. Il permet aux étudiants de mieux appréhender les enjeux auxquels ils pourraient être confrontés demain en tant qu’acteurs de la vie publique et du développement du pays.

    La visite de l’EJP à la CNDH rappelle finalement qu’une jeunesse appelée à jouer un rôle dans la gouvernance doit aussi connaître les institutions, comprendre les droits fondamentaux et être capable de les intégrer dans sa réflexion sur le développement durable.

  • Feuille de route 2026-2031 : à Tsévié, le défi de passer des orientations aux résultats

    Feuille de route 2026-2031 : à Tsévié, le défi de passer des orientations aux résultats

    La Région Maritime veut transformer les nouvelles orientations gouvernementales en actions concrètes. Réunis à Tsévié, les acteurs du développement ont été appelés à s’approprier la Feuille de route gouvernementale 2026-2031, dans un contexte où l’efficacité de sa mise en œuvre constituera le véritable test.

    À Tsévié, il n’était pas seulement question de présenter un nouveau document de politique publique. La session régionale de restitution de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031, tenue mardi 1er septembre 2026 à l’Hôtel Mélis-Opéra, sous la présidence du Gouverneur de la Région Maritime, Taïrou BAGBIEGUE, a surtout posé la question de la traduction des ambitions nationales en résultats tangibles sur le terrain.

    Pour les autorités, l’enjeu est désormais de faire en sorte que les orientations définies au niveau national soient comprises et portées par les différents acteurs locaux. Collectivités territoriales, services déconcentrés, secteur privé et société civile sont ainsi invités à travailler dans une même direction.

    Présentant les grandes lignes de la Feuille de route, le Conseiller à la Présidence du Conseil, Etsri HOMEVOR, a indiqué que le document repose sur « trois axes stratégiques, neuf ambitions et quinze programmes structurants ». Une architecture qui traduit la volonté d’inscrire l’action publique dans une programmation organisée autour de trois grandes orientations : « Protéger, Rassembler et Transformer ».

    Des priorités qui touchent directement les populations

    Au-delà de la terminologie institutionnelle, les priorités évoquées concernent plusieurs préoccupations quotidiennes des populations. Santé, éducation, accès à l’eau potable, énergie, digitalisation et emploi des jeunes figurent parmi les secteurs au cœur des échanges.

    Ce choix n’est pas anodin. Dans une région où les attentes sociales restent fortes, la réussite de la Feuille de route se mesurera moins au nombre de programmes annoncés qu’à leur capacité à améliorer concrètement les conditions de vie.

    La question de l’emploi des jeunes constitue notamment un enjeu majeur. Les orientations gouvernementales devront trouver leur traduction dans des opportunités économiques réelles, tandis que la digitalisation devra dépasser le cadre des discours pour produire des services accessibles et adaptés aux besoins des citoyens.

    Il en va de même pour l’accès à l’eau, l’énergie, la santé et l’éducation. Ces secteurs constituent des indicateurs particulièrement visibles de l’efficacité de l’action publique. Une politique ambitieuse ne pourra donc produire pleinement ses effets que si les mécanismes de financement, d’exécution et de suivi sont suffisamment solides.

    Le difficile passage de la stratégie à l’action

    C’est précisément sur ce terrain que se situe l’un des principaux défis de la nouvelle Feuille de route. L’appropriation par les acteurs locaux constitue une première étape, mais elle ne garantit pas à elle seule la réussite des programmes.

    Les échanges de Tsévié ont d’ailleurs porté sur les mécanismes de mise en œuvre et de suivi-évaluation. Une dimension essentielle, car elle doit permettre de mesurer les avancées, d’identifier les difficultés et, au besoin, de réorienter les actions engagées.

    L’implication des collectivités territoriales apparaît, à cet égard, déterminante. Ce sont elles qui se trouvent au plus près des réalités locales et qui peuvent contribuer à adapter les priorités nationales aux besoins spécifiques des populations.

    Le secteur privé et la société civile ont également un rôle à jouer. Leur participation peut permettre de renforcer la mobilisation des ressources, l’innovation et le contrôle citoyen, à condition que leur implication ne reste pas limitée aux rencontres institutionnelles.

    La Maritime face à l’épreuve des résultats

    La session de Tsévié marque donc une étape importante : celle de la diffusion et de l’appropriation de la Feuille de route. Mais le véritable rendez-vous sera celui de sa mise en œuvre.

    Entre les ambitions affichées et les résultats attendus, il faudra désormais franchir plusieurs obstacles : disponibilité des ressources, coordination des acteurs, efficacité administrative, suivi des projets et capacité à répondre aux besoins spécifiques des territoires.

    La Région Maritime est ainsi appelée à jouer pleinement sa partition dans la mise en œuvre de la Feuille de route 2026-2031. L’enjeu n’est plus seulement de savoir quelles sont les priorités du gouvernement, mais de déterminer comment celles-ci seront transformées en réalisations visibles dans les communes et au bénéfice direct des populations.

    À Tsévié, le message est donc clair : l’appropriation de la Feuille de route n’est que le début. Son véritable bilan se fera sur le terrain, à l’aune des résultats obtenus.

Radio Renouveau228

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